Disclaimer : Les personnages de Miraculous appartiennent à leur concepteur, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.

Petit mot pour lovaChat Noir : hum, à ce point ? Je devrai peut être revoir l'intensité à la baisse... ou pas. Sans doute pas, je m'amuse trop à écrire comme je le fais. J'espère tout de même que tu vas résister. Je vais faire mon possible pour placer des moments mignons, même si pour le moment, ce n'est pas trop ça. Vilains personnages qui n'en font qu'à leurs têtes...

Un résumé d'une heure ? Et bien, pour moi cela se nomme un compte rendu, mais au moins on sait tout de ce qu'il se passe, moi ça m'irait. Tu peux papoter autant que tu veux, j'aime beaucoup les lecteurs (même fantômes) qui papotent, ça fait passer de bons moments.

Merci beaucoup pour la review et pour les coccinelles !

Bonne lecture à tous !


Silence on tourne !
52)Une nuit remarquable seconde partie

Jeffrey obligea Marinette et Adrien à s'arrêter en posant les mains sur leurs épaules.

Ils se délivrèrent de son étreinte immédiatement, Adrien s'interposa à nouveau, protégeant Marinette.

Jeffrey leva les mains en signe d'apaisement.

- Du calme vous deux, je voulais juste vous dire que si j'étais vous je ferai en sorte de profiter de cette soirée que vous avez pu obtenir. Si j'ai bien compris, c'est la première du genre que vous viviez, profitez en à fond ! Chloé est partie, elle ne vous gâchera donc pas la vie, quand à Nathanael, je doute qu'il soit du genre à le faire. Je sais que ma présence vous met mal à l'aise, je vais partir si c'est ce que vous voulez.

Il était navré de devoir partir et cela se voyait, mais il comprenait. Comment pourraient ils vouloir de lui ? Il leur avait avoué lui même être un monstre, et encore... il ne leur avait pas tout dit.

Il ne leur avait pas dit qu'il avait tué un homme et qu'il ne se souvenait même pas comment.

Il était né dans une petite ville, où tout le monde connaissait tout le monde et où la moindre anecdote racontée le matin était connue de tous avant même que la journée s'achève.

Très vite sa différence fut connue de tous. Au départ ses parents firent leur possible pour faire croire qu'il était seulement précoce, mais lorsque ses pouvoirs de kwami s'éveillèrent les gens comprirent qu'il n'était pas seulement un enfant en avance sur ceux du même âge.

A deux ans il était capable de choses qui émerveillaient son père et terrifiaient sa mère. Comme tous les enfants il recherchait leur amour mais sentait bien que sa mère avait peur de lui même si elle essayait de le cacher.

Alors que son père était fier de lui et faisait son possible pour lui apprendre à comprendre et maîtriser ce qu'il était, sa mère voulait seulement qu'il se comporte comme les autres enfants. Qu'il soit normal. Elle refusait en bloc sa différence, faisait tout pour la nier, la faire disparaître.

Jusqu'au jour, lorsqu'il avait trois ans, où elle avait compris qu'elle ne pouvait pas le changer, qu'il serait toujours à moitié kwami et qu'elle n'avait plus été en mesure de le supporter.

Elle avait fuit, après l'avoir confié à un homme qui détestait ce qu'il était. Un homme qui voulait le tuer, sur qui elle comptait pour débarrasser le monde de la menace qu'il représentait à ses yeux.

Il n'avait pas compris pourquoi sa mère le déposait chez cet homme qui sentait mauvais et qui avait l'air méchant. Il n'avait pas compris ce qui avait suivi.

L'homme avait sorti un grand couteau et le monde n'avait plus jamais été pareil.

Jeffrey se souvenait de l'éclat du soleil sur la lame et ensuite sa mémoire s'était effacée pour un temps, lorsqu'elle avait recommencé à fonctionner son père était là devant lui, les yeux emplis de larmes et d'horreur.

L'homme qui lui avait fait si peur était par terre et il ne bougeait plus, il se tenait dans une position curieuse, il avait les yeux ouverts mais ils étaient étranges. Jeffrey se souvenait d'avoir eu peur de cette posture anormale et de ce regard vide. Il se souvenait également que la lame, brisée, était à côté de lui et qu'il l'avait regardée aussi, se demandant comment elle avait bien pu se casser.

Des années plus tard il se souvenait d'avoir encore regardé l'homme puis son père qui pleurait en silence et d'avoir demandé à son père s'il pouvait réparer l'homme cassé qu'il avait sous les yeux.

Son père l'avait alors pris dans ses bras, l'avait serré très fort et lui avait répondu qu'on ne pouvait pas le réparer.

Plus tard il lui avait dit que sa mère était partie et qu'elle ne reviendrait pas. Qu'eux aussi devaient partir et qu'ils ne reviendraient sans doute jamais dans la petite ville.

Que son nom ne serait plus Jayden mais Jeffrey.

Ils avaient voyagé sans relâche, pour éviter les questions. Jeffrey avait peu à peu pris conscience que c'était à cause de lui qu'ils devaient fuir de la sorte, parce qu'il était différent. Anormal...

Son père ne lui faisait aucun reproche mais il se sentait tout de même coupable parfois.

Ensuite il n'avait plus jamais connu que cette vie d'errance, ces nuits dans des chambres d'hôtel, des cabanes perdues dans les bois, des tentes ou des caravanes, ces repas en voiture ou dans la nature.

Tant qu'il n'avait pas été capable de contrôler ses pouvoirs son père l'avait gardé à l'écart des humains, pour leur sécurité à tous. Ils vivaient la plupart du temps dans des lieux reculés, loin des hommes, ne retournant en ville que lorsque le temps et les lieux les y obligeaient, que son père ne trouvait rien d'autre. Jeffrey adorait ces moments, les seuls où il pouvait voir d'autres enfants. Mais il savait qu'alors son père vivait dans la crainte et son plaisir s'en trouvait gâché.

Jeffrey se souvenait d'avoir passé des heures à regarder à travers des vitres, à envier les autres enfants, ceux qui avaient le droit de sortir, de jouer entre eux.

Ce n'était qu'après ses quinze ans que son père lui avait enfin donné l'autorisation de se mêler aux humains. Lorsqu'il avait été tout à fait certain qu'il était à même de garder le contrôle quoi qu'il se passe. Lorsqu'il avait été évident qu'il ne pouvait plus le retenir prisonnier plus longtemps.

Ce jour là Jeffrey avait eu l'impression de commencer à vivre.

Il avait tellement de choses à découvrir, depuis deux ans s'étaient écoulés, il avait pu expérimenter de nombreuses choses, rencontrer beaucoup de gens et enfin leur parler, mais il avait le sentiment que le meilleur était encore à venir.

Oui... le meilleur était encore à venir, pas pas ce soir là, ni dans cette maison là.

Il n'y était pas le bienvenu et il fallait qu'il parte.

Il se changea en un battement de cœur, transformant le maillot de bain en habits, reprenant ceux qu'il portait en arrivant. S'il y avait bien une chose que son père avait réussi à lui enseigner c'était à ne pas se faire remarquer. Enfin, autant qu'il était possible de ne pas se faire remarquer lorsqu'on avait comme lui de longs cheveux noirs et une peau que le moindre rayon de soleil faisait brunir.

Adrien et Marinette le regardèrent faire, ébahis par l'aisance avec laquelle il utilisait ses pouvoirs. S'ils avaient eu le moindre doute sur le fait qu'il soit ce qu'il disait, mi humain, mi kwami, ce qui n'était pas le cas, ils ne pourraient plus en avoir après une démonstration de ce genre.

Alors que Jeffrey passait près d'eux, visiblement prêt à partir ainsi qu'il l'avait dit, son regard se posa sur eux, empli de tristesse.

Adrien sut immédiatement ce qu'il ressentait, il connaissait cette expression, il avait pu la voir de nombreuses fois en se regardant dans un miroir avant qu'il n'obtienne enfin le droit de quitter la cage dorée dans laquelle son père tenait tellement à le garder.

Jeffrey était aussi seul que lui avait pu être.

Non, il était sans doute bien plus seul, Adrien en prenait soudain conscience. Par sa nature même Jeffrey était à part, sans doute avait il été maintenu à l'écart lui aussi. Peut être était il avec eux ce soir là parce qu'il s'était échappé de l'emprise d'un père trop protecteur, tout comme lui.

Il sentit de la compassion naître en lui. Il se reconnaissait un peu en Jeffrey à présent, même s'ils avaient plus de différences que de points communs.

Ils avaient tous deux grandi seuls, surveillés et cloîtrés.

Il ne pouvait pas repousser quelqu'un qui avait vécu une enfance semblable à la sienne. Même si Jeffrey lui avait causé du tort, il n'avait rien fait qui soit irréversible, il avait même indiqué les moyens de réparer.

- Jeffrey, tu ne veux pas rester ? Demanda t'il impulsivement.

Marinette et Jeffrey le regardèrent avec surprise. Ils ne s'étaient attendu ni l'un ni l'autre à une telle question.

Elle les prenait au dépourvu. Il les prenait au dépourvu.

Quelques instants plus tôt il se défiait ouvertement et à présent il demandait à Jeffrey de rester ?

Cela n'avait pas beaucoup de sens à leurs yeux.

Marinette posa la main sur le bras d'Adrien et le scruta attentivement, cherchant la moindre trace de fièvre ou de malaise, de n'importe quoi qui puisse expliquer un revirement si soudain.

Elle ne vit rien d'anormal, Adrien semblait pareil à ce qu'il était avant de dire des choses aussi surprenantes.

Elle coula ensuite un regard méfiant en direction de Jeffrey.

S'il était capable de se créer des habits comme il venait de le faire, de quoi d'autre était il capable ?

Après tout, le Papillon était en mesure de repérer les personnes en proie à de mauvaises pensées, de leur transmettre des pouvoirs exceptionnels et de communiquer avec elles à distance. Donc comment savoir de quoi pouvait bien être capable un être qui, comme Jeffrey, était à demi kwami.

A n'en point douter il avait des capacités qui défiaient l'entendement.

Il pouvait sans doute influencer les gens lui aussi.

Marinette serra les dents et fusilla l'adolescent brun du regard, prête à se battre s'il le fallait, pour qu'il délivre Adrien du sortilège.

Jeffrey prit le regard et le changement d'attitude de la jeune fille comme une véritable gifle. Cela lui ramena en mémoire le nombre de fois, où, lorsqu'il n'était encore qu'un tout jeune garçon de deux ou trois ans, et qu'il échappait à la main de sa mère pour s'approcher d'autres enfants, il voyait ces derniers s'enfuir en courant, parfois même en hurlant, parce que tous savaient ce qu'il était dans la petite ville, qu'il n'était qu'un monstre qu'il fallait fuir.

Il recula instinctivement, le cœur serré.

Pourquoi lui en voulait elle ?

Il n'avait rien fait.

Adrien fixa Marinette avec surprise, ne comprenant pas ce qu'il prenait à son amie. Pourquoi semblait elle soudain sur le point de se jeter sur Jeffrey ? Pourquoi le regardait elle comme s'il avait fait quelque chose de mal ?

- Marinette ? Questionna t'il doucement, désireux de comprendre, d'avoir une explication. Que se passe t'il ? Pourquoi es-tu si en colère d'un seul coup ?

- Pourquoi ? Mais parce qu'il s'en est pris à toi ! Répondit Marinette. Tu n'en as probablement pas conscience, mais il t'a fait quelque chose.

Adrien et Jeffrey la regardaient à présent comme si elle avait perdu l'esprit, ce qui mit Marinette en rage.

Qu'Adrien la regarde ainsi était normal, puisqu'il était sous l'emprise du demi kwami, mais que Jeffrey, Jayden ou quel que soit son nom, se permette de faire l'innocent, était plus qu'elle ne pouvait accepter.

- Vous devriez avoir honte ! Vous en prendre à Adrien de la sorte ! Alors qu'il ne vous a rien fait ! Délivrez le de votre sortilège immédiatement !

- Mais de quel sortilège parlez vous ? Questionna Jeffrey. Je ne lance pas de sortilèges...

- Inutile de mentir, Adrien se méfiait de vous et voilà qu'il vous demande de rester, cela prouve bien que vous avez fait quelque chose, que vous lui avez fait quelque chose, pour qu'il vous autorise à rester. C'est ignoble de forcer les gens de la sorte, uniquement pour vous amuser. Vous êtes pire que le Papillon !

Jeffrey n'avait aucune idée de qui pouvait bien être le Papillon, il n'était à Paris que depuis cinq jours et n'avait jamais entendu prononcer ce nom là, mais vu l'intonation de la jeune fille, ce ne devait pas être quelqu'un de bien.

La douleur s'intensifia en lui, il n'avait rien fait à Adrien mais à quoi bon leur dire ? La jeune fille était convaincue du contraire et Adrien allait la croire elle, il ne se faisait aucune illusion.

C'était normal après tout, ils étaient partenaires et amis, ils se connaissaient depuis longtemps, elle savait comment il réagissait et ce brusque changement d'attitude ne pouvait que l'inquiéter et lui faire craindre qu'il ait été manipulé.

Jeffrey ne pouvait pas lui en vouloir, mais que cela était douloureux d'être jugé et reconnu coupable sans avoir rien fait, seulement parce qu'il était différent.

Que faire à présent ? Comment arranger les choses ? Il n'avait pas envie de partir et de les laisser sur cette mauvaise impression.

Par dessus tout, il ne voulait pas laisser Adrien croire qu'il ait pu agir contre lui, manipuler ses sentiments pour quelque chose d'aussi futile qu'une fête.

Il chercha le regard du garçon et le trouva sans peine.

Adrien le fixait avec incrédulité, hésitant encore à croire ce que disait Marinette mais commençant à douter.

Elle avait l'air si convaincue, si convaincante...

Il ne se sentait pas différent d'avant, il ne ressentait rien de particulier à vrai dire, mais les gens que le Papillon ciblaient ressentaient ils quelque chose de spécial ?

Il n'avait aucun souvenir d'avoir ressenti quoi que ce soit les fois où il avait été touché par une attaque, mais il n'aurait pas su le dire avec précision, à chaque fois que Ladybug avait ramené la situation à la normale ses souvenirs s'étaient effacés.

Il ne pouvait donc pas être certain que Jeffrey soit innocent de ce dont Marinette l'accusait, mais il ne pouvait pas plus affirmer avec précision qu'il était coupable.

A suivre