Un peu de douceur?
Le bal du mariage
Elliot et Felicity tardèrent un peu à rejoindre les convives et marchaient dans le parc d'un pas lent, leur mains se frôlant discrètement à chacun de leurs pas. Ils profitaient de cet instant où ils étaient encore les seuls à savoir. Lorsqu'ils prient la direction de la salle de bal, la musique qui retentissait annonçait que les danses avaient déjà débutées.
- Miss Darcy, m'accorderez-vous les deux premières danses?
- À une seule condition, Mr Bennet.
Elliot leva un sourcil en la regardant.
- Une condition?
Felicity lui fit un petit sourire taquin.
- Plus de Mr et Mrs entre nous.
Elliot afficha un large sourire.
- Soit, j'accepte, Felicity.
Cela l'émotionnait quelque peu de l'appeler ainsi pour la première fois.
- My sweet Felicity, my dear Felicity.
Continua-t-il tout bas afin qu'elle soit la seule à l'entendre.
Elle sentit alors une vague de frissons s'emparer d'elle à ces mots si tendres.
Le bal ne fut pas sans leur rappeler celui dans cette même salle, presque un an plus tôt. Ils n'étaient alors pas dans les mêmes dispositions ni dans le même état d'esprit.
Ils entamèrent la première danse en essayant de maintenir une certaine distance et une certaine contenance, mais il leur fut difficile de lâcher leurs mains gantées lorsque la danse le réclamait ou de ne pas se dévorer des yeux lorsqu'ils échangeaient de partenaires.
La seconde danse troubla encore plus la cavalière lorsqu'il lui glissa entre deux pirouettes un « Je vous aime » à l'oreille. Elle faillit en perdre l'équilibre de surprise et de ravissement. Il la rattrapa à temps avant qu'elle ne chute, ce qui fit s'écrier quelques invités proches d'eux. A la fin, ils se saluèrent poliment et allèrent se désaltérer chacun de leur côté.
Andrew réclama ensuite les deux prochaines danses à sa cousine, ce qui lui permettait discrètement de lui demander comment avançaient ses histoires de cœur. La réponse qu'il reçu fut aussi concise qu'enrichissante.
De son côté, Elliot invita Lady Helen après que celle-ci ait quitté à regret la main de Christopher
- Le bal est-il à votre goût, Mylady?
- Délicieux, Mr Bennet. Et vous?
- Tout autant, dit-il avec un sourire.
Après cette danse, il rejoignit Lysander resté seul sur le côté.
- Vous ne dansez pas, Lysander?
- Si, j'attends juste mon tour, ma cavalière est encore sur la piste.
Elliot lui sourit. Si sa mauvaise aventure l'avait fortement assagit, son goût pour la danse et de la coquetterie ne l'avaient pas quitté. George vint se mettre à côté d'Elliot et Lysander alla réclamer la danse à sa cavalière. George et Elliot le regardèrent partir vers les autres danseurs.
- Votre frère Lysander est bien agréable. Il est dommage qu'il ne puisse pas faire d'études.
- Je le déplore aussi. Peut-être devrais-je convaincre mes parents de lui laisser sa chance. Réfléchit Elliot.
George affirma que le mariage de leur frère était une réussite et ajouta:
- Ce bal distrait bien ma sœur, je ne l'ai pas vu si enjouée depuis longtemps.
George était pensif en regardant Andrew danser avec elle. Elliot ne sût quoi répondre.
- Il me semble que votre compagnie n'y est pas étrangère.
- Oh, merci Mr Darcy!
- Ma sœur est la personne la plus chère à mes yeux Mr Bennet, et je ne supporterai pas qu'on puisse lui faire du mal.
- Telle n'est pas mon intention, monsieur.
- C'est ce que j'ai cru deviner. Voyez-vous, elle a croisé il y a quelques mois un homme qui l'a fortement blessée. Heureusement pour lui, je ne sais pas encore de qui il s'agit. Mais je finirai bien par trouver.
Cette phrase glaça immédiatement le sang d'Elliot qui se dit que l'entente avec son futur beau-frère commençait plutôt maladroitement.
De l'autre côté de la pièce, Mr Bennet admirait Lord Andrew, dont il venait seulement d'apprendre le degré de noblesse et de richesse, et se vantait auprès d'autres convives des excellentes relations de ses fils. Fatiguée de toutes ces discours, Mrs Bennet pria son fils Kyle de la distraire en la faisant un peu danser.
Lady Helen, étourdie de ses danses s'éclipsa sur la terrasse et Christopher s'empressa de la suivre discrètement. Felicity le vit et se mit à sourire.
- Allez-vous bien Mylady? Fit Christopher, un peu inquiet.
- Oui, j'ai juste un peu la tête qui tourne, je vous remercie. Peut-être trop de danse... ou d'émotions.
- Voulez-vous marcher un peu? Il fait encore assez clair.
- Volontiers Mr Lucas.
Il lui tendit galamment son bras pour l'aider à descendre les quelques marches qui menaient au jardin. Ils marchèrent un moment sans oser se parler. C'était la première fois qu'ils se retrouvaient complètement seuls. Christopher prit une grande inspiration et une bonne dose de courage avant de lui parler:
- Lady Helen, je sais que nous nous connaissons peu et que tout dans nos vies nous opposent mais je ressens entre nous une entente et une connivence qui m'est des plus agréables. Consentez-vous à ce que je vous fasse la cour?
- Je l'accepte, fit Helen et elle ajouta pour le dérider: Et j'attendais que vous me le demandiez. Malgré elle, ses joues s'empourprèrent ce qui fit fondre encore plus son prétendant.
- Vous m'en voyez heureux!
Un silence passa à nouveau, le temps que chacun se remette de ses émois.
- Lady Helen, je sais que vous rentrez bientôt, aussi pourrai-je avoir l'audace d'espérer la permission de vous écrire?
Helen sourit à cette demande et repensa à Miss Bingley qui l'avait prise avec le succès que l'on connaît.
- Vous pouvez avoir l'audace, Mr Lucas. Vous pouvez avoir l'audace, l'espérance et même ma permission! Taquina-t-elle.
Christopher lui sourit en retour.
- Vous êtes une femme extraordinaire, Lady Helen, et je suis plus que flatté que vous m'ayez remarqué.
- Moi de même Mr Lucas. Vous m'avez vu sous mon plus mauvais jour au printemps dernier et pourtant vous m'avez toujours abordée avec sincérité et compréhension. Rare sont les hommes comme vous, honnêtes, patients et travailleurs.
Il retournèrent un peu plus tard au bal en espérant que leur absence ne se soit pas remarquée et dansèrent avec d'autres partenaires afin de ne pas attirer les commérages.
Felicity aurait bien apprécié un nouveau instant d'intimité avec son fiancé mais il y avait à Netherfield en ce jour bien trop d'yeux et de bouches indiscrètes. Il convinrent, avant de se quitter, de trouver une opportunité le lendemain pour annoncer ensemble leurs fiançailles.
