Dame Lylith, navrée pour Pansy, vu l'idéologie que j'ai développé, cela devenait logique, mais cela n'a pas été simple à écrire... J'aime bien l'idée qu'elle soit, elle-aussi, plus complexe que ce que les romans laissent entrevoir.


PARTIE IV

Des mois à frôler, des mois à la titiller, l'appeler sans bouger les lèvres, il est temps qu'elle réponde. Aussi doucereusement qu'elle en est capable, des coups successifs jusqu'à ce qu'apposer sa tête sur le billot soit une délivrance. Autant courir à sa rencontre, alors,


Chapitre XXVII : Filiations (1 sur 2)


Considérer que la liesse, pourtant méritée devant leur éclatante victoire, n'est guère partagée par tous forme un bel euphémisme. Oublié la douce vengeance : le masque plaqué sur le visage de Drago Malefoy décourage les éventuelles congratulations. Pourtant, au lieu de laisser ruminer les Serpentards dans leur antre, les Lions manifestent quelques signes discrets de solidarité vis-à-vis de leurs malheurs de par quelques tapes sur l'épaule. Les écailles s'attendrissent. Par ailleurs, la mine renfrognée du Survivant montre que ce dernier subit plutôt qu'il ne participe à l'euphorie générale, l'esprit déjà plus loin.

La chute de la maison Hepburn, la victoire de Potter sur l'un des plus ardents partisans de Voldemort résonne d'un tel espoir pour ceux combattant depuis plus de deux années à présent. Dès lors, il faut bien leur pardonner d'oublier Pansy Parkinson? Et se féliciter que la présence des deux Mangemorts ne provoque nulle panique. Supporter.

Eux ne sont pas morts, eux vivent encore, alors ils peuvent bien supporter ce sursaut de popularité sans en vouloir à Bill Weasley pour sa petite trahison d'ordre politicienne. Quoiqu'Hermione n'aurait jamais cru regretter le calme marécage de leur cave au moment où se déroule devant eux le confort du QG officiel de la Résistance. A croire que certains possèdent des fesses trop grasses pour se passer de quatre repas par jour. Il parait que cet état de fait s'enroule autour de la notion de prestige. Une bêtise abjecte pour Harry, indigne des sacrifiés, morts ou vivants, tous les partisans exécutants les missions balancées au bonheur la chance. Une fortune aléatoire et plus assurée de par le double succès face à Hepburn. Il suffit d'y croire. Associer la Résistance à leur victoire finale n'est qu'une piètre concession, bien que ressemblant trop aux errements passés pour contenter Harry. Mais, que peut-il refuser à Bill Weasley ? Le jeune chef a grand besoin d'asseoir son autorité face aux profiteurs se redressant sur les miettes.

Effacer le cortège glacé, les blessés, les morts, la terreur continuelle quand Voldemort enracine des tentacules jusqu'aux fondations de Londres. Et puis, rien de tel qu'arborer le Survivant en porte-étendard pour titiller le dragon Plus qu'à espérer qu'ils soient en mesure de le terrasser.

Jugeant que la patience de Drago Malefoy ne va pas tarder à le conduire à une erreur regrettable, d'autant plus que certains enivrés commencent à le reluquer, Hermione lui attrape la main et l'entraine à l'écart de la foule scandant les noms d'Harry et de Bill. Il est hors de question qu'il reste submergé par ses remords. Impossible de sombrer sans se noyer cette fois-ci : ils pèsent si lourds. Elle le bouscule et le plaque contre un mur. La mort de Pansy l'a choquée aussi, et elle n'ose pas aborder avec lui le sort réservé à la Serpentarde. Dès lors, comme l'expliquer à Drago sans lui balancer qu'elle, au moins, vit ?

« Tu la vengeras, tu le sais, je le sais, » s'entendit-elle prononcer à sa grande surprise. Que peut-elle ajouter sans se trahir plus qu'elle ne l'a déjà fait ? Il tourne la tête comme pour mieux fuir son regard mais Hermione accentue sa pression et son coude s'infiltre juste en dessous des côtes.

D'un mouvement d'épaules, il aurait pu la repousser au lieu de paraître savourer la lente asphyxie offerte. Pansy a-t-elle ressenti la même chose ? Dire qu'il a été assez naïf pour estimer avoir fait le tour en matière de douleur. Finalement, cette souffrance vaut davantage que celle qui s'étant appesantie dans chacun de ses membres. L'autre n'est que ressentie, celle-là le brûle sans fin. La violence avec laquelle les lèvres d'Hermione se posent sur les siennes, l'air insufflé pratiquement de force alors que le poids se relâche le ramène du côté des vivants. Car il l'est et se doit de le demeurer, jusqu'à ce que par le sang la vengeance soit achevée. Vivant, il l'est, tout comme elle et il encercle de son bras la taille d'Hermione pour mieux sentir contre lui la pression de son corps. Son seul rempart. Le seul dont il a présentement besoin. Elle serait à son côté jusqu'au bout, il le sait car l'âme de la fille s'est également noircie. Oui, la Lionne aussi saurait se repaître. Le même venin dans leurs veines. Cette pensée termine de le contenter tandis que le baiser d'Hermione devient plus insistant. La fin viendrait assez vite, autant ne pas l'attendre.

Elle vient, ne les accompagne-t-elle pas d'une manière insidieuse depuis longtemps désormais? Elle prend son temps, s'amusant à effriter progressivement la moindre parcelle d'espérance pour mieux leur faire comprendre que ce serait elle qui terminerait l'histoire. Amère logique mais au combien inévitable. Les derniers brins d'innocence meurent un matin ensoleillé. Parenthèse un brin incohérente face aux premiers prémices de l'hiver. Si peu adéquat pour les uns, si parfait pour les autres. Précision inutile pour les derniers. Peut-être qu'ils avaient tous raison à leur façon. Le résultat reste commun, l'interprétation douloureuse pour tous. Cruelle désillusion pour des espoirs bannis. D'aucun suggèreront que la vision de cette pièce sans fenêtre au sol maculé de sang affirme la résolution d'Harry. Tout comme la seule chaise placée au milieu. Elle tache effectivement son manteau blanc d'une rouille indélébile au moment où l'image du preux chevalier se noie dans la merde et le sang.

Mais quels mots utiliser alors pour s'attacher au ressenti de Blaise et de Drago ? Une moitié d'horreur, un tiers de culpabilité et un quart de tristesse sans oublier le zest d'incompréhension ? A chaque jour suffit sa peine mais la réalité dépasse toujours les craintes les plus acérées.

La main sur l'embrasure de la porte, incapable et de trop, Harry tente de maintenir sur sa face un masque d'impassibilité. Le discours de Bill n'a caché aucune ambiguïté lorsqu'il les a tous les trois convoqués au petit matin. Nulle tentative d'excuses ou de dissimulation non plus. Juste les faits. Un Mangemort a été capturé puis amené la veille. Il a été interrogé durant la nuit. C'était Théodore Nott. D'une main placée aussitôt sur son épaule, Blaise a prévenu la colère de Drago. Cela ne servirait à rien, ils ont toujours su que ce jour arriverait. Lâcheté, lâcheté, ô si fidèle amie ! Mais Drago n'a manifesté aucune rage et arbore plutôt un calme malsain, demandant simplement l'emplacement de la salle où est retenu Théodore. Bill a répondu. Ils s'y sont rendus. Point. Et le Survivant de sentir sa balafre le glacer. Aux autres de s'avancer.

Une masse affaissée sur elle-même, retenue sur la chaise par les liens magiques qui se sont enfoncés dans la peau. Longtemps que l'endoloris n'est qu'une chimère usée. Elle reste, toutefois, plus propre. Ils lui ont laissé les poignets devant. Comme cela, il a pu voir la pince repartir avec chacun de ses ongles. Quelques phalanges aussi. Théo avait eu les cheveux d'un blond virant sur le châtain avant qu'ils soient poisseux de sang séché. Les zébrures sanguinolentes encadrent parfaitement les marbrures naissantes sur sa peau.

Le sol bétonné qui se dérobe et prend des allures de dallage de pierre. Rappelant soudain le fer tailladant sa peau alors qu'il s'efforce de se raccrocher au mur dans un effort dérisoire. Puis la voix de son père trahissant ses espoirs. Drago déglutit difficilement, incapable de surmonter son propre miroir. Peut-être serait-il resté là, englouti au milieu de ses démons si Théodore n'avait pas relevé la tête pour les observer de son seul œil resté ouvert tout en esquissant un rictus sanglant et béant en les reconnaissant. Blaise amorce un pas puis est stoppé dans sa lancée par le sifflement de Théodore.

« Appr..ochez pas… Que vous deux… ».

Obéissant à l'injonction, Harry reste de marbre quand les deux autres s'avancent, attendant la prochaine parole de leur ancien frère : un vilain rire se muant en grimace et hoquet ensanglanté, tout aussi douloureux pour les spectateurs. Et s'il ne n'est pas surpris de la réaction du prisonnier, en revanche, celle d'Harry ne manque pas d'étonner les deux Serpentard. Machinalement, il sort sa baguette, se rapproche de la porte et la braque en direction du couloir où s'amènent sans doute les bourreaux. Malgré leurs protestations et leurs insinuations sur le fait qu'après le travail nocturne, il est à deux doigts de lâcher le morceau, Harry laisse échapper quelques étincelles qui convainquent les bons fonctionnaires de lâcher prise.

« C'est la forme on dirait … » crache Théodore dans une nouvelle expiration hasardeuse sans que ni Blaise, ni Drago ne répondent. Ne sont-ils pas davantage coupables ? Témoins immobiles d'un jeu familier dont ils connaissent tellement l'aboutissement.

«Il a envoyé les premiers … continent… Récupérer arme… Ancienne… » Une succession d'halètements trop rapides. « Pris secret à Grindelwald. Pour préparer attaque. Dernière… » Incapable de poursuivre alors que des bulles sanglantes s'accumulent au coin de sa bouche, Théodore cherche le regard de ses camarades.

Drago hoche doucement la tête dans un salut emplit d'une longue gravité sans permettre à une seule larme de s'accrocher à ses cils. Parce que c'est l'un de ses égaux qu'il accompagne.

«Putain, pourquoi Théo ? rage Blaise.

— Rien … n'est jamais pardonné les gars… » expire Théodore Nott avant que ses lèvres n'articulent un sort muet et que ses traits déformés ne se figent dans un sourire immonde.

Le sang ne coule plus, il s'écaille même. Plus de goutte à goutte implacable glissant de la dépouille de Théodore Nott. Non plus de celle de Pansy : un deuil de plus après tout, très vite balayé par la pagaille engendrée par la rumeur. Le Mangemort aurait livré des informations capitales avant de crever. Telle est l'information qui circule en boucle depuis qu'Harry Potter le Sauveur est remonté, livide, de la salle crasseuse. En revanche, l'état des Serpentard n'inquiète personne. Logique aussi. Ne sont-ils pas qu'à peine tolérer en ces lieux ? L'affolement se matérialise sous la forme d'inspection, de branle-bas le combat et heureusement de réunions stratégiques de grande envergure où il est mis en évidence que personne ne sait comment interpréter les informations capitales reçues. Conséquence aimable de la lecture d'une copie incomplète. Harry n'a jamais été très doué au niveau de la prise de note, il s'en excuse presque face au responsable de la section renseignements. Quant au reproche en découlant, on parle d'Harry Potter. Avantage indéniable qui limite les questions gênantes.

Ce qui donne un avantage temporel à l'équipe d'Harry, nom à la fois neutre et très engageant. Regroupés autour d'Hermione, en vérité, ils peuvent épiloguer sur les derniers mots de Théodore Nott tandis que les spécialistes de l'ex-ministère, basculés dans la Résistance, décodent des messages cachés au sein de chacune des lignes incohérentes. Une seule chose étant sûre, Lord Voldemort n'envisage pas d'attaquer le QG grâce à une armée de Maygar à pointes. L'imagination ridicule est facilement partagée et l'affaire occupe le Haut Conseil de la Résistance une nuit entière. Et la médiation de Remus Lupin assisté de Kingsley suffit à peine pour seconder Arthur Weasley, la patience de Bill étant mise à rude épreuve. Un léger dommage collatéral qui ne faisait même plus rire Blaise, les deux pieds plongés dans un précipice sans fond. Il a eu l'idée extraordinaire d'inventorier ses anciens camarades Serpentard pendant qu'Hermione résumait les nouvelles informations.

« En gros, Voldemort aurait mis la main sur une arme secrète qui aurait été inventée ou plutôt possédée par Grindelwald et il envoie…

— Des Mangemorts gradés et gratinés. complète Blaise d'un ton lugubre. »

Préférant oublier que Ron aurait trouvé un moyen d'en plaisanter et que Drago, muet, serre les poings à s'en faire blanchir les jointures, Hermione ferme les yeux afin de se remémorer les quelques connaissances apprises sur Grindelwald. L'inconvénient principal résidant dans le fait que l'histoire contemporaine sorcière n'est abordée qu'en septième année. Quant à considérer qu'il est des plus paradoxales que ce soit la née-moldue qui en sache davantage sur le sorcier ayant monté les Moldus les uns contre les autres en surfant sur une idéologie raciste. Ce n'est même pas la peine de le souligner.

« Dumbledore a mis fin au règne de Grindelwald en 1945 mais les horreurs étaient déjà commises. La question c'est de savoir quelle était cette arme et surtout pourquoi Dumbledore ne l'a pas détruite.

— Pourquoi Dumbledore ? s'exclame Harry horrifié à l'idée de voir son mentor sali tandis que Drago fixe ses poings.

— Ben s'il l'avait détruite, Voldemort ne l'aurait pas retrouvée ? ose Ginny en plaçant sa main sur le bras de son amant.

— Ou alors, tente Neville, on peut considérer qu'il n'aurait pas réussi à le vaincre si Grindelwald n'avait pas déjà caché son arme. Cela expliquerait aussi pourquoi il a fallu attendre 1945 alors que les massacres avaient débuté bien avant. »

Laissant Harry se morfondre devant l'implacable constatation voulant que son héros ait attendu une faille pour intervenir, les autres enchainent sur la nature possible de l'objet qui a été capable de provoquer à la fois des victoires éclatantes mais aussi de beaux lavages de cerveau du côté des Moldus. Le Survivant étant incapable de s'apercevoir qu'en réalité le pragmatisme de Dumbledore renforce ses propres chances de victoire : lui-même n'est pas vraiment un super héros non plus. Une fois encore, la logique amène à songer à un objet commun entre leurs deux mondes, permettant de canaliser la magie, bref, une sorte de baguette, et exerçant une part de séduction évidente. Or, étant donné que les Moldus ne sont pas censés être au courant de l'existence des baguettes magiques nonobstant quelques rumeurs malveillantes distillées le long des siècles, la suite de la réflexion s'annonce complexe.

Du moins, elle l'aurait sans doute été, davantage, si nos aventuriers chevronnés n'avaient pas moult quêtes derrière eux. Dont une qui les a amenés à mettre la main sur une certaine coupe à la valeur partagée à la fois du côté sorcier et du côté moldu. L'association d'idées se mettant, tout de même, lentement en place, la faute aux horreurs peuplant leurs méninges, il faut pratiquement une heure pour parvenir à Merlin, Graal, Sang, Arche d'alliance, Christ…. Reliques Christiques ? Ce qui permet à Harry d'appuyer le premier sur le buzzer et de remporter la mise avec « lance de la passion ». Déclenchant par la même occasion chez Hermione une véritable crise de déductions.

« Bien sûr ! Une fois encore Voldemort concilie inconsciemment ses origines moldues et le monde sorcier ! C'est un objet aussi symbolique que le Saint Graal pour les Chrétiens et en plus, une lance, ça ressemble parfaitement à une grande baguette et c'est donc possible de l'utiliser pour canaliser la magie à condition d'y incorporer un peu du possesseur. Ce que Voldemort n'a pas manqué de faire évidemment ! Allez ! Bientôt un de moins !

— Un de moins ? s'étonne bêtement Harry.

— Je crois, Harry, explique Fred, que ce que Hermione essaye de dire c'est que si Voldemort a récupéré la Lance de la Passion, ce n'est pas pour s'en servir de tuteur.

— Ni de canne, renchérit Georges.

— Ni même de porte-étendard, reprend Fred

— Ni encore de …

— La ferme, on a compris que c'est un Horcruxe, les coupe Ginny, un brin agacée de voir ses frères faire passer Harry pour un abruti.

— Donc, une fois qu'on aura zigouillé la lance, il n'en restera que deux ! C'est trop cool ! S'enthousiasme Neville.

— Elle est plantée où votre lance ? Vous pensez qu'il s'agit de l'Europe, mais cela pourrait être l'Atlantide aussi, annonce Luna sur son habituel ton éthéré.

— Le continent, c'est forcément l'Europe, la frontière entre la France et l'Allemagne pour être plus précis. La lance a disparu dans le Rhin d'après les histoires moldues. » explique calmement Hermione sans s'apercevoir qu'elle n'aurait pas obtenu une réaction plus différente en lançant un seau d'eau froide.

« Euh, on va devoir draguer le Rhin ? hésite Harry grand amateur de plongée devant l'éternel.

— Pour ça Potter, pas d'inquiétudes. Il suffit d'écouter l'avertissement de Théo. Il n'envoie pas n'importe qui récupérer la lance. » Plaque Drago avant d'ajouter comme les autres mis à part Blaise ne semblaient pas comprendre. « Je vais enfin pouvoir goûter à la joie des retrouvailles on dirait bien. Cela nous facilitera la tâche.»

Devant l'étonnement de ses camarades, Blaise se force à expliquer que depuis une certaine cérémonie, Drago est reconnu comme l'héritier légitime des Malefoy, ce qui signifie qu'en usant de moyens particuliers, il lui est possible de retrouver sa trace.

D'une manière surprenante, la colère est l'apanage d'Hermione, une fois leur réunion achevée et une fois seule avec Drago. Ce dernier retient un sourire devant l'évidence même de la conversion d'Hermione à ses mœurs. Les conflits ne doivent jamais dépasser la stricte sphère privée, tel est l'un des premiers adages du Prince. En revanche, le motif de la dispute reste une grande première pour le garçon. s'il s'est attendu à ce que sa chère Lionne considère comme une trahison le fait qu'il n'ait jamais mentionné cette particularité du lien qui l'unissait à son père, il n'aurait pas pensé qu'elle puisse simplement être inquiète.

Pour lui en plus, et bien davantage que pour elle. Pourtant, Hermione n'a pu que conserver des séquelles de sa précédente rencontre avec Lucius Malefoy, assez pour être traumatisée sans penser à son indigne fils. Est-ce là une propriété particulière des Gryffondors que de toujours faire passer les autres en premier ? Autrefois il s'en serait gaussé, maintenant il trouve cela plutôt bizarre. Enfin, pas complètement, il n'est juste pas habitué à se retrouver au centre de telles attentions. Mis à part son propre cercle désormais réduit à l'arc, il n'a éprouvé de sentiments pour personne et n'ignorait pas que ceux lui portant un intérêt quelconque le faisait en raison des avantages inhérents. Mais dans la fureur qui brûle dans les prunelles d'Hermione alors qu'elle formule ses reproches, il ne voit qu'une détresse non feinte. Totalement inhabituel.

« Et tu t'es jamais dit que si tu savais toujours où était son père, il ne pouvait pas inverser le sort ? » lui jette-t-elle. « Cela mettrait tout le monde en danger ! »

Il aurait pu lui répondre sur le même ton, mais il a, à présent, assez de recul pour comprendre que ni l'un ni l'autre ne seraient capables de prendre le dessus et que même élevée à son paroxysme, la colère ne saurait les départager. Sans compter les risques de dégâts collatéraux. Cela figure, précisément, un des traits de caractères qu'il préfère chez Hermione. Rare sont ceux capables de rétorquer et de l'envoyer promener avec autant de panache. Pansy pouvait crier parfois mais c'était par une phrase susurrée d'un ton capricieux qu'elle gagnait. Un sourire un peu niais se forme sur ses lèvres au souvenir de la façon avec laquelle Pansy se servait des préjugés de son éducation pour mieux s'infiltrer et retourner les nobles mâles au sang pur. Mais cela ne lui a pas suffi auprès d'Hepburn. Pensée glaçante qui inscrit sur sa physionomie une expression plus adéquate avec le savon passé par Hermione. Il ne s'est jamais engueulé avec Blaise non plus. Son camarade se contentant d'asséner des vérités sur le même ton et comme il avait raison, Drago se bornait à acquiescer. Quant à Théo… Il n'a pas envie de repenser à Théo aussi juge-t-il l'instant favorable pour reprendre la main d'une voix calme, seule apte à apaiser Hermione.

« C'est une magie ancienne, qui remonte jusqu'à Merlin au moins, elle s'est perdue au fil des années pour seulement persister dans de très vieilles lignées.

— Toujours purs…

— Pour faire simple, cela permet au père de choisir son héritier et de toujours le garder sous la main. Tu vois la nuance ? S'enquiert Drago.

— Dans le choix ?

— Exact. Le père peut choisir son héritier mais…

— On ne choisit pas son père. Compléta la Gryffondor.

— Je crois qu'il s'agit d'une faille non encore testée puisqu'à ma connaissance, les seules permutations d'héritiers l'ont été du fait de la mort de celui-ci.

— Où est Lucius alors ?

— Cela n'est pas aussi simple, il faut que je me concentre et que je sois dans un endroit… Favorable… Se risque Drago.

— Très bien, on va prévoir une action vers le Rhin en comité restreint. Éclaireurs. Bill ne le refusera pas. »