Bonjour/Bonsoir à tous et à toutes, ici Kirua pour son chapitre 53 de "La flamme de prox". Menue du jour : Romance, combat... Et Cliffhanger.
Sur ce, bon chapitre.
Chapitre 53
Une attaque nocturne.
La fête avait repris depuis une heure, Ivan s'en moquait, il prenait la main de Sarah et marchait dans la forêt, un doux sourire aux lèvres. Cela débordait de mièvrerie mais il était heureux, juste être avec elle, marcher dans la forêt comme ça, l'aimer. Et être aimé par elle en retour, c'était tout.
Des fois, ils se stoppaient pour profiter du calme à deux, pour se regarder, s'embrasser. Ses longs cheveux d'or étaient doux, si doux qu'elle voulais encore et toujours fourrager sa main dedans, s'enivrer les sens par leurs sensations sur sa peau, son odeur.
Alors qu'ils avaient bien marchés, l'adepte de Jupiter lui proposa de s'installer par terre pour regarder les étoiles. Le ciel était dégagé, sans nuage, c'était l'idéal pour se relaxer. En effet, resté allongé à contempler l'immensité bleutée était, pour quelque obscur raison, l'activité préférée d'Ivan.
Alors que le jeune homme se mit bien sur le dos pour être face au spectacle, Sarah s'allongea à côté de lui, à moitié sur lui. Elle voulait voir elle aussi le ciel mais ne voulait pas non plus perdre de vue son amant une seconde.
Son amant... Penser à Ivan de cette façon était étrange. Lui qui semblait toujours tellement sérieux, tellement raisonnable... Mine de rien, deux semaines et demi, c'est court, très court. Non seulement elle était pas très jolie mais en plus elle se trouvait idiote.
« Pourquoi moi, Sarah? Cette question la fit sursauter, elle s'attendait à tout, SAUF à ça. Pourquoi m'as-tu choisit? Je suis défaitiste, pas franchement attirant, roublard.
-Tu as raison Ivan, tu as totalement raison. Mais tu es surtout sensible, gentil, généreux, tu passes les autres avant toi. Peut être que tu n'es pas fort comme Garet, Peut être que tu n'est pas le garçon le plus optimiste que je connaisse. Mais je t'aime pour l'ensemble. Ah et encore une chose. Tu es très beau, n'en doutes pas. »
Ivan réfléchit une seconde sur les dires de son amante. Il rougissait sous les compliments, qu'il ne s'attendait pas recevoir d'ailleurs. Certes, si c'était réciproque, c'est qu'il y avait une raison. Mais, ce coup là, il ne s'y était absolument pas attendu.
Le coeur tambourinant, l'adepte déposa un autre baiser tout petit, tout mignon sur son nez, ce qui sembla la chatouiller. En effet, elle rigolait sourdement, à peine si on l'entendait. Cette image le faisait vraiment fondre, il lui éleva un peu le menton pour déposer un nouveau baiser sur ses lèvres.
« C'est trop mignon! Il aurait fallu peindre ce portrait! »
Interrompus dans leur moment de tendresse, Ivan rouspéta et se redressa pour accueillir Alex avec un sourire qu'il tentait de faire amical, même s'il aurait bien envie de le faire déguerpir vers d'autres cieux, comme il faisait toujours avec Garet.
« Bonsoir, mon cher frère. Que fais-tu donc en cette soirée?
-Tu ne l'as pas deviné, petite sœur? Je vous espionne, naturellement. »
Avec du recul, cette remarque de la part du mystique de Saturne était aussi exaspérante que charmante. Au moins, il admettait qu'il faisait une filature, ça lui facilitait la tâche. Certes, il était en train de flirter avec sa petite sœur mais ce n'était pas suffisant!
Cependant, alors qu'il allait répondre, Ivan sentit un grand afflux psynergique qui lui était inconnu. Un afflux d'une vraie violence. Et au loin, des maisons brûlaient; Ista Mira était attaqué, ce qui faisait trépigner l'adepte de Rage. Il aurait voulu passer une superbe soirée avec Sarah maintenant qu'ils étaient ensemble, ça allait devoir être reporté.
Sur la place, tout les « guerriers de Weyard » étaient en position de combat en face de trois hommes, de trois tailles diverses. Le premier était très grand, près de deux mètres vingt, et portait sur son épaule un fléau qui donnait envie de fuir sans demander son reste d'un regard.
Le deuxième possédait un bec de corbin. Ce constat les interloqua tous, ce guerrier était de la noblesse? Mais de l'autre, il avait une sorte de couteau incurvé type dague vers l'avant, côté tranchant du côté recourbé.
Et le troisième était tout petit, il arrivait à l'épaule de celui au bec de corbin et portait nonchalamment un sabre japonais à la lame azurée, une lame de glace, il n'y avait pas de question à se poser là dessus.
Et aucun de leurs visage n'était visible, ils portaient tous une grande cape noir sur les épaules ainsi qu'un masque aux couleurs diverses pour leur cacher le visage. Les masques auraient pu leur rappeler carnaval si la situation était pas si grave.
« Ce village a abrité des étrangers, des rebuts de Weyard. Ils seront châtiés comme le veux la loi. Mais pour l'instant, nous avons autre chose à faire, n'est-ce pas, Maître Catastrophe? Commenta la personne avec le bec de Corbin, elle avait une voix féminine.
-Je suis on ne peux plus d'accord, Dame Charon. Répondit le plus petit des trois en soulevant son arme en signe de défi. Et vous, maître Dédale?
-J'veux juste les pulvériser, le reste, j'm'en fous. »
Et pour illustrer ses propos, sans prévenir personne, il donna un grand coup de sa massive arme vers le groupe. Il ne toucha personne mais l'onde de choc provoquée leur fit comprendre qu'ils devaient être très prudents face à lui.
Mais un homme rond ayant la capacité de réflexion d'une petite cuillère, c'est pourquoi Garet asséna un grand coup de hache sur le barbare, vite suivit de son partenaire Proxien à l'épée. Tous s'éloignèrent du lieu de combat des trois, cela devenait dangereux.
Alors que Sofia, Phoenixia, Cylia, Phylis et Lina s'attaquèrent à « Charon », Pavel, Vlad et Piers combattaient le plus petit des trois.
Toute la tension monta d'un cran, Les trois adversaires, non content d'être rompus au combat au corps à corps, étaient des maîtres psynergistes de haut niveau. Aucun de leur opposant aurait pu rivaliser pour la maîtrise de Psynergie.
Salamandar esquivait chaque fois la boule d'acier tournoyant près de lui. Roulé sur le côté, saut, il ne paraît jamais, au risque de se retrouver sans bras. Le fléau était en effet assez peu amicale pour qu'on s'y tienne à distance.
Ce mammouth n'était pas dangereux pour quelqu'un avec une notion en esquive. Ses mouvements étaient trop lents pour être inquiétants. Mais l'endurance de cette chose était terrible, l'homme lézard eut un instant l'impression de revivre son combat contre Agatio. En plus dramatique. On aurait dit que tout son corps était d'acier, même ses coups de poings renforcés par son éveil ne l'affaiblissait pas.
Plus loin, les filles tentaient de s'adapter aux gestes de la jeune femme mais c'était trop dur, elle était rapide et souple. Même les psynergies de Cylia passaient toutes à côté d'elle. Un moment, personne ne comprit comment, elle s'était retrouvée devant Lina à lui asséner un coup du bec de Corbin, lui provoquant une belle blessure sur son crâne. Et alors qu'elle allait porter le coup de grâce...
Une épée Tisiphone lui traversa l'épaule, la faisant hoqueter de surprise. Tous réagirent aussi, interloqués par cette trace noir leur cachant la vue du combat. Mais Phylis comprit, le néant, le croisement des dimensions. Quelqu'un du groupe avait cet éveil maximal?
Lina, en effet, avait plongé son bras droit dans une espèce de trou couleur encre pour le faire ressortir par celui derrière son adversaire.
« Un éveil de transfert dimensionnel! Tu es pas si nulle que cela toi... Commenta-t-elle en arrachant l'arme de son épaule et en pointant la sienne sur la gorge de Lina.
-Ce n'est pas un compliment, venant d'une bouse comme toi, grimaça la jeune mariée en regardant haineusement son interlocutrice.
-Kh, la bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe, gamine.
-Dis, cette remarque marche aussi pour les dindes? Ca t'irait mieux je pense. »
Mouchée, elle allait planter son « épée » dans la gorge de l'effrontée quand elle entendit un groupe de mots, Plasma Choc. Par instinct, elle matérialisa un mur de boue sur le chemin de l'attaque, ce qui bloqua totalement le choc électrique. Et sans que personne ne voit rien, Cylia se prit un coup de la lame dans l'épaule.
« Kh, j'ai mal visé. T'as de la chance blondinette. »
Cette fois, c'était au tours des guerriers de Val de n'y rien comprendre. L'attaque était venue de derrière... mais leur opposante était toujours devant elles toutes. Qu'est ce que c'était que ce merdier?
« Mon éveil maximal est le même que celui de votre copine, je peux créer comme des « tunnels ». J'entre par un bout du tunnel, j'en ressors de l'autre. Et cet autre bout peut être n'importe où. »
Plus loin, Alex, Ivan et Sarah courraient pour arriver au champ de bataille. La peur leur nouait le ventre, tout trois pouvaient sentir leurs compagnons faiblir. Dans combien de temps allaient ils s'écrouler? Leurs ennemis étaient si forts qu'ils pouvaient vaincre dix élites avec trois personnes seulement?
Fou d'inquiétude pour chacun d'eux, il fut soudain frappé de plein fouet, comme foudroyé. Une vision l'avait paralysé et il ferma les yeux pour visualiser ce que son esprit tentait de lui montrer.
Du sang, des morts. Il y avait ses compagnons à terre, baignant dans leurs sang, il pensait même pouvoir voir un mort ou deux parmi eux. Ivan était lui même par terre, le bras arraché en train de mourir. Et Sarah était là, à sangloter.
Elle esquivait les assauts de la jeune femme autant qu'elle le pouvait, sous le regard impuissant de son amant, puis quelque chose se passa, elle trébucha, elle s'écroula de fatigue ou qu'importe, elle tombait.
« NON! »
Ivan rouvrit brutalement les yeux en haletant. Ce n'était pas sa première vision mais c'était la première fois qu'il avait eu la nausée en en ayant une. Tout ceci lui remuait l'estomac, il prit soudain une décision immédiatement. Il ne DEVAIT PAS laisser la vision se réaliser, il devait tout faire pour l'en empêcher.
Il raconta sa vision en détail aux deux frères et sœur, n'omettant rien du tout. Tout deux furent choqués du massacre qu'il décrivait.
« Sarah, tu ne viens pas avec nous, mets-toi à l'abri. Affirma Alex d'un air grave. Il avait une tête que l'adepte de Jupiter ne lui avait jamais vu.
-C'est hors de question! Ivan, dans ta vision, tu dis qu'il y a des mourants, je dois les sauver!
-Ecoute Sarah... Ton pouvoir de soin est particulier. Sofia, Alex et Piers peuvent s'occuper des blessés, reste à l'arrière pour cette fois, juste cette fois, d'accord?
-Mais... Je veux pas rester en arrière, alors que tout le monde risque sa vie, je dois me battre aussi.
-Tu réfléchis deux secondes, Sarah? Si tu y vas, tu mourras! Les visions d'Ivan n'ont jamais faillit! Et c'est toujours sur de très courts laps de temps alors je refuse de mettre ma sœur en danger comme ça! » Rétorqua un Alex qui ne semblait plus accepter la moindre réponse négative.
Elle voulut protester plus longtemps, dire que ce n'était pas juste mais son amant était de l'avis d'Alex, elle devait s'y plier.
« Ivan, ne commets pas d'imprudences, promets le moi...
-Hé, tout ira bien. Je ne te laisserai jamais tomber, mon ange, tu le sais. »
Elle rosit légèrement en se souvenant de la chanson de son petit ami et poussa un tout petit rire nerveux. Cependant, toujours inquiète, elle posa ses lèvres sur celles du mystique dans ses bras qui approfondis doucement le contact, en lui caressant la tempe et en jouant avec la langue de sa partenaire.
Ivan sentait bien qu'elle avait envie de pleurer tellement elle avait peur pour eux. En réalité, lui même avait aussi peur de mourir en abandonnant Sarah, si bien qu'inconsciemment, il l'embrassa avec plus de force, plus de fougue, comme s'il était sûr de mourir. Il ne voulait plus qu'une chose, et elle aussi, montrer tout l'amour qu'ils avaient l'un pour l'autre dans ce baiser, peut être le dernier. Mais ils durent se décoller l'un l'autre, à regret.
Faisant un dernier signe à Sarah, il poursuivit sa course aux côtés de son frère, à elle. Plus ils avançaient, plus grandissait l'appréhension d'Ivan. L'énergie de ses compagnons oscillait entre la grosse fatigue et l'agonie.
Pour la suite, tout se déroula en une fraction de seconde. Les deux hommes arrivèrent sur le champ de bataille, virent Sofia se tourner vers eux, et soudain, une dague lui traverser la poitrine. Elle poussa un hoquet, interloquée, avant de s'écrouler dans le néant.
« A...Lex... »
