Chapitre 52 : « Le Toit Rouge aux Falaises »
Le lendemain matin, je me réveillai dans un grand lit à baldaquins. Je retirai doucement le couvre-lit en laine, puis la couverture en cachemire, en prenant soin de ne pas réveiller Hermione qui dormait paisiblement au bout du lit. J'écartai les rideaux bleu ciel et découvris alors une très belle chambre aux murs bleu ciel. Je descendis doucement du lit et continuai d'observer la chambre. Tous les meubles étaient blancs, le parquet était en bois. Je me dirigeai alors vers la fenêtre, et ouvris les rideaux, bleu ciel eux-aussi.
Une vue splendide s'offrait à moi. La mer s'étendait à perte de vue, reflétant le grand soleil qui brillait dans le ciel bleu. La mer était calme et ne recouvrait que quelques mètres de sable. J'avais l'impression d'être au bout du monde, d'être au bord de la Terre. J'avais l'impression que la mer pouvait m'emporter à tout moment et me précipiter dans le vide. Et pourtant, je me sentais en sécurité. J'avais l'impression d'être dans un monde serein et en paix, j'avais l'impression d'être au Paradis.
La chambre était lumineuse grâce au soleil qui passait à travers les carreaux. Les couleurs étaient parfaites : du blanc, du bleu ciel et un parquet en bois clair. En face du lit et donc sur ma gauche lorsque j'étais dos à la fenêtre se dressait un dressing aux portes coulissantes. Je l'ouvris et découvris sa grandeur. Juste à côté se trouvait l'entrée d'une petite salle de bain. Petite, mais comme il fallait : une baignoire, un lavabo, tout ça dans les mêmes tons que la chambre. « Moderne », pensais-je.
Tout cela était magnifique. Et ça contrastait vraiment avec le désastre de la veille. Etais-je en train de rêver ? Pour le savoir, il me suffisait de sortir de cette pièce…
Un grand escalier en bois menait au rez-de-chaussée. Mais ma curiosité me dit de ne pas descendre tout de suite et de visiter l'étage. Ce que je fis, évidemment. La première pièce qui suivait « ma » chambre était en fait un placard à balais. Si je me penchais au dessus de la rambarde de l'escalier, je pouvais voir une grande cuisine avec des meubles en bois et beaucoup de plantes vertes. La vaisselle se faisait évidemment toute seule et je pouvais sentir une délicieuse odeur d'un potage en train de mijoter. Je décidai de continuer mon exploration. Je continuai à marcher et pus découvrir encore deux autres chambres à ma droite. Puis le couloir m'emmena vers un petit salon avec une grande baie vitrée qui permettait à la pièce d'être baignée par le soleil. Je pris alors la sortie qu'il y avait à gauche et me retrouvai dans un nouveau couloir où se succédaient un nombre incalculable de chambres. Cette maison était gigantesque ! Il y avait évidemment de la magie derrière tout cela. Je continuai à tracer mon chemin jusqu'à atteindre une pièce au fond du couloir. Et pas des moindres. Il s'agissait d'une grande bibliothèque, avec de gros fauteuils qui semblaient moelleux et confortables. Les trois murs étaient recouverts du sol au plafond d'étagères remplies de livres, des plus anciens aux plus récents, des moldus aux sorciers. Le quatrième mur était en fait une baie vitrée qui menait à un balcon surplombant la mer. Cette maison était magnifique, et respirait le bonheur.
Il était temps de redescendre. Je me retrouvai alors dans la grande cuisine au dessus de laquelle je me trouvais quelques minutes plus tôt. La cuisine avait elle-aussi une baie vitrée qui menait au « jardin ». Je sortis malgré le froid pour l'observer. En fait, ce « jardin » était la falaise elle-même. Tout était enneigé, mais on pouvait distinguer un genre de terrasse en bois qui délimitait la partie du « jardin » où se trouvait le mobilier d'extérieur. Un vent glacial me rappela à l'ordre et m'incita à retourner à l'intérieur. Je vis alors que la cuisine menait à une salle à manger où le mobilier était lui-aussi en bois. « Naturel », pensais-je. Mais que c'était beau ! Cette maison était chaleureuse, je m'y sentais bien. J'entrai donc dans cette salle à manger et effleurait du bout des doigts la longue table en bois. Elle pouvait accueillir au moins trente personnes ! Sur ma gauche se trouvait une ouverture de porte. Et quatre têtes y étaient penchées et m'observaient. Maman, Johnattan, grand-mère et William.
« - Bonjour ! me dirent-ils en chœur.
- Bonjour. Johnattan, cette maison est magnifique !
- Ah ah, me répondit l'auror. Je vois que tu as déjà fait ta visite !
- Oui, et j'ai vu la bibliothèque aussi !
- C'est une élève studieuse, expliqua ma mère. Elle adore lire.
- Ah oui ? Et bien tu pourras y passer autant de temps que tu veux dedans si tu veux.
- Oh ! Merci beaucoup ! Mais… On va rester longtemps ici ? »
Le visage de ma mère devint soudain plus sombre, et elle baissa la tête, tripotant nerveusement sa tasse de café.
« - Maman ? demandai-je.
- Samantha… commença ma grand-mère. Nous nous sommes levés tôt ce matin pour aller jeter un coup d'œil à la maison… Elle… Les mangemorts l'ont dévalisée. Il ne reste plus rien, ils ont tout saccagé… Ils ont brûlé la maison… »
J'entendis ma mère renifler. Les souvenirs de toute une vie venaient de partir en fumée… Tout ça à cause de sorciers malveillants et malintentionnés. Tout ça à cause de sorcier que seul la soif de pouvoir contrôle. Des sorciers détraqués, ayant perdu leur humanité. Des mages noirs. Des mangemorts.
Je m'agenouillais aux pieds de ma mère et posai ma main sur un de ses genoux. Puis Johnattan prit la parole :
« - C'est pour ça que j'ai proposé à ta mère de rester ici autant de temps qu'elle le souhaitera. Ce domaine est sur-protégé et bénéficie de tous les sortilèges et enchantements de protection que l'on puisse imaginer.
- C'est vraiment gentil de votre part » lui répondis-je en souriant.
Dans l'après-midi, je me rendis dans la bibliothèque pour écrire une lettre à Sonia :
« Ma chère Sonia,
J'espère que tu as passé un bon réveillon de Noël, et que tes cadeaux t'ont plu. Camille n'a pas trop été envahissante ? Lucas devait être heureux de savoir qu'elle passait le réveillon avec vous ! Comment vont tes frères ? Et ton père ?
Sache pour ma part que nous sommes sous la protection de deux aurors. L'un deux se trouve être en fait mon grand-oncle, le frère de ma grand-mère. L'autre a la quarantaine et est adorable. Je crois qu'il a craqué pour ma mère, et que c'est réciproque ! Tous ensemble, nous avons vécu ce début de vacances comme une vraie famille, nous rassemblant autour de la cheminée ou faisant d'innombrables batailles de boules de neige… J'ai adoré !
Cependant, le 24Décembre ne fut pas aussi joyeux. Pour tout te dire, on n'a pas pu finir notre repas, les mangemorts n'ont pas voulu nous faire cette grâce. Oui, tu as bien lu ! Mayers, Yaxley, Nott et, frotte toi les yeux avant de lire, Cathy Klaus nous ont rendu visite pour essayer de me kidnapper une nouvelle fois. Ben… Ils ont pas réussi, on s'en est bien sorti, Merlin Merci !
Mais nous avons du fuir vers la maison d'un des deux aurors. Je ne peux te donner l'adresse, pour des raisons de sécurité, tu comprendras. La maison est splendide, j'aimerais pouvoir t'y inviter. Ce sera sûrement le cas aux prochaines vacances car on va rester ici un bon moment je pense. Si ce n'est pas pour toujours. En effet, notre maison moldue a été détruite par les mangemorts, il ne reste plus rien…
Ça me rend triste, et je ne te parle pas de l'état de ma mère mais j'ai l'impression de renaître. Comme je te l'ai dit, j'ai l'impression de former une véritable famille avec ma mère, ma grand-mère, son frère et l'autre auror. Ces deux derniers sont très gentils et très protecteurs, je me sens en sécurité.
Je te raconterai tout plus en détails à la rentrée ma belle.
Et je suis sincèrement désolée, le cadeau que tu m'as envoyé doit ressembler à un tas de cendres lui-aussi… Pourras-tu faire passer le mot aux autres s'il te plaît ? J'ai un couple à former !
Je te souhaite une bonne année en avance,
Je t'aime,
Samantha. »
Je relus plusieurs fois le parchemin avant d'engager un hibou grand duc de Johnattan pour livrer ce courrier.
Le lendemain matin, je sortis doucement de ma chambre et eus la surprise de découvrir une scène géniale dans le couloir : Johnattan et ma mère étaient l'un en face de l'autre, ils parlaient tout bas. Mais le mieux dans tout ça, c'est que le grand brun tenait la main droite de ma mère et tenait la joue de ma mère avec l'autre main. Un grand sourire se dessina sur mon visage et je descendis alors l'escalier rapidement mais à pas de loup pour me rendre dans le salon. Je traversais donc la cuisine et la salle à manger en courant et rentrai en collision avec William une fois dans le salon.
« - Oups… Désolée William !
- Voila une sorcière bien réveillée que nous avons là !
- Grand-mère ! Si tu savais ce que je viens de voir ! »
Ses yeux s'écarquillèrent en même temps que le sourire rieur qui se dessinait sur son visage. Je pris ça pour un feu vert et lui racontai la scène que je venais de voir. Et elle fut tout aussi excitée que moi.
Les jours passèrent et le réveillon du Nouvel An arriva. Pour l'occasion, c'était ma grand-mère et moi (qui nous tenions le plus à l'écart possible de tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une cuisine d'habitude) qui avons préparé le repas. J'eus d'ailleurs une révélation pendant celui-ci :
« - Au fait Johnattan ! Pourquoi on appelle cette maison ''Le Toit Rouge'' ? »
Il fronça les sourcils l'air de se demander si j'étais débile naturellement ou si c'était une blague, avant de se rendre compte de quelque chose :
« - Ah oui. Il neige. Viens avec moi ».
On quitta la salle à manger pour se rendre dans le petit salon. Cette pièce était toute petite, mais je l'aimais bien. Il y avait une petite fenêtre sur le mur droit, un petit canapé en cuir entouré de deux fauteuils identiques au centre, un grand buffet sur la droite. En fait, on aurait pu se croire dans le salon d'une maison moldue si les photos dans les cadres accrochées sur le mur du fond ne bougeaient pas. C'est là que Johnattan me conduit. Il m'indiqua une photo accrochée au milieu du mur : Sur la droite de la photo, on pouvait distinguer la mer. Au milieu, le sable qui séparait la mer d'une grande falaise grise recouverte d'herbe bien verte. Et sur cette falaise se trouvait une grande maison blanche, au toit rouge, qui contrastait avec le bleu du ciel ensoleillé.
« - C'est magnifique » murmurai-je.
Johnattan sourit et je continuai d'observer les autres photos. Il y avait plusieurs photos de mariage, un portrait de famille, une photo où souriaient plusieurs adolescents tout juste diplômés, une photo de ces mêmes ados qui jouaient au Quidditch, une autre où un homme et une femme faisaient semblant de se battre, etc… Et beaucoup de cadres vides.
« - Johnattan… Qui sont tous ces gens ?
- Il vaut mieux aller nous rasseoir. C'est long à expliquer ».
William, sa sœur et ma mère avaient écouté notre conversation et attendaient eux-aussi la suite avec impatience. Johnattan nous servit à tous une autre coupe de champagne avant de s'asseoir à son tour. Il prit une grande inspiration.
Voici une photo de la maison de Johnattan : h*t*t*p*:*/*/*i1*.*trekearth*.*com*/*photos*/*48184*/*maison-rouge-perce*.*jpg* (retirez les étioles, comme d'habitude)
Je poste le 52ème chapitre tout de suite !
