Salut tout le monde !
Le chapitre d'aujourd'hui est un chapitre qui m'a donné du mal ! Sans rire, le texte que vous allez lire n'a rien à voir avec la première version xp Je l'ai retouché, changé d'avis, réécrit, abandonné certaines choses, rajouté d'autre etc ... Mais enfin, je pense que c'est la version la plus cohérente (même si j'étais triste de supprimer certains dialogues) et je suis assez contente du résultat. Bref, j'en dis pas plus, on se retrouve en bas, si vous le voulez bien !
Chapitre 43 : Départ précipité
Bobby essaie pour la quarantième fois de démarrer cette foutue caisse. Cette saloperie lui pose plus problème que la vieille japonaise de Meredith, c'est dire ! Rien à faire, le moteur refuse obstinément de repartir, et Bobby est bien obligé de reconnaître qu'il ne sait absolument pas d'où vient la panne. Il soupire lourdement, file un gros coup de pied dans les jantes et repart vers la maison.
Il consulte l'horloge. 7h. Bon qu'est-ce qu'ils font, ces deux idiots, ils dorment encore ? Bobby monte pesamment l'escalier et pousse sans aucune délicatesse la porte de la chambre de Dean.
« Réveille toi, feignasse, j'ai besoin de ... »
Mais les mots meurent sur sa langue tandis qu'il réalise que Dean n'est pas dans le lit.
« ...toi ? »
Il redescend au salon, pourtant persuadé de ne pas l'y avoir vu quand il s'est levé, deux heures plus tôt. Personne en effet. L'Impala est toujours garée dans l'allée. Et les toilettes sont vides. Il commence à s'inquiéter, Bobby.
Il n'y a pas trente-six possibilités quand même ! Il l'imagine mal être parti à pied … pour aller où d'abord ? Un endroit non accessible par la Chevrolet qu'il dorlote bien trop ? Certainement pas... Une idée lui traverse alors la tête. Hm il ne parierait pas là dessus, mais sait-on jamais …
Il se glisse sans bruit à l'étage. Une dextérité étonnante à son âge, mais expliquée sans peine par l'expérience. Il entrebâille doucement la lourde porte en face de lui. Et Dean est là. Au dernier endroit où Bobby l'a cherché. Endormi juste à coté de son frère.
Bobby fronce les sourcils. Rien dans leur position ne laisse suggérer quoi que ce soit de répréhensible. En fait ils ne se touchent même pas. Dean est tourné sur le coté, vers le mur, tandis que Sam est bien droit, sur le dos, un bras posé en travers des yeux. Mais c'est tout de même une vision surprenante. C'est tout de même le même lit qu'ils partagent.
Bobby referme la porte avec l'impression bizarre qu'il vient de se prendre une droite en pleine tronche. Une expression inquiète se forme sur son visage. Il reste immobile une seconde, face à la porte fermée, hésite sur la conduite à tenir. Hésite sur le sens à donner à ce qu'il vient de voir. Il avance la main, comme pour toquer sur le bois, mais se ravise au dernier moment.
Il se passe la main dans la barbe, soulève sa casquette pour aplatir ses cheveux avant de la remettre en place et de retourner dans sa chambre s'asseoir une minute. Il réfléchit intensément, se pince inconsciemment le nez. Avant de finalement se traiter de vieil imbécile. Dean lui a parlé, un soir où il était passablement éméché, des terreurs nocturnes de son frère. De leurs violences, leurs apparitions aléatoires...
Voilà sans doute la réponse à ses interrogations.
Bobby s'imagine le déroulement de la scène, Sam hurlant, complètement perdu dans un de ces terribles cauchemars, et Dean qui rejoint son frère pour le calmer. Comme il a avoué avoir à le faire de temps en temps. Ensuite, ils étaient probablement trop épuisés, et ils se sont endormi comme ça, Dean ne prenant pas la peine de quitter la chambre. Après tout, ils ont l'habitude de toujours vivre dans la même pièce, non ? Ou la même voiture.
Et pas besoin de voir autre chose la dedans. Bobby se reproche cette première impression idiote, celle d'avoir surpris un couple. Ben bien sûr ! Et puis quoi encore ?! Ses garçons sont proches, peut être trop proches, malgré ses avertissements répétés. Mais si ça les maintient en vie, et Bobby est forcé de croire que c'est bien le cas, alors autant s'en accommoder.
Et espérer que ce lien ne se casse jamais, au détriment de l'un d'entre eux. D'accord, c'est dangereux d'être aussi lié l'un à l'autre, mais Bobby est tout prêt à éclater le nez du premier qui se moque de cette dépendance. Vous auriez fait quoi vous, à leur place ?!
Des terreurs nocturnes.
Bobby s'en tient à cette explication, somme toute logique, et tout à fait suffisante. Une petite voix dans sa tête lui souffle que si Sam avait réveillé Dean dans la nuit en hurlant, il l'aurait lui aussi entendu, mais il s'efforce de l'ignorer. A la place, il retourne en bas et ouvre une boite de haricots.
Dean entrouvre la porte, méfiant. Se glisse le plus discrètement possible hors de la chambre de son frère après lui avoir fait signe que la voie est libre. Il se sent comme un voleur. Ou un gamin qui vient de commettre une bêtise et ne veut pas se faire prendre.
Quand on y réfléchit, c'est un peu le cas. Il descend lourdement l'escalier, reprenant sa démarche ordinaire, Sam à deux pas derrière lui. Bobby les accueille dans la cuisine, non pas avec un sourire, faut pas rêver quand même, mais avec un hochement de tête. Dean s'en contentera avec grand plaisir. Cette odeur de café est tout simplement divine. Il se précipite sur la machine tandis que Sam s'assoit à coté de Bobby.
« Bien dormi ? » demande ce dernier avec un regard que Dean qualifie immédiatement de soupçonneux.
Une alarme se déclenche dans sa tête. Mais Sam n'a rien vu. Il acquiesce doucement.
« Comme un charme. »
Est-ce un éclair d'incompréhension qu'il détecte dans les yeux de leur vieil ami ? Un froncement de sourcil rapide ? Mais en une seconde, cette lueur s'évanouit et Dean pense qu'il a du se tromper.
« Parle pas de malheur, ça pourrait bien être le cas, un jour » bougonne Bobby vers Sam.
Sam sourit.
« Tu as raison. »
Il rabat ses cheveux en arrière. Ça devient une habitude. Dean doit vraiment s'occuper de cette longueur excessive. D'ailleurs comment se fait-il qu'il remarque systématiquement ce geste ? Il passe son temps à fixer Sam ou quoi ? La réponse est évidente, alors il se détourne pour se servir un mug de café.
« Mais je fais confiance à Dean pour me réveiller à grands coups de lattes dans la gueule si ça m'arrive.
-Et tu as entièrement raison. Je lève mon verre à ça » confirme Dean brandissant son mug de manière théâtrale.
Ils échangent un regard complice tandis que Bobby plonge son nez dans sa tasse à son tour. Qu'ils sont bêtes, ses garçons. Qu'il les aime.
« Dean a toujours été idiot » affirme Sam vers Bobby, comme s'il lisait dans son esprit.
C'est légèrement flippant mais Bobby s'est habitué à cette perspicacité. Si l'on peut dire que Dean a un certain talent pour abattre sauvagement ce qu'on met en face de lui sans se poser de question, Sam compense cette vivacité avec un esprit acéré et toujours attentif à ce qui l'entoure.
« Wow, wow, comment ça ? Tu crois sans doute que tu as toujours été aussi sage et ennuyeux qu'aujourd'hui toi, peut être ?!
-Parfaitement.
-Ah oui ? Et la fois ou tu as gentiment encastré le 4x4 de Bobby dans le mur ? »
Dean qui exhume encore un vieux souvenir au pire moment. Sam doit dire qu'il le hait un peu là tout de suite ... Bobby se renfrogne.
« Oh tu parles de la fois ou il a ruiné des heures et des heures de travail sur une bagnole que j'aimais plus que ma propre mère ? Je risque pas d'oublier ... »
Sam pâlit à ces mots.
« Mais ... »
Dean éclate de rire et envoie un mug de café droit dans la main de son frère en le faisant glisser sur la table. Sam le rattrape adroitement, par réflexe, et porte le breuvage à ses lèvres, par envie. Puis il affiche une moue désolée qui donne toujours envie à Dean de le prendre dans ses bras avec amour. Ou de se foutre royalement de sa gueule. Ou les deux.
« M'enfin, c'est ça les gamins, ça fait des conneries » se résigne Bobby avec la plus parfaite mine de vieux sage.
« Dean m'avait quand même dis que j'avais le droit de la conduire » balance Sam sans hésiter.
Bobby en perd son latin, et ce n'est pas peu dire pour un fin connaisseur des langues anciennes comme lui.
« Tu lui a dis ça ? » demande-t-il, à deux doigts de lui crier dessus comme le pire des charretiers.
« Heu … je … c'est possible que …
-Mais on raconte pas n'importe quoi à un gamin de dix ans !
-Bon ça va ! Comment je pouvais savoir que cet idiot allait me croire moi ?
-J'adorais ce 4x4 ! »
Bobby se prend la tête dans les mains tandis que Sam ricane méchamment de l'air soudain moins arrogant de Dean.
« Et la fois où Dean a pété le ballon d'eau chaude ? » relance-t-il vicieusement.
« Ah non, ça, ça compte pas ! » se récrie Dean « je m'entraînais au tir, et ce ballon faisait une superbe cible …
-Heureusement qu'on a pas de maison » rit Sam « je voudrai pas que tu la bousilles en deux jours !
-Oh parce que ça te dérange pas qu'il bousille la mienne ?!
-C'est toi que je vais bousiller Sam, si tu la ferme pas ! »
Le rire de Sam redouble d'intensité et Bobby se dit que cela faisait très longtemps qu'il ne l'avait pas vu comme ça. Aussi rayonnant. D'ailleurs même Dean perd toute agressivité devant ce rire si ouvert, si sincère. Une expression de tendresse se peint sur ses traits.
Dean se retrouve toujours désarmé face à son frère. Ce n'est pas la première fois que Bobby le remarque, loin de là ! Mais apparemment, ça ne dérange pas Sam, qui lui renvoie un regard heureux. Et ben … Que de joie pour un petit déj... Bobby n'en demandait pas tant pour une boite de haricot, un café un peu cramé et une vieille brique de lait …
Il prend une grande inspiration.
« Les garçons » entame-t-il d'une voix grave.
Deux regards attentifs se tournent vers lui.
« Quoi qu'il se passe entre vous … et je ne veux surtout pas savoir ce que c'est, d'accord ?! Bref, quoi qu'il se passe, ça fait du bien de vous voir aussi souriants. »
Tout juste si la mâchoire de Dean ne se décroche pas. Il fixe Bobby d'un air ébahis. Avant de rapidement se reprendre et de lever les yeux au ciel.
« Mais qu'est-ce que c'est que ces mièvreries ?! Tu vas pas t'y mettre... »
Sam, lui, dévisage leur ami avec reconnaissance.
« Merci » souffle-t-il, ému devant cette preuve d'affection, plutôt rare, et d'autant plus précieuse.
Dean foudroie Sam du regard avant d'examiner Bobby en silence. Le vieux chasseur hoche la tête, un rien embarrassé. Ce n'est pas tous les jours qu'il leur sort ce genre de grande phrase, bien trop cul cul pour lui. Mais ce matin, Bobby en éprouve le besoin. Et tant pis s'il ne comprend pas vraiment ce qui a changé entre ces deux là. (Il refuse toujours d'écouter la petite voix qui lui souffle qu'il n'est pas si ignorant que ça.) S'ils ont trouvé un moyen d'atteindre une certaine forme de paix, ce n'est pas lui qui va s'en plaindre. Ce serait un quasi-miracle bienvenu !
Bobby voudrait qu'ils restent ainsi pour toujours. Eux trois, une assiette de bouffe pas trop dégueulasse à portée, à boire, bien sûr, une ou deux anecdotes à partager et derrière eux, une bonne nuit de sommeil. Ce n'est pas grand chose, et en même temps, tellement énorme. Si seulement ça pouvait durer. On ne peut pas vivre de drames et de souffrances en permanence. Et ces deux là en ont eu plus que leur lot …
Bobby en a assez de les ramasser en morceaux.
« Qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ? On pêche ? » propose-t-il pour briser ce silence gênant.
« Jamais de la vie » grommelle Dean, s'efforçant de reprendre contenance.
« Hmm, pourquoi pas ? » hésite Sam.
Dean avale son café un peu trop rapidement. Il se brûle la gorge mais n'en montre rien. Puis il repose sa tasse dans l'évier et quitte la pièce avec un toussotement et un rapide regard vers Bobby. Sam l'observe partir avec une vague inquiétude. Ce dernier coup d'œil … il y a lu une crainte hâtivement dissimulée. Est-ce que quelque chose ne va pas ?
Il repose la fourchette qu'il utilisait pour picorer discrètement dans l'assiette de Bobby et se lève à son tour.
« Heu … je vais prendre ma douche. »
Bobby le gratifie d'un vague signe de la main. Évidemment.
Et Sam monte l'escalier à la recherche de son frère. Hmm il y bien un problème en effet. Dean est en train de faire leurs sacs, complètement terrifié. C'est écrit sur sa figure. Une enseigne en néon serait moins visible. Ses mains tremblent, ses traits sont crispés au possible, ses gestes imprécis et précipités.
« Mais qu'est-ce que tu fais ? » s'étonne Sam.
« On s'en va Sam. Maintenant ! » lui lance-t-il brusquement.
Ok, là Sam rame un peu. Il examine Dean s'agiter sans savoir quoi dire. Sans l'aider, mais sans s'interposer non plus. Au bout d'un moment la question adéquate franchit enfin ses lèvres.
« Mais … pourquoi ? »
Il en a bien une vague idée. Craint de comprendre l'origine de cette scène de fuite. Dean lui fait face, le regard en feu et les dents serrées.
« Mais t'es aveugle ou quoi ?
-Ça t'ennuierait de développer un peu plus que ça ? J'ai jamais réussi à lire entièrement dans tes pensées » fait Sam sur un ton de regret.
« Sam ! » lui reproche Dean, comme si son incompréhension était insupportable « Il est en train de deviner ! »
En train de deviner ? C'est beaucoup s'avancer, pour Sam. Triste à dire, mais s'il avait vraiment tout découvert, il ne serait probablement pas aussi charitable avec eux. Perdu dans ses pensées, il ne fait pas vraiment attention à sa réponse.
« Ah Bobby...
-Non le pape ! » grince Dean tout en essayant de fourrer une dernière chemise récalcitrante dans son sac.
« Mais...
-Il se rend compte que quelque chose cloche !
-Heu ce n'est pas exactement …
-Il n'est pas comme d'habitude, Sam !
-Dean, il a juste dit qu'il était content de nous voir de bonne humeur... Tu te fais des films...
-On ne peut pas rester plus longtemps. C'est trop risqué. On est pas assez discrets ! »
Dean secoue la tête, refuse de laisser Sam parler. L'angoisse le dévore trop pour qu'il puisse écouter calmement.
« Je ne suis pas prêt, Sam » avoue-t-il dans un souffle « Pas maintenant. Pas encore. S'il te plaît. »
A ce moment il relève les yeux, appuyant sa supplique d'une expression de peur déchirante. Sam est littéralement traversé de part en part par cette détresse.
« Mais Dean, il risque de trouver ça bizarre, qu'on parte aussi vite »
Ce n'est que la stricte vérité, pourtant on dirait bien qu'elle percute Dean comme un direct du droit en pleine figure.
Il fixe désespérément ses mains, comme si la réponse allait soudain apparaître entre ses doigts. Il n'arrive plus à penser de manière cohérente. Seule compte cette crainte terrible qui lui broie la poitrine comme le pire des étau.
« Je ... » entame-t-il, mais sa voix s'étrangle dans sa gorge.
Prisonnier de l'image qu'il se fait, dans sa tête, d'un Bobby ayant percé à jour leur comportement ambigu. L'expression de dégoût qu'il imagine sur le visage de leur ami est frappante de réalisme. Dean l'entend prononcer des mots terribles à leur encontre. Le voit atterré, dans un premier temps, puis furieux, et enfin, froid et distant. Il goûte la brûlure de la honte qui le dévore tandis que leur père de substitution leur montre la porte.
Alors qu'il est persuadé de sentir ses entrailles se liquéfier à cette vision, la main de Sam apparaît soudainement par dessus les siennes. Contact qui le ramène en moins de deux à la réalité. Dean lève les yeux pour rencontrer ceux de son sauveur.
« En fait, je crois que j'ai trouvé une affaire pas très loin... » affirme Sam, sur une inspiration subite.
« Une affaire ... » répète Dean, stupéfait que Sam lui apporte cette miraculeuse porte de sortie sur un plateau.
Cette excuse tellement crédible qu'elle n'en est pas vraiment une.
« Je vais chercher la trousse de toilette » conclue Sam en s'avançant vers la salle de bain.
S'enfuir avec Dean, il n'en a que trop l'habitude. Tant pis si Bobby en fait les frais aujourd'hui. Sam ne peut protéger qu'une personne à la fois, et il ne voit personne d'autre que lui pour prendre soin de Dean.
« Une affaire hein ? » répète Bobby, surpris.
« Ouais. C'est pas de chance. Mais qu'est-ce que tu veux, ce genre de truc, ça peut pas vraiment attendre » brode Sam, maladroitement.
Dean se tient à sa droite, mobilise tout son courage pour conserver son habituel air neutre.
« Fallait le dire, si vous vouliez pas pêcher avec moi, hein ?! Je me serais pas fâché …
-Ouais c'est ça » articule rapidement Dean « bon, ben on s'appelle plus tard, ok ? »
Bobby le fixe une seconde. Analyse l'expression de son visage, intrigué. Enfin, du moins est-ce l'impression de Dean. Bon sang, pour un peu, une perle de sueur lui coulerait sur la tempe. Tu parles d'une tête de coupable !
Dean a beaucoup de mal à ne pas trahir sa nervosité. Il veut partir, là, maintenant. S'enfuir avant qu'une personne à qui il tient ne le rejette encore. Mince, on dirait bien que l'abandon de son père, il y a quelques années de ça, qui l'a poussé à quémander l'aide de Sam, n'est pas encore digéré... Dean ne peut plus voir quelqu'un de sa famille lui tourner le dos. Impossible.
« Ok alors …Soyez prudents ...
-Compte sur nous » acquiesce Sam avant de brièvement lui donner une accolade et de monter dans la voiture.
Un peu désolé de laisser son ami en plan comme ça. Dean, lui, se contente d'une rapide tape sur l'épaule.
« A bientôt, vieille branche.
-Barre toi vite de chez moi, avant que je botte ton cul de petit con, tu veux ?
-Entendu. »
Enfin Dean s'installe derrière le volant et démarre tandis que Sam fait un dernier signe de main au vieux chasseur. Qui les regarde partir avec un brin de perplexité. Il ne s'attendait pas à ça... C'est un départ un rien précipité, non ? Il rentre dans la maison avec un léger poids sur le cœur. Solitude, c'est entre toi et moi, encore une fois ! Il s'empresse de faire passer cette sensation désagréable d'une lampée de Whisky.
Dean roule vite, tente vaille que vaille de faire bonne figure encore quelques kilomètres.
Pas un franc succès. Sam le dévisage comme s'il allait tomber en poussière d'une seconde à l'autre, ce qui n'aide pas vraiment. Pourquoi est-ce que l'air est si lourd, soudain ? Pourquoi cela demande-t-il tant d'effort de simplement soulever la poitrine pour respirer ? Son souffle s'accélère, sa vision se met légèrement à trembler.
Pas terrible quand on est en train de conduire.
Ses ongles se plantent dans le volant d'eux même, tandis que la tête commence à lui tourner. Ok, cette fois il jette l'éponge. Il range sa voiture adorée sur le bas coté et s'échappe de cet habitacle réduit avec peine. Mince, l'extérieur ne lui apporte pas vraiment plus de facilité à respirer ! L'air est si lourd ! Il malaxe son tee-shirt, froisse le tissu comme pour empêcher son cœur de sortir de sa poitrine. Il faut dire que ses foutus battements viennent de doubler de vitesse, eux aussi !
Dean s'avance en vacillant quelque peu dans les bois en face de lui, sans un regard pour Sam.
« Dean ? »
Dean ne marche pas bien longtemps avant qu'un arbre attire son attention. Il s'y appuie d'une main. Colle son front contre le tronc, à la recherche de son souffle. Avant de brusquement lui flanquer un énorme coup de poing. Sam observe, stupéfait, son frère déchaîner sa colère contre un pauvre tronc. Il le frappe trois fois, exactement. Un cri à chaque coup.
« Putain … fais ... chier ! »
A chaque fois que Dean s'attache à quelqu'un, il le perd. Comme une malédiction maligne qui refuse de détacher ses griffes de lui. Quoi qu'il fasse. Dean se sent impuissant, redoute plus que tout de voir l'histoire se répéter. Sa rage ne dure pas longtemps, toutefois. Surtout parce qu'il se sent brusquement nauséeux, et manque de tourner de l'œil, ses dernières réserves d'oxygène épuisées.
Il se laisse aller à terre, les genoux relevés contre la poitrine et la tête cachée dans ses grandes mains. Sam l'entend gémir entre ses doigts. Bon, cette fois il n'est plus question de colère. Sam perçoit le sifflement de sa respiration, la difficulté qu'il semble avoir à reprendre son calme. Il s'agenouille à sa hauteur.
« Dean, tout va bien. Tu n'as aucune raison de paniquer comme ça. »
Il n'a pas tort, c'est sûr. Mais Dean ne redresse pas la tête pour autant. C'est difficile quand sa gravité personnelle est au moins trois fois supérieure à d'habitude. Et puis, il ne veut pas non plus que Sam le voit dans cet état, pour être honnête. A lutter pour prendre une simple inspiration. Quelle honte !
« Tout va bien Dean » répète Sam, plus lentement.
Il lui presse gentiment le bras. Juste pour lui prouver qu'il est là. Qu'il n'est pas seul.
Comme Dean aime la douceur qui émane de sa voix. C'est agréable de sentir qu'il n'y a que lui qui perd la tête, là tout de suite.
« Tu vas bien » lui rappelle Sam « juste … respire, d'accord ? »
Il n'ose pas s'avancer plus, se dit que le serrer contre lui ne l'aiderai probablement pas à retrouver son souffle... Mais il passe une main derrière sa tête et lui caresse la nuque en un geste qu'il veut rassurant. Dean refuse d'enlever ses mains, de laisser voir son visage, mais ce n'est pas grave. S'il veut avoir l'impression de se protéger encore un peu, de ne pas se dévoiler à 100%, ça ne dérange pas Sam. Dean est Dean, et la dernière chose qu'il veut, c'est essayer de le changer.
Par contre il apprécierait que ce dernier ne s'écroule pas entièrement sous ses yeux. C'est bien trop pénible. Ça ravive de mauvais souvenirs, des choses qu'il aurait souhaité que son frère ne vive jamais. Les crises nerveuses de Dean sont rares, Sam peut les compter sur les doigts d'une main. Il ne connaît personne de plus résistant que son frère et s'il craque, c'est qu'il a de très bonnes raisons de craquer. Mais elles sont toujours d'une impressionnante intensité. Dean ne fait jamais rien à moitié ...
« Respire Dean, tu vas bien. »
Puis soudain il réalise son erreur. S'il veut que Dean l'entende, ce n'est pas ça qu'il faut dire.
« Je vais bien Dean » se reprend-il délicatement.
Un but que Dean a toujours cherché à atteindre. Une nécessité gravée en lui bien plus profondément que n'importe quoi d'autre. Cette fois deux yeux émergent et se posent sur Sam.
« Je suis là. Alors calme toi, d'accord ? »
Et Sam doit être un putain de magicien, parce que soudain, Dean sent que l'air pénètre à nouveau ses poumons. Il s'en rempli avec délice. Profite de cet oxygène pour rappeler sa poitrine à l'ordre et l'empêcher de trop s'agiter. Ses frissons s'apaisent doucement.
« Bobby ne nous abandonnera jamais, Dean, je te le promets. »
Dean enlève enfin les mains de devant son visage, pour le tourner vers le ciel et prendre encore une grande inspiration. Béni soient ses poumons qui fonctionnent à nouveau. Puis il ramène son regard vers Sam, le visage encore marqué de cette épreuve. Et d'une peur bien trop évidente.
« Ne fais pas de promesses que tu ne peux pas tenir » reproche-t-il à Sam d'une voix étouffée.
Dean et son complexe d'abandon.
Sam se demande si il s'effacera un jour, où si Dean devra supporter ce fardeau jusqu'à la fin. Cette impression infernale de n'être qu'une quantité négligeable. Un être insignifiant dont on se débarrasse facilement et sans une once de regret. Comme Sam voudrait que la vie ne l'ait pas autant abîmé ! Qu'ils ne soient pas, l'un comme l'autre, marqués si violemment par leur passé.
Dean déglutit avec peine. Sa gorge irritée le démange. Il meurt d'envie de se gratter au sang, se creuser un chemin direct jusqu'à ses poumons.
« Maman non plus, ne voulait pas nous abandonner. Pas plus que Papa, ou que toutes les putain de personnes qui ont compté dans notre vie et qui ne sont plus là aujourd'hui. Et... Bobby je ne peux pas Sam, c'est au dessus de mes forces » avoue-t-il d'une voix faible.
Il ne se rend pas compte que son ton a considérablement baissé. Que le regard qu'il adresse à Sam n'est plus furieux, mais seulement découragé. Sam reçoit sa détresse plein pot. Cette fois il n'hésite plus, et le prend dans ses bras. Le serre contre lui, parce qu'il ne peut pas s'en empêcher. Il sent Dean l'agripper également. Peut être plus sensible à ce réconfort physique qu'à n'importe quelle parole d'encouragement.
« Dean, il ne le fera pas. Il ne nous laissera pas » lui assure Sam dans l'oreille.
« Tu n'en sais rien !
-Si, j'en suis sûr. Il ne te ferait jamais ça.
-On ne peut pas deviner, Sam.
-Dean...
-Si on perd Bobby, je ne sais pas si je pourrai encore continuer » lâche Dean de but en blanc.
Sincérité percutante qui pousse Sam à revoir à la hausse la dose de souffrance que son frère porte en lui. Cette insécurité d'enfant qui a tout simplement trop perdu. Dean le fixe comme s'il attendait une réponse en particulier. Mais Sam ne sait pas laquelle. Alors il colle leurs fronts, comme toujours quand il ressent le besoin de les connecter.
« Dean, je te jure que ça n'arrivera pas. Toutes ces personnes qu'on a perdu … ce n'est pas qu'elles ne voulaient plus de nous, c'est qu'elle sont mortes. Ce n'est pas la même chose.
-Bobby... c'est le dernier Sam. »
Sam ressent oh combien Dean doit avoir confiance en lui pour lui confier des pensées aussi sombres. Pour avouer noir sur blanc sa fragilité.
« Le seul encore là. Et si il... »
Il est interrompu par une crise de toussements. Sam reste là, le garde dans ses bras, prêt à entendre la suite. Si Bobby avait su que sa gentillesse, dispensée sans avertissements, ferait complètement perdre pied à Dean …
Peut être est-ce parce qu'il a réalisé à quel point Bobby lui était nécessaire ? Et à quel point lui mentir est difficile. Il ne suffit pas de se tenir à distance, de ne pas s'embrasser ou se toucher devant lui, non. Leur ami est bien plus perspicace que ça. Bien trop attaché à eux pour ne pas se rendre compte du changement.
Entendre Bobby en parler de vive voix, les qualifier de plus souriants … Un choc un peu trop violent pour Dean. Un terrifiant point d'interrogation pour la suite. Sera-t-il possible de continuer comme ça, sans que Bobby ne comprenne jamais entièrement ce qu'il a sous les yeux ? Qu'il ne saisisse que les conséquences, le fait qu'ils soient plus épanouis, sans jamais en comprendre l'origine ?
C'est un pari difficile à faire.
« Il pourrait nous en vouloir » reprend Dean d'une voix blanche « Vraiment nous en vouloir »
Comme quelqu'un qui a peur de voir son pire cauchemar se réaliser.
« Ça me bouffe Sam. Ça me terrifie.
-Je suis là.
-Ce n'est pas juste. »
Pas juste, parce qu'être avec Sam, cela pourrait bien vouloir dire perdre Bobby. Et Dean ne s'en sent pas capable. Pourquoi donc devrait-il renoncer à Sam pour garder le soutien de leur plus vieil ami ? Quelle logique tordue y a-t-il là dedans ?! Dean ne veut en perdre aucun des deux. Ne sait plus quoi faire pour atteindre ce but peut être trop optimiste.
« Bobby ne nous laissera jamais tomber, quoi qu'il arrive. J'ai foi en lui » affirme Sam.
« Tant mieux pour toi ! Mais jure moi plutôt qu'on sera meilleurs pour dissimuler ce qui se passe devant lui.
-Heu …
-Parce que là, c'est un putain de miracle s'il n'a pas tout deviné ! »
Dean semble avoir retrouvé ses esprits, et Sam a envie de croire que c'est en partie grâce à leur étreinte. Une de ses mains s'attarde sur sa joue, caresse lentement cette peau chaude. Et piquante. Dean n'a pas pris le temps de se raser ce matin. Bon Dieu, c'est plaisant de ne plus avoir à se cacher à toute heure du jour !
Comme ce fardeau est pesant ! Ils avaient clairement sous estimé la difficulté de cette dissimulation... Dean a raison, à ce rythme, Bobby n'aurait pas mis longtemps à les démasquer...
Dean soupire doucement, secoue la tête de droite à gauche.
« On est vraiment nuls Sammy. Comment on fait ? Personne n'y croit une seconde ! Les démons, Nounet, l'hôpital psy, Meredith, putain, même Bobby doit avoir des doutes maintenant ! On ne trompe personne !
-C'est pas faux... » reconnaît Sam à mi-voix.
Sam pince les lèvres, réfléchit tandis que Dean renifle bruyamment.
« C'est pas comme si on avait passé notre vie à mentir, en plus » raille-t-il encore d'un ton amer « Explique moi comment on peut faire illusion comme agents du FBI et pas comme frères tout à fait normaux ?
-J'en sais rien Dean.
-Ouais, ben c'est un putain de carnage ! »
Il se dégage finalement des bras de Sam, reprend sa respiration, la poitrine légèrement opprimée. Il se frotte l'arrière du crane, comme il le fait toujours quand il est perturbé. Sam l'observe encore avec inquiétude.
Dean hésite une minute. L'engueuler pour ces yeux de chien battu ? Ou au contraire, se confier un peu plus ? Entre les deux, son cœur balance... Mais il décide d'être accommodant, pour une fois. Sam pourrait bien lui en vouloir si il est en permanence dur avec lui. Et puis, pour être honnête, il n'a pas vraiment envie de se disputer avec lui maintenant.
Mince, Dean réalise qu'il se ramollit beaucoup trop avec son frère ! Incapable de lui résister même cinq minutes ! Dean change. Évolue. S'ouvre de plus en plus à Sam. Ils risquent vraiment de finir par fusionner !
« Excuse moi » laisse-t-il échapper dans un souffle, sans le regarder dans les yeux « je t'ai encore fais flipper hein ?! »
Sam sourit tristement.
Rien n'est perdu, ils peuvent encore y arriver. Sam y croit dur comme fer. Ce ne sera pas facile, mais ils se battront comme toujours. Après tout, c'est bien leur spécialité. S'il y a une chose qu'ils savent faire, c'est ça.
« Tu n'as pas à t'excuser. Je comprends »
La gratitude qu'il lit dans les yeux de Dean est un vrai délice. Mais alors que Sam lui sourit, il remarque ses phalanges en sang. Pauvre arbre, qui n'avait rien demandé... Il s'empare de la main blessée de son frère avec un grondement de contrariété.
« Merde, t'es vraiment qu'une brute, tu le sais ça ?
-Ouais.
-Peut être qu'un jour tu arrivera à me parler sans péter un câble avant.
-Peut être.
-Je reviens. »
Sam part rapidement chercher la trousse de secours et s'installe à coté de Dean, le dos contre le même tronc.
« Sam » proteste Dean « c'est pas la peine, je vais bien !
-Laisse toi faire, imbécile. »
Dean grogne, mécontent, mais n'empêche pas Sam de désinfecter ses mains abîmées, ni d'enrouler un petit bandage autour de la droite, la plus touchée.
« Faut toujours que tu exagères … Je suis pas en sucre. »
Sam ne répond rien, concentré. Son soin terminé, il accueille avec plaisir la tête que Dean laisse soudain reposer sur sa poitrine. Trop fatigué pour lutter contre cette envie. Sam embrasse les phalanges rougies avant de lui entourer les épaules de son bras droit. Étonnamment, Dean ne proteste pas.
Oui, ils ne sont pas si mal comme ça.
« Ça va aller. Et puis, c'est encore trop tôt pour s'inquiéter, je ne crois pas que Bobby ait tout deviné tu sais » dit-il.
Dean se mord les lèvres.
« Tu as entendu comme moi ce qu'il a dit ce matin, non ?
-Ben, c'était plutôt bon signe en fait, quand on y pense. J'ai eu l'impression qu'il approuvait … »
Dean secoue la tête, frotte la poitrine de Sam du même mouvement.
« Non, pas bon signe du tout. Pourquoi il a dit ça ?
-Pourquoi ? Il a voulu nous faire comprendre qu'il tenait à nous, je suppose. Il a juste remarqué qu'on était dans une bonne phase.
-T'es trop naïf ! Moi je crois qu'il se demande ce qu'il se passe. Qu'il se pose des questions.
-Mais non, il va pas nous espionner non plus...
-Et puis pourquoi il croit que c'est une si bonne période que ça ?
-On fait moins la gueule que d'habitude peut être ? C'est dur de cacher ça.
-Putain, je suis sûr que c'est encore cette histoire d'anneau ! »
Inconsciemment, Sam fait tourner le bijou autour de son doigt.
« Ou c'est parce qu'on est trop gentils ? C'est ce qui lui met la puce à l'oreille ? Sam, tu penses que je te pourrie moins la gueule qu'avant ? »
Sam éclate de rire.
« Dean, c'est pas parce qu'on est plus proche que tu es moins chiant avec moi, malheureusement. Laisses moi te rassurer sur ce point. Tu es toujours sacrément pénible !
-Alors quoi ? » enchaîne Dean sans relever « Il … il m'a vu t'embrasser sur le porche ? »
Il pâlit considérablement devant cette éventualité.
« Non, non, ça m'étonnerait ! Peu de risque qu'il nous encourage aussi gentiment après avoir vu ça ... »
Cette fois ils se taisent tous les deux. Réfléchissent à l'unisson.
« Il a senti un changement, mais rien de plus, à mon avis » conclue Sam.
« C'est déjà beaucoup trop » se désespère Dean.
Puis il n'ajoute rien pendant un moment, alors Sam le serre un peu plus fort contre lui.
« Dean, il ne sait rien, j'en suis certain. Et de toute façon, Bobby ne nous trahira jamais.
-Mais peut être qu'il aura l'impression que c'est nous, qui le trahissons. »
Là Sam reste sans voix. Il n'avait jamais envisagé la chose ainsi... Ce n'est pas vraiment réjouissant.
« Laissons passer quelques semaines, tu veux ? » demande Dean « Avant de retourner le voir. J'espère qu'on deviendra meilleurs menteurs avec l'habitude... »
Dean écoute attentivement le cœur de Sam battre. Est-ce possible que ses propres battements se calent sur le rythme de son frère ? Quelle qu'en soit la raison, en tout cas, Dean se sent mieux.
Sam respecte ces quelques minutes de calme, sent peu à peu Dean se détendre contre lui. Il se permet même de déposer un baiser léger sur sa nuque offerte. Dean ne réagit pas. Il s'est endormi ? Dans cette position son visage est dissimulé. Alors Sam pose sa joue sur le haut de son crane.
Précieux Dean. Plus fragile que ce qu'il laisse paraître. Bien plus complexe que ce que d'autres pourraient penser. C'est Sam qui commence à s'endormir finalement, habitué à récupérer ses heures de sommeil dès qu'il en a la possibilité.
« Sam ?
-Hmm ?
-Je ne veux plus jamais être séparé de toi.
-Je sais Dean. Tu es plus démonstratif que tu ne le crois. »
Coup d'œil rapide sur son anneau tout neuf.
« Mais je ne veux pas perdre Bobby non plus » lâche Dean du bout des lèvres.
« On trouvera un moyen » lui assure Sam, resserrant sa prise sur lui.
« Abruti.
-Hein ?
-Tu dois répondre idiot. Ou connard. Enfin, j'ai rien contre salopard non plus …
-Ah. J'étais ailleurs. »
Mais Sam commence à ressentir un léger malaise, maintenant que Dean a dit ce qu'il avait à dire. Lui n'est pas tout à fait honnête... Dean lui en voudrait certainement … Il ne doit pas être le seul à faire des efforts. Alors Sam se racle la gorge et avoue, mal à l'aise.
« Ça me rend un peu triste … »
Dean fronce les sourcils, désarçonné.
« Quoi ?
-Chez Bobby, c'est quand même en partie chez nous aussi, non ? La seule maison qu'on occupe assez régulièrement.
-J'ai laissé une brosse à dent dans la salle de bain » admet Dean en guise de preuve.
Sam hoche la tête.
« Oui voilà. Mais maintenant, ce n'est plus pareil.
-Parce qu'on est pas à 100% honnêtes ?
-Parce qu'on se retient d'être nous même.
-On a pas le choix, Sam.
-Je sais. »
Silence.
« C'est une situation de merde » affirme Dean « ce n'est pas ce que je voulais pour toi. »
Ça sonne comme une excuse. C'est douloureux de sentir la tristesse de Sam. Exactement ce que Dean voulait éviter en le repoussant à plusieurs reprises.
« Mais je ne regrette pas Dean. Ça en vaut le coup. Et on savait que ce ne serait pas facile. Qu'il y aurait un prix.
-Rien n'est jamais facile pour nous. Va falloir qu'on s'y fasse » regrette Dean.
Il se perd une seconde dans ses réflexions avant d'ajouter.
« Si c'est trop dur, Sam...
-Tais toi, ne le dis pas ! »
Dean affiche un petit sourire désabusé. Il préférerait s'arracher le cœur de la poitrine plutôt que ça se réalise. Et pourtant, il le ferait, si besoin. Sam passe avant tout !
« Mais c'est toujours une option.
-Non. »
Dean ne peut pas voir le visage de son frère se crisper au possible. Toutefois il le devine très bien au son de sa voix.
« Bobby, on peut gérer, ça ira. Pas la peine d'envisager de … Ça ira ! »
Dean acquiesce, résigné et en même temps soulagé. Petit Sammy qui n'ose même pas parler d'une éventuelle séparation. Comme il l'aime, là, tout de suite.
« Ok, Sam, alors on s'accroche. Je veux bien.
-T'as intérêt, ouais ! »
Dean ricane.
« Tu ne me fais pas peur, Samantha ! »
Sam soupire.
« Pourtant ce serai plus simple. J'aurai qu'à te menacer pour obtenir ce que je veux.
-Tu obtiens déjà tout ce que tu veux de moi. J'espère que tu t'en rends compte ! »
Il s'en rend compte. Rit sous cape.
« Sam » reprend Dean, d'une voix plus sérieuse « dis-le moi quand tu es triste. Je pourrai probablement pas y faire grand chose, mais je veux le savoir.
-D'accord. »
Silence
« Je suis triste, Dean. »
Rajouter Bobby à la liste de personnes qu'ils doivent duper … Mince, ce n'est pas un sentiment très positif, rien ne sert de se mentir.
Mais Dean a raison malgré tout. Même si Sam refuse de croire qu'ils pourraient jamais perdre le soutien de leur ami, c'est un trop gros risque à prendre. Et puis, après tout, ça ne regarde que Dean et lui. Quoi qu'ils décident de faire, quelque soit le degré d'intimité qu'ils partagent, ça ne concerne personne d'autre !
Comme en écho à ses pensées, Dean se redresse pour venir à la rencontre de ses lèvres. Et bon Dieu, il y a de la vie dans ce baiser ! Sam en oublie de penser. Parfois son corps ne demande qu'à ressentir, et c'est tout. Se repaître de l'énergie grisante qui s'échappe toujours de leur union. De l'ivresse de cette bouche qui semble si bien le connaître. Qui semble vouloir lui transmettre courage et espoir.
Dean, maintenant plus à l'aise pour l'embrasser que pour lui adresser des paroles réconfortantes...
Toutes les épreuves qu'ils traversent ne sont rien face à l'évidence de ce simple contact. Ils ne peuvent exister qu'à deux.
Et voilà pour ce chapitre ! Vous aviez tous deviné (craint ?) que Bobby les surprendrai ... et oui en effet, c'était une trop bonne occasion de bousculer un peu les choses niark niark. Mais ça aurait pu être bien pire, non ? On est pas passé loin de la crise ! J'espère que ça vous aura plu x) Une nouvelle enquête démarre la semaine prochaine, si tout va bien :p
Melanie : Et oui, Sam en a bavé, c'est sûr. Ce n'est pas pour rien qu'il a voulu plusieurs fois quitter cette vie :/ Alors, tu as ris et pleuré en même temps ? :p Bobby a l'œil !
Une Shapeshifter : La fin des haricots ! Heureusement qu'ils n'étaient pas (plus ?) en mode panda x) Bobby n'a pas tout découvert, mais il a posé les yeux sur un sacré indice ! Ils se sont trop relâchés, les frangins x(
