S Meyer détient Twilight et QuantumFizzx est l'auteur de The Plan. Je n'en suis que l'humble traductrice.


19:18

Canapé: Assise dessus.

Lumières: Eteintes.

Jasper: Quelque part ailleurs.

J'ai laissé Jasper dans son camion, traversé le hall, suis allée dans la chambre, jeté ma nourriture à la poubelle, et assise sur le canapé. Il y a environ 20 minutes.

Cullen pourrait très bien aider Mlle Lauren à terminer son vin. Ensuite, elle voudrait son aide pour terminer en elle.

Je suis en colère. Jalouse et en colère.

Elle me manipule. Complote contre moi. Me planifie.

Je l'ai laissé faire. Parce que je ne suis pas moi. Peut-être que si je l'étais, peut-être que je l'aurais remise à sa place, l'aurais rembarrée, disciplinée.

Plus que ça… plus que ça… l'idée d'elle… lui…

La pensée est une douleur. J'essaie de la taire.

Mais, je n'arrête pas de revenir à la notion que je ne suis pas sûre de ce que j'ai – moi, pas ce rôle de petite assistante personnelle que je joue – sur la ligne là. Une comédie avec mon boss ? Deux rencontres ?

Une tentative ? Une potentielle tentative ?

Non, je n'ai même pas ça.

Mlle Swan a ça. Il veut bien lui donner l'heure de la journée… heu, la nuit… peu importe.

Je suis toujours non remarquée.

Et – je pense que je l'ai toujours su – je resterai probablement ainsi.

J'ai fait un bordel de ceci.

Si je n'étais pas là, sur ce voyage, dans ces habits empruntés, lissant mes cheveux, cachant mes études, retenant ma langue, il n'aurait jamais su que j'existais.

Mais, pour moi, il existe définitivement. Plus que jamais. Intelligent et intuitif. Précis et passionné. Catégorique et désir et je suis désespérée.

J'ai planifié mon chemin dans le désespoir.

Il y a deux choix : Attraper le taureau par les cornes et faire quelques souvenirs ou lasser tomber et regretter de ne pas avoir expérimenté plus… peu importe ce que c'est.

Si c'est tout ce que j'ai, je le prendrai et en ferai le mieux possible.

Stade de la négociation.

S'il rentre ce soir, je serais qui il voudra que je sois.

Laissez-le juste rentrer ce soir.

Dieu, je ne suis pas simplement dans le quartier du pathétique, j'en fais la ronde.

La porte s'ouvre. La lumière s'étend sur le tapis, grandissant d'une lamelle à une lance, ensuite se refermant sur l'obscurité avec un clic.

"Mlle Swan?"

"Mr. Cullen." Je suis baissée en avant avec mes coudes sur mes genoux. Je ne sais pas si ça a l'air excentrique ou maladroit.

Il regarde autour pour la première fois, apparemment ne s'attendant pas à ce que je sois là seule. "Où est l'illustre Jasper?" Il allume la lumière de l'entrée. Sa veste est défaite. La carte d'accès plie dans sa main.

"Je ne sais pas. Pas ici."

"Je t'ai donné ta soirée. Pourquoi es-tu ici?"

"Parce que c'est ici que tu veux que je sois."

Un battement. "Je n'ai jamais dit ça."

"Tu n'en avais pas besoin."

Je suis restée assise trop longtemps; tout semble enliser, au ralenti. Il accroche sa veste. Ça semble comme si ça prenait une minute entière ou plus. Sans un regard de côté, il est parti dans la chambre et mon train de pensées s'écrase en bas de la montagne alors que je passe de nerveuse qu'il ne revienne pas à nerveuse qu'il le fasse avec la possibilité qu'il revienne couvert de résidu d'Irina, et ensuite foncer en ville avec un chargement de ça et qu'il s'en fiche que je sois là ou pas, peu importe de qui je suis.

C'est de la folie. Je me lève sur des jambes tremblantes – rester assise sur le canapé était devenu trop – et avance vers la porte.

Alors que je me dandine autour de la table basse, Cullen revient dans la pièce. Chaussures et cravate disparues.

"Où est-ce que tu vas?" Il arrête d'essayer de déboutonner une manchette.

Je regarde la porte et réalise que j'ai oublié ma carte. "Marcher un peu."

"Si je voulais que tu marches dans l'hôtel dans le noir, je n'aurais pas réservé cette unque chambre."

Un disque sauté dans ma tête. Et bien que j'adorerais méditer à comment et pourquoi quelqu'un déterrerait une platine juste pour la scratcher dans mon cerveau – et il vaudrait mieux que ce soit "Don't Worry, Be Happy" (N/T : « ne t'inquiète pas, soit heureux ») parce que Dieu sait que cette chanson ne demande que ça – je suis un peu occupée à essayer de comprendre la déclaration de Cullen. Ne sommes-nous pas dans cette chambre pour le bien de la productivité ? Le temps pour traverser le campus de l'hôtel et tout ça ? Il a demandé pour cette raison. Ou, attendez… est-ce moi ?

"Tu m'as donné ma soirée, comme tu l'as dit. Je vais me promener."

Il secoue sa tête et soupire. "Si tu insistes pour aller marcher, je viens avec toi."

Ta venue avec moi bat plutôt l'objectif de la promenade…

"Je vais rester ici alors."

"Parce que je marcherais avec toi?"

"Parce qu'il fait froid dehors," je contre et marche dans l'entrée avec lui.

"Il a fait froid toute la journée."

"Je ne suis pas habillée pour."

"Change-toi." Oh, mon cher Mr. Cullen. C'est le mot opératoire, n'est-ce pas?

"C'est ce que tu m'as dit de porter." Il grimace légèrement à mes mots.

"Je t'ai aussi dit de t'asseoir à côté de moi mais tu es partie."

"Tu m'as dit de le faire." Je m'approche plus près.

"Pour quelqu'un qui semble se vanter de savoir ce que je veux, pourquoi est-ce que tu choisis ce soir pour insister à agir à l'opposé?"

Bonne question. "Pourquoi est-ce que tes désirs sont si contradictoires?"

"Ils ne le sont pas…" Il hésite.

"Tu es un sacré contrariant." Plus près. Plus.

"Au contraire, mes besoins ne sont pas contradictoires."

"C'est un jeu de mots. As-tu récompensé Mlle Lauren pour ses efforts pour me sortir du chemin ce soir ? Elle a bien dégourdi ta langue ?"

Sa tête remonte en arrière, médusé. "Qu'est-ce que tu insinue?"

Je suis silencieuse. Je bouge encore. Proche.

"Réponds-moi," il essaie de souffler, passer ses mains dans ses cheveux.

"Tu as besoin de clarification?" Je suis dans son espace de danse. Respirant dans ses souffles.

Ses mains se lèvent comme s'il allait toucher mes épaules – mais il flotte là. Ses mains se plient vers l'intérieur et parcourent le dessus mes bras et descendent, effleurent ma peau.

"Si je la voulais, je serais avec elle," souffle-t-il. J'appuie mes mains sur ses épaules. Chaudes.

"Donc… si tu veux quelqu'un, tu serais avec elle." Glissant le long de ses bras, je les porte vers moi, à ma taille.

Sa voix est presque inaudible. "Oui."

"Tu es avec moi." Je parle contre son cou.

À côté de mon oreille. "Oui."

Whoa. Arrête-tout Bouton d'Or. Pas de plaisir à prendre d'assaut le château ce soir.

Nous devons parler.

Je dois éclaircir ma tête. Je recule. Vers la fenêtre du balcon.

Très légère chute de neige. Une fine couche de blanc. Des lumières réfléchies.

Il écarte les rideaux. "Pourquoi est-ce que tu fais toujours ça?"

Nous regardons tous les deux la neige tomber.

"Faire quoi?" la vitre nue est fraîche sous ma main.

"Partir."

Une voiture coupe à travers la neige fraîche.

"Quand j'étais petite, un Noël, un lapin venait dans notre jardin tous les jours pendant les vacances. Gros, gris. Je le regardais alors qu'il sautait à travers la neige, trouvant je ne sais quels régals et trésors que les autres négligeaient. Un peu d'herbe non recouverte derrière le banc. Le dîner de la soirée précédente dans le compost.

Après quelques jours, il me semblait comme le mien. Mon animal. Je l'attendais tous les jours. Ses grosses empruntes dans la neige de la nuit. Ensuite, j'ai commis l'erreur d'essayer de le caresser."

Je tourne vers lui, son bras est toujours appuyé sur la vitre.

"Et bien," dis-je, "tu peux imaginer ce qui s'est passé. Je ne l'ai plus jamais revu."

Il me regarde ensuite retourne à son étude de la nuit. "Mais, tu sais que tu n'es pas toi dans ce scénario."

Ses mots choquent. Est-ce qu'il peut savoir? Est-ce qu'il réalise que je n'agis pas comme moi-même ?

"Tu n'es pas la petite fille." Il laisse tomber le rideau. "Donc, sachant ce que tu ressentais à l'époque, pourquoi est-ce que tu choisis d'être le lapin maintenant ? Est-ce que c'est parce que le lapin a tout le pouvoir?"


Prochain chapitre : Jour 378 4h43