Bonsoir / Bonjour !
Et voilà. Plus de deux ans que j'ai commencé cette fiction, entre l'écriture et la publication. Ce n'est pas du tout la fin que j'avais prévu au début, mais avec la façon dont l'histoire a avancée, les personnages ont fini par avoir leur volonté propre et j'en suis là ! Le dernier chapitre…
Qui sera suivi d'un ou deux épilogues. Un épilogue déjà écrit qui ne sera ni du point de vue de Queenie ni de Sirius, et un autre passage du futur de nos personnages que j'avais écris il y a bien longtemps et je publierai peut être après en « bonus ».
En espérant que la fin vous convienne !
Chapitre 49 – Là où tout se termine et où tout commence
Queenie part en direction de la tour de Serdaigle, et nous rejoignons la salle commune de Gryffondor, emportant avec nous le trésor du Baron Sanglant. Nous avançons sans crainte dans les couloirs, la carte du Maraudeur nous indiquant la présence de Rusard et de Miss Teigne dans une toute autre aile du château. Notre magot est plus encombrant maintenant que nous devons le porter dans les escaliers qu'il ne nous avait semblé au premier abord. Sans compter que je suis fatigué, mon cerveau est embrumé par tous les évènements de la journée.
- Sirius ?
La voix de James me sort de mes pensées embrouillées.
- Humph ? fis-je.
- On peut avoir des explications sur ce qu'il s'est passé avec Queenie dans le tunnel ? me demande-t-il.
Ah oui, ça. Le baiser. J'ai du mal à penser le mot, alors le prononcer, cela me semble encore plus compliqué. Pourquoi est-ce que je l'ai embrassé ? Qu'est-ce qui m'est passé par le tête ? Rien, comme d'habitude, dirait Remus. Imaginer sa réplique me fait sourire et les gars interprètent rapidement ce sourire involontaire comme un aveu.
- C'était bien beau tous tes « ce n'est qu'une amie, je vous jure », se moque Peter.
- Ah, le petit Sirius devient grand, il a trouvé l'amour, fait semblant de s'émouvoir James. Je suis ému, j'imagine déjà le mariage.
- Ne t'excite pas trop, Monsieur Evans, répliqué-je.
Ce qui fait rire Peter et Remus, mais un peu moins mon meilleur ami. N'empêche que j'avais raison lorsque je disais que Lily et James finiraient ensemble, même si personne, même les principaux concernés, ne me croyait. C'est important de savourer ses petites victoires.
- Bon, alors, soyons sérieux Sirius, commence James.
- Très belle allitération, le coupé-je.
- Ah, tu m'énerves, peste mon meilleur ami.
Sur ces mots, nous arrivons devant le portrait de la Grosse Dame.
- Encore vous, soupire-t-elle, ne me laisserez-vous donc jamais en paix ?
- Nous quittons définitivement Poudlard à la fin de l'année, lui apprend Remus, vous serez bientôt débarassée de nous.
- Bon, ce n'est pas trop tôt. Vous avez encore dépassé le couvre-feu, nous réprimande-t-elle.
- Abyssinie, dit finalement Peter, et le portrait se décale, nous laissant rentrer dans la salle commune de notre maison.
James a un air anxieux sur le visage lorsque nous passons la porte et il semble immédiatement soulagé de constater que Lily n'est pas dans la salle commune. Mais, Hailey, par contre, est assise aux tables de travail et révise les sortilèges pour l'épreuve de demain.
- J'ai fais croire à Lily que tu étais déjà dans ton dortoir, dit-elle en apercevant mon meilleur ami. Sinon, tu étais bon pour un interminable sermon, Monsieur le Préfet en Chef, ajoute-t-elle moqueuse.
- Merci Hailey, tu es super !
- Je ne le fais pas pour toi, le coupe la Gryffondor, mais pour le calme de mon dortoir et la paix intérieure de ma meilleure amie.
Je rigole à la remarque d'Hailey, j'imagine bien le stress de Lily concernant les examens exacerbés par les frasques de James.
- Au fait, est-ce que vous allez pardonner à Guilia ? nous demande-t-elle alors que nous nous apprêtions à monter les escaliers pour rejoindre notre chambre.
- Probablement, oui, répond Peter.
- Je pense que c'est surtout à Queenie de décider si elle lui pardonne ou pas, dis-je
- Tu sais qu'elle a fait tout ça pour toi, Sirius, me reproche Hailey.
Je ne sais pas quoi répondre à cette affirmation, alors je reste silencieux. Qu'elle l'ait fait pour moi ou pas, ce n'est pas une excuse. Elle a mis la vie de Queenie en danger ! Finalement, Hailey nous souhaite « bonne nuit » et rejoint son dortoir, et nous faisons de même. Je saute dans la salle de bain, sans laisser le temps aux gars de parler de Queenie ou de me voler la place sous la douche.
En vérité, j'ai besoin de réfléchir un peu. Je m'en veux d'avoir embrassé Queenie, comme ça, sans rien dire, sans en avoir jamais parlé. Enfin, ça ne se contrôle pas ce genre de choses… Je crois que maintenant, je ne peux plus me voiler la face. Et j'ai très peur qu'elle m'en veuille, d'avoir tout gâcher avec ce comportement immature. Je n'ai vraiment pas réfléchi.
J'ai très envie de l'embrasser à nouveau.
xxx
J'aperçois Queenie qui se dirige vers la Grande Salle pour le petit-déjeuner, et j'esquisse un geste pour aller lui dire « bonjour », mais elle presse le pas et entre rapidement dans le réfectoire, m'ignorant superbement.
- Bon, tu vas galèrer, déclare Remus, pragmatique.
- Ouais, marmonné-je, niveau relation amoureuse, ce ne serait pas la première fois.
Nous passons les portes de la Grande Salle tout en discutant.
- T'avais qu'à sortir avec Guilia, tu aurais eu moins d'ennuis, se moque Peter.
Combien de fois ai-je pensé cela ! Mais, finalement, je suis bien content de ne pas l'avoir fait, d'autant plus en connaissant aujourd'hui son vrai visage. Je m'installe à côté de lui à la table des Gryffondors, tandis que James se met face à moi, et à côté de Remus.
- C'est clair, réplique James, parce que cette année, tu as fait fort, entre Lily, Candy et Meredith…
J'esquisse un sourire en entendant l'énumération de James. C'est vrai que c'était très chaotique cette année. Comme tout le temps, en fait. Mais, finalement, mon rêve d'une relation simple, basée sur l'échange, la compréhension et l'humoir, je crois que je peux l'atteindre. Je crois que j'ai trouvé la fille qu'il me faut, et ce n'est pas juste un coup de cœur comme Meredith ou Candy, cette fois, je suis sûr de moi. J'ai beaucoup réfléchi cette nuit, et j'en suis arrivé à cette conclusion.
- Hum, je crois que nous ne sommes pas au courant de tout, Peter, lance Remus. Nos amis sont indignes.
- Tu ne t'en rends compte que maintenant ? fait semblant de s'étonner Peter.
Les deux explosent de rire, tandis que je me sers mon café en souriant et que James fait « non » de la tête en empilant des croissants sur son assiette.
- Bon, tu vas faire quoi Sirius ? me demande James.
- Boire mon café, puis passer mon épreuve de sortilèges, répondis-je naturellement.
- Sirius, n'abuse pas, tu as très bien compris de quoi je parlais.
- Tu parlais de quoi ? le questionne Lily qui vient de rejoindre notre table.
Bon, là, je crois qu'il faut voir les choses en face, je suis complètement fichu. Si Lily les rejoint dans leur harcèlement, je vais craquer. Il faut que je l'avoue à voix haute, je le sais. Il faut que j'arrête de me mentir et que je prenne réellement conscience de ce que je ressens désormais.
- De Queenie, lui apprend James.
- Ah oui, la fameuse « c'est seulement une amie », dit Lily, moqueuse.
- Bon, les gars, Lily… Je crois que vous avez assez joué avec mes nerfs et que j'ai épuisé toutes les techniques de changement de sujet possible, avoué-je enfin.
Peter applaudit à ma courte tirade, et ils ne disent rien, attendant que je continue.
- Effectivement, je me suis rendue compte ces derniers temps que j'éprouvais plus que de l'amitié pour Queenie.
- Hourra, s'exclame James.
- Victoire, crie Remus.
- C'est pas trop tôt, admet Lily.
Peter, lui, applaudit à nouveau, trop mort de rire pour parler.
xxx
Les jours qui suivirent furent particulièrement étranges. Queenie semblait m'éviter, elle vint toutefois parler à James du trésor et lui demanda l'autorisation de le montrer à Enora, mais elle ne m'adressa pas la parole. Alors que je me suis enfin avoué mes sentiments envers elle, voilà qu'elle me repousse. Bien sûr, je l'ai embrassé sans raison, nous n'en avons pas parlé, nous ne nous sommes pas expliqués, je peux comprendre sa colère et son questionnement. Je ne sais pas vraiment comment réagir, alors j'attends, je ne fais rien. Ce n'est pas du tout Gryffondoresque, je l'admets volontiers.
Je me concentre sur mes épreuves d'ASPICS, voilà qui est raisonnable au moins.
xxx
- C'est la première fois qu'un sujet d'histoire de la magie me passionne autant, s'écire James alors que nous sortons de l'épreuve théorique.
Pour les ASPICS d'histoire de la magie, point de dissertations tordues sur les révoltes des Gobelins ou d'analyse de textes bizarres du Moyen-Âge, non, nous avons un questionnaire sur l'histoire du Quidditch. Nous avons répondu à des questions sur Gertie Keddle, les marais de Queerditch, le vivet doré et l'instauration de la Coupe du Monde. Je pense que les notes en Histoire de la magie vont être plaisantes cette année !
- On va dans le parc ? propose Peter.
- Super idée, soupire Lily, j'en ai marre de réviser.
- J'aimerais bien réviser l'étude des moldus une dernière fois avant l'épreuve de cette après-midi, leur confié.
Lily se tourne vers moi avec un léger sourire.
- J'admire ton opiniâtreté, déclare-t-elle, mais tu es prêt Sirius, j'en suis convaincue.
Je hausse un sourcil, et finalement, je vais quand même à la bibliothèque. Je n'y vois pas Queenie, ce qui m'attriste un peu, j'avais espéré pouvoir lui parler. Je vais peut-être attendre la fin des épreuves d'ASPICS et j'irais tout lui dire. Que ça marche ou pas, je ne vais pas rester avec ce secret, et elle a le droit de savoir pourquoi j'ai agi comme ça dans le tunnel.
xxx
Etude des moldus – Niveau ASPICS
1. Citer deux (2) institutions politiques moldues internationales.
2. Citer deux (2) institutions politiques moldues anglaises.
3. Comment se nomme l'actuel Premier Ministre Anglais Moldu ?
4. Quel service du Ministère de la magie est chargé des relations avec les moldus ? Qui en est le directeur ?
La quatrième question me fait sourire, à croire que le questionnaire de mon épreuve d'étude des moldus lit dans mon avenir. Je vais bientôt entamer mes études et rejoindre ce service justement ! Je termine de lire les quarante questions que composent l'examen, puis je commence à répondre. Pour la première question, je cite l'Organisation des Nations Unies, sans réfléchir, c'est très connu, il y a même une partie réservée aux sorciers. Tous les dirigeants du monde moldu connaissent les sorciers et nous n'avons pas été mis à l'écart des grandes décisions mondiales.
Je noircis mon parchemin de lignes et lignes, donnant le plus de détails possibles, justifiant toutes mes réponses, puis je me relis au moins deux fois avant de rendre enfin mon parchemin au professeur MacGonagall qui surveillait l'épreuve de cette après-midi.
- Vous avez réussi, Black ? me demande-t-elle.
- Je vise un Optimal, dis-je en souriant.
- Je n'en attends pas moins de vous, réplique-t-elle.
Elle me rend mon sourire, puis je signe la feuille d'émargement, je récupère mon sac et quitte la Grande Salle. J'ai terminé ma dernière épreuve des examens de fin d'année. Je peux dire que ma scolarité à Poudlard est officiellement terminée. Il s'agit maintenant de s'amuser jusqu'aux résultats. Quoi ? Qu'entends-je ? On a encore des cours et nos orientations à préparer ? Autant pour moi…
Sans hésitation, je rejoins le parc. Le soleil brille en cette fin du mois de juin, il fait vraiment chaud et la majorité des élèves sont dans le parc. Les gars, Lily et Hailey sont posés près du lac. Les filles se baignent et jouent avec un souaffle gonflable dans l'eau du lac. Peter est endormi sur son sac de cours, tandis que Remus relit ses cours d'arithmancie, il lui reste encore cette matière à passer avant d'en avoir terminé.
- Dis, lance James alors que m'assois dans l'herbe à côté de lui, qu'est-ce qu'on va faire de la carte du Maraudeur à la fin de l'année ?
Peter ouvre un œil, il ne dormait pas vraiment profondément il faut croire, en entendant la question de James.
- On la garde ! s'exclame Remus.
- Elle ne va nous servir à rien, remarque Peter.
- Si je deviens prof à Poudlard, je pourrais tellement surveiller les élèves, rêve Remus.
- Sûrement pas, s'exclame James, il faut laisser leurs chances aux petits nouveaux de prendre notre place de fauteurs de trouble en chef !
Je médite la remarque de James, mais je ne vois aucun élève dans les plus jeunes qui se démarquent du lot pour le moment.
- On pourrait la cacher dans Poudlard, proposé-je.
- Mais où ? demande Remus.
- Dans le bureau de Dumbledore, s'exclame James.
Je grimace, même si l'idée semble géniale.
- Trop compliqué de s'y rendre sans se faire prendre, et on ne connaît pas le mot de passe, déclaré-je.
- Dans le bureau de Rusard, propose soudain Peter.
- Super idée, s'écrie James, c'est l'un des premiers endroits que vont fouiller ou découvrir tous les chapardeurs.
- De quoi vous parlez ? nous demande Lily qui vient de sortir de l'eau.
- De rien, ment James.
Elle fronce les sourcils et attrape sa serviette de bain pour s'essuyer.
- Encore les secrets des Maraudeurs ?
- Si tu deviens Madame Potter, tu pourras les connaître, lui promet James.
- James, soupire-t-elle, on en a déjà parlé, on est encore trop jeune pour se marier.
- Mais pas pour mourir à la guerre, réplique James, soudain plus sombre.
- J'ai hâte de vraiment m'investir dans l'Odre du Phénix, dis-je alors, rebondissant sur la remarque de mon meilleur ami.
Lily s'installe entre James et moi, après avoir remis sa robe et ses lunettes de soleil.
- Moi aussi, je n'ai encore assisté à aucune réunion.
- On en a pas vraiment fait non plus, avoue James. D'ailleurs, on a un peu laissé tomber les séances d'entraînement de DCFM avec la fin de l'année.
- Bientôt, on sera dans le feu de l'action, lui promis-je, on va enfin prouver notre valeur.
xxx
Il nous reste une semaine. Une seule petite semaine. Sept jours à passer à Poudlard et tout cela sera fini, nous quitterons l'école. Nous serons des adultes, lancés dans le monde, dans la guerre, dans la vie. Je suis un peu nostalgique et inquiet ce matin, en prenant mon petit-déjeuner. James est dans le même état. Soudain, le hibou de sa famille s'engouffre dans la Grande Salle, alors que l'heure du courrier n'est pas encore arrivée. James blêmit en le voyant s'approcher et je partage son inquiétude. Il n'annonce aucune bonnes nouvelles ces jours-ci.
James prend la lettre et déchiffre les mots qu'elle contient. Son visage se décompose et les larmes coulent sur ses joues. Je n'ai pas besoin qu'il parle ou qu'il me donne le courrier à lire pour que je comprenne. C'est terminé, Gary Potter est décédé. Son père, mon père adoptif, notre modèle à tous les deux, a rejoint l'autre monde, celui dont on ne revient pas.
Lily arrive et reste un moment interdite, à me voir serrer James contre moi, tous les deux en pleurs. Je lui fais un signe et elle s'approche de nous. James se détache de moi, et Lily le prend à son tour dans ses bras. Elle m'interroge du regard et j'articule sans un bruit « son père est mort ». Elle ouvre de grands yeux et serre James un peu plus fort dans ses bras.
- L'enterrement aura lieu jeudi, lâche-t-il enfin.
- Allons voir MacGonagall pour qu'elle t'autorise à sortir, propose Lily.
Agir, voilà ce qu'il faut faire. Lily a raison, il ne faut pas laisser James ruminer.
- Tu viendras avec moi ? lui demande-t-il d'une voix un peu suppliante.
- Bien entendu, répond Lily.
Il se tourne vers moi, et je lui assure que je viendrais également.
xxx
Je sors dans le parc et je la vois, assise devant le lac. Il est temps que je lui parle, je dois comprendre ce qu'il se passe. Pas de faux-semblants, plus d'hésitations.
- Tu m'évites ? demandé-je brusquement en m'asseyant à côté de Queenie.
Enora sursaute et se lève sans un mot, nous laissant tous les deux. Je ne sais pas si Queenie a raconté à ses amies ce qui s'est passé dans le tunnel, lorsque nous avons découvert le trésor du Baron Sanglant, mais Enora a une bonne intuition. Je préfère être seul avec Queenie, il faut que nous discutions.
- J'ai appris que tu sortais avec Amélie Carlson, dit-elle amérement.
Il me faut quelques secondes pour réaliser qu'elle parle de la fille que j'ai accompagné à l'infirmierie, après les épreuves de métamorphose. Je n'en reviens pas ! Je ne vois qu'une seule explication, Bertha Jorkins est dans la même classe que Carlson, la rumeur ne doit pas venir de bien loin.
- Et tu as préféré croire la rumeur plutôt que me poser la question ? questionné-je.
- Et donc, c'est vrai ou pas ? insiste-t-elle.
- Je n'en reviens pas que tu me demandes ça !
Je me lève sans rien dire et je la laisse là, assise dans l'herbe du parc. Je marche d'un pas rapide et énervé en direction du château. Je rejoins la salle commune de Gryffondor et j'y retrouve James, Peter et Remus, qui s'apprêtaient à sortir faire un foot avec John et Arthur, comme nous faisions souvent au début de l'année. Peter et Remus ont appris pour Gary et ont décidé de changer les idées de James par tous les moyens possibles jusqu'à jeudi. Ils viendront aussi avec nous à la cérémonie.
- Alors, tu as parlé avec Queenie ? me demande naturellement Remus.
- Vous êtes ensemble ? ajoute Peter en souriant.
- Non, m'énervé-je, sans relever sa remarque presque moqueuse, elle croit que je sors avec Amélie Carlson.
- Pardon ? s'étonne Remus.
- La fille qui s'est évanouie avant la métamorphose ? se renseigne Peter.
- Oui, lâché-je en me laissant tomber dans un fauteuil.
Les gars restent silencieux, et je ne sais pas quoi dire non plus. Soudain, je remarque la présence de Lily qui lisait dans le canapé, et elle me regarde en secouant la tête.
- Queenie est inquiète et jalouse d'Amélie, elle se demande si tu te moques d'elle ou pas, qu'elle te connaisse depuis presque un an n'y change rien, elle ne veut pas que tu lui brises le cœur. Alors, si tu l'aimes vraiment, lève-toi de ton siège et va la voir, s'écrie-t-elle.
James se retourne vers elle, visiblement surpris par son discours, et Remus mime des applaudissements, tandis que Peter hoche frénétiquement la tête. Soudain, Lily fait un pas vers moi, me tire par le bras de mon fauteuil et mes quatre amis me poussent vers la sortie de la salle commune.
Une fois dehors, je me dis que je n'ai plus qu'à suivre leur conseil. Je retourne dans le parc, mais Queenie n'y est plus. Je vais à la bibliothèque, mais celle-ci est désertée depuis la fin des examens. Je tente la Grande Salle, et je la trouve avec Arizona et Enora, buvant un thé autour de la table des Serdaigles. Je m'approche rapidement, Queenie est de dos, elle ne me voit pas arriver, mais Enora lui fait un signe. Elle se retourne, et je crois que je ne l'ai jamais trouvé aussi belle qu'en cet instant, à la fois énervée et triste. Mais, cette tristesse, je sais en être la cause, et je m'en sens mal. Allez, Sirius, répare ton erreur !
- Qu'est-ce que tu veux ? dit-elle aussi froidement qu'elle en semble capable.
Je ne réponds rien, je me penche vers elle et je l'embrasse. Cette fois-ci, c'est prémédité, prévu et je fais durer le baiser, passant ma main dans ses cheveux roux. D'abord surprise, elle répond ensuite à mon baiser. J'ai le cœur qui fait des bonds dans ma poitrine, et j'entends Enora marmonner « enfin ! ».
Lorsque je recule, reprenant ma respiration, Queenie me sourit.
xxx
- Chers élèves, voici le dernier repas de l'année que nous passerons tous ensemble dans cette Grande Salle, commence Albus Dumbledore.
Il porte une longue robe verte claire, recouverte de petites marguerites blanches, célébrant ainsi le beau temps que nous avons depuis la fin des examens. La joie de la fin de l'année et l'été qui approche contraste avec l'enterrement de Gary qui a eu lieu jeudi. James est un peu sombre depuis que nous sommes revenus. Vendredi, il n'est pas sorti du dortoir et nous lui avons laissé une journée pour penser et ressasser, mais maintenant, c'est terminé. La vie n'attendra pas, et je sais que c'est ce que Gary aurait voulu.
C'était une cérémonie sobre et simple, Mathilde a fait un petit discours, un employé du Ministère également et c'était terminé. L'après midi, nous sommes tous restés avec Mathilde, dans la maison des Potter. Lily l'a aidé à préparer à manger et à ranger les affaires de Gary. Mathilde était ravie de la rencontrer, malgré les évènements. James a du se rendre à une réunion avec les associés de son père, à la Wright Industries, et le directeur adjoint a provisoirement pris la place de son père en attendant que James termine ses études, mais il aura tout de même un droit de regard sur toutes les décisions prises, comme Mathilde.
- Je vais tout d'abord annoncer les prix de cette année. Gryffondor a remporté la coupe de Quidditch, continue le directeur de l'école, et Serdaigle gagne la coupe des Quatre Maisons.
De nombreux élèves applaudissent, sifflent et s'exclament. Certains félicitent James pour son management d'équipe et ses entraînements épuisants qui ont porté leurs fruits. Peter et James sont assez fiers de leur saison de Quidditch. Les Serdaigles semblent également très contents d'avoir eu le plus de points dans les grands sabliers du hall. Je souris à Queenie à travers la foule, et elle me rend mon sourire.
Depuis le jour où je suis venu l'embrasser dans cette même salle, nous sommes ensemble. C'est un peu étrange, nous cherchons nos marques dans cette relation qu'aucun de nous deux n'imaginaient il y a encore peu de temps, mais ça va marcher, j'y crois plus que tout. Je suis persuadée que l'on va s'en sortir et que l'on aura une belle histoire.
- Et maintenant, bon appétit, lance Dumbledore.
Des applaudissement retentissent à nouveau et les plats recouvrent les tables des quatre maisons. Je n'ai pas vraiment écouté son discours, mais tant pis.
- C'est la dernière fois, soupire Remus en se servant de ses plats préférés.
- Tu es un vrai glouton ! se moque Peter.
- Maintenant, on va devoir se faire à manger nous même, soupiré-je.
Je me sers une énorme portions de légumes, en prévision des prochains jours à manger des pâtes chez moi.
- Achètes toi un elfe de maison, me propose James.
- Si on vit ensemble un jour, on n'aura pas d'elfe de maison, le coupe Lily. L'esclavage me répugne !
- On va prendre des cours auprès de ta mère, murmuré-je à James.
Il sourit à ma remarque, et son sourire me réchauffe le cœur, je suis content de le voir sourire ainsi, après tous ces évènements. Après une orgie, que dis-je, une overdose, de nourriture, salée et sucrée, le directeur de l'école reprend la parole.
- Maintenant, nous allons écouter le traditionnel discours du major de promotion des septièmes années, veuillez applaudir Mademoiselle Lily Evans.
À la table des Gryffondors, tous les regards se tournent vers la préfète en chef, qui rougit vaguement, avant de se lever.
- Non ? s'écrie James.
- Cachotière, ajouté-je.
Elle nous fait un clin d'œil et se dirige vers l'estrade. Lily s'éclaircit la voix, puis se lance un « sonorus » avant de commencer à parler.
- Chers professeurs, personnels de l'école, élèves, fantômes et tous les autres, commence-t-elle.
- Tu ne m'avais pas dis que c'était elle, la major de promotion, me chuchote Queenie qui vient d'arriver et prendre la place laissée vacante par Lily.
Je l'embrasse rapidement et lui attrape la main sous la table.
- Je ne savais pas, répondis-je.
- Enora est trop en colère, dit-elle en riant, son objectif de l'année était de battre Lily, et c'est un échec.
Queenie se sert un jus de fruit en parlant, je reconnais bien là ses habitudes, à ne boire que du jus de fruits ! Je devrais penser à en acheter, une fois chez moi, pour quand elle viendra.
- Ton frère va la consoler, blagué-je.
- Croisons les doigts, soupire-t-elle, qu'est-ce qu'ils peuvent être têtus.
- Ah, parce que vous deux, non ? se moque Remus.
Queenie et moi lui tirons la langue en cœur, ce qui fait exploser de rire Peter, puis nous nous concentrons sur le discours de Lily.
- À Poudlard, je pensais apprendre la magie, les sortilèges, les potions et toutes ces merveilleuses choses qui semblent étonnantes lorsque l'on vient d'une famille moldue, déclare Lily. J'ai appris tout cela, et bien plus encore. En ces temps troublés, il me semble essentiel de parler d'amitié et de liens. Ici, à Poudlard, j'ai trouvé une communauté sorcière, une communauté qui s'entraide, qui se soutient, qui se bat ensemble, qui surmonte les chagrins, les peines et partagent les bons moments.
Elle s'arrête un instant pour reprendre sa respiration, et, sous la table, je sers un peu plus la main de Queenie. Je me reconnais tellement dans son discours.
- Toutes les familles heureuses se ressemblent, mais chaque famille malheureuse l'est à sa façon, écrivait Léon Tolstoï, un auteur moldu, continue-t-elle. Nous avons tous des soucis, des questionnements, des inquiétudes. Mais, la famille n'est pas seulement biologique, c'est aussi celle que l'on se créé, celle qui nous accompagne dans nos délires, dans nos bons et nos mauvais moments. Celle qui nous réconforte dans nos histoires d'amour foireuses. Celle avec laquelle on se bat, dans cette guerre meurtrière qui fait trembler l'Angleterre. À Poudlard, j'ai trouvé une famille. Tous ensemble, nous sommes une famille.
Certains Serpentards la sifflent, mais la majorité des élèves applaudissent largement son discours réunificateur. Lily revient vers notre table, un peu rouge et inquiète.
- C'était un super discours, la rassure James, très touchant.
Queenie se décale pour lui faire de la place.
- Oui, dis-je, il m'a beaucoup parlé, c'était super Lily.
Le directeur annonce que nous recevrons nos résultats d'ASPICS par courrier à la fin du mois de juillet, puis la soirée prend fin. Dans le hall, les élèves restent un peu, par groupe, discutant, rigolant, profitant des derniers instants à Poudlard. Lily et Hailey sont allées voir Guilia. Queenie lui en veut toujours, mais elle a assuré à Lily qu'elle ne lui tiendrait pas rigueur de lui parler à nouveau, elle comprend qu'elles soient amies malgré les défauts de Guilia.
- Mes amies aussi ont des défauts, a-t-elle ajouté pour terminer de convaincre Lily.
Peter est parti faire un tour dans le parc avec Janice. Ils vivent dans le même village et pourront se voir pendant l'été, mais avec les examens de fin d'année, ils ont moins passé de temps ensemble. Cela fait maintenant plus d'un an qu'ils sont ensemble, c'est un record, c'est lui qui a la plus longue relation de nous quatre ! Je suis avec Queenie, James, Remus, quand Judith nous rejoint.
- Alors, école de journalisme, l'année prochaine ? lui demandé-je.
- Oh oui, répond-t-elle, avec le Poudlard News, ils ne peuvent pas refuser mon dossier.
- On est désolé de ne pas avoir été très présent à la fin de l'année, pour le journal, dit soudain Queenie.
- Pas de soucis, les amoureux, rit-elle en regardant nos mains entrelacés.
Remus et elle finissent par s'éloigner pour aller vérifier qu'aucun élève d'année inférieure ne s'est perdue ou ne fait un peu trop la fête. Enora et Arizona, les copines de Queenie s'approchent de nous. Arizona évite soigneusement James des yeux, mais il ne semble pas vouloir l'ignorer.
- Tu tombes bien, dit-il avant qu'elles aient eu le temps parler, je voulais te dire que je suis vraiment désolé de la façon dont je me suis comporté avec toi. Ça n'excuse rien, je le sais bien, mais je ne voulais pas que l'on quitte Poudlard sans que je te l'ai dis. J'étais sincère quand je suis sorti avec toi, et j'étais sincère quand on s'est quitté. Je m'en veux de t'avoir entraîné dans mes problèmes de cœur.
Arizona ouvre la bouche, étonnée et ne sait visiblement pas quoi répondre. Enora semble très surprise de la tirade de James, et j'avoue que je ne m'y attendais pas, mais je trouve cela très bien qu'il s'excuse. Queenie a l'air de penser la même chose.
- J'accepte tes excuses, finit-elle par dire. On venait voir Queenie pour lui dire que nous rentrions au dortoir.
- Non, certainement pas, réplique Queenie. Enora, tu vas aller voir Ethan, je crois qu'il te cherche en plus.
- Quoi ? s'étonne Enora.
- Et toi, Arizona, tu sais que Doug organise une fête de fin d'année ? Alors, je te propose d'y aller.
- Quoi ? s'exclame Arizona.
Les deux Serdaigles finissent par exploser de rire. C'est rare de voir Queenie prendre ainsi les choses en main, mais tout au long de cette année, elle s'est affirmée et a pris confiance en elle, et ça lui fait du bien, je crois.
- Depuis quand tu es comme ça toi ? Où est notre meilleure amie ? blague Enora.
- Enora, appelle soudain Ethan, qui se tient un peu plus loin. On va se promener ?
- J'arrive, répond la Serdaigle, avant de lancer un clin d'œil à sa meilleure amie.
Tandis qu'Enora rejoint le Serpentard, James nous laisse pour retrouver sa petite amie. Ses excuses faites à Arizona, il ne souhaite pas s'imposer.
- Vous restez tous les deux ? nous demande Arizona.
- Je ne la lâche pas, promis-je en resserrant ma main contre celle de Queenie.
Elle lève la tête vers moi et me sourit.
- J'y compte bien, répond Arizona, tu n'as pas intérêt à lui faire du mal ! Bon, puisque c'est comme ça, je vais à la fête de Doug. Vous venez ?
Et c'est ainsi que ma septième et dernière année à Poudlard prend fin. En faisant la fête avec ma petite amie et les élèves de sa maison, tandis que mes meilleurs amis sont aussi avec leurs amoureuses. Tous les Maraudeurs ont trouvé leur moitié, cette année, même si James et moi avons plus galérés que Peter et Remus.
Nous sommes unis pour toujours. Rien ni personne ne pourra nous séparer.
