Voilà, on va doucement repasser du côté d'Adam pour un nouveau chapitre prise de tête :)
Shinakun : Je savais que ça décevrait, mais le Portoloin a plusieurs inconvénients : d'abord, il en faudrait plusieurs pour toute la délégation. Ensuite, je ne sais pas s'il peut parcourir de si longues distances ! Dans les livres, ce sont des voyages dans le pays, mais de l'Ecosse à l'Egypte... c'est quand même loin. Et pour finir, toutes les écoles arrivent dans des trucs stylés (Bateaux, carrosses,...) Venir avec un Portoloin, ça ferait un peu bouseux :p Après, pas la peine de voir des complots partout ! Un Tournoi, c'est déjà bien assez.
valabo : Merci :p
Bonne lecture !
Chapitre 52 :
Stephen posa brutalement sa pile de livres sur une des tables réparties dans la grande salle de leur bâtiment-dortoir. Ils le partageaient avec la gente masculine des autres écoles, mais chaque groupe possédait son propre dortoir.
-Tu comptes étudier ? s'étonna Thomas en regardant tous les livres de cours.
-Bien sûr ! répondit son ami sur un ton agacé. McGonagall nous a prévenu, nous passerons nos Aspic comme tout le monde. Ca vaut dire que nous allons devoir étudier par nous-même, tu comprends ?
-Je ne suis pas stupide, soupira le jeune homme. Mais nous venons à peine d'arriver !
-Autant prendre l'habitude de travailler, dans ce cas.
Thomas grimaça et lança un regard aux Français. Ils s'étaient réunis dans un coin de la salle et discutaient joyeusement, en bon groupe soudé. Cependant, le Serdaigle repéra vite le mouton noir, un petit blondinet au regard de biche qui lorgnait sur ses camarades mais n'arrivait apparemment pas à s'intégrer à eux. Le britannique se mordit la lèvre, pris de pitié, mais se reprit très vite. Il y avait une chance pour que cet élève soit son adversaire, si lui-même était choisi par la Coupe de Feu.
En y repensant, Thomas se sentit démoralisé. D'après ce qu'il avait compris, le choix se ferait dans moins d'une semaine. Allait-il être sacré champion de Poudlard ? Il en avait envie, mais ça ne suffisait certainement pas.
-…Si je te dérange, dis-le moi tout de suite !
Le Serdaigle sursauta et se tourna vers Stephen. Le membre de la délégation le foudroya du regard et lui mit un bouquin devant les yeux.
-Si je me suis porté volontaire, c'est pour t'aider ! Je sais que ce Tournoi est important pour toi, mais réussir ton année l'est encore plus. Quand tu seras champion, il faudra quelqu'un pour te ramener sur Terre, et c'est moi. J'ai donc organisé un planning d'étude que je modifierai en fonction des épreuves que tu devras accomplir…
Il déplia une grande feuille parcheminée qui ressemblait étrangement à un calendrier, sauf qu'il commençait en novembre, terminait en juin et qu'il n'y avait pas de vacances prévues.
-Tu as déjà eu le temps de faire ça ? s'étonna Thomas.
-Lance ronfle à un point incroyable, répliqua Stephen. J'ai très peu dormi.
-Je vois ça.
-Bien ! Maintenant, regarde. J'ai divisé chaque semaine en trois parties : le matin, l'après-midi et le soir. Les weekends, nous ne travaillerons que le matin, et uniquement les cours où tu as le plus de difficultés… ou plutôt le moins de facilité… bref. Ensuite, je t'ai donné quelques jours de congés aux dates symboliques de…
Le descendant de Gryffondor soupira intérieurement, décrochant légèrement du discours de son ami, qui se transformait en prof particulier. En pire, évidemment.
***
Adam lança un regard blasé à ses camarades, qui avaient tous esquissé un mouvement de recul, puis se tourna vers la vieille armoire qui trônait sur l'estrade, à la place habituelle du bureau du Balafré. Elle tressautait de temps à autres, et lui faisait penser à l'armoire vivante dans « La belle et la bête », mais sans son visage bienveillant. Vincent s'approcha de lui, peu rassuré.
-C'est un Epouvantard !
-…Un épouvantail ? Dans l'armoire ? C'est ça qui vous fait trembler ?
Le sang-pur leva les yeux au ciel.
-Un E-pou-van-tard ! C'est une créature qui prend l'apparence de ce dont tu as le plus peur.
-Et ça lui sert à quoi ?
-Euh… on peut dire qu'il se nourrit de ta peur, répondit Aymeric sans quitter le meuble des yeux. Même si ce n'est pas vraiment ça. C'est aussi un bon moyen de défense.
-Oh, c'est vachement…
La porte de la classe claqua, annonçant l'arrivée du Balafré. Le professeur se planta devant l'armoire, tourné vers ses élèves, un sourire en coin.
-J'imagine que vous avez tous compris ce qu'est la chose qui se cache dans ce meuble ? L'Epouvantard n'est pas la plus dangereuse des créatures, mais elle est capable de vous immobiliser et, parfois, de vous mettre hors d'état de nuire si vous n'arrivez pas à la combattre.
Il marqua une pause, laissa son regard planer sur la classe et sortit sa baguette.
-Le moyen le plus simple pour le vaincre est le sortilège du Ridicule. Voyez et apprenez.
L'armoire s'ouvrit en grand, laissant échapper trois silhouettes sombres, plus grandes que le directeur adjoint. Il s'agissait de trois hommes ricanant, ayant chacun un bras nu arborant un tatouage étrange. Le Balafré tressaillit puis leva sa baguette.
-Riddikulus !
Il y eut trois « plop » successifs pendant que les silhouettes se transformaient en lapins blancs géants à l'air particulièrement stupide. Une bonne partie de la classe éclata de rire. Le directeur adjoint renvoya les pauvres bêtes dans l'armoire d'un geste.
-Commençons le cours, fit-il avec un sourire narquois.
Les élèves formèrent une longue file. Adam se retrouva au milieu avec Vincent, alors qu'Aymeric préféra rester derrière. Le né-moldu lança un regard consterné à son professeur. Pour quelle raison faisait-il ça ? Les confronter à leurs peurs juste pour le plaisir… c'était du sadisme ! Et d'abord, qu'est-ce qui allait bien pouvoir lui apparaître, à lui ? Il n'avait pas de véritable phobie, juste des petites frayeurs, pas assez pour lui faire perdre ses moyens. Le premier élève passa, se retrouva devant un monstre plein de dents et d'autres trucs et l'affubla d'un tutu rose bonbon et de ballerines de la même couleur.
-Pathétique, marmonna Adam.
-Tu y passeras aussi, répliqua Vincent, juste devant lui.
-T'as peur de quoi, toi ?
Le sang-pur baissa la tête sans répondre. Les élèves se succédèrent jusqu'à eux. Adam sentit son estomac se nouer. Même s'il ne savait pas du tout ce qui allait lui être montré, il savait que ça serait sûrement désagréable. C'était le principe, non ? Vincent s'avança d'un pas tremblant et attendit. Un brouillard envahit la place juste devant lui, puis deux grandes pierres tombales s'élevèrent, menaçantes. Le né-moldu regarda son ami trembler de tous ses membres puis jeta un œil aux inscriptions sur les tombes et écarquilla les yeux. C'étaient celles de Florencia Delestis et Harold Lewis, les parents de Vincent. Adam regarda le sang-pur sur le point de défaillir. Ce dont il avait le plus peur, c'était… la mort de ses parents disparus.
-Vincent ! l'appela-t-il.
Le garçon ne se retourna même pas, tétanisé. Dans un coin de la pièce, le Balafré observait, sourcils froncés. Le né-moldu lui jeta un regard et se mordit la lèvre inférieure. De là où il était, son professeur ne pouvait pas lire les noms des morts, il devait juste penser que Vincent avait peur des cimetières, ou quelque chose comme ça.
Dans un sursaut de courage, Adam prit une grande inspiration, s'avança et poussa son ami sur le côté. L'Epouvantard changea de cible et son image se brouilla. Le Serdaigle ne put s'empêcher de ressentir une énorme curiosité face à ce qui allait arriver. Cependant, ce ne fut pas du tout ce à quoi il aurait pu s'attendre.
Trois cadavres apparurent devant lui. Celui de Léo, d'abord, dans la position de sa mort, puis celui d'Eléanora, étendue sur le dos, un couteau planté dans le ventre, et enfin le corps du bébé, Emilia. Une quatrième personne était à genoux derrière eux et levait la tête vers Adam, le foudroyant du regard. Le garçon reconnut sans peine le visage de Godric Gryffondor et comprit. Ce n'était pas sa peur, mais celle de Liliane, qui craignait une mort horrible aussi pour ses maîtresses qu'elle l'avait été pour Léo, et la colère de leur père.
Le né-moldu ne bougea pas. Il n'avait pas vraiment peur, enfin, pas lui. Il sentait l'effroi l'envahir, mais ce n'était pas le sien. Il tenta de le refouler dans un coin de son esprit, là où s'était vraisemblablement réfugié Liliane, mais n'y arriva pas. Et puis d'abord, comment pouvait-il rendre une telle scène amusante ? C'était tout de même des cadavres ! Le Balafré pouvait aller se mettre son sort de Ridicule… quelque part !
Une silhouette s'interposa entre lui et la vision d'horreur. Adam reconnut son professeur et se détendit. Le directeur adjoint ne ridiculisa même pas la créature et l'enferma directement dans l'armoire.
-Ca va ? demanda-t-il au né-moldu.
-Euh… ouais, si on veut, répondit l'intéressé. Par contre…
Il se tourna vers Vincent, qui regardait dans le vide, tétanisé.
-Emmène-le au calme, ordonna le Balafré. Vous viendrez m'expliquer ça plus tard.
Le Serdaigle grimaça mais obéit. Il attrapa son ami par la manche et le traîna jusqu'à l'extérieur sous les regards effarés de leurs camarades et essaya de ne pas rougir de honte. Là, sérieux, c'était horrible, il allait passer pour un psychopathe cinglé. Aymeric sortit de la file légèrement défaite et les accompagne, soucieux.
***
-Il est juste un peu choqué, rien de grave.
Aymeric soupira de soulagement. Adam remercia l'infirmière et lança un regard inquiet à son ami, qui dormait paisiblement dans un lit. La vieille dame lui avait donné une potion-sédatif, ou un truc comme ça.
-Je crois que je devrais aller voir le Balafré, fit-il au Serpentard. Pour lui expliquer.
-D'accord… je vais rester ici jusqu'à ce qu'il se réveille.
-Merci.
Le né-moldu sourit lourdement et sortit de la salle. Il était presque midi, le professeur Galdrar devait donc être dans son bureau. S'il voulait le voir avant l'heure du dîner, il devait se dépêcher. Le Serdaigle dévala les escaliers et les couloirs aussi vite qu'il put et s'arrêta, essoufflé, devant le bureau du directeur adjoint. La porte s'ouvrit d'elle-même et le garçon entra, pas rassuré du tout.
-Je t'attendais, dit le Balafré, assis à son bureau. Nous allons encore avoir une petite discussion.
Adam rougit légèrement et s'installa sur une des chaises à sa disposition.
-Tout d'abord… qu'a vu Vincent ? Il avait l'air terrorisé.
-Les tombes de ses parents, marmonna l'élève.
Le professeur fronça les sourcils puis pointa sa baguette sur une bibliothèque bien fournie. Un dossier s'en envola et se posa juste devant lui. Il l'ouvrit, le parcourut des yeux et soupira.
-Ah, oui. Une triste histoire, sa peur est compréhensible.
-Euh… oui.
-Venons-en au sujet qui m'intéresse le plus : pourquoi aurais-tu peur de Godric Gryffondor ?
Le né-moldu ferma les yeux. L'espace d'un instant, il avait espéré… mais non, le Balafré avait reconnut le Fondateur. La poisse.
-Et je ne parle même pas des trois corps devant lui, ajouta le directeur adjoint. Je parierais que ce sont ses enfants… mais comment peux-tu les connaître ? Il n'y a que très peu de tableaux les représentant, et tu n'as pu en voir aucun à Poudlard. Et même en ignorant ce fait, le reste est tout aussi étrange. Cette peur… elle est complètement…
-Stop !
Adam avait craqué. Il releva la tête vers son professeur, qui avait l'air surpris de s'être fait interrompre. Il ne pouvait pas répondre aux questions que le sorcier allait lui poser, et il n'avait qu'un moyen de se défiler.
-Ca… ça ne vous regarde pas ! déclara-t-il en essayant de maîtriser le tremblement de sa voix. Ne me poser pas de questions et laissez-moi tranquille. Après ce que j'ai fait pour cette école et la communauté sorcière, vous me devez bien ça ! Sans moi, vous ne seriez plus libre !
Sur ce, il se leva et sortit rapidement. Il savait qu'il avait fait quelque chose de pas très gentil, mais il n'avait pas vraiment eu le choix. Il espérait juste que le Balafré allait le laisser tranquille maintenant, et qu'il n'allait pas se mettre à l'embêter encore plus. Le garçon soupira et ralentit l'allure. Il n'avait pas faim. Et il avait l'impression d'avoir été particulièrement stupide.
Cette vie était décidément trop compliquée.
***
Adam sortit dans le parc et ne put retenir un frisson. Le temps était de moins en moins clément, ces jours-ci. Le garçon regretta de ne pas avoir sa cape et se dirigea vers la berge du lac. Il n'y était pas allé depuis l'année dernière, et contempler la surface noire da la grande étendue d'eau lui manquait un peu. Il s'installa sur une pierre à peu près propre et soupira.
« Désolé »
Le né-moldu releva brusquement la tête.
-Finn ?
Non, c'était une voix féminine, et qu'il connaissait. Liliane. Le Serdaigle se leva et fit face au lac, découvrant avec étonnement que son reflet avait pris l'apparence de la nourrice. Il soupira à nouveau, ennuyé par sa présence.
-J'espère bien, marmonna-t-il.
« Je suis plus puissante que toi, expliqua Liliane. Mes peurs prennent plus de places que les tiennes, en quelque sorte. L'Epouvantard l'a senti et… voilà. »
-C'est bien gentil, grommela l'élève, mais je fais quoi, moi, maintenant ? J'ai tenu tête au directeur adjoint et j'ai remis cette histoire de complot sur le tapis. Il va croire que je vais commencer à le faire chanter, je parie !
« Ce n'était pas volontaire. »
-Sans blague.
« J'en suis navré. »
Adam se rassit, bras croisés.
-Je m'en fous ! Je crois pouvoir dire que j'ai un seuil de tolérance assez élevé, mais là… Tu ne fais que me pourrir la vie, et ça ne m'apporte rien de bien ! Si je rate mon année, ce sera de ta faute !
« Je… l'année dernière, je t'ai protégé de l'envoûtement du Maître de l'Ordre de la Lumière ! Et tu as promis… »
-Une promesse n'est pas absolue, répliqua le Serdaigle.
« Un sorcier ne rompt pas ses promesses. »
Le né-moldu serra les dents, énervé. Encore cette histoire de promesse inviolable, et tout le tralala… C'était vraiment du n'importe quoi. D'accord, c'était méchant de ne pas tenir ses promesses, mais quand même, c'était loin d'être si grave. Pour les sorciers, c'était comme un crime.
-Je regrette d'avoir accepté, lâcha-t-il après un moment. J'aurais dû avouer au Balafré que tu étais toujours là, je ne sais pas pourquoi je ne l'ai pas fait. Tout serait bien plus simple si tu avais accepté de mourir ou de posséder quelqu'un d'autre !
Liliane ne répondit pas. Adam donna un coup de pied rageur dans un caillou en comprenant qu'elle s'était retirée de la conversation, se leva et regarda autour de lui. Il hésita quelques secondes puis se dirigea vers le château, mal à l'aise.
***
Thomas reposa son livre et leva la tête. La grande pièce, pourtant commune à tous les élèves masculins des écoles participantes, était presque vide. Hormis lui, il ne devait pas y avoir plus de dix personnes présentes. Le Serdaigle constata avec surprise que le pauvre Français était là, assis tout seul devant un livre qu'il ne lisait même pas. Il paraissait beaucoup plus jeune que les autres, mais c'était impossible. Seul des élèves de septième année faisaient partie du voyage.
Le britannique sourit. Ce garçon lui rappelait Adam. Ils avaient la même taille, se tenaient de la même manière… et cette façon de regarder dans le vide, comme si il était ailleurs, c'était frappant. Le jeune homme se demanda si le blondinet avait aussi des parents moldus et s'il était du genre à se fourrer dans les ennuis.
-Tu rêvasses…
Thomas sursauta et se tourna vers Stephen, qui le regardait, réprobateur.
-Il faut absolument que tu finisses ce chapitre aujourd'hui. Je sais que l'Histoire de la Magie est une vraie plaie, mais nous devons revoir le dix-septième chapitre de l'année dernière pour pouvoir passer à ceux de cette année !
-Oh, joie, railla le descendant de Godric.
-C'est lourd, mais nécessaire.
Thomas ne put qu'acquiescer. Il n'y avait jamais vraiment réfléchi, mais l'inquiétude de Stephen concernant ses cours commençait à le toucher. Lui qui avait cru avoir du temps pour s'entraîner ou visiter les lieux… c'était raté !
