Tout d'abord, qu'il soit bien clair que je n'abandonne absolument pas ma fic, jamais !!! Ensuite, le message donnant un lien concernant un clip qui aurait été fait sur ma fic n'a pas fonctionné, ça m'attriste j'aurais adoré le voir, c'est tellement gentil de ta part

Suite à une lettre enflammée reçue il y a deux ou trois jours, d'une nouvelle lectrice, j'ai terminé le chapitre suivant. Je vais arrêter de m'excuser sans arrêt chaque fois que je publie, parce que ça devient franchement ridicule, je suis désolée (tiens je m'excuse XD, plus fort que moi), parce que j'ai été absente pendant huit longs mois m'a-t-on fait remarquer. Je sais que c'est énorme, et je sais que j'aurais sans doute perdu plein de lecteurs qui auront perdu la foi, mais je galère vraiment pour écrire. Je ne trouve plus le temps de dessiner, ni d'écrire, ni de lire, c'est une horreur. Chaque fois que je me dis « après cette semaine, ça sera plus calme tu pourras t'y remettre », il y a toujours quelque chose qui vient mettre le bazar. Donc, modestement, voilà mon chapitre 43. Encore pardon !

RAR :

Superfan : Oui j'ai encore des exams, mais pas les mêmes que ceux dont on parlait la dernière fois, forcément XD. Merci pour tes encouragements !

Keana : Chaos le retour, moi aussi, ma vie ne s'améliore pas, j'ai toujours un timing aussi mauvais. Pour ce qui est des choses que tu ne comprends pas et des questions que tu te poses, je t'assure que tu auras toutes tes réponses avant le dénouement. Comme toujours tu es clairvoyante ! Et oui, tu peux te sentir importante, tu l'es, vraiment !!! Je suis en droit et non en lettres. Bonne lecture poupette, et gros bisou !!!

Aulandra 17 : merci beaucoup pour ta review enthousiaste jusqu'au bout !

Sohanne : tu m'as beaucoup fais rire avec ton « je comprends de moins en moins, m'ais j'adore », trop mignonne !!! Merci pour tes multiples relances ! XXX.

Malorie : Alors toi, toujours aussi chtarbée : je n'en connais qu'une qui poste des reviews sans avoir lu le chapitre, merci à toi !

Laetitia 666 : J'ai adoré ta proposition de manifestation c'est à creuser ! Désolée pour ce long périple, mais ce n'est pas évident pour moi de poster… bonne lecture à toi, je t'embrasse.

L'orblanc : Je sais que j'ai déjà répondu à ta review personnellement mais elle méritait une réponse officielle également, tout d'abord bienvenue dans mon petit monde, j'espère que tu apprécieras la suite comme déjà les premiers chapitres… Ton message m'a beaucoup touchée et c'est pour ça que je tenais à te remercier plutôt deux fois qu'une. Vraiment !!! Sache juste que si tu as commencé par « une quête de vengeance », tu as loupé quand même toute la première partie de la fic qui était « un nouveau départ ».

Je t'embrasse et merci encore pour tout ça. C'est bien plus important qu'on ne le croit.

oOoOoOoOoOo

Couchée sur son lit, elle faisait distraitement tourner entre son pouce et son index la plume ramassée dans le musée l'après-midi… plus personne ne l'avait importunée durant le reste de la journée, et le week-end était là… que demander d'autre ?

Et pourtant… au creux de son estomac, des papillons s'agitaient avec une vigueur inquiétante ; elle ne pouvait empêcher ce sentiment plus bizarre qu'étrange, de l'habiter.

Elle fut tirée de ses pensées par un coup frappé à la porte de sa chambre, elle se redressa quelque peu en voyant la tête de sa mère dans l'entrebâillement.

- Tu as Cindy dans le salon.

- Ah ? Tu peux la faire venir ? demanda-t-elle en s'asseyant en tailleur sur son duvet.

Quelques secondes plus tard, une fillette de quatre ans sa cadette et aux yeux d'un bleu pétillant de malice, entra dans la pièce.

- Ca faisait longtemps que je ne te voyais plus par le grillage, alors j'ai demandé la permission à maman de venir de rendre visite.

- Ca me fait plaisir que tu sois là, assura Elodie qui avait pourtant davantage envie de rester un peu seule… son esprit était assez loin de son amie à dire vrai.

- Elle est superbe cette plume ! s'exclama la petite fille. Où tu l'as eue ?

- Ah ? Euh… je l'ai trouvée au musée cet après-midi.

- Oh ! Dis donc, tu sais que c'est interdit d'arracher les plumes des animaux empaillés de la salle des trophées de chasse ?

- Je t'arrête de suite ! la coupa Elodie passablement irritée par la réflexion. Je ne l'ai prise sur aucun d'entre eux ; elle était par terre, et je n'en ai vu aucun auquel elle aurait pu appartenir en plus… Et puis, toi qui enchaîne les boulettes les unes derrières les autres, tu es mal placée pour me faire la morale !

- Oh mais calme-toi ! Je disais ça comme ça… et puis, ils sont tellement bêtes que tu aurais pu te faire punir sans qu'ils se donnent la peine de savoir vraiment d'où elle venait.

- Dans le doute… je ne suis pas sortie avec à la main.

- En tout cas, elle est vraiment jolie ! s'extasia Cindy. Tu vas en faire quoi ?

- Ben rien de particulier… je ne sais pas… Pourquoi cette question ?

- Autrefois, les gens écrivaient avec des plumes comme celles-ci ! On étudie le Moyen-âge en cours d'histoire, j'en ai vu une magnifique dans mon manuel et ça m'a donné envie d'essayer…

- Je te vois venir, marmonna la plus grande avec un air suspicieux.

- Tu n'as pas envie qu'on essaye de la tailler pour pouvoir s'en servir ?

- Je n'ai pas envie de l'abîmer !

Au-delà de son envie de préserver la beauté de la plume, elle avait la sensation de ne pas devoir s'en servir à cet effet… comme si elle n'était pas un objet anodin…

- Alleezzzzzzzzz !!! Je te promets qu'on ne l'abîmera pas ! On pourra faire comme dans l'ancien temps ; moi je serais une princesse que tu aurais enlevée, et toi tu écrirais une demande de rançon sur un parchemin et…

- Sympa, et moi je serais quoi ? Un bandit de grand chemin ?

- Pas forcément, tu pourrais être une sorcière qui…

Elle ne l'écoutait plus ; pourquoi son cœur s'était-il mis à battre si vite ? Pourquoi cette impression que la foudre venait de s'abattre sur elle ? … Elle rejeta la proposition assez froidement.

- Non, je te dis… écoute, je ne me sens pas très bien, je suis fatiguée… j'aimerais que tu t'en ailles, en plus, on ne va pas tarder à dîner.

- Bon très bien, se résigna la fillette vexée. Je te laisse, à demain… peut-être, termina-t-elle en refermant la porte derrière après avoir lancé un regard perplexe et plein de reproches à son aînée.

Elodie s'étendit de nouveau sur le lit, et tourna sa tête vers la fenêtre à double battant, tout en continuant à caresser la plume du bout des doigts. Au dehors, les nuages semblaient s'épaissir et le ciel s'assombrir ; il allait sans doute tomber quelque chose cette nuit !

Elle se redressa brusquement : un énorme oiseau au plumage entièrement noir était perché sur les câbles téléphoniques… un hibou !

Elle parvenait à distinguer son regard malgré sa mauvaise vue et la distance qui les séparait, tant l'or de ses prunelles était intense… Il ouvrit brusquement ses ailes, et émit un piaillement si aigu que malgré le double vitrage et la dizaine de mètres qui les séparaient, elle eut l'impression de l'entendre raisonner dans tout son cerveau. Sa tête tourna quelques secondes…

L'oiseau avait disparu, la nuit semblait être tombée d'un coup.

- HYYAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!!!!!!!!

Elle fit un bond, son cœur soudainement étreint d'une manière inquiétante, elle ne savait pourquoi. Elle se précipita vers la porte d'entrée et se hâta de dévaler les escaliers, emprunte d'un redoutable pressentiment. En franchissant le portail, elle trouva sur le trottoir, son père, sa mère, son frère, ainsi que quelques personnes du voisinage elles-mêmes accourues au cri déchirant. En faisant quelques pas hésitants vers le cercle qui s'était formé, elle distingua au centre une femme de petite taille effondrée sur une petite silhouette ensanglantée… elle reconnut la mère de Cindy.

oOoOoOoOoOo

En retrait de la masse familiale éplorée des Callaway, elle sanglotait silencieusement. Cindy était son amie depuis la plus petite enfance ; elle l'avait toujours connue. Comment avait-il pu se produire une telle chose ? Qui pouvait bien vouloir du mal à une fillette si gentille et pleine de vie ?

Il ne s'était même pas agi d'un raquet, une simple agression des plus barbares.

Sa mère s'était inquiétée de ne pas la voir arriver pour dîner, avait-elle confié, et s'était rendu au domicile des Merson pour rapatrier sa fille à la maison… et elle l'avait trouvée là ; étendue à plat ventre sur le bitume, gisant sans vie, les yeux grands ouverts, le cou également, baignant dans son sang…

La cérémonie des funérailles venait de se terminer… la famille Callaway, effondrée, n'avait pas eu le courage de se recueillir davantage sur la sépulture de leur petite dernière.

La mère d'Elodie l'attendait dans la voiture, à l'entrée du cimetière, se refusant à la laisser seule, le criminel étant toujours en liberté… dire que les dernières paroles qu'elle lui avait adressées avaient été des sommations désagréables de quitter sa maison, prétextant le besoin de se retrouver seule… jamais elle n'aurait dû la renvoyer sitôt arrivée… elle aurait dû attendre que sa mère vienne la chercher, elle n'aurait alors jamais croisé la route de ce salaud. Elle crut entendre un murmure dans son dos… mais elle était bien seule.

Elle s'approcha lentement de la pierre tombale, et s'accroupit devant la plaque sur laquelle venait d'être gravée l'épitaphe de sa plus tendre amie. Elle plongea une main dans la poche de sa veste et en retira la plume sur laquelle Cindy s'était extasiée la dernière fois qu'elle l'avait vue sourire. Elle la déposa sur la pierre.

- Je l'ai taillée pour toi… j'ai demandé à papa de m'apprendre… tu pourras m'écrire de jolies lettres de là où tu es………… je suis désolée, murmura-t-elle dans un souffle.

oOoOoOoOoOo

Cela allait faire plus d'une semaine qu'elle n'avait pas remis les pieds au collège, ne pouvant se résoudre à faire un pas dehors, les yeux rivés à la fenêtre sur la porte de la maison voisine, dont souvent à travers les rideaux de sa chambre, elle voyait la silhouette fluette de Cindy surgir, scrutant les environs avec ses yeux pétillants à la recherche de son aînée… plus jamais elle ne franchirait cette porte…

Le lundi suivant, sa mère ne l'autorisa pas davantage à garder la chambre : « ce qui est arrivé à Cindy est terrible, avait-elle dit, mais tu ne peux pas faire pour autant une croix sur ta propre vie et sur ton avenir… ta vie à toi continue ! » Sur le moment, la remarque l'avait profondément choquée, l'avait ulcérée même et elle s'était retenue, plus par manque de force que par respect, de ne pas se redresser pour lui cracher à la figure. Mais au final, elle dut admettre que la parole maternelle sonnait juste.

Sa mère sortait la voiture de la cour intérieure tandis que Mick, sous le porche, terminait de verrouiller la porte d'entrée. Elle l'attendait patiemment, les yeux rivés sur le pilier de bois qui soutenait le petit patio quelque peu délabré. C'est en observant le sommet du petit édifice, qu'elle l'aperçut… dressé de toute son envergure au-dessus des tuiles de la porte cochère ; le hibou au plumage funeste se tenait magistralement, tel un mauvais présage…un murmure : comme le sifflement inquiétant du vent… Elle l'observa quelques secondes, interdite, puis sentit son estomac se contracter douloureusement quand elle vit ses ailes se déplier et se mettre à battre alors que son frère descendait les escaliers… l'animal prit son envol.

- RECULE !

Le jeune garçon leva la tête suivant le regard de sa sœur et sauta les dernières marches, bousculant au passage sa cadette, tandis que deux tuiles rouges s'écrasaient sur le dallage de la grande allée. Sans avoir pu réagir, elle resta là à observer les yeux écarquillés, les éclats pourpres à ses pieds, la respiration haletante.

Elle ne comprenait pas ; c'était comme si elle l'avait senti venir… cet oiseau de mauvais augure… elle ne savait pas de quelle façon, mais elle avait le sentiment profond qu'il n'était pas étranger à tous ces « incidents » à répétition… pourtant, il ne s'agissait que d'un animal…

- Merci, balbutia Mick à l'attention de sa sœur, trop absorbée dans ses méandres intérieurs pour l'entendre véritablement.

Lorsque ses yeux se posèrent à nouveau sur le toit du petit patio, il n'y avait plus la moindre trace de l'oiseau…

oOoOoOoOoOoOo

- Merson, Crow, vous êtes de service aujourd'hui ! Comment se fait-il que je n'ai ni cahier de texte ni cahier d'appel sur mon bureau ce matin ?

Elle venait de sortir les affaires de son sac pour le cours d'histoire-géographie du lundi matin, et avait à peine déposé son dernier livre sur le pupitre que le professeur l'houspillait déjà… Nathalie Crow ne fut pas longue à exposer sa version des faits pour s'exonérer de toute responsabilité.

- Excusez-moi Madame, mais comme Merson s'est crue autorisée à prendre une semaine de vacances, de mon côté j'ai pensé qu'elle pourrait se charger des cahiers la seconde semaine de service, vu que j'ai dû assurer la première toute seule pendant son absence.

- Je n'étais pas en vacances espèce de peste ! s'indigna Elodie en se levant, le visage menaçant.

Outre le fait que Crow essayait de la faire passer pour une paresseuse notoire, ces insinuations consistaient une insulte à la mémoire de Cindy.

- Je ne veux rien savoir Miss Crow ! Vous n'aviez pas à prendre une telle initiative sans en informer votre camarade au préalable. Allez toutes les deux me chercher ces cahiers, et vite !

Elles sortirent ensemble de la salle de classe et descendirent les deux étages qui les séparaient des casiers et s'y arrêtèrent… enfin, seulement Elodie… Nathalie Crow quant à elle, s'en allait vers la porte vitrée donnant sur la cour intérieure.

- Où vas-tu ? demanda Elodie irritée.

- Pff… amène-toi Merson ! Ils ne sont pas dans les casiers.

- Quoi ?

- Tu croyais peut-être que j'allais te faciliter la vie alors que tu m'as laissée seule de service, que tu t'es défilée pendant toute une semaine !

- J'y crois pas ! Tu les as cachés ? Mais t'as quoi dans le crâne ?

- Oh, la ferme ! Suis-moi, on va les chercher ! On les avait planqués dans le garage à vélo…

Evidemment, elle n'aurait jamais eu l'idée d'aller les chercher à cet endroit-là.

- Ne compte pas sur moi pour te suivre là-dedans, c'est sinistre et il y a un foutoir monstre ! Je t'attends là.

- Oui, j'avais oublié ton courage légendaire Merson ! Je ne te demande pas de descendre avec moi ne t'inquiète pas… je n'ai pas envie de me retrouver chez le proviseur parce que tu auras fait une crise d'angoisse !

- C'est ça… allez grouille, on va se faire disputer !

Nathalie Crow descendit les trois ou quatre marches qui menaient au garage à vélo, fit coulisser la grille sur les rails pour en ouvrir l'accès, et pénétra dans l'enceinte lugubre et mal éclairée… deux minutes s'écoulèrent sans qu'elle ne refit surface… puis trois… quatre…

- HOUUU…

Elle fit volte face, son cœur cognant avec force contre ses côtes… sur une des branches les plus hautes du cèdre, se tenait tout droit, le funeste animal aux plumes d'encre… elle sentit ses entrailles se liquéfier.

- Crow ! CROW !!! Sors de là, dépêche-toi !

- Calme, raisonna la voix de Nathalie Crow. Je ne les trouve plus… il fait trop sombre ! On va prendre une danse si on revient sans !

- Laisse tomber je te dis, et sors de là ! Vite !

- Ca va, ça va, j'arr…

CLANG.

La grille se referma brusquement devant Nathalie Crow qui s'apprêtait à remonter les marches. Passé le moment de la surprise, elle s'écria avec rage vers Elodie, en tirant sur les barreaux d'acier pour essayer de se libérer :

- Ouvre-moi Merson ! C'est pas marrant ! Qu'est-ce qui te prend ?

- Je n'ai rien fait, je t'assure que je n'ai rien fait, répétait la fillette la voix tremblante, en essayant elle aussi de faire céder les barreaux.

Un bruit métallique assourdissant se fit alors entendre dans le fond du garage. La fillette aux prunelles vertes terrorisées, fit volte face, sa respiration haletante. Aucune d'elles deux ne parvenait à percevoir ce qui se passait dans la pénombre du lieu, mais lorsqu'elle se retourna vers Elodie, le visage de Nathalie Crow était déformé par la peur ; les yeux luisant, elle la supplia d'une voix gémissante :

- Je t'en prie, sors-moi de là Merson !

- Je vais chercher le concierge, il pourra t'ouvrir, je reviens…

Elle avait à peine fait quelques pas en direction du bâtiment, qu'elle se cogna durement contre quelqu'un.

- Héla, où vas-tu comme ça ? Tu n'as pas cours ?

- Mick ! reconnut-elle.

- Je reviens de sport, et je t'ai vue depuis l'autre côté du terrain de basket. Qu'est-ce que tu fais là à cette heure-ci ?

- Oh Mick ! Tu tombes bien, je t'en supplie aide-nous ! implora-t-elle en saisissant la main de son frère, l'entrainant à sa suite vers les grilles qui retenaient prisonnière Nathalie Crow.

- Mais qu'est-ce que vous avez fait ? cria-t-il pour couvrir le tintamarre qui provenait du fond du garage. Pourquoi est-elle enfermée là-dedans ? Et c'est quoi tout ce raffut ? Tu sais ce qui va se passer si maman apprend que tu t'es encore attirée des ennuis ?

- Tais-toi, et aide-moi à ouvrir ! ordonna la fillette qui s'acharnait sur les barreaux en acier sans succès.

- Ca ne sert à rien déclara-t-il. C'est verrouillé. Je vais chercher un surveillant mais vous allez avoir des problèmes toutes les deux !

- Peu importe, mais dépêche-toi ! hurla-t-elle à son aîné. Cours !!!

Quelque chose se tordant dans ses tripes lui disait que si elle ne réussissait pas à faire sortir sa camarade de là, un renvoi du collège serait sans doute le moindre de leurs problèmes. La cacophonie ne tarissait toujours pas, et bientôt…

- BAISSE-TOI ! cria-t-elle à la captive.

Nathalie Crow obéit et s'accroupit aussitôt, les deux mains plaquées sur sa tête pour se protéger, alors qu'une roue de bicyclette vint se fracasser sur la grille avec une telle violence que tous les rayons en jaillirent.

Lorsqu'elle émergea de sa carapace, Crow resta quelques secondes tremblante, à fixer les restes du projectile à terre.

- Sors-moi de là…. Merson… SORS-MOI DE LA ! VITE !!!

Elle avait agrippé fermement deux barreaux et tirait dessus avec la rage d'une démente.

- Mick est parti chercher de l'aide, on va t'ouvrir.

- Qu'est-ce qui se passe ? C'est quoi ce délire ? C'est toi qui fais ça ? Tu veux te venger c'est ça ? gémit la fillette.

- Non, je te jure que je n'ai rien fait. Comment aurais-je pu faire un truc pareil ?

Une chaîne surgit alors de nulle part et s'enroula autour de la gorge de Nathalie. Elle porta une main horrifiée, à son cou. La chaîne serra davantage… elle commençait à suffoquer, les paupières mi-closes. De l'autre côté Elodie ne savait que faire, elle se sentait si démunie, elle ne pouvait que regarder…

- Non… non, non ! Lâche-là ! sanglotait-elle.

Elle sentit comme un courant d'air en elle « …eill… oi ». Elle se retourna vivement, tremblante… Personne. Terrifiée, elle observa autour d'elle, le cœur se serrant à chacune de ses inspirations. L'oiseau noir n'était plus dans l'arbre tricentenaire au centre de la cour.

- Crow, je…, commença-t-elle en reportant son attention vers Nathalie.

Le visage émacié, quelque chose de différent dans le regard, Nathalie Crow articula audiblement d'une voix inquiétante :

- C'est toi qui m'as tuée.

- AAAHHHH…

Elle recula brusquement, couvrant son visage de ses bras alors que le hibou au plumage d'ancre fonçait sur son visage, bec et ongles en avant. Elle tomba en arrière, son dos heurtant rudement les marches de béton… « …VEILLE-TOI ! »

Quand elle rouvrit les paupières, Nathalie Crow était debout plaquée contre la grille par une plage de rangement des deux roues, le regard vide, les yeux révulsés, une barre de fer ressortant per le devant de son pull-over maculé de pourpre.

Elle resta figée, comme fesses collées au sol ; incapable de faire le moindre mouvement ou de prononcer une seule parole.

- Il n'y a personne dans l'établissement je ne compr…

Mick Merson s'arrêta net derrière sa sœur.

- Mon Dieu ! Elodie… Elodie…

Devant l'absence de réaction de sa cadette, il la saisit sous les bras et la releva pour lui faire face.

- Tu n'as rien ? s'enquit-il.

- …

- Explique-moi ! s'écria-t-il en la secouant comme un prunier.

Elle n'arrivait pas à répondre tant ses poumons la faisaient souffrir à chaque entrée d'air.

- Qu'est-ce qui se passe ici ? Répond !!!

- C'est… un cauchemar, bafouilla-t-elle le regard hagard.

- Cela aurait pu être différent, déclara une voix grave derrière eux.

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A bientôt dans une review peut-être…