Chers lecteurs, voilà un nouveau chapitre qui a mis beaucoup moins de temps à venir^^

Je n'ai pas eu le temps de relire, sinon je ne sais pas quand je posterai… Je corrigerai dans les prochaines semaines. J'espère qu'il n'y aura pas trop de coquilles…

Merci à Selena, Serpent d'Argent et Claire'addict :D De gros bisous à vous!

Merci aux reviews, j'attends vos impressions avec impatience à la fin de ce long chapitre (16 pages Word, soit plus de 7000 mots).


Chapitre 43 : L'Amour

Harry passait une journée morose, reclus dans la bibliothèque bleue, il relisait pour la dixième fois la même page d'un mince ouvrage de métamorphose humaine. Le sujet, bien qu'intéressant, ne parvenait à capturer son esprit, trop occupé à vagabonder. Il quitta le livre des yeux quelques secondes pour jeter un coup d'œil vers la fenêtre. Le temps était menaçant, de gros nuages gris allaient bientôt se fendre en deux pour déverser une pluie d'orage. L'été toucherait à sa fin dans moins de deux semaines, il devrait reprendre le train et retourner à Poudlard. Pour la première fois de sa vie, il se sentait nostalgique à l'idée de retrouver ses amis, Poudlard et son tumulte, à seize ans, il avait trouvé une maison et cela lui faisait de la peine de la quitter. Immanquablement, il songea à son père, cet homme qui l'avait détesté pendant cinq longues années et qui était à présent son père. Harry songea avec un sourire triste qu'en ce moment-même, il s'inquiétait de savoir à quel point son comportement avait déçu Severus Rogue.

– Les choses ont bien changé, murmura-t-il pour lui-même.

Il avait hâte que son père rentre pour lui parler, il regarda sa montre, il était presque l'heure du dîner. Il ferma le livre et le replaça sur l'étagère, à l'endroit où il l'avait pris quelques heures plus tôt, et descendit dans sa chambre. Il s'allongea tout habillé sur son lit. La pluie commençait à tomber, de grosses gouttes glissaient sur les carreaux de la fenêtre, poussées par les bourrasques de vent. Harry ferma les yeux et se laissa bercer par ces bruits, sans pour autant sombrer dans le sommeil.

Soudain, Dobby apparut au milieu de la chambre, juste devant son lit. Il se redressa immédiatement, reconnaissant le pop du transplanage.

– Dobby ! s'écria-t-il, surpris par cette brusque arrivée.

L'elfe de maison s'inclina presque jusqu'au sol, tirant sur sa taie d'oreiller trop petite, qui s'était un peu relevée dans le mouvement.

– Dobby s'excuse d'avoir réveillé Monsieur Pott-Rogue, fit l'elfe tandis que ses pommettes devenaient roses. Les méchants moldus ont préparé le repas, le dîner est servi.

– Je ne dormais pas Dobby, répondit Harry d'une voix douce, est-ce que mon père est rentré ?

– Non, Monsieur, le Professeur n'est pas revenu.

Harry se fit la réflexion que Dobby avait encore du mal avec le fait que Rogue soit devenu son père, mais il décida de ne rien dire.

– Peux-tu m'apporter ici quelques sandwiches ou ce que tu veux ? Je n'ai pas très envie de manger la nourriture préparée par les méchants moldus, ajouta Harry avec un sourire.

Les yeux de Dobby s'écarquillèrent de compréhension, il agita vigoureusement sa tête de bas en haut et s'empressa de répondre qu'il revenait très vite avec un plateau-repas, avant de transplaner à la cuisine. Moins d'une demi-heure plus tard, Harry était installé à son bureau devant un plateau plus que copieux. Dobby avait vu les choses en grand, assurément plus grand que son appétit, et Harry décida de faire honneur à son dîner. Avec un large sourire, il remercia le petit elfe, qui sautillait presque, tant il était heureux d'avoir fait plaisir à son plus grand ami sorcier.

– Comment as-tu fait pour cuisiner tout ça si vite ? demanda Harry en montrant du doigt les nombreuses assiettes.

– Dobby a demandé aux autres elfes de Poudlard de donner ce qu'il y avait de meilleur pour Harry Potter !

Harry ne tiqua pas lorsque l'elfe employa son ancien nom, mais, avant qu'il ne transplane à nouveau, il l'interrogea pour savoir où étaient les Dursley et lui demanda de le prévenir quand son père rentrerait. Dès qu'il partit, il goûta les filets de poisson nappés d'une délicieuse sauce blanche, piochant du riz aux petits légumes dans l'assiette d'à-côté. Après cela, il s'attaqua au saladier de salade qu'il dévora comme s'il n'avait pas mangé depuis huit jours. Il n'écouta pas son ventre qui était repu et planta sa cuillère dans le moelleux au chocolat. Manger lui avait fait du bien, c'était comme si remplir sa panse avait vidé son cerveau de tous les tracas qu'il avait. Il repoussa le plateau et retourna s'allonger sur le lit. Dehors, le vent soufflait de plus en plus fort, la nuit commençait à tomber sur le rivage. Harry regarda l'heure, il trouvait suspect que son père ne soit pas déjà revenu, lui qui était si ponctuel d'habitude. Il essaya de se raisonner, il n'était pas encore assez tard pour s'inquiéter raisonnablement, son père était bien plus en mesure de se défendre contre une attaque et, quant à lui, il était en sécurité. Le manoir était incartable et Dobby était là en cas de besoin, donc il n'avait rien à craindre des Dursley. Il prit le premier livre qui se trouvait sur sa table de chevet et se mit à lire.

Deux heures plus tard, Harry fut réveillé par un pop sonore. Dobby se tenait devant lui avec un sourire d'excuse.

– Monsieur Harry Rogue, maître Dumbledore vient de m'appeler, je dois m'en aller. Dobby voulait simplement prévenir Harry Po-Rogue, pas le réveiller dans son sommeil.

– Ah, je comprends, répondit Harry sans laisser le temps à l'elfe de se mettre à s'excuser, mon père est là ?

– Non, il n'est pas encore revenu, fit l'elfe en agitant ses oreilles, Harry Rogue veut-il que Dobby envoie Winky pour lui tenir compagnie ?

Harry réprima une grimace, il n'était pas du tout enthousiaste à l'idée de passer la soirée avec WInky, qui était soit saoule, soit dépressive.

– Non ça va aller, je peux rester seul.

– Dobby peut-il faire quelque chose d'autre pour Monsieur ?

– Non, tout va bien, répondit Harry.

Dobby fit une brève révérence, souhaita une bonne soirée à Harry et transplana aussitôt. Harry décida de se mettre en pyjama sans tarder, il fit un rapide passage dans la salle de bain, osa regarder par-dessus la rampe de l'escalier s'il apercevait les Dursley puis retourna dans sa chambre. Installé devant son bureau, il entreprit de commencer la lecture d'un nouvel ouvrage, il prenait régulièrement des notes sur le parchemin qui était placé à côté de lui. Vers onze heures, il regarda le travail qu'il avait accompli, il avait lu un bon tiers du livre. Il s'étira sur sa chaise et jeta un coup d'œil par la fenêtre. Le temps était toujours à l'orage, la pluie battait les carreaux, les éclairs surgissaient aux quatre coins du ciel, suivis quelques minutes plus tard d'un grondement lointain. L'orage n'était pas encore sur la maison. Harry consulta à nouveau sa montre, se demandant où son père pouvait bien être. Un sentiment de panique s'empara de lui, mais son esprit était plus fort. Il essaya de faire le vide dans son esprit, comme il avait appris à le faire lors de ses cours d'Occlumencie. Il tenta de rester positif, en pensant que c'était une bonne occasion de mettre en pratique ses connaissances. Il prit un parchemin neuf dans le tiroir et griffonna un petit mot.

Papa,

Je vais me coucher, réveille-moi quand tu rentres, je suis inquiet que tu ne sois pas rentré. J'ai besoin de te parler.

Harry.

PS : Réveille moi-même si je suis endormi.

Il allait glisser le mot sous la porte, quand il décida de pénétrer dans la chambre de son père. Il tourna prudemment la poignée de la porte et fit quelques pas pour entrer, il alluma la lumière et se dirigea vers le lit. Son père y avait abandonné sa redingote. Il la saisit entre ses mains et porta l'étoffe à ses narines, il reconnut très distinctement son odeur, le parfum des herbes à potion. Il ferma les yeux comme apaisé. Il resta là plusieurs minutes, puis déposa le mot sur le lit avant de regagner sa propre chambre, le vêtement toujours à la main. Peu rassuré quand même de se trouver seul sous le même toit que les Dursley, il posa un sortilège pour verrouiller la porte de sa chambre et, pour plus de sécurité, il coinça la poignée de la porte avec le dossier de sa chaise de bureau. Il se glissa entre les draps frais, souhaitant que son père rentrât vite. Le sommeil vint vite car il se sentait épuisé par son programme d'étude de la journée.

Il était tout juste une heure du matin quand les habitants du Manoir Rogue furent tirés des bras de Morphée des cris perçants provenant du premier étage. Harry venait de se réveiller en sursaut, se tirant d'un cauchemar d'une rare violence. A demi assis, se tenant sur les coudes, la respiration erratique, les vêtements trempés de sueur, il essayait de reprendre pied dans la réalité, quand il s'aperçut que l'on tambourinait à sa porte. Son sentiment de panique fut décuplé, il se rappela soudain qu'il s'était endormi avant l'arrivée de son père, qu'il ne savait pas où il était, qu'il y avait Pétunia et Dudley dans la maison. Oh, Pétunia, ce n'était pas elle qu'il craignait, mais c'était son cousin. Il venait de le voir dans son cauchemar, il avait été terrible. Son estomac semblait peser une tonne. Et ces coups à la porte qui n'arrêtaient pas. Il entendit à ce moment-là la voix de Pétunia qui lui demandait d'ouvrir la porte, s'il allait bien.

Harry trouva la force de se lever, bien que dans le noir, tout semblait tourner autour de lui. Il avait mal à la tête, au ventre et au cœur. Il secoua la porte à son tour pour tenter de l'ouvrir, mais la chaise bloquait la poignée. Il avait besoin d'aller à la salle de bain, et vite ! Il agita la chaise dans tous les sens.

Lumos ! murmura-t-il la voix éraillée.

Même avec la lumière, ses gestes étaient malhabiles, de ses mains tremblotantes, il renversa la chaise et ouvrit la porte à la volée. Il manqua de faire tomber Pétunia et Dudley, qui lui barraient le passage, et courut à la salle de bain, dont il poussa un peu la porte. Les Dursley étaient d'abord restés interdits devant la chambre de Harry, puis s'étaient avancés lentement jusqu'à la salle de bain. Dudley affichait un visage terrorisé, tandis que sa mère pinçait fortement les lèvres, se tenant droite comme un i, une main posée sur l'embrasure. Elle poussa doucement la porte pour regarder ce qu'il se passait à l'intérieur. Harry était agenouillé au-dessus de la cuvette des toilettes, rendant le contenu de son estomac entre deux spasmes. Pétunia lui tapota l'épaule pour lui signifier sa présence, il vit volte-face, surpris par ce contact, et remarqua Dudley qui se tenait au milieu de la pièce. Harry braqua instinctivement sa baguette en direction de son cousin qui eut tôt fait de déguerpir dans le couloir. Alors que Pétunia se penchait vers lui, il lui murmura entre deux respirations :

– Je n'ai pas besoin de ta pitié.

– Laisse-moi t'aider, rétorqua-t-elle en appuyant ses paroles d'une pression de la main sur son épaule.

Dudley osa un regard depuis le couloir, Harry releva sa baguette aussi sec.

– Laisse-nous Duddy, demanda Pétunia.

Comme il allait répliquer, elle lui ordonna d'aller se coucher.

Harry replongea dans la cuvette pour ne plus vomir que de la bile. Pétunia, qui avait mouillé un linge, le lui passait sur le front et dans le cou pour le rafraîchir. De son autre main, elle lui frottait maladroitement le dos.

– Où est mon père ? demanda finalement Harry.

– Je ne sais pas.

La voix de sa tante n'était pas aigue comme d'habitude, ou désagréable, comme lorsqu'elle s'adressait à lui autrefois. La respiration de Harry qui s'était un peu calmée, s'emballa à cette phrase. Il avait besoin de Severus, c'était lui qui l'aidait quand il était malade la nuit. Les larmes, qu'il avait contenues jusqu'alors, dégringolèrent sur ses joues comme la pluie d'orage. Il était terrorisé à l'idée que son père ne revienne plus.

– J'ai..J'ai besoin de lui, lâcha-t-il.

– Je sais.

Pétunia se sentait complètement impuissante, voire complètement inutile face à cet adolescent qu'elle ne connaissait pas. Elle resta patiemment agenouillée à côté de lui, espérant que cela aille mieux rapidement. Il avait enfoui son visage dans la serviette mouillée de sorte qu'elle ne pouvait pas déchiffrer ses émotions, même si elles n'étaient pas bien difficiles à identifier au vu du tremblement de tout son corps. Elle l'aida finalement à se relever et le conduisit dans sa chambre, le guidant par le bras. Il vit la chaise renversée, les draps entortillés dans le lit, la redingote de son père sur le sol et le plateau-repas abandonné. Pétunia l'avait fait asseoir dans un fauteuil pendant qu'elle s'affairait autour du lit.

– Laisse tomber, je vais aller me coucher ailleurs.

Il se releva et prit la direction de la chambre de Rogue sans attendre une réponse de la part de Pétunia. Elle le suivit sur les talons, alors qu'il rabattait le couvre-lit pour rentrer dans le lit. Il ne se coucha pas tout à fait, mais resta à moitié assis.

– Tu as besoin de quelque chose ? fit Pétunia un peu mal à l'aise par ce qui venait de se produire et par le mutisme de son neveu.

Harry regarda autour de lui et passa les mains sur son corps.

– Où est ma baguette ? demanda-t-il, soudain inquiet.

– Je vais voir, répondit Pétunia.

Elle quitta la chambre, la tête haute, et revint moins d'une minute plus tard tenant religieusement le morceau de bois dans ses paumes ouvertes. Harry récupéra farouchement son bien et s'allongea, ma main tenant la baguette repliée sur la poitrine. Pétunia le regarda avec une expression indéchiffrable. Elle s'assit sur le bord du lit et posa sa main sur le front d'Harry, qui sursauta surpris par ce contact.

– Je ne pense pas que tu aies de la fièvre, commenta-t-elle.

Et elle pencha son visage près du front d'Harry et affirma de nouveau qu'il n'était pas fiévreux.

– Veux-tu du thé ?

– Non, je vais boire un peu d'eau, répondit l'adolescent qui ne comprenait pas l'attitude quasi maternelle de sa tante.

Avec sa baguette, il matérialisa un verre d'eau fraîche qu'il sirota lentement.

– Quelle heure est-il ?

– Presqu'une heure et demie.

Ils demeurèrent silencieux, n'osant pas se regarder, jusqu'à ce qu'Harry rompe le silence.

– Tu peux aller te coucher si tu veux, ça va mieux, j'ai l'habitude.

Pétunia était tellement plongée dans ses pensées qu'elle sursauta.

– Tu es sûr ?

Elle sembla vouloir ajouter quelque chose, mais se ravisa au dernier moment.

– Oui, ça va bien maintenant, affirma Harry. Merci, ajouta-il presque aussitôt.

Elle hocha la tête et se releva. Elle allait s'en aller quand elle lui dit :

– Ecoute, Harry, ce n'est pas trop le moment de te dire ça…

Harry haussa les sourcils, ressemblant beaucoup à cet instant à Rogue, les phrases qui commençaient comme cela lui faisaient peur, elles n'annonçaient rien de bon en général. D'autant que sa tante paraissait incroyablement gênée.

– Je voulais te dire que je suis désolée pour tout ce qui s'est passé à la maison, à cause de Vernon, Marge, Duddy et moi aussi. Je me suis comportée comme une moins que rien, je n'aurais pas dû laisser Vernon te traiter comme ça, j'aurais dû m'y opposer. Tu avais raison de dire que Lily n'aurais jamais affamé Dudley si elle avait dû l'accueillir chez elle. J'avais peur de Vernon, expliqua-t-elle, même si cela n'excuse pas tout, voire rien du tout. Je voulais juste que tu le saches, même si tu ne pourras sans doute jamais me le pardonner. Je ne peux plus vivre aujourd'hui avec ma mauvaise conscience. J'espère que Dudley le comprendra aussi un jour, ce n'est pas un mauvais garçon, il n'a pas un mauvais fond, c'est Vernon et moi qui l'avons pourri.

Elle se tut enfin, Harry ne savait pas s'il devait dire quelque chose ou se taire. Il ouvrit finalement la bouche, sans qu'aucun son n'en sorte. Pétunia s'agenouilla au pied du lit et borda Harry, quand elle se releva, elle se pencha avec une certaine raideur et déposa un baiser sur son front, accompagné d'une légère caresse sur bout des doigts.

– Dors bien, Harry.

Il ne se rendit compte qu'elle était partie que lorsqu'il vit son père dans l'embrasure de la porte. Il avait l'air en bonne santé, bien que fatigué, portant des vêtements moldus.

– Je viens de voir Pétunia dans l'escalier, elle m'a dit que tu avais été malade.

– Ca va mieux, papa, répondit Harry avec un sourire triste.

Rogue, peu convaincu par cette réponse, préféra s'assurer lui-même de l'état de santé de son fils. Il lui lança plusieurs sorts de diagnostic pour savoir s'il ne couvait pas une infection ou avait une intoxication à la potion de Sommeil sans Rêve qu'il avait ingérée dans la semaine. Tous les sorts s'avérèrent négatifs.

– Que s'est-il passé alors ?

– Hum.. je suppose que j'ai trop mangé ce soir et j'étais angoissé, confessa Harry.

– Pourquoi ? demanda Rogue en posant sa main sur l'avant-bras de son fils.

– Eh bien, pour plein de raisons, expliqua le plus jeune. D'abord, parce que tu n'étais pas là aujourd'hui, j'avais peur à cause de ce qui s'est passé hier soir, que tu sois fâché..

– Et que je ne t'aime plus et que je t'abandonne ?

– Comment tu le sais ? fit Harry avec des yeux ronds comme des soucoupes.

– J'ai eu une conversation intéressante aujourd'hui avec…, une amie, ajouta précipitamment Severus. Quoi d'autre ?

– Es-tu encore fâché ?

– Je n'ai jamais été fâché, j'étais contrarié par ton manque de confiance en moi.

– Je crois que c'est pire, commenta Harry avec une moue.

– Poursuis, Harry, ordonna gentiment Severus, je t'aime et je n'ai pas l'intention de t'abandonner.

Il lui confia ensuite sa crainte d'être pris par surprise par Dudley et de ne pas être en mesure de se défendre. Il devint un peu rouge quand il avoua s'être enfermé dans la chambre en bloquant la porte avec la chaise parce qu'il était mort de peur à l'idée d'être seul avec les deux autres membres de sa 'famille'. Lorsqu'il eut terminé, Rogue lui demanda :

– N'était-il pas plus simple de me dire tout cela hier soir dans mon bureau, ou même de venir te faire soigner après l'altercation avec Dursley Junior ? Avais-tu besoin de me cacher que tu avais mal à l'épaule ? Car, oui, je le sais grâce au sort de Diagnostic que je viens de te lancer, ajouta-t-il en répondant à la question qu'Harry voulait poser.

– Oui sans doute, répondit l'adolescent qui était embarrassé par les vérités que son père venait d'énoncer.

– Harry, mon fils, pensais-tu que je t'aurais laissé ici avec Pétunia et son fils, en étant pleinement conscient qu'ils te terrorisaient et que la seule présence d'un elfe de maison n'était pas suffisante pour te rassurer ?

Harry ne répondit rien.

– J'aurais préféré que ce cabot de Black vienne te garder ici, plutôt que de te laisser t'inquiéter jusqu'au cauchemar et au vomissement.

A ce moment-là, Harry se sentit désespérément ridicule, il ne cessait de se morigéner mentalement pour son comportement puéril. S'il avait été moins bête, il aurait pu passer une journée agréable avec Sirius au Manoir.

– Allez, couche-toi, j'arrive.

Severus revint de la salle de bain quelques minutes plus tard, complètement harassé de fatigue à cause des multiples déplacements qu'il avait effectués dans la journée.

– Où étais-tu ? demanda Harry.

– J'ai pris l'avion pour aller acheter des ingrédients en France, je préfère éviter le Chemin de Traverse, puis j'ai rencontré la mère de la cousine de Miss Granger. Je suis allé protéger son appartement ainsi que le cabinet de dentistes et le domicile de ton amie Hermione. J'allais rentrer quand Dobby est venu me chercher, Dumbledore a été blessé en touchant un artefact du Seigneur des Ténèbres.

– Il va mourir ? demanda instantanément Harry.

– Je ne sais pas, avoua Severus, demain je retournerai faire des analyses pour voir si les potions l'ont aidé.

– Et si..

– Ca suffit Harry, on en reparlera demain et je t'interdis de te faire du souci, cela suffit pour aujourd'hui. Il faut dormir maintenant, essaie de faire le vide dans ton esprit.

D'un coup de baguette magique, il plongea la chambre dans le noir, se glissa dans le lit et plaça sa baguette magique sous l'oreiller.

– Plus facile à dire qu'à faire, commenta Harry en reniflant.

Rogue ne put se retenir de lever les yeux au ciel, mais dans l'obscurité cela passa inaperçu.

– Viens là, murmura-t-il d'une voix si faible qu'Harry ne bougea pas.

Il répéta les mêmes mots un peu plus fort et Harry se décala de quelques centimètres plus près. Severus l'approcha plus près encore de lui, de sorte que la tête d'Harry repose sur son épaule, et lui frotta vigoureusement le dos pour le rassurer. Harry poussa un grand soupir de soulagement, suivi d'un reniflement particulièrement bruyant.

– Un mouchoir ?

– Non ça va, j'en ai pas besoin, j'pleure pas, répondit-il le plus jeune.

– De toute évidence, commenta Rogue d'un ton presque moqueur.

D'un Accio, il fit venir un mouchoir en tissu, qu'Harry utilisa pour se moucher vigoureusement et chasser les quelques larmes qui avaient mouillé ses joues.

– Tu ne vas pas me laisser tomber ? demanda Harry après de longues minutes de silence.

– Pas le moins du monde, ni aujourd'hui, ni à ta majorité, ni si tu te mets dans les ennuis jusqu'au cou, ce qui est ta grande spécialité, il faut le reconnaître.

Harry se mit à rire doucement en entendant ces dernières paroles.

– Dors tranquille, Harry, tu n'as rien à craindre ce soir, ni jamais tant que je suis là.

Enfin rassuré, il consentit à fermer ses yeux, prisonnier de l'étreinte de son père, il pouvait accorder à son corps et à son esprit un peu de repos. Le sommeil le gagna finalement, un sommeil si profond qu'il ne contenait pas de rêves. Severus veilla longtemps, observant les filaments de magie qui partaient de son corps pour pénétrer dans celui de son fils. L'aura magique de Harry bien que renforcée depuis qu'il vivait au Manoir, était toujours fragile. Il espérait que le temps qu'ils passaient ensemble permettrait de renforcer la magie d'Harry, de combler les manques d'antan. Severus contempla sa propre aura, elle avait aussi changée depuis le début de l'été, perdant peu à plus sa couleur grisâtre pour devenir jaune paille. Il réfléchissait à tout cela quand il tomba dans les bras de Morphée.

Le lendemain matin, le réveil fut difficile, plus pour Harry que pour Severus, qui était accoutumé à dormir peu. Il laissa Harry se reposer dans son lit et descendit au rez-de-chaussée régler quelques affaires. Harry ne se leva pas trop tard, permettant aux deux sorciers de se mettre à l'œuvre relativement de bonne heure. Severus ne commença pas le travail comme d'habitude par un entrainement aux sortilèges de Défense.

– Au vu de tes récents progrès, je pense qu'il est temps de commencer à t'enseigner la magie noire.

Le visage d'Harry rayonna à ces paroles, il était tellement impatient d'apprendre réellement à se battre, d'avoir des armes égales à celles de Voldemort.

– Avant cela, je vais tester ton Occlumencie, ajouta-t-il. Et je t'annonce tout de suite qu'il vaudra poursuivre ce travail pour d'une part affermir les défenses de ton esprit et d'autre part te rendre capable d'empêcher Tu-Sais-Qui de pénétrer ton esprit. Nous passerons également dans les jours prochains à la Légilimencie, qui sera un atout pour la guerre.

– Bon quand est-ce qu'on commence ? demanda Harry avec une impatience à peine contenue.

– Tout de suite, prépare-toi à ce que je pénètre ton esprit !

Comme c'était le début de l'entraînement, Severus patienta jusqu'à ce qu'il sente qu'Harry était maître de ses défenses, puis il lança le sortilège avec une puissance modérée. Harry repoussa l'attaque sans peine, présentant à son père le scénario qu'il avait créé dans son esprit, il l'entraînait dans des marécages glauques et des forêts épaisses. Peu à peu, Severus augmenta la puissance du sortilège, le rendant aussi intrusif et douloureux que s'il avait été lancé par Voldemort lui-même. Il constata avec satisfaction qu'Harry résistait beaucoup mieux que ce qu'il espérait. Devant une telle résistance, il se demanda si Harry n'allait pas loin au de-là de ses limites pour ne pas se plaindre et décida d'arrêter là l'exercice pour ne pas l'épuiser.

– Ca suffit pour aujourd'hui.

Harry, qui se tenait penché, les mains appuyés sur les genoux, était essoufflé comme après avoir fait deux tours de terrain de Quidditch en courant.

– Comment tu te sens ? La vérité Harry, s'il-te-plaît.

– Wow, répondit-il après avoir repris son souffle, tu y es allé fort à la fin, c'était comme si Tu-Sais-Qui me labourait le cerveau.

– Mal de tête ?

– Non, je me sens juste vidé, fit-il en baillant.

– Va t'allonger un peu dans ta chambre et prends ce livre pour le lire, je t'appellerai pour le déjeuner.

Harry prit le livre que son père lui tendait, un mince ouvrage à la couverture en cuir noir qui portait le titre « Principes généraux de la magie noire ». Il se plongea dans la lecture de l'ouvrage une bonne heure avant que son père l'appelle pour le repas. Contrairement à ce qu'il pensait, il ne s'endormit pas sur le volume, trop excité, malgré sa fatigue, à l'idée de voir Hermione et surtout sa cousine. Pendant le déjeuner, Harry évita de trop prêter attention à Dudley et Pétunia, la conversation de la veille avec sa tante hantait un coin de son esprit, mais l'occluda pour ne pas gâcher ce qui allait se passer par la suite.

Il était quatorze heures exactement quand le clan Granger se matérialisa devant le Manoir. Les deux moldues étaient pliées en deux, encore sous le choc du transplanage, Hermione et Rogue ne semblaient pas vraiment affectés par le transport. Harry, qui les attendait impatiemment dans le salon, se précipita dans le parc à leur rencontre. Il se jeta dans les bras d'Hermione.

– Le digne fils de son papa, murmura Hermione à son oreille avec un sourire jusqu'aux oreilles quand elle découvrit la vraie apparence de son meilleur ami.

– J'ai même hérité de son nez ! répliqua-t-il en riant.

– Tu es très beau, commenta-t-elle après s'être écartée un peu de lui pour mieux l'étudier.

Il se dirigea vers Lisa ensuite et embrassa timidement ses deux joues, rouge jusqu'à la racine des cheveux. Rogue et la mère de Lisa regardaient la scène avec un amusement difficile à dissimuler, mais Harry, trop empêtré dans sa gaucherie, ne vit que du feu.

– Eh bien, ça change drôlement de te voir comme ça, dit-elle un peu déroutée par la nouvelle apparence du sorcier. C'est ton apparence définitive ?

– Oui, répondit Harry qui était presque aussi rouge qu'un homard ébouillanté. Ca ne te plaît pas ? Tu préférais avant ? enchaîna-t-il.

Elle lui offrit un regard d'excuse, ennuyée de l'avoir vexée par sa question.

– Oh non, je ne te disais pas pour ça, répliqua-t-elle aussitôt, c'est qu'à chaque fois que je te fois tu n'as pas la même apparence. Tu es très … bien ainsi.

Elle aussi était un peu rouge, elle avait l'impression qu'il n'y avait que des inepties qui sortaient de sa bouche et le fait de se sentir observée par sa mère et le père d'Harry n'arrangeait rien à son trouble. Pour Harry, les paroles de Lisa faisaient sens : la première fois qu'elle l'avait vu, il était presque mort, la deuxième fois il ressemblait à Harry Potter et maintenant il était Harry Rogue. Cela devait être particulièrement déroutant pour une moldue.

– Non c'est définitif, fit-il d'une voix douce.

Il se retourna ensuite vers la mère de la jeune fille, qu'il salua. Elle portait une robe beige, cintrée à la taille, assortie d'une paire de ballerines de la même couleur. Ils se mirent en marche jusqu'à la demeure des Prince.

– Je voulais aussi vous remercier pour ce que vous avez fait pour moi quand j'ai… j'ai... été malade, bégaya Harry.

La femme médecine lui fit un sourire bienveillant, elle n'était nullement embarrassée ou nerveuse, contrairement à lui.

– J'aurais voulu faire plus pour t'aider, répondit-elle. Je suis contente que tu ais retrouvé ton père et je sais qu'il s'occupe bien de toi. Même si ton physique n'est plus le même, je vois que tu as repris du poids et que physiquement tu vas beaucoup mieux.

– Oui, Severus est vraiment formidable pour moi.

– Pour ce qui est du reste, il faudra du temps pour que les blessures guérissent, mais je sais que tu peux compter et t'appuyer sans crainte sur ton père. Harry, ajouta-t-elle en posant sa main sur son épaule et en ancrant ses yeux dans les siens, n'oublie jamais cela, tu es l'être le plus cher au monde pour ton père. Il t'aime inconditionnellement et rien ne pourra changer cela.

Harry ne put s'empêcher de rire en entendant ces paroles.

– Il m'a dit ça mot pour mot il n'y a pas très longtemps, fit-il en guise d'explication.

Sans un mot, ils accélérèrent le pas pour rattraper Rogue, Hermione et Lisa, qui étaient tout près de la maison. Arrivés dans le salon, Severus commanda à Dobby des boissons et invita ses invités à prendre place sur les canapés.

– Le voyage a-t-il été supportable ? demanda-t-il en hôte irréprochable.

– Une première pour Lisa et moi, je dois dire que je m'attendais à pire, je n'ai presque rien senti, répondit la médecin.

– Beaucoup mieux qu'en Portoloin, répondit aussitôt Hermione.

– Cela a été surprenant, une secousse comme dans les manèges !

– Encore tu n'as pas transplané avec le professeur Dumbledore, j'ai cru que j'allais rendre mon petit-déjeuner ! intervint Harry en riant.

La conversation continua sur des banalités, jusqu'à ce que Rogue demande ce comment les plus jeunes avaient prévu d'occuper leur après-midi. Ce fut Hermione qui prit la parole :

– Eh bien, Harry, je ne sais pas ce que tu veux faire. On a pris nos affaires de plage, dit Hermione avec un large sourire, avec des raquettes et des balles. Sinon on peut jouer aux cartes ou aux échecs, ou bien finir nos devoirs pour la rentrée, ajouta-t-elle avec un air très sérieux.

– Tu plaisantes, j'espère, s'écria Harry en jetant à Hermione un coussin. Tu es un bourreau de travail !

Alors qu'il se lançait dans une bataille de coussins, Hermione disait entre deux rires qu'elle plaisantait. Amusées, Lisa et sa mère observaient la scène, jetant des coups d'œil à Rogue qui haussait un sourcil.

– J'espère que vous ne comptez pas détruire la maison, fit-il alors Severus d'une voix de velours.

– Pas du tout, papa, répondit Harry en suspendant son geste, tu me connais, ce n'est pas du tout mon genre.

– Bien sûr, commenta Rogue.

Il se retourna ensuite vers Anne et lui présentant son bras, il lui proposa de faire le tour de la propriété.

– Avec plaisir, accepta-t-elle.

Alors qu'ils prenaient la direction du parc, le trio descendait jusqu'à la plage jusqu'à ce qu'Harry se rende compte qu'il n'avait pas pris ses affaires de baignade. Ils firent demi-tour. Les filles attendirent Harry dans l'entrée, le garçon réapparut cinq minutes plus tard, portant un short de bain offert par Lisa, il avait aussi changé ses baskets pour des tongs.

– Je fais honneur à ton cadeau, fit-il avec un sourire malicieux.

– Je vois ça, répondit Lisa tandis que des fossettes apparaissaient sur ses joues.

Arrivés à la plage, ils installèrent les serviettes sur le sable chaud. Hermione sortit de la poche de son short un sac miniaturisé. D'un coup de baguette magique, elle lui rendit sa taille normale. Lisa regarda avec admiration, c'était la première fois qu'elle voyait sa cousine pratiquer la magie.

– Ca doit être formidable de pouvoir faire tout ça, commenta-t-elle.

Harry haussa les épaules, Hermione hocha vigoureusement la tête.

– Tu ne trouves pas génial de faire de la magie ? interrogea la moldue.

– Au début c'était génial, mais sincèrement, je crois que la magie m'a apporté plus d'ennuis que de biens, alors ça aide à relativiser.

– Ah… désolée, s'excusa-t-elle, embarrassée.

Harry se morigéna pour ce qu'il venait de dire, pensant qu'il aurait mieux fait de réfléchir avant de parler.

– Non, c'est moi qui suis désolé de t'avoir parlé un peu sèchement. Oui, c'est merveilleux de sentir la magie couler dans tes veines, encore plus merveilleux d'apprendre à la contrôler, et je peux imaginer ta fascination car j'ai vécu pendant onze ans en ignorant que j'étais un sorcier. Je pense que toi aussi, Hermione, tu as ressenti ce sentiment extraordinaire en allant sur le Chemin de Traverse la toute première fois.

– Oui, c'était une journée si spéciale, répondit-elle.

– Bon, que faisons-nous ? demanda Harry pour changer de discussion.

– Raquettes ! proposa la blondinette. Hermione et moi contre toi !

Harry commença à protester que ce n'était pas un combat égal, mais devant la résolution des deux jeunes filles, il s'inclina. Les balles s'enchaînèrent, Harry mena la partie, mettant en échec les deux filles qui n'étaient guère sportives, mais il regretta rapidement de ne pas avoir un partenaire de jeu. S'ils étaient deux, il n'aurait pas eu besoin de courir dans tous les sens pour ne pas perdre la partie !

Au bout d'une énième balle, il déclara forfait et proposa aux filles de se rafraîchir dans la mer. Il ôta son tee-shirt qui lui collait à la peau et le balança sur sa serviette de plage. Les filles avaient abandonné leurs shorts et tee-shirts pour se mettre en bikini. Hermione portait un bikini rouge, Harry ne manqua pas de la charrier en voyant qu'elle portait les couleurs de Gryffondor pendant les vacances.

– Mc Go serait fière de toi ! s'écria-t-il en recevant sur la tête un coup de livre qu'Hermione venait de sortir de son sac.

Ils se mirent à rire à gorge déployée, Lisa les regardait sans comprendre le fin mot de l'histoire, mais l'hilarité la gagna aussi car leur rire était communicatif. Portant un maillot azur, elle courut dans l'eau et leur cria de venir se baigner.

Au milieu des vagues, les jeux reprirent, c'était à qui éclabousserait le plus l'autre. La complicité entre ces trois-là était palpable, c'était comme s'ils s'étaient toujours connus. L'eau, maintenue à une température agréable grâce aux sortilèges ancestraux, faisait les délices des deux jeunes filles qui n'avaient pas eu l'occasion d'aller à la plage durant l'été.

– C'est dommage que Ron ne soit pas là, déclara soudain Hermione.

– Oh oui, approuva Harry, j'espère qu'on pourra passer un autre après-midi tous les quatre avant la rentrée. On pourrait même te faire monter sur un balai pour voler, ajouta-t-il en regardant Lisa.

– Hum... moi sur un balai ? fit-elle effrayée.

– Oui tu verras, c'est super amusant, répondit-il en s'amusant de la peur de la jeune moldue.

Ils nagèrent encore dans la mer jusqu'à ce qu'Hermione, sentant dans le regard d'Harry le désir d'être seul avec sa cousine, prit le prétexte qu'elle en avait assez d'être dans l'eau pour retourner sur sa serviette bouquiner un peu. Harry, qui au contact de Rogue était devenu plus subtil, ne fut pas dupe. Il remercia sa meilleure amie d'un sourire.

– On marche un peu ? proposa-t-il à la jeune moldue.

Ensemble, ils longèrent le bord de l'eau, leurs pieds s'enfonçaient dans le sable tiède et leurs empreintes aussitôt effacées par une nouvelle vague. Leurs mains ballantes se frôlaient parfois sans qu'ils ne semblent réagir à ce contact. Harry était très troublé par la présence de Lisa, il constata qu'elle aussi était un peu embarrassée. Il se demanda si c'était parce qu'elle était ennuyée de se trouver seule avec lui, mais repensa que la dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés sur cette plage, tous deux s'étaient sentis très proches. Il engagea la conversation pour rompre ce léger malaise, interrogeant Lisa sur ce qu'elle allait faire à la rentrée. Loin de changer ses idées, la perspective de la rentrée l'attrista, la pensée de devoir quitter la maison, de ne plus voir la plage et de retourner en cours était difficile à envisager. Il réalisa aussi qu'il ne pourrait plus revoir Lisa, du moins pas avant Noël, si elle ne l'avait pas oublié d'ici là… Toutes ces pensées se bousculaient dans son esprit. Pour la première fois de sa vie, il rencontrait l'Amour et il ne lui semblait pas que les sentiments qu'il éprouvait pour la jeune fille étaient une simple passade, c'était beaucoup plus que ça. Avec beaucoup de lucidité, il songea que tous les jeunes garçons qui étaient amoureux pour la première fois devaient penser la même chose et pourtant ils ne finissaient pas leurs jours avec leur premier amour. Néanmoins, il ne pouvait se convaincre que ses sentiments n'étaient pas profonds. Poussé par ce qui faisait de lui qu'il était un Gryffondor, il décida de foncer dans le tas, quitte à passer pour un imbécile. Il ne savait même pas s'il aurait l'occasion de revoir la jeune moldue avant la fin des vacances, mais en revanche il était certain de ne pas pouvoir vivre sans avoir des réponses à ces interrogations. Oui, il avait un peu fleurté avec Lisa lors de son anniversaire et il avait voulu aller un peu plus loin, mais il avait été coupé dans son élan par Ginny.

– Hum, voilà, je ne sais pas trop comment te dire ça, commença-t-il, je voudrais que tu saches, et vraiment je ne voudrais pas que tu le prennes mal, oublie juste ça si ça te plaît pas.

Il avait envie de mettre une gifle pour son manque d'éloquence, il venait de se ridiculiser magistralement. Il aurait mieux faire de tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler…

– Parle-moi simplement, répondit Lisa avec un sourire.

Elle se tourna face à lui avec un air serein plaqué au visage. Gêné, il toussota.

– Hum… je voulais te dire que … heu… tu me plais beaucoup et je crois que je suis amoureux de toi. Oui, même beaucoup amoureux, continua Harry qui semblait soulagé de ne pas avoir encore reçu de coup ou de gifle.

Lisa ne se mit pas non plus à pleurer, il redoutait beaucoup cela depuis qu'il avait embrassé une Cho larmoyante quelques mois auparavant.

– Je sais que ça paraît dingue, surtout qu'on se connaît presque pas, ajouta-t-il précipitamment.

Elle hocha la tête, tandis qu'elle grignotait sa lèvre inférieure, comme Hermione le faisait aussi si souvent. Un sourire faisait ressortir ses fossettes, elle semblait flattée par cette révélation. Il fallait reconnaître que c'était presque une première pour la jeune moldue qui n'avait pas un grand succès avec les garçons…

– Je sais que ça va te paraître dingue, surtout qu'on se connaît presque pas, commença Lisa en empruntant les mêmes mots qu'Harry. Avant de te voir aujourd'hui, j'étais prise d'une frénésie, j'avais des papillons, là dans le ventre, montra-t-elle avec sa main, et maintenant, à côté de toi, je me sens si bien. En fait, je voudrais te dire que je suis amoureuse de toi. Oui je crois que c'est ça.

Elle avait un adorable sourire en coin, qui trahissait sa gêne. Elle leva ses yeux bleus vers lui, attendant une réaction de sa part. Elle ne se fit pas attendre, Harry, enhardi par cette confession, s'approcha d'elle et posa ses lèvres sur les siennes. Contrairement à Cho, Lisa répondit à son baiser, pressant ses lèvres contre les siennes, les entrouvrant sous la caresse de sa langue. Leurs bras s'enlacèrent, alors que leurs mains découvraient le cou, les épaules et le dos de l'autre. Ils se séparèrent le souffle court et éclatèrent de rire, Harry entoura de ses deux mains le visage de la jeune fille et l'embrassa cette fois avec fougue. Quand le baiser prit fin, ils étaient fermement enlacés, les doigts d'Harry étaient entremêlés dans les cheveux blonds de Lisa. La jeune fille me mit à rire en sentant la bosse qui appuyait sur son ventre, Harry le comprit.

– Je suis fou de désir pour toi, se justifia-t-il piteusement.

– Moi aussi, mais ça ne se voit pas ! fit-elle en riant.

Puis Harry redevint sérieux brusquement.

– Tu sais qu'il y a une guerre dans mon monde ?

– Mya m'en a parlé.

– Je risque de ne pas survivre à cette guerre, tu sais. Je ne voudrais pas …

– Je sais, tu ne veux pas que je meurs par ta faute ou que j'aie des sentiments pour toi en cas que tu ne survives pas. Avant que tu m'embrasses je savais tout ça et j'aimerais qu'on se laisse une chance, tu ne vas pas me mettre en danger car à la rentrée tu vas retourner dans ton école, moi je rentrerai à la fac, et nous n'aurons peut-être pas l'occasion de nous revoir avant l'été prochain. Je voudrais juste que tu saches que mes sentiments sont sincères et que j'espère que tu ne m'oublieras pas.

Elle déposa délicatement ses lèvres sur les siennes et Harry l'enlaça comme si sa vie en dépendait.

Plus haut, sur la crique, Severus et Anne avaient rejoint Hermione, tous trois regardaient le couple qui venait de se former.

– Les amoureux, vous venez nous rejoindre pour goûter ? les interpela la mère de Lisa.

Ils avaient le cœur qui battait la chamade quand ils remontèrent vers la maison, gênés d'avoir été surpris. Severus gratifia Harry d'un sourire presque moqueur quand il vit son teint rougi.

Le malaise se dissipa rapidement, l'ambiance autour de la table du salon était bon enfant, si bien que les deux amoureux n'eurent bientôt plus l'impression de marcher sur des œufs. Quand la pendule du salon sonna cinq heures, l'âtre de la cheminée devint vert et Sirius sortit des flammes. Harry se leva et courut jusqu'à lui, s'enquérant de la raison de sa visite.

– C'est Serv… Severus qui m'a demandé de venir, expliqua l'ancien détenu en butant sur le prénom de Rogue. Il doit s'absenter.

– En effet, je dois aller voir Dumbledore, compléta Rogue d'une voix sèche, je vois que tu es ponctuel, Black.

– Oui, bonjour à toi aussi, Severus.

Rapidement, Harry présenta Lisa et sa mère à son parrain, puis Severus proposa de raccompagner les jeunes femmes à Londres. Les adieux se firent rapidement, Harry n'osa pas trop se montrer tendre avec Lisa devant les adultes présents, il se contenta de déposer deux bises appuyées sur ses joues.

– J'espère te revoir vite, écris-moi, lui fit-elle.

Il acquiesça sans un mot.

Moins d'une minute plus tard, il ne restait plus que Sirius et Harry dans le salon du Manoir Rogue.

– Eh bien, mon grand, je crois que tu as des choses à me raconter, lança Sirius avec un sourire ravageur qui fit rougir Harry jusqu'à la racine des cheveux.

A suivre….