Mary a détesté l'intervention de sa mère auprès des Diggory, Pims10, mais jamais sa mère n'aurait pu s'en empêcher. Cedric s'est quand même vraiment mal comporté avec elle.

Moi aussi j'aime bien cette petite, Rose-Eliade.

J'espère bien que tout sera réglé avec Cameron avant qu'il ne fasse une grosse bêtise, Jenoxa. Mais ça ne dépend pas de moi (comment ça, si?). En tout cas, oui, je le vois tout à fait capable de trahir sa famille sans s'en rendre compte pour attirer l'attention de sa mère et sa sœur.

En fait on voit dans la salle commune des Serpentards parce que j'en ai besoin pour une autre fic HP (qui est actuellement en préparation, mais chut!) : je veux que les habitants du lac puissent interagir avec les élèves via ces fenêtres. Maintenant que Mary sait à quoi elle ressemble, je ne suis pas certaine qu'elle se donne la peine d'essayer d'y aller... Trouver son emplacement dans le château, peut-être, mais y entrer non.

L'occlumancie marchera pour fermer le lien entre Tom/Voldemort et Mary, mais elle ne pourra jamais totalement s'en défaire quand même : ils sont tous reliés par l'âme de Voldemort et l'occlumancie ne s'occupe que de leur connexion mentale. Disons qu'ils ne pourront plus s'influencer les uns les autres. Encore faut -il qu'elle y arrive ! Ça, c'est une autre histoire.

Je pense que Mary a commencé à faire comprendre à Tom que tout ne s'est pas déroulé selon ses plans dans le futur. Et c'est difficile mine de rien : Tom est plus buté qu'une mule. Je ne sais pas comment ça va impacter le Voldemort qui ressuscitera... Mais indépendamment de l'histoire, j'ai déjà décidé qu'il serait plus dangereux que dans les bouquins où je trouve qu'il est beaucoup trop gentil pour un mage noir qui terrorise autant de monde.

Je pense personnellement que Crystall avait pris la bonne décision en disant qu'elle ne voulait pas d'enfant, mimi70. Elle n'est pas faite pour ça et si ça a si bien marché jusqu'à un certain point c'était parce qu'elle avait Dante pour la seconder. Et puis, c'est difficile de donner de l'affection à ses enfants quand on a un destin comme elle : tous ceux qu'elle aime doivent mourir. Franchement, qui voudrait voir ses enfants vivre ça ? Malheureusement (ou heureusement, je ne sais pas?), elle les aime... Et elle ne sait pas trop ce qu'elle est censée faire dans ce cas là. Alors oui, elle a un sacré problème avec sa maternité.

En fait, pour la deuxième Tâche, Crystall a vu juste : ça a été facilité pour Mary. Dumbledore a parlé d'elle à la chef des Êtres de l'Eau. Autant avec l'hydre c'était difficile de lui faciliter la tâche, autant là, c'était possible alors il l'a fait. En vrai, Dumbledore n'est pas aussi mauvais que Crystall semble le penser.

J'ai un peu de pitié pour Cameron quand même, personnellement, Elisa G. Mais il reste un sale gosse.

J'essaye de faire de mon mieux pour m'écarter du bouquin, helo10. Mais c'est pas toujours évident. La relation Tom/Mary est un équilibre délicat... Si quelque chose vient à le faire basculer (et ça va arriver X)) qui sait ce que ça peut donner.

De rien Mathilde ^^ Merci pour tes reviews.

Bonne lecture !


L'explosion

Mary poussa un soupir de bien être et se laissa un peu plus aller contre le dossier de son siège, tendant son visage vers le soleil. Mars était là avec des températures si agréables que Madame Rosmerta avait ouvert précocement la terrasse des Trois Balais. Les élèves de l'école venus pour leur sortie à Prés-au-Lard s'étaient empressés d'envahir l'endroit en arrivant. Les autres clients avaient fui à l'intérieur pour ne pas être pris dans la cohue et les bierraubeurres avaient afflué vers l'extérieur.

- On devrait avoir le droit de sortir plus souvent du château, déclara la rousse en rouvrant les yeux.

- Clair ! s'exclama William.

- Il ne nous resterait plus beaucoup de temps pour faire nos devoirs si on venait ici trop régulièrement, fit très justement remarquer Emeli.

- On s'en balance : on a toujours des bonnes notes de toute façon, dit le Né-Moldu.

- On est pas tous aussi doués que toi, répondit la blonde.

William se contenta de hausser les épaules avant de se tourner vers Terry assit à sa droit et d'entamer la discussion.

- Personne n'a réussi à convaincre Mandy de nous rejoindre ? s'enquit Lisa Turpin en s'asseyant à son tour.

Tous les Serdaigles de 4ème année s'étaient donnés rendez-vous aux Trois Balais pour le déjeuner. Il ne manquait à l'appel que Mandy qui devait comme d'ordinaire être restée à l'école, profitant que les couloirs soient déserts pour se balader en toute impunité. Par conséquent, Mary secoua négativement la tête pour répondre à Lisa qui émit un petit bruit mécontent.

- Je me demande quand même quel est son problème, reprit Padma. C'est vrai quoi ! On a toujours été gentilles avec elle et en quatre ans, elle ne nous a presque jamais adressé la parole ! Si on la voyait parler avec d'autres gens encore, ça irait, mais non. Elle est tout le temps seule.

Mary préféra ne pas dire que Mandy avait deux sœurs plus jeunes à Poudlard et passait sans doute beaucoup de temps avec elles. Après tout, ça n'était pas son rôle de révéler ce qu'elle savait de leur timide camarade.

- C'est son droit, se contenta de dire la rousse.

- Mais quand même ! protesta une dernière fois Padma avant qu'elles changent de sujet.

Les Serdaigles étaient après tout connus pour leur individualisme marqué alors ce débat ne pouvait pas durer plus de quelques minutes avant de les ennuyer. Il n'y avait pas chez les bleu et bronze la cohésion qu'on pouvait voir chez les trois autres Maisons.

Enfin, ça dépendait de quel point de vue on se plaçait parce que comparé aux quatrième année de Gryffondor et Serpentard par exemple, leur promotion de Serdaigle était beaucoup plus soudée. Les lions ne se rassembleraient jamais spontanément pour aller manger ensemble à Prés-au-Lard et les serpents jugeaient avec qui ils pouvaient parler en fonction du statut de leurs familles, contrairement aux aigles. Même s'il y avait des tensions entre eux, et que Mary préférait la compagnie de William et Emeli, ça ne l'empêchait pas d'apprécier retrouver les autres pour travailler ou discuter. Donc, d'un côté, ils étaient beaucoup plus sociables.

- Je vais rejoindre Fred et George pour aller à Zonko, dit –elle en se levant à la fin du déjeuner. Des volontaires pour venir ?

Bien entendu, elle s'adressait surtout à William, toujours partant quand les jumeaux Weasley étaient mentionnés. Les autres se contentaient de lever les yeux au ciel en disant qu'ils n'allaient pas perdre leur précieux temps avec ce genre de bêtises. Sans surprise, le garçon se leva avec enthousiasme pour la suivre et les autres poussèrent un grognement désespéré.

Les deux Weasley étaient déjà devant la boutique à les attendre, discutant à mi-voix entre eux. Apparemment, ils avaient déjà fait un tour à Zonko et savaient exactement ce qu'ils voulaient.

- Il faut juste qu'on trouve un moyen tout faire entrer dans l'école : je ne sais pas comment fait Rusard mais il arrive toujours à déjouer une ou deux de nos astuces et on ne peut jamais avoir tout ce qu'on veut !

- Et si je vous disais que j'ai votre solution ? sourit Mary.

- On te répondrait qu'on est tout ouïe.

- Allons d'abord faire nos achats. Après, je vous montre.

Ils acquiescèrent malgré leur curiosité grandissante et les quatre comploteurs entrèrent dans la boutique de farce à attrapes. Il y avait tout, des fausses acromentules animées aux explosifs même si ceux-ci se trouvaient derrière le comptoir du vendeur et étaient soigneusement protégés par d'innombrables sorts. Fred et George s'empressèrent d'accaparer le propriétaire, qui semblait très bien les connaître, pour lui poser moult questions et négocier certains prix. William louchait dangereusement sur des petits sachets contenant des bombabouses miniatures : même odeur mais si petites qu'on pouvait les glisser dans des interstices que personne ne pourrait soupçonner et donc il était beaucoup plus compliqué de s'en débarrasser.

Mary, elle, traîna dans le rayonnage des sortilèges. Il y avait des dizaines de petites boites de toutes les couleurs contenant un sort et grâce au minuteur, on pouvait programmer l'ouverture de la boite pour exploser à retardement. Un moyen infaillible de ne pas se faire attraper et d'avoir un alibi en béton. Il y avait aussi quelques potions, comme celles de habillement, mais ça ne l'intéressait pas : maintenant qu'elle avait installé son laboratoire secret elle pouvait en faire des chaudrons pleins. Un peu plus tôt dans la matinée, elle était passée chez l'apothicaire pour renouveler son stock d'ingrédient autant pour les cours que pour ses préparations illégales et avait discrètement rangé le tout dans la petite sacoche doublée d'un puissant sortilège d'extension que Sirius lui avait offerte. Exceptionnellement, elle l'avait emmenée avec elle mais l'objet restait normalement dans son laboratoire pour être sûre qu'elle ne l'égarerait pas.

Au final, elle n'acheta pas grand-chose mis à part une plume qui écrivait sciemment avec des erreurs qu'elle avait pour projet d'échanger avec celle de Cho Chang discrètement. Les trois garçons qui l'accompagnèrent furent beaucoup moins raisonnables. Les jumeaux ressortirent même avec chacun deux sacs pleins à ras-bord.

- J'espère que ta solution est bonne, lui dit Fred. Parce qu'on a acheté tout ce qu'on pouvait.

- Ne t'inquiète pas ! Par ici !

- Euh… Poudlard est de l'autre côté.

- Qui a dit qu'on allait vers l'école ?

Les Weasley s'entre regardèrent, interloqués, mais la suivirent tandis qu'elle remontait le village dans le sens inverse puis en sortit pour se diriger vers la Cabane Hurlante.

- Tu es sûre de ce que tu fais ? s'inquiéta Willam.

- Relax : l'endroit n'est absolument pas hanté. J'y suis déjà entrée l'an dernier.

Ils ne semblaient pas beaucoup plus rassurés pas l'information. Mais ils la suivirent quand même tandis qu'elle contournait la cabane pour retrouver la porte par laquelle elle était sortie accompagnée de Sirius et de Remus sous la forme de loup-garou après sa rencontre avec Peter Pettigrow à la fin de l'an dernier. Ladite porte n'était même pas verrouillée.

L'endroit était moins sombre que dans ses souvenirs, mais ça tenait sans doute plus au fait qu'elle venait en plein jour cette fois qu'à autre chose. Des rayons de lumières filtraient à travers les planches clouées sur les fenêtres.

- Oh Merlin ! Qu'est ce que c'est que ça !? s'exclama George.

Il pointait le sol du doigt et quand elle regarda, elle comprit mieux pourquoi il avait l'air aussi nerveux. Dans la couche de poussière qui recouvrait le sol, on pouvait voir des traces de pas humaines… Mais aussi des traces humanoïdes énormes. De quoi terrifier n'importe qui.

- Un lycanthrope est passé par là on dirait, répondit –elle simplement en entrant dans la cabane.

- Et s'il était encore là ? s'inquiéta Fred qui s'était figé sur le seuil.

- Freddy, soupira Mary avec condescendance. Nous sommes en plein jour et loin de la pleine lune en plus : il n'y a aucun risque qu'un loup-garou se balade dans la cabane.

- Et s'il y avait qu'un d'autre ? avança William. Après tout, il y a aussi des traces de pas humaines.

- Ce sont les miennes en partie : je suis déjà entrée, vous vous rappelez ? Maintenant cessez de faire vos poules mouillées et entrez avant que quelqu'un ne nous voit ! Si tout le monde se rend compte que la Cabane Hurlante n'est pas hantée s'en est fini de notre passage secret.

Ils s'exécutèrent mais n'affichaient pas une expression très heureuse. Tant pis. Mary referma rapidement la porte derrière eux et lança quelques sorts pour qu'elle ne puisse plus être ouverte aussi facilement qu'avant.

- Tu as dit "passage secret" ? demanda George.

- Oui : celui qui passe sous le saule cogneur débouche directement… là ! expliqua t –elle en soulevant la trappe. Bon, c'est un peu étroit et inégal, mais on peut passer sans problèmes.

- Euh… Et le saule après ? On fait comment pour ne pas être écrabouillés ?

- Il y a une astuce pour l'immobiliser quelques minutes, leur apprit –elle.

Elle pouvait remercier Sirius et Remus de lui avoir tout expliqué cet été. Ils cheminèrent en silence dans le tunnel jusqu'à arriver dans le parc. Mary jeta un coup d'œil prudent aux alentours pour être certaine que personne ne les verrait revenir par là avant de tendre le bras pour appuyer sur une racine. Le Saule Cogneur fut prit d'un grand frisson avant de se redresser et de se mettre à se balancer doucement, mais sans plus montrer une once d'agressivité. Elle quitta le tunnel en première et se détendit en voyant que le dangereux arbre ne bronchait pas. Ils s'éloignèrent rapidement et purent rejoindre le château en toute impunité. Les jumeaux la remercièrent chaleureusement avant de filer vers la salle commune de Gryffondor.

William et elle se baladèrent dans les couloirs et dissimulés à un angle de couloir dans les étages ils s'amusèrent à changer les couleurs des capes de toute personne passant dans le hall. Ils passèrent par tous les dégradés possibles, transformèrent un groupe de fille qui gloussaient comme des dindes en arc-en-ciel, ce qui les fit encore plus glousser. Quand ils eurent épuisés les couleurs Mary se lança dans la métamorphose. Elle anima ainsi écharpes, gants, bonnets et chaussures en arrêtant sa transformation pile à la limite entre l'animal et le vêtement : on pouvait encore reconnaître ce que c'était à l'origine, mais des pattes, une queue, un museau, des ailes étaient apparus et le vêtement essayait de s'échapper en faisant du bruit.

- Quand tu fais ça, j'ai l'impression d'être une bouse en métamorphose, ronchonna William.

Pourtant, il était plutôt bon en métamorphose. Comme pour toutes les autres matières d'ailleurs. Mais il n'excellait en rien comme Mary pouvait le faire en métamorphose. La concernée se contenta de sourire sachant qu'une partie de son talent dans cette branche de la magie venait de son processus de transformation en animagus. Elle ne savait pas pourquoi ni comment. C'était juste comme ça.

Ils filèrent sans se faire remarquer quand le professeur McGonagall débarqua dans le hall pour voir qui étaient les petits plaisantins qui s'amusaient à ensorceler les vêtements de leurs camarades.

Quand ils retrouvèrent leurs dortoirs respectifs, Mary eut la surprise de sa vie. Depuis le départ de Tao le grand aquarium qu'elle avait installé pour lui était resté en place. Elle regrettait souvent de ne plus pouvoir regarder le Cète y nager mais elle aimer observer la lueur de l'eau qui se reflétait sur le plafond quand il faisait nuit. Elle ne savait pas trop comment ça se faisait mais l'eau qu'elle mettait dans l'aquarium devenait systématiquement fluorescente dans le noir. Au départ elle avait pensé avoir loupé son Aguamenti, mais après plusieurs tests, elle avait juste conclu que c'était l'aquarium.

Bref, pour en revenir à la surprise de Mary, quand elle entra dans son dortoir l'aquarium n'était plus vide. Il y avait à présent dedans une dizaine de petits poissons qui s'effrayèrent en la voyant s'approcher et un gros escargot à la peau rouge avec une coquille pointue violette dont le bout était jaune et semblait émettre des bulles.

- On s'est dit que puisqu'on avait déjà l'aquarium on pouvait le remplir, lui apprit Padma.

Elle repéra alors ses camarades de dortoir planquées dans un coin. Mandy était recroquevillée sur son lit et les trois autres la regardaient avec attention cachées dans un coin.

- Tu avais l'air vraiment triste depuis que Tao est parti. Ceux là ne sont pas aussi expressifs mais ils n'iront pas bien loin.

La rousse ne put que leur sourire avec chaleur : elle n'avait pas remarqué qu'elles faisaient autant attention à elle. Ça lui faisait vraiment plaisir. Elle se promit de leur rendre la pareille un jour.

- Il s'agit de quel genre de poisson ? demanda la Potter.

- Il s'agit d'un ban de poisson caméléon. Ils changent de couleur à volonté et aussi de morphologie dans une moindre mesure. Ce sont des as du camouflage, regarde.

Les poissons avaient pour l'heure pris une couleur verte sombre et s'était alignés deux pas deux pour onduler au même rythme que les longues algues se trouvant dans l'aquarium. Si on ne faisait pas attention, ils pouvaient très bien passer pour une plante.

- Et lui ? s'enquit Mary en pointant le gros escargot qui grimpait sur la paroi.

- C'est Dodo l'escargot, annonça Emeli.

- Dodo l'escargot ? répéta la rousse avec un sourire.

- C'est Mandy qui l'a baptisé, dénonça Lisa sans aucun scrupules.

La concernée rougit jusqu'à la racine des cheveux et se recroquevilla un peu plus, l'air mortifiée.

- Il chante et sa coquille fait de la musique ! s'enthousiasma Emeli.

- Il chante faux, tempéra Lisa.

- Et sa coquille est désaccordée, renchérit Padma. C'est pour ça qu'on l'a eu à un prix si bas : le vendeur voulait s'en débarrasser. D'ordinaire les sorciers aiment beaucoup les escargots chanteurs mais celui-ci était invendable. Il a été content d'en tirer quelques noises.

- Une très bonne faire et un escargot sauvé, confirma Lisa.

- J'aime déjà Dodo l'escargot qui chante faux.

C'était une excellente idée d'avoir ces animaux dans leur dortoir !

oOoOo

Les jours continuèrent à défiler tranquillement et puisque la prochaine épreuve du Tournoi n'arriverait pas avant plusieurs mois Mary avait pas mal de temps libre. Elle en profita pour organiser de nouvelles cessions de matches de Quidditch à la fois publiques et secrètes pour que Viktor puisse jouer en toute impunité. Certains élèves faisant partie des équipes des Quatre Maisons tentèrent leur chance pour voler mais elle le leur refusa avec beaucoup de satisfaction. Comme ça ils voyaient ce que ça faisait !

Plusieurs élèves de Durmstrang vinrent également participer, tandis que Viktor restait sagement sur le bord du terrain officiellement, et deux élèves de Beauxbâtons demandèrent également à jouer. La Potter était aux anges : son club de Quidditch avait du succès et ce genre de match regroupant toutes les écoles n'aurait pas pu avoir lieu sans elle ! La prochaine fois que l'un des profs tenterait de la dissuader de rouvrir son club elle lui jetterait ça à la tête !

William fit annuler tous les cours de divination du mois d'avril en cachant ses bombabouses miniatures dans tous les coins de la salle et le Professeur Trelawney réussit, personne ne savait comment, à en avaler plusieurs ce qui lui valut quatre semaines de convalescence en compagnie de Madame Pomfresh.

Le Né-moldu décida d'employer son temps libre pour tester toute sorte de sorts, notamment en métamorphose humaine : il avait acheté des livres à ce propos en début d'année. Bien mal lui en prit puisqu'il échoua également à l'infirmerie affublé d'oreilles d'âne, d'un museau de chien et avec une fâcheuse tendance à caqueter dès qu'il ouvrait la bouche. Le professeur Dumbledore dut aider McGonagall pour trouver comment défaire une métamorphose aussi ratée et en attendant qu'ils trouvent le moyen de lui rendre son apparence humaine il dut rester en compagnie du professeur Trelawney qui entreprit de poursuivre son enseignement avec lui pour seul élève. Autant dire qu'il fut bien puni.

Mary, elle, s'occupa beaucoup plus discrètement, mais aussi beaucoup plus illégalement, de son processus de transformation en animagus. Elle pourrait achever la 6ème potion juste avant de retourner chez elle cet été. Avec un peu de chance si elle pouvait convaincre sa mère de passer quelques semaines avec Sirius en août elle pourrait s'occuper de la 7ème. Avec ça, elle aurait fait la première partie du travail. Il lui resterait encore autant de potion au cours de sa 5ème année, mais aussi la recherche de son animal totem. Si tout se passait bien, d'ici deux ans elle pourrait se transformer à volonté ! Et vu qu'elle n'avait rencontré aucun obstacle pour le moment, elle avait bon espoir que le reste du procédé soit aussi aisé.

Elle n'aurait sans doute jamais dû se dire ça. Parce que ce fut exactement à ce moment que les problèmes commencèrent à arriver. Mary avait beau être douée en potion, elle n'avait rien d'un génie en la matière et la concoction qu'elle préparait n'était pas à son niveau. Pas encore. Elle sentit les ennuis arriver quand une épaisse fumée noire se mit à sortir de son chaudron et lui picota les yeux. Ça sentait le charbon de bois. Ça allait exploser ! Elle commença à reculer avant de replonger vers le chaudron en toussant. Il fallait qu'elle récupère le bouquin de recette et sa sacoche d'ingrédient ! La fumée avait envahi toute la pièce et lui brûlait les yeux et les poumons. Elle tâtonna à l'aveugle sur le plan de travail, récupéra avec soulagement ce qu'elle cherchait, non sans plonger les doigts dans la potion ratée qui avait commencé à dégouliner hors du chaudron. Elle se retourna pour se précipiter vers la sortie. Sauf qu'elle ne savait plus où était ladite sortie ! La fumée l'aveuglait complètement. Et elle avait de plus en plus de mal à respirer. Tremblante, elle chercha un mur autant pour s'y appuyer que pour toquer en espérant que celui-ci s'ouvrirait pour la renvoyer dans le couloir. Elle paniqua en entendant son chaudron se mettre à siffler dangereusement : elle n'allait pas avoir le temps de…

Tout explosa. Mary fut projetée pour le mur près duquel elle se trouvait puis brutalement jetée au sol tandis qu'une chaleur dévorante lui léchait le corps. Le bruit sembla lui trouer les tympans et elle fut brièvement incapable de respirer.

Ce fut si bref mais si violent qu'elle resta plus d'une minute recroquevillée sur elle-même avant de réaliser qu'elle était vivante. Et visiblement en pas trop mauvais état. Parce que mis à part ses poumons, ses yeux et ses mains mis à vifs elle n'avait pas mal. Ses oreilles bourdonnaient un peu. Mais c'était tout. Puis, elle réalisa qu'il y avait une autre respiration tout près d'elle et que si elle était plaquée contre le coin d'un mur, ce qui était pressé de l'autre côté de son corps ne pouvait pas être aussi un mur.

- Tom ? appela t –elle d'une voix si rauque qu'elle ne la reconnue pas, avant de tousser.

Sa gorge avait été mise à vif par les fumées corrosives et parler, tout comme déglutir lui fit un mal de chien. Elle tenta d'ouvrir les yeux mais ils brûlaient toujours et elle ne put retenir un gémissement de douleur.

- Merde Potter, répondit sèchement le Serpentard. Tu es complètement inconsciente ou quoi ? Ne frotte pas tes yeux !

Elle laissa retomber la main qu'elle avait portée à son visage dans l'espoir de soulager la douleur. Bon sang ! Elle comprenait mieux pourquoi sa mère interdisait toute entrée dans son laboratoire pendant qu'elle travaillait !

- Lève toi Potter, ordonna Tom.

Il s'écarta d'elle et lui attrapa le bras pour l'aider à se redresser, mais il fut un peu trop brusque et elle manqua de s'écrouler. Elle l'entendit pousser un soupir exaspéré avant de la soulever. Bien entendu, elle se débattit : elle ne savait pas si l'explosion n'avait pas détruit une partie des murs et dans ce cas là il pourrait très bien vouloir la jeter dehors ! Mais quelques secondes plus tard, elle était de nouveau sur ses pieds et adossée contre un mur près d'une fenêtre si elle en jugeait l'air frais qui lui parvenait soudainement. Ça apaisa un peu la brûlure de ses poumons. Elle tenta de rouvrir les yeux. Ce fut pénible et elle papillonna plusieurs fois des paupières tandis que des larmes coulaient sur ses joues. Avec soulagement, elle constata que sa vue revenait peu à peu.

Elle se tourna donc vers Tom qui la fixait avec l'air extrêmement mécontent. Il était totalement indemne. Pourtant, elle était persuadée que c'était lui qui avait encaissé le plus gros de l'explosion. Il était après tout insensible à ce genre de chose. L'idée se fraya lentement dans son esprit jusqu'à ce qu'elle réalise : il venait de la sauver. Une vague de gratitude déferla dans son esprit mais elle tâcha de la contenir. Cet acte allait sans doute lui coûter cher.

- Merci, marmonna t –elle.

- Qu'est ce qui ne va pas chez toi ? répondit –il sèchement. Pourquoi tu n'as pas immédiatement quitté la pièce ?

Avec un air contrit, elle baissa le regard vers une de ses mains qui pressait contre elle son livre et ses ingrédients. Ce ne fut qu'à ce moment qu'elle se rendit compte de l'état de sa seconde main. Sa paume était à vif, brûlée si profondément qu'elle n'avait même plus mal et que ses muscles étaient à nu. Elle faillit presque tourner de l'œil.

- Tu dois immédiatement aller à l'infirmerie Potter, lui dit Tom.

- Pourquoi tu m'aides ? demanda t –elle en se redressant pour obéir. Pourquoi tu m'as protégée de l'explosion ?

Il en était ressorti indemne, ce qui prouvait une fois de plus que rien ne semblait pouvoir le tuer, mais si elle avait dû parier sur ça, elle ne l'aurait pas fait. Il avait eu l'occasion de la voir morte, ou plutôt gravement blessée parce qu'elle doutait que ça l'ait tuée, et n'en avait pas profité alors que ça aurait été l'occasion de pouvoir échapper à sa surveillance. Il la fixa un instant avant de hausser les épaules :

- Je n'en sais rien, avoua t –il avant de disparaître.

Elle était bien avancée si lui non plus ne savait pas pourquoi il faisait ça ! Ou alors, plus probable, il le savait mais ne voulait pas le lui dire et préférait faire croire qu'il n'en avait aucun idée. Mais comme elle avait plus urgent à faire, elle se contenta de filer à l'infirmerie où elle inventa une excuse pas si loin de la vérité en disant qu'elle avait mis la main dans un de ses ingrédients de potion renversé quand elle avait fait son inventaire un peu plus tôt. Madame Pomfresh ne parut pas vraiment la croire, mais s'affaira tout de même sur sa blessure. Fort heureusement, elle lui annonça que d'ici une bonne semaine elle serait entièrement remise. Mary repartit de l'infirmerie après une heure et avec des potions à appliquer sur sa main quotidiennement jusqu'à guérison et un sortilège pour faire les bandages.

Rassurée, elle retourna dans son laboratoire pour voir l'étendue des dégâts. L'air sentait encore un peu le brûlé, mais c'était respirable. Les murs étaient noircis par de la suie, les chandelles qu'elle avait piqué dans la Grande Salle avaient disparues, le chaudron était aplati comme un crêpe et la table à moitié dissoute. Elle avait vraiment eu de la chance que Tom la protège. Vraiment beaucoup de chance, surtout en voyant à qui elle devait de s'en être sortie aussi bien. Elle essaya de réparer le tout, mais sans grand succès. Il allait falloir qu'elle se trouve un autre plan de travail, un nouveau chaudron et qu'elle pique encore quelques bougies éternelles de la Grande Salle.

- Ça aurait pu être pire, soupira t –elle finalement en lançant quelques sorts pour nettoyer les murs.

Avant de recommencer cette potion, il allait falloir qu'elle l'étudie sérieusement pour comprendre où elle avait fait une erreur et peut –être demander à Sirius qui avait dû faire cette potion au moins une fois dans sa vie. D'ici là, elle aurait sans doute le temps de remettre son laboratoire en état de marche.

Quelques jours plus tard, alors qu'elle rentrait à la Tour Serdaigle après avoir passé sa soirée à la bibliothèque elle tomba presque nez à nez avec Cedric. Ils s'observèrent une seconde en silence : depuis que Mary l'avait envoyé paître brutalement après le Bal ils ne s'étaient plus vraiment croisés. Elle allait le contourner pour s'en aller quand il demanda :

- Est-ce que ça va ?

- Ouais ? répondit –elle en plissant les yeux avec méfiance.

- Écoute, je sais bien que tu n'en as rien à faire, mais je suis vraiment désolé. J'ai vraiment été un parfait connard.

- Ça oui, grogna t –elle.

Il sembla se détendre en voyant qu'elle n'allait pas à nouveau l'envoyer dire bonjour aux mandragores et semblait ouverte à un dialogue. Même si elle n'avait répondu que par monosyllabe.

- Tu as déjà des idées à propos de ce que pourrait être la dernière Tâche ?

- Non : on a eu aucun indice pour l'instant. Je préfère attendre que Verpey nous donne des indications.

- Il est souvent question de passer plusieurs épreuves successives qui mènent à un trophée. Le premier à mettre la main dessus remporte le Tournoi.

- Quel genre d'épreuve ?

- Oh, déjouer des maléfices, des énigmes, combattre des créatures. Ça peut tout être.

- Génial.

- Fleur est persuadée qu'on devra chercher le trophée dans des tunnels.

- Ah ? Et comment sa majesté a t –elle pu savoir ce genre de chose ?

- Elle ne fait que supposer. Quoi qu'il en soit, tu ne devrais pas attendre le 24 mai avant de t'entraîner et élargir ta panoplie de sort.

Et sur ce conseil, il lui souhaita une bonne soirée en souriant, la pressant de retourner dans sa salle commune avant le couvre-feu, qui approchait dangereusement. En tout cas, il avait réussi à raviver l'inquiétude qui la rongeait à propos de cette Troisième Tâche et qu'elle avait presque réussi à occulter jusque là.

Mais elle décida de suivre les conseils de Cedric. Ça ne lui ferait de toute façon pas de mal d'apprendre de nouveaux sorts. Elle sortit de sa valise la liste des sorts qu'elle avait faites cet été lorsque sa mère lui avait donné de la lecture après la finale de la Coupe du Monde de Quidditch. Il y avait des sorts offensifs et défensifs, mais pas seulement : certains servaient à se camoufler et d'autres à se soigner. Après une hésitation, elle décida de commencer par ces derniers. Les sorts de soins étaient complexes et nécessitaient une bonne connaissance du corps humain, ce qu'elle n'avait pas. Elle perdrait un peu de temps à compulser les bouquins traitant de ce sujet à la bibliothèque mais si elle pouvait se sauver la vie en sachant arrêter une hémorragie ou ressouder un os, ça valait la peine. Elle regretta que Samantha, une Serdaigle plus âgée qui l'avait prise en affection lorsque Mary était arrivée à Poudlard, ne soit plus là. Elle ambitionnait de devenir Guérisseuse et avait travaillé des années à l'infirmerie pour aider Madame Pomfresh. Mais à défaut, elle pourrait toujours aller voir l'infirmière elle –même. La sorcière râlait bien assez souvent quand ils se blessaient alors elle serait contente de l'aider à rester à peu près entière.

La Potter prit une grande inspiration : elle allait avoir du travail dans les prochains temps.


A suivre...