PARTIE 5: LES MURS DE POUDLARD
Chapitre 52: Dans le grand hall
IMPORTANT !A LIRE AVANT DE COMMENCER CE CHAPITRE !
Petite note de la traductrice : vous avez sûrement remarqué que depuis quelques chapitres, les allusions à l'aspect sexuel des relations entre Hermione et Severus deviennent de moins en moins…allusives, et de plus en plus claires. Dans ce chapitre, cela sera même très détaillé : je préfère vous prévenir, et je pense augmenter la warning rate (rating) de cette histoire, afin de permettre à ceux qui n'ont pas envie de se trouver face à ce genre de détail de l'éviter, et de protéger éventuellement les plus jeunes parmi la communauté . Si quelqu'un voit une raison pour laquelle je ne devrais pas le faire, pourrait-il avoir la gentillesse de m'en faire part ? Merci beaucoup !
Même ses mains semblaient frémir. Ses mains, qui n'étaient peut-être pas seulement des mains de meurtrier. Ne t'arrête pas, l'entendait-il souffler.
Severus enfouit son visage dans le dossier du fauteuil et tenta de refouler le fait que dans moins de deux des hordes d'élèves allaient à nouveau se chamailler dans les couloirs de Poudlard. Et elle serait parmi eux. Il souhaitait tant ne plus croiser son regard. Ce regard insupportable. Ces yeux. Encore et encore son visage surgissait devant lui, tordu dans la douce excitation. Il sentait l'humidité chaude entre ses jambes, le fin poil pubien à travers lequel ses doigts s'étaient promenés. La prise de sa main qui s'était enfoncée dans sa peau. Il sentait encore le tremblement et l'arqure de son corps qui avait pris le tendre commencement de son mouvement.
Son corps battait fort et douloureusement quand il y pensait.
Un chaleureux sentiment de satisfaction transperçait le sentiment persistant d'avoir mal agi. Mais même ce sentiment de remords ne pouvait lui prendre le soulagement que ses mains n'apportaient pas uniquement la mort. Que LUI n'apportait pas uniquement la mort et le rejet.
Severus serra sa cape plus étroitement autour de lui, comme si il pouvait se cacher dessous.
Il faisait froid dans ses appartements, mais il n'avait eu aucune envie de faire du feu. Granger n'était pas là. Cela n'avait aucun sens.
Il était juste revenu de sa ronde dans les couloirs vides de Poudlard. Albus n'avait pas réclamé ses services aujourd'hui. Il avait voulu convaincre Severus de manger avec lui, mais il avait su qu'il ne parviendrait pas à avaler une seule bouchée. Tandis que son corps était parcouru d'une douce agitation, son estomac semblait être anesthésié.
Ne rien regretter.
Pourquoi était-ce donc si dur de ne rien regretter.
Ne t'arrête pas.
Albus allait remarquer que quelque chose n'allait pas. L'omniscient Albus Dumbledore pouvait voir à travers les êtres humains comme à travers du verre. Et cela sans aucun recours à l'Occlumencie.
Il n'avait pas le droit d'encore y repenser. Les devoirs du matin avaient empêché ses pensées de voyager sans cesse. Il avait apporté sa potion fortifiante à Albus et avait parlé avec Rusard. Le vieux concierge était soutenu par un Aurore pour inspecter certaines valises. Professeur Slughorn lui avait posé des questions au sujet de son plan de cours en potion de l'année précédente et l'avait entraîné dans une énervante conversation au sujet des moyens de lutte contre la gueule de bois du lendemain. Il était difficile de croire que ce balourd soulard et gourmand l'avait introduit au monde des potions. Il ne pensait pratiquement plus qu'à son Slug-Club et à ses ananas confits.
Et bientôt il devrait à nouveau préparer la potion Tue-Loup. Les restes de celle-ci étaient déjà trop vieux pour pouvoir encore se reposer sur leurs effets. En vérité Severus était heureux d'avoir suffisamment de devoirs qui puissent le détourner des errements de son esprit.
Mais il y avait encore le cours d'Occlumencie, qu'il devait mener à bien. Il y avait encore le fait qu'il ne pouvait nier son incapacité à refouler le toucher de Granger. Le fait qu'il l'aimait. Plus que ce qu'il ne l'aurait souhaité.
Ne t'arrête pas. Il ne s'était pas arrêté. Cela lui était apparu ainsi. Combien son cri reposait encore dans ses oreilles. Combien cela le perturbait. Même en ce moment, l'agitation dans ses membres se faisait douloureusement remarquer. A présent qu'aucun devoir ne l'empêchait de laisser ses pensées dériver.
« Qu'as-tu fait ! » murmura-t-il, crachant presque les mots. Cela n'avait pas été un rêve.
Il devait se trouver une occupation. Il y avait tant à faire. Préparer la potion pour Remus. Préparer le cours. Peut-être qu'il pourrait aussi dormir deux heures, avant qu'il n'aille dans le grand hall.
Peut-être qu'il pourrait se détourner de l'envie de porter la main à lui.
Severus soupira tout bas, à peine perceptible. Il n'aimait pas ces bruits sortant de sa bouche.
Son cri à elle. Son regard en transe. Son cri de délivrance. Il résonnait encore dans ses oreilles.
Ses mains frémissaient. Domptées elles se promenèrent jusqu'à sa ceinture et l'ouvrir. Ses mouvements devinrent soudain précipités. Il devait en finir avec ça. Rapidement. Il gémit tout bas quand il porta les mains à son pénis et le serra avec ses doigts. La sensation de sa propre main, elle n'était que trop connue. Et absolument pas comparable à ce qu'il avait vécu avec Granger. Sa main-elle était froide et maladroite. Précipitamment il commença à la bouger. Il serra les lèvres pour étouffer les bruits qui s'échappaient de sa gorge. Comme il détestait ces bruits de sa bouche. Comme il détestait faire cela. Il voulait s'oublier en Granger. Et la faire soupirer. Il voulait goûter ses lèvres et sa langue et sentir sa poitrine. Il sentait que des vagues d'une agréable douleur envahissaient ses membres. La seule pensée de la nuit avec elle le fit soupirer. Ses mouvements précipitamment firent glisser l'étoffe de sa cape. Il se débattit avec elle pour la repousser. La douleur dans ses membres prit après seulement peu de temps le dessus, comme si elle n'avait attendu que cela pour sortir. Ne t'arrête pas.
Après quelques instants le bruit de la délivrance quitta sa gorge, semblable à un pleurnichement prolongé. Son corps se tendit et se cambra légèrement avant qu'il ne se laisse retomber dans le fauteuil. Les mouvements de sa main moururent, tandis que restait la douceur mêlée d'excitation de ses souvenirs restait.
Son regard brun noisette était sur lui. Il ne pouvait pas lui donner plus.
Il ne pouvait rien lui donner.
Sa vie était dangereuse. Il était lui-même insupportable.
Les murs de Poudlard-ils semblaient le rappeler à l'ordre.
Severus inspira profondément. La sensation collante de sa main le ramena au froid des cachots. Le ramena à la réalité.
« Punaise, pourquoi-. » cracha-t-il et pendant un cours instant le visage de Severus donna l'impression qu'il pleurait, avant qu'il ne l'enfouisse à nouveau dans le dossier du fauteuil. Qu'as-tu fait ?
D'un geste dégoûté il laissa tomber son pantalon froissé. Durant un moment l'obscurité des cachots n'entendit que sa respiration précipitée. Les bruits de son agitation s'apaisèrent finalement et disparurent. Severus releva son visage. Quelques mèches noires collaient à sa joue.
D'un geste brusque, furieux, il les écarta et se leva pour disparaitre dans la salle de bains.
Quand il pénétra dans le couloir qui menait au-dehors des cachots, il aperçut quelques-uns des derniers Serpentards qui faisaient flotter leurs valises derrière eux. Ils étaient un peu en retard, ce qui était sûrement dû aux contrôles poussés. Severus nota combien il était soulagé que la probabilité de rencontrer des Gryffondors était bien plus faible.
« En vitesse ! » grogna-t-il aux retardataires.
« Oui, Sir. » dit l'un d'eux et déjà ils avaient vidé les lieux. Severus sentait que la déprime l'envahissait davantage à chaque pas qui le rapprochait du grand hall.
Oui, cela était la réalité. Cela n'avait rien en commun avec la douce tranquillité du Cottage. Ceci était le monde dont il avait cherché à s'échapper.
Granger. Punaise. Il ne voulait pas la voir.
Mais il devait se rendre dans le grand hall. Il ne devait pas se laisser détourner du cours normal de sa journée par cette affaire. Non pas qu'il apprécie de devoir être assis là-bas chaque jour, d'être fixé et de savoir qu'ils se moquaient de lui, mais il ne devait pas montrer la moindre faiblesse en face d'eux.
A nouveau Severus fut heureux de posséder la capacité de bannir la moindre émotion de son visage. Elle allait l'aider à lui montrer que sa lettre valait encore après la nuit dernière. Elle allait le fixer-le fixer.
Quand il pénétra dans le grand hall par la petite morte, il lui sembla que tous les regards lui collaient à la peau. Albus était déjà assis sur sa chaise et le salua d'un signe de tête. A pas lents, pesants, il s'approcha de sa place aux côtés de McGonnagal et se laissa glisser sur sa chaise.
Celle-ci le recouvrit d'un regard interrogateur. « Tout va bien, Severus ? Tu as l'air malade. »
« Tout-va-bien. » répondit le maître des Serpentards d'un ton ennuyé, que la vielle professeure ne connaissait que trop bien. Severus n'avait jamais été très causant et ce ton montrait qu'il avait encore moins en ce moment envie d'un échange amical. Il avait à nouveau l'air de détester le monde entier.
« Bien. » répondit Minerva avec un léger haussement d'épaules et elle dirigea à nouveau son regard sur les rangées de table qui étaient presque entièrement occupées.
« Les contrôles ont vraiment pris beaucoup de temps. Regarde-les. Tous ne sont pas encore là. »Commença-t-elle à nouveau.
« C'est le propre des contrôles. » répondit Severus. Sa main était posée molle près de son assiette. « Aussi loin que je me rappelle, les mesures ne sécurité ne sont jamais trop nombreuses ! »
La réponse glaciale poussa Minerva à inspirer de façon presque imperceptible et à soupirer. Avec un haussement de sourcils peiné elle se détourna de Severus, lequel semblait enfermé dans son propre monde. Peut-être était-ce le travail pour l'Ordre qui l'avait à nouveau entièrement accaparé. Elle n'allait pas poursuivre le sujet. Il avait toujours état du type asocial et elle l'avait accepté en tant que collègue car elle connaissait son travail capital pour Albus et pour l'Ordre. Mais de temps à autre il faisait peur. Et qu'il travaille en tant que professeur lui déplaisait depuis longtemps. Son visage était devenu depuis le temps plus âgé et encore plus agacé. A chaque fois qu'il voyait quelqu'un, l'amertume en personne sautait vers cette personne. Les élèves sentaient encore ses accès de colère comme quatorze ans auparavant. A cela rien n'avait changé. Qu'y avait-il donc avec sa main ? pourquoi la regardait-il comme si sa vie en dépendait ?
Minerva préféra conduire une de ses rares tentatives de s'entretenir avec lui seulement une fois que la dernière tentative serait passée.
Aussi tandis que Albus prononçait quelques paroles de bienvenue et faisait commencer le repas, l'homme vêtu de sombre ne leva pas se regard. Entouré par les croassements de Slughron, la discussion d'Albus avec Trelawney et le bruit des couverts autour de lui, il mangea quelques bougées, mais reposa après peu de temps sa fourchette.
Même Flitwick, qui était bien moins bien doté en matière de taille, avait un appétit béni. Son bruit de mastication sourd et affamé lui parvenait.
Severus entendit soudain un applaudissement. Quand il leva le regard il vit que Minvera le regardait d'un air autoritaire et lui faisait des signes de tête en direction du directeur. Il suivit son geste. Albus avait légèrement soulevé son verre de vain et le regardait en retour avec des yeux clairs, bleu ciel et entourés de lignes de sourire.
Severus dut déglutir. Il sentit que les commissures de ses lèvres tiquaient dans son visage fixe, tandis qu'il répondait au salut d'Albus par un signe de tête.
Albus but une gorgée et reposa le verre pour se concentrer à nouveau sur son repas et sur Trelawney.
Le regard de Severus glissa à nouveau par un détour sur les rangées de tables vers son assiette. Il la vit. Le visage t à moitié caché par sa masse de cheveux, se penchant légèrement vers le roux Weasley pour lui souffler quelque chose. Son regard ne frôla que brièvement le sien avant qu'il ne s'en détourne. Dès l'instant d'après elle avait disparu derrière sa chevelure sans l'honorer d'un seul regard. Une douleur douce-amère traversa son ventre. Mais il y avait encore un autre sentiment.
Quand il fut de retour dans les cachots après le repas, il put enfin mettre un nom dessus. C'était de la fierté.
