Chapitre 55
- Où est-elle? Fulmina Lucius pour au moins la septième fois, en arpentant le salon sous le regard amuse de sa belle-soeur.
- Dehors, j'imagine, suggéra inutilement Bella.
Lucius se tourna vers elle, le regard ombrageux.
- Et bien quoi ? Si elle n'est pas là, c'est qu'elle doit être dehors, insista-t-elle, imperturbable.
- Ne te fous pas de moi Bellatrix ! la mit en garde Lucius d'un ton furieux. Si tu ne peux pas te rendre utile, va-t-en ! Je suis sûre que ton mari te manque !
Bellatrix le regarda, sincèrement surprise.
- Rodolphus ? Non, il est dans sa famille – Elle cracha ce mot avec dégoût – Et, bien sûr, tu sais ce qu'ils pensent de moi !
Elle se réinstalla confortablement dans le canapé et sortit un paquet de sa poche, en tira une cigarette et l'alluma avec sa baguette. Mais elle n'avait pas tiré dessus plus de deux fois que Lucius la lui arracha des mains. Elle leva les yeux vers lui et croisa son regard glacial.
« Et bien quelle ambiance ici » pensa-t-elle sombrement.
- Vraiment Bella, siffla Lucius en faisant disparaître la cigarette, Tu as d'aussi mauvaises habitudes que ta sœur !
Elle lui fit une grimace.
- Et malpolie en prime. Que c'est charmant !
- Ne me sermonne pas, Malefoy, aboya Bella. Si, par le plus grand des hasards, tu souhaite des informations, je te conseille d'être plus gentil. Ou alors il se pourrait que j'oublie ce que je sais, ajouta-t-elle en souriant faisant s'arrêter brusquement Malefoy.
- Quoi ? Qu'est ce que tu sais ?
Elle se contenta de secouer la tête.
- Uh Uh, ça ne marche pas comme ça, chéri. D'abord la cigarette, les informations après !
- Tu as les tiennes !
- Ah, mais tu en as gâché une, tu m'en dois donc une !
Lucius lui jeta un regard noir mais sans pour autant la faire céder. Malheureusement pour lui, Bellatrix était une des rares personnes à ne pas être intimidée par lui. Ce qui était, entre autre, la raison pour laquelle il avait choisi Narcissa plutôt qu'elle. Celle-ci était une poupée de porcelaine, facile à contôler et qui se brisait facilement. Exactement ce que Lucius cherchait chez sa partenaire. Une fois qu'il lui eu remis une nouvelle cigarette, Lucius essaya de nouveau d'obtenir des informations de la tête de mule assise à ses cotés.
- Tu ne vas pas aimer ça, dit Bella d'un ton innocent, l'air joyeux. En fait, je pense que tu vas être fou furieux !
- Contente toi de me dire ! S'énerva Lucius. Dis moi où elle est !
- Elle est allée voir Draco, lui dit-elle avec un rictus. Pour lui donner son cadeau de Noël.
- Quel cadeau ? Pourquoi je ne suis pas au courant ?
Bella sourit davantage, avec un air supérieur exaspérant.
- Tu n'aimerais pas savoir…
- Si je veux, soupira Lucius se jurant qu'il la ferait payer plus tard.
Bellatrix eu un petit rire.
- Elle a accordé à Rogue la garde complète de Draco, annonça-t-elle, triomphante
Lucius se figea sous le chox avant de la saisir par le poignet et de la tirer vers lui.
- Ne plaisante pas avec ça, Bella, siffla-t-il
- Pourquoi plaisanterais-je, cher beau-frère ? sourit Bellatrix. Oh non, je ne te dis que la stricte vérité. Si tu ne me crois pas, c'est ton problème !
Elle lui arracha son poignet.
- Je t'avais dis que tu n'aimerais pas !
- Je vais la tuer, murmura l'homme en se levant.
Bella le suivit.
- Si tu fais le moindre mal à ma petite sœur, tu me le paieras !
Lucius se tourna vers elle et la regarda fixement.
- Je ne suis pas homme à battre ma femme, Lestrange ! Franchement, pour qui me prends-tu ?
Bellatrix leva un sourcil.
- En fait, non, ne répond pas, ajouta-t-il rapidement avant qu'elle n'ouvre la bouche. Je te promet de ne pas faire de mal à Narcissa.
- Bien, Répondit Bellatrix en se laissant retomber sur le canapé. Où vas-tu alors ?
Lucius répondit sans se retourner
- Récupérer mon fils.
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OoO
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Chapitre 56
Draco s'assit sur son lit, les jambes repliées et Kisa sur ses genoux. Le jouet ronronna de contentement quand Draco passa ses doigts dans sa fourrure d'un air absent, tandis qu'il repensait et remettait en question tout ce qu'il venait de se passer. Il était reconnaissant, bien sûr, que Severus soit à présent son tuteur légal, mais une partie de lui savait qu'il n'était pas pour autant tiré d'affaire. Non, Lucius serait toujours là, menace silencieuse et invisible qui le contrôlerait toujours.
Kisa leva les yeux vers lui et, instinctivement, ressentant son malaise, elle frotta son nez contre ses doigts.
Draco soupira et lui chatouilla le menton ce qui l'apaisa un peu.
- Draco, puis-je entrer ?
Il leva la tête et vit Hermione qui avait passé la sienne par l'entrebâillement de la porte. Il hocha la tête et se décala sur le lit pour lui faire de la place. Hermione sourit, heureuse qu'il ait cessé d'essayer de la haïr et prit place à ses cotés.
- Le professeur Rogue m'a raconté ce qu'ils avaient fait, dit-elle doucement. Est-ce que ça va ? Ça a dû te faire un sacré choc !
Draco acquieça.
- Ouais, un peu, admit-il. J'en suis heureux mais…
Il hésita, son regard fixant un point lointain.
- Oui ? insista Hermione. Mais quoi ?
- Mais ça sonne comme tellement définitif, répondit-il. Ça m'a fait réaliser à quel point c'est grave, à quel point c'est sérieux. Je crois que je ne m'en était pas rendu compte avant ça. Je n'ai jamais pensé à tout ça comme à de la maltraitance. C'était juste ainsi que les choses étaient. Mais maintenant, je sais que ce n'était pas normal et je me demande pourquoi il était comme ça et…et…
Il secoua la tête
- Je ne sais pas… Je sais bien que tout le monde dit que ce n'est pas ma faute si Père a été…est… comme ça. Mais sûrement que ça l'est en partie, sinon il n'aurait pas fait ça. Quelque chose a dû le mettre hors de lui et si ce n'est pas moi, pourquoi ça me retombait toujours dessus ? Je ne comprend pas !
Hermione le regarda, impuissante. Elle ne savait pas quoi lui dire ou comment le consoler alors que, si elle devait être honnête, elle ne comprenait pas non plus.
- Ce n'est pas ta faute, Draco, lui assura-t-elle, sans trop savoir pourquoi. Certain… certaines personnes sont juste comme ça. Ils sont en colère et s'en prenne à quelqu'un.
Draco renifla.
- Alors pourquoi moi ? Pourquoi Mère ou qui que ce soit d'autre ? Pourquoi c'était toujours moi ?
- Parce qu'il le pouvait. Il était plus fort que toi, il pouvait te dire que c'était « pour ton bien » et personne ne pouvait lui dire qu'il avait tort parce qu'il était parfaitement dans son droit.
Draco frappa du poing sur le lit, faisant sursauter Kisa.
- Au diable la loi ! cria-t-il. Comment des gens ont-ils pu être aussi stupides ? Est-ce qu'ils savent ce qui arrive aux enfants ? Je parie que la seule raison pour laquelle c'est légal, c'est qu'il le font à leurs propres enfants. Je déteste les adultes. Ils ne comprennent rien. Ils s'en fichent. Ils disent qu'ils s'en préoccupent, qu'ils comprennent et qu'ils savent ce qui est le mieux, mais c'est faux ! Ils ne savent rien et je les déteste ! Tous !
- Même le professeur Rogue, demanda Hermione, surprise par le coup d'éclat de Draco. Tu ne le déteste pas, n'est ce pas ?
Draco prit une grande inspiration et secoua la tête.
- Non, il est différent. La même…la même chose lui est arrivée alors lui, il comprend. Je ne le déteste pas, Granger, je ne pourrais jamais le détester.
- C'est logique, répondit Hermione en hochant la tête. Au moins tu as quelqu'un sur qui tu peux compter.
Draco lui fit un sourire en coin
- Ouais, j'ai de la chance de l'avoir. Je le sais bien. Ça n'empêche pas de souhaiter que les choses soient différentes, n'est ce pas ?
- Non.
Les adolescents restèrent assis en silence un moment, perdu chacun dans leurs pensées. Puis Draco se leva, toujours silencieux, et alla à son armoire d'où il sortit une longue boite étroite. Il revint à sa place et la tendit à Hermione.
- Mon cadeau de noël pour toi, lui dit-il.
Elle regarda la boite qu'il avait posé entre ses mains.
- Je pensais que tu avais oublié, murmura-t-elle. Tu as dis que tu ne m'avais rien offert.
- Je voulais te le donner en privé, au cas où ça ne te plairait pas, expliqua Draco. Vas-y, ouvre le !
Lentement, avec hésitation, Hermione ouvrit le couvercle et ne put retenir un hoquet de surprise et de joie.
A l'intérieur se trouvait une chaine en argent, fine et délicate, avec un pendentif en forme de dragon. Dans le couvercle, il y avait une carte portant le message : Pour Hermione, de son dragon.
