Les Contraires s'attirent

Chapitre 45

Si tout ce qui vous paraissait sans faille, cédaient sous vos pas.

Si vous en veniez à ne même plus comprendre votre cœur.

Si vous auriez préférez vivre coupé du monde.

Si vous pensez que l'homme ne fait que détruire tout ce qu'il construit autour de lui.

Si vous vous demandez chaque jour ce que vous faites là…

Si vous êtes comme moi…

Que feriez vous ?

La neige commence à fondre, lentement. Le temps s'adoucit, et les premières pousses d'herbes parviennent faiblement à éclore sur le tapis de neige recouvrant le parc de Poudlard.

Et moi je suis là…personne avec qui partager ce spectacle.

Voilà trois semaines qu'il est parti, voilà trois semaines qu'il me manque.

Je sais qu'il est quelque part, je sais qu'il m'aime, mais rien ne remplace deux bras qui vous enlacent.

Actuellement, à part regarder le temps par la fenêtre de la bibliothèque, je fais mon devoir de Botanique, accompagnée pour une fois de ceux qui se disent mes amis, Parvati, Ginny, Neville, Harry et Ronald…

Ronald…

Je sens à chaque instant son regard posé sur moi, toujours plus insistant, je n'ose plus le regarder dans les yeux, même plus rester seule dans une pièce avec lui. Je l'évite, c'est le mot ; j'évite mon meilleur ami. Je pense qu'il l'a remarqué, chaque fois que je m'enfuie d'une pièce ou il se trouve je l'entends pousser un juron et essayer de me poursuivre, je le vois sans cesse partagée entre l'envie de m'avoir par la douceur et la violence. De temps en temps je revoie le Ronald attachant au sourire enfantin dont j'étais tombée amoureuse, mais dans la seconde qui suit, le Ronald jaloux et possessif revient.

Il me fait peur…il est si changeant en ce moment qu'il pourrait très bien passer du meilleur au pire.

Harry n'a rien remarqué, il continue de se comporter comme le Harry que j'ai toujours connu…mon grand frère, comme Ginny que je considère maintenant comme ma petite sœur, mis à part qu'elle commence à regarder avec méfiance son frère, semblant remarquer elle aussi l'éclat malsain qui brille parfois dans ces yeux, celui d'un prédateur prêt à tout pour capturer sa proie.

Et cette proie, c'est moi…

Parvati, je la découvre de jour en jour, je n'aurai jamais put imaginé qu'elle puisse être une telle amie, elle semble décidé à me faire recouvrir mon sourire en cherchant mon prince qu'elle ne connaît même pas, et éloignant tant que possible les nouveaux prétendants tel que Ronald.

Ronald est assis à côté de moi, comme tous les jours depuis maintenant trois semaines, n'importe quelle prétexte est bon pour m'effleurer la main ou tenter de rester seul avec moi, je fais celle qui n'aperçoit rien et qui ne comprend pas ce qu'il tente de faire.

Je l'entends qui soupire depuis une heure sur son devoir de botanique, et c'est sans grand étonnement que je l'entends me poser une question.

- Dis Hermione, je ne comprends pas les propriétés de cette plante…

Il me montre la page des solanacées avec le schéma de la Belladone, je le trouve un peu trop penché sur moi pour quelqu'un qui n'avait besoin que de « désigner » une plante sur un livre.

Pendant que je suis occupé à réfléchir sur les propriétés de cette plante, je sens la main de mon ami qui n'est pas occuper à me désigner la page remonter le long de mon dos pour atteindre ma nuque, une caresse qui me fait frissonner, ainsi sa question n'était qu'une diversion…je soupire et le repousse sans ménagements, enlevant sa main que je trouve un peu trop baladeuse à mon goût.

- Débrouille-toi tout seul Ronald, tout est dans le livre.

Je me replonge mécontente dans mon devoir, ayant eu le temps d'apercevoir le regard désapprobateur d'Harry à son ami, et celui grognon de celui ci.

- Excuse-moi Hermione, je ne voulais pas te déranger.

- Arrête Ronald ! Tu sais très bien que ce ne sont pas tes questions qui me dérangent !

- Mais…

- Ah !

En un geste vain pour se repentir, Ron vient de renverser le contenu de son encrier sur mon chemisier.

- Ronald ! Tu ne pouvais pas faire attention un peu !

- Excuse-moi, euh je vais t'aider…

Je l'arrête d'un geste, je le vois déjà venir avec sa mine de chien battu et son mouchoir à la main, je lui lance un regard empli d'exaspération avant de filer vers les toilettes les plus proches, dire que je suis énervée serait un euphémisme…

J'essaie de limiter la tache en la nettoyant avec un peu d'eau, car la sotte que je suis à oublié qu'elle avait des pouvoirs, et qu'avec la baguette qui se trouvait dans son sac elle aurait put nettoyer la tache d'un geste.

Je soupir avant d'apposer les mains sur les bords de la vasque, je n'ai pas envie de retourner à la bibliothèque maintenant, le regard tantôt innocent tantôt douteux de Ronald m'agace autant qu'il me fait craindre le pire.

Je relève les yeux vers le reflet qui me fait face et voie une pâle imitation de l'Hermione que j'étais autrefois. Ma main se lève, se tend vers le miroir, et dessine les contours illusoires de mon visage, comme si je voulais le recréer, juste me retrouver…

Moi aussi j'ai changer…

Je ne peux pas reprocher à Harry, Ron ou encore Ginny d'avoir fait ce que moi-même je n'ai put empêcher.

Changer…pourquoi est-on obligé de changer ? Pourquoi doit-on se regarder un jour dans le miroir et trouver que l'on a perdu ce « je ne sais quoi » qui faisaient de nous un être à part ? Je me regarde, encore…et je ne les trouve plus…ces étoiles qui brillaient au fond de mes yeux, les fossettes au coin de mes sourires…je les ai perdus, j'ai grandi.

Je soupir, encore, toujours…

Ce n'est pas le temps qui passe qui m'attriste, juste le fait que je ne trouve plus le monde aussi beau qu'auparavant, que les feuilles tombant à l'automne ne m'émerveillent plus autant, qu'un collier fait de pâquerettes n'est plus suffisant pour me redonner le sourire, qu'un baiser de ma mère ne réussi plus à panser mes blessures…seule la neige continue de m'émerveiller, et me redonne l'espace d'un instant la vision de l'enfant que j'étais…

Celle qui n'avait pour seule préoccupation le bien être de ses poupées, pour seul ennui celui de manger ces légumes à midi, celle qui souriait en s'imaginant Peter pan se pencher à sa fenêtre, et qui s'imaginait un jour se faire enlever sur un cheval blanc.

Les princes ne sont pas toujours ceux auxquels on s'attendait…

Mais pourtant je ne suis pas déçue.

Je n'aurais pas rêver mieux.

Tu es mon souhait…Draco.

Une sensation de froid me fait penser que mon chemisier est toujours trempé et tâché de surcroît, pourquoi faut-il toujours que la réalité me rappelle ?

Un bruit, quelqu'un est rentré dans les toilettes, je m'attends à Ginny, ou Parvati…si seulement j'avais regardé le reflet dans le miroir.

Une main se pose sur mes hanches, l'autre remonte le long de ma nuque et écarte tendrement mes cheveux, ce n'est pas Ginny…ni Parvati…c'est…un ange.

Sur le coup je ne me suis pas posé plus de questions, me croyant encore sous l'emprise des rêves, après tout, ça ne pouvait qu'en être un ! que ferait un garçon dans les toilettes des filles…

Alors j'ai fermé les yeux, ça aurait dut me mettre la puce à l'oreille aussi, comment peut on fermer les yeux ? Si l'on rêve déjà ?

Je l'ai imaginé..Lui…mon ange blond, sa tendresse me manque tellement, j'ai tant besoin de retrouver ces sensations…Ces lèvres se posèrent sur ma nuque et je ne put réprimer un doux frisson, j'imaginais ces yeux bleus se poser sur moi avec une délicieuse malice qui m'aurait donné envie de l'embrasser, histoire de faire disparaître sur ses lèvres ce sourire mutin. La main sur ma hanche s'avança jusqu'à disparaître sous mon chemisier au niveau de mon ventre, je ne pensais plus à rien, juste à ces sensations, celles de pouvoir disparaître dans ses bras et se réchauffer tout contre lui. Je sentis ses lèvres remonter le long de mon cou et souhaitais honteusement qu'il continue toujours plus haut, je m'humidifiais machinalement les lèvres, avant d'enfin rouvrir les yeux.

J'aperçus tout d'abord mon visage dans le reflet, souriant béatement, puis quelqu'un penché sur mon cou…mais se n'étaient pas les cheveux blond auxquels je m'attendais…mon rêve n'en était pas un.

- Ron ?!

Le fait de prononcer son prénom sembla me réveiller complètement, et je tentais de faire volt face, mais coincée entre lui et la vasque, je ne put qu'admettre que j'étais bel et bien « prisonnière » de ses bras.

Je repensais à Draco et me dégoûtais moi-même, je saisis la main de mon ami et tentais de l'enlever, mais Ron me serra plus fort dans ses bras, semblant littéralement emporté par ses baisers, je ne sais même pas s'il se rendait compte de ce qu'il se passait.

- Ron ! Je t'en prie, arrête !

Il semblait ne pas m'entendre et ce contact de ses lèvres sur ma peau m'écoeurais désormais, voyant qu'il ne lâchait toujours pas prise, je paniquais.

- Arrête !

- Ron ! Lâche la tout de suite !

Autant le premier cri venait bien de moi, le second non. Je tournais la tête vers l'entré des toilettes et trouvais Parvati sur le pas de la porte, les poings crispés et ces yeux noirs semblant lancer des éclairs. Son ordre sembla sortir Ronald de sa « transe » car je senti son emprise se relâcher, aussitôt je m'échappais et me reculais vers le fond de la pièce, tentant de reprendre mon souffle et de calmer la course de mon cœur.

Ron, va-t'en, lâcha Parvati.

Il la regarda, puis tourna la tête vers moi, ces yeux s'attardant sur mes cheveux emmêlés et mon chemisier à moitié déboutonné, il sembla enfin comprendre ce qui c'était passé et écarquilla les yeux de surprise, puis, sans un mot, quitta la pièce.

Parvati s'approcha alors de moi.

- J'ai vu Ronald te suivre, alors j'ai préféré venir…Ca va Mione ?

- Non…je…je ne comprends plus rien.

- Je sentis mes jambes fléchir, et j'aperçus une main à la peau mat me rattraper les épaules et me serrer tout contre elle.

Je me serrais plus fort contre elle, mon chemisier imbibant le sien en plus de mes larmes, et je pleurais, je ne savais pas pourquoi, ni pour qui, juste car j'en avais envie, juste car j'en avais besoin, juste car je ne comprenais pas ce qui m'arrivait…

Juste car je ne comprenais plus le monde qui m'entourait, et tous ces sentiments que j'éprouvais…

J'admirais la force de mon amie qui me soutenait à bout de bras, au sens propre comme au figuré, elle ne disait rien, se contentant de me comprendre en silence. Quand enfin sa voix s'éleva, douce et chaude, se fut pour me soulager encore une fois le cœur, rendu trop douloureux par ce secret si dur à garder.

« Suis-je donc si transparente que ça ? »

- Hermione…j'ai cherché…je crois que j'ai trouvé, ça m'a étonné au début, mais tu dois avoir tes raisons…c'est Malefoy…n'est ce pas ?

« Que mon cœur parle à ma place ? »

- Oui…

« Elle a deviné ma peur, ma tristesse, ma trahison…mon amour. »