Traduction de la fiction d'AddriannaDestiny.

Merci à klaroline love, Wrighteuse et Yaya pour leurs commentaires sur le chapitre précédent.

Je remercie aussi tous ceux qui ont laissé un commentaire à un moment ou un autre de cette traduction puisque, voilà, après trois ans et demi, il s'agit aujourd'hui du dernier chapitre… (Le chapitre 46 est seulement un rappel de la bande sonore de toute la fiction.) Ça a été un sacré défi, avec parfois de grosses interrogations sur certains passages, mais je suis plutôt contente du résultat ! D'ailleurs, je dois un grand merci à Béné, super bêta toujours aussi impliquée et remotivante !

J'ai vraiment pris goût à la traduction et je ne me vois pas arrêter, mais j'ai du mal à me décider pour la suite… Dans l'immédiat, j'ai envie (et besoin) d'un truc plus court et plus léger. Ce sera donc une fiction de 8 chapitres sur Arrow appelée « How you get the girl », de kindheitstraum, que je publierai tous les 15 jours (je viens de mettre le premier chapitre). En voici le résumé, pour ceux que ça tente :

Oliver rencontre une Felicity ivre puis tout le monde veut jouer à l'entremetteur - sauf lui. On lui fait du chantage pour qu'il s'y mette. (Felicity n'était pas ivre. Non. Elle l'aurait su si elle l'avait été. Du moins c'était ce qu'elle croyait. - Comment Felicity se moque d'Oliver Queen, parce que le quarterback ne peut pas séduire une fille.)

Cette traduction ira relativement vite donc si vous pensez à une fiction en anglais que vous aimeriez voir traduite, ou même simplement si vous avez un univers, un personnage, ou un style préféré, n'hésitez pas à me le dire, de préférence en message privé si vous avez un compte. Ma seule véritable exigence sera que la fiction soit déjà complète (c'est trop frustrant, sinon !).

Bon, j'arrête mon blabla, et je vous laisse avec la fin de « Friends, then? ».


Kol avait les yeux fermés. Il était profondément concentré, et Bonnie observait tout depuis le lit avec un sourire empli de fierté. Elle était assise, les jambes repliées sur le côté, et elle portait le Henley à manches longues de Kol. Non seulement elle était fière mais elle était aussi énervée.

Observer Kol lancer un sort sans son aide avec une si belle allure éveillait de nouveau en elle un intense désir.

Kol ouvrit les yeux et prit la bougie noire allumée pour verser de la cire sur deux gouttes de sang. Tout se solidifia aussitôt, ne formant plus qu'un seul bloc.

- Et voilà un sort de lancé, chérie, dit-il en se tournant vers elle avec un sourire.

Les yeux de Bonnie scintillèrent tant elle était impressionnée tandis qu'il se rapprochait d'elle et elle bougea pour s'agenouiller complètement sur le lit. Kol lui caressa la joue avant de prendre son visage entre ses deux mains. Il se pencha et l'embrassa avec amour.

Bonnie bougea les doigts le long du dos de Kol en parlant.

- Comment sait-on que ça a marché ?

Pris au dépourvu par la question, il la fixa intensément du regard, ce qui la fit rire.

- Je veux dire… Comment je fais pour que ça marche ? précisa-t-elle pour apaiser son ego.

Kol lui prit les mains et entremêla ses doigts aux siens.

- Essaye de penser à moi.

L'esprit de Bonnie bourdonnait encore merveilleusement de la vision de Kol travaillant sur le sort, combien il était sexy torse nu et en maîtrise de tout le pouvoir qu'il avait en lui.

Il rit après avoir lu ses pensées, qui avaient pris un tournant inattendu très coquin.

- Il se pourrait que je sois un peu trop excitée à l'idée d'avoir un petit ami capable de pratiquer la magie comme moi… marmonna-t-elle, embarrassée.

Kol bougea, ce qui impliqua qu'elle dut bouger aussi, et elle s'allongea sur le dos sur le lit en gardant les yeux rivés sur lui, s'attendant à ce qu'il s'allonge au-dessus d'elle, mais Kol lui caressa plutôt les jambes lorsqu'elle les passa autour de sa taille.

- Comment j'arrête ça ? demanda Bonnie en continuant à le regarder.

- Ne le fais pas, répondit Kol en se penchant pour mettre un genou sur le lit, ses mains descendant caresser lentement les cuisses de Bonnie.

Celle-ci déglutit face à une sérieuse crise de panique.

- Je ne veux pas que tu te sentes trop exposée… expliqua Kol avant de bouger un peu plus ses mains. Je veux juste savoir ce que tu ressens quand on est ensemble.

Sa seule véritable pensée était qu'elle se sentirait trop embarrassée, et il sourit pour la rassurer.

- Je n'ai perçu qu'une fraction de ce que tu essayais de me cacher et tu viens à l'instant de complètement te fermer à moi.

- Je peux faire ça ? s'étonna-t-elle, ses beaux yeux verts écarquillés.

- Je ne serai jamais aussi puissant que toi, Bonnie.

Bonnie lui lança un regard d'avertissement.

- Ne m'appelle pas Déité quand tu te tiens entre mes jambes.

Le rire de Kol ne fut rien de plus qu'un sourire narquois et il prit les bords de son minuscule sous-vêtement. Il le fit descendre le long de ses jambes en prenant tout son temps puis disparut de sa vue.

La respiration de Bonnie était trop bruyante, déjà trop irrégulière, mais ça ne put qu'empirer lorsqu'il prit le mot adorer à un tout autre niveau.

Bonnie courba le dos loin du matelas et sa main vola vers les cheveux châtains de Kol. Tandis que le plaisir succulent, presque immoral, qu'il lui procurait commençait à envahir tous ses sens, elle étendit son esprit et se connecta au sien.

Il sourit avant de trouver un abri pour l'un de ses doigts en elle, puis il lut dans son esprit comme si elle était en train de crier dans la pièce.

Oh. Mon. Dieu.


Les paupières lourdes de Caroline tentaient de vaincre sa volonté, ce qui n'était pas difficile. Elle savourait le démarrage lent d'une nouvelle journée : le soleil lui réchauffait le visage et elle pouvait sentir le corps de Klaus contre son dos.

Elle chercha à l'aveugle la main posée sur son ventre. Il était sûrement en train de l'observer au lieu de dormir, et cette sensation familière de sécurité était indescriptible. Elle se força à ouvrir les yeux avec un léger soupir et elle comptait bouger sur l'oreiller pour pouvoir lui faire face quand une petite boîte rouge capta son attention.

Caroline arrêta complètement de respirer. Elle fixa du regard la petite boîte posée à quelques centimètres de son visage et pendant un très long moment pas le moindre souffle ne s'échappa d'elle.

Caroline n'eut pas une seule réaction, ce qui amusa Klaus. Il était en train de l'observer, le coude enfoncé dans son oreiller et la tête posée sur sa main. De cette hauteur il pouvait parfaitement l'observer et il ricana de cette scène figée.

- J'étais persuadé que tu allais crier et bondir sur le lit. Je m'étais préparé à devenir définitivement sourd… pas à te découvrir si léthargique, murmura-t-il en rapprochant ses lèvres de l'oreille de Caroline.

Caroline garda la même attitude face à la boîte devant ses yeux bleus.

- C'est une très belle bague que je ne peux pas te passer au doigt avant que tu l'aies enlevée de la boîte, déclara-t-il, lui promettant que ce n'était pas une blague cruelle qui l'attendait.

Les doigts de Caroline franchirent l'espace entre eux avant de s'entremêler à ceux de Klaus.

- Je ne peux pas faire ça.

Il se tendit immédiatement, surpris.

- C'est tout ce que j'ai toujours voulu… fit Caroline d'une voix commençant à se fêler en anticipant des larmes. Me réveiller, heureuse, et sentir que quelqu'un dans tout l'univers m'aime, reprit-elle en se tournant pour lui faire face.

- Plus que je ne le voudrais, admit-il.

Caroline sourit.

- J'ai appris à démêler le livre de Klaus Mikaelson. C'est un de ces gros livres reliés avec tellement de pages que ça nous fout complètement la trouille au début mais ensuite tu t'y habitues tellement et tu deviens si accro que tu adores chacune des pages et chacune des phrases écrites.

- Ça ne devrait pas être à moi de lancer le discours en rendant notre union officielle ? fit Klaus d'une voix se fêlant également.

- Je ne vais pas te voler ça, lui répondit Caroline en caressant son menton mal rasé. Mais il y a quelque chose que je dois faire d'abord.

Il n'accueillit pas vraiment chaleureusement ces paroles et ce qu'elles impliquaient.

- Il faut que j'enterre mon passé humain avant de pouvoir pleinement devenir dingue à l'idée de passer l'éternité en vampire avec toi.

Klaus caressa la peau d'ivoire de Caroline. Il guida son pouce le long de sa joue avec un sourire : ça devait être la première fois qu'elle disait volontairement à voix haute ce qu'elle était. Avec lui, elle commençait à tellement accepter sa vraie nature qu'elle s'habituait au partage de sang et y prenait même plaisir, mais durant tous les mois qu'ils avaient passés ensemble, pas une seule fois elle ne s'était appelée vampire.

- Il se trouve que je suis moi-même en train d'ajuster ma propre perception du temps quand la perpétuité semble courte si elle est passée avec toi.

Caroline, amoureuse, eut un sourire rayonnant.

- Je t'aime tellement, mon muffin anglais.

Il grogna tandis qu'elle l'attirait à elle pour un baiser : l'affreux surnom était de retour.


Le café n'était pas suffisamment noir et Liz y ajouta une bonne rasade de Vodka. Elle but d'une traite la moitié du mélange toxique, et lorsqu'elle baissa le mug, elle remarqua à quel point elle tremblait.

Il aurait mieux valu ajouter plus de café mais l'alcool était un médicament terriblement bon pour sa souffrance. Indéniablement, la blessure ouverte était apparente quand la porte d'entrée s'ouvrit et que Caroline entra dans la maison.

- Hey, maman… dit-elle en souriant chaleureusement avant de refermer la porte.

- Je peux t'offrir un Moka sans chocolat et avec de la Vodka à la place ?

Caroline refusa d'un geste de tête et prit une chaise à la table de la cuisine. Elle attendit sa mère, qui décida de prendre le café après tout : c'était mieux d'être complètement éveillée pour ça, même si ça allait faire mal.

Caroline passa ses paumes sur la surface lisse : c'était approprié d'avoir cette même conversation qu'elle avait eue avec Klaus là où elle était assise, sauf que cette fois-ci c'était deux fois plus dur de commencer le véritable récit.

- Klaus m'a dit… que Damon t'avait blessée, fit Liz, sa voix s'effondrant aussitôt.

Caroline acquiesça.

- Je l'ai vu dans la rue et j'ai pensé qu'il était si sexy que je devais l'imaginer, et ensuite il a disparu d'un clignement de l'œil. Quand je suis arrivée à la voiture, il était là, à m'attendre, et je me suis sentie importante parce qu'il flirtait avec moi… commença-t-elle avant de rassembler ses forces pour continuer, sans parvenir à maintenir sa voix constante. Je l'ai invité chez nous.

Liz étreignit le mug entre ses mains : sa gorge était trop serrée de douleur pour qu'elle puisse prononcer le moindre mot.

- Je voulais coucher avec lui au début mais quand il m'a montré son visage de vampire, j'étais terrifiée. Personne ne m'avait parlé des vampires et les monstres n'étaient pas censés être réels alors j'ai crié quand il m'a mordue et à partir de là rien de ce qui s'est passé entre nous n'avait mon consentement.

Des larmes tombèrent sur la table de la cuisine et Liz essaya de s'essuyer le visage mais à ce stade elle n'était même pas assez réactive.

Caroline poursuivit douloureusement mais de manière résolue.

- Damon m'a violée et m'a utilisée à de nombreuses reprises comme son esclave alimentaire, déclara-t-elle en assumant enfin ces mots sans les cacher derrière la vision brouillée que son propre esprit avait créée pour gérer ce qui s'était passé.

Liz ne fit que pleurer en essayant de repousser la culpabilité ainsi que la douleur tandis que Caroline racontait enfin à sa mère ce qui s'était vraiment passé alors qu'elle était avec Damon.


Les regards des deux frères se croisèrent lorsque Kol descendit l'escalier et rencontra Klaus qui prenait juste ses clés de voiture.

- Seras-tu occupé, aujourd'hui ? demanda Klaus au plus jeune.

- Je suis tenté de dire oui, répondit Kol en ralentissant sa descente.

- Je vais voir Enzo, fit Klaus, pas sûr du ton à employer avec Kol.

- Parce que Bonnie a demandé son sang pour jeter le sort que tu lui as demandé ? demanda Kol d'un air suffisant.

- J'ai oublié de dire à Bonnie que cette requête allait de pair avec la discrétion.

- Elle ne m'en a pas parlé, je l'ai lu dans ses pensées, rétorqua Kol, sa suffisance augmentant lorsqu'il atteignit la dernière marche.

- Tu peux lire dans les pensées, maintenant ? demanda Klaus d'un ton provocateur en restant sur ses gardes.

- Je ne lis que les siennes parce qu'on est liés par un sort, admit sinistrement Kol. Je ne peux pas lire les esprits… pour l'instant, ajouta-t-il quand même comme un présage.

Klaus tourna le dos à Kol avec un conseil.

- Reste loin de mes pensées.

- Qu'est-ce que j'y trouverais qui pourrait un tant soit peu être intéressant ? répliqua Kol, comprenant l'allusion lorsque Klaus lui laissa la porte ouverte.

Klaus atteignit sa voiture dans l'allée avec un sourire.

- Plus que ce que tu peux gérer.

Kol ouvrit la portière côté passager d'un air très sérieux.

- Ça serait le trajet en voiture le plus court que j'ai jamais fait.

Klaus fit semblant de rire sincèrement.

- Je suis presque tenté de te trouver spirituel.

- N'en fais pas trop, Nik : le vieil âge est dur pour le cerveau.

Klaus étira ses fossettes en un sourire jaune.

- Qu'est-ce que c'est que ça, petit humain ? Je ne peux pas t'entendre par-dessus mon excellence.

- Plutôt un pépin de la nature, marmonna Kol tout en admirant la ville.

- Et quel plaisir c'est que d'être l'unique pépin que tous les autres craignent.

Kol ricana amèrement.

- On te regarde de haut plus qu'on ne tremble.

- On devrait laisser le tremblement à tous les souvenirs de toi t'enfuyant loin de moi.

- Espèce de connard narcissique, lâcha involontairement Kol. Je ne m'enfuyais pas par peur de toi, je le faisais pour ne pas avoir à regarder ton visage siècle après siècle.

- Je crois que tu nous confonds parce que ce n'est pas moi qui me regarde pendant des heures, et au final je nous ai rendu service à tous les deux quand je t'ai placé dans ce cercueil, répliqua Klaus avec un sourire malicieux.

Le trajet en voiture était terminé et Kol ouvrit sa portière, irrité.

- Tu l'as fait parce que tu te sentais menacé.

Klaus était sur le point de rugir quand il sortit de la voiture.

- Tu peux difficilement dire ça quand ta folie est devenue tout simplement ennuyeuse.

- Oh, parce que tous les autres membres de cette famille sont parfaitement sains d'esprit, rétorqua Kol en mettant les bras sur le toit de la voiture en arquant les sourcils.

Klaus lui fit face, perplexe.

- Très loin de là mais on ne s'attend pas à ce que tu en tiennes compte alors que tu as toujours choisi de vivre ta vie loin de nous.

- Ton idée d'un foyer parfait, c'est une boîte en bois, Nik, cracha passionnément Kol.

Klaus écarta les bras, consterné.

- J'ai reconstruit une maison entière pour notre famille à Mystic Falls et Elijah et toi êtes partis dès que vous en avez eu l'occasion.

Kol lui adressa sèchement un sourire.

- Pourquoi se fatiguerait-on à rester alors que Rebekah et toi êtes si inséparables ?

- C'est plutôt la volonté des dieux, répliqua Klaus sans savoir s'il ne devrait pas se calmer sur le sarcasme.

- Je te déteste, de la manière la plus pure et la plus infaillible, l'informa son frère.

- C'est entièrement réciproque, renchérit rapidement Klaus, le visage fermé.

À l'inverse, le visage de Kol se radoucit.

- Tu es aussi celui d'entre eux que je déteste le moins.

Après ça, Klaus n'eut pas d'autre choix que de chercher une façon appropriée d'affronter ses émotions gênantes.

- Par chance, c'est ce qui fait de nous de véritables frères.

- Je n'ai jamais voulu prendre la place d'Henrik mais ça n'était pas juste que tu me remplaces dans ta vie par chaque voyou que tu trouvais.

Ça agaça particulièrement Klaus et il enfonça ses mains dans les poches de sa veste en cuir.

- Marcel n'a jamais été un petit frère : il était comme un fils pour moi.

Kol leva les yeux au ciel.

- Pour l'amour de Dieu, Nik, on se tient dans une ville que toi et moi avons bâtie à une autre époque. Tu vas vraiment rester là et prétendre que tu n'es pas le même connard de 24 ans que quand tu étais humain ? Tu ne veux pas un fils, tu veux exactement les mêmes choses qu'à l'époque : l'approbation d'Elijah, l'amour de Bekah et une fille à épouser.

Klaus ne bougea pas tandis que Kol commençait à s'éloigner, mais s'il y avait un moment pour baisser ses défenses c'était bien celui-là.

- J'ai perdu Henrik.

Kol ralentit sa marche furieuse.

Klaus n'attendit pas qu'il se retourne.

- Et ensuite je t'ai perdu.

Quand Kol se retourna, l'honnêteté se lisait sur son visage.

- Oui, c'est le cas.

Le regard d'acier de Klaus le surprit.

- J'ai fait le deuil de ta mort.

- Et tu m'as ramené, fit Kol en se dirigeant vers Klaus avec un sourire.

- Et puis, d'une façon poétique, sans moi, il n'y aurait rien eu entre Bonnie et toi, dit Klaus tandis qu'ils se dirigeaient vers la maison devant eux.

- Garde tes poèmes pour toi, le supplia Kol.

- Tu ne sais pas ce que tu perds, au final, fit Klaus en boudant.

Kol ricana tandis qu'ils atteignaient le porche.

- J'ai vraiment apprécié la façon dont tu as poursuivi mes assassins pour tous les tuer alors que tu rugissais tes menaces chez les Gilbert pendant que je me réduisais en cendres.

- Ce ne sont pas exactement les mêmes que ceux que tu as délivrés de ta quête de revanche ? lança Klaus en ponctuant chaque mot d'un peu plus de culot.

Kol regarda Klaus avec découragement.

- Comment est-il possible qu'on se ressemble autant ?

- Mmm… songea Klaus. On devrait mettre ça sur le dos de Caroline et Bonnie.

La porte devant eux s'ouvrit et Rebekah s'arrêta, surprise de les voir.

- Qu'est-ce que vous faites là ? demanda-t-elle en regardant ses frères chacun leur tour.

- On attend que tu partes, répondit Klaus en entrant dans la maison tout en poussant Rebekah contre Kol, qui se contenta de la retourner en lui tenant les bras.

Rapidement, Rebekah se retrouva hors de la maison, et même si elle était un peu perplexe, la façon dont Kol pointa du doigt le seuil de la porte était très claire.

- Ne traverse pas, déclara-t-il en remuant le doigt devant lui.

Rebekah l'ignora, exaspérée, mais elle fut bloquée par la magie.

- T'es sérieux, petit branleur ? cracha-t-elle.

- Attention à ton langage de marin, répliqua Kol en lui jetant un petit coup d'œil.

Lorsqu'elle commença à lancer une véritable liste de jurons grossiers, il remua la main et lui ferma la porte à la figure.

Enzo attendit silencieusement Kol et Klaus dans le vestibule : il prévoyait une très mauvaise fin à une matinée brutale tandis que les deux autres lui souriaient avec exactement le même air psychotique.


Ils se sourirent tandis qu'Elijah tenait la porte d'entrée pour Amara. Le sourire de celle-ci s'agrandit lorsqu'elle entra avant lui mais elle veilla à l'attendre avant d'aller trop loin.

- Il y a tant de nouvelles choses auxquelles s'adapter mais elles ne présentent pas autant de défi que ce que je m'étais d'abord imaginé, dit-elle en poursuivant leur conversation.

Elijah avait du mal à se souvenir de la dernière fois qu'il avait eu une telle longue conversation divertissante avec quelqu'un et il fut tenté de lui dire à quel point il appréciait sa compagnie mais son cerveau prit le dessus et la raison prévalut.

- Le monde change mais pas les gens qui l'habitent.

Une fois dans la maison, Amara retira ses chaussures et leva les yeux vers Elijah après les avoir ramassées.

- Elles sont horribles à maintenir aux pieds mais je m'y habituerai car je suis une femme tenace… déclara-t-elle en lui adressant un doux sourire. Si je ne suis pas prête à abandonner ces instruments de torture tout de suite, vous ne devriez pas renoncer en l'humanité non plus. Il semble que vous ayez souvent été déçu mais je ne tournerais pas entièrement le dos à l'espoir tout de suite à votre place.

- Vous n'êtes pas au contact de cette nouvelle époque depuis si longtemps, Amara, répondit-il en tentant de ne pas être trop paternaliste avec une telle remarque.

Amara ne le prit pas ainsi, de toute façon.

- À chaque fois que quelqu'un passe à travers l'Ancre, sa mémoire et sa connaissance restent avec moi : je garde une part de son âme, et je suis l'Ancre depuis très longtemps, alors il se pourrait que j'en sache un peu plus sur le monde que le grand Elijah Mikaelson.

Il plissa légèrement les yeux, surpris par son ton insolent.

- C'est grossier de parler de l'âge d'une femme mais vous marquez un point.

- L'âge n'apporte pas la sagesse, Elijah. Vous devenez peut-être beaucoup plus prudent mais pas nécessairement plus intelligent.

Il plaça ses mains dans les poches du pantalon de son costume et serra fermement les lèvres : il était en train de perdre cette bataille.

Amara essaya de ne pas afficher de jubilation sur son visage.

- Seriez-vous d'accord avec moi si vous n'étiez pas en train de chercher un moyen de me surpasser ?

Il abandonna avec un sourire.

- Ma grandeur n'est rien comparée à la perception de l'Ancre.

Elle commença à rire, un peu plus fort que prévu, mais c'était agréable alors elle n'arrêta pas. Il rit aussi, emporté par son indulgence.

Amara était différente des autres doubles : la vie meurtrie était un point commun entre elles toutes mais Amara avait gardé son humanité naturelle, contrairement aux autres, et il était fasciné par la façon dont elle l'avait gardée intacte malgré le fait qu'il aurait été facile de succomber au côté amer de son existence douloureuse.

Une conversation silencieuse nonchalante commença entre leurs yeux et aucun d'eux n'eut l'envie d'y mettre un terme si rapidement, mais soudainement Amara ferma les yeux en haletant et se pencha sous le coup de la douleur. Elle essaya d'étouffer le hurlement, ce qui s'avéra réussi, mais elle se retrouva tout de même haletante et visiblement secouée.

- Amara ?

Elle fut frappée par son inquiétude et par la façon dont il la maintenait debout en gardant un bras autour de ses épaules.

- Une autre mort surnaturelle violente… soupira-t-elle avant de se redresser pour rencontrer ses beaux traits. Je vais rejoindre ma chambre, à présent, et me reposer un moment.

- Nous devrions faire quelque chose à ce sujet, Amara : il doit bien y avoir un moyen de stopper toute cette douleur qui vous dévore chaque fois que quelqu'un meurt.

- J'étais un pion pris dans la querelle entre deux amoureux et tout comme les jeux interminables auxquels ils se sont donnés, ma souffrance n'a pas de fin.

- Il y a toujours une façon de contourner quelque chose qui semble impossible à changer, répliqua Elijah, sa main se contractant comme s'il brûlait de lui toucher la joue.

Amara lui sourit, fatiguée.

- Je suis l'équilibre entre deux mondes… expliqua-t-elle, amère de ne jamais être quelque chose elle-même mais toujours coincée entre quelque chose et quelqu'un. Et si je devais changer cela, les conséquences seraient terribles.

- Mais la douleur est de plus en plus forte, rétorqua-t-il, lui montrant qu'il était observateur.

- Bientôt je serai incapable de rester consciente et ma douleur me renverra à mon sommeil éternel, dit-elle, les larmes aux yeux.

Elijah tenta de l'atteindre mais Amara s'enfuit vers sa chambre de peur que le toucher d'Elijah ne lui apporte plus de douleur qu'une âme traversant de l'autre côté.


Rebekah les attendait dans la voiture. Elle était assise devant, ce qui força Kol à prendre le siège arrière. Il fit connaître sa désapprobation en claquant la portière de son côté.

- C'était quoi, le but ? demanda-t-elle à Klaus quand celui-ci prit le siège conducteur.

Il plaça une bouteille de Scotch à présent remplie de sang dans la boîte à gants et lui adressa un sourire narquois.

- Est-ce que vous l'avez vidé de son sang ? demanda-t-elle avec une sorte de grimace.

- Il ne cicatrise pas plus vite que n'importe qui d'autre ? demanda Kol depuis le siège arrière.

- S'il perd sa tête, il ne cicatrisera pas, répliqua Rebekah en se tournant vers lui.

- Il a couché avec toi : j'estime qu'il a déjà perdu la tête, lança Kol avec un sourire narquois rayonnant.

Mais Rebekah le lui rendit facilement.

- Si tu me le prends, je vais me sentir obligée de pourchasser Bonnie. Elle semble embrasser merveilleusement bien… dit-elle pour essayer de le contrarier.

- C'est à moi d'en être juge et à toi de te le demander.

Rebekah bougea sur son siège pour pouvoir mieux lui faire face.

- Rends-moi service sur ce point, Kol : ça fait quoi d'être avec une femme comme Bonnie ? Tout ce pouvoir voluptueux gardé à distance…

Il tourna la tête vers la rue sans lui répondre.

- Tu es devenu si prude, maintenant que tu es avec la sorcière sexy.

- Je t'ignore avec flamboyance à partir de cette seconde, lança Kol en prenant son téléphone avant de commencer à envoyer un message à Bonnie.

Rebekah râla en grognant et passa à Klaus.

- Qu'en est-il de toi ?

- Je pourrais essayer de t'ignorer mais on sait tous les deux que tu me tannerais jusqu'à ce que je cède.

- Il y a une rumeur à la maison à propos d'une Kván, reprit Rebekah en observant Klaus en veillant à ne manquer aucune once d'émotion.

- Je suis un grand fan de rumeurs, plaisanta Klaus avec un sourire.

- Continue, Nik… Creuse plus profondément que ça, parle-nous de ton plan pour épouser un bébé vampire.

- Tu peux déjà m'accuser d'être devenu prude aussi, dit gaiement Klaus tout en levant un peu les sourcils.

Rebekah bouda au moment même où Kol éclata de rire, amusé.

- Je n'approuve pas tout ce bonheur, j'espère que vous le savez, pleurnicha-t-elle.

Kol et Klaus recommencèrent à rire, à sa plus grande irritation.


Caroline était en train d'entasser les boîtes à sortir de la maison. Elle essayait encore de profiter pleinement de toutes ses capacités en ajoutant les deux sacs de courses au-dessus de tout le reste mais à présent que toutes ses affaires étaient prêtes à être déplacées, elle observa le coffre ouvert de sa voiture.

- Merde… Je t'ai oublié, marmonna-t-elle, ennuyée.

- Je crois que tu as besoin de mon aide, intervint Elijah en lui prenant les sacs des mains.

- Merci, soupira Caroline en refermant le coffre avant de reprendre les courses sur le dessus de la pile.

- Pour une fois, je ne me montre pas alors que l'un de mes frères est occupé avec sa langue, fit Elijah en reconnaissant son mauvais, son horrible timing.

Caroline éclata de rire.

- Il te faut juste une copine.

Elijah se retrouva sans voix face à une réflexion si spontanée et à sa véracité.

Ils entrèrent dans la cuisine où il déposa précautionneusement les boîtes et Caroline les sacs. Tandis que la table de la cuisine se retrouvait recouverte de toutes les choses qu'elle avait amenées, elle regarda Elijah, qui était en train d'organiser les courses par taille et par catégorie.

- Si tu veux approfondir cet échange, ça ferait mieux de ne pas être à propos de moi, dit-elle doucement.

Elijah retira sa veste et la plaça sur le dossier de la chaise, puis il desserra sa cravate comme s'il avait du mal à respirer.

- Est-ce mal de ma part de convoiter le bonheur malgré tout ce que j'ai fait ?

Caroline ouvrit d'abord la bouche sans rien dire, surprise par la question.

- Tu es la personne la plus honorable que je connaisse, Elijah, et crois-moi la compétition est très dure avec Bonnie.

Il eut besoin de s'asseoir, donc il recula la chaise.

- Voilà de très hauts standards mais je plie mes valeurs à ma volonté donc je ne peux être au même niveau que Bonnie.

- C'est un truc de Mikaelson de tout prendre à l'extrême, mais tu es noble, Elijah, et digne de confiance. Et tu es l'une des rares personnes de mon entourage à ne m'avoir jamais blessée.

- J'ai essayé, pourtant, avec mes paroles, dans cette même cuisine.

- Le truc à propos de Tyler ? fit Caroline en ouvrant une boîte pour révéler un énorme poulet. Ça ne compte pas.

- Je voulais tellement aider Niklaus et j'ai fini par faire plus de mal qu'autre chose, avoua Elijah d'une voix sombre.

- Tu ne l'as jamais abandonné, Elijah, et c'est ce que tu as accompli de plus grand jusque-là.

Elijah succomba à toute la douceur dans sa voix et lui sourit.

- Tu seras une remarquable Kván.

Elle sentit ses joues rougirent légèrement.

- Je ne crois pas qu'il y aura vraiment un mariage : Nik et moi, on est trop obsédés par la perfection et on excelle à tout contrôler jusqu'au moindre petit détail, donc je ne vois pas de véritable cérémonie pour notre futur, pour de nombreux siècles à venir.

Elijah se releva avec un regard très chaleureux.

- Quand ce siècle sera venu, j'aimerais vraiment être celui qui te conduira à l'autel, Caroline.

Deux immenses larmes emplirent ses yeux bleus.

- Merci, Elijah.

Il quitta la cuisine avec un sourire et Caroline essaya de se remettre de son état émotionnel en se consacrant à toutes les affaires devant elle.

- Hey, Care, fit Bonnie en entrant dans la cuisine d'une démarche dynamique avant de s'asseoir à la table avec un grand sourire.

- Hey… commença Caroline en baissant le menton d'un air provocateur avec un regard coquin qui mit en lumière la gaieté de Bonnie. Comment s'est passée ta soirée ?

Bonnie hausa les épaules sans regarder Caroline. Elle ouvrit une caisse qui contenait quelques bouteilles.

- C'était… Tu sais…

- In-croyable ? proposa Caroline en attrapant rapidement deux verres avant de faire sauter le bouchon d'une bouteille et de remplir les verres d'un merveilleux vin blanc.

Bonnie prit son verre en acquiesçant.

- Alors, Kol et toi… reprit Caroline en agitant le doigt tout en prenant son vin. Chaque nuit ?

- C'est normal, pas vrai ? demanda Bonnie en redevenant sérieuse.

- Si tes souhaits sont respectés, bien sûr.

Caroline allait réduire Kol en bouillie si ce n'était pas le cas.

- Mes souhaits, mes fantasmes… Même ceux que je ne savais pas que j'avais avant qu'il ne leur donne vie, répondit Bonnie avant de prendre une grande gorgée de son vin.

- Buvons au fait de sortir avec un Mikaelson, lança Caroline en remplissant son verre avant de trinquer avec Bonnie.

- Care ? s'étonna Bonnie en agitant une main sur la table. Qu'est-ce qu'il se passe avec toute cette nourriture ?

- Je prépare le dîner, répondit Caroline en sortant une bouteille de Scotch de l'un des sacs. Du poulet au Bourbon façon Caroline.

- Comme c'est approprié pour une famille qui vit à la Nouvelle-Orléans, fit Faith en guise d'introduction avant de vraiment faire connaître sa présence dans la cuisine. Mais je ne pourrai pas être là ce soir alors ne met pas de couvert à mon nom.

- C'est tellement dommage, dit Bonnie en essayant de paraître neutre, mais en sonnant affreusement sarcastique.

Faith tenait un bout de papier plié qu'elle tendit à Bonnie.

- J'ai un nouveau boulot : quelqu'un dans l'Idaho a besoin de moi.

Bonnie prit le papier en se demandant pourquoi elle devrait se déranger.

- C'est le lieu où je serai au cas où Kol ait besoin de moi, expliqua Faith en souriant, à l'aise, avant de simplement se retourner et partir.

- Le plan cul de Kol ? tenta Caroline.

- Ouais, répondit Bonnie au moment même où elle transformait le papier en une petite boule de feu avec son esprit.

- Regardez Bonnie, en train de marquer son territoire, la taquina Caroline en ricanant.

Bonnie rassembla les cendres sur la table.

- Kol est revenu pour moi et il m'a donné une seconde chance de vivre et je ne me suis jamais sentie aussi vivante avant. Il rend tout nouveau et excitant et je ne vais pas tout lâcher maintenant et perdre mon petit ami très sexy au profit de son ex quelque chose.

- Pas de discours moralisateur sur le fait d'avoir droit à une improbable seconde chance et à quel point chaque minute à la Nouvelle-Orléans a déjà été plus que ce que tu méritais ? la taquina encore plus Caroline, consciente d'à quel point Bonnie avait déjà changé.

Bonnie se versa plus de vin.

- Je mérite d'être amoureuse et d'avoir un petit ami qui me fait rire et tient à moi, alors pour la première fois de ma vie, je décide de plutôt me concentrer sur moi.

- Je bois à ça, fit Caroline en tapant son verre contre celui de Bonnie.


Elijah détourna les yeux du gros livre dans ses mains et les reporta sur le vestibule lorsque les trois autres arrivèrent.

- Tu gagnes combien avec le Club ? demanda Rebekah à Kol, le poussant avec ses questions cruciales.

- Assez pour emmener Bonnie en France la semaine prochaine loin de toi, répondit Kol en fulminant d'un air renfrogné.

- J'ai aussi un Club. La date d'ouverture est un peu retardée parce que je l'ai oublié mais j'ai envie d'y revenir, maintenant, déclara Rebekah, prise d'une soudaine excitation.

- Dans ce cas, tu peux commencer à payer pour ton séjour, intervint Klaus, soudainement ravi à ce propos également.

- Tu ne ferais pas payer de loyer à ta propre sœur, répliqua Rebekah, consternée.

- Il va bientôt ajouter le nom de Caroline à sa fortune alors je crois qu'il essaye de nettoyer la maison des parasites, se moqua Kol.

- Aucun de vous ne paie quoi que ce soit pour l'incroyable logement que je fournis, insista Klaus en désignant tout le monde du doigt.

- Niklaus, tu n'as jamais payé quoi que ce soit de toute ta vie, intervint Elijah. Tu as un don pour voler ce que tu convoites.

- Tu as emménagé, le confronta Klaus en croisant les bras.

- Je croyais que tu voulais que la famille soit réunie, fit Elijah d'un air profondément peiné.

Ça émut Klaus, et son attitude ferme vacilla un peu.

- Je ne dis pas le contraire.

- Tu es rentré ! fit vivement Caroline en interrompant la compétition fraternelle en cours tout en se dirigeant directement vers Klaus.

Elle prit son visage entre ses mains et déposa un gros baiser sur ses lèvres, puis elle l'embrassa de nouveau, et encore une fois de plus en répondant au mouvement de ses lèvres. Ses mains se dirigèrent vers son cou, et Klaus décroisa les bras pour pouvoir se presser contre elle.

Tandis que le baiser augmentait en durée et en intensité, un minuscule gémissement de bonheur fut partagé par les deux amoureux affichant devant tout le monde un aperçu de combien ils étaient passionnés l'un avec l'autre.

Rebekah se sentit obligée de détourner le regard tandis que Kol regardait le spectacle en haussant les sourcils. Quant à Elijah, il retourna à son livre et il ne leva les yeux que lorsque le couple mit fin au baiser.

- Je prépare le dîner ce soir et je veux que tout le monde soit là, déclara-t-elle en avertissant le groupe avec sa douce exigence caractéristique.

- Je ne sais pas si c'est faisable étant donné que Nik essaye d'évincer tout le monde, se plaignit Rebekah.

- Ne sois pas bête, se moqua Caroline. On adore quand la maison est pleine de monde, déclara-t-elle en écartant aussitôt la remarque ridicule avant de s'éloigner.

Klaus décida de ne pas tenir compte des larges sourires de Rebekah et Kol et se concentra plutôt sur Elijah.

- Devrait-on tous prendre un livre et commencer un club de lecture Mikaelson ?

- J'apprécierais l'aide, répondit Elijah en refermant son livre, ravi d'avoir leur attention. J'essaye de trouver un moyen d'aider Amara.

Dès que le nom résonna dans le vestibule, le trio leva les yeux au ciel avec une synchronisation parfaite et s'éloigna dans différentes directions.

- Ça t'a pris bien longtemps pour craquer pour celle-là, lança durement Rebekah, la dernière à passer devant Elijah.

Le frère aîné garda le livre contre son torse : peut-être avait-il besoin d'un remède pour son problème de double.


- Ça sent horriblement mauvais, fit Bonnie en remuant le nez, dégoûtée par l'odeur intense.

- Et ça ressemble à de la nourriture pourrie, pour moi, renchérit Kol en veillant à ne pas trop toucher la sorte de crème collante.

Bonnie approuva et leva les yeux du bol avec dégoût.

- La vie de sorcière est difficile.

Il la trouva si adorable qu'il lui vola un baiser avant qu'elle n'ait pu le lui refuser, mais étonnamment elle ne l'arrêta pas et pencha plutôt la tête pour lui faciliter la tâche.

Ce ne fut que lorsqu'elle eut perdu le compte du nombre de baisers suivant ce premier qu'elle lui demanda d'arrêter.

- J'ai un sort à terminer, rappela-t-elle en continuant à lui caresser le côté du cou.

- Comment vas-tu appeler le remède ? demanda Kol en se collant à son dos.

Bonnie s'arrêta avant d'ouvrir une petite boîte contenant du sel d'océan.

- Remède pour une morsure de loup-garou ?

Elle le sentit baisser les épaules, découragé par son manque d'imagination, et lui tendit la bouteille.

- C'est un sort originel qui requiert un nom spectaculaire, déclara-t-il en ouvrant la bouteille pour déposer précisément cinq grains dans le bol.

Bonnie ajouta le venin de loup-garou.

- Je crois qu'on devrait l'appeler Chimère parce que dans la mythologie ancienne c'était le moyen parfait de décrire Klaus…

Le torse de Kol se secoua sous l'effet de son rire.

- La progéniture d'une sorcière qui était une lionne aux seins fermes, la tête d'une chèvre surgissant de son dos et une queue qui se termine en serpent ?

Bonnie enfonça malicieusement son coude dans le ventre de Kol.

- Un hybride ! Et le sort est une combinaison de différents éléments, alors je l'appelle Chimère.

L'humeur excitée de Kol était pleinement activée quand ses mains recouvrirent les jambes puis les hanches de Bonnie. La fine robe d'été rouge qu'elle portait permettait à la chaleur de ses mains de réchauffer sa peau comme s'il n'y avait rien entre eux.

Elle ferma les yeux lorsqu'il embrassa son cou et traça le contour de ses fesses d'un toucher diabolique.

- Il faut que quelqu'un teste la potion pour être sûr qu'elle fonctionne… fit-elle en dirigeant sa dernière trace de puissance cohérente vers le bol devant eux.

- Nik trouva un vampire à mordre violemment, lui murmura-t-il à l'oreille avant de lui mordre le lobe de l'oreille d'un air taquin.

Bonnie se maintint d'abord à la table devant eux. Il était en train de lentement soulever sa robe, et avant qu'elle n'ait perdu toute santé mentale, elle enflamma l'intérieur du bol en une unique flamme bleue.

Une fois le sort terminé, elle utilisa ses pouvoirs pour verrouiller magiquement la porte du bureau pour qu'ils ne soient pas dérangés et elle utilisa ses nouvelles capacités pour lui faire savoir ce qu'elle voulait.

Après avoir lu dans son esprit, Kol éteignit les lumières par la pensée en ne gardant que les chandelles allumées.

Elle se retourna pour un long baiser et ne s'écarta pas de ses lèvres, décidée à essayer quelque chose de différent.

Il poussa précautionneusement le bol avec la potion sur le côté avant de la soulever pour l'asseoir sur la table. Bonnie, de son côté, était déjà en train de défaire les boutons de son pantalon.


Caroline ajouta une touche finale à sa coiffure : elle avait les cheveux lâchés mais les boucles restaient naturelles, et ce jour-là ses cheveux retombaient juste en une cascade de boucles. Elle gardait le maquillage au plus simple et n'ajouta que du gloss brillant du bout des doigts.

Ce fut avec une grande inspiration qu'elle observa son apparence finale : elle portait une robe sans manches de couleur pêche au bustier serré et au bas ample, le bracelet doré étincelant ressortait sur sa peau, mais ce qu'elle aimait le plus, c'était la façon dont son cou et ses épaules restaient libres.

Elle était bien révolue, l'époque où elle devait se recouvrir d'une écharpe pour que ses marques de morsures et ses cicatrices soient toutes cachées. À présent, elle était une nouvelle personne, une femme sans cicatrices ou secrets écrasants : elle rayonnait de l'intérieur autant que de l'extérieur et rien de tout cela n'était un masque.


Tout le monde l'attendait à la table du dîner et elle prit la chaise que Klaus avait tirée pour elle. Lorsqu'elle eut pris sa place en tête de table, il s'assit de l'autre côté, juste en face d'elle.

Le dîner était composé d'excellente nourriture, de vin encore meilleur, et de conversation qui restaient assez superficielles : ils attendaient tous la raison de cette invitation.

Même si elle était un vampire, sa nervosité n'avait pas magiquement disparu, et Caroline toucha à peine le plat que tout le monde complimentait. Au lieu de ça, elle savoura son vin et observa longuement autour de la table.

Amara et Elijah étaient deux complices destinés à être en couple, Kol et Bonnie étaient deux livres pornos de joie qui passaient tout le dîner à se regarder langoureusement.

Rebekah s'amusait avec Klausy, qui représentait de loin sa relation la plus stable. Le petit chien dormait à présent paisiblement sur ses genoux tandis qu'elle lui caressait les oreilles avec amour.

Enfin, les yeux de Caroline se posèrent sur l'homme du manoir, le seul résident de son cœur et le garant de son bonheur.

Klaus était également attentif à ses observations silencieuses et il leva son verre dans sa direction. Avec un sourire fier qu'il l'ait choisie, elle leva son verre vers lui, et à des côtés opposés de la table mais plus proches que jamais auparavant, ils partagèrent un verre sans détourner les yeux.

Calmement, Klaus posa son verre sur la table et se leva. Il était calme mais son geste fit taire tous les murmures dans la pièce. Un par un, tous se firent silencieux et personne ne retint son souffle plus que Caroline.

- Avant l'été… commença-t-il en marchant vers elle. Je suis retourné à Mystic Falls et j'ai fait une promesse à Caroline. Je lui ai dit à l'époque que Tyler était libre de revenir vers elle, je lui ai dit qu'il était son premier amour mais que je serai son dernier.

Caroline déglutit d'émotion.

- J'ai fait le vœu de t'attendre aussi longtemps que tu me le demanderais et même si je suis parti sans toi, tu n'es jamais restée loin de mes pensées ou de mon cœur.

Sa voix ne montrait pas l'assurance habituelle en lui : elle était lourde d'émotion également.

Caroline prit sa main lorsqu'il s'arrêta près d'elle. Elle se leva, d'abord en gardant les yeux sur lui, mais ensuite ils volèrent rapidement vers la petite boîte qu'il retira de sa poche.

La boîte d'un rouge vif ressortait sur la chemise en satin noire à boutons de Klaus, et il attendit un peu plus longtemps avant de l'ouvrir.

- Tu as gravé ta place dans cette famille et dans cette maison autant que mon cœur ne connaît qu'un seul maître, et c'est avec cet amour en tête que je te demande, Caroline Forbes… déclara-t-il en ouvrant la boîte, exposant ainsi une bague faite pour une reine… la permission de te faire la cour et de faire de toi ma Kván.

De l'air jaillit hors de la gorge de Caroline et elle serra les dents pour contenir une réponse en larmes. Elle acquiesça avant de véritablement prononcer le mot.

- Oui.

Il souleva tendrement son doigt, marquant l'engagement officiel avec une large bague éblouissante faite de différents diamants colorés.

Sous le poids de son doigt et la compréhension d'à quel point tout ceci était énorme, Caroline fut fidèle à elle-même et se couvrit la bouche avec un petit rire joyeux.

- Tu peux devenir dingue, maintenant, murmura Klaus en se penchant vers elle, amusé.

Elle poussa un cri perçant puis éclata de rire : tout était si parfait qu'elle passa ses bras autour du cou de Klaus et l'embrassa, plus heureuse qu'elle ne l'avait jamais été.

Tout le monde rit de sa réaction mais Bonnie et Elijah furent les exceptions du groupe.

Bonnie était très affectée, consciente de tout ce que ça représentait pour son amie, et Elijah trouva l'évolution de Klaus depuis que Caroline faisait partie de sa vie poignante.


Markos atteignit le balcon où se trouvait Klaus. Celui-ci regardait en bas, les mains posées sur la rambarde, et après quelques pas il se rendit compte qu'il interrompait une célébration.

En dessous, il remarqua les visages auxquels l'esprit de Marcel était habitué : toute la famille était là ainsi que la sorcière Bennett et une femme qu'il supposa être l'Ancre. Klaus s'adressa à lui au moment précis où il remarqua une blonde dont il trouva la beauté redoutable.

- Qui t'a invité, Marcel ? demanda Klaus à l'homme se tenant près de lui sans bouger le moins du monde.

- Je fais partie de ta famille, j'aime à penser que je suis toujours le bienvenu chez toi, répondit Markos, qui devait retrouver sa place de confiance auprès de Klaus.

- Tu as attaqué Caroline, répliqua Klaus d'une voix plus grave.

Markos regarda avec convoitise la fille en question : elle était en train de rire et tout en elle montrait ce qu'il y avait de bon dans ce monde.

- Je n'avais pas les idées claires, dit-il honnêtement car il fallait être fou pour lever la main sur une telle créature avec l'intention de la blesser.

- Ce soir est une occasion spéciale pour Caroline : elle sera contrariée de te voir ici, intervint Elijah d'un ton si catégorique que Markos comprit que sa tâche allait être plus dure que prévu.

Il se retourna pour faire face au clan Mikaelson au grand complet.

- Je suis venu pour m'excuser, déclara-t-il en changeant rapidement de stratégie.

Mais ce fut Klaus qui mit un terme à ses prétentions avant même qu'elles n'aient pu commencer. Il quitta le balcon et se plaça entre ses frères et sœur et l'homme qu'il pensait toujours être Marcel.

- Tu n'es pas de ma famille, Marcel, tu ne l'as jamais été. Je t'ai maintenu prisonnier de cette idée trop longtemps, mon ami, dit Klaus en posant la main sur son épaule. À partir d'aujourd'hui, je renonce aux liens de ton sang et à mon ascendance sur toi en tant que progéniture. En tant que ton créateur, Marcel, je te libère de ton devoir éternel d'asservi.

Markos regarda derrière Klaus pour y voir sa vraie famille et ceux qu'il avait choisis au final : l'hybride avait subi un long voyage pour unifier sa famille, et il jeta un coup d'œil vers le balcon, conscient de ce qui était également sous eux.

Markos quitta la demeure de Klaus avec le désir d'aller contre la volonté de Qetsiyah en faveur d'une pleine vengeance et prendre au passage ce qui appartenait à Klaus.

Il voulait tout, absolument tout ce que Klaus possédait.


- C'est une bague sacrément étincelante, dit Bonnie en admirant la merveille à la main de Caroline.

- Nik sait comment me rendre heureuse, fit Caroline en ajoutant un petit soupir à la fin de sa phrase. J'aurais juste voulu que ma mère soit là…

- Est-ce que tu l'as rappelée ? lui demanda doucement Bonnie.

- Elle a eu une dure journée alors je ne vais pas recommencer à la harceler… répondit Caroline en haussant les épaules.

- As-tu peur de lui dire que tu es fiancée, maintenant ? intervint Kol en arrivant avec une bouteille et quelques verres.

- La ferme, cracha Caroline, refusant d'admettre qu'il avait raison.

Il rit uniquement pour l'ennuyer mais des verres étaient à l'ordre du jour et Rebekah arriva avec Klaus et un Maltais agité dans les bras.

Klaus alla à côté de Caroline et l'embrassa tendrement avant de se prendre un verre.

- À quoi boit-on, cette fois-ci ? demanda Bonnie, bien partie pour une soirée un peu éméchée.

Kol se plaça également à son côté et passa un bras autour de ses épaules comme Klaus l'avait fait à Caroline.

- À la famille, dit-il en regardant Klaus.

Ce dernier lui adressa un sourire narquois.

- Je connais un bon bijoutier, le moment venu.

Kol le fusilla du regard tandis que Bonnie semblait perplexe.

Caroline se contenta de glousser tout en se collant au torse de Klaus, avant d'admirer la beauté sur son doigt.

- Est-ce qu'Elijah s'est déjà évaporé vers les chambres avec Amara ? demanda Rebekah en regardant autour d'elle à sa recherche.

- Amara ne se sentait pas très bien, répondit Kol en ravalant le sous-entendu avec un verre.

Ce que Rebekah ne fit pas.

- Et Elijah est le parfait gentleman pour chaque double.

Impassible face à la foule en train de plaisanter, Klaus caressa le bras nu de Caroline et lui sourit. Elle lui rendit silencieusement son sourire énamouré et s'éloigna avec lui quand il la prit par la main.

Ils finirent dans le petit parc près de sa demeure, là où elle lui avait un jour dit combien elle était fatiguée de vivre. Ironiquement, elle était à présent impatiente de commencer sa vie éternelle avec lui.

Le groupe du jour était en leur faveur et joua une douce musique envoûtante, et la main de Caroline se perdit dans celle de Klaus tandis que l'autre lui réchauffa l'épaule.

- Alors, que va-t-on faire maintenant, mon ravissant petit ami et futur mari ? lui demanda-t-elle, impatiente de connaître son futur proche avec lui.

- Kol emmène Bonnie à Paris… J'ai pensé qu'on pourrait les suivre et que je pourrais enfin commencer à te montrer le monde, répondit-il en souriant, conscient de comment elle allait réagir.

Caroline écarquilla les yeux, surprise de ne pas avoir senti le coup venir.

- Je serai dans la ville la plus romantique du monde avec toi…

- Et ensuite Rome… reprit-il avec un sourire narquois en lui prenant la main pour la faire tourner afin de la plaquer contre son torse. Tokyo… Barcelone et Lisbonne… Partout où tu veux aller, lui promit-il.

- Ça n'a pas d'importance où on va, Nik, du moment que je suis avec toi, dit-elle en fermant les yeux quand il nicha sa joue contre la sienne.

- Ensuite on ira voir chaque recoin du monde et on découvrira toutes les merveilles qui existent, et peut-être que durant une de ces nuits, après qu'on ait fait l'amour, quand on restera collés l'un à l'autre, je t'avouerai que je t'appartiens pour aussi longtemps que tu voudras de moi parce que l'obscurité ne peut pas exister sans lumière.

Caroline entremêla ses doigts aux siens, plus sûre que jamais de son véritable potentiel.

- Tout comme la lumière a besoin d'obscurité pour briller.


Chicago

Damon ignora un autre appel de Stefan. Il n'était absolument pas d'humeur à entendre parler de régime sanguin ou écouter un discours moralisateur sur le self-control : il était un vampire et il agissait en tant que tel, dans toute sa gloire.

- Je paie le prochain verre de cette fille, informa-t-il le barman en posant un billet sur le comptoir.

Le gars acquiesça avec un simple sourire et prit l'argent pour faire comme demandé : il avait remarqué la fille en train de flirter avec Damon lui aussi et il lui prépara un gin. Juste quand il était sur le point de servir le verre, il y versa discrètement un liquide incolore et mélangea le tout avant d'ajouter quelques glaçons.

Il arriva à la table avec un sourire encore plus large à présent.

- Le gentleman au bar vous envoie ceci avec une invitation à le rencontrer dans la ruelle arrière, murmura-t-il à son appât.

La file rougit en prenant le verre et, comme il s'y attendait, elle sortit avant qu'il n'approche Damon.

- Elle voudrait vous remercier dans la ruelle arrière, dit-il à Damon, qui crut fièrement qu'elle menait la danse.

Damon quitta le bar en prenant son temps et il rejoignit d'un pas nonchalant la fille qui l'attendait. Elle avait vidé le verre d'une traite pour se donner de la force et se sentait un tantinet étourdie à cause de ça mais elle se demanda quand même si tout ça n'était pas simplement du fait au fait qu'il était si beau.

- Comment veux-tu faire ça ? demanda Damon en abaissant ses crocs, désireux de rapidement goûter la fille.

Elle hurla et essaya de s'enfuir mais il se précipita et l'attrapa sans effort.

- À la manière forte, donc, dit-il avant de la mordre violemment.

Tandis que le sang jaillissait vers sa bouche, Damon la lâcha en reconnaissant l'horrible goût familier et chancela, étourdi par la veine de Vénus fraîche.

Le barman arriva par la porte de derrière et tira sur Damon avec une balle en bois qui se logea droit dans son cœur. Quand Damon fonça pour le blesser, quelqu'un lui tira dans le dos avec la flèche d'une arbalète et Damon grimaça en tombant à genoux sous le coup de la douleur.

Le barman lui tira dessus une fois de plus et cette fois-ci la balle coupa directement une veine de son cou. Damon commença à perdre du sang et leva les yeux avec haine.

- Tu te demandes qui nous sommes, dit l'homme en lui tirant encore dessus.

Mais cette fois il s'agissait de pur venin de loup-garou qui alla directement dans son système à travers la blessure dans le torse de Damon.

- Qui suis-je en train de tuer ? cracha Damon en combattant la douleur et la façon paralysante dont la flèche était coincée dans une zone clé de sa colonne vertébrale.

Il prit également conscience que la pointe de la flèche contenait de la veine de Vénus.

Le barman, cependant, était au courant de tous ces détails, et il s'accroupit pour se mettre au niveau de Damon et le regarder dans les yeux.

- Nous sommes des chasseurs, entraînés par Bill Forbes, et on gagne notre vie en tuant des monstres répugnants tels que toi.

Damon fronça les sourcils, inconscient que de telles choses existaient vraiment.

- Et Liz m'a appelé aujourd'hui au sujet d'une vieille faveur, raconta le barman, le visage durci par la haine. Ton existence se termine aujourd'hui, Damon Salvatore.

L'homme se leva tandis que l'autre chasseur récupérait rapidement la tête de Damon à l'aide d'une épée.

Fin


Bande sonore :

Me and my broken heart - Rixton

Stay awake - London Grammar

Family tree - Kings of Leon

Watch over you - Alter Bridge

Boom clap - Charli XCX

Forget what I said - Noora Noor

Ain't no rest for the wicked - Cage The Elephant