Bonjour !
Et voici un chapitre un peu spécial car il aborde une partie de la fanfiction qui se recoupe avec des moments du livre : les BUSES. En effet, vous vous rappelez sûrement qu'Harry a l'occasion de voir un épisode de la vie de Snape, notamment durant et après l'examen de DCFM. J'ai décidé d'exploiter cette même scène ici, aussi une grande partie du chapitre est pratiquement égale à celle du livre et c'est pourquoi je me dois de faire un nouveau disclaimer ici. Je reconnais que ce chapitre est une reprise partielle du chapitre 28 (« Le pire souvenir de Rogue ») du tome 5 de la saga.
Par ailleurs, en relisant ce chapitre dans le livre, je me suis aperçue d'une regrettable erreur... C'est vrai que je ne respecte pas à cent pour cent le fil historique dessiné par Rowling (je ne m'en vante pas, je sais que je ne suis pas 100% fiable!) toutefois j'avais espéré qu'au moins mon histoire coïnciderait avec les grandes lignes de l'histoire des Maraudeurs qu'on pouvait trouver dans les livres... Or, en relisant la scène de l'examen de DFCM, je me suis rendue compte que, à la façon dont James reproche à Peter de ne pas connaître par cœur les caractéristiques d'un loup garou, les Maraudeurs devaient déjà, à cette époque, être des animagis. Or, dans mon histoire, cela n'arrivera qu'à partir de la 6e année. De fait, ils ne peuvent pas encore porter leur surnom... Ne pouvant décidément pas tout reprendre des actes présent et de celui-ci, je dois faire une grosse entorse à ce détail et adapter la scène en fonction... Je m'excuse d'avance pour cela !
Ceci dit, j'espère que vous allez aimer. Bonne lecture !
Note 1 : petite référence dans ce chapitre à ramen-no-juutsu qui m'a donné l'idée, dans son commentaire, d'une petite anecdote. Merci !
Scène 23
Grande Salle, Poudlard, 12 Juin 1978
Tous les élèves étaient à présent bien installés, attendant que les professeurs distribuent les sujets. La tension était palpable car il s'agissait d'un examen très important. En effet, Défense Contre les Forces du Mal était le cours que la grande majorité des élèves comptait garder pour la suite et le niveau minimal requis cette année pour le réussir et rester éligible au cours l'année suivante était particulièrement élevé. La partie théorique aussi bien que la partie pratique allait compter dans la note et il n'était pas question de rater son coup.
James jeta des coups d'œil autour de lui. Ses amis étaient tous à portée de vue et cela réussit à le détendre un peu. Il lui semblait que, ses meilleurs copains à ses côtés, il pourrait tout accomplir.
Les portes furent enfin fermées et, après avoir répété les mêmes consignes que pour les épreuves précédentes, distribuèrent les sujets d'examen. Une volée de feuilles s'envolèrent donc de la pile pour atterrir devant chacun d'eux, d'abord face retournée. Puis, quand tout le monde eut sa part, Flitwick tapota trois fois sur la table du bureau sur l'estrade et annonça le début de l'épreuve.
Le son de centaine de feuilles retournées se firent entendre et les voix se turent. James aperçut immédiatement l'intitulé du questionnaire d'examen :
« DEFENSE CONTRE LES FORCES DU MAL
BREVET UNIVERSEL DE SORCELLERIE ELEMENTAIRE »
Il parcourut ensuite rapidement l'ensemble des questions. À la dixième, un large sourire apparut sur son visage et il dut s'efforcer de contenir un rire. Il voulut se retourner pour jeter un coup d'œil vers ses amis et voir s'ils avaient eux aussi vu ce qui les attendait mais il s'en empêcha, pensant que le professeur, qui passait justement à côté de lui, ne comprendrait pas un tel regard. Mieux valait ne pas risquer de se faire prendre pour tentative de tricherie. Son explication ne conviendrait sans doute personne !
En tout cas, il était soulagé car l'épreuve n'allait représenter aucune difficulté. Et dire que leur professeur de Défense Contre les Forces du Mal n'avait pas arrêté de répéter que son examen serait particulièrement difficile et qu'il fallait absolument le prendre au sérieux. En comparaison, l'épreuve de Sortilèges et Enchaînements, qu'ils avaient eu la veille, avait été, elle, particulièrement ardue tant les questions avaient été complexes et très précises.
Décidant toutefois de ne rien laisser au hasard, il attrapa sa plume, la trempa dans l'encrier et commença à préparer sa feuille de réponse. Et ainsi fila une heure et demie d'examens. Bien que les questions étaient d'une facilité déconcertante, leur ouverture obligeait les élèves à rédiger de gros pavés très détaillés. James venait de terminer sa vingt-cinquième questions quand un cri troubla la concentration de tous. Surpris, le Maraudeur sursauta et renversa son encrier qui alla se déverser sur le coin de la table. Par un heureux réflexe, il ramena vers lui les parchemins et empêcha que l'encre noir ne vienne effacer toutes ses réponses. En même temps, il tourna la tête pour observer ce qui se passait.
De l'autre côté de la pièce, un garçon – qu'il reconnut être Jake Blas, de sa propre maison – s'était levé en maintenant sa jambe des deux mains. James rajusta ses lunettes et plissa les yeux. Il put ainsi remarquer que tout le bas du pantalon de Jake était déchiré en de longs filaments et que du sang coulait de la plaie. Flitwick qui s'était précipité sur les lieux se pencha et se redressa avec, dans la main, un énorme chat roux. C'était une grosse boule de poils à la face écrasée que James n'eut aucun mal à reconnaître.
— A qui donc est ce chat ?, demanda d'une voix courroucée le professeur de Sortilèges.
A trois rangées de là, une main tremblante s'éleva dans les airs. Ratatinée sur sa chaise, Amy rentra la tête dans ses épaules, rouge de honte tandis que toute la salle éclatait de rire. Évidemment, il n'y avait que la Miss Catastrophe pour se faire remarquer en plein jour d'examen ! James éprouva de la compassion pour sa pauvre amie à qui toutes sortes de malheur de ce genre arrivaient. Sous l'ordre du professeur, elle se leva de sa chaise et se précipita en se cognant aux tables et aux chaises pour aller récupérer son chat des mains du petit sorcier. Quelques remontrances sévères plus tard, elle courut hors de la pièce, sans doute pour libérer son chat ailleurs et revint quelques minutes plus tard, le visage toujours aussi rouge de honte.
Entre temps, Flitwick avait aidé Jake à se soigner, à réparer le bas de son pantalon et avait ordonné le silence. Bien entendu, avec un tel événement, les élèves indisciplinés en avaient profité pour discuter et s'échanger ni vu ni connu quelques réponses. James regarda Amy s'asseoir sur sa chaise, échanger encore avec leur professeur et puis replonger piteusement son nez sur sa copie.
Le Maraudeur songea que c'était probablement la première fois depuis longtemps qu'il revoyait le chat. À vrai dire, il avait un peu fini par oublier sa présence, le matou ne faisant plus tellement parlé de lui.
A cinq rangées devant lui, il aperçut les yeux de Lily Evans qui regardait dans sa direction. Croisant son regard, elle lui sourit, amusée par la distraction que leur avait offert Amy. Puis elle détourna la tête et retourna à sa copie. L'instant fut si bref que James crut un instant avoir rêvé. Néanmoins, chose étonnante, cela le fit sourire et il s'acharna à nettoyer sa table avant de continuer son examen.
Pour ceux qui connaissaient bien les deux personnes susmentionnées, cette courte scène avait quelque chose d'extraordinaire. Que Lily Evans sourit à James Potter ! Aurait-on été gaulois que l'on pourrait craindre de voir le ciel nous tomber sur la tête. Si les véritables ennemis des Gryffondors étaient les Serpentards, au sein même de la maison des lionceaux, il n'y avait pas plus ennemis que James et Lily. Ou, tout du moins, c'était ainsi qu'ils aimaient chacun se décrire.
Cela avait commencé le premier jour d'école. Un seul regard leur avait suffi pour comprendre qu'ils ne s'aimeraient jamais, ignorant le proverbe qui prohibait l'utilisation même du mot « jamais » et bannissant celui qui osait déclamer que « les contraires s'attirent ». Préférant croire que ceux qui se ressemblaient s'assemblaient, ils prirent le plus grand soins à s'entourer chacun des personnes qui n'avaient (presque) aucun point commun à l'autre. Presque, car James avait fait la connaissance de Remus Lupin. Remus qui était, comme Lily, un élève studieux, sage et posé. Et d'ailleurs, Remus semblait parfaitement s'entendre avec Lily aux premiers jours. La jeune fille, douce et aimable, avait tout de suite pris en affection le garçon, plus réservé que les autres. Elle se disait sans doute qu'avec un tel compagnon, elle ne risquait pas de s'énerver. Grave erreur. À la première bêtise réalisée par James, alors que tout accusait le garçon, ce fut Remus qui se dénonça à sa place. Peut-être par gentillesse (et en fait, c'était même plus que certain) mais peut-être aussi parce que Remus trouvait en James la moitié de ce qu'il lui manquait et de ce qu'il aurait toujours aimé être : un garçon sociale, drôle, sympa. Lily se sépara (mais sans rancune) de Remus et préféra se contenter de celles qui deviendraient ses meilleures amies : Opale et Eleanor. Quant à James, il fut tout à fait ravi d'intégrer dans son groupe d'amis un garçon aussi intelligent, gentil et, surtout, loyal.
Et depuis lors, c'était la véritable guerre. D'un côté, il y avait James et ses Maraudeurs qui bravaient tous les interdits possibles de l'école et s'amusaient à faire des farces des plus stupides aux Serpentards, prônant le chaos, le désordre, l'aventure et la bravoure. De l'autre, Lily, Opale et Eleanor qui, à elles trois, représentaient l'ordre et la tranquillité, le respect des règles et des convenances.
Les années avaient passé et leurs disputes, fréquentes, avaient pris des allures plus personnelles. À se chercher querelle, ne restaient plus que James et Lily car tous les autres, que ce soit du côté des garçons comme celui des filles, s'étaient lassés de leurs sempiternelles chamailleries. Pire que cela (du point de vue des deux protagonistes), ils en étaient même venues à trouver des terrains d'entente. Opale riait aux blagues, pourtant parfois foireuses, de Sirius et Eleanor était tombée amoureuse de Remus.
Mais cette année, cela semblait s'être apaisé. Peut-être parce que les farces des Maraudeurs avaient mûri ou se faisaient moins nombreuses (bien que plus terribles à chaque fois), mais Lily ne semblait plus tellement tenir à empêcher par tous les moyens James et sa bande de frapper. Elle continuait bien sûr à les désapprouver, lançait des piques bien douloureuses, mais elle ne cherchait plus ni à les dénoncer (c'était inutile, McGonagall savait toujours qui étaient derrière le coup de quoi) ni à les retenir. Elle se contentait de secouer la tête avec exaspération et de marmonner qu'ils finiraient bien un jour par grandir. Et peut-être que James avait en effet mûri. Il lisait beaucoup plus les informations, sensibilisé sans doute par le poste de son père au Ministère. Il était plus conscient du monde dans lequel lui et ses amis allaient être confrontés après Poudlard et le fait d'inventer la plus grande farce de l'histoire de Poudlard était devenue un objectif secondaire. Son objectif premier était, bien sûr, de tout faire pour rendre à Remus la vie plus facile.
Ce dernier était d'ailleurs le seul terrain d'entente sur lequel Lily et lui trouvaient un accord tacite. Il savait que la jeune fille rendait régulièrement visite à Remus lorsqu'il était alité à l'infirmerie. Une compagnie et une empathie que le garçon avait grandement besoin à ces moments-là et dont James lui était reconnaissant. Remus, qui avait tendance à se refermer sur lui-même, avait grandement besoin qu'on lui prouve que son existence comptait pour les autres et qu'il pouvait compter sur ses amis. Et Lily était une excellente amie pour Remus. James avait trouvé dans sa chambre plusieurs missives qu'elle lui envoyait régulièrement l'été et il savait que, pour Noël et son anniversaire, elle pensait toujours à lui offrir quelque chose. Même à la Saint Valentin, elle lui offrait des chocolats d'amitié. Tout cela formait autant de petites attentions que le loup-garou avaient besoin. Cette chaleur qu'elle lui offrait au quotidien était sans aucun doute pour lui d'un grand réconfort aux moments difficiles. Et James ne pouvait ni l'ignorer ni le lui dénier.
Dernièrement, un deuxième terrain d'entente avait été trouvé : Amy. La jeune fille, devenue depuis quelques années, un membre secondaire des Maraudeurs, était également une bonne amie de Lily. Et cette dernière s'inquiétait beaucoup du rapprochement entre Sirius et elle. Il fallait avouer que la situation n'était pas simple, surtout compte tenu de la fragilité d'Amy, de ce qui s'était produit de par le passé, et de la façon dont Sirius traitait généralement les filles. C'était Lily qui avait tiré la sonnette d'alarme. Et c'était à lui, en temps que meilleur ami du Maraudeur, qu'elle avait demandé de veiller au grain. Alerté, il avait accepté d'enquêter et de la tenir au courant des faits. Ainsi, ils avaient fini par se retrouver quelques fois pour discuter, ou plutôt débattre, du sujet. Immanquablement, James avait du admettre qu'il ne leur était pas impossible de s'entendre, comme il aimait pourtant le dire.
Et s'il fallait être tout à fait honnête, la drôle de relation qui les liait n'était pas dénué de respect mutuel. Après tout, James reconnaissait à Lily ses indéniables qualités. Il aurait fallu être aveugle ou fou pour ne pas voir à quel point sa beauté n'avait pas son pareil. Coquette, elle savait comment se mettre en avant sans toutefois tomber dans l'excès. Sa façon d'être respirait l'équilibre et donnait envie, quelque part, de la fréquenter. Si ce n'était son goût trop prononcé pour l'ordre et le respect des règles, James pensait qu'ils auraient pu s'entendre. Mais quel sacré caractère ! Jamais auparavant aucun adulte, sauf sa mère, ou aucune fille (là encore sa mère faisait exception) n'avait osé lui flanquer de claque. Jusque-là il avait toujours pu faire ce qu'il voulait, dépassait les bornes comme cela l'enchantait, personne n'avait jamais réagi... Jusqu'à elle. C'était peut-être masochiste de sa part (et jamais il ne le reconnaîtrait !) mais cela lui plaisait.
— Plus que cinq minutes !, lança le professeur Flitwick en passant à côté de lui.
James avait depuis longtemps (au moins un quart d'heure) fini de répondre aux questions et attendait patiemment que l'examen ne se termine aussi l'appel du professeur de Sortilège ne fut pas pour lui déplaire. Il se laissa aller à bailler, se passa une main sur les cheveux et sur visage, dérangeant un instant ses lunettes, puis suivit distraitement la silhouette de Flitwick qui poursuivait sa route derrière lui. Il se tourna sur son siège et croisa alors le regard de Sirius, quatre rangs derrière lui. Il lui adressa un sourire triomphal auquel Sirius répondit en levant le pouce en l'air. Ce dernier, fidèle à lui même, avait un pied placé contre l'un des pieds de la table et s'en servait d'appui pour se balancer d'avant en arrière. Attendre n'avait jamais été son fort, à vrai dire... Mais même ainsi, il avait toujours cette élégance désinvolte qui faisait rager les garçons et tomber les filles. En parlant de fille, justement, James en repéra une qui, derrière le Maraudeur, le couvait du regard. Elle semblait espérer que le beau Don Juan ne se tourne vers elle et ne la remarque mais Sirius ne lu prêta aucune attention. La fille était pourtant mignonne et aurait été du goût du Maraudeur si celui-ci n'avait pas ses propres yeux rivés sur une rangée bien au-devant de lui. James songea à la discussion qu'il avait eu avec Lily le jour précédent. Oui, Sirius avait bien changé...
Après avoir vérifié que Remus et Peter s'en sortaient bien (Peter semblait, lui, un peu en difficulté pour finir les dernières questions et rongeait, comme à son habitude, le bout de sa plume), James se retourna, croisa à nouveau le regard de Lily à qui il rendit le sourire échangé plus tôt, et attrapa sa plume. Il lui restait encore une ou deux minutes à tuer, aussi se mit-il distraitement à griffonner sur un bout de parchemin.
Peut-être était-ce parce qu'il venait de croiser le regard de la préfète mais il songea au jour précédent. Remus lui avait demandé de ramener à la bibliothèque ses livres tandis qu'il continuait à apporter son aide à Peter dans ses révisions. Comme il n'avait rien d'autre à faire, il avait accepté et s'en était allé, chargé de ses livres. Peu après, alors qu'il ressortait de la bibliothèque, il croisa Lily qui remontait, seule, jusqu'à la tour. Comme ils suivaient le même chemin, ils n'eurent d'autre choix que d'y aller ensemble. Au début, l'ambiance était un peu plombée, n'ayant pas vraiment l'habitude de rester ainsi tous les deux sans se disputer.
« Eum. Alors... comment ça se passe les épreuves... pour toi ? »
Il s'était un peu senti bête de bégayer devant elle. Il aurait très bien pu continuer son chemin en silence mais il n'était pas très à l'aise à l'idée de ne rien dire non plus.
« Bien... Très bien » répondit-elle avec autant d'appréhension que lui. Elle s'efforça néanmoins de sourire poliment. « Et... toi ?
— Oui, pareil. »
Silence.
« Mais l'épreuve de Sortilèges était difficile, pas vrai ? »
Super le sujet de conversation. Ce n'était pas avec ça qu'il allait se détendre ! À croire la façon pitoyable dont il s'y prenait, on aurait pu croire qu'elle l'intimidait. Heureusement, Sirius n'était pas présent pour assister à la scène. Ce qu'il rirait !
« Je n'ai pas trouvé, répondit-elle.
— Bien sûr... » Il n'avait pas pu s'empêcher d'être railleur.
« Je te demande pardon ?, fit-elle sur la défensive.
— Ne le prend pas mal surtout, dit-il en se disant qu'il vaudrait peut-être mieux qu'il se taise. Je pensais juste que pour une fille aussi intelligente que toi, c'était normal que tu n'aies éprouvé aucune difficulté à l'examen. »
Il avait fini sa phrase en se mordant la langue, se traitant mentalement d'idiot. Lily avait froncé les sourcils, d'abord incertaine de comment il fallait prendre sa phrase. Elle avait fini par éclater de rire.
« A t'entendre, on croirait presque que tu me complimentes !, dit-elle, amusée. Que t'arrive-t-il, James ?
— Tiens, ce n'est plus "Potter" ?, remarqua-t-il pour lui claquer le bec. Que t'arrive-t-il, Evans ?
— Bien vu, » dit-elle en continuant de rire.
James s'était alors surpris à penser que son rire était magnifique puis s'était aussitôt maudit en prétextant être fatigué.
« Dis-moi, James, qu'est-ce qui s'est passé entre Sirius et Amy ? »
James avait soupiré. Bien entendu, Lily allait aborder le sujet. Il était toutefois surpris qu'elle n'en sache rien elle-même.
« Amy ne veut pas trop en parler, expliqua-t-elle quand il le lui fit remarquer. J'ai juste compris que Sirius avait fait quelque chose à Eddy et, depuis, Amy ne veut plus lui adresser la parole.
— Et bien, c'est à peu près ça, acquiesça James.
— Tu ne peux pas m'en dire plus ?
— A vrai dire, j'aimerais mieux pas... Non, vraiment, je ne peux pas te répéter ce qu'il a fait. Dis-toi juste que ce n'est vraiment pas cool de sa part. Même moi, je le reconnais, Sirius a dépassé les bornes sur ce coup et il en paie le prix dur.
— Je ne comprends pas, dit-elle. Qu'est-ce qui pourrait être aussi grave ? »
James s'était torturé les méninges pour trouver quelque chose à dire, peut-être une autre façon de lui faire comprendre plus acceptable, mais il avait abandonné. De quelque façon dont il essayait d'aborder la « chose », il n'arrivait à conclure. C'était trop... horrible.
« Tu ne peux pas comprendre à quel point, c'est intolérable, tenta-t-il de se justifier. Il faudrait que tu sois un garçon... là seulement, tu comprendrais. Vraiment, je t'en supplie, ne me force pas à essayer d'en dire plus car je ne le peux pas. Je ne le peux vraiment pas, je te le jure. C'est pas de la mauvaise foi ou quoi !
— D'accord..., fit-elle, perplexe. Je ne suis pas tout à fait sûre de saisir la problématique qui t'empêche d'en parler mais, soit, je n'insisterai plus...
— Merci !, dit-il avec reconnaissance.
— En tout cas, Amy était, non, est encore furieuse, poursuivit Lily. Elle m'a quasiment renvoyé sur les choux quand j'ai essayé de la convaincre de vous pardonner...
— Attends, tu as plaidé notre cause ? »
Ça, James n'en revenait pas, mais alors, pas du tout !
« Que je sois claire : c'est surtout à Remus que je pensais, dit-elle. Il m'a demandé d'essayer de parler à Amy et j'ai accepté, c'est tout.
— Ah, » fit James. Tout s'expliquait, en effet. « Et alors ?
— Comme je te l'ai dit, elle m'a littéralement envoyé balader, soupira Lily. Elle ne veut absolument rien entendre, bien que vous ne soyez pas du tout en cause là-dedans...
— Elle craint sans doute qu'on essaye de défendre Sirius, expliqua James. Bien que l'idée ne me serait pas venue à l'esprit. Cette fois, il est vraiment allé trop loin.
— Tu ne veux vraiment pas me dire ce qu'il a fait ?
— Lily...
— Je plaisante, j'ai bien dit que je n'insisterai plus, le taquina-t-elle. "Lily", releva-t-elle également avec un sourire amusé. Tu deviens familier, Potter !
— Jamais, Evans ! Ma langue a fourché, voilà tout. »
A la plaisanterie dite sans méchanceté, Lily avait de nouveau éclaté de rire.
— Posez vos plumes, s'il vous plaît !, couina soudain le professeur Flitwick.
Tandis que le professeur de Sortilèges rabroua un certain Stebbins pour qu'il cesse d'écrire, James réalisa soudain qu'il était en train de rêvasser en gribouillant sur sa feuille. Tout à ses pensées de la veille, il avait dessiné sur le parchemin un vif d'or au-dessus duquel trônait des lettres qu'il était en train d'enjoliver. Mais aussitôt lut-il les lettres « L.E. » qu'il les raya brusquement, les joues rougies par ce qu'il avait inconsciemment écrit. Mais qu'est-ce qu'il lui prenait !
Sur l'estrade, le professeur Flitwick lança un sort qui fit voler vers lui la centaine de parchemins. Malheureusement, ceux-ci atterrirent avec tant de force sur lui qu'il fut renversé par le choc et deux élèves se précipitèrent pour le secourir.
— Merci, merci..., dit-il d'une voix haletante. Très bien, vous pouvez sortir, maintenant !
Il n'en fallut pas plus pour que James, après avoir froissé le parchemin, se lève d'un bond, fourre ses affaires (dont sa plume et son questionnaire) dans son sac et parte attendre à la sortie que Sirius le rejoigne. Tâchant d'oublier ce qu'il avait fait (quel choc !), il sourit à ses trois amis en se dirigeant vers la sortie.
— Ça t'a plu la question dix, Remus ?, demanda Sirius tandis qu'ils arrivaient dans le hall d'entrée.
— J'ai adoré, répondit ce dernier avec entrain. « Donnez cinq signes permettant d'identifier un loup garou ». Excellente question !
Ils laissèrent passer une fille trop pressée avant de bifurquer vers le parc où la plupart allait prendre l'air après ces deux heures d'examen intensif.
— Tu crois que tu as réussi à les trouver tous ?, demanda James en se donnant un air faussement inquiet.
— Je pense que oui, acquiesça son ami avec sérieux.
Ils étaient alors aux portes du hall et le soleil illuminait déjà leur visage, les forçant à s'en protéger avec les mains. Une fois à l'extérieur, James prit une profonde inspiration. Ce que cela faisait du bien de sortir ! L'enfermement lui avait sans doute joué des tours. Oui, c'était la seule explication qui justifiait qu'il ait pu dessiner les lettres « L.E. » de cette façon. Il n'y avait aucune autre raison à cela. Il tâcha de s'en convaincre toutefois.
— Premier signe : il est assis sur ma chaise, plaisanta Remus, évoquant toujours cette fameuse question qui avait tant fait sourire James durant l'examen. Deuxième signe : il porte mes vêtements. Troisième signe : il s'appelle Remus Lupin.
Toujours à la traîne, Peter n'avait pas tout entendu de ce qu'ils avaient dit et n'avait retenu que l'intervention de Sirius. Il fut donc le seul à ne pas rire de la plaisanterie et affirma d'un ton très sérieux et inquiet à la fois :
— Moi, j'ai mis la forme du museau, les pupilles des yeux et la queue touffue mais je n'ai rien trouvé d'autre...
Sirius le regarda d'un air effaré. Même James, qui lui trouvait toujours des excuses, ne put s'empêcher de réagir.
— Tu es donc tellement bête, Peter ?, dit-il, irrité. Tu fréquentes pourtant un loup-garou. Le minimum est de savoir le reconnaître !...
— Pas si fort, implora Remus, inquiet que quelqu'un puisse les entendre.
Avec cette foule autour d'eux, ils devaient continuellement se méfier des oreilles curieuses. James poussa un soupir et prit les devants, se dirigeant vers le lac. En chemin, Sirius reprit la conversation :
— Moi, j'ai trouvé que c'était du gâteau, cet examen. Je serais surpris si je n'obtenais pas un Optimal.
— Moi aussi, fit James, calmé.
À ce moment-là, il se rappela ce qu'il avait fourré dans sa poche ce matin-là. Il mit sa main dedans et en retira un Vif d'or qui se débattait. Pourquoi avait-il un Vif dans sa poche ? Il avait sans doute deviné qu'après cet examen intensif (bien qu'il fut très facile finalement) ils iraient probablement se détendre au soleil. Avoir un petit quelque chose pour s'occuper ne leur ferait donc pas de mal. Et quoi de mieux que le Quidditch pour cela ?
— Où est-ce que tu as eu ça ?
— Je l'ai piqué, répondit-il avec désinvolture.
Tandis que Remus secouait la tête avec exaspération, il se mit à jouer avec. Il le laissait s'envoler à une trentaine de centimètres avant de le rattraper aisément. Ils étaient alors arrivés au bon endroit pour se poser. Comme on pouvait s'y attendre, Remus avait emporté avec lui un livre qu'il sortit et s'installa contre le tronc d'un hêtre. Peter et Sirius s'allongèrent pour se prélasser et il se contenta de s'asseoir.
Autour d'eux, la même attitude de détente avait envahi les lieux, comme s'ils étaient en vacances. Des filles étaient allées directement dans l'eau après avoir retiré leurs bas et leurs chaussures où elles s'amusaient ensemble, éclatant de rire à chaque fois que l'une d'elle éclaboussait les autres. Certains, plus sérieux, s'étaient mis à l'ombre pour continuer à réviser ou à lire tranquillement. D'autres jouaient aux cartes et quelques uns piquaient déjà un somme sous le soleil printanier.
N'ayant aucune envie de réviser (il n'en avait pas tellement besoin), il continua à jouer avec le vif, s'amusant à le laisser s'éloigner de plus en plus loin. Ses excellents réflexes de poursuiveur lui rendaient la tâche facile. À côté de lui, Peter poussait des exclamations ébahies chaque fois qu'il rattrapait la balle et bien que ses cris étaient un peu agaçants (car manquant de retenue) James ne réagit pas. C'était plaisant de se sentir ainsi admiré. Tout comme il était plaisant de regarder les filles se mouiller toujours un peu plus...
— Range ça, tu veux ?, dit enfin Sirius alors que James venait une fois de plus de rattraper le Vif d'or d'un geste virtuose et que Peter avait poussé un cri d'admiration. Sinon Peter va tellement s'exciter qu'il finira par s'oublier.
Peter rosit légèrement et se mordit la lèvre, se retenant de réagir (ou plutôt de pleurer, Peter ne réagissant jamais aux piques lancées par Sirius). Bien que James était embêté que Sirius se défoule ainsi sur leur ami, il préféra ne rien dire et eut un sourire.
— Si ça te gêne..., dit-il en rangeant le Vif d'or dans sa poche.
Sirius hocha la tête, satisfait. Depuis qu'Amy l'évitait comme la peste et à cause sans doute de ce qu'ils avaient vu le lundi soir, il était d'une humeur exécrable et Peter en faisant souvent les frais, étant celui qui, dans le groupe, avait le moins de répartie. Mais James, malgré toute sa sympathie, en avait parfois assez de toujours et toujours le protéger. Ne pouvait-il pas un peu se défendre lui-même ? Que fera-t-il le jour où ils seront séparés et qu'il faudra se débrouiller seul ? James commençait à se dire que sa façon de le surprotéger n'était peut-être pas une bonne chose. Peter avait peut-être besoin, de temps à autres, à se retrouver confronter à ses problèmes. Il serait bien qu'il finisse un jour par réagir plutôt que de toujours attendre que ses amis l'aident.
— Je m'ennuie, grommela Sirius en baillant. J'aimerais bien qu'on puisse enfin passer à l'étape finale du plan.
Là, il faisait référence à leurs entraînements quotidiens pour devenir animagi. Ils en étaient arrivés à l'étape finale et n'attendaient plus alors que d'avoir le temps nécessaire pour faire le grand pas. Évidemment, ce n'était pas pour plaire à Remus qui ne désespérait pas de pouvoir les en empêcher.
— Espère toujours, lui répliqua-t-il d'un ton grave derrière son livre. Si tu t'ennuies, on a encore l'épreuve de métamorphose, tu n'as qu'à me faire réviser. Tiens...
Il lui tendit son livre mais Sirius renifla d'un air méprisant.
— Je n'ai pas besoin de ces idioties, je sais déjà tout.
James, qui observait toujours les environs, eut soudain une idée. Une idée qui allait probablement plaire à Sirius.
— Tiens, voilà de quoi t'amuser un peu, Patmol, dit James à voix basse. Regarde qui est là...
Suivant son regard, Sirius tourna la tête et s'immobilisa comme un chien qui venait de sentir la piste d'un lapin. Le poisson avait mordu, se dit James. Au moins, il allait arrêter de s'en prendre à Peter et d'ennuyer Remus, s'il avait de quoi s'occuper avec un autre. Et quoi de mieux qu'un serpent (et le serpent !) pour cela ?
— Parfait, murmura Sirius. Servilus.
Snape s'était levé, comme averti par son instinct, et rangeait des parchemins, probablement les feuilles de l'examen dans son sac. Il quitta l'ombre des buissons et commença à s'éloigner sur la pelouse. Au même moment, Sirius et James se levèrent. Seuls Peter et Remus restèrent assis.
— Vous ne devrez pas, voulut-il leur dire mais les deux garçons étaient déjà partis.
Peter, lui, sourit, avide de voir ce qui allait se produire.
Les deux Maraudeurs s'étaient alors bien rapprochés de leur victime.
— Ça va, Servilus ?, lança James d'une voix forte.
Sans prévenir, comme s'il s'y attendait, Snape réagit aussitôt. Il lâcha son sac, plongea la main dans sa poche et en retira sa baguette mais James avait déjà sorti la sienne et ne lui laissa pas le temps de lever le bras qu'il s'écria :
— Expelliarmus !
La baguette magique de Snape échappa des mains du Serpent et vola dans les airs avant de retomber derrière lui avec un petit bruit mat. Sirius éclata d'un rire qui ressemblait vaguement à un aboiement de chien (sans doute un effet pervers de leurs entraînements à la métamorphose, songea James, amusé).
— Impedimenta !, lança alors Sirius en pointant sa propre baguette sur Snape qui n'eut, cette fois, pas le temps de réagir avant d'être projeté en arrière.
Alertés par leurs cris, des élèves s'étaient retournés et certains se rapprochèrent pour observer le spectacle. Quelques uns observèrent avec inquiétude le Serpentard atterrir violemment sur terre tandis que d'autres riaient ouvertement.
Snape était allongé par terre, le souffle court, vaincu. Par prudence, James et Sirius s'approchèrent de lui en le menaçant toujours de leurs baguettes. James jeta alors un coup d'œil en arrière. Il vit Peter se lever pour mieux voir la scène tandis que Remus était toujours assis contre l'hêtre, guettant avec appréhension la suite des événements. Plus loin, les filles qui jouaient dans l'eau s'étaient immobilisées, elles aussi alertées par les cris et les rires.
Un sourire satisfait se glissa sur les lèvres de James.
— Alors, comment s'est passé ton examen, Servilo ?, demanda-t-il.
— Chaque fois que je le regardais, son nez touchait le parchemin, commenta Sirius d'un air mauvais. Il va y avoir de grosses taches de gras sur toute la copie, ils ne pourront pas en lire un mot.
Les spectateurs amusés rirent à la plaisanterie. James remarqua même quelques Serpentards dans le lot. De toute évidence, Snape n'était pas très aimé, même de sa propre maison. Le Serpent, d'ailleurs, essayait vainement de se relever mais le maléfice agissait encore sur lui et il se débattait comme un fou, lui donnant l'air d'un poisson échoué hors de l'eau.
— Attends... un peu, haleta-t-il en regardant James avec une expression de haine. Attends... un peu !
— Qu'est-ce qu'il faut attendre ?, demanda Sirius avec froideur. Qu'est-ce que tu as l'intention de nous faire, Servilo, t'essuyer le nez sur nous ?
Pour toute réponse, des jurons lui répondirent. Snape essaya même de lancer des formules magiques mais sans baguette ils étaient inoffensifs, ne servant qu'à l'humilier encore et encore. Gonflé par la foule qui les acclamait, James en oublia de rester raisonnable.
— Qu'est-ce que c'est que ces grossièretés, lave-toi la bouche, dit James d'un ton glacial. Récurvite !
Des bulles de savon roses s'échappèrent alors de la bouche de Snape qui suffoqua, tentant de recracher le savon. Mais plus il toussait et plus la mousse augmentait, l'étouffant à moitié...
— LAISSEZ-LE TRANQUILLE !
James et Sirius se retournèrent. James se glissa aussitôt la main dans les cheveux. L'une des filles qui jouait dans le lac s'était approchée d'eux à grands pas. C'était Lily Evans. James déglutit. Malgré tout, il tenta vainement de rester cool.
— Ça va, Evans ?
Malgré son ton qu'il avait voulu intentionnellement doux, le regard qu'elle lui porta lui fit un instant oublier sa bravoure. Et il se sentit soudainement très mal.
— Laisse-le tranquille, se contenta-t-elle de répéter sèchement.
Elle s'était avancée vers lui, se plaçant volontairement à la moitié de la distance qui le séparait de Snape.
— Qu'est-ce qu'il t'a fait ?
Peut-être était-ce parce qu'elle le regardait avec répugnance ou peut-être aussi parce qu'elle protégeait Snape (elle protégeait toujours Snape), James se sentit à nouveau irrité.
— Et bien voilà, répondit-il en prenant son temps, comme s'il expliquait à une enfant quelque chose d'évident, le plus gênant, chez lui, c'est le simple fait qu'il existe, si tu vois ce que je veux dire...
Sa réplique était nulle, digne d'un gamin. Mais James, entêté, se mura derrière son air revêche. Quelques uns éclatèrent de rire mais pas Lily qui resta impassible.
— Tu te crois très drôle, Potter, dit-elle d'un ton glacial et en insistant sur son nom de famille comme elle le faisait toujours quand elle voulait l'insulter (et aussi sans doute pour souligner la distinction avec le soir précédent où ils s'étaient si bien entendus pourtant). Mais tu n'es qu'une abominable petite brute arrogante, Potter. (Encore une fois, une insulte se cachait dans son nom de famille.) Laisse-le tranquille !
— C'est d'accord, à condition que tu acceptes de sortir avec moi, Evans, répondit précipitamment, sans même y réfléchir. Allez... sors avec moi et je ne porterai plus jamais la main sur le vieux Servilo.
Tout d'abord choqué par le début de sa phrase (que James demande aussi abruptement à Lily de sortir avec lui avait de quoi ébranler même une gargouille de pierre), Sirius et les autres comprirent le stratagème et ricanèrent. Les joues de Lily rosirent très légèrement mais elle n'en répondit avec pas moins d'éloquence :
— Je ne sortirai jamais avec toi, même si je n'avais plus le choix entre toi et le calmar géant !
— Pas de chance, Potter, dit vivement Sirius avant de remarquer un mouvement derrière Lily. Oh ! Attention !
Profitant que le sort d'Entrave se dissipe et que tout le monde soit distrait par la discussion, Snape avait attrapé sa baguette et l'avait pointé droit sur James. Il y eut un éclair de lumière et une entaille apparut sur la joue de James qui recula d'un bas. Réagissant au quart de tour, ce dernier lança un nouveau sort qui frappa le Serpentard en pleine poitrine et le fit soulever du sol, pieds en avant. Ainsi tête vers le bas, la robe qu'il portait se renversa, dévoilant deux jambes maigrichonnes et caleçon grisâtre. Snape n'avait malheureusement pas été très inspiré et avait opté pour la tenue sorcière la plus traditionnelle mais certes pas la plus sexy.
Des acclamations s'élevèrent de la petite foule Sirius, Peter et James rugissaient de rire devant ce spectacle ridicule.
Lily, dont les lèvres avaient immanquablement tressailli, lança :
— Fais-le descendre !
— Mais certainement, lui répondit James d'un ton serviable.
Il donna un léger coup de baguette et Snape retomba brusquement par terre comme un tas de chiffons. Se dépêtrant de sa robe, il se hâta de se relever en brandissant sa baguette mais, encore une fois, Sirius fut le plus rapide.
— Petrificus Totalus !
Et voilà que Snape, sitôt levé, fut à nouveau renversé à terre, cette fois raide comme un manche à balai.
— LAISSEZ-LE TRANQUILLE !, tonna Lily en sortant à son tour sa propre baguette.
Aussitôt James et Sirius se mirent sur la défensive et l'observèrent avec méfiance. Lily Evans était peut-être une fille de nature calme et posée mais sa maîtrise de la baguette ne laissait pas de place au doute.
— Ah, Evans, ne m'oblige pas à te jeter un sort, dit James avec gravité.
Non seulement, il n'avait pas envie de se battre avec elle (ce n'était pas le but de toute cette mascarade) mais en plus il n'était pas tout à fait certain de l'emporter (mais cela, il ne l'avouerait jamais).
— Alors, libère-le du maléfice !
James hésita une seconde avant de pousser un soupir et d'abdiquer. Se tournant vers le Serpentard, il pointa à nouveau sa baguette sur lui et prononça l'antisort.
— Et voilà, dit-il tandis que Snape se relevait tant bien que mal. Tu as de la chance qu'Evans ait été là, Servilus.
— Je n'ai pas besoin de l'aide d'une sale petite Sang-de-Bourbe comme elle !
Devant eux, James vit Lily cligner des yeux, incertaine d'avoir bien entendu. Puis, comprenant face à la réaction scandalisée du public qu'il l'avait rudement insultée, elle plissa les lèvres, respira un bon coup et dit froidement :
— Très bien. Je ne m'en mêlerai plus, à l'avenir. Et, si j'étais toi, je laverais mon caleçon, Servilus.
Sa phrase, qui aurait pu être particulièrement drôle, résonna dans l'air comme le glas. Tout le monde comprit que c'en était terminé de la si mystérieuse amitié entre la Gryffondor et le Serpentard. Furieux de ce que Snape avait osé dire, James pointa à nouveau sa baguette sur le Serpent et lui ordonna d'une voix menaçante :
— Fais des excuses à Evans !
Ce qui partait d'une bonne intention n'eut guère l'effet escompté. Lily se tourna vers lui, rouge et les yeux en larmes.
— Je ne veux pas que tu l'obliges à s'excuser !, s'écria-t-elle à son adresse avant de rajouter : Tu es aussi mauvais que lui.
— Quoi ?, protesta James. JAMAIS je ne t'aurais traitée de... de... tu-sais-quoi !
Lily eut un mouvement vers lui comme si elle allait lui flanquer une baffe mais finit par se retenir et tenta de contenir sa colère mais c'est avec fureur qu'elle s'exclama :
— Tu te mets les cheveux en bataille parce que tu crois que ça fait bien d'avoir toujours l'air de descendre de ton balai, tu te pavanes avec ce stupide Vif d'or, tu jettes des maléfices à tous ceux que tu n'aimes pas simplement parce que tu sais le faire... Ça m'étonne que ton balai arrive encore à décoller avec une tête aussi enflée. Tu me fais VOMIR !
Ces mots dis, elle tourna les talons et partit à grand pas, fondant la foule qui s'empressa de la laisser passer. Ébranlé par son discours, James commença à réaliser ce qu'il avait fait. Pâle, il essaya de la retenir.
— Evans ! EVANS !
Mais elle ne regarda pas en arrière.
James poussa un juron quand il se rendit compte que tous les regards étaient tournés vers lui. Après la scène que Lily venait de faire et sa réaction, il comprit qu'il lui fallait réagir s'il voulait sauver la face. Passant une main dans ses cheveux, il essaya vainement de faire comme s'il s'agissait d'une question très secondaire :
— Mais qu'est-ce qu'il lui prend ?
Après un temps, Sirius décida de venir à sa rescousse et lui lança un réplique bien à lui avec un brin d'ironie :
— Si je lis entre les lignes, je dirais qu'elle te trouve un peu prétentieux.
Il ponctua sa phrase avec un sourire, faisant comprendre qu'il plaisantait. Certains ricanèrent.
— Ah, c'est ça ? Très bien...
Curieusement, James se sentit soudain furieux. Ses yeux se posèrent sur Snape qui cherchait à présent à prendre la poudre d'escampette. Le Maraudeur y vit l'objet idéal pour passer sa colère. D'un mouvement habile de la main, il lança un sort et Snape se retrouva suspendu les pieds en l'air.
— Qui veut me voir enlever le caleçon de Servilo ?
