Heeey, je suis presque pas en retard question publication. Hum...

Je vous laisse à ce chapitre, j'espère qu'il vous plaira.

Résumé des chapitres précédents : Le monde sorcier sait désormais ce qui a amené à la résurrection de Voldemort, ce dernier possédant Bittersweet enlève Lily et Albus et laisse un ultimatum à Harry : Il doit se rendre à Godric's Hollow avant trois heures du matin avec les reliques ou ses enfants mourront


"Nous sommes les otages de nos souvenirs"

Ce que le Jour doit à la Nuit, Yasmina Khadra


3 Mars 2025.

Minuit et dix-huit minutes.

—Vingt-quatre morts. Vingt-quatre morts et soixante deux blessés Mr Potter, murmura McFleetwood.

Harry ne parvenait plus à bouger. Il avait le regard fixé sur le corps de Percy allongé sur le sol glacé de la salle d'audience. En fait, peu de personnes osaient encore bouger, beaucoup étaient au sol, accroupis autour d'un corps, ou tout simplement affalé avec l'air le plus hébété du monde. James était à côté de lui, libre de ses mouvements. Dans ce carnage, personne n'avait jugé bon de le renvoyer dans sa résidence surveillée. Il avait l'être d'avoir été déchiré en trois, comme si deux parts de son être s'étaient envolées. Albus et Lily.

James n'osait pas jeter un regard vers son oncle au sol. Harry réalisa qu'il devait en être incapable.

McFleetwood les toisa tous les deux avec le plus grand dégoût.

—Votre famille… Votre maudite famille a détruit le monde sorcier.

Harry ne sut quoi répondre, il le fusilla du regard alors le gros sorcier continua d'une voix aigre.

—Vous portez dans votre sang ce qui a fait revenir Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Vous êtes coupable. Votre famille est coupable.

—Pardon ?

Mrs Weasley s'était relevée du corps de son fils, en larmes. Elle avait dans son regard la même flamme que lors de son combat face à Bellatrix des années auparavant. Elle se rua vers McFleetwood.

—Coupable !? COUPABLE ? Mes petits enfants ont failli donner leur vie plusieurs fois pour préserver ce monde magique justement ! Est-ce leur faute si une part de Vous-Savez-Qui est restée en eux ? NON ! Pas plus que celle de leur père ou leur mère ! Vous-Savez-Qui a toujours fait le mal autour de lui, il leur a fait du mal à eux aussi ! explosa-t-elle. Mon petit fils voulait donner sa vie pour l'arrêter… il… il

—Maman, tenta Bill le visage rouge alors que sa mère s'affaissait contre lui.

James serra les dents en évitant de regarder sa Grand-Mère. En fait, il fixait un point au milieu du front huileux de McFleetwood comme s'il pouvait jeter un Avada Kedavra avec la pensée. Harry entendit les pleurs de sa femme derrière lui, mêlés à ceux d'Hermione, de Ron et de tant d'autres. Il imagina sans peine la douleur d'Audrey et de ses filles quand elles arriveraient.

—La dernière fois que je lui ai parlé, on s'est disputés, entendit-il Ginny répéter plusieurs fois.

Sur le moment, pour échapper à la tristesse et à la rage, il préféra se concentrer sur McFleetwood.

—Vous pouvez m'accuser de tous les maux de la terre, allez-y. Mais vous, vous, vous avez été toujours proche du Ministre.

Le peu de couleur sur le visage de McFleetwood disparut totalement. James réagit.

—Vous saviez. Vous saviez que c'était lui.

Pour la première fois, McFleetwood parut effrayé. Il finit par lâcher du bout des lèvres :

—Oui. Je l'ai entendu se parler à lui même. Il a menacé ma famille. Qu'est-ce que j'aurais pu faire ? M'opposer à lui ? C'est votre travail !

—Et je compte bien le faire, lâcha Harry les dents serrées.

Le visage de McFleetwood devint encore plus livide.

—Oh que non, Mr Potter, vous ne ferez rien ! Je vous l'interdis. Vous-Savez-Qui habite actuellement le corps de Jebediah Bittersweet mais il est mourant. Le sort d'Albus Potter l'empêche certainement de vampiriser son hôte jusqu'à la lie pour renaître. Il a besoin de ces fameuses Reliques pour renaître c'est ça ? Il ne les aura pas. S'il ne les as pas dans peu de temps il mourra et l'âme de Vous-Savez-Qui avec lui. Seul vous pouvez les lui apporter, n'est-ce pas ?

—Mes enfants sont prisonniers !

—Et alors ? Ne voulaient-ils pas sauver le monde sorcier ? Ils le sauveront en donnant leur vie. Si cela doit empêcher son retour c'est un sacrifice que je suis sûr qu'ils sont prêts à prendre. Soyez heureux dans ce cauchemar. Il vous reste au moins un fils. D'autres n'auront pas cette chance s'il revient.

Harry serra les poings. James ne l'entendit pas de cette oreille, il fonça vers McFleetwood et le fit tomber au sol, le poing brandit :

—Répétez ! Répétez ce que vous avez dit !

—Ôtez vos sales pattes, Potter ! Je suis totalement en droit d'ordonner à votre père ce qu'il convient de faire ! Le Ministre nous a trahi et les autres deux candidats à l'élection sont morts-

SBAM.

Le poing de James alla se ficher dans le nez de McFleetwood qui tomba dans les vapes. Avant même que ses aurors n'aient lancé un sortilège, Harry avait déjà ceinturé son fils contre lui, mais réalisa-t-il c'était pour s'empêcher lui aussi de frapper le gros mage. Ginny se leva d'un bond pour les rejoindre en tremblant. James n'essayait même pas de se débattre, il était abattu, courbé sur lui même.

—C'est parce qu'on vous aimait… parce qu'on vous aime qu'on a rien dit. On ne voulait pas vous faire de mal. On voulait vous protéger... Il s'est servi de ça. Tout le temps.

—James, firent Harry et Ginny d'une même voix désespérée et désemparée.

—Il a Albus et Lily. S'il leur fait du mal… s'il leur fait quoi que ce soit j'en mourrais, Papa. Je ne peux pas…

Le cœur d'Harry se serra. Comment pouvait-il avoir aussi mal après tout ce temps ? Il avait cru qu'il s'habituait à la souffrance, mais il se trompait. Le désespoir de James était bien visible dans ses yeux, il avait tenté de donner sa vie pour arrêter Voldemort. Ce geste de courage que son fils prenait pour une faiblesse lui déchira le cœur.

Harry regarda McFleetwood au sol, furieux contre lui même d'avoir été aussi aveugle. Bittersweet avait tenté de lui faire passer le message. Il avait tenté de lui faire comprendre qu'il était possédé, tout comme son épouse et il n'avait rien vu. Il avait été aveuglé par la colère et la rage. Bittersweet était vieux et très malade. Les soupçons qu'Harry avait nourrit envers lui avaient sans cesse été démontés pour qu'il ne sache jamais vraiment à quel saint se vouer avec lui. Et le pire était arrivé.

Plus loin les mercenaires de Bittersweet étaient incarcérés. Tous étaient encore stupéfixiés. Ce genre de personnages était payé pour faire une besogne et la réalisait sans se poser de question, à l'image des Rafleurs. Mais les mercenaires demeuraient légaux. Ils ne posaient pas de questions et écoutaient ce qu'on leur disait. Harry ne pourrait rien tirer d'eux.

Il lui apparut au milieu de cette salle pleine de gens endeuillés, de morts et de blessés en train d'être rapatriés vers les ailes de Ste Mangouste déjà viables qu'il avait honte. Il était mortifié de honte et de culpabilité. Tout était de sa faute. Il avait cru pendant des années en avoir fini avec Voldemort, mais Voldemort n'en avait pas fini avec lui. Sa magie avait coulé dans ses veines sans qu'il ne le sache et avait fait un cadeau empoisonné au monde sorcier qu'il avait tant chéri.

Il marchait au milieu des sorciers comme une âme en peine. Que devait-il faire ? Que pouvait-il faire ?

Les derniers mots de Jedusor dans le corps de Susan lui revinrent de plein fouet. Il ne pourrait sauver personne, ou il devrait faire des choix.

Le choix était impossible à faire.

—Ce n'est pas ta faute, Papa, murmura James d'une voix éteinte. Il nous a tous manipulés.

—Je l'ai déjà affronté, j'aurais dû comprendre. J'aurais dû comprendre ce qu'il avait en tête.

—Harry, non, rétorqua Hermione à laquelle Ginny donna raison en acquiesçant mollement de la tête.

Elles avaient toutes les deux quitté le corps de Percy. Il vit George le recouvrir d'un drap blanc avec l'image de la mort de Fred dans le regard.

—Il nous a observé pendant plusieurs mois Harry, fit Gin. Il était là. Il nous tenait en otage dans notre propre maison. Il a compris comment nous fonctionnions. Il a su frapper là où ça faisait mal.

Ginny lui offrit son regard le plus assuré qui ne tint que quelques secondes. On eût dit qu'à mesure qu'elle y pensait, ses forces la quittaient. Les larmes roulèrent sur ses joues.

—Il était là. Et nous n'avons rien vu. Est-ce qu'on est aveugles ou bien stupides ? Il a enlevé Albus… il a enlevé Lily… il va me voler mes enfants ! Il va-

La suite se perdit quand Ginny retomba contre Hermione et noya sa dernière phrase dans la chevelure épaisse de la brune. James n'aurait pu avoir un regard plus désespéré. Tout comme Harry.

—Je vais aller les chercher. Je vais aller chercher les Reliques et le combattre.

—Harry, tenta Ron qui arrivait lui aussi avec l'air d'avoir encaissé dix ans d'un coup. On ne peut-

—Je vais le combattre. Et l'arrêter.

—Je viens avec toi, le brava James.

—Pareil, répondit Teddy blanc comme un linge. Il ne touchera plus à notre famille.

—Non. C'est entre lui et moi. Il tuera Albus et Lily sinon.

—Et toi tu vas te faire tuer ! cingla Ginny en retour. Tu crois que j'ai envie de te perdre toi aussi ? Je ne peux pas ! C'est impossible.

—Il le faut Ginny. Il faut que je fasse quelque chose. Je dois lui apporter les Reliques à Godric's Hollow, là où tout a commencé. Je vais l'affronter et le battre encore une fois.

Cette pensée lui tirailla les entrailles. Il avait peur, il était terrifié. Voldemort était à un cheveu de revenir, et il avait un faire un choix. Soit il allait le rejoindre avec les Reliques à Godric's Hollow avec un minuscule espoir de le battre, soit il laissait Albus et Lily mourir.

—J'aurais dû te faire confiance Harry, je suis désolée, tellement désolée. J'étais persuadée que Bittersweet ne pouvait pas abriter Voldemort, il était si faible. Tellement faible, il aurait été incapable d'une telle puissance. Voldemort lui a fait quelque chose pour le tenir en vie. La formule, murmura Hermione. C'était ce qu'il cherchait depuis le début. Il voulait la formule d'Ullah Sevisky, la dernière descendante de Beedle le Barde. La formule se trouvait dans ce fichu médaillon… Le médaillon à brûlé… seul Albus la connaît. C'est pour ça qu'il l'a emmené. Avec et en possédant les Reliques…

Elle se tût. Harry savait très bien ce qu'elle voulait dire. S'il lui apportait les Reliques il risquait de détruire le monde. S'il ne les apportait pas, il perdrait ses enfants.

—Je ne peux pas les laisser, répondit Harry d'une voix faible. Après tout ce qu'il s'est produit, je ne peux pas laisser Voldemort leur faire du mal. Je dois essayer. Qui laisserait mourir ses propres enfants ? Qui, Hermione ?

—J'irais à Godric's Hollow, répondit James. Même si ça doit être la dernière chose que je ferais de ma foutue vie, je l'empêcherai de faire du mal à mon frère et ma sœur.

—Non James. On n'a plus le temps pour ça. Stratford, appela-t-il le vieil homme. Fais immédiatement évacuer le village de Godric's Hollow. Il ne doit rester plus personne dans tout le périmètre. C'est un combat entre lui et moi.

Son ancien supérieur, blanc comme un linge acquiesça. Il tourna son regard vers James et Teddy tout deux figés, une expression de pure rage sur le visage. Hermione, Ginny et Ron étaient livides. Au milieu de la salle d'audience, il parcourut rapidement les corps du regard, les visages sans vie, et les débris partout. Le Ministère était dans un chaos sans pareil. McFleetwood n'allait pas tarder à se réveiller.

Il se tourna vers James.

—Petrificus Totalus.

Son fils tomba en arrière dans les bras tendus de Teddy. Ses grands yeux bleus exprimaient tout le désespoir du monde.

—Je te le confie Ted. Prend soin de lui, et allez vous mettre à l'abri. James, je sais que tu peux m'entendre. Je suis désolé. Une fois que tout sera fini, j'espère que tu me pardonneras. Je suis infiniment fier de toi. J'aurais dû te le dire des centaines de fois. Ted emmène tout l'Ordre au Manoir Malefoy. Prend soin de toi.

Son presque fils, hocha la tête malgré lui. Harry se détourna, Ron suivit.

—Tu vas y aller seul ? C'est de la folie ! Bittersweet est de plus en plus faible, Tu-Sais-Qui ne pourra pas tenir longtemps. Il est plus dangereux que jamais. Je viens de perdre un frère, je ne peux pas te perdre toi aussi !

—Je ne serais pas seul. Dis aux autres de surveiller leur bague. Je vous appellerai le moment venu. Rejoignez le Manoir Malefoy, tu as besoin de soin, les autres aussi.

De là, il traça vers la sortie. Sur le chemin, il sentit une myriade de regard l'accrocher, de l'haineux au terrifié, en passant par l'incrédule. Arterton avait encore des yeux coupables. Il venait de mettre un drap sur le corps de Douglass qui avait subi le baiser des détraqueurs.

—Chef… je suis désolé. J'aurai dû comprendre que quelque chose clochait chez Douglass. On avait décidé tous les deux d'arrêter après la scène de… le souvenir avec votre fille et lui. On ne pouvait plus. J'ai pas compris. J'aurais dû comprendre.

Il eut une sorte de sanglots puis reporta son regard vers Harry avec une expression presque craintive.

—Pour votre fils… j'ai voulu vous le dire des dizaines de fois. C'est pour ça que j'ai accepté de m'occuper du procès. Je voulais comprendre… quand j'ai compris que ce n'était pas… le vrai James, je n'ai plus osé rien dire.

—C'est le vrai James, murmura Harry sèchement. Dommage que tu ne l'aies pas compris.

Harry quitta la salle le cœur au bord des lèvres.

oOo

3 Mars 2025

Minuit et cinquante neuf minutes.

Des jours plus tôt, Harry avait cru que savoir ses enfants jugés, leur intimité visitée et arrachée pouvait être ce qu'il y avait de pire. Il ne savait pas alors que Voldemort prévoyait de lui faire tant de mal. Aurait dû s'y attendre. Il aurait dû comprendre plus vite qui habitait Bittersweet. Mais il n'avait pas pu le croire. Bittersweet était comme lui, il avait souffert de Voldemort, sa femme et sa fille avaient été tuées mais il avait continué à écouter les ordres, même au bord de la mort. Pourquoi ?

Était-il tellement faible qu'il n'avait pas pu affronter le monstre en lui ? Comme Lily peut être n'avait-il pu combattre ? Lily voulait les protéger, Jedusor avait tablé sur ça. Mais Bittersweet n'avait plus rien à perdre.

Combien de fois Voldemort lui avait parlé par l'intermédiaire du Ministre ? Harry savait néanmoins que cette fois, cette unique fois où Bittersweet et lui avaient parlé en tête à tête, ça avait été le vrai Jebediah Bittersweet. Sous ses sarcasmes et ses commentaires grinçants il avait voulu lui transmettre un message.

Harry ferma les yeux. Il ne pourrait jamais cesser de s'en vouloir, mais ce soir il devait avoir l'esprit clair. Il avança dans l'eau boueuse.

Il était au cimetière de Carbone-les-Mines. Il traça entre les tombes grisâtres dans la nuit. Il s'élevait au sein de cette petite ville ouvrière moldue un air pollué et difficilement respirable. Il sut qu'il était arrivé quand il vit la petite photo sur une des tombes.

La tombe de Severus Rogue. Ce dernier avait été enterré auprès de sa mère, Eileen Prince dans ce petit cimetière. Harry songea que cela restait un des endroits les plus lugubres, même pour enterrer quelqu'un. Encastré dans la pierre tombale la photo de Severus Rogue l'observait. Il ne bougeait pas, comme dans les photos moldues. Il était là, statique avec son long nez crochu, ses cheveux graisseux et son teint cireux.

Harry s'accroupit face à la photo.

—J'ai besoin de sauver les gens qui me sont chers. J'ai besoin de votre aide. À jamais, murmura-t-il ensuite.

Ce fut comme une sorte de mot de passe. Le visage statique de Rogue s'anima et ses yeux noirs semblèrent un instant suspicieux. Il s'écarta du cadre et sembla partir vers un point au fond de la photographie jusqu'à pratiquement disparaître. Quand il réapparut, il tenait dans sa main la baguette de Sureau.

Harry tendit une main tremblante vers le verre poussiéreux de la photo et à peine celle-ci eut-elle frôlé la vitre glacée qu'il sentit que ses doigts se refermaient sur la baguette.

Il avait mit des semaines à préparer cet enchantement dans le plus grand secret afin de protéger cette baguette de ceux qui voudraient s'en servir. Dans son tableau de Poudlard Severus Rogue avait accepté d'en être le gardien. Harry l'avait placée là sans en souffler un mot à personne. Personne ne devait savoir jusqu'à sa mort quand la baguette perdrait son pouvoir.

Il songea avec ironie que c'était ses secrets qui avaient détruits sa famille. Sans comprendre pourquoi, il resta une seconde à regarder le visage de son ancien professeur en sachant pertinemment que le temps lui était compté. Cet homme avait tout sacrifié par amour et Harry comptait en faire autant aujourd'hui.

—Merci. Je crois ne vous l'avoir jamais dit.

Il se détourna rapidement, la baguette de Sureau en main et transplana.

oOo

3 Mars 2025

1h 12

Rita venait de finir. Elle venait de finir le travail de sa vie. Un livre colossal qu'elle avait fini à toute hâte. En rentrant du carnage tenant lieu de procès, Rita avait été chamboulée. Heureusement pour elle, l'attaque des détraqueurs avait eue lieu alors qu'elle était sous sa forme de scarabée. Il ne lui était rien arrivé. Elle avait vu les corps piétinés, les curieux tués et les hurlements embrassés par la bouche macabre des détraqueurs.

Rien de ce qu'il s'était passé ce soir là ne méritait d'être dans son livre. Elle avait dit tout ce qu'elle avait à dire. Les trois Potter n'étaient pas vraiment coupables, à moins que l'on qualifie idiotie et mièvrerie de Gryffondor comme réelle culpabilité. En revanche, leurs parents c'était une tout autre affaire.

Le sang. Le sang des Potter était contaminé par une tare que nul ne pourrait ignorer désormais. Ça, Rita l'avait mit dans son livre. Avait rajouté à la va vite des passages et corrigé quelques mensonges pour en ajouter de plus juteux.

Le monde allait basculer d'une façon ou d'une autre ce soir. Rita fit une copie de son livre qu'elle posa sur son bureau et envoya l'autre à l'éditeur avec sa vieille chouette. Elle regarda la chouette s'envoler avec son chargement dans le froid glacial avec un sourire. Elle retourna s'asseoir face à son bureau et caressa la couverture de sa large main ridée. La vengeance était en marche. Certes le procès s'était chargé seul de la venger en détruisant les Potter mais quelque part, il aurait été dommage de ne pas y mettre son grain de sel.

Sur la couverture Lily Luna, Albus Severus et James Sirius souriaient l'innocence incarnée. Elle entrouvrit le livre pour en relire rapidement le prologue. Cela lui procura une étrange sensation, entre bien être et vide intense.

« À bien des égards, la tâche des journalistes n'est pas aisée. Nous recherchons la vérité. Les journalistes sont les garants de la vérité au même titre que les juges. Les juges jugent, les journalistes dévoilent à l'œil averti du lecteur ce qui doit être dévoilé. C'est un travail commun.

Dans ce procès que certains de mes collègues appellent le procès du siècle, la vérité n'est pas la chose la plus aisée à trouver, entre les mensonges d'une famille et les actions d'une autre. Nul ne saurait dire qui a raison ou qui a tort. Deux familles se sont opposées, la famille Potter et la famille Bittersweet. Nul doute qu'après ce récit, le lecteur averti trouvera qu'une de ces familles s'en est sortie mieux que l'autre. Mais n'en doutez pas chers lecteurs, les secrets finissent toujours pas éclater. Entre ces pages, les non-dits et les mensonges amoncelés vont enfin être balayés par votre servante… et c'est là une douce-amère tragédie pour nous tous. »

Rita s'arrêta de lire quand elle entendit une sorte de craquement. Elle se figea, baguette à la main. Un bruit sourd et un gémissement qui lui hérissa l'échine s'en suivirent.

—Bonsoir Mrs Skeeter. Je pense que nous n'avons pas été encore présentés.

Rita retint un cri d'effroi. Devant elle se trouvait Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom dans le corps de Bittersweet. À ses pieds, entravés, la douce Lily Potter et Albus Potter baignant dans son sang. Bittersweet sourit.

—Expelliarmus, souffla-t-il si vite que la baguette de Rita vola dans les airs et retomba au sol, plus loin.

Rita était livide, coincée contre son bureau, cherchant à tâtons derrière quelque chose pouvant faire une arme décente. Mais rien ne semblait venir sous sa main. Bittersweet eut un rictus mauvais et ses yeux cerclés de rouge brillèrent dans la nuit.

—Je dois vous avouer qu'il y a des années, lorsque j'ai lu vos petites chroniques sur Harry Potter lors du Tournoi des Trois Sorciers, je me suis surpris à apprécier votre style. Oh et n'essayez pas de vous envoler, je serais obligé de vous écraser.

Il s'avança dans la pièce, laissant derrière lui les corps entravés des Potter. Le cerveau de Rita marchait à toute vitesse. Que venait-il faire ici ? Pourquoi venait-il la voir le soir de son grand retour ? Lui qui avait attendu presque trente ans ? Pourquoi venait-il perdre son temps avec elle alors qu'elle ne comptait pas ?

—C'est vous, murmura-t-elle d'une voix terrifiée. C'est vous qui m'avez envoyé l'argent pour écrire sur les Potter.

Le sourire de Voldemort-Bittersweet s'élargit. On aurait dit un monstrueux rapace sur le point de fondre sur sa proie. Jamais le vrai Jebediah Bittersweet n'avait eut une telle expression sur le visage. Il s'avança, Rita bougea sur le côté, elle se rendit compte alors que tout son corps tremblait.

—En effet… Je comptais sur vous et votre petite plume pour mettre encore plus à mal Harry Potter et les siens… et vous avez brillamment joué votre rôle je dois dire. Soignez-le, ordonna-t-il en pointant le jeune Potter au sol.

Rita ne se le fit pas dire deux fois. Elle devait s'éloigner de ce monstre. Elle n'aurait jamais le temps d'atteindre la sortie, elle se rua vers le corps d'Albus Potter. Il avait été poignardé au niveau de l'estomac. Les connaissances sommaires de Rita en matière d'anatomie lui firent dire que les organes n'avaient pas été touchés. Mais, remarqua-t-elle, son ventre était gonflé et dur comme du béton. Le gamin ne tiendrait pas longtemps et le regard vert et horrifié qu'il lui adressait lui fit comprendre qu'il le savait lui aussi. Le cœur au bord des lèvres, Rita déchira sa robe de sorcière pour lui faire un point de compression et arrêter le saignement. Elle, elle ne pouvait pas s'en sortir toute seule, mais avec l'aide des gosses c'était faisable.

Encore fallait-il que le plus puissant des deux soit en état. Elle tourna légèrement la tête. Lily Potter n'avait pas bougé, elle était comme une statue de sel, les yeux fixés sur son ancien amant. Mais réalisa, Rita, elle le regardait d'une étrange façon, froide, scientifique… comme si après tout ce qu'il lui avait fait, elle cherchait comment chirurgicalement et précisément le couper en morceaux…

C'était un regard terrifiant.

Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom les observait, un livre, son livre à la main.

—Une douce amère tragédie, lut-il. Bittersweet Tragedy… qui pourrait se lire comme la Tragédie de Bittersweet. Je loue votre sens des formulations. Fascinant. Un seul et même livre pour deux familles, pour un procès.

—C'est vous aussi qui m'envoyiez toutes ces informations sur les Bittersweet, murmura Rita en tremblant.

—Pas au début… non, au début c'était Annick Bittersweet. Cette chère Mrs Bittersweet avait été en cours avec vous, je me trompe ? Elle savait que vous voudriez dévoiler absolument la vérité et tentait de vous faire parvenir des messages en échappant à ma vigilance. J'ai ensuite compris que sa petite sournoiserie pourrait m'être très utile. Le corps dans lequel je suis n'en a plus pour longtemps. Les Potter et l'image respectable du Ministre seront à jamais perdus après cette nuit, grâce à vous Mrs Skeeter. Vous allez laisser un monde sans repère et malléable que je compte cueillir au plus vite. Plus aucun symbole, plus de leader auquel se raccrocher, ils n'auront que moi.

Rita sentit un frisson désagréable la parcourir. C'était la peur, une peur panique de toute sa vie Rita n'avait jamais ressentie. Elle tentait encore de soigner Albus Potter en jetant des coups d'œil frénétiques à Bittersweet. Lily Potter aussi l'observait, et un instant et lui coula un regard farouche.

—Fuyez. Vite, souffla cette dernière si bas que Rita put à peine l'entendre.

Le regard rouge de Bittersweet pourtant, perçut le mouvement de ses lèvres.

—Lily, voyons que dis-tu à notre amie ? Il ne faut pas dire de telles choses. Albus Potter va mieux, Mrs Skeeter ?

—Le… le sang s'est arrêté de couler. J'ai fait tout ce que vous vouliez. J'ai réalisé ce que vous vouliez que je fasse. Le livre est déjà chez l'éditeur.

—Ne prenez pas ce ton suppliant avec moi. C'est tout bonnement insupportable.

Rita se tut. Bittersweet venait de sortir sa baguette. Elle blêmit. En fait, sans s'en rendre compte elle avait saisit la main d'Albus Potter et s'y accrochait avec ses longs ongles comme s'il pouvait la sortir de là. Le regard vert d'Albus était fixé sur elle, il était fiévreux et pouvait à peine bouger, pourtant il continuait à la fixer sans rien dire avec une expression désolée sur le visage.

—Mais en effet, reprit Voldemort, vous avez fait ce que je vous ai demandé. Et fort bien. Ce livre sera sûrement un best seller, quoique… je ne m'intéresse pas suffisamment au monde de l'édition. Mais, cependant, je dois dire que la petite visite d'Harry Potter m'a agacé. Vous lui avez donné des informations compromettantes qui auraient pu me conduire à ma perte.

L'effroi se lut dans les yeux de Rita. Elle serra encore plus fort la main du cadet des Potter.

—S'il vous plait… Je vous en supplie…

Assez. Ce n'est pas nécessaire de continuer. De toute façon, je suis infiniment persuadé que ce livre se vendra mieux si son auteur n'est plus. Les humains adorent les drames et je suis là pour leur en donner.

Elle vit la main de Bittersweet se lever. Dans sa paume, volant à quelques centimètres, sa plume à Papote. Sa plume à papote défraichie qui l'avait accompagnée dans ses années de gloire puis dans la misère fonça vers elle. Elle s'arrêta au niveau de ses yeux.

Jamais elle ne s'était rendue compte à quel point l'embout de cette plume était pointu. Puis elle la sentit fondre vers sa gorge.

Dans un gargouillis de douleur, Rita porta la main à sa gorge en sang.

Il était vrai que si l'on s'intéressait à la vie de Rita Skeeter, elle n'avait jamais rien accompli de grandiose. Elle n'avait jamais été une sorcière très douée, ni très admirée et encore moins très aimée.

Pourtant, alors que la froideur de la mort venait la cueillir, Rita songea qu'elle aurait pu faire quelque chose de mieux de sa vie. Elle s'effondra, sa main lâchant celle d'Albus Potter. Elle ne méritait pas de mourir comme ça, de cette façon devant ces gamins…

Rita ne le savait pas dans les derniers instants de sa vie mais elle avait participé à sauver une existence.

oOo

3 Mars 2025

1h39

Au sein du Manoir Malefoy, il n'y avait pas un son.

James songeait fortement à hurler pour qu'enfin quelque chose se passe. Tout le monde s'était figé. Il passa férocement sa main dans sa barbe. Cela faisait un temps fou qu'il ne s'était pas rasé. Dans leur résidence surveillée, on ne l'autorisait à se raser qu'en présence de Magicogarde, craignait-on qu'avec un ridicule rasoir magique il soit capable de tuer quelqu'un ? Sans aucun doute.

Mais en fait, avec le regard de toute sa famille qui semblait hésiter entre l'éviter ou lui adresser une mine plein de compassion, James se demanda ce qu'ils le pensaient capables de faire.

Le pire étant le regard d'Audrey. Il était furibond, elle était comme un lion en cage en tenant sa fille serrée contre elle.

—Il l'a tué… Il l'a tué, répétait-elle à mi-voix. Il a tué Percy. Il a tué mon mari.

Elle semblait parfaitement indifférente au regard de Molly larmoyant posé sur elle. Le corps de Percy avait été mit dans une des chambres du Manoir Malefoy pour leur laisser un peu d'intimité, mais Audrey n'avait pas envie d'intimité. Elle coula soudain un regard à James qui lui donna la chair de poule, haineux et furieux. James songea qu'il avait dû arborer ce regard après le meurtre de ses parents :

—Tu as tué mon mari ! Tu l'as tué ! Tu es satisfait ? Tu es tellement haineux, complètement maboul comme gamin et tu as tué mon mari. Ta maudite famille a tué mon mari !

—Audrey ! s'écria Fleur.

James adressa à sa tante un regard de défi alors que sa mère se levait avec fureur.

—Tu n'as pas besoin de me le dire, gronda-t-il. Je sais tout ça. Qu'est-ce que tu crois ? Si j'avais pu crever pour l'arrêter je l'aurais fait ! Je l'aurais fait Audrey, et ça n'a pas suffi ! Tu accuses ma famille, mais accuse-moi, moi seulement car bientôt mon père, mon frère et ma sœur seront morts ! Voldemort va les tuer, alors use-toi à me haïr si ça t'amuses…

—James, le stoppa sa mère au bord de la crise de nerfs. Audrey je ne te permets pas de dire de telles horreurs ! Va-t'en, s'il te plait

Mais Audrey avait déjà tourné les talons, entraînant sa fille avec elle pour se retrouver en famille. James songea au regard de Lucy lorsqu'elle viendrait. Ce serait horrible, mais pas aussi horrible que ce silence.

James se leva d'un bond, il entendit sa famille hoqueter, même les Malefoy semblaient incertains de la conduite à tenir. Malefoy père, remarqua James, semblait osciller entre fureur et terreur.

—J'ai besoin d'une cigarette.

Il songea à Arterton, qui en dépit de leurs différends laissait toujours un paquet sur son lit dans la résidence surveillée. Il ne lui avait jamais plus adressé la parole en dehors du procès, mais sans savoir pourquoi, il mettait toujours des cigarettes sur son lit. Drago Malefoy, les yeux plissés lui en jeta une. Sa mère désemparée et désespérée le regarda se l'allumer. Il avait besoin de bouger, un urgent besoin de faire quelque chose après avoir passé trois mois emprisonné.

—On ne peut pas attendre Harry, gronda Ginny. On ne peut pas le laisser rejoindre Voldemort. Il va se faire tuer.

Les regards de sa famille approuvèrent vigoureusement. James songea qu'ils n'avaient pas le temps de faire leur deuil, ils sentaient en eux le pressant besoin d'agir. Le Ministère avait été évacué, les morts disposés dans une salle à l'abri des regards indiscrets et les blessés, soignés. Les aurors étaient postés tout autour de Godric's Hollow avec l'interdiction d'en bouger. Il regarda Teddy encore faible, puis Hermione et Ron contusionnés et soignés par Astoria qui peinait à avancer avec son large ventre.

—Harry nous a dit d'attendre, tu crois que ça me plait à moi aussi ? grogna Ron. Mes neveux sont entre les mains de Tu-Sais-Qui…Harry a dit qu'il nous enverrait un message. Je veux lui faire confiance. Si les aurors tentent de neutraliser Tu-Sais-Qui maintenant, il tuera Albus et Lily.

—Et donc nous allons attendre, Weasley ? demanda Malefoy d'une voix teintée de peur. On doit faire confiance à Potter qui est en train de se suicider ? J'ai mis ma confiance en vous ! J'ai accepté de vous suivre car je pensais que vous vouliez gagner ! Là, c'est un suicide de masse que nous fait Potter !

—La ferme Malefoy, claqua Ron. J'étais sûr qu'on allait pas tarder à voir ton vrai visage ! Tu crois qu'on a pas peur, nous ? On va-

—Il les tuera, il les tuera de toute façon !

—James, arrête, ça suffit, s'interposa sa mère en posant ses mains fraiches sur sa peau.

James s'arrêta subitement, ce fut comme un électrochoc. La tendresse et la fermeté de sa mère le surprirent. Il eut un instant l'impression de redevenir un enfant, d'être un gamin et il dut se contenir pour ne pas serrer sa mère dans ses bras. James ne s'était jamais senti aussi faible, aussi désemparé et en coulant un regard aux alentours il comprit que c'était un sentiment partagé.

—Maman… tu as vu ce qu'il a fait à Lily. Ce qu'il voulait nous faire. C'est un monstre, il va les faire souffrir avant de les tuer. Il sait très bien que papa viendra seul et il le tuera dès qu'il lui donnera les Reliques. C'est ce qu'il a toujours voulu.

Et ils ne l'avaient pas compris à temps.

Il se dégagea avec la puissante envie d'hurler sa rage et sa colère. Sa mère tenta de lui happer la main.

Tante Hermione lui adressa un regard compatissant.

—James, murmura-t-elle. James, ça ne sert à rien de t'en vouloir, ce n'est pas ta faute.

—C'est avec notre sang qu'il est revenu. Je ne peux pas le supporter, je me sens tellement sale. Nous n'aurions jamais dû naitre, on a détruit tout ce que vous avez construit, répondit James d'une voix meurtrie.

—Arrête, ça suffit !

Il eut un instant envie d'exploser en sanglots. C'était affreux, après avoir passé des mois avec pour seule compagnie son frère et sa sœur, recevoir autant de regard et de sollicitude lui semblait insupportable. Il ne méritait pas tout ça. Pourquoi Lily et Albus n'étaient pas à sa place ? Pourquoi Voldemort ne l'avait-il pas enlevé ?

—Albus, cria-t-il soudainement.

Sa mère, ses oncles et tantes sursautèrent.

—C'est Albus. Voldemort nous a transmis des parts de lui… mais… Albus, c'est Albus le plus puissant.

—Il veut qu'Albus lance le sortilège pour le faire revenir, comprit Hermione, horrifiée.

—C'est Albus qui l'a fait sortir du corps de Lily, c'est Albus qui doit le sauver, réagit sa mère. Avec la formule d'Ullah Gutters. Ces runes…

—J'ai fait des recherches sur les reliques… c'est pour ça que je suis arrivée en retard. Nul ne sait si véritablement la Mort a offert ces objets aux frères Peverell. C'est sans doute eux qui les ont conçues, mais ce sont les objets les plus puissants qui existent. Dans différentes traductions de Beedle le Barde, elles sont une seule fois à peine évoquées. Les runes… sont sans doute un autre héritage de frères Peverell que Beedle a retransmises. Ces runes risquent de tuer Albus, souffla Hermione d'une petite voix bien plus aigüe qu'à l'ordinaire. Les runes sont la première écriture des sorciers, elles puisent dans la Magie elle même. Albus est blessé, mais il veut le garder vivant pour ça uniquement. Il a toutes les clefs en mains ! Une fois les Reliques et la formule assemblées, il sera trop tard. Une telle puissance magique pourra réellement le faire revenir. On doit y aller !

— Il faut avertir Harry, réagit Bill.

Les autres approuvèrent. S'en fut trop pour Astoria qui retomba sur son siège, comme vidée de ses émotions en se tenant le ventre.

—Où sont Rose et Scorpius ? demanda aussitôt James.

Sa famille le regarda avec des yeux ronds, l'air de se demander s'il appréhendait correctement les choses. Astoria pointa le couloir d'une main tremblante. James s'y engagea en courant et ouvrit la porte à grande volée. Dans un petit salon, Rose et Scorpius étaient enlacés l'un contre l'autre. Ils avaient pleuré. En le voyant arriver ils sursautèrent comme s'ils étaient face au spectre de la mort. Ce constat fit grimacer James.

Il entra rapidement, et posa une main brutale sur l'épaule de sa cousine.

—Ta baguette.

Les yeux bleus de Rose si semblables aux siens papillonnèrent.

—Quoi ?

—Donne moi ta baguette, Rosie. J'en ai besoin.

—Non. Potter, ce n'est pas une bonne idée, protesta Scorpius. Tu vas aller l'affronter, tu vas te faire tuer.

—Mon père, Lily et Al sont en danger. Je préfère tenter quelque chose et mourir que ne rien faire. Je ne pourrais jamais me regarder dans une glace.

—Tu vas te faire tuer, James ! C'est complètement stupide ! C'est un comportement de gamin suicidaire ! rugit Rose en le repoussant.

—Tu n'as vraiment rien compris, siffla James en retour. Tu crois que tu es adulte ? Tu as encore tellement de choses à apprendre, Rose ! Restez là à pleurer, d'autres feront quelque chose c'est ça ? Je ferais ce quelque chose.

Il ne laissa pas le temps à sa cousine de répondre et fondit vers sa poche et saisit sa baguette puis la fit tomber au sol. Scorpius sortit alors sa baguette, ils s'affrontèrent du regard en se jaugeant l'un l'autre.

Un cri soudain déchira le silence, c'était une voix de femme, James en profita pour coller un coup de poing au jeune Malefoy qui tomba en arrière. Il prononça un vague « désolé » avant de quitter et verrouiller la pièce.

—James ! Non ! entendit-il Rose hurler. ON VIENT AVEC TOI !

Cours toujours, se dit-il. Cependant, il fut arrêté par la main sèche de Teddy. Oh, non, pas lui, songea le jeune Potter.

Les yeux du métamorphomage brillèrent lorsqu'il vit la baguette de Rose dans sa main. James avait tellement de choses à dire à Teddy, tellement d'erreurs à se faire pardonner, mais il n'avait pas le temps.

Si vraiment les Reliques et la formule avaient un tel pouvoir il ne pouvait pas perdre une seconde de plus.

—Qu'est-ce que tu vas faire James ?

—À ton avis ? répondit-il sèchement.

Un nouveau cri de femme retentit. James reconnut la voix de Mrs Malefoy.

—Elle vient de perdre les eaux, répondit Teddy en croisant son regard. Bill, Fleur et Grand-Mère sont auprès d'elle. Tu vas à Godric's Hollow, je viens avec toi.

—Moi aussi.

James se figea en voyant sa mère arriver, une expression froide sur le visage.

—Maman…

—Je ne peux pas t'empêcher d'y aller James. J'aimerai, mais comme toi je ne peux pas rester ici à ne rien faire.

James se mordit la langue. Il brûlait de lui ordonner de rester ici, tout comme Teddy, de ne pas mettre leur vie en péril, de ne pas courir vers le danger comme lui même s'apprêtait à le faire, mais il ne put s'y résoudre. Ils étaient une famille. Tout était arrivé par leur faute, tout devait se finir avec eux.

Jedusor avait raison sur un point, ensembles ils étaient plus forts que quiconque.

—Maman… je vous en ai voulu pendant des années d'avoir participé à cette guerre, de ne pas être restés dans votre coin. J'étais tellement con, vraiment con. J'ai compris. La guerre on ne la choisit pas. On choisit juste ce qui vaut la peine de se battre.

Les yeux brillants et bruns de sa mère pétillèrent. Teddy posa une main douce sur son épaule.

—Ça va aller James. On va aider Harry, Albus et Lily.

—Je suis tellement fière de toi, mon fils. Vous êtes mes deux fils tous les deux et il en sera ainsi à jamais. Ton père aussi voulait donner sa vie pour arrêter Voldemort, tu lui ressembles bien plus que tu ne le crois, James. Maintenant venez, filons d'ici pendant qu'ils sont occupés avec Astoria.

oOo


Et voilà ! Le prochain chapitre sera l'avant dernier en comptant l'épilogue ;)

J'espère que ça vous a plu

Love, Hugs,

La chauve souris requin transgénique