Chapitre 52 : Carpe Diem écrit le 25/08/2005 réécrit le 23/07/06
Bien qu'il soit assez content d'avoir remporté cette bataille avec Geoffrey, Harry se rappela rapidement l'objet de sa venue et regretta d'avoir débarqué à nouveau dans la vie de la jeune fille aussi brutalement. Après tout, il savait qu'il n'y avait qu'une chance infime qu'elle veuille toujours de lui et puis, tout ce qu'il souhaitait en fin de compte était qu'elle soit heureuse. Il se surprit alors à penser qu'il était peut-être égoïste de croire qu'il serait celui qui y arriverait réellement et que ce Geoffrey était finalement le véritable homme de sa vie. Qui était-il pour débarquer ainsi et attendre qu'elle plaque tout pour lui ?
Voir la douceur
revenir dans les yeux de son ex petite amie lui fit alors comprendre
que quoiqu'il arrive, après ce soir, il n'aurait plus rien
à regretter et son cœur se soulagea d'un minime mais
appréciable poids.
- Ginny, je ne veux pas te créer
de problèmes, tu sais…
- Tu es très élégant,
Harry, coupa Ginny qui ne voulait apparemment pas aborder le sujet
« Geoffrey » avec lui.
- Oh, s'étonna-t-il.
Heu, merci, dit-il en se regardant tout bêtement.
- Ce n'est
pas grave au moins ? Demanda alors Ginny suspicieuse.
- Grave ?
Quoi ?
- Ce que tu as à me dire !
- Ah, heu non,
répondit-il avec un léger rire nerveux.
- Alors je
t'écoute Harry, qu'as-tu à me dire ?
Harry
respira alors profondément pour la deuxième fois de la
soirée. Il savait qu'il ne pouvait plus reculer maintenant
et qu'il devait tenter le tout pour le tout. Il devait le faire. Il
essaya alors de rassembler tous les arguments qu'il avait pourtant
gravés mille fois dans sa mémoire en l'attendant,
puis déglutit et se lança.
- Ginny, je…, enfin
j'ai réalisé que tu me manques. Je…, je me suis
rendu compte que…, que je ne voulais pas te perdre et que tu es
trop importante pour moi, parvint-il à dire malgré son
état d'anxiété.
- Mais on sera toujours
amis Harry ! Répondit assez normalement Ginny avec un sourire
qu'Harry savait hypocrite.
- On n'a jamais été
amis Ginny. D'aussi loin que je me souvienne, on s'est toujours
tourné autour, toi plus que moi si ma mémoire est
bonne, argumenta-t-il avec une petite anecdote à la fin qui ne
fit rire que lui.
- Harry, que veux-tu me dire ? Insista Ginny
tout en regardant derrière elle, un Geoffrey qui n'avait pas
bougé d'un pas.
- Je suis venu te dire que…soupira
Harry, que je tiens beaucoup à toi.
- Mais moi aussi Harry
! Moi, aussi ! Mais c'est…
- Ginny… je t'aime, la
coupa-t-il tout en la regardant droit dans les yeux avant de
constater que le visage assez tendre de la rousse virait au rouge
colère.
- Tu n'as pas le droit Harry ! Tu n'as
pas le droit de me laisser choir autant de temps et de venir ici, et
surtout maintenant que j'ai quelqu'un, pour me dire que tu
m'aimes. Tu es injuste. Tu joues avec mes sentiments et mon cœur
Harry ! Non, tu n'en as pas le droit ! Hurla Ginny avec
toutes ses forces.
- Je sais, avoua-t-il. Je sais que je
t'ai fait souffrir, confirma Harry tout en regardant vers le sol.
-
Tu m'as ignoré pendant des mois entiers et maintenant tu te
rends compte que j'existe ? Reprit-elle sans en démordre.
-
Je n'ai pas d'excuses, Ginny…
- Et tes soit disant raisons
que tu me sortais, il y a un an, ici même Harry, elles se sont
mystérieusement envolées ? Tu te souviens ?
Parce que moi, je m'en souviens, elles résonnent dans ma
tête depuis tout ce temps et m'empêchent de vivre et de
dormir normalement depuis ! On ne pouvait pas être
ensemble parce que tu devais rester concentré sur ta mission,
sur ton combat. Je te site Harry ! Ce sont tes mots! Tu n'as
pas le droit de retourner si facilement ta veste et d'exiger une
réponse positive avec juste un « je t'aime »
! Ajouta-t-elle comme si elle sortait enfin ce qu'elle avait sur le
cœur et qu'elle se refusait de lui dire tout en entendant les
derniers mots se répéter inlassablement dans sa
tête.
Ginny se mit alors à pleurer et se blottit
involontairement dans les bras d'Harry qui les resserra
automatiquement avec vigueur comme s'il ne voulait plus qu'elle
les quitte. Seulement, la voir pleurer était dur à
supporter pour lui. Encore une fois, il n'avait pas su trouver les
mots pour lui faire comprendre tout l'amour qu'il ressentait pour
elle et au contraire, il l'avait fait pleurer. Cela devenait une
habitude qu'il ne supportait pas et il regretta finalement d'être
venu gâcher sa soirée.
- Je te demande pardon, Ginny.
Je ne te mérite pas. Geoffrey a raison, je n'avais pas le
droit de venir ce soir. Je ne te dérangerais plus jamais, je
te le promets, ajouta-t-il en regardant Geoffrey bouillir de la voir
pleurer mais surtout dans les bras de son ex. Ginny, va le rejoindre
et soit heureuse.
Il se détacha alors d'elle et commença
à reculer pour la laisser là, sur place. Geoffrey en
profita pour la rejoindre et c'est avec un pincement énorme
au cœur qu'il repartit dans la direction opposée.
Seulement, tel un geste désespéré et
complètement fou à ses yeux, il se retourna.
-
Ginny, je voulais te dire que je suis venu parce que je ne peux pas
m'imaginer vivre sans toi une minute de plus. Je t'aime et je ne
peux me résoudre à te perdre pour toujours. Oui, il y a
des risques, oui, je sais que je peux te perdre à chaque
instant parce que tu seras une cible idéale pour mes ennemis,
mais vivre sans toi sera pire que toutes les tortures que Voldemort
pourrait m'infliger. Alors, oui, je prends le risque de te dire
tout ça. Je prends le risque de te voir t'éloigner de
moi, je prends le risque parce que je t'aime Ginny, je t'aime du
plus profond de mon cœur! Je suis prêt à tout pour ton
bonheur au point même de te laisser tranquille mais j'ai
quand même besoin de savoir. Ginny, tu n'as qu'à me
dire droit dans les yeux que tu préfères que je m'en
aille et tu ne me reverras plus graviter autour de ta vie,
argumenta-t-il avant de reprendre son souffle et sa tirade. Ginny, je
peux mourir à chaque instant mais j'ai pris conscience que
je ne veux pas mourir sans avoir vécu le maximum de moments
heureux et n'avoir que des regrets, surtout te concernant,
termina-t-il en espérant avoir marqué quelques points
en sa faveur.
Sans qu'il ne s'en rende compte, ce fut
totalement le cas. Ginny n'en revenait pas. Elle avait attendu ces
paroles toute sa vie. Elle se les était tellement imaginées
chaque soir, il y avait encore quelques jours même, mais les
entendre réellement était au-delà de ses
espérances… Il était enfin prêt ! Son
visage changea alors d'expression, l'état de surprise
laissa place à un sourire naissant puis à une
expression de soulagement extrême. Ginny s'avança donc
vers lui en laissant un Geoffrey complètement dépassé
par ce qui venait de se dire, et l'embrassa en guise de réponse
à ce qu'elle venait d'entendre.
- Reste, reste Harry.
Ne t'en vas pas, lui confirma-t-elle avant de lui donner un second
baiser aussi tendre que le premier.
Harry prit alors le plus
grand risque de sa vie. Il la regarda droit dans les yeux, prit un
petit objet que sa fille lui avait conseillé de prendre « au
cas où » dans sa poche et déglutit pour la
deuxième fois de la soirée. Il fit un pas en arrière
et posa un genou à terre à la grande surprise de Ginny
d'une part et de Geoffrey de l'autre, alors que les portes de la
grande salle se fermaient. Il mit en évidence une magnifique
bague raffinée mais surtout ornée d'un solitaire très
impressionnant pour la jeune fille aux origines modestes et l'avança
jusqu'au quatrième doigt de la main gauche de l'unique
amour de sa vie.
- Ginevra Weasley, je vous aime et vous me feriez
un immense honneur si vous vouliez bien accepter ce soir de devenir
ma femme et de faire de moi l'homme le plus heureux à chaque
réveil à vos côtés jusqu'à la fin
de votre vie…
