Pomme en Or, épée de Glace
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Dimanche 27 août 1995
Chapitre 50 : La fin d'une ère
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- Poudlard peut aménager une pièce avec une cheminée spécifique, annonça doucement le dragon. C'est-à-dire que si j'estime qu'il n'y a aucun risque pour Poudlard et vous-même, ces gens seront amenés dans cette pièce. Dans le cas inverse, ils seront ramenés au point de départ et ne pourront plus faire le voyage.
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Et il en fut ainsi.
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La demi-journée à Barlheid avait été une bouffée d'oxygène pour tous. Les fondateurs étaient obligés de rester à Poudlard et avaient ainsi aménagé deux pièces du château en duplex afin d'accueillir plusieurs personnes. Ils souhaitaient laisser Aélis aux membres de l'Ombre de la Lumière car cela avait été leur havre de paix ces derniers mois.
Ces deux grandes pièces étaient situées au rez-de-chaussée du château, à l'arrière, dans un endroit que personne n'avait visité depuis des centaines d'années. Le couloir et les pièces adjacentes étaient transformés en vrais nids à poussière et malgré les sortilèges de nettoyage, ils durent demander de l'aide à certains elfes de Barlheid et Poudlard.
En revenant à Poudlard le lendemain matin, les jumeaux Drake préparèrent également une infirmerie là où Poudlard le leur indiqua : au rez-de-chaussée également, mais au-devant du château, le plus proche possible des cachots et avec un passage secret vers le portail du Domaine de Poudlard.
L'aube du dimanche matin fut chargée. Les jumeaux avaient préparé l'infirmerie et les salles d'accueil étaient prêtes. Les inconnus au bataillon de Barlheid avaient rejoint ces salles et se voyaient expliquer les dernières nouvelles.
Le Ministère était tombé définitivement entre les mains des plus puissants partisans de Vous-Savez-Qui, celui-ci ainsi que le grand Albus Dumbledore étaient faits prisonniers par les fondateurs en personnes et plusieurs élèves ainsi que beaucoup d'adultes d'Allemagne viendraient les rejoindre dans l'heure qui suivait.
Il y avait plus de 400 mangemorts dans le Domaine et le Ministère actuel préparait une attaque imminente sur le château. Kingsley avait tenté d'espionner Yaxley peu avant une conférence de presse pour la Gazette des Sorciers.
Les Nés-Moldus allaient être chassés et, si possible, tués. Deux petits états d'Afrique s'étaient ralliés à Vous-Savez-Qui et ses partisans, et étaient déjà devant le château.
- Cette vermine empeste, cracha le dragon. Pouvez-vous aller rejoindre les autres via le passage secret numéro 24 ? Ceux qui viennent du QG de l'Ordre du Phénix ont tous été acceptés. Il y a une vingtaine de personnes. Plus les quelques aurors que Tonks, Fol'Oeil et Kingsley ont réussi à rapatrier, ainsi que les adultes de Barlheid, vous serez à peu près le même nombre. Les ado's m'ont promis d'être sages et de défendre le château coûte que coûte. Les plus jeunes et les moins initiés resteront à Barlheid.
- Nous y allons, fit alors Snape. Les enfants, vous restez derrière nous et ne faites rien d'inconscient.
Son regard se posa durement sur les jumeaux Weasley et Harry.
- MinervaMcGonagall ? demanda Salazar. Je présume que vous connaissez le sortilège des gargouilles ?
- Bien sûr, fit-elle dans un petit sourire.
- Enclenchez-le en premier. Ils vous prépareront le terrain.
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Les mangemorts exultaient de joie. Ils avaient vu de la lumière et devinaient la présence d'un petit groupe de traîtres à leur sang dans le château, mais bientôt, avec leur force inconsidérable, ils pourront enfin faire régner la terreur.
Ils ne savaient pas où était leur chef, mais ils connaissaient tous ses plans et allaient les mener à bien, comme de fidèles serviteurs.
Ceux qui avaient assistéà la scène de la Grande Salle et du Tableau étaient certains que ce fut une illusion de Dumbledore et que jamais, jamais, Salazar Serpentard n'aurait pu prononcer ces mots de lui-même.
Leur Maître s'était certainement enfuit à l'heure qu'il était, afin de revenir les aider pour leur plus grand bonheur. Ils en étaient certains, puisque sinon le Chef du Plus Grand Bien aurait déjà crié Victoire depuis bien longtemps.
Ce fut alors le commencement d'un spectacle impressionnant.
Des bruits de pierres qui se frottent les unes aux autres, d'autres qui s'émiettent afin de pouvoir reprendre leur réelle forme et surtout, un bruit de pas lourd qui résonnait contre les murs du château.
Le son lugubre d'un grincement de porte et des hurlements ne firent aucun doute :
Le Plan allait commencer.
Tous les mangemorts étaient à leur poste. Ceux à l'extérieur du château virent avec effroi les statues du parc prendre vie et se diriger vers eux, diverses armes à la main.
Eux, n'avaient que des baguettes. Certains subirent les coups d'épée, répugnant de se battre « à la moldue ». Pourtant, cela leur aurait peut-être servi…
Deux minutes après que la nouvelle directrice du château ait rendu la vie à toutes les statues et gargouilles du Domaine – car certaines étaient dispersées dans la forêt interdite – , les petits groupes de combattants de l'Ombre se dispersèrent en mission de repérage.
Il y avait des mangemorts partout. Heureusement pour eux, les gargouilles ne les touchaient pas. Ils virent des reptiles en pierre plonger littéralement sur des corps dont les os se fracassèrent au sol dans un bruit sec.
Chacun frissonna.
La bataille de Poudlard avait débuté.
Un groupe d'adulte s'élança alors dans la Grande Salle, et essayèrent en vain d'y combattre. Un autre reculait déjà sous l'assaut de leur ennemi à l'entrée du château et au premier étage.
Les jumeaux Weasley vinrent alors et lancèrent discrètement un sortilège sur l'herbe, cinquante centimètres devant leur père, coinçant ainsi le mangemort qui attaquait Arthur. Celui-ci n'eut pas le temps de se retourner et dû combattre un autre ennemi qui arrivait par derrière.
Ils avaient l'impression d'être trop peu.
- Il y a un sortilège de miroir ! cria alors Eloïse à son père. Là, attention !
Le sortilège de miroir avait reflété une grande partie des Mangemorts et ainsi fait penser aux autres qu'ils étaient en sous-nombre, technique qui devait leur faire croire à une défaite certaine.
Arthur était au pied d'un des piliers du Hall, en train de se battre aux côtés de Tonks et Snape, lorsqu'une tête arrachée par une gargouille tomba sur leur adversaire. Ils venaient de le combattre depuis plus de dix minutes mais ce fut la chute de ce morceau sanguinolent qui l'assomma définitivement.
Yaxley et les Carrow étaient présents eux aussi. Ils étaient arrivés comme si de rien n'était par le portail du Domaine, se présentant à l'aide du Sonorus et intimant aux sangs-mêlés qu'ils n'auraient aucune chance s'ils souhaitaient continuer les combats.
Chose qui leur valu un accueil chaleureux de la part de Luna et Harry : une citrouille moisie et toxique, prévue pour rendre aveugle, apparut au-dessus de leurs têtes et s'écrasa pitoyablement sur leurs cheveux. Malheureusement, cela n'eut guère l'effet escompté et les adultes rugirent de colère tout en s'élançant dans la bataille.
Lorsque la brise vint balayer quelques branches brisées sur la pelouse ensanglantée du parc vers l'heure qui aurait dû être l'heure du goûter, quelques mangemorts étaient tenus en respect au milieu du parc.
Une voix vint alors briser la « routine » des sortilèges les plus puissants.
« Je suis Poudlard. Et suis indéniablement indigné par ce que vous faites vivre à mon Domaine. »
Tous sursautèrent. Personne ne put ignorer l'avertissement dans la voix puissante et grave qui fit aussi bien trembler les murs que le sol du château et vibrer le sol du parc.
L'eau du Grand Lac forma une vague immense qui vint inonder les berges proches et nettoyer l'herbe des quelques corps qui gisaient là.
« Deux cents soixante-dix âmes sont parties rejoindre les cieux ce jour. Dix d'entre elles appartiennent à Poudlard, le reste à votre Seigneur des Ténèbres. Vous ne l'aurez certainement pas remarqué, mais vous êtes momentanément tous figés dans le temps. »
Un rire glacial se répandit dans le domaine alors que Poudlard sentait chaque être vivant tenter de se débattre de cette emprise.
Le rire perdura quelques instants, alors qu'un vent glacial venait fouetter leurs visages, où qu'ils soient sur le domaine.
« Les Quatre Fondateurs de Poudlard, sortis de La Forêt de Magia et ses enfants, sont ici présents afin de vous conter l'Histoire qui vit naître une Angleterre sorcière. »
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Toutes les personnes présentes dans le château se retrouvèrent – blessés inclus – instantanément dans le parc illuminé de soleil malgré une fraîcheur intense.
La seule chose qui leur était permise de bouger était leurs yeux.
Un cortège d'armures et de gargouilles arriva, suivit de quatre sorciers bien connus.
Helga Poufsouffle, une femme forte aux yeux roux flamboyants et aux yeux bleus, habillée d'une robe orangée et violette, semblait diriger le petit groupe.
Godric Gryffondor, un homme mince mais musclé, aux cheveux châtains clairs virant sur le blond foncé et ayant les yeux bleus. Il était vêtu d'une robe verte et rouge aux fils dorés au niveau de la taille.
Salazar Serpentard, mince et plus petit que Godric, les suivait habillé d'une robe noire aux fils rouges et verts brodés dans le tissu sombre. Ses yeux étaient verts sombres et ses cheveux longs et noirs. Sa longue barbe déteignait avec tout ce qu'il portait : elle était rousse. Et pour cause, il avait souhaité s'amuser avec les jumeaux Weasley la veille, ce qui avait tourné… à la rigolade. Mais son air sérieux et son regard profond empêchait quiconque de rire en se rappelant de ce moment quelque peu déconcertant.
RowenaSerdaigle était accompagnée du fantôme de sa fille Helena, lui tenant sagement la main. Rowena était brune, mince mais musclée et avait les yeux bleus. Sa robe longue semblait plus lourde que celle d'Helga et était bleue claire, accompagnée de dessins en laine qui formaient des branches et des feuilles de toutes les couleurs.
Derrière eux flottait dans les airs une chose qui semblait être en pierre et que personne ne semblait commander. Ou du moins, aucune baguette n'était dirigée vers ce bloc étrange.
Ce même bloc lévita alors devant le groupe, au milieu du Parc de Poudlard.
Deux corps aux torses nus étaient alors visibles pour toutes les personnes présentes.
Bien qu'ils ne puissent bouger, tous eurent un haut le cœur.
Ces deux êtres humains puaient terriblement et semblait maigres à en faire peur. Ils étaient quasiment méconnaissables.
Salazar leva alors la main vers l'assemblée, libérant la parole de ceux qui le souhaitaient tout en les empêchant de bouger.
« C'est quoi ce délire ? »
« C'est Voldy ? »
« C'est des vieux papy ! Faut les laisser tranquille ! »
« Mais non, c'est Dumbledore ! »
« Quoi ? »
« Qu'est-ce-que tu as dit ? »
« C'est pas possible ! »
« Dumbledore et Vous-Savez-Qui ! »
« Mais non, tête de scroutt à pétard ! Tu-Sais-Qui est trop puissant ! »
- Silence.
La Voix avait parlé et personne n'osa plus prononcer un mot. Le sol vibrait sous leurs pieds.
- Bonjour à tous ! fit quelqu'un d'enjoué. Je me présente, je m'appelle Henry… euh. Salazar Serpentard, en réalité. Vous vous demandez certainement pourquoi vous êtes tous là, et surtout pourquoi vos deux Maîtres chéris sont piégés par du ciment.
- Sally, s'il te plaît…
- Oh, Rowy. Bon. Avant toute chose, nous voici, fondateurs de Poudlard et présents grâce à Magia.
Nous sommes ici afin de rétablir la vérité, bien que nos deux chers invités, Tom Jedusor et AlbusDumbledore ici présents, ne souhaitent pas nous croire. Grand mal leur fasse.
Tom – ou Tommy pour les plus intimes comme moi par exemple – Jedusor est né d'une mère sorcière et d'un père moldu. Du haut de son arrogance, il vous a fait croire en des préceptes qui, s'ils ont existé dans les esprits de certains, ne faisaient aucunement partie de mes croyances personnelles. Je ne vais pas vous dicter nos généalogies, mais Tom Jedusor est un de mes très lointains descendants. Une des familles descendant directement de ma branche est la famille Weasley, qui, si je l'ai bien compris, ferait partie des ennemis de votre cher Lord Voldemort.
Bref, passons ce point. Tom Jedusor vous a fait croire en la pureté du sang. Croyance que certains approuvaient, interprétant mal les slogans et armures familiales les plus anciennes.
Celle de la famille Black, par exemple, stipule deux mots : « Toujours purs ».
Que signifie Pureté, pour vous, mes enfants ? Je n'ai pas envie de donner de cours aujourd'hui, donc je vais laisser la place à notre dictionnaire ambulant…
- Sally… Bien. Je suis RowenaSerdaigle, comme certains le savent déjà. La pureté concerne tout autre chose que votre sang. Ceux qui s'y connaissent en généalogie et en médecine sauront vous l'affirmer : à force de vous reproduire entre vous, sans accepter de sang nouveau avec ou sans pouvoir, votre sang ne fera que garder ses tares. Vos descendants se feront de moins en moins nombreux et la Magie disparaîtra.
Par ailleurs, la pureté concerne, entre autres, la pureté du cœur, de votre âme, de votre corps.
Quiconque se drogue ou porte atteinte à la vie d'un autre sera impur. Quiconque aimera son prochain, aidera ses ennemis ou encore enseignera les plus faibles restera pur.
En vous acceptant les uns les autres, connaissant vos qualités et vos défauts mais en vous respectant, vous resterez toujours dans le droit chemin. Le sang se doit d'être renouvelé, afin de permettre un renouveau et de mettre à jour les plus beaux pouvoirs que Magia peut vous offrir.
Le meilleur exemple ici-même se trouve en Nymphadora Tonks. Sa mère descend de la famille Black, reniée à cause d'un mariage avec un Sans-Pouvoir. Il se trouve que l'union de ces deux personnes a donné vie à une jeune femme métamorphomage, avec des pouvoirs bien plus importants, et dont certains se font rares aujourd'hui, que les autres descendants de cette lignée prônant un « sang pur ». Alors, mieux vaut se marier avec l'être aimé, sorcier ou non, ou épouser son cousin ou sa cousine et ainsi faire mourir la magie familiale ?
Vient aussi l'histoire des Cracmols, que vous reniez également. Les « cracmols ». Quel nom… disgracieux. Ces gens sont en réalitédes sorciers, eux aussi. Mais ont des capacités sous-estimées et enfouies dans leurs corps. Ils cachent en eux une autre forme de magie, que vous auriez dû transmettre de génération en génération et enseigner à vos enfants. Malheureusement, cette forme a dû certainement se faire de plus en plus rare si bien que vos ancêtres ont dû se perdre dans leurs préjugés… Toutes ces connaissances, ainsi que celles sur la magie sans baguette, se sont perdues dans le temps. Misérables !cracha presque Serdaigle.
- Plusieurs d'entre vous devront se remettre en question, reprit Helga Poufsouffle. Combien d'entre vous seraient capable, aujourd'hui, de se débrouiller sans votre bout de bois ? Sachez, mes enfants, que ce bout de bois était à la base inclus dans l'apprentissage de la Magie avant de passer au stade supérieur : la véritable magie. Car elle n'est pas censée être conditionnée par cette branche que vous tenez en main, non. Elle est censée vous protéger et vous aider, jour après jour, vous suivre partout sans l'aide de votre baguette. De vos mains et de chaque extrémité de votre corps est censée jaillir une pointe de magie.
Quant à AlbusDumbledore, il a imposé plusieurs sortilèges sur les dernières générations, provoquant tout d'abord une sorte de guerre inter-maisons à Poudlard pour ensuite engendrer des divergences bien plus graves dans le monde adulte. Il a rassemblé des personnes sous son règne, prônant que ce serait « Pour le Plus Grand Bien », mais c'était surtout un homme qui, comme votre Lord machin-chose Voldemort, aimait le pouvoir.
- En conclusion de cela, reprit Salazar Serpentard, et de la honte qu'a proféré Tom Jedusor sur ma Maison et Famille, je déclare solennellementAlbusDumbledore ainsi que Tom Jedusor allias Lord Voldemort condamnés. Condamnés à souffrir ensemble, devant vous.
La voix de Serpentard avait été glaciale, ne laissant aucune trace aux sentiments.
Mais sa haine pour les deux hommes se voyait, se sentait.
- Les Eligente sont appelés à se mettre en cercle autour de nos ennemis principaux, fit la voix de Poudlard.
Tous s'étaient tus mais une voix parvint aux oreilles de GodricGryffondor.
- Ahah ! Notre Seigneur des Ténèbres est bien plus puissant ! Ça ne peut pas être lui ! Qu'il nous prouve ca, voyons ! Notre Lord viendra nous sauver !
- Très bien, murmura Gryffondor. Sally, attends un peu.
Le jeune homme – bien qu'il eut des siècles d'âge – se dirigea alors vers les deux personnes décharnées.
- Tom Jedusor, grogna-t-il.
Le regard sombre et quasiment vide se tourna vers lui.
- Veux-tu prouver à tes fidèles serviteurs que tu es bien leur Maître ?
- Endoloris ! Cracha l'homme en tendant la main en avant, dans un vague essai de torturer son bourreau.
Godric rit alors de bon cœur.
- Je crois que ce fut la meilleur preuve, se moqua Salazar. Il adorait vous torturer ainsi, n'est-ce-pas ? Mais nous allons vous prouver son identité via ses souvenirs et un sortilège que vous avez jadis remplacé par la potion… Veritaserum ?
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Un écran géant était apparu devant l'assemblée et les personnes présentes purent voir des choses que seuls eux pouvaient connaître. Les plus jeunes détournèrent les yeux plus d'une fois…
Voldemort en train de combattre Dumbledore une énième fois durant la première guerre, son voyage dans les forêts recherchant des licornes afin de boire leur sang, Voldemort dans un lit avec Bellatrix en train de la faire hurler de bonheur, Voldemort en train de faire souffrir Lucius et Severus, Voldemort apposant sa marque sur les adolescents restés à Poudlard…
Dumbledore dans un lit avec son amant, Dumbledore dans son bureau, concentré sur un texte de loi qui provoquerait une cohabitation instable entre sorciers et Sans-Pouvoirs, Dumbledore parlant avec Snape de la fin de Harry Potter, la colère noire de Severus Snape l'insultant d'égoïste, Dumbledore au bord d'un lac entouré d'inferis… Dumbledore posant sa main sur le front de MollyWeasley afin de l'endormir et lui imposer sa volonté.
C'en fut trop pour Arthur Weasley qui se mit à hurler comme un dément. Ses fils voulurent le rejoindre, le consoler, mais tous étaient encore figés. Helga posa son regard triste sur ce père de famille dont la femme était isolée à l'infirmerie de Barlheid.
Dumbledore en train de lancer des imperiums sur le Ministre de la Magie.
Tom Jedusor en train de lancer des imperiums sur les membres du Ministère.
Les deux allant aux mêmes endroits pour les mêmes buts, et, bien que de façons différentes, ils voulurent imposer leur pouvoir.
Des choses dont même les serviteurs les plus fidèles n'avaient connaissance. Des choses et évènements qui coïncidaient parfaitement… alors… comment douter ?
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Les Eligente, sous leur forme humaine, s'étaient approchés des Fondateurs qui avaient posé leurs mains sur leurs épaules.
Luna, Hermione, Eloise, Pansy, Fred, George, Max et Harry étaient en première ligne et se transformèrent.
Anja, Hella, Sarah, Blaise, Daniel, Florian, Théodore et Neville arrivèrent également et prirent leurs formes d'Eligente.
Chacun se positionna autour du bloc cimenté qui lévitait à quelques centimètres au-dessus du sol.
Emily, Cora et Drago – qui ne savait absolument pas qu'il était aussi un Eligente – arrivèrent également. Tous sous leur forme d'Eligente.
Le temps des souvenirs était terminé depuis un bon moment. Les plus jeunes avaient quitté le Parc et avaient été transférés dans une pièce du château, enfermés mais libres de leurs mouvements, accompagnés d'elfes leur donnant de quoi manger et se soigner.
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- Dernières volontés ? demanda sarcastiquement Salazar aux deux prisonniers.
Le groupe d'Eligente prononçait des phrases dans une langue inconnue, tendant leurs mains vers les deux corps. Chacun entendit le bruit des articulations des deux prisonniers se casser.
- Je… Notre cellule, c'était Poudlard ? demanda faiblement Dumbledore.
- En effet, fit fièrement Godric.
- Mais… Pourquoi ? Je… je suis désolé… Je vous demande de me pardonner mes erreurs, Oh Magia…
- C'est trop tard, vieil homme, intervint Helga.
- J'ai fait tout cela pour le plus grand bien de tous… je vous en conjure…
- Vous n'êtes plus en état de conjurer quoi que ce soit, se moqua doucereusement Serpentard. Et toi, Tommy ?
- Je vais tous vous tuer ! Imperium ! Endoloris ! End…
- Chut, calme-toi, grogna Serpentard.
- Vous portez atteinte à la maison de Serpentard ! Cracha Voldemort.
- N'as-tu pas encore compris qui je suis ?
- Vous êtes des imposteurs !
- Ah oui ? Pose-moi une seule question concernant mes objets que tu as volés à ta tante, pour voir ?
- De quelle couleur est l'Orazstahka ?
- Rouge et or, avec un cœur en émeraude, mon enfant, répondit doucement Salazar. C'est un bijou très ancien, que mon arrière-grand-père avait confectionné à l'aide de sa magie et depierres précieuses qu'il avait trouvé lui-même et que tu as délibérément sali en tentant vainement d'en fabriquer un Horcruxe !
- Je vous HAIS !
- J'espère bien, se moqua à nouveau Salazar. Sinon ce ne serait pas drôle. Allez les enfants, faites ce que vous devez faire. J'en ai marre de discuter avec ce soi-disant mage noir qui n'est pas plus noir qu'une bouse de dragon.
Les Eligente libérèrent alors les deux corps et ils furent habillés de leurs robes cérémonieuses. Tous observaient la scène, fascinés mais aussi terrorisés.
Les deux hommes avaient le regard triste et sombre, une larme coulant sur la joue de Dumbledore qui observait le château.
- Tu as manqué à ton devoir de protéger Poudlard, Albus, fit alors la voix de Poudlard. Tu as renié des magies essentielles à la protection des enfants dans ce Domaine et tu as délibérément lancé plusieurs sortilèges sur les enfants afin qu'ils réagissent comme tu le souhaitais.
Vous avez trop longtemps joué à ce jeu d'échecs, Tom et toi, Albus. Tu l'as laissé maudire un poste professoral alors que tu savais bien comment le contrer. Tu as mis tous les adultes et élèves qui sont passés dans ce château en danger.
Tu auras le temps de te repentir dans tes pensées ou même dans les limbes, mais tu mourras ce jour, désossé par Godric et ses amis.
Tom Jedusor ! Mon vieil… ami ? Aucune idée. Tu as pris le nom de Lord Voldemort. Quel courage d'ignorer ses propres racines. Tu as utilisé tes… partisans afin de libérer mon meilleur ami Basilic qui dormait si bien. Il n'aurait pas seulement tué les nés-moldus, mais aussi les descendants de tes partisans. Car il avait faim et tu avais, lors de ta première visite, tout fait afin de l'affamer.
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Le chant étrange des Eligente prenait de l'ampleur. Le soleil réchauffait l'atmosphère et des pétales de roses voletaient doucement autour de l'assemblée.
Les deux corps perdirent leurs cheveux, la peau prit une couleur bleuâtre, en passant par le violet et avant de devenir noire. Les yeux brillaient de douleur mais leurs cris étaient silencieux. Seule Magia put les entendre supplier dans leurs cœurs et âmes de leur pardonner.
Mais Magia ne pouvait pas pardonner à des gens aussi mauvais. Même si ces cris ne la laissaient pas indifférente.
« Vous ne serez pas pardonnés. » fit alors une voix douce, ni masculine, ni féminine. « Celles et ceux qui sont prêtes et prêts à accepter le Changement parmi ces anciens rangs de guerriers seront pardonnés, mais celles et ceux dont le cœur est trop noir seront remerciés. Leurs pouvoirs seront brûlés dans leurs âmes, laissant une trace qui les rendra reconnaissable. Ils pourront fonder une famille, continuer de vivre, mais loin du monde des sorciers. Jamais ils ne pourront parler de ce Jour. Jamais ils ne retrouveront le Chemin de la Magie. »
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L'herbe était ensanglantée. Le parc tout entier était rempli de corps ou morceaux de corps, de morceaux de tissus déchirés, de bois, de pierres éparpillées, de la vaisselle cassée pour ceux qui avaient lancé des sortilèges de métamorphose.
Une énorme épée, qui avait été formée par Helga grâce à la neige environnante, avait transpercé les corps des deux prisonniers. Une épée faite de glace, bien tranchante, trônait encore au milieu du parc.
Les couloirs du rez-de-chaussée étaient eux aussi dans un piteux état. Une salle de classe agrandie servait de recensement pour les corps qui avaient perdu la vie. Les étages n'étaient accessibles à personne et Poudlard laissait seulement le rez-de-chaussée aux humains qui piétinaient ses pierres.
Le Nouveau Ministre de la Magie et ses associés avaient perdula vie. Yaxley et le Ministère n'étaient plus. Laissant les sorciers sans meneurs, sans dirigeant, comme dénudés de toute couverture.
Lucius Malfoy observait les dégâts, une expression dégoûtée sur le visage.
Sa femme avait perdu la vie. Son fils était devenu un Eligente par… pure magie ? C'était le cas de le dire. Et lui avait toujours été bloqué entre son camp et sa volonté de protéger son fils du Seigneur des Ténèbres.
Eloïse et Harry avaient retrouvé leur famille et Severus Snape veillait sur eux.
Ronald Weasley recouvrirait la mémoire, un jour. Molly, elle, mettra plus de temps à se remettre.
Les Lovegood se réunirent et fêtèrent avec les autres leur victoire légèrement amère.
La famille Weasley redécouvrit son réel héritage et son Manoir immense dont elle n'avait plus eu connaissance.
Les parents de Fillan, Mallow et Hermione avaient pu observer Dumbledore souffrir et même se présenter à lui, tout en lui promettant qu'ils continueraient leur but ancien, qui leur avait coûté tant d'années d'études et de travail.
De la façade du château coulait un liquide noirâtre, poisseux. Harry fit alors la remarque : le château renaissait. La coulée de saletés laissait apparaître les murs d'un beige pur, brillant presque au soleil de la fin de journée. L'herbe, ensanglantée, redevenait verte et vive. Les fleurs sortaient du sol et les arbres repoussaient, leurs feuilles vertes réapparaissant après ces mois sombres.
McGonagall leur avait promis une rentrée en décembre 1995. Ils auraient du travail et aideraient les elfes à remettre le château en état et les professeurs souhaitaient découvrir ces fameux grimoires que les anciennes équipes professorales avaient écrits, années après années, sur l'Histoire du Château. Eux aussi reprendraient cette habitude interrompue de relater la vie du château.
Les passages secrets étaient aussi à découvrir par Minerva, et plusieurs professeurs feraient l'aller-retour entre Barlheid et Poudlard le temps de trouver des enseignants sûrs et avec les capacités nécessaires.
Les élèves reprendraient leurs études là où ils en étaient.
Tom Jedusor allias Lord Voldemort était mort.
AlbusDumbledore était mort.
La plupart des mangemorts dont le cœur n'avait plus une once de pureté fut reniée par l'entité magique et disparut on ne sait où, sans magie, du côté des Sans-Pouvoirs.
L'Angleterre allait devoir rebâtir un empire, un Ministère à un autre endroit de Londres au vu des dégâts qu'avaient causés les partisans de Lord Voldemort.
Ce que personne ne savait, c'était que la reine d'Angleterre, Sans-Pouvoir, veillait au grain. Elle connaissait la magie, car sa mère était sorcière. Elle se sentait liée à ce côté du pays et l'aiderait, dans l'ombre, à se reconstruire avec la famille royale.
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FIN
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Un épilogue arrivera bientôt, promis !
