Titre : Un avenir pour le moins surprenant...

Auteur : BlackDeepShadow

Rating : M

Genre : Romance/Humour

Avertissement : SLASH DMHP donc homophobe s'abstenir

Disclaimer : Rien à moi, tout à J.K Rowling

Beta: Version non corrigée


Merci à : miruru-sensei ; Florence Baker (x2) ; animophilenrose ; Vampire1803 ; haruhi-kyouya ; zayniegirl ; baronnis ; juju ; Haru-carnage ; himechu95670 ; Sorciere6174 ; EsteGirl FanE ; castfan ; Lassa-Liam ; Makie ; zalna ; sasu-hime ; brigitte26 ; Reapersis ; DrussLeDoudou (x2) ; Samyye33 ; Chrome-chan96 ; Roxie-Rix ; jongkey69 ; Lady Narein ; Marjo76 ; Sirius X Severus ; Melissa-Lena ; sheinny sparrow ; LittleSweetyHeart ; marielamalice ; Mini-Yuya et lily69230 pour votre review sur le chapitre précédent chapitre !

ainsi qu'à (chap 2) ; Guest (chap 7) ; MasterBadWolf (chap 36) ; AleaElmira (chap 48) ;

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RAR :

marielamalice : Je n'oublie pas les lettres de Draco, mais je n'ai pas encore trouvé le bon moment pour en parler. Et je n'ai pas encore décidé à quel âge Harry est tombé enceint. J'ai plusieurs idées pour la suite de mon histoire et je n'ai pas encore décidé quel chemin prendre ;)

Vampire1803 : Le lemon W/BZ c'est RW/BZ. J'avais oublié le R ^^

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Bonne lecture à tous !


Chapitre 42 : Tourner la page

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Ce matin-là, Blaise se réveilla en parfaite harmonie avec lui-même. Il se sentait extrêmement bien, détendu, apaisé et... délivré de toute tension sexuelle !

Quand il ouvrit les yeux, il tomba aussitôt sur le visage endormi de son amoureux. Ses traits étaient parfaitement détendus, ses yeux clos, il avait la bouche un peu entrouverte et ronflait légèrement. Le Serpentard ne put s'empêcher de le trouver à croquer.

Il essaya ensuite de dégager son bras engourdi de sous sa tête afin de pouvoir caresser ses boucles rousses, mais Ron poussa immédiatement un gémissement plaintif avant de se coller encore plus contre lui. Le Gryffondor nicha ainsi sa tête dans son cou, se blottit plus fortement dans ses bras et entrelaça étroitement leurs jambes.

Ils n'avaient pas pris la peine de changer les draps la veille alors ces derniers étaient encore poisseux et imprégnés d'une forte odeur de sexe.

Cette dernière pensée étira aussitôt les lèvres du Second Apollon de Poudlard dans un sourire graveleux. Il n'y avait pas à dire, le rouquin l'avait beaucoup surpris la veille : une fois qu'il eut goûté au sexe, il n'avait plus voulu s'arrêter ! Ils l'avaient donc fait dans une multitude de positions, plus ou moins rapidement, avec plus ou moins de douceur et Blaise ne comptait plus les fois où ils avaient joui ! Jamais il n'aurait cru que derrière ce masque d'appréhension, de doute et d'incertitude, se cachait une véritable bête avide de sexe ! Mais ce n'était pas lui qui allait se plaindre !

Souriant de plus belle, Blaise finit par réussir à dégager son bras et il put ainsi triturer amoureusement les cheveux de sa moitié qui gémit paisiblement. Bon, cette dernière allait avoir un furieux mal de rein en se réveillant, mais ce n'était pas comme s'il ne l'avait pas prévenue ! Au bout de la... enfin, au bon d'un moment, il lui avait dit clairement que s'ils continuaient à ce rythme, il n'allait pas pouvoir se lever le lendemain et que son cul allait être très douloureux ! Mais Ron s'était contenté de s'empaler une fois de plus sur sa queue dressée sans trop faire attention à ses avertissements. Donc, le basané n'avait strictement rien à se reprocher !

Malgré tout, il avait le pressentiment que le Lion allait quand même le blâmer pour son mal de rein...

Enfin bon ! Ce léger détail mis à part, tout allait pour le mieux ! Désormais, il n'avait plus à s'abstenir de sauter sur son amoureux quand l'envie lui en prendrait, la première fois de Ron avait eu l'air de beaucoup lui plaire, il était trop chou ainsi blotti dans ses bras et ils étaient tellement serrés l'un contre l'autre que leurs deux sexes au repos étaient indécemment collés. En bref, tout allait bien dans le meilleur des mondes !

Se sentant incomparablement léger, le Serpentard poursuivit ses caresses et se mit également à embrasser le visage de son âme-sœur en attendant qu'il se réveille.

Il n'eut pas à attendre bien longtemps avant que Ron ne se mette à gémir de plus en plus fort, à se frotter langoureusement – bien qu'inconsciemment – contre lui puis à ouvrir paresseusement les yeux.

« Salut, lui souffla Blaise à voix basse. »

Ron ne répondit rien mais un sourire se dessina sur ses lèvres et il se laissa faire quand le Serpentard se pencha pour prendre possession de ses lèvres dans un doux baiser.

« Bien dormi ? s'enquit Blaise. »

Souriant toujours, Ron acquiesça doucement.

« Comment tu te sens ?

_ Mmm..., un peu... la tête dans le cul, avoua Ron.

_ Et... à propos de hier soir ? s'enquit le Serpentard. Est-ce que... Est-ce tu regrettes... ? Quoi ? fit le basané en notant le drôle de regard que lui décocha le roux.

_ Je ne suis pas une vierge effarouchée qu'il faut consoler après sa première fois, Blaise, maugréa-t-il.

_ Mais c'était première fois ! contesta le Serpentard. Et je veux être sûr que tout s'est bien passé de ton côté. »

Un sourire graveleux étira le coin des lèvres du Gryffondor.

« J'aurais pensé que le nombre de fois où j'ai joui aurait été une réponse suffisante~, minauda-t-il. »

Souriant à son tour, Blaise déposa de nouveau ses lèvres sur celles de son amoureux.

Ils restèrent un moment à se bécoter tendrement avant que Ron bouge un peu plus et...

« AÏE ! rugit-il dès qu'il essaya de mobiliser son bassin. Mais bordel mais ça fait un mal de chien !

_ Je t'avais prévenu, lui rappela Blaise. »

Ron n'apprécia pas son intervention et il le fusilla lestement du regard avant de lui pincer vivement le bras.

« Aïe ! se plaignit le Serpentard. Mais ça va pas ?!

_ Tout ça, c'est de ta faute ! l'accusa le roux.

_ Ma faute ? s'insurgea Blaise. Mais...

_ Oui, ta faute ! Et tu ne me toucheras pas tant que la douleur ne sera pas passée ! »

Blaise roula ses yeux dans leur orbite. Eh bah voilà ! Il était sûr que toute cette histoire allait lui retomber dessus. Heureusement, il avait tout prévu !

Ignorant son petit-ami boudeur, le Serpentard se retourna pour fouiller dans le tiroir de la table de chevet. Quelques instants plus tard, il en ressortit une potion qu'il présenta à son rouquin dont les yeux se mirent immédiatement à briller.

« C'est... C'est bien ce que je crois ? s'enquit-il.

_ Je l'ai piquée à Dray alors elle doit être efficace, dit Blaise pour toute réponse. »

À ces mots, Ron s'empressa de se saisir du flacon, de l'ouvrir et il vida le contenu en un temps record. Une douce chaleur s'installa aussitôt au niveau de ses reins, soulageant instantanément la douleur.

« Alors ? s'enquit Blaise. »

Ron ne lui répondit pas.

À la place, il se décolla complètement de lui, s'assit califourchon sur ses hanches – ignorant la petite lueur lubrique qui s'était aussitôt allumée dans les yeux de son amant – et se mit à bouger d'une manière que le basané qualifierait volontiers de sexy.

« Ça tiraille un peu, mais c'est supportable, lui répondit le rouquin. »

Les yeux rivés sur le corps ondulant de son petit-ami, Blaise ne prêta pas du tout attention à ses paroles. Il ne pouvait s'empêcher de balader son regard sur chaque centimètre de peau pâle. Les tétons sûrement encore sensibles, la peau marquée de suçons et de petites morsures, la verge au repos... Et la façon dont il se dandinait... à califourchon sur lui...

Alors que la libido du vert et argent revenait au galop, les pensées de ce dernier devinrent quelques peu... impurs...

Merlin qu'il avait aimé la sensation d'être gainé dans son intimité ! De faire des allers et venus en lui ! De l'entendre hurler son nom et de le voir perdre pied... ! Et puis...

« Qu'est-ce que c'est ?

_ Hun ? fit le basané en sortant précipitamment de ses souvenirs. »

N'ayant pas remarqué l'excitation croissante de son amant, Ron désigna le petit pot qu'il avait gardé dans sa main.

« C'est quoi ? répéta-t-il.

_ Oh ça ! C'est de la crème.

_ De la crème ?

_ Oui. Pour aider ton anus à cicatriser. Je vais te montrer, tourne-toi. »

Sans une seule hésitation, Ron s'exécuta. Il se retourna donc et se mit à quatre pattes devant son amoureux.

Son total manque de pudeur fit sourire Blaise.

« Il y a... à peine quelques heures, je n'aurais jamais cru que tu me montrerais ton anus sans aucune gène ! commenta-t-il.

_ Étant donné ce qu'on a fait hier soir, je ne pense pas qu'il existe encore une partie de mon corps que j'aurais honte à te montrer, grommela Ron en s'empourprant quand même un peu. »

Le sourire de Blaise gagna en intensité. Il était vrai qu'à présent il avait vu, embrasser et lécher pratiquement chaque parcelle du corps du Gryffondor alors ce dernier n'avait plus à avoir honte de quoique ce soit.

Le Serpentard lança ensuite un rapide sort de nettoyage sur l'anneau de chair abîmé et rougi qui laissait encore échapper un filet de semence de temps à autre, et sourit en voyant que le corps du rouquin frémissait malgré lui. Blaise ne doutait pas une seule seconde qu'il était entrain de se souvenir de ce qu'ils avaient fait la nuit dernière dans l'exacte même position et qu'il commençait à être excité !

Blaise déglutit faiblement en voyant l'intimité se dilater et frémir, et ses yeux commencèrent à s'embuer de désir. Écoutant ce désir, il appuya doucement sur l'anus encore sensible, faisant gémir son rouquin dans la foulée. Encouragé, Blaise souffla délicatement sur l'anneau de chair et Ron frissonna de tous ses membres en réponse à cela.

« Mmm... arrête, gémit-il alors que son anus se contractait involontairement et que ses hanches se mettaient à se mouvoir. Ar... Arrête ça~. S'il-te-plaît... »

Blaise fit une petite moue déçue mais il s'exécuta. Apparemment l'appétit sexuel du roux avait été entièrement satisfait la nuit dernière.

Dommage... Il avait encore tant d'idées à exploiter !

Néanmoins, le Serpentard cessa toutes caresses et il se contenta d'appliquer la crème. Il dut lutter contre son envie d'enfoncer son doigt plus profondément dans l'intimité de son roux jusqu'à atteindre sa prostate – surtout quand des gémissements s'échappèrent par intermittence de la bouche de ce dernier – mais quand il eut terminé, son sexe était toujours au repos.

« Alors ? s'enquit-il. »

Ron se redressa, reprit sa place à califourchon sur les hanches de sa moitié et gigota un peu sur place avant qu'un léger sourire se dessine sur ses lèvres.

« Ça va beaucoup mieux ! confirma-t-il. »

Souriant à son tour, Blaise tira son petit-ami vers lui et l'invita à se blottir contre son torse.

« Qu'est-ce que tu veux faire maintenant ? lui demanda-t-il en triturant amoureusement ses cheveux. »

Les yeux du Gryffondor se posèrent un instant sur les draps d'une couleur douteuse, sur leurs jambes couvertes d'un liquide tout aussi douteux et son nez se fronça quand il se rendit compte de l'odeur forte qui flottait dans l'air.

« Prendre une douche, décida-t-il en se décollant de sa moitié et en prenant rapidement la direction de la salle de bain. »

Quand Blaise le suivit à peine quelques instants plus tard, Ron était déjà sous l'eau chaude qui fit le plus grand bien à ses muscles endoloris. Sans attendre, le Serpentard se glissa derrière lui et l'enlaça tendrement.

Ils restèrent sans bouger pendant plusieurs minutes, profitant simplement du corps de l'autre, avant que Blaise ne se décide à aider son amant à se laver. Il frotta ainsi amoureusement chaque parcelle de peau avec de l'eau savonneuse et... machinalement, ses mains commencèrent à s'évader vers l'entrejambe du Gryffondor. Il massa étroitement sa verge et Ron se mit aussitôt à se frotter lascivement contre lui et à gémir indécemment en réponse au touché intime. Ce fut quand ses suppliques devinrent franchement érotiques que Blaise reposa les pieds sur Terre.

« Pardon, s'excusa-t-il immédiatement en retirant ses mains. On en a bien assez fait hier, j'ai compris. Je vais... »

Mais le Serpentard ne put terminer sa phrase car sa bouche fut brusquement remplie par la langue de son Lion. Ce dernier s'était vivement retourné, avait entouré le cou de Blaise de ses bras et... avait collé son érection naissante contre son bas-ventre tout aussi excité.

« Je... Je croyais que..., bafouilla le basané une fois le baiser terminé.

_ C'est pour ça que la crème est là~, répondit simplement Ron avant de reprendre possession de ses lèvres. »

Blaise sourit tout contre la bouche de sa moitié. Apparemment, son appétit sexuel faisait de nouveau des siennes ! Et le Serpentard eut tout le loisir de le satisfaire dans la douche, contre le lavabo de la salle de bain, de nouveau dans le lit quand ils s'aperçurent que la Salle sur Demande avait changé les draps, et encore dans la cabine de douche – leur douche ne fut pas d'une grande efficacité par ailleurs...

« Bon, il faut vraiment qu'on arrête maintenant, déclara Ron en un soupir alors que son petit-copain terminait d'appliquer la crème apaisante sur son anus.

_ Je te signale que c'est toi qui n'arrêtes pas de te jeter sur moi ! lui rappela Blaise en l'aidant à boutonner son pantalon une fois qu'il eut terminé.

_ Parce que tu as les mains super baladeuses et que maintenant tu connais tous mes points sensibles ! se défendit Ron en boutonnant la chemise de sa moitié.

_ Seulement parce que tu es beaucoup trop sexy pour tout propre bien..., se justifia le Serpentard avant de prendre amoureusement possession de ses lèvres. »

Fermant délicatement les yeux, le Gryffondor entoura le cou de sa moitié de ses bras afin de profiter pleinement du baiser.

Leur nuit d'amour s'était vraiment déroulé à merveille ! Et à présent, Ron se sentait... extrêmement soulagé ! Comme si un poids énorme était parti de ses épaules ! Sa première fois l'avait tellement stressé qu'à présent... il se sentait tout léger ! Et maintenant que son amoureux l'avait vu sous toutes les coutures, il ne ressentait plus aucune gêne ou peur en sa compagnie. Il ne craignait plus de se retrouver en érection devant lui, il n'appréhendait plus quand le basané fourrait sa main dans son pantalon et quand ils étaient excités, il n'avait aucun problème à aller jusqu'au bout – il n'hésitait d'ailleurs plus à faire le premier pas. Il était complètement détendu et enfin prêt à profiter à 100% de sa relation avec son petit-ami. Plus d'embarras concernant leur intimité, plus d'anxiété dû à leurs parents, plus rien à part l'amour profond qu'il ressentait pour son futur mari !

Le baiser prit fin et les deux amoureux se décollèrent un peu l'un de l'autre.

Ron sourit. Mais au moment où il ouvrit la bouche pour dire quelque chose, son ventre émit un bruyant gargouillis qui le coupa dans son élan et fit pouffer le basané.

« Je pense qu'il serait judicieux d'aller dans la Grande Salle, dit-il. Histoire que tu puisses mettre quelque chose dans ton estomac. »

Après ces mots, Blaise déposa un dernier baiser sur les lèvres de sa moitié avant de sortir et de l'attirer à sa suite.

Encore heureux que ce soit le week-end ! Parce qu'il était sûr que ni l'un ni l'autre n'aurait écouté un seul mot en cours !

xx

« Par pitié, décollez-vous ! gémit Lily pour la énième fois. Papa ! »

Non sans bougonner, Harry se décider enfin à écouter sa fille et il décolla ainsi sa bouche de celle de son petit-ami qui le dévorait du regard avec amour et tendresse.

Ils avaient enfin pu se retrouver intimement tous les deux la nuit dernière et ça avait été... plus que satisfaisant.

Comme à son habitude, Draco l'avait réveillé en douceur, il avait boudé pendant un moment avant de lui donner une potion calmante, puis ils étaient sortis du lit pour prendre une douche et... le brun s'était souvenu que son meilleur ami avait découché avec son amoureux la veille, quand ses yeux se posèrent sur le lit vide et fait du basané ! À partir de ce moment-là, le brun avait été impatient de retrouver son meilleur ami afin d'avoir des détails croustillants ! Mais le rouquin n'était toujours pas revenu quand le brun et l'Héritier Malfoy étaient sortis de la salle de bain, ni après que le Gryffondor ait terminé sa deuxième tartine – ce qui signifiait un bon bout de temps étant donné qu'il avait le plus grand mal à détacher sa bouche de celle de son amoureux.

Alors que Harry mordait dans sa troisième tartine recouverte d'une épaisse couche de confiture et que son amant couvrait son cou de baisers humides – malgré les plaintes de leurs enfants –, les portes de la Grande Salle s'ouvrirent enfin pour laisser passer Blaise et Ron, main dans la main. Le rouquin avait une démarche un peu étrange mais étant donné ce que son petit-ami avait fait subir à son popotin, ce n'était pas étonnant. Ce léger détail mis à part, rien ne laissait présumer que le Lion avait perdu sa virginité la nuit dernière. Enfin..., rien mis à part le large sourire qui s'étirait d'un bout à l'autre de ses oreilles...

Ignorant les regards mi-malicieux mi-interrogatif de leurs amis, les deux tourtereaux prirent place à table. Harry ne put s'empêcher de sourire en notant la difficulté avec laquelle son ami s'installa sur sa chaise ainsi que la petite grimace qui déforma ses traits quand il y parvint. Ron s'aperçut de son sourire et il le fusilla lestement du regard avant de poser un regard amoureux sur son petit-ami qui le lui rendit avant de plonger sa tête dans son cou et le couvrir de baisers.

« Dé-goû-tant, grogna Draco avec un regard désapprobateur. »

Mais trop occupé à se peloter, ni Blaise ni Ron ne lui accorda aucun regard. Par contre, Harry lui adressa un regard exaspéré auquel Draco répondit par une simple moue avant de replonger dans le cou de son brun.

HPDMHPDM

« Mmm… »

Ce gémissement fut une douce musique à l'oreille de Sirius qui intensifia le rythme de ses coups de rein.

« Oh oui…, murmura son amant en se cambrant de plus belle. »

À la vue de la magnifique chute de rein, Sirius sentit son excitation monter d'un cran ainsi que son sexe devenir encore plus dur – si toutefois c'était possible – dans l'étroite intimité du ténébreux qui était à quatre pattes devant lui et dont l'arrière-train se cognait en rythme contre son bas-ventre. Il ne pouvait rien voir de son visage, mais il voyait clairement sa peau de diaphane et ses cheveux mi-longs et légèrement ondulés qui juraient avec sa peau très pâle. En parlant de sa peau justement, celle-ci était incroyable douce sous ses doigts fermes. Couverte de sueur, elle garderait probablement la marque de ses doigts sur ses hanches. Il ne savait pas si c'était voir le corps fin se cambrer autant, voir les doigts délicats se crisper au drap à s'en faire blanchir les jointures ou de l'entendre gémir à n'en plus finir, mais il ne s'était jamais senti aussi excité pendant une partie de jambe en l'air – et pourtant, il en avait eues ! Cet engouement le poussa à pilonner son mystérieux amant de plus belle qui se confondit encore plus en gémissements lubriques.

« Oh...~ ! Encore...~ ! Par pitié encore...~ ! »

Un sourire libidineux étira les lèvres de Sirius. Il se pencha vers son amant et déposa quelques baisers dans son cou avant de suçoter le lobe de son oreille. Encouragé par ses soupirs d'aise, il enleva l'une de ses mains de ses hanches pour la glisser entre les jambes de son compagnon afin de se saisir de sa verge tendue au possible qu'il prit un plaisir à masturber énergiquement.

« Oh oui...~ ! gémit ce dernier encore alors que son corps entier se couvrait de chair-de-poule et que son échine fut parcouru par une multitude de frissons. »

La tête fourrée dans le cou de son amant, Sirius se plut à respirer l'odeur de sexe qui se dégageait de lui. Et alors qu'il se sentait à deux doigts d'exploser dans l'intimité de son compagnon tant il était excité et que son sexe était devenu douloureux, l'anneau de chair en question se rétracta encore plus autour de lui – ce qui signa la fin pour l'ex-détenu. Ainsi, après quelques vifs va-et-vient et jouissant des gémissements incessants de son amant, il…

… se réveilla.

En sueur et le caleçon visqueux.

Génial ! Maintenant, non seulement il était physiquement retourné à Poudlard, voilà qu'il y était aussi retourné mentalement ! À faire des rêves cochons qui le laissaient avec le pyjama tout collant ! En tant normal, s'il avait eu envie de faire une partie de jambes en l'air, il n'aurait eu aucun mal à trouver un ou une amant(e) d'un soir, mais comme il était à Poudlard et entouré d'adolescents... Il avait de nouveau recours à son fantasme mystère ! La même personne sur qui il avait fantasmé pendant ses années à Poudlard et sur laquelle il avait fantasmé après sa sortie d'Azkaban puis du voile – du moins quand l'envie lui prenait. Cependant, jusqu'à maintenant, le sexe de son fantasme était resté flou. En effet, dans ses rêves érotiques, il n'avait touché ni le sexe de son amant, ni son torse pour voir si oui ou non il avait une poitrine. Et même quand son compagnon était allongé sur le dos, sa tête restait fourrée dans son cou et même si leur deux corps inondés de sueurs étaient aussi collés que possible, ça ne lui avait jamais permis d'en apprendre plus à ce sujet. La seule chose qu'il savait de lui, c'était que sa peau de diaphane marquait facilement, que ses cheveux étant d'un noir d'encre et... que son étroitesse était chaude, humide et serrée... Hum, Merlin qu'il était bandant !

Sentant que son entrejambe commençait de nouveau à fourmiller, l'ex-détenu secoua sa tête de droite à gauche afin de se sortir ces pensées de sa tête. Il sortit ensuite de son lit, se glissa paresseusement dans la salle de bain et il se débarrassa négligemment de son pyjama souillé avant de rentrer dans la cabine de douche et d'ouvrir l'eau froide au maximum. Mais malgré tout, il n'arrivait pas à sortir son fantasme de sa tête. Sa peau douce et blanche, ses cris de jouissances...

Éteignant brusquement le jet d'eau, Sirius se força de nouveau à penser à autre chose.

Tout ça, c'était la faute de sa Némésis ! Elle le mettait sur les nerfs et comme il ne pouvait pas extérioriser sa frustration avec une conquête, il fantasmait à tout va comme un adolescent en manque !

Toujours plongé dans ses pensées, l'ex-détenu s'habilla rapidement d'un pantalon sombre et d'une chemise blanche à moitié boutonnée avant de sortir distraitement de la salle de bain et de rejoindre le salon.

« Tu as vraiment la tête dans le cul, dis-moi... »

Ne s'attendant pas du tout à ce qu'il y ait quelqu'un dans ses appartements, Sirius sursauta vivement avant de se tourner vers son meilleur ami qui avait pris place dans l'un des fauteuils, un livre ouvert à la main.

Il fronça les sourcils.

« Bordel tu m'as fait une peur bleue, Rem' ! s'indigna-t-il aussitôt. Ça va pas de te glisser aussi silencieusement chez les gens ?! »

Pas contrarié pour un sou, le lycanthrope haussa un sourcil surpris.

« Tu as passé une si mauvaise nuit que ça ? s'enquit-il. »

L'ex-détenu se rendit aussitôt compte qu'il s'était un peu emporté contre son ami et, passant sa main dans ses cheveux, il se força à se calmer avant de se laisser choir sur un fauteuil, en face de celui du lycanthrope. Il ramena aussitôt l'une de ses jambes contre son torse et l'entoura de l'un de ses bras tandis que son autre main alla de nouveau se perdre dans ses cheveux.

« Non, je... C'est juste que je... »

Un sourire moqueur étira les lèvres de Remus.

« Encore ton fantasme ? demanda-t-il, les yeux pétillant de malice. »

Sirius ne répondit pas mais sa mine renfrognée le fit pour lui.

Le sourire de son meilleur ami s'agrandit.

« Ce qui veut dire... que tu t'es encore pris la tête au sujet de Severus...

_ …

_ …

_ Il va finir par me rendre dingue, geignit l'ex-détenu. Et arrête de te foutre de ma gueule ! J'en ai assez de l'avoir dans ma tête 24h/24, grommela-t-il vaguement dans sa barbe, sans se rendre compte que sa phrase pouvait prêter à confusion. »

En voyant la petite mine de son meilleur ami, le sourire de Remus se fana.

Sirius avait l'air complètement perdu et fatigué ! Il était évident que ses nuits n'étaient pas des plus paisibles et qu'il avait la tête pleine ! Pleine avec un certain potioniste à la moue boudeuse et avec un caractère bien trempé...

Le lycanthrope grimaça. D'un côté, il était bien tenté de pointer son ami dans la bonne direction afin de l'aider à y voir plus clair. Mais de l'autre côté, il hésitait grandement car il savait que son ami n'allait pas bien prendre ses insinuations... Et même vraiment pas du tout !

Néanmoins, il ferma son livre et se racla la gorge en tripotant nerveusement le bord de son ouvrage.

« Écoute, commença-t-il doucement, tu ne trouves pas que... toute cette histoire... avec Severus... dépasse un peu... »

Comme il hésitait un peu à reprendre, Sirius reporta son attention sur lui et il fronça les sourcils en notant son malaise.

« Accouche Rem', le pria Sirius. J'ai beaucoup trop en tête pour en plus gérer tes bafouillages incompréhensibles.

_ … Okay. Écoute, je pense que tu as maintenant réalisé que... Severus occupe... a toujours occupé une place... plutôt importante dans ta vie...

_ Ouais, il a toujours été une sorte de... constante, grogna précipitamment Severus. Et alors ?

_ … Alors, comme tu l'as dit toi-même, il occupe tes pensées pratiquement 24h/24... ! Ces derniers temps en tout cas, ajouta-t-il précipitamment quand le regard de son ami devint acéré. Et... enfin...

_ Accouche Rem' bon sang !

_ Okay... Écoute, même si tu le détestes, tu dois bien avouer que ton comportement avec lui a toujours été... quand même... un peu trop... exagéré... »

Il avait dit ce dernier mot d'une voix étranglée, à mi-voix et aussi doucement que possible afin d'éviter de mettre son ami en colère.

« Exagéré..., grommela sombrement l'ex-détenu.

_ Tu scrutais toujours le moindre de ses mouvements..., argumenta Remus.

_ Parce que je voulais le surveiller au cas où il nous préparait des mauvais coups ! se justifia Sirius.

_ Tu passais au peigne fin toutes les personnes qu'il fréquentait !

_ Parce que je voulais les surveiller au cas où il envisageait d'inclure d'autres personnes dans ses mauvais coups !

_ Tu t'emportais violemment contre les personnes qui semblaient se rapprocher de lui !

_ Parce que je faisais de mon mieux pour les dissuader de traîner avec lui ! Pour leur propre bien ! »

Exaspéré, Remus poussa un profond soupir en levant les yeux au ciel.

« Tu as vraiment réponse à tout, n'est-ce pas ? dit-il en un souffle.

_ Où est-ce que tu veux en venir avec tout ça, Rem' ? marmonna l'ex-détenu dans sa barbe.

_ J'essaye de te faire admettre que tout ceci... est la preuve qu'il y a... plusil glapit craintivement ce mot – que de la haine dans votre relation...

_ Et qu'est-ce qui pourrait y avoir de plus que la haine ? grogna Sirius alors que son regard se faisait acéré. »

Sentant qu'il était entrain de s'engager sur un terrain plus que miné, Remus prit le temps de formuler sa phrase dans sa tête et de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de poursuivre.

« Siri, tu as un caractère extrêmement trempé et un tempérament sanguin qui fait que tu t'emportes assez facilement et violemment – surtout avec les personnes qui t'irritent – mais... tu dois avouer qu'avec Severus tu... étais particulièrement virulent.

_ … Parce qu'il m'irrite particulièrement..., grommela l'ex-détenu.

_ Siri, soupira Remus, tu dois quand même admettre que...

_ Je sais ! l'interrompit l'ex-détenu en changeant de position et en s'asseyant en tailleur sur le fauteuil. Je sais... Mais c'est juste qu'à chaque fois je... à chaque fois il y a une sorte de... il y a quelque chose en moi qui...

_ Je me souviens, le coupa Remus avec un petit sourire. La chose virulente en toi qui prend à chaque fois le dessus et explose à la figure de Severus...

_ C'est ça ! Je ne la contrôle absolument pas et quand elle fait surface... j'admets que c'est plutôt violent.

_ C'est de ça dont je veux parler ! Il n'y a pas que de la haine entre Severus et toi, il y a aussi... cette chose qui complique tout. »

Le lycanthrope marqua ensuite un temps de pause afin de laisser le temps à son ami d'assimiler ce qu'il venait de lui dire.

Le visage de ce dernier était fermé mais il ne semblait pas être sur le point de lui sauter à la gorge alors Remus considéra cela comme étant un point positif.

« Et à mon avis, poursuivit-il, tant que tu n'auras pas réussi à comprendre d'où vient cette chose et pourquoi elle se déclenche, tu continueras à te prendre sérieusement la tête avec Severus – et à fantasmer comme un adolescent dans ton lit... Il est donc urgent que tu surmontes ta lâcheté et que tu te penches sur la question...

_ Ma lâcheté ! réagit aussitôt Sirius, le regard acéré. Je ne suis pas un lâche ! »

Un discret sourire étira le coin des lèvres de Remus. Décidément, il connaissait son ami par cœur...

« En ce qui concerne ce point précis, si, le contredit le lycanthrope.

_ Mais non ! »

Souriant toujours, Remus se leva de son siège, se rapprocha de son ami et s'assit sur l'accoudoir du sien.

« Si, tu as peur de ce que tu vas trouver. Peur du changement que ça risque de provoquer dans ta vie si tu découvres que la chose dissimule autre chose que de la haine... »

Sirius ne répondit rien mais sa mine renfrognée en disant long sur son état d'esprit.

Remus poussa un petit soupir.

« Écoute, tu voulais mon avis et je te l'ai donné. Arrête de faire l'autruche et essaye de faire la lumière sur tout ça. Ça va peut-être bousculer tes certitudes mais ta tête sera beaucoup moins pleine et tu y verras plus clair ! »

La moue de Sirius s'accentua. Pour rien au monde il ne l'aurait avoué, mais son ami avait raison : il avait la trouille. Au fond de lui, il savait que c'était la raison pour laquelle il ne s'était jamais vraiment penché sur la question. Une petite voix dans un coin de sa tête lui soufflait avec insistance que s'il allait au fond des choses, il allait le regretter et qu'il se sentirait bien mieux en continuant de faire l'autruche !

Rien qu'avec l'expression de son visage, Remus devina aussitôt le sujet de ses pensées.

Il poussa un petit soupir. Bien sûr qu'une fois la vérité affrontée, Sirius allait se sentir horriblement mal vis-à-vis de ce qu'il avait fait à sa Némésis. Mais ignorer le problème n'était pas une solution !

Soupirant de plus belle, Remus posa une main réconfortante sur l'épaule de son ami.

« Allez, courage ! Montre-moi que tu n'as pas atterri à Gryffondor pour rien ! »

Sur ces dernières paroles, il se leva de l'accoudoir et sortit des appartements de son ami, laissant ce dernier seul avec ses pensées.

Dès qu'il fut parti, l'ex-détenu poussa un petit soupir de désespoir en laissant lourdement tomber sa tête contre le dossier de son siège.

Génial, il n'avait plus qu'à faire la lumière sur la chose qui s'emparait de lui dès qu'il était question de Severus !

Il ferma doucement les yeux et son visage se tordit dans une grimace peu saillante. Plus il y pensait et plus il se rendait compte qu'il n'en avait pas du tout envie ! S'il avait soigneusement évité le sujet pendant ses années à Poudlard, ce n'était pas pour s'y plonger maintenant !

Alors que sa moue s'accentuait, il se leva de son siège, se dirigea vers le mini-bar qui était discrètement dans un coin de la pièce et se servit un fond de verre de Whisky-Pur-Feu qu'il vida d'un seul trait. Il se resservit aussitôt un deuxième verre mais au lieu de le vider, il fit mine de retourner à son siège. Cependant, au dernier moment, il décida de faire demi-tour et il s'empara de la bouteille d'alcool avant de s'effondrer de nouveau dans son fauteuil. Là, il vida son deuxième verre et il s'en servit un troisième. Il posa ensuite la bouteille sur la table basse et fut plus raisonnable en décidant de ne pas vider son troisième verre dès maintenant.

Sentant encore le liquide brûlant dans sa gorge, les pensées de l'ex-Gryffondor s'évadèrent pendant un moment avant de revenir sur son principal problème du moment.

L'ex-détenu laissa échappé un grognement sourd. Il devait tout de même admettre que son ami avait raison sur un point : toute cette animosité à Poudlard avait été un peu trop... poussée ! Même si c'était envers sa Némésis de toujours ! Quand ils se retrouvaient tous les deux, le mélange était très souvent explosif !

Un petit sourire étira un coin des lèvres de l'ex-détenu. Il se souvenait comme si c'était hier de l'altercation la plus étrange et violente qu'ils aient eue...

FLASH-BACK :

Tout avait commencé le matin même pour une broutille – comme d'habitude. Et puis les broutilles s'étaient accumulées au fil de la journée. Des regards perçants, des désaccords, des remarques acérés, des insultes... Tout cela avait contribué à augmenter tension qui régnait entre eux. Ils s'étaient ainsi tirés dans les pattes toute la journée durant et Sirius était d'autant plus sur les nerfs qu'il avait passé une très mauvaise journée : prise de tête avec ses professeurs, interrogation surprise complètement ratée, prise de tête avec ses meilleurs amis... Et afin de réparer une énorme bêtise qu'il avait commise avec James dans la journée – qui aurait largement pu les faire expulser tous les deux de Poudlard – il en avait été réduit à se retrouver au beau milieu de la nuit à crapaüter dans le parc sous un temps d'apocalypse ! On ne voyait plus le ciel tant il était obstrué par de lourds nuages noirs. Le tonnerre rugissait, le ciel était zébré par une multitude d'éclairs et le vent froid soufflait si violemment que le Gryffondor avait l'impression qu'il allait s'envoler d'une minute à l'autre ! Et la pluie ! Glacée et virulente, elle l'avait trempée en un temps record ! Marchant avec difficulté et voyant à peine à 1 mètre devant lui, l'eau avait depuis longtemps infiltré son manteau, son pantalon et ses chaussures.

Resserrant au maximum son manteau sur lui, Sirius pesta de plus belle. Son corps entier était secoué de frissons, il claquait des dents à s'en abîmer la mâchoire, il était frigorifié et il ne sentait quasiment plus ses orteils tant ses chaussettes étaient imbibées d'eau gelée.

Encore une fois, il pesta contre son meilleur ami. Dès qu'il sera de retour au chaud et après un bon bain brûlant, il allait sérieusement s'occuper de son cas ! Mais pour se consoler, il pouvait toujours se dire que la position de James en ce moment n'était pas non plus très enviable...

Le Lion était tellement plongé dans ses pensées qu'il ne remarqua pas la fine silhouette tout aussi emmitouflée qui marchait aussi vite que possible dans la même direction que lui. Et comme ladite silhouette était tout aussi plongée dans ses rêves de bain chaud, elle ne fit pas non plus attention à lui. Et comme ni l'un ni l'autre n'avait conscience de son environnement étant donné qu'ils ne pensaient pas que quelqu'un d'autre qu'eux aurait eu l'idée stupide de se retrouver dehors à une heure aussi tardive et sous un temps d'apocalypse, ils se rentrèrent dedans de plein fouet.

Tout aussi déséquilibré l'un que l'autre, ils faillirent tomber à la renverse. Ils retrouvèrent néanmoins l'équilibre au dernier moment et, malgré la pluie, ils reconnurent rapidement leur vis-à-vis.

« Black ?! cracha Severus avec une mine hargneuse.

_ Servilus ?! l'imita Sirius. Mais qu'est-ce que tu fous là ?!

_ Je te retourne la question Black ! grogna le Serpentard entre ses dents. Et puis d'ailleurs, non, je m'en fous complètement ! »

N'insistant pas plus, Sirius regarda au alentour et il réussit à distinguer la Forêt Interdite à travers les intempéries. Il sut immédiatement que sa Némésis venait de là. Elle était certainement allée cueillir des plantes pour ses potions. Mais pourquoi maintenant alors qu'il faisait aussi moche ? Où était l'urgence ? La Forêt Interdite était déjà dangereuse en temps normal, alors avec une visibilité quasi nulle, c'était quasiment une mission suicide !

Ce détail piqua sérieusement la curiosité du Lion qui retint immédiatement sa Némésis par le bras alors qu'elle faisait mine de le contourner.

« Quoi, Black ? croassa vivement le Serpentard. J'ai autre chose à faire que d'attraper la crève avec toi alors si tu veux bien m'excuser... »

Il essaya de nouveau de passer mais, encore une fois, Sirius le retint.

« Qu'est-ce que tu fabriquais dans la Forêt Interdite ? grommela le Lion.

_ Mêle-toi. de tes affaires. Black ! siffla Severus avant de se soustraire brutalement de l'emprise de sa Némésis. »

Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase déjà bien rempli par toutes les merdes de la journée et Sirius explosa violemment. Severus aussi avait dû également passer une journée de merde parce qu'il répliqua tout aussi vivement.

Ainsi, leur dispute fut tout à fait en accord avec le temps qu'il faisait mais ni l'un ni l'autre n'accordait d'importance à la météo. Ils étaient bien trop occupés à se brailler mutuellement des horreurs !

Ils beuglèrent avec véhémence pendant un temps assez considérable, faisant à peine attention à ce que disait son vis-à-vis, avant que les mots commencent à leur manquer.

« Mais qu'est-ce que tu attends de moi à la fin ?! s'égosilla brusquement Severus, à bout de souffle. »

Sa brusque tirade coupa net Sirius dans la phrase qu'il avait commencé.

Ce fut à ce moment-là qu'il remarqua que la pluie avait un peu diminué en intensité et que c'était la raison pour laquelle il distinguait mieux les traits et le regard de son vis-à-vis. Et... le Gryffondor déglutit faiblement quand il prit conscience de ce fait. Pour une raison qu'il ignorait, voir sa Némésis trempée jusqu'aux os, les cheveux dégoulinant d'eau de pluie et plaqués anarchiquement sur son visage, à bout de souffle à force d'avoir crié et les joues rouges, le rendait quelque peu... bizarre.

Mais il sortit de ses pensées quand il vit à quel point Severus semblait... perdu ! Son regard était hagard et un peu désespéré, et il semblait être profondément exaspéré.

Le Serpentard passa rapidement une main dans ses cheveux – que le vent s'empressa de mettre de nouveau à sac – avant de reprendre :

« Je t'écoute, siffla-t-il entre ses dents. Dis-moi spécifiquement ce que tu attends de moi !

_ Ce... Ce que..., bafouilla Sirius, ne voyant pas où sa Némésis voulait en venir.

_ Je fais de ta vie un enfer, tu n'es pas content. Je te fiche la paix, tu n'es pas content ! Dis-moi ce que tu veux à la fin ! s'écria-t-il alors que ses traits se déformaient dans la rage. C'est notre dernière année et, contrairement aux six années précédentes qu'on a passé à se tirer dans les pattes, je me suis dit qu'il serait... intéressant d'essayer de calmer un peu les choses ! Pour qu'on puisse finir cette année le plus tranquillement possible avant de se quitter définitivement ! »

Les poings et la mâchoire de Sirius se crispèrent aussitôt en entendant ces mots.

« Je sais que tu me détestes, reprit Severus sans le voir. Je sais que tu me vomis littéralement, mais je suis sûr que tu apprécierais un peu de calme pour finir notre année à Poudlard ! Il ne reste plus que quelques mois avant que je disparaisse de ta vie alors... Quoi ?! cracha-t-il violemment en s'apercevant que le regard de son vis-à-vis était devenu acéré. Quoi. Encore ?! Qu'est-ce que j'ai dit encore ? Je... Tu... Je n'arrive pas à... ! »

Furieux, Severus n'arriva même pas à trouver ses mots.

Il détourna le regard un instant pour se reprendre avant de passer une nouvelle fois sa main dans ses cheveux détrempés.

Une fois remis, il se tourna vers son interlocuteur.

« Juste... dis-moi, termina-t-il. Je suis fatigué de cette petite guerre entre nous alors dis-moi ce que tu attends de moi ! l'apostropha-t-il vivement. Dis-moi ce que tu veux que je fasse et je peux t'assurer que je le ferai ! »

Très surpris par la brusque confrontation, Sirius restait un moment interdit. La bouche entrouverte, il repassa rapidement leur précédente conversation dans sa tête et il sentit son estomac se tordre quand il repensa aux mots ''il reste plus que quelques mois avant que je disparaisse de ta vie'', même s'il ne comprit pas pourquoi. Par contre, il se sentit perdu quand il se rappela de la dernière phrase de sa Némésis.

Qu'est-ce qu'il attendait de lui ? Qu'est-ce qu'il voulait ?

Il n'en avait foutrement aucune idée ! À ce stade, même lui devait avouer que son attitude n'avait aucun sens. Peu importe le comportement de sa Némésis, il lui tirait quand même dans les pattes.

Mais, étant sous un temps d'apocalypse depuis maintenant un long moment, engourdi par le froid et lessivé par sa journée ainsi que par sa énième dispute avec le Serpentard, Sirius se sentait... étrangement calme et posé. Et surtout, il ne se sentait pas la force de cogiter plus sur son comportement incohérent.

Trempés et gelés, les deux adolescents restèrent un moment sans dire un mot, à se dévisager l'un l'autre en chien de faïence.

Sirius ne pouvait s'empêcher d'être un peu... subjugué par l'expression farouche de sa Némésis. Avec ses cheveux en friches – surtout une mèche en particulier qui retombait sur ses lèvres roses – et l'intensité de son regard... Un frisson, qu'il mis sur le compte du froid, parcourut son échine.

Qu'est-ce qu'il voulait ?

Encore une fois, Sirius sentit la chose en lui s'éveiller paresseusement. Mais cette fois-ci, il ne fut pas envahi par une vague de haine. Non, cette fois-ci la chose voulait autre chose. Autre chose que des coups et des insultes.

Les yeux toujours rivés sur son interlocuteur, Sirius se rapprocha lentement de lui. Severus se crispa aussitôt et pensa même à sortir sa baguette. Mais comme sa Némésis n'avait pas une attitude menaçante, il ne bougea pas. Ça encouragea Sirius qui avança jusqu'à n'être plus qu'à quelques millimètres du Serpentard. Il pouvait ainsi voir distinctement les traits de son visage – y compris la foutue mèche qui s'accrochait toujours à ses lèvres.

Qu'est-ce qu'il voulait ?

La chose en lui enfla progressivement mais toujours sans animosité ni brutalité. Elle le rendait tout... bizarre. Mais c'était une sensation plutôt agréable. Aussi près de sa Némésis, plus rien n'avait d'importance qu'elle et sa mèche rebelle. Ni la pluie glacée, ni le vent en bourrasque, ni le tonnerre et les éclairs ne pouvait faire détourner ses yeux du ténébreux vert et argent. De ses cils de biche, de sa peau de diaphane et surtout de sa bouche rose.

Il ne le remarqua même pas lorsqu'il tendit l'une de ses mains vers son vis-à-vis. Severus, lui, le remarqua très bien et il eut un mouvement de recul. Mais avant qu'il n'ait le temps de réfléchir à l'attitude correct à avoir, la main de Sirius arriva à destination. Ils frissonnèrent tous les deux quand ses doigts frôlèrent la joue du Serpentard. Ignorant ce fait, Sirius termina sa course derrière l'oreille de Severus, retirant enfin la mèche qui le narguait depuis un bon bout de temps !

Severus fut tellement surpris par son geste qu'il ne réagit pas du tout, les yeux aussi écarquillés que possible.

Toujours focalisé sur sa Némésis, Sirius ne s'en formalisa pas. Il laissa son geste en suspens, profitant du léger contact du bout de ses doigts sur l'oreille du Serpent.

Qu'est-ce qu'il voulait ?

Un douce chaleur s'empara peu à peu du Lion. La chose en lui grossissait toujours mais elle semblait... apaisée aussi près du ténébreux. Ce qui faisait que lui-même se sentait très paisible. Il n'avait jamais ressenti ça de toute sa vie !

Il se rapprocha encore plus de sa Némésis, jusqu'à coller leur deux corps, et alors qu'il était sur le point de faire quelque chose que la voix de la raison lui hurlait être une énorme bêtise, quelque chose sur le cou du Serpentard attira son attention maintenant qu'il avait dégagé ses cheveux. Un énorme, violacé, hideux, suçon ! Et comme il était sûr que Severus ne l'avait pas au retour des dernières vacances, cela voulait dire qu'il s'était trouvé quelqu'un à Poudlard même !

En réalisant ce fait, la chose passa de calme et apaisée à violente et enragée en un temps record. Les yeux de Sirius traduisirent ce changement à la perfection et, tout d'abord très surpris par ce brusque retournement de situation, Severus resta un moment complètement interdit.

« Quelqu'un t'as fait un suçon ?! rugit aussitôt le Gryffondor, les traits de son visage complètement déformés dans la colère. »

La virulence et le dégoût transparurent clairement du ton du rouge et or et frappèrent Severus de plein fouet qui se mit aussitôt sur la défensive.

Le regard aussi tranchant qu'une lame de rasoir, il repoussa vivement sa Némésis loin de lui.

« Je fais ce que je veux avec qui je veux, Black ! cracha-t-il. »

N'ayant pas dit son dernier mot, Sirius empoigna fougueusement le col de la robe de son vis-à-vis tout en déblatérant un tas d'insanités et le Serpentard se fit une joie de lui rendre la pareille.

Se faisant, ils se retrouvèrent bientôt sur le sol à se rouer de coups.

C'était comme si toute la tension qu'ils avaient accumulée depuis leur première rencontre s'évacuait par leurs poings et leurs paroles acerbes. Donc forcément, la lutte fut pour le moins houleuse. Mais rien n'avait d'importance pour les deux adolescents sinon la douleur qu'ils voulaient faire ressentir à leur adversaire. Ni la pluie battante, ni l'orage, ni de leurs extrémités engourdis par le froid, ni la douleur fulgurante qui s'empara bientôt de chaque centimètre de leur peau meurtrie, ni le sang qui coula de leurs blessures, rien sinon leur vis-à-vis qu'il voulait faire souffrir autant que possible.

Ils se seraient battus bec et ongles jusqu'à l'épuisement total si Hagrid n'était pas sorti de sa cabane pour une raison personnelle ce soir là. Mais même alors que le garde-chasse les avait séparés et avait braillé de très sévères réprimandes, rien d'autre n'avait d'importance que le regard farouche et intense de leur Némésis. Ils avaient encore tellement de choses à évacuer par leurs poings !

Ce ne fut que lorsqu'ils furent traînés à l'infirmerie par le demi-géant que la pression redescendit un peu, qu'ils reprirent conscience de leur environnement et qu'ils se rendirent compte de leur piteuse état. Os brisés, blessures sanguinolentes, peau recouverte de bleues, coquard et bien d'autre, la moindre sollicitation de leurs muscles provoquait une douleur cinglante ! Ils claquaient furieusement des dents, avaient le bout des extrémités bleus et ils se sentirent brusquement exténués ! Mais au lieu d'un bain chaud et d'un lit douillet, ils eurent droit aux remontrances de Mme. Pomfresh, du directeur de leur maison respectif, de Dumbledore lui-même – le vieille homme n'avait jamais semblé aussi déçu –, à des heures de colles, des punitions et des points en moins pour leur maison.

Pour ajouté à tout ça, visiblement très remontée, Mme. Pomfresh n'y était pas allée avec le dos de la cuillère pour les soigner.

Seul point positif : ils étaient si fatigués l'un et l'autre que dès qu'ils le purent, ils s'écroulèrent lourdement sur leur lit et s'endormirent sans même pester contre l'infirmière pour les avoir mis côte à côte.

Ils restèrent quelques jours à l'infirmerie. Jours pendant lesquelles Mme. Pomfresh n'eut de cesse de les réprimander pour leur comportement honteux et qu'ils prirent bien soin de s'ignorer l'un et l'autre. L'atmosphère était si pesante que Sirius crut qu'il allait pleurer de joie quand l'infirmière lui signala qu'il pouvait partir.

Il s'empressa aussitôt de remettre son uniforme, mais son attention fut quand même attirée quand il vit sa Némésis du coin de l'œil. Cette dernière revenait des douches. Ses cheveux humides gouttaient et quelques mèches s'accrochaient négligemment à son visage – rappelant par la même occasion à Sirius leur précédente bagarre. Elle portait toujours le pyjama blanc de l'infirmerie et commençait à boutonner sa chemise.

Le Serpentard ne lui adressa pas un seul regard alors qu'il faisait le trajet de la salle d'eau jusqu'à son lit. Grâce à l'infirmière, plus rien ne laissait croire qu'il s'était retrouvé dans un sale état avancé quelques jours plus tôt. Rien mis à part une douleur persistante au poignet droit, un léger boitement à la jambe gauche ainsi quelques bleus qui perduraient sur la peau pâle.

Un petit sourire satisfait se dessina sur le visage du Lion quand son regard se posa sur le cou du vert et argent. A cause de toutes les lotions dont l'infirmière l'avait badigeonné, l'hideux suçon qui ornait son cou avait pratiquement disparu...

Sans qu'il sache pourquoi, ce détail fit très plaisir à la chose.

Sa Némésis avait également un bandage autour de sa taille mais Sirius savait qu'il n'était pas à l'origine de la blessure. Alors qu'ils le pensaient endormis, Sirius avait entendu Mme. Pomfresh pousser un petit cri d'effarement quand elle avait découvert la blessure. Sirius ne l'avait pas vue, mais à la manière dont la femme d'âge mûre avait réprimandé le Serpentard, il en avait déduit qu'elle n'était pas jolie à voir. L'infirmière lui avait ensuite fait la morale parce qu'il n'était pas venu la voir aussitôt, puis elle avait cherché à savoir comment il se l'était faite. Sirius pariait que s'était à force de traîner dans la Forêt Interdite... Quoiqu'il en soit, il ne savait pas si c'était à cause de la nature de la blessure ou parce que l'infirmière n'avait pas été tendre, en tout cas, Sirius avait entendu sa Némésis gémir de douleur pendant toute la durée du soin. Et il n'avait pas du tout aimé ça...

« Tu t'en vas ? »

A ces mots, Sirius cessa de fixer le bandage de Severus pour reporter son attention sur son visage. Il était encore plus pâle que d'habitude, ses yeux étaient profondément enfoncés dans leur orbite, il semblait toujours aussi épuisé et il avait le plus grand mal à boutonner sa chemise tant il tremblait. Signe que la grippe qu'il avait attrapé à cause des intempéries ne se décidait pas à le lâcher.

« Oui, Mme. Pomfresh vient de m'en donner l'autorisation, lui répondit rapidement le Gryffondor.

_ C'est vrai ? Super ! J'en ai vraiment assez d'être coincé ici ! C'est à se demander... »

Severus ne termina pas sa phrase et pesta quand l'un des boutons lui glissa des mains pour la quatrième fois.

Sirius ouvrit la bouche pour lui dire qu'il doutait fortement que Mme. Pomfresh le laisse quitter l'infirmerie dans cet état mais l'infirmière entra à ce moment dans la pièce, le coupant par la même occasion dans sa lancée.

« Vous restez ici, M. Snape, le corrigea-t-elle.

_ Quoi ? s'offusqua le Serpentard. Mais pourquoi ?

_ Vous êtes toujours malade, lui rappela-t-elle.

_ C'est juste une grippe ! minimisa le vert et argent.

_ Une grippe qui vous empêche de boutonner correctement votre chemise... »

La dernière phrase de l'infirmière sonna comme une sentence et Severus sut qu'il ne servait à rien d'argumenter.

« Par ailleurs, il inutile de vous donner tant de peine pour la fermer puisque je dois vous examiner.

_ Encore ! pesta Severus.

_ Oui, encore ! Vous savez... »

Se chaussant rapidement, Sirius cessa d'écouter à ce moment-là. Il savait très bien que Mme. Pomfresh ne disait pas tout et que si elle gardait Severus en observation, c'était en partie à cause de sa blessure au torse.

Il se demandait bien ce que le Serpentard fabriquait à passer autant de temps dans la Forêt Interdite... Bon, il était plutôt mal placé pour le sermonner sur les danger de la Forêt mais il n'y passait pas tout son temps libre non plus !

Le Lion secoua brusquement sa tête de gauche à droite. Il fallait vraiment qu'il arrête de penser à sa Némésis. Il avait beaucoup mieux à faire !

Sur ces dernières pensées, il s'élança hors de l'infirmerie.

Cependant il avait beau dire, il pensait toujours au vert et argent alors qu'il avait presque atteint le tableau de la Grosse Dame. Cette constatation lui fit pousser un petit soupir las. À ce rythme-là, il était bien parti pour passer la journée à se prendre la tête avec les agissements de son ennemi.

xx

On aurait pu croire que cette grosse dispute aurait au moins calmé un temps soit peu Sirius, mais ce ne fut pas du tout le cas. A peine remis de ses blessures, sa nouvelle obsession fut la personne qui avait marqué le cou de sa Némésis.

Il passait donc le plus clair de son temps libre à parcourir la Carte des Maraudeurs d'un œil vif à la recherche du vert et argent afin de voir s'il était seul dans un coin isolé et surtout avec qui.

« Ton obsession pour Sevilo est entrain de passer de ''plutôt cocasse'' à ''carrément flippante'', commenta James alors que son ami avait une fois de plus décidé de passer son après-midi à scruter les moindres faits et gestes de leur Némésis.

_ Même pas vrai, bougonna rapidement Sirius sans lever les yeux de la Carte.

_ Siri, il fait beau et toi au lieu de sortir avec nous dehors tu es ici à te prendre la tête avec cet idiot aux cheveux gras !

_ Je dois savoir avec qui il est de mèche afin de pouvoir contourner ses mauvais coups, se justifia Sirius, de mauvaise foie. »

Exaspéré, James leva les yeux au ciel avant d'arracher brusquement la carte des mains de son ami.

« ! s'indigna ce dernier en reportant enfin son attention sur lui. Tu vois pas que j'étais occupé ?!

_ Et toi, tu vois pas que tu es complètement obsédé ? Franchement 'Rius tu... »

Comme la carte était toujours tournée vers lui, Sirius put poursuivre rapidement ses recherches et il finit par trouver l'objet de ses pensées.

Dans un coin paumé du château, le petit point qui le signalait était pratiquement recouvert par celui nommé Matthew Adams...

Sirius fit la moue. Étant donné que Severus était amoureux de Lily depuis toujours, il doutait qu'il soit le genre à fricoter avec des mecs. Donc s'il n'était pas entrain de fricoter, c'est qu'il y avait de grande chance pour qu'il soit au milieu d'une altercation !

Soudain, ça fit tilt dans la tête du Lion : Matthew Adams était l'un des idiots de la bande de Malcolm Stuart. Malcolm Stuart qui était un fervent participant pour ce qui était de faire vivre un enfer au Serpentard.

Sirius prit sa décision en moins d'un quart de temps. Sans prendre le temps de bien réfléchir et sans un mot pour son ami qui lui remontait les bretelles, il se hâta de sortir du dortoir.

De toute façon, il le savait très bien que son comportement était incompréhensible et idiot – il s'en était rendu compte le soir où il avait passé un tabac au vert et argent. Mais c'était plus fort que lui, il devait savoir ! Une fois qu'il saurait, son obsession n'aurait plus lieu d'être et il reprendrait sa vie là où il l'avait laissé !

Mais il avait beau se répéter cette justification en boucle, au fond de lui, Sirius savait pertinemment que ça ne se finira jamais. Il y aura toujours quelque chose d'autre à découvrir. Ça ne prendra jamais fin ! Enfin..., ça allait se terminer à la fin de l'année quand ils prendraient des directions opposées.

Secouant sa tête de droite à gauche afin de chasser ces pensées et ignorant l'intense brûlure qui s'installa dans sa poitrine, Sirius préféra se focaliser sur le lieu où son ennemi de toujours était.

Il le trouva assez facilement. Et surtout, il l'entendit avant de le voir. Sirius mit un certain temps pour l'admettre mais ce petit crétin gloussait comme une andouille ! L'abruti était censé crier, vociférer, se débattre... ! Pas glousser comme une péronnelle !

Sirius fit quelques pas en avant et cela suffit pour lui permettre de voir deux adolescents collés l'un contre l'autre, appuyés contre un mur au détour d'une intersection. Severus était face à lui et Matthew de dos.

De crainte d'être vu par sa Némésis, le Lion s'arrêta immédiatement dans ses pas et il se fit le plus discret possible. Mais il se rendit rapidement compte que les deux adolescents étaient bien trop focalisés l'un sur l'autre pour remarquer sa présence. Pour être plus précis, Matthew s'entêtait à couvrir le cou de son vis-à-vis de baisers humides alors qu'il était évident que c'était une zone très érogène. Ledit vis-à-vis gémissait alors malgré lui à chaque fois.

« Arr... Arrête Matt..., gémit faiblement Severus. »

Il essaya de le repousser mais Matthew tenait fermement ses deux poignets plaqués au-dessus de sa tête et les muscles du Serpentard étaient bien trop mous pour lui permettre d'opposer une forte résistance.

« S... S'il-te-plaît arr... Oh, oui juste-là~ ! »

Les joues rosies par le désir, Severus se confondit encore plus en gémissements quand le bassin de son amant se mit à se frotter langoureusement contre le sien et il se mit également à bouger inconsciemment le sien en réponse.

Matthew glissa sa main libre à travers la robe de son amant puis sous sa chemise afin de pouvoir caresser sa peau nue. Severus frissonna aussitôt et il se confondit de nouveau en soupirs et gémissements tandis que le Gryffondor couvrit de plus belle son cou de baisers humides.

« Oh~... ! »

Les yeux dans le vague, Severus remua encore plus ses hanches contre celles de son vis-à-vis.

Sirius n'en revenait tellement pas qu'il resta ébahi et immobile pendant un long moment, complètement incrédule.

Ça le choquait d'autant plus de voir le vert et argent agir de la sorte qu'il n'avait pas du tout l'habitude de le voir comme ça ! Rougissant, gémissant, se trémoussant indécemment... Après tout, quand il était dans les parages, le visage du Serpentard se déformait aussitôt dans l'expression sévère, tranchante et intense qu'il lui réservait. Au mieux, il réussissait à le voir le visage complètement détendu, un doux sourire sur les lèvres et le regard pétillant quand il était avec Lily. Mais maintenant qu'ils étaient en froid tous les deux, ça faisait bien longtemps qu'il ne l'avait pas vu avec autre chose qu'une mine renfrognée. Surtout en compagnie d'un mec ! Et en voyant et en entendant sa Némésis s'extasier de la sorte, Sirius sentit la chose rugir en lui. Une multitude de sentiments enfla à vitesse grand V et, inconsciemment, il chercha sa baguette dans sa poche.

Au moment où il sentait qu'il était sur le point de faire quelque chose qu'il allait regretter plus tard, Severus sembla reposer les pieds sur Terre et il essaya de dégager ses bras de l'emprise du Serdaigle.

« A... Arrête~, gémit-il. S'i... S'il-te-plaît... On... On risquerait de nous voir...

_ Il n'y a que toi que ça dérange, rétorqua Matthew entre deux baisers. Je n'ai rien contre le fait de nous afficher en public... »

Severus éclata d'un rire jaune et fit de son mieux pour dégager la tête de son amant de son cou sans l'aide de ses mains. Ledit amant finit par consentir à sa volonté et il plongea son regard dans le sien à la place.

« Bah bien sûr ! se moqua le vert et argent. C'est Malcolm qui va être content quand tu vas lui annoncer la nouvelle !

_ Qu'il aille ce faire foutre ce putain d'enfoiré de merde ! s'énerva aussitôt le Serdaigle, les traits déformés par la colère. »

Le brusque accès de colère de l'Aigle fit sourire Severus.

« Quelle façon de parler de l'un de ses meilleurs amis~, minauda le Serpentard.

_ Ce connard n'est pas l'un de mes meilleurs amis et tu le sais ! grogna Matthew. La seule raison pour laquelle je traîne avec cet abruti c'est parce que ses parents copinent avec les miens ! Sinon il y a bien longtemps que j'aurais éclaté son crane contre un mur ! »

Le sourire de Severus s'élargit.

« Peu importe, la vie de paria n'est vraiment pas drôle, crois-moi, dit-il.

_ Avec toi à mes côtés, je pourrais le supporter, répliqua Matthew avec un petit sourire.

_ Non, non, le contredit Severus. »

Le Serpentard réussit cette fois-ci à déloger ses poignets de la poigne du Serdaigle, il les posa sur son torse et il le força à reculer de quelques centimètres.

« Non, dit-il une troisième fois. Je ne t'entraînerai pas là-dedans c'est trop... Non, c'est vraiment pas marrant.

_ Mais j'en ai marre de rester sans rien faire alors que tu te fais cracher dessus par des connards sans cervelle ! »

Ne voyant pas quel argument il pourrait utiliser pour convaincre son petit-ami, Severus haussa les épaules.

« Je ne reviendrai pas sur ma décision, décréta-t-il. Et pour éviter que notre relation s'ébruite, on va aller dans un coin plus tranquille... »

Severus essaya ensuite de repousser encore plus loin son plus que probant petit-ami mais ce dernier ne le laissa pas faire et, au contraire, il le plaqua sans ménagement contre le mur et refourra sa tête dans son cou afin de titiller ses points érogènes.

« Mais merde Matt ! Tu veux bien m'écouter et arrêter de... Oulà~ ! »

Le Serpentard essaya tant que possible de se dégager de l'emprise du bleu et bronze mais quand ce dernier glissa ses mains sous sa chemise et caressa son torse et ses tétons, il se sentit se perdre à nouveau. Gémissant de plus belle, il se mit à se frotter inconsciemment contre la jambe que Matthew avait glissé entre les siennes.

Mais alors qu'il s'apprêtait à perdre complètement pied, Matthew toucha un partie de son dos très sensible qui le fit pousser un petit cri de douleur et reposer les pieds sur Terre.

« Qu'est-ce qu'il y a ? s'enquit aussitôt Matthew en reportant son attention sur lui. »

Severus grimaça.

« R... Rien je..., bafouilla-t-il. Je...

_ Tu es blessé ?

_ Euh... Eh bien...

_ Black ? devina sombrement Matthew.

_ … Pas directement...

_ Un autre à qui j'aimerais bien éclater la tête contre un mur..., grommela le Lion. »

Severus sourit alors que ledit Black serra les poings et sentit qu'il était à deux doigts de mettre une raclé à cet idiot !

« Éclater la tête de Black équivaut à s'afficher en public avec moi et donc aboutirait à la même conséquence : un suicide social. Alors non, tu ne lui éclateras pas la tête contre un mur. Même si ça me ferait très plaisir... »

Severus lui adressa ensuite un sourire charmeur afin de lui changer doucement les idées mais Matthew ne décoléra pas.

« De toute façon, il a quoi avec toi, Black ? s'énerva-t-il. Il te tire dans les pattes à tout bout de champs sans aucune raison !

_ Je te l'avais dit, souffla Severus en un haussement d'épaule. Et je l'avais également dit à mon ex : que je l'ignore ou que je réponde à ses piques, le résultat est toujours le même.

_ Mais c'est pas possible d'être tout le temps sur ton dos comme ça ! tempêta-t-il. Il n'a rien de mieux à faire ? Il te cherche des poux même quand tu te tiens loin de lui ! »

Severus haussa les épaules pour la seconde fois.

« Que veux-tu que je te dise ? Il me vomit par tous les pores de sa peau et le seul fait que je sois au même endroit que lui – même si Poudlard est immense – est un crime contre sa personne...

_ Mais quand même ! Je veux dire...

_ Matt ! Stop ! l'interrompit brusquement. Je ne veux pas parler de Black pour le moment, on a beaucoup mieux à faire~... »

Sur ces derniers mots, Severus entoura son cou de ses bras et pris tendrement possession de ses lèvres.

Par la suite, les deux adolescents refoulèrent complètement Sirius Black dans un coin de leur tête. Ils se concentrèrent sur la personne qu'il y avait en face d'eux et commencèrent un jeu : faire gémir leur petit-ami le plus possible. Jeu auquel Matthew fut particulièrement doué.

À deux doigts de régurgiter son déjeuner, Sirius préféra les laisser là.

Il n'en revenait pas ! Sa Némésis fricotait avec un mec ?! Alors quoi ? Il était tellement désespéré par son échec cuisant avec Lily qu'il essayait de se persuader qu'il était gay et jetait son dévolu sur un gars ?! C'était vraiment du grand délire !

Et il se prenait pour qui cet abruti de Matthew pour parler de lui en ces termes !

Des plus énervé, les mains profondément enfoncés dans ses poches, Sirius fit demi-tour d'un pas énergique dans l'intention de rejoindre son dortoir au plus vite et oublier toute cette histoire.

« Eh bien dis-moi, pour une salutation glaciale, c'était une salutation bien glaciale. »

Sirius s'arrêta aussitôt et, en se retournant, il fit face à une Gryffondor de son age tout sourire.

Les cheveux aussi noirs que ses yeux, la peau pale, très mince... Elle était vraiment très jolie. Ce qui amena une question essentielle : l'avait-il déjà sautée ? Et si oui, est-ce que ça pouvait être la raison pour laquelle elle l'interpellait ? Il fallait bien dire qu'il s'en était pris des claques par des plan cul qui ignorait être un simple plan cul – pourtant, avec sa réputation de coureur de jupons, il aurait cru qu'elles auraient toutes compris.

Il n'eut pas le temps de tergiverser plus sur la question car la jeune femme repris la parole.

« On a pas eu l'occasion de se revoir depuis ton passage à l'infirmerie. C'était encore à cause de ce gros con de Snape, non ?

_ Mmm..., grommela Sirius alors qu'il serrait inconsciemment les poings.

_ Franchement quelle plaie celui-là ! se plaignit-elle encore. Il ne pourrait pas mourir dans un coin et nous ficher la paix ! »

Ces mots réveillèrent instantanément la chose au fond de lui qui se mit à gronder de colère.

Non mais pour qui elle se prenait celle-là ?!

Sirius était plutôt du genre à ne pas lever la main sur les filles mais, les poings serrés à s'en faire blanchir les jointures, il sentait qu'il ne fallait plus qu'un mot de travers de la part de la Lionne pour lui faire perdre définitivement le contrôle et lui foutre son poing dans la gueule !

« Enfin..., souffla-t-elle. Ça va ? s'enquit-elle ensuite. Tu as l'air tout tendu.

_ Tout baigne, grogna Sirius entre ses dents. »

La Lionne le crut et, un sourire enjôleur sur les lèvres, elle se rapprocha sensuellement de lui jusqu'à coller son corps fin contre le sien.

« Tu es sûr~ ? minauda-t-elle. Parce que sinon je pourrais... t'aider à te détendre~... »

Okay ! Alors oui, il l'avait déjà sautée mais non, elle n'allait pas le gifler !

« Euh, écoute, je ne suis pas trop d'humeur là, maintenant, déclina poliment Sirius alors que sa colère le quittait peu à peu.

_ Je pourrais te mettre d'humeur~, dit-elle avec un sourire taquin. »

Sirius s'apprêtait à décliner une seconde fois mais la jeune femme choisit ce moment précis pour glisser l'une de ses mains dans son pantalon et caresser son sexe au repos.

Après tout, pourquoi pas ? C'était toujours mieux que de se faire houspiller par ses deux meilleurs amis une fois revenus dans son dortoir.

« Vendu, accepta-t-il avec un sourire graveleux. Trouvons un endroit plus tranquille, si ça te convient euh... »

Le Gryffondor voulut ajouter le nom de son interlocutrice mais il fut forcé de laisser sa phrase en suspens quand il se rendit compte qu'il ne s'en souvenait plus.

Le sourire de la jeune femme devint narquois.

« Tu ne te rappelles pas de mon prénom, n'est-ce pas ? devina-t-elle.

_ Euuuuuh... Caroline ? tenta Sirius.

_ …T'es qu'un putain de connard d'enculé de merde qui pense qu'avec ça queue, tu le sais ça, non ?

_ Euuuuuh... »

Sirius essaya rapidement de décrypter le visage de la jeune femme afin de savoir si elle était vraiment énervée ou si elle s'en foutait car elle le considérait aussi comme un plan cul, mais sans succès.

« Tout le monde sait que je ne retiens pas les noms de mes coups d'un soir, se justifia-t-il.

_ Moui, c'est pour ça que tu as quasi toujours l'empreinte d'une main féminine sur l'une de tes joues, se moqua-t-elle. »

Sirius se détendit. Apparemment, la jeune femme n'avait cure qu'il ne se souvienne pas de son prénom.

Tant mieux.

Ce qui suivit conforta le jeune homme dans son intuition car, les yeux pétillants de lubricité, la Lionne accentua sa caresse sur son sexe et sourit en entendant Sirius gémir malgré lui.

« Par contre, en couchant de nouveau avec moi, je ne serai plus un coup d'un soir~, lui fit-elle remarquer. Alors tu n'auras plus d'excuse pour ne pas connaître mon prénom, n'est-ce pas ?

_ Euh bien sûr euh...

_ Tania.

_ Tania, répéta Sirius.

_ ... Redis-le encore une fois.

_ Tania, s'exécuta l'animagus.

_ Parfais~, ronronna la concernée. »

Sur ces dernières précisions, Sirius retira la main de la ténébreuse de ses parties intimes et il l'attira dans une salle vide qu'il trouva sans aucune difficulté. Là, il fit asseoir sa conquête sur la table la plus proche et la déshabilla tranquillement tandis qu'elle l'attirait entre ses cuisses, déposait des baisers humides dans son cou et s'attaquait à sa ceinture. Mais alors qu'il glissait le chemisier blanc des minces épaules de son amante, alors qu'il glissait ses mains derrière son dos afin de détacher son soutien-gorge et que la jeune femme se débarrassait de sa petite culotte, tout ce à quoi il pouvait penser, c'était le visage de sa Némésis alors que Matthew Adams embrassait son cou, caressait ses tétons et frottait sa cuisse contre son entrejambe. Tout ce à quoi il pouvait penser, c'était son corps qui ondulait sensuellement contre celui de son amant, ses gémissements de plaisir, ses suppliques, son visage extatique... Et ça le rendait malade ! De savoir qu'il y avait vraisemblablement un homme entre les cuisses nues du Serpentard en ce moment même, de savoir qu'Adams était probablement déjà complètement gainé dans son intimité étroite, de savoir que le Serpentard était sans doute entrain de supplier et de se déhancher sous les coups de reins vifs et précis du bleu et bronze, de savoir qu'il était probablement entre de hurler le nom de cet enfoiré...!

« Woouh ! s'exclama la brune alors qu'il l'avait pénétrée d'un coup sec. Tu es très vigoureux aujourd'hui, dis-moi... »

Mais Sirius fit complètement fît de son commentaire. Il se foutait de ce qu'elle avait à dire, tout ce qu'il avait en tête, c'était le comportement inadmissible qu'avait eu sa Némésis au beau milieu d'un couloir avec un idiot de Serdaigle. Et après il osait dire qu'il ne voulait pas être vu ! C'était une blague ! Quand on voulait être discret, on ne s'exposait pas au beau milieu de Poudlard ! Et avec un homme de surcroît ! Depuis quand est-ce que le Serpentard se rabattait sur les mecs, hein ? Le Serpentard n'était ni gay ni bisexuel, il aimait les femmes ! Sirius en mettrait sa main à couper parce que si ce n'était pas le cas... Si ce n'était pas le cas il... Enfin bref, il était assurément hétéro à 100% !

Mais à la façon dont il gémissait tout contre Adams...

« Merde, jura-t-il à mi-voix. »

xx

« Eh bien, c'était sauvage mais également très bon..., complimenta la brune en reboutonnant son chemisier. »

Toujours plongé dans ses pensées à se demander ce que son ennemi pouvait bien faire à présent, Sirius ne dit pas un mot alors qu'il remettait de l'ordre dans ses vêtements, appuyé contre la même table sur laquelle il avait couché avec la jeune femme.

Ladite jeune femme ne parut pas remarquer son inattention et, un sourire graveleux sur les lèvres, elle glissa l'une de ses mains sur l'une de ses cuisses avant de la remonter jusqu'à son entrejambe.

« On pourra remettre ça très prochainement~...

_ Ouais, comme tu veux Abby, grommela Sirius dans sa barbe. »

Cette fois-ci, son ignorance ne passa pas. En un éclair, le regard de la brune passa de grivois à empli d'une colère pure. Son visage se déforma dans la haine et une claque cinglante atterri sur la joue droite de Sirius.

« Abby ? s'indigna-t-elle. Abby ?! C'est Tania, abruti de connard de merde qui pense qu'avec sa queue ! »

Sur ces derniers mots acides, elle se dirigea en furie vers la sortie.

« Et ne pense même pas à me recontacter ! »

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Le Gryffondor avait passé les jours suivant dans une humeur plus que massacrante qui agaça grandement son entourage.

Et ça ne s'arrangea pas à la fin de la semaine quand il foira son interrogation de Métamorphose, qu'il se fit sévèrement réprimandé par son professeur de Sort et Enchantement et qu'il rentra de plein fouet dans un étudiant qui ne faisait pas plus attention à ce qui l'entourait.

« Tu peux pas faire gaffe ! rugit aussitôt Sirius en tournant vers son interlocuteur un regard glacé.

_ Oh, excuse-moi je... Je ne t'avais pas vu..., bafouilla l'élève. »

Même si la hargne de Sirius n'était pas du tout justifiée, il préféra s'aplatir. Tout le monde savait que le rouge et or était d'une humeur particulièrement revêche depuis quelques jours et il préféra ne pas chercher à argumenter.

Mais malgré sa totale complaisance, le regard de Sirius devint aussi tranchant qu'une lame de rasoir et un véritable brasier ardent s'alluma dans ses pupilles quand il reconnut la personne qui se tenait devant lui : Matthew Adams.

« Trop pressé de revoir ton petit-ami pour regarder devant toi, Adams ? le provoqua Sirius entre ses dents. »

Sa pique surpris grandement son vis-à-vis dont les traits s'imprégnèrent d'incrédulité. Cependant, il se remit rapidement de sa stupeur et son regard se fit sévère.

« Je ne vois pas de quoi tu veux parler, grommela-t-il entre ses dents en plissant les yeux. »

Un sourire narquois étira en coin les lèvres de Sirius qui vit là une occasion de relâcher la pression.

« Servilo a raison, se moqua-t-il, si vous ne voulez pas vous faire prendre, vous devriez faire vos petits jeux dans un endroit plus intime qu'un couloir. »

À ces mots, les yeux de Matthew devinrent eux aussi aussi tranchant qu'une lame de rasoir. Ses lèvres se retroussèrent de rage et il s'approcha de Sirius avec une aura menaçante. Malgré tout, ledit Sirius ne fut pas du tout impressionné. Son sourire gagna même en intensité.

« Écoute-moi bien, Black, le menaça Matthew avec un éclat de violence dans les prunelles de ses yeux, si tu l'ébruites je... »

Sirius chassa sa menace d'un vague mouvement de la main, comme s'il avait une mouche devant les yeux.

« Tu protèges ton petit-ami ? railla-t-il. J'en vomirais tant c'est mignon... »

Exaspéré, le regard de Matthew se fit encore plus intense.

« Franchement, je ne comprends vraiment pas pourquoi tu t'acharnes sur Severus comme ça ! s'exclama-t-il. C'est quoi ton problème à la fin ?! Pourquoi est-ce que tu ne le laisses pas un peu tranquille ? Ton comportement n'a aucun sens ! On croirait presque que... »

Le Serdaigle s'interrompit brusquement dans sa lancée, comme frappé par une illumination. Ses traits furent d'abord emprunt d'une profonde incrédulité et puis... son visage s'éclaira. Un sourire goguenard se dessina sur ses lèvres et il explosa de rire.

« Je peux savoir ce qui t'arrive ? cracha Sirius pour le moins vexé. »

Mais malgré le regard noir de son interlocuteur, Matthew mit un certain temps avant de réussir à se calmer.

« Dites-moi que je rêve ! s'esclaffa-t-il en essuyant une larme qui avait coulé de ses yeux. Tu... Tu... Vraiment ? Toi aussi c'est pour ça ?

_ C'est pour ça quoi, Adams ? grogna Sirius.

_ … Et tu n'en as même pas conscience, hein ? murmura Matthew avec un sourire suffisant sur les lèvres. Mais en fin de compte, ça explique tout ! Oui, c'est évident !

_ Bordel, de quoi est-ce que tu parles, Adams ? grommela Sirius, agacé d'être laissé dans le flou. »

Le sourire du concerné s'élargit.

« Vous êtes vraiment pathétiques vous autres, se contenta-t-il de dire. Se cacher derrière des absurdités pour ne pas avoir à affronter la vérité... Enfin bon, tu m'excuseras mais j'ai un petit-ami à besogner en bonne et due forme, nargua-t-il avec un petit sourire satisfait. C'est dingue l'appétit sexuel qu'il peut avoir ! Il me prend quasiment toute mon énergie~. Et si tu l'entendais crier quand je l'encule jusqu'à frapper sa prostate... Hum..., il en devient bandant à l'extrême~... »

Sur ces derniers mots crachés sur un ton hautain, Matthew tourna les talons dans l'intention de s'éloigner mais tout ne se passa pas comme il l'avait prévu. Bien sûr, sa pique avait ravivé la chose ainsi la colère accumulée de Sirius qui vit rouge. Matthew eut à peine fait quelques pas qu'il le rattrapa par l'épaule, le força à se retourner et lui asséna une forte droite dans sa mâchoire qui émit un horrible craquement. Le sang fit qu'un tour dans le corps de Matthew qui s'empressa de répliquer.

Les deux adolescents se retrouvèrent donc rapidement à se ruer de coups sur le sol avant d'être vivement séparés par un professeur qui prit soin de les enguirlander et de les punir. Comme ce n'était pas son premier avertissement, Sirius eut le droit à un remontage de bretelle en bon et du forme ainsi qu'à un passage chez le directeur qui le menaça de suspension s'il ne se calmait pas rapidement.

xx

« … Tu fais vraiment n'importe quoi ces derniers temps ! »

Négligemment installé sur son lit, Sirius faisait mine d'ignorer James, debout devant lui, qui lui braillait dessus depuis maintenant plus de dix minutes. Le ténébreux était sorti de ses gongs, son visage était rouge et son regard furieux.

Également sur son lit, Remus ne pipait pas un mot mais son regard en disait long sur ses pensées.

« Te battre, te faire punir, faire retirer des points à Gryffondor, baiser avec une inconnue, te battre encore, te faire engueuler par tous les profs, être insolent, baiser à droite et à gauche, encore te battre... ! cita James. On est plus qu'à quelques mois d'être diplômé mais on dirait que tu cherches à te faire renvoyer à tout prix ! Je peux savoir ce qui se passe dans ta tête ?! »

Les bras croisés sur son torse, la mine boudeuse, Sirius préféra de rien dire.

« Et puis qu'est-ce qui s'est passé avec Matthew Adams aujourd'hui ? poursuivit James. Tu l'as presque tabassé jusqu'à l'évanouissement ! »

Un petit sourire satisfait se dessina sur les lèvres de Sirius. Il était vrai qu'il avait été tellement enragé qu'Adams n'avait pas fait long feu face à lui.

« Il l'avait bien cherché, cracha-t-il.

_ Ah ouais ? Et qu'est-ce qu'il avait fait, j'ai hâte de l'entendre ! »

Tout d'abord, Sirius hésita à répondre. Mais il vit dans les yeux de son ami qu'il n'allait pas lâcher cette fois-ci alors il s'exécuta :

« I* sa***e Se***i**us..., grommela-t-il entre ses dents.

_ Pardon ? fit James qui n'avait bien sûr rien compris.

_ Il saute Servilus ! beugla-t-il.

_ … Et. alors ? grommela James entre ses dents alors qu'il sentait la colère gonfler en lui.

_ Et alors ?! s'offusqua Sirius. Il n'aime même pas les hommes !

_ Qu'est-ce que tu en sais ?

_ Qu'est-ce que j'en sais ? Qu'est-ce que j'en sais ?! Mais parce que ça n'a aucun sens ! Toi-même tu sais que...

_ Je ne sais rien, Sirius ! Et toi non plus ! Mais qu'il soit gay ou non, quelle importance, hein ? Qu'il baise des mecs ou des nanas ça le regarde ! Tu n'es pas homophobe, Sirius. Tu t'en tapes que deux mecs couchent ensemble alors tu ne devrais pas... »

Comprenant d'un seul coup où était le problème, James leva les yeux au ciel, prodigieusement agacé, et passa sa main dans ses cheveux.

« Mais c'est pas vrai ! vociféra-t-il en reportant son attention sur son ami. Il faut vraiment que tu mettes un terme à toutes ces conneries ! Ça va faire sept ans que ça dure !

_ Mais de quoi tu parles, putain ! s'énerva Sirius.

_ De quoi je parle ? De quoi je parle ?! Je parle de...

_ James ! l'interrompit brusquement Remus. »

Son ami se tourna vers lui.

Ils échangèrent ensuite un rapide dialogue silencieux avant que James ne revienne à Sirius, les yeux toujours aussi sévères.

« Il faut vraiment que tu te sortes la tête du cul, Sirius !

_ Mais putain de quoi tu...

_ La ferme ! le coupa-t-il sèchement. Je vais te dire une bonne chose : ton Servilus, soit tu lui fiches définitivement la paix, soit tu baises son cul dans un coin, mais il faut vraiment que tu arrêtes tes conneries parce là ça va vraiment trop loin ! »

Sur cette dernière tirade, James sortit d'un pas furieux du dortoir.

« Que je le baise ?! s'horrifia Sirius en se tournant vers Remus. »

Préférant ne pas s'en mêler, le lycanthrope fit mine de se plonger dans un livre.

Fin du FLASH-BACK

Sortant lentement de ses souvenirs, Sirius vida d'un seul trait son cinquième fond de verre de Whisky-Pur-Feu. Ou peut-être était-ce son septième...

L'esprit quelque peu embrumé par l'alcool, il ne put s'empêcher de grimacer quand il posa son verre sur la table basse et que son geste lui fit tourner la tête.

Et voilà qu'il était éméché en plein milieu de la mâtiné ! Franchement, il était pathétique mais ça avait été plus fort que lui. Plus il s'était enfoncé dans ses souvenirs, plus il s'était senti mal et plus il s'était enfilé de verres pour se remonter le moral. Sa technique n'avait que moyennement fonctionné par ailleurs puisqu'il se sentait quand même comme une grosse merde !

Avec tout ce qu'il s'était passé dans sa vie, c'était la première fois qu'il se penchait aussi profondément dans sa septième année à Poudlard et il devait bien avouer qu'il avait vraiment disjoncté ! Et plus il s'était approché de la fin d'année, plus son attitude avait empiré. Il comprenait tout à fait que James ait fini par péter un plomb !

Il avait été infecte, d'une humeur massacrante, horriblement susceptible, très bagarreur, plus que volage – à bien y penser, c'est dingue le nombre de claques qu'il s'était pris ! - et tout cet excès de zèle, il l'avait relâché sur Severus. Rendant sa vie à Poudlard invivable et il était sûr qu'il avait un peu mis le bordel dans sa relation avec Matthew - qui avait saisi chaque occasion pour lui rappeler crûment qu'il se faisait sa Némésis.

Étrangement, qu'il ait ou non foutu le bordel entre eux le laissait complètement de marbre...

Une seconde grimace déforma les traits du visage de Sirius quand sa tête se mit à lui lancer de nouveau.

Il savait qu'il s'était déjà excusé auprès de sa Némésis mais ses excuses lui semblaient être plutôt vides de sens maintenant qu'il avait vraiment conscience de son attitude. Et à présent, il comprenait tout à fait que le potioniste ne soit pas si facilement enclin à lui pardonner d'un simple claquement de doigts !

Sirius poussa un profond soupir. Il sentait qu'il devait représenter ses excuses. Et cette fois-ci en bonne et due forme !

Vidant de nouveau son dernier fond de verre de Whisky-Pur-Feu, Sirius se leva de son siège. Et sans même prendre le temps de réfléchir au fait qu'il était éméché un dimanche matin et qu'il était certainement une terrible idée de faire irruption dans les appartements de sa Némésis dans cet état, il s'élança à grande enjambée dans le couloir.

xx

Severus était tranquillement assis sur son fauteuil, les jambes repliées contre son torse et plongé dans un livre quand sa Némésis déboula comme un boulet de canon. Et au vu des petites taches roses sur ses joues, de ses yeux un peu vides et de son pas incertain, il pouvait dire qu'il avait bu...

« Il faut qu'on parle ! s'écria maladroitement Sirius dès qu'il posa les yeux sur lui. »

Severus haussa l'un de ses sourcils avec surprise. Apparemment, sa Némésis n'avait pas qu'un peu bu !

« Tu es saoul, nota-t-il d'une voix posée.

_ Non, je suis un peu éméché ! le corrigea Sirius. »

L'animagus voulut ajouter quelque chose mais sa tête se mis dangereusement à tanguer et il ne put que grimacer alors qu'il titubait quelques instants.

Craignant que sa Némésis ne finisse par vomir sur sa moquette, le potioniste préféra prendre les choses en main. Soupirant d'exaspération et levant les yeux au ciel, il ferma brusquement son livre, se leva et se dirigea vers l'ex-détenu. Sans prendre la peine de le consulter, il l'agrippa fermement par le bras et le força à s'asseoir dans le canapé le plus proche.

Il grimaça en voyant les traits un peu maladif de son interlocuteur.

« Si tu dois vomir, fais-le dans tes mains, le prévint-il froidement. Je ne veux pas une goutte sur ma moquette. »

Il se tourna ensuite vers l'une de ses armoires et il en retira une potion qu'il tendit négligemment à son vis-à-vis.

« Avale-ça, lui ordonna-t-il sèchement. Je n'arrive pas à croire que tu oses te pointer ici en état d'ébriété ! grommela-t-il entre ses dents alors qu'il prenait place à ses côtés. Tu imagines si Scott ou Valentin t'avait vu dans cet état ! »

Faisant de son mieux pour ignorer les remontrances de sa Némésis qui lui donnèrent aussitôt une horrible migraine, Sirius s'empressa de vider la potion d'un seul trait. La mixture avait un goût infecte qui déforma ses traits dans une grimace peu saillante et il fut ensuite assailli par un abominable mal de tête qui le fit gémir de plus belle.

« Tu ne m'as pas donné la plus rapide ni la plus efficace je me trompe ? grinça-t-il entre ses dents. »

Severus feignit de n'avoir rien entendu et il fit mine de se replonger dans le livre qu'il avait récupéré, mais son sourire en coin répondit pour lui.

Les deux hommes passèrent ensuite plusieurs minutes en silence pendant lesquelles Sirius attendit patiemment que son mal de tête diminue un peu.

« L'effet gueule de bois va durer longtemps je suppose ? s'enquit-il finalement.

_ …

_ Et je suppose également que si j'essaye de prendre une autre potion ça ne fera qu'empirer ?

_ …

_ Ouais, je m'en serais douté..., grommela l'ex-détenu entre ses dents.

_ C'est ta punition pour t'être mis dans un tel état au sein de Poudlard alors que tes enfants auraient pu te voir et pour avoir osé te pointer dans mes appartements ! Qu'est-ce que tu me voulais de toute façon ? lui demanda-t-il en reportant enfin son attention sur lui. »

Se souvenant de la raison pour laquelle il était venu, l'animagus se sentit aussitôt un peu mal-à-l'aise et sa bouche s'assécha. Pendant un instant, il envisagea même d'inventer une excuse bidon et de partir sans demander son reste mais il se ravisa au dernier moment. Il était peut-être un peu bourré quand il avait pris la décision de s'excuser pour la deuxième fois mais, même sobre, il pouvait dire que c'était nécessaire. D'une part pour enfin enterrer la hache de guerre avec son rival, mais aussi parce que c'était la bonne chose à faire.

« Je suis venu pour m'excuser, s'expliqua-t-il enfin en plongeant son regard dans celui de son vis-à-vis. »

Severus haussa un sourcil surpris.

« T'excuser ? s'interrogea-t-il. Tu l'as déjà fait il me semble...

_ Oui mais quand je l'ai fait, c'était un peu des paroles en l'air je... Je n'avais pas vraiment conscience de... du comportement que j'ai eu avec toi. Je ne me suis jamais vraiment replongé dans le passé – surtout que mon passage à Azkaban a effacé une partie de mes souvenirs – et j'étais persuadé que ça se limitait à des mauvaises blagues d'adolescents un peu idiots. Mais, j'y ai repensé ce matin et...

_ D'où ton état de d'ébriété..., se moqua Severus avec un léger sourire.

_ Effectivement. En tout cas, je me suis rendu compte que j'ai vraiment fait de ta vie à Poudlard un enfer. Surtout lors de notre septième année ! Là j'ai vraiment... j'ai vraiment pété un câble ! Je ne sais pas pourquoi je me suis acharné de cette manière mais... »

Las de ses excuses et n'ayant pas le moins du monde envie qu'il le replonge dans de mauvais souvenirs, Severus leva les yeux au ciel.

« J'ai aussi fait de mon mieux pour faire de ta vie un enfer, Black, le coupa-t-il en évitant ostensiblement son regard. Et, sans vouloir me venter, j'excellais dans la matière alors... je suppose que tu n'es pas responsable à 100% de l'animosité lors de notre scolarité, ajouta-t-il du bout des lèvres.

_ Oui, mais moi j'avais mes amis, ma popularité... Toi tu n'avais – sans vouloir t'offenser – pas grand chose à quoi te rattacher... »

Severus pinça ses lèvres au maximum face à la remarque. Mais comme l'ex-détenu n'avait pas cherché à être méchant, il ne releva pas.

« Je n'ai pas besoin de ta pitié, Black, grommela-t-il néanmoins entre ses dents.

_ Ce n'est pas de la pitié Severus, le contredit-il d'une voix douce. C'est de...

_ Je m'en fiche, le coupa-t-il. »

Sirius prit sur lui et préféra ne pas insister.

« En tout cas, je voulais te présenter, sincèrement, mes excuses, poursuivit-il. Je... J'ai dépassé les bornes à plus d'une occasion.

_ …

_ Je comprends tout à fait que tu ne veuilles pas me pardonner et je ne te presserai pas dans ce sens mais je tenais néanmoins à éclaircir ce point. »

Severus avait déjà replongé son nez dans son livre et il s'était mis de trois-quart dos à lui quand Sirius dit ces mots, mais l'animagus ne s'en formalisa pas.

Les deux adultes passèrent ainsi quelques minutes en silence avant que Sirius ne reprenne d'une voix à peine audible :

« … Tu avais raison.

_ A quel propos ? grommela Severus sans prendre la peine de se retourner.

_ … Ce n'était pas accidentel, souffla l'ex-détenu du bout des lèvres. »

L'ex-Serpentard se raidit aussitôt et son cœur rata un battement. Il ne s'attendait pas du tout à ce que sa Némésis remette ce sujet sur le tapis aussi vite !

« Ce… Ce n'était pas..., murmura-t-il d'une voix tremblante.

_ Non. Ce n'était pas une blague d'adolescent attardé, c'était tout à fait intentionnel. »

Sirius en était sûr à présent.

Il s'était bercé d'illusions pendant des années mais à présent, il ne pouvait plus le nier. Il avait agi sciemment comme un parfait connard pendant 7 ans pour faire souffrir le potioniste. Et le fait de le reconnaître... lui donnait envie de vomir - sa gueule de bois n'aida pas. Il n'aimait pas du tout la partie de lui qu'il venait de mettre à nu et il ferait n'importe quoi pour s'en débarrasser.

Severus se retourna complètement vers lui et ancra son regard dans le sien. Il n'exprimait aucune émotion particulièrement, si ce n'était la curiosité, mais Sirius eut quand même du mal à le soutenir et il aurait bien voulut un verre de Whisky-Pur-Feu pour lui donner du courage !

« Pourquoi ? lui demanda simplement le potioniste. »

La gorge nouée, Sirius préféra détourner le regard.

Pourquoi ?

L'esprit encore trop imprégné par l'alcool pour lui permettre de réfléchir un peu trop loin, l'image de Matthew Adams lui vint en premier en tête. Il se souvint de toutes les fois où il lui avait murmuré ce qu'il avait fait avec au lit avec sa Némésis au détour d'un couloir, il se souvint des regards doux qu'ils s'échangeaient en secret, il se souvint des regards froids et perçants que Severus lui accordait, il se souvint du vide qu'il ressentait avec n'importe laquelle de ses conquêtes... Et tout cela...

« Parce c'était trop douloureux..., laissa-t-il échapper d'une voix à peine audible et avec des yeux si tristes que Severus ne put rester complètement indifférent.

_ … Pardon ? »

Sortant de ses pensées, Sirius reporta son regard sur son interlocuteur.

« Rien, nia-t-il. Je... Je cherche encore...

_ Tu... cherches encore ?

_ Oui.

_ Très bien. »

Le potioniste semblait déçu.

« Severus je...

_ Tu veux que je te pardonne ? le coupa-t-il dans sa lancée.

_ Euh… oui. Oui, bien sûr.

_ Trouve-moi la raison. Et après on verra. »

Sur ces derniers mots prononcés sur un ton sec, l'ex-Serpentard reprit sa position initiale et fit de nouveau mine de replonger dans sa lecture.

Laissé seul avec ses pensées et ses remords, Sirius cogita pendant quelques minutes avant qu'être assailli par une nouvelle vague de migraine. Il grimaça pendant quelques secondes avant de décider de remettre sa réflexion à plus tard et il préféra reporter son regard sur son ennemi. Plus précisément, sur sa tenue.

Contrairement à leurs dernières rencontres, il ne portait pas son short de pyjama au profit d'un pantalon simple de couleur sombre. Sirius ne put s'empêcher de se sentir un peu déçu. C'est qu'il avait de très belles jambes satinées le potioniste !

L'animagus rougit légèrement quand il se rendit compte de sa remarque et il préféra l'ignorer et la mettre sous le compte de l'alcool pas encore éliminé de son système.

Quant à son haut, Severus portait un simple T-Shirt trop large pour lui qui dénudait un peu l'une de ses épaules.

À nouveau, Sirius ne put s'empêcher d'être captivé par le cou et l'épaule visible de son vis-à-vis. Sa peau nacré sans imperfection... Pendant un moment, il repensa aux scandales qu'il avait provoqués quand cette peau était marquée d'une façon ou d'une autre. Mais il s'empressa de chasser ce souvenir de sa tête et de cesser de fixer la peau nu de son ennemi de toujours. À la place, son attention fut capté par le livre du potioniste. En se penchant légèrement par dessus son épaule, Sirius put voir qu'il traitait des potions – pour changer. Sans raison particulière, il essaya pendant un instant de le déchiffrer mais sa gueule de bois et le sujet ne l'aidait pas le moins du monde ! Il s'entêta cependant pendant quelques minutes supplémentaires avant que Severus se sursaute vivement – comme s'il avait été piqué par quelque chose – et plaque brusquement l'une de ses mains dans son cou. Ses joues prirent une légère coloration rosée et il tourna vers son interlocuteur un regard furieux.

« Tu vas arrêter de me souffler dans le cou, oui ?! s'énerva-t-il. »

Surpris par la brusque montée au créneau du potioniste, Sirius papillota plusieurs fois des yeux.

« Je... pardon je..., bafouilla-t-il. Je ne faisais de respirer...

_ Fais-le ailleurs que dans mon cou ! grinça Sirius entre ses dents avant de se retourner vivement. »

Sirius resta un moment complètement interdit avant de deviner la raison du brusque accès colère de sa Némésis : il avait soufflé dans son cou. Cou, qu'il savait être un endroit très érogène chez le professeur.

Chassant définitivement ses sombres pensées, un sourire amusé étira le coin des lèvres de l'ex-détenu quand il avisa des petites rougeurs persistantes sur les joues de son vis-à-vis, et son regard se posa un instant derrière son oreille. Endroit qu'il savait être également très érogène.

D'humeur taquine, Sirius glissa doucement un doigt à cet endroit précis. La réaction de Severus ne se fit pas atteindre : il sursauta vivement pour la seconde fois et tourna un regard fougueux vers sa Némésis.

« Tu vas arrêter oui ! s'énerva-t-il de nouveau. Qu'est-ce que tu as à me toucher ici ?!

_ Je... Tu avais quelque chose derrière l'oreille et...

_ Je m'en fous, ne me touche plus jamais à cet endroit ! »

Severus semblait furieux mais les petites rougeurs sur ses joues qui indiquait qu'il était également quelque peu embarrassé cassa un peu son regard, et l'ex-détenu ne put s'empêcher de sourire – ce qui agaça encore plus le potioniste. Mais ce dernier préféra ne pas insister.

« Tu as de la chance que je mette ça sur le compte de l'alcool, marmonna-t-il entre ses dents avant de se retourner de nouveau. »

Sirius ouvrit aussitôt la bouche pour titiller encore plus sa Némésis mais le début de sa phrase s'étrangla dans sa gorge quand son regard se posa sur la grande table du salon.

« Tu as mangé ! s'enthousiasma-t-il.

_ ... Je n'ai pas cinq ans, tu n'as pas à en faire tout une histoire ! marmonna le potioniste sans prendre la peine de se retourner.

_ Au contraire, je dois en faire toute une histoire ! Mes conseils ont porté leurs fruits !

_ … J'aurais dû te donner une potion plus forte, bougonna Severus. Le toi en était d'ébriété commence sérieusement à me taper sur les nerfs. »

Le sourire de Sirius s'élargit.

« D'ailleurs, comment as-tu su mes goûts en matière de nourriture ? s'enquit Severus en se tournant vers lui. Je pensais que tu avais demandé aux garçons mais ils m'ont dit que l'information ne venait pas d'eux. »

Le sourire de Sirius se fana aussitôt et il parut un peu déstabilisé.

« Oh euh... Je ne révélerai pas mes sources, dit-il avec un sourire une fois qu'il eu reprit ses esprits. »

Severus n'insista pas et se replongea dans sa lecture afin de donner l'impression qu'il s'en fichait mais ce n'était qu'une façade. Au fond de lui, il était vraiment curieux de savoir d'où sa Némésis tenait ses informations. Qui le connaissait aussi bien ? Au début, il avait pensé à Narcissa mais il ne pensait pas qu'elle connaissait ses goûts alimentaires avec autant de précision !

Préférant ne pas se prendre la tête avec ça, Severus chassa ces pensées de sa tête et glissa sa main droite dans ses cheveux noirs. Son geste fit glisser sa manche de son avant-bras et découvrit brièvement la marque des Ténèbres. Quand il la vit, l'animagus ne put s'empêcher de frémir. Comme il s'attarda un peu sur le tatouage, Severus finit par s'apercevoir de son regard persistant et, gêné, il s'empressa baisser son bras afin de le cacher.

« Le pire choix de toute ma vie..., souffla le potioniste avec le regard voilé. »

La tristesse et le regret évident de Severus firent grimacer Sirius.

« Tu as largement remboursé ta dette, tenta-t-il de le réconforter. »

Sans se retourner, Severus haussa un sourcil surpris.

« Tiens, ce n'est pas ce que tu disais plus tôt, fit-il remarquer.

_ J'étais toujours un con avec des œillères plus tôt, grommela sombrement Sirius.

_ Parce que tu l'es plus maintenant ? se moqua le potioniste d'une voix doucereuse.

_ Severus, on peut arrêter avec ça ? soupira Sirius. De se tirer les couettes sans arrêt... Au moins pour le moment.

_ …

_ En tout cas, je ne pense pas que tu devrais encore de terrer de honte à cause de ça. »

A ces mots, Severus éclata d'un rire jaune, il se tourna complètement vers son interlocuteur et plongea un regard tranchant dans le sien.

« Par pitié ! J'ai merdé à l'époque et cette monstruosité sera toujours là pour me le rappeler ! cracha-t-il. Peu importe ce que je fais maintenant, ça ne pourrait jamais racheter tout ce que j'ai fait sous les ordres de Voldemort ! Et personne ne pourra jamais l'oublier... ! »

Se calmant aussitôt après son brusque accès de colère, Severus passa nerveusement sa main libre dans ses cheveux.

« Pour tout te dire, j'étais même persuadé que personne ne pourrait jamais envisager de passer sa vie avec moi à cause de ce tatouage hideux sans être dégoûté à sa vue... Je ne pensais pas qu'il était possible de passer outre...

_ … Pourtant je suppose que tu n'es pas resté sans aucune vie amoureuse depuis que tu l'as. Et tes conquêtes ont bien dû faire avec, lui fit remarquer nonchalamment l'animagus.

_ Oui, mais ce n'était que pour une courte période, rétorqua le maître des potions. Et ils prenaient bien soin d'éviter de la regarder... »

Pour une raison qu'il ignorait, le cœur de Sirius se serra quand il entendit Severus confirmer ses soupçons à propos de ses conquêtes passées, mais il s'obligea à passer outre.

« Ton futur mari a bien dû faire avec, lui rappela-t-il. Et lui, c'est pour la vie. »

Un petit sourire indéchiffrable étira le coin des lèvres de l'ex-Serpentard.

« Oui, il l'a fait, confirma-t-il. Et je me demande bien comment... »

Une petite moue sur le visage, le regard de Sirius se posa une nouvelle fois sur l'avant-bras droit de son vis-à-vis dont le T-Shirt recouvrait à peine le tatouage qui faisait tant débat.

Sans lui demander la permission et avant que Severus puisse l'éviter, Sirius le saisit fermement par le poignet d'une main et fit remonter doucement sa manche avec l'autre.

Ils ne le remarquèrent pas, mais tous deux frémir quand les longs doigts de l'animagus touchèrent la peau pâle et remontèrent lentement vers son coude.

Severus se crispa machinalement lors de la manœuvre mais, une fois la marque complètement découverte, nulle trace dégoût ou de peur dans le regard de Sirius. Aucune émotion ne transparut par ailleurs. L'horrible tatouage semblait lui faire ni chaud ni froid !

« Je le comprends, dit-il enfin en laissant ses doigts glisser sur la marque avec une certaine provocation. Je veux dire, ce n'est pas beau, ça ne le sera jamais mais... - il plongea son regard dans celui du potioniste et arrêta brusquement sa caresse -, elle fait parti de toi à présent. Et de ce fait, elle n'est pas... complètement dégoûtante. Pas sur toi, en tout cas. »

Le regard de l'ex-détenu était si intense que Severus ne put s'empêcher de se sentir presque hypnotisé.

Les yeux dans les yeux, leur peau picotant un peu aux endroits où ils étaient entrés en contact, l'atmosphère s'alourdit considérablement. Aussi mal-à-l'aise l'un que l'autre, ce fut pourtant Severus qui rompit le contact visuel et physique d'un mouvement brusque, tout en faisant de son mieux pour masquer son trouble. Il frotta ensuite machinalement son avant-bras dans l'espoir d'atténuer les picotements qu'il ressentait.

« Ça c'est toi qui le dit, cracha-t-il afin de garder une certaine contenance.

_ Moi et ton mari, ça fait déjà deux. »

Un sourire presque douloureux – que Sirius ne comprit pas – étira l'un des coins des lèvres de Severus en réponse à la remarque.

« Oui, ça fait déjà deux, répéta-t-il d'une voix acerbe.

_ … Tu sais ce qu'il s'est passé après... la mort de Voldemort ? s'enquit l'animagus après un silence. Si la marque des Ténèbres a disparu avec lui ? »

Severus secoua lentement sa tête de droite à gauche.

« Je n'ai pas osé poser la question aux garçons, avoua-t-il. Je n'imaginais même pas pouvoir montrer mon bras nu à mon mari alors la montrer à mes enfants ! Je ne veux vraiment pas aborder le sujet avec Scott ou Valentin. Si j'ai toujours la marque dans le futur, il est hors-de-question qu'ils l'aient vue. Et je les connais assez bien pour savoir que si j'aborde le sujet avec eux, ils voudront absolument la voir et ça, je ne le permettrais pas... ! Et puis je dois bien avouer que j'appréhende un peu la réponse... Enfin, je verrai bien par moi-même, dit-il en un souffle en se repositionnant de trois-quart et en se replongeant dans son livre. »

Les deux adultes passèrent ensuite un moment en silence. Severus était toujours plongé dans son livre et il sentait très distinctement le regard de sa Némésis qui faisait comme une brûlure à l'arrière de son crane sans interruption.

Cette sensation disparut cependant lorsque le regard de Sirius fut attiré par le bol rempli de chocolats qui était posé sur la table basse. Ses yeux s'illuminèrent aussitôt quand il reconnut la marque et il s'empressa de s'emparer de quelques friandises.

« Je ne t'ai pas permis de te servir, Black ! le réprimanda aussitôt le potioniste sans prendre la peine de se retourner. »

L'animagus l'ignora complètement et fourra l'un des chocolats dans sa bouche après avoir retirer le papier.

« Ces chocolats sont une tuerie ! s'exclama-t-il. Tu les as pris pour Scott et Valentin je suppose...

_ Qu'est-ce qui te fait dire ça ? grommela Severus entre ses dents.

_ Tu détestes ces chocolats ! pouffa Sirius. Tu préfères largement les chocolats de leur concurrent – même si, personnellement, je les trouves dégoûtants.

_ Et qu'est-ce que tu en sais, Black ?

_ … Je le sais c'est tout. »

Pas du tout satisfait par sa réponse, Severus se tourna vers son vis-à-vis et plongea un regard plutôt sévère dans le sien.

Il commençait à en avoir marre de tout ça ! D'abord ce qu'il préférait pour son petit-déjeuner, son déjeuner, son dîner, puis ses chocolats favoris et même les points érogènes de son anatomie ! Parce que même si Sirius n'en n'avait rien laissé paraître, il l'avait touché à des points particulièrement sensibles de son corps ! Et quelque chose lui disait que l'animagus ne l'avait pas fait au hasard et qu'il était tout à fait au courant ! Comment c'était possible était bien sûr la question qu'il se posait, mais il en était sûr. Et le fait que l'ex-détenu ne réponde à ses questions qu'avec des réponses évasifs lui tapait encore plus sur les nerfs...

« Qu'est-ce qu'il y a ? s'enquit Sirius en s'apercevant de la petite lueur de colère qui s'était brusquement allumée dans son regard sans raison valable.

_ Je trouve que tu en sais beaucoup à mon sujet, cracha Severus sur un ton qui se voulait détaché.

_ Et donc ?

_ … Je peux savoir comment tu sais tout ça ? lui demanda directement le potioniste. »

Le maître des potions était agacé. Sirius le sentait très bien et ça l'amusait beaucoup. Le petit sourire qui étira le coin de ses lèvres en était la preuve.

« Non, lui répondit simplement avant d'enfourner un second chocolat dans sa bouche. »

La mâchoire de Severus se crispa aussitôt.

« Je te déteste, finit-il par grommeler.

_ Je sais~, minauda Sirius. En tout cas, c'est très attentionné de ta part de penser à eux de cette façon... Surtout que théoriquement, ils n'ont pas le droit de rentrer dans tes appartements, si ?

_ Comme si tes fils en avaient quelque chose à faire ! grommela Severus. Avec le foutu caractère que tu leur as transmis... »

Pas le moins du monde vexé, le sourire de l'ex-détenu s'élargit.

« Tu fais comme mon futur mari..., fit-il remarquer en un souffle. »

Soudainement un peu mal-à-l'aise, Severus préféra ne faire aucun commentaire. Il s'apprêtait à se retourner et à se replonger dans son livre mais Sirius en décida autrement. Ainsi, profitant de l'effet de surprise, il s'empara vivement de l'ouvrage.

« J'étais entrain de le lire, Black ! le houspilla aussitôt Severus.

_ Non, tu étais entrain de faire semblant de lire, le corrigea moqueusement Sirius. »

Pris sur le fait, des rougeurs apparurent sur les joues de Severus.

« Je... je ne fais pas semblant..., nia-t-il.

_ Bah bien sûr ! s'esclaffa Sirius en souriant. Tu es sur la même page depuis que je suis arrivé ! Alors à moins que tu lises un mot toutes les dix minutes, tu fais semblant pour ne pas avoir à me regarder...

_ … »

Le sourire de Sirius s'élargit face à l'expression faciale de sa Némésis. Il semblait à la fois agacé, énervé et embarrassé et, encore une fois, ça l'amusait beaucoup.

Cependant, Severus préféra ne pas argumenter.

« Tu m'as l'air de t'être considérablement dessaoulé..., se contenta-t-il de faire remarquer.

_ Moui, ma tête est beaucoup moins... embrumée maintenant..., avoua l'ex-détenu.

_ Parfait ! s'exclama Severus avec un large sourire. Tu vas pouvoir retourner dans tes appartements !

_ Tu me mets dehors ?

_ Exactement, lui répondit sèchement le potioniste avant de lui reprendre vivement son livre des mains.

_ Okay, je rentre, capitula Sirius. Mais avant de partir..., je tiens à te présenter une nouvelle fois mes excuses pour... tout ce qu'il s'est passé à Poudlard. Encore plus durant notre dernière année et encore plus à la fin de l'année. Là j'étais vraiment... infecte !

_ … C'était à cause du mariage de Narcissa que tu étais autant sur les nerfs vers la fin ? s'enquit Severus.

_ Pardon ?

_ Narcissa s'est mariée pendant ces grandes vacances, si je me souviens bien. Et... tout le monde sait que ça ne t'enthousiasmait pas du tout !

_ Oh je... Je suppose que ça a joué un peu... »

Severus se rendit compte qu'il ne disait pas tout mais il n'insista pas.

Et il avait bien raison : Sirius lui-même savait que le mariage de sa cousine avait, certes, joué un rôle dans tout ça, mais qu'il n'était pas à la base de son éternelle mauvaise humeur. Mais il n'avait aucune idée de la raison pour laquelle il avait été dans un tel état. Il ne savait pas ou... il ne voulait pas savoir...

« En tout cas, reprit Sirius. Même si tu ne me pardonnes pas, j'espère que tu prendras en considération le fait de faire une sorte de... trêve. Au moins tant que les enfants sont là. Après tout, on vient bien de passer un moment plutôt agréable ensemble sans se crêper le chignon !

_ Parce que j'étais conciliant au vu de ton état d'ébriété.

_ Ça fait un moment que je ne suis plus en état d'ébriété et tu le sais, lui fit remarquer Sirius. Mais ça n'empêche pas que tu es toujours conciliant,

_ Ça ne va pas durer si tu ne dégages pas rapidement de mes appartements, siffla le potioniste. »

Sa brusque montée au créneau fit sourire Sirius – même si ce n'était pas l'effet recherché.

« Arrête de me regarder comme si j'étais un adorable enfant de 4 ans, grommela Severus entre ses dents.

_ Arrête de te comporter comme si tu étais un adorable enfant de 4 ans, rétorqua Sirius.

_ … Je vais finir par t'étrangler si tu n'arrêtes pas de me titiller de la sorte. »

Le sourire de l'animagus s'élargit.

« Quoiqu'il en soit, reprit-il, je pense que c'est une bonne idée. Et puis comme on va devoir coopérer de plus en plus ensemble par rapport à la guerre, autant essayer de s'entendre dès maintenant.

_ … On pourrait aussi tout simplement s'ignorer, proposa Severus. »

À ces mots, la mâchoire de Sirius se crispa un frisson glacé traversa son échine.

S'ignorer ?

La chose se mit aussitôt à grogner afin de manifester son désaccord.

« Je ne pense pas que ça puisse marcher, dit-il en déglutissant faiblement. On a l'habitude d'interagir ensemble dès qu'on est à proximité – même si c'est pour s'engueuler. À force de s'ignorer, je pense qu'on finira par imploser et que le résultat se transformera en pugilat. »

Les poings crispés, Sirius attendit patiemment la réponse du potioniste – comme son visage restait indéchiffrable. Réponse qu'il espérait être positive.

« Tu as sans doute raison..., finit par souffler Severus.

_ Alors...

_ Alors je vais y réfléchir, déclara Severus. Maintenant dégage de mes appartements ! aboya-t-il avant de se replonger dans son livre qu'il comptait bien réussir à terminer. Et donne-moi une réponse !

_ J'y travaille, lui promit l'ex-rouge et or. »

Un petit sourire sur les lèvres, Sirius prit la direction de la sortie, non sans avoir récupéré quelques chocolats au préalable.

« Si Valentin et Scott se plaignent au sujet des chocolats, je n'hésiterai pas à te pointer du doigt, Black ! le prévint froidement le potioniste alors que Sirius franchissait le seuil de sa porte en riant aux éclats. »

HPDMHPDM

« Non, je ne vais pas en parler ! répéta Ron pour la énième fois en levant les yeux au ciel. Arrêtez d'insister, putain de merde ! »

Le rouquin venait de sortir du cours de Sort et Enchantement en compagnie de ses amis qui lui prenaient sérieusement la tête depuis la veille.

« Mais pourquoi ?! insista Seamus.

_ Parce que c'est privé ! rugit Ron. Je vous en pose des questions sur votre vie sexuelle, moi ?

_ Eh bien si tu veux tout savoir avec Dean hier soir on...

_ Ew ! Je ne veux pas le savoir ! se lamenta Ron en plaquant aussitôt ses mains sur ses oreilles.

_ Mais nous on veut des détails ! le pressa Dean. Tu sors avec le Second Apollon de Poudlard ! Malgré tout, ses conquêtes sont majoritairement hors de Poudlard alors vu qu'on t'a sous la main...

_ Non ! refusa fermement le rouquin. Je ne dirai rien ! C'est privé et je trouve ça dégoûtant que vous soyez si... intéressés !

_ Tu sors avec le Second Apollon de Poudlard ! répéta Harry.

_ Et tu sors avec le dieux du sexe de Poudlard ! rétorqua Ron. Pourtant, on t'en a posé des questions ?

_ Toi non, mais les autres oui !

_ Et tu y as répondu peut-être ?

_ Bah oui ! Entre amis, on partage tout !

_ Et bien je ne partagerai pas mon petit-ami avec vous ! s'énerva Ron.

_ Mais il est bâti comme une joueur de Quidditch professionnel et la rumeur dit que le contenu de son pantalon vaut le détour et qu'il est un dieu au lit ! argumenta Neville. Je suis hétéro mais je dois avouer que, même moi, je suis curieux... »

Des plus exaspéré, Ron leva les yeux au ciel pour la énième fois.

« Mais qu'est-ce que ça va vous apporter de savoir, hein ? Ça change quoi à votre vie ?

_ Plus de détails pour étoffer leurs fantasmes ? »

Les six adolescents se tournèrent vers la voix féminine qui s'était élevée dans leur dos.

« Ginny !? s'offusqua Ron.

_ Bah quoi c'est vrai ! se justifia la rousse en se joignant à eux. Avec des détails, leurs fantasmes seront bien plus réalistes...

_ Ils ne fantasment pas sur mon petit-ami ! réfuta Ron.

_ Oh pitié ! Tout le monde fantasme sur Blaise ! »

Incrédule, Ron tourna aussitôt son attention sur ses amis afin de les encourager à réfuter les accusations de sa petite-sœur mais – à part Neville – tous arboraient une petite mine coupable...

« Hermione ? s'enquit-il en se posant sur elle un regard plein d'espoir. »

Mais la brune ne put que hausser les épaules et faire une petite moue en guise d'excuse.

Aussitôt, le visage du rouquin se déforma dans l'horreur et le dégoût.

« Ew ! Les gars franchement vous... EW ! »

Sur ces derniers mots, Ron allongea sa foulée afin de distancer rapidement ses amis.

« C'est le Second Apollon de Poudlard ! se justifièrent-ils en chœur.

_ C'est pas une raison ! objecta Ron. »

La tête rentrée dans ses épaules, le rouquin était si énervé qu'il ne fit pas très attention à ce qui se trouvait devant lui. De ce fait, il ne vit pas son amoureux qui venait vers lui avec un large sourire et il lui rentra dedans de plein fouet.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? s'enquit aussitôt Blaise en avisant de la petite mine de son petit-ami.

_ Tous mes amis sont des pervers, grommela Ron entre ses dents.

_ Ah oui ?

_ Oui. Et apparemment, tous les élèves de Poudlard ayant fait leur puberté fantasment sur toi la nuit ! Tu le savais toi ?

_ Bien sûr que tout le monde fantasme sur lui ! Il est super sexy, répondit Draco d'une voix traînante bien que ses yeux gris soient rivés sur le brun qui se trouvait à quelques mètres en face de lui et qui s'avançait vers lui avec un sourire grivois.

_ Et ça ne te dérange pas ? demanda Ron à son Serpentard. De savoir que tous ces gens pensent à toi, qu'ils t'imaginent nu et dans des positions diverses, qu'ils se servent de ton image pour assouvir leur tendance peut-être très pervers et dérangé ?

_ Euh... Je dois avouer que je n'y ai jamais pensé, lui répondit Blaise en passant tendrement ses bras autour de la taille de son roux. Je me moque assez de ce que font les gens dans leur sommeil. Et puis ce n'est pas comme si je pouvais y faire quelque chose...

_ Oui, mais si tu y penses bien, si quelqu'un comme Jérémy Andrew, qui est un pervers et un tordu reconnu, fantasme sur toi la nuit, ce doit sûrement être pour des choses très...

_ Ron, l'interrompit brusquement Blaise, si tu veux que je tienne ma promesse de ce matin et qu'on se fasse un deuxième round ce soir, arrête de parler. »

Comprenant qu'il était entrain de mettre des images plus que sordides dans la tête de son petit-ami, Ron eut la décence de rosir avant de déposer un doux baiser d'excuse sur les lèvres du basané. Lorsqu'ils se décollèrent enfin l'un de l'autre, Harry, Dean, Seamus, Neville, Hermione et Ginny les avaient déjà rejoint, et Harry et Hermione étaient déjà en pleine séance de retrouvaille avec leur amant respectif.

Une fois ses petites affaires terminées, Harry posa un regard pétillant et malicieux sur son meilleur ami et ouvrit la bouche pour dire quelque chose.

« Non Harry ! s'exaspéra Ron en roulant des yeux. Non.

_ Mais..., gémit le brun en posant un regard suppliant sur Blaise.

_ Non ! répéta fermement Ron en repérant son regard à l'intention de son amoureux. Blaise, la réponse à sa demande est non ! insista-t-il en plongeant son regard dans le sien. Ne fais pas attention à ses yeux larmoyant !

_ Okay..., dit lentement le basané. Est-ce que... je peux quand même savoir quelle est sa demande ?

_ La taille de ton sexe en érection afin que ses fantasmes soient plus précis, grommela Ron dans sa barbe en dardant un regard accusateur sur son meilleur ami qui ne ressentit pas une once de culpabilité.

_ 'Ry, tu fantasmes sur moi~ ? minauda le basané avec un sourire lubrique.

_ … De temps en temps~, admit le brun avec le même sourire.

_ Harry ! le rabroua aussitôt Draco.

_ Calme-toi, tu es là aussi ! le rassura Harry.

_ Vraiment ? s'interrogea le Prince des Serpentard, brusquement curieux.

_ Hum, hum.

_ Et qu'est-ce qu'on fait ?

_ Hum... La question la plus adaptée serait : qu'est-ce que Blaise te fait~...

_ Oh..., fit Draco alors que ses yeux se mettaient à pétiller de lubricité.

_ EW ! s'horrifia Ron alors que les deux adolescents partaient dans leur monde bien à eux. C'est répugnant !

_ Oh c'est bon Ron ! dédramatisa Ginny. Tout le monde a déjà fait un fantasme à propos d'un threesome avec Blaise et...

_ EW ! Ginny, arrête avec ça ! Par pitié, arrête ! Je n'arrive pas à croire que ma petite-sœur a un esprit aussi dévergondée, grommela-t-il entre ses dents.

_ Mais tu sais...

_ Gin', arrête de traumatiser ton frère, l'interrompit doucement Blaise. »

Le basané ne put s'empêcher de sourire en notant la petite mine paniquée et dégoûtée de son petit-copain et, alors que Seamus ouvrait la bouche pour enfoncer le couteau dans la plaie, il s'empressa d'attirer son roux vers le prochain cours.

« Non mais tu te rends compte de ce qu'ils font ? gémissait le Gryffondor. C'est dégoûtant ! Tu t'imagines toi et Malfoy entrain de...

_ Ron, pense à ma promesse et arrête d'implanter des images sordides dans mon esprit. »

Alors qu'ils regardaient le couple s'éloigner et qu'ils leur emboîtaient lentement le pas, les huit adolescents restant ne purent empêcher un sourire moqueur d'étirer le coin de leurs lèvres. Décidément, le rouquin n'était pas arrivé au bout de ses peines !

« C'est quoi notre prochain cours ? s'enquit Ron une fois qu'il eut fini de se plaindre en posant ses mains sur celles de son amoureux qui se trouvaient autour de la taille.

_ Mmm, divination, lui répondit Blaise en titillant le pavillon de son oreille du bout des lèvres. »

À ces mots, Ron se crispa aussitôt et, même s'il ne pouvait pas voir son visage, Blaise savait qu'il avait perdu toute couleur, que sa mâchoire s'était serrée et qu'un voile de tristesse avait recouvert ses yeux.

Le Serpentard se retint avec grande peine de laisser un bruyant soupir d'exaspération de franchir la barrière de ses lèvres. Et voilà que son rouquin se remettait en monde dépression ! Et même si sa petite mine tristounette était à croquer, Blaise était très ennuyé parce qu'il savait parfaitement qu'il ne réussirait pas à lui remonter le moral. Pas alors qu'il savait que la raison pour laquelle son Lion était si déprimé était la même que celle pour laquelle il avait été déprimée un peu avant l'arrivée de leur parent. Comme ça avait un peu été le bordel après ça, Ron l'avait occlue dans un coin de sa tête mais maintenant que les choses s'étaient tassées, apparemment il était de nouveau envahi par ses sombres pensées. Et il n'y avait rien que Blaise puisse faire. Il avait déjà harcelé son petit-ami à ce sujet avant sans obtenir aucune réponse satisfaisante et il était sûr qu'il n'allait pas en savoir plus maintenant. Cependant, il décida de retenter sa chance :

« Ron de quoi est-ce qu'il s'agit ? lui demanda-t-il d'une voix douce. »

Malgré toute la gentillesse qui ressortait de la voix et de l'attitude du basané, il put clairement sentir Ron se tendre dans ses bras – signe qu'il savait très bien que derrière ses manières, il était déterminé à lui tirer les vers du nez.

« C'est rien Blaise, lui répondit-il précipitamment. »

Bien sûr, il n'en crut pas un mot. Un peu renfrogné, Blaise ne se démonta pas et il força Ron à s'arrêter dans ses pas et à lui faire face. Forcément, le rouquin fit de son possible pour éviter son regard mais le Serpentard ne s'avoua pas vaincu. Il glissa ainsi son index sous son menton, le força à lever la tête vers lui et il plongea ses yeux miels dans les siens. Comme d'habitude, le corps de Ron fut aussitôt traversé par d'agréables frissons et il commença à se sentir tout chose... Merlin que le rouquin avait hâte de s'habituer un peu plus à la présence de son amoureux à ses côtés pour qu'il puisse arrêter de réagir aussi stupidement à chaque fois qu'il le regardait avec un peu trop d'intensité !

Bien sûr, Ron essaya de détourner le regard mais Blaise ne le laissa pas faire et il se saisit de son visage en coupe entre ses mains.

« Ce n'est pas rien, le détrompa-t-il. Tu t'inquiètes pour la même chose qu'avant l'arrivée de nos parents et... »

Ron se dégagea brusquement de l'emprise de son petit-ami et recula de plusieurs pas.

« Je vais bien ok ? »

Suite à ces mots, le Gryffondor prit la direction de la tour de divination d'un pas décidé.

Blaise poussa un soupir las avant de se tourner vers ses amis qui semblaient tout aussi déboussolés par le comportement du roux. Tous... à l'exception d'Hermione. Elle regardait Ron comme si... comme si elle avait beaucoup de peine pour lui et qu'elle s'en voulait de ne rien pouvoir faire pour l'apaiser. Blaise ne le vit qu'une demi-seconde avant qu'elle ne se reprenne mais ça suffit pour lui faire comprendre qu'elle en savait long sur la raison de la détresse de son ami.

La Lionne dut le voir dans le regard du Second Apollon de Poudlard car son regard devint brusquement fuyant et elle s'empressa de s'excuser auprès de ses amis et de prendre la direction du cours d'Arithmancie en espérant que d'ici la fin du cours de divination, Blaise n'y penserait plus.

Mais bien sûr, Blaise n'oublia pas.

Ni après le cours de divination, ni après le cours de botanie que les Serpentard partageaient avec les Serdaigle, ni après le déjeuné. Ron, quant à lui, avait chassé ses sombres pensées dans un coin de sa tête d'autant plus rapidement que Blaise ne lui en avait plus reparlé. Mais l'attention du basané était restée rivée sur Hermione. La Lionne était suffisamment intelligente pour le savoir et elle fit donc de son mieux pour éviter le Serpentard. Seulement, Blaise était très déterminé à la coincer. Et il y arriva finalement lorsque la jeune femme sortit des toilettes pour femme avant le dernier cours de la journée. Pour être honnête, il l'avait entendue dire à Théodore qu'elle voulait passer au toilette au risque d'avoir à demander à sortir au milieu du cours. Il l'avait suivie quelques minutes après qu'elle se soit éclipsée et il avait tranquillement attendu qu'elle sorte.

« Merlin ! s'écria-t-elle en le voyant. Tu m'as fait une peur bleue Blaise ! Qu'est-ce que tu fais là ?

_ Je t'attendais, lui répondit tranquillement le Serpentard en lui emboîtant le pas quand elle se dirigea vers leur prochain cours d'un pas rapide.

_ Ah oui ? minauda Hermione. Et pourquoi ? »

Un sourire typiquement Serpentard étira les lèvres de Blaise.

« Hermione, épargne-moi ça, tu veux ? Tu es une femme intelligente, je suis un homme intelligent et on sait aussi bien l'un que l'autre que j'ai cherché à être seul avec toi depuis le début de journée et que toi, tu t'es entêtée à m'éviter.

_ …

_ Bien, maintenant qu'on est d'accord sur ce point, on va pouvoir parler de ce qui m'amène...

_ Et qu'est-ce qui t'amène ?

_ Tu sais très bien qu'est-ce qui m'amène Herm'. Ron est très bizarre. Il ne veut pas me dire pourquoi, mais toi tu le sais, alors je veux que tu m'en dises plus à ce sujet. »

Sa demande était très claire et Hermione savait qu'il était inutile d'essayer de nier.

La Lionne poussa un petit soupir las avant de s'arrêter et de plonger ses yeux dans celui de son vis-à-vis.

« Tu devrais en parler avec Ron, lui dit-elle simplement avant de se remettre à marcher.

_ Alors tu sais bien de quoi il en retourne, marmonna-t-il entre ses dents.

_ Tu devrais en parler avec Ron, répéta Hermione.

_ Herm'...

_ Écoute Blaise, je sais que tu t'inquiètes beaucoup pour Ron et que tu veux que son bien mais je ne veux pas me mêler de ça. Les choses commencent tout juste à redevenir... un tantinet normal entre Ron et moi et je ne veux pas tout gâcher. Même si tu es vraiment un bon ami à moi.

_ … Je comprends, souffla Blaise après un silence. Mais tu comprendras que je ne peux pas juste... en rester là alors que quelque chose de grave grignote l'amour de ma vie de l'intérieur ! Alors... - il poussa un profond soupir - Tu sais quoi ? Laisse tomber. Tu as raison je... je n'ai aucun droit de te demander de sacrifier ta nouvelle relation avec Ron pour un secret qu'il t'a demandé de garder...

_ Blaise je...

_ Non, ce n'est pas grave. Tu n'as pas besoin de te justifier... »

Hermione se tourna vers son ami et quand elle vit sa mine grave et très inquiète, elle sentit une pointe de culpabilité lui serrer le cœur.

Le Serpentard semblait tellement triste !

« Parles-en avec Ron, insista-t-elle. »

Blaise ricana froidement.

« Comme s'il allait me dire quoique ce soit... »

Hermione ouvrit la bouche pour rétorquer mais les mots s'étranglèrent dans sa gorge quand elle vit que le Serpentard était déjà parti dans ses pensées.

C'était juste qu'il ne comprenait rien à toute cette histoire !

Ron portait son fardeau avant même la venue de leurs parents mais avec tout ce qu'il s'était passé, il avait semblé avoir un peu oublié à ce propos donc Blaise aussi. Mais maintenant que les choses allaient mieux, le fardeau du Lion était revenu à la charge. À chaque fois qu'ils allaient en cours de divination il...

Comme frappé par une illumination, Blaise laissa ses pensées en suspens pendant quelques instants avant de revenir au fameux cours de divination où Trelawney avait fait sa prédiction. Ils avaient tous été très secoués après coup mais ils avaient tous commencé à se remettre quelques temps après – l'arrivée de leurs parents ayant beaucoup aidé pour leur changer les idées. Mais après réflexion, il était vrai que Ron... Ron avait été plus affecté par ça que le reste d'entre eux. Et il s'était remis plus lentement qu'eux. Blaise avait été tellement préoccupé par l'état de son amoureux qu'il ne s'était pas trop penché sur les circonstances. Après tout, comme ils s'étaient tous dit qu'ils ne regarderaient pas le fond de la tasse...

Le basané sentit sa bouche s'assécher brusquement. Et alors qu'il fut envahi par un horrible pressentiment, il eut l'impression d'une ancre le prenait aux tripes ce qui lui donna une violente nausée.

Comme ils s'étaient tous dit qu'ils ne regarderaient pas le fond de la tasse, Blaise n'avait pas pensé que c'était peut-être la seule chose qui trottait dans la tête de son rouquin mais... Et si Ron avait regardé ?

Le visage du Serpentard devint très grave et fermé.

« Il y avait la première lettre de mon prénom dans la tasse, n'est-ce pas ? demanda-t-il brusquement à Hermione, voulant en avoir le cœur net. »

La Lionne se tourna vers lui avec surprise et elle fut instantanément comme capturée par les yeux miels dures et intransigeant qui lui faisait face.

Sa gorge devint aussi si sèche qu'il lui était impossible de prononcer le moindre mot mais ça n'avait aucune importance. Blaise n'attendait pas de confirmation de sa part car il savait pertinemment qu'il avait visé juste.

Mal-à-l'aise, Hermione réussit finalement à se soustraire au regard perçant de son ami.

« Tu devrais parler de tout ça avec Ron, dit-elle une fois qu'elle eut retrouvée sa capacité à parler.

_ … J'y compte bien. »

Et cette fois-ci, il n'allait pas se contenter d'un ''ce n'est rien'' marmonné dans sa barbe.

Sur ces derniers mots, leurs amis apparurent dans leur champ de vision et ils s'arrêtèrent net dans leur discussion.

HPDMHPDM

Les débuts entre Severus et Sirius furent plutôt timides.

Bien sûr, ce ne fut pas Severus qui fit le premier pas ! Non, il prit bien soin de rester soigneusement de son côté et ce fut Sirius qui prit la décision de voir si le potioniste avait ou non accepté sa proposition de trêve quelques jours plus tard.

Depuis un bon moment, il avait pris l'habitude de déposer le petit-déjeuner de sa Némésis dans ses appartements très tôt le matin afin de pouvoir partir sans la croiser. Et puis il se doutait également que le potioniste faisait exprès de rester cloîtré dans sa chambre tant qu'il savait qu'il était là...

En tout cas, ce matin-là, Sirius vint un peu plus tard et il fit exprès de s'attarder un peu. Il prit son temps pour tout mettre en place, chipa quelques chocolats dans la foulée, regarda un peu autour de lui... Mais pourtant, quand il posa les yeux sur l'horloge pour la cinquième fois, il n'y avait toujours aucune trace du potioniste. Avait-il décidé de rester dans sa chambre et de continuer à l'ignorer ?

L'animagus flâna encore un moment avant de baisser les bras. Il était sur le point de prendre la direction de la sortie quand la porte de la chambre s'ouvrit finalement pour laisser passer sa Némésis. Elle sortait visiblement de la salle bain et était habillée simplement d'un pantalon noir et d'une chemise de couleur clair. Elle ne lui accorda pas un seul regard quand elle prit place sur une chaise près de la table.

« Bonjour Severus, le salua poliment Sirius. »

Il n'eut pour toute réponse qu'un haussement de sourcil.

« Bon appétit. »

Ce fut les derniers mots qu'il lui adressa avant de prendre la direction de la sortie. Il ne voulait pas non plus pousser le bouchon trop loin, déjà que Severus ne s'était pas énervé contre lui...

« Et arrête de manger ces chocolats, ils ne sont pas pour toi ! le houspilla néanmoins Severus alors qu'il franchissait le seuil de la porte. »

xx

Ce très court échange avait suffi pour répondre à la question de Sirius : Severus acceptait bel et bien sa proposition.

Conforté dans sa démarche, Sirius poursuivit ses approches timides dans les jours suivants. Le croisant autant que possible dans ses appartements sans trop le coller, le saluant brièvement dans les couloirs... Leur relation avait définitivement pris un tournant plus... calme. Bon, ils n'étaient pas encore les meilleurs amis du monde et ils étaient encore loin de se donner des grandes claques dans le dos mais au moins ils avaient cessé de se crêper le chignon à toute occasion. Et comme ils ne s'ignoraient pas non plus, Sirius n'était pas... frustré et tout se passait pour le mieux !

Bien sûr, leur brusque changement de comportement n'avait pas échappé à leur entourage qui en était plus que ravie.

« Est-ce que tu vas lui dire toute la vérité ? »

Surpris par la soudaine prise de parole, Valentin sursauta vivement.

« Tu m'as fichu la trouille Rem' ! se plaignit-il.

_ Pardon, s'excusa le concerné. Apparemment, c'est quelque chose que je fais souvent avec ta famille... »

Le lycanthrope s'appuya ensuite sur la même rambarde que lui et en jetant un regard en contrebas, il put voir son meilleur ami en compagnie de Severus. Les deux adultes parlèrent très brièvement avant de se séparer.

« Les choses vont de mieux en mieux entre eux, constata-t-il.

_ Oui, ils font tous les deux de gros efforts, enfin surtout mon Daddy, confirma Valentin.

_ Hum..., il est presque trop content de laisser tomber leur animosité pour la remplacer avec quelque chose de plus... doux.

_ C'est pas faux, confirma le Serpentard.

_ Alors tu vas lui dire toute la vérité ? lui redemanda Remus.

_ Hum... Je ne pense pas. Les choses se passent si bien et si naturellement entre eux que... peut-être que... eh bien...

_ Peut-être que Sirius finira par accepter la vérité au sujet des sentiments qu'il éprouve pour ton Papa ? »

Valentin haussa les épaules.

« C'est possible tu ne crois pas ? Mais si je lui dis tout avant qu'il ne s'en rende compte, il risque de tout refouler en bloc et la situation va encore s'embourber ! Et comme ce n'est pas mon Papa qui va faire avancer quoique ce soit... »

Un léger sourire se dessina sur le visage du lycanthrope.

« Tu as sans doute raison, il vaut mieux attendre. Et puis s'il finit vraiment par accepter ses sentiments, la nouvelle de leur futur mariage ne pourra que lui faire plaisir ! »

Valentin opina en silence.

« Sinon... Comment va Christopher ? s'enquit-il.

_ Mieux. Beaucoup mieux. Son cœur est toujours brisé mais il se remet doucement... »

Un sourire soulagé se dessina sur les lèvres de Valentin.

« Tant mieux, souffla-t-il. James se sent tellement coupable ! »

L'expression douloureuse du ténébreux serra le cœur du lycanthrope dans sa poitrine.

« Ce n'est pas ta faute, lui dit-il d'une voix douce en posant une main qui se voulait réconfortante sur son épaule. Ni celle de James. Et puis comme je l'ai dit précédemment, il va beaucoup mieux à présent ! Grégory aussi par ailleurs !

_ Et tout ça grâce à Killian ! ajouta Valentin avec un petit sourire au coin de lèvres.

_ Hun. C'est vraiment quelqu'un d'incroyable...

_ Il est sûr que la personne qui finira par le prendre dans ses filets aura beaucoup de chance ! »

Suite à ces derniers mots, Remus se plongea dans ses pensées.

Voyant qu'il avait l'air un peu perdu, Valentin hésita à le ramener sur Terre mais quelque chose dans le visage de son vis-à-vis lui déconseilla de le faire. Sa réflexion semblait être importante...

Du coup, après quelques mots, il tourna les talons. Ça faisait déjà trois heures qu'il n'avait pas vu son petit-ami et ce dernier commençait sérieusement à lui manquer.

HPDMHPDM


J'espère que ce chapitre vous a plu ! Je m'excuse pour le retard mais j'ai été pas mal occupée cette semaine et je me suis rendue compte qu'il restait beacoup de fautes d'orthographes.

En tout cas, n'hésitez pas à le commenter ;)

Prochain chapitre : J'aimerais bien le poster à la fin du mois d'août entre le 29-31, mais comme je pars demain en vacance, que je n'ai pas terminé d'écrire le chapitre suivant et que je n'aurais pas accès à internet, je ne peux rien vous promettre ^^'

Je posterai des infos sur mon profil quand je reviendrai sur Paris.

Bonne vacance à tous ! ;)