Wouah ! J'en ai eu des reviews, cette fois !
Un grand merci à Inuko, Umichan, fanofyaoi2, becca015, Nirrita, Dodge3 et Pauline. Vous êtes géniaux ! ^^
- Un ! compta Sanji d'une voix hachée.
Il était debout dans la chambre du photographe, qui lui avait demandé de se déshabiller entièrement. Sanji, complètement nu, gardait ses mains jointes devant son sexe, dans une vaine tentative de pudeur. Le photographe n'y avait rien trouvé à redire, visiblement, et s'était mis à lui tourner autour d'un air gourmand. Il était vêtu de son éternel peignoir en tweed et armé d'une petite cravache, qui avait donné des sueurs froides à Sanji dès qu'il l'avait vue. Mais il ne pouvait pas se rétracter maintenant : c'était lui qui avait proposé ce marché, après tout, et il irait jusqu'au bout.
- Deux ! compta-t-il tandis que la cravache s'abattait sur son épaule.
C'était pour les filles, qu'il faisait ça. Il fallait qu'il le garde à l'esprit, et tout irait bien. Frida comptait sur lui pour récupérer les photos et les pellicules. Il lui devait bien ça, de toute façon. C'était sa faute, si Thilda était morte… Alors, peu importe ce qui lui arrivait maintenant, Sanji n'avait pas droit à l'erreur. Il refusait que quelqu'un d'autre meure à cause de lui ! Et c'était ce qui arriverait si le photographe les dénonçait à Snorre.
- J'ai su que j'aimais la douleur assez tôt, quand j'étais encore gosse, commença le photographe en caressant le dos de Sanji du bout de sa cravache. J'aimais torturer les insectes, les animaux… Puis est venue l'adolescence, et j'ai voulu une copine. Mais je n'avais pas énormément de succès auprès des filles. Et quand j'en trouvais une qui voulait bien de moi… Tu sais à quel point c'est difficile de trouver quelqu'un qui ne prenne pas ses jambes à son cou dès que je lui avouais que j'aimais infliger la douleur ? Elles m'ont toutes quitté.
- T-trois !
- Chez les prostituées, c'était pareil : je devais payer des amendes, parfois salées, quand je leur laissais des marques ou que je les rendais incapables de travailler pendant quelques temps. Mais Heidi était différente. Elle ne me dénonçait pas quand je lui laissais des bleus, tant qu'elle pouvait les cacher sous ses vêtements. Mais même ainsi, je devais faire attention, et je ne pouvais pas me laisser aller à faire tout ce que je voulais.
- Quatre !
- J'ai entendu parler de Letcher, évidemment, et du fait qu'il peut fournir absolument tout ce qu'on veut… Mais je n'avais pas vraiment envie de m'adresser à des criminels et des drogués. Je suis un homme respectable, moi !
- Cinq !
- Quand j'ai vu les photos, je n'en croyais pas mes yeux. C'était tout ce dont j'avais rêvé, mais en mieux. Bien sûr, je savais que ce genre de soirées existait… Mais je ne savais pas à qui m'adresser pour y participer. Désormais, j'avais la solution sous les yeux : Snorre. Qui aurait cru que le noble capitaine des Marines partagerait mes pulsions ?
- S-six !
Désormais, Sanji était en larmes, et tremblait de tous ses membres. Son dos brûlait furieusement, et il était sûr qu'il saignait. Mais il fallait qu'il aille jusqu'au bout. Il le fallait.
- Et maintenant, tu me proposes de pouvoir faire ça gratuitement. Si tu savais depuis combien de temps j'en rêvais… Quel dommage que tu ne sois pas une jolie fille ! Mais bon. Je ne vais pas faire le difficile, pas vrai ?
Sanji poussa un gémissement plaintif pour toute réponse, et cela sembla énerver le photographe, qui se mit à frapper beaucoup plus rapidement, et plus fort. L'enfant n'arrivait même plus à suivre, et à compter les coups. La cravache s'abattait partout, sur son dos, ses épaules, ses fesses, ses cuisses… Comment allait-il pouvoir s'asseoir, le lendemain ? Comment allait-il pouvoir cacher ça à l'institut ? Ditwin et Harding poseraient sûrement des questions. Qu'est-ce qu'il allait pouvoir leur dire ? Au moment où les jambes de Sanji menaçaient de se dérober sous lui, le photographe s'arrêta, hors d'haleine. L'enfant jeta un regard craintif dans sa direction, et vit qu'une érection bien visible déformait son pantalon de pyjama, sous le peignoir qui s'était ouvert. L'adulte haletait, les joues rouges, et son regard trahissait également son excitation. Sanji se mordit la lèvre nerveusement : est-ce qu'il allait lui demander de… ?
- Va-t'en, ordonna le photographe en lui tournant le dos. J'en ai fini avec toi pour aujourd'hui. Mais reviens la semaine prochaine, même jour, même heure !
Sur ce, il sortit de la chambre et alla s'enfermer dans la salle de bain, laissant Sanji sanguinolent et perplexe. Ainsi donc, il ne voulait pas… ? Oh, après tout, le blondinet n'allait pas s'en plaindre. Peut-être le photographe n'était-il tout simplement pas gay. Rassemblant les dernières forces qui lui restaient, Sanji se rhabilla en vitesse, grimaçant de douleur lorsque la toile rêche de ses vêtements frottait sur ses blessures encore fraîches. Il tendit ensuite l'oreille, et entendit des grognements et des halètements provenant de la salle de bain. Visiblement, l'homme était encore occupé : Sanji avait donc un peu de temps devant lui. Il se mit à fouiller rapidement la chambre, ouvrant les armoires et les tiroirs de la table de nuit, soulevant le matelas, puis regardant sous le lit. Bingo ! Il en extirpa une petite boîte, dans laquelle il trouva les photos développées (laissées sans doute à portée de main pour servir de support à des séances de masturbation, réalisa l'enfant avec un frisson de dégoût) et une clé. Sans doute la clé qui ouvrait la porte de l'atelier, à l'étage du dessous !
Sanji entendit un bruit de chasse d'eau, et réalisa que le temps lui manquait pour aller chercher les pellicules. Mais désormais, il savait où était la clé, et il pourrait se rendre directement à l'atelier la semaine suivante. Si, du moins, le photographe le laissait à nouveau seul…
Sanji tenta de se tourner sur le côté afin de trouver une position plus confortable pour dormir (il avait l'habitude de dormir en position fœtale, une habitude qu'il avait prise sur ce foutu rocher, sans doute pour se protéger des oiseaux qui venaient le picorer pendant son sommeil, pensant qu'il était mort… maudits piafs) et fut soudain submergé par une douleur intense dans la poitrine, qui le laissa sans souffle un instant, et lui fit abandonner l'idée de bouger. Avec un grognement, Sanji ouvrit les yeux, et fut tout d'abord aveuglé par la blancheur crue qui l'entourait. Rouvrant les paupières, cette fois-ci plus lentement, il put distinguer un visage au-dessus du sien, surmonté d'une chevelure verte bien reconnaissable.
- Putain de merde… souffla Sanji en refermant les yeux. Je dois être en enfer, si la première chose que je vois, c'est le marimo.
- Hey ! protesta Zoro, indigné. T'aurais préféré te réveiller tout seul, peut-être ?
- Bah, ça ou toi…
Sanji soupira, promenant son regard dans l'infirmerie du Sunny, tandis qu'il creusait sa mémoire pour se souvenir de ce qu'il s'était passé. Oh, merde. Il s'était déclaré. A Zoro. Comme une putain de fillette. MERDE ! Qu'est-ce que le marimo allait penser de lui, maintenant ? Et pourquoi est-ce que c'était lui qui était à son chevet ?! Sanji aurait préféré voir n'importe qui d'autre, plutôt que la tête de gazon. Est-ce qu'il allait lui rire au nez ? Le regarder avec pitié, et lui rappeler qu'être en couple ne l'intéressait pas ? Ou bien est-ce qu'il allait lui proposer une nouvelle fois de coucher ensemble ?
- Ça va, cuistot de merde ? T'as l'air tout pâle, fit Zoro, les sourcils froncés.
- … J'ai envie d'une cigarette, fit Sanji. Aide-moi à me lever.
- Ah ! Aucune chance. Chopper a dit que tu devais garder le lit, et j'ai promis de t'assommer au besoin.
- Sale traître, souffla Sanji, découragé.
Il y eut un long silence, durant lequel le chef-coq choisit de fixer ses mains avec concentration, mains occupées en l'occurrence à triturer ses draps. Qu'est-ce que la tête d'algue attendait pour aller chercher Chopper ? Au lieu de ça, Sanji vit du coin de l'œil Zoro ouvrir la bouche, et pressentit que le sabreur allait aborder le sujet qui fâche. Oh, non ! Tout mais pas ça !
- Je suis resté combien de temps dans les vapes ? demanda le blond à toute vitesse, avant que l'épéiste ne puisse articuler un mot.
- Oh, à peine un jour. Je le savais bien, que ces épées ne valaient pas un clou. Même pas aiguisées des deux côtés… commenta Zoro d'un ton méprisant.
- Ça s'appelle un scramasaxe, marimo, et son but n'est pas vraiment de… Oh, bon sang, je ne sais même pas pourquoi je discute de ça avec une tête de pioche comme toi ! Dis-moi plutôt ce qu'il est advenu de Snorre.
- Luffy n'en a fait qu'une bouchée. Il faut bien dire que tu avais déjà fait le gros du boulot… admit Zoro, chose déjà assez remarquable en soi. Ça fait une vengeance de plus à cocher sur ta liste, cuistot de merde.
- On dirait bien, répondit Sanji d'un air songeur. Tu crois… Tu crois que c'était vraiment mon père ?
Zoro eut l'air surpris un instant, ne s'attendant visiblement pas que Sanji aborde le sujet avec lui, mais il reprit bien vite l'air renfrogné qui était son expression par défaut.
- Ça, tu devras demander à l'autre enflure qui s'est permis d'intervenir dans ton combat. Chopper ne l'a pas endormi, on s'est dit que tu voudrais l'interroger.
- Ouais. Merci, ajouta Sanji après une pause.
Quelle drôle de conversation ! Tous les deux avaient la même chose en tête, et tournaient autour du pot pour éviter le sujet. Ils en étaient presque civils. « Oh, c'est ridicule ! » pensa Sanji, soudain énervé. « Je vais lui dire d'oublier ce que j'ai dit, et on pourra passer à autre chose ! » Mais Zoro était visiblement parvenu à la même conclusion, parce qu'ils ouvrirent la bouche en même temps.
- A propos…
- Tu…
- Oui ? demanda Zoro après un moment de malaise. Tu voulais dire ?
- Non, toi d'abord, s'empressa de répondre Sanji.
Si c'était pour se faire rejeter de toute façon, autant en finir au plus vite !
- Ah… soupira le sabreur, en se grattant le crâne. C'est à propos de ce que tu as dit hier, avant de tomber dans les pommes…
- Je sais, je sais, marimo, tu ne partages pas mes…
- Tu penses vraiment que je te déteste ?
Sanji en resta sans voix. C'est ça qui tracassait la tête d'algue ?
- Tu as dit que tu pensais que je te détestais, et que je te méprisais, insista Zoro devant son silence. Mais… C'est tout à fait faux, tu sais ? Je ne t'ai jamais détesté, même après que tu m'aies rejeté la première fois. Nakama, tout ça.
- C-c'est vrai ? fit Sanji avec un filet de voix, n'en croyant pas ses oreilles.
Zoro hocha la tête, puis son visage se renfrogna encore plus, comme s'il venait d'avaler quelque chose de particulièrement dégoûtant. Ou qu'il venait de repérer un grain de poussière sur un de ses précieux katanas. Bref.
- Sanji… Je t'aime aussi, espèce d'imbécile, finit-il par lâcher, le corps raide comme s'il venait d'accomplir un exercice difficile.
Le cerveau du chef-coq connut alors un court-circuit.
