Disclamer :
Rien ne m'appartient, à part les idées tordues qui, je l'espère, feront de cette fic une histoire intéressante. La trame de fond (lieux, personnages, termes magiques -sauf les miens !-) est l'entière propriété de Mrs J.K Rowling (la veinarde !), et je ne touche rien pour faire profiter les lecteurs de mon imagination débordante (dommage… é_è).
Personnages que j'ai inventés :
- Employés du manoir d'Aylesbury :
Helen Norton (dite « Nounou Norton » pour Elina - veuve) : la nurse
Mildred O'Donnell (vieille fille) : l'intendante
Rosa Jones (célibataire) : la cuisinière
Loretta Samms (épouse de Gilford) : la femme de chambre
Gilford Samms : entretien du manoir, bricolage, améliorations, etc…
William Green (veuf) : vieux jardinier au grand coeur
- Elèves de Poudlard (amis d'Elina) :
- Sam Bright
- Malcolm Ross
- Deborah Wells
- Whitney Appleton
- (amis de Jeffrey) :
- Jake Doll
- Lucy Stenton
- Stuart Nelson
- Professeur à Poudlard :
- Isolda Saint-Clair - Maîtrise de la magie
Pour les reviews signées, je vous ai répondu en MP. Merci encore à Marion Snape 75 et Orpheana (juste un p'tit ajout depuis ma réponse : tu penses bien que si tu es la seule à réclamer le projet de fic dont je parle dans le chapitre précédent, je ne vais pas le faire -ou alors je le garde pour moi, ça ne me dérange pas plus que ça-. Sinon, je te l'envoie par mail. Quoi qu'il en soit, je te tiens au courant.
Arthemius Black, tu avances doucement mais sûrement !Je crois que tu as raison pour les défis. Il doit y avoir un endroit prévu pour ça dans le forum mais on ne peut pas les publier en tant qu'histoire. C'est bien dommage !
Frédérique, tu as reviewé deux fois mais j'espère que tu ne l'as lu qu'une fois ! xd. Merci pour tes compliments. Pour les publications, j'essaye de le faire une fois par semaine mais ça dépend de mes disponibilités, bien sûr. A bientôt pour la suite j'espère.
Bonne lecture à tous !
Chapitre 52 - Douloureuse délivrance
(Le courage consiste à savoir choisir le moindre mal, si affreux qu'il soit encore - Henri Beyle, dit Stendhal)
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Les Serpentard quittèrent les cachots plus en colère qu'ils ne l'avaient jamais été. Pour une fois, ce fut contre l'un d'eux que le professeur avait jeté son dévolu pour leur infliger sa rancoeur. Une élève avait superbement raté sa potion, ce qui avait provoqué une grande joie dans les rangs des Gryffondor, et Rogue n'avait rien trouvé de mieux à faire que leur sortir un sermon sur l'exemplarité qu'il était en droit d'attendre de sa propre maison. Cinquante points avaient été retirés de leur sablier et ils ne décoléraient pas en s'indignant dans les couloirs alors qu'ils se rendaient en cours de Défense Contre les Forces du Mal, sans s'apercevoir que leur directeur les suivait à quelques pas.
- Si seulement j'avais le pouvoir de maîtriser les quatre éléments comme ma mère, soupira Jeffrey. Je l'enverrais voler si haut dans les airs qu'on ne serait pas prêt de le revoir !
- Elle sait vraiment faire ça ? s'exclama Jake avec envie.
- Moi je ne suis pas sûre de vouloir posséder un don particulier, observa Lucy avec méfiance. Trop compliqué à gérer !
Rogue n'entendit pas la suite de leur conversation, leurs chemins se séparaient et il poursuivit le sien en se sentant mal à l'aise sans savoir pourquoi. Et tout à coup, il comprit. Peu de sorciers possédaient ce don et, à sa connaissance, une seule sorcière en était capable : Fiona. Mais comment cela était-il possible ? Après tout pourquoi pas. Elle avait disparu pendant dix ans, période durant laquelle il ne savait pas grand-chose, ou presque. Elle aurait pu avoir un enfant. Et ce fichu Potter qui détenait soi-disant un secret de la plus haute importance et qu'il s'était refusé à divulguer lorsque les membres de l'Ordre du Phénix avaient suivi le discours de Queudver, retraçant en image la renaissance de Fiona. Elle avait également refusé de répondre à toutes leurs questions à son retour, notamment lorsqu'avaient été évoquées les raisons d'une fuite aussi tardive. C'était ça. Ca ne pouvait être que ça. Fiona avait eu un fils !
Changeant de trajectoire, il décida de se rendre sans attendre dans le bureau de Dumbledore pour lui faire part de ses sombres déductions et avoir son avis. Si ça se trouvait, ce vieux fou en savait peut-être plus qu'il ne voulait bien l'avouer. Au pire, ce serait pour lui aussi une surprise de taille !
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La porte d'entrée claqua si fort que tout le monde sursauta.
- Loretta, auriez-vous laissé quelque chose d'ouvert pour provoquer un tel courant d'air ? lui demanda l'intendante.
- Grand Dieu non, Madame, se défendit la femme de chambre. Je suis sûre d'avoir tout fermé !
Rogue entra en trombe dans la pièce et, d'un regard circulaire, localisa aussitôt Fiona qu'il toisa avec fureur.
- Tu n'as rien à me dire, par hasard ?! rugit-il.
- Euh… Bonsoir ? tenta Fiona qui n'appréciait pas du tout la violence de cette entrée en matière.
- Laissez-nous ! intima Severus sans la quitter des yeux.
Les sorciers s'observèrent avec incompréhension mais se décidèrent à obtempérer. Le dernier à sortir referma doucement la porte et Rogue avança de quelques pas, le regard flamboyant d'amertume.
- Figure-toi que j'ai assisté à une scène vraiment surprenante ce matin, s'expliqua t'il enfin sans rien perdre de son animosité. Je remontais des cachots derrière un groupe de mes élèves qui se rendaient au cours suivant et quelle ne fut pas ma surprise d'entendre l'un d'eux se vanter auprès de ses camarades d'avoir une mère capable de maîtriser les quatre éléments. Or, c'est un don plutôt rare. L'identité de la mystérieuse inconnue est donc facile à deviner, mais je suppose que tu vas me dire que le nom de Jefferson Mansen t'est parfaitement étranger ?
Et voilà, c'était dit. Ce que Fiona avait tant redouté de devoir avouer depuis un peu plus d'un an perçait enfin au grand jour avec une hargne et une rage bien au-delà de tout ce qu'elle avait pu imaginer.
- Autre coïncidence troublante, poursuivit Severus sans la laisser répondre. Pour en avoir déjà discuté avec toi il y a treize ans, je sais que tu aurais donné ce prénom à ton fils en mémoire de ton père. Quant à Mansen, tu n'as pas été chercher bien loin pour falsifier sa véritable identité !
Fiona ne le regardait plus. Elle fixait l'horizon en s'efforçant de ne pas fondre en larmes.
- Je n'ai pas choisi de modifier son nom, dit-elle dans un murmure. Mais Jeffrey est bien mon fils, c'est vrai.
- Tais-toi ! tonna Rogue. Je ne veux rien savoir. Tu t'expliqueras demain avec Dumbledore. Il veut te voir à 15 heures dans son bureau.
Il virevolta et sortit en claquant la porte derrière lui.
- Comment a t'elle pu faire une chose pareille ! l'entendit-elle vociférer dans le couloir.
Des pas s'approchèrent de la porte.
- Oh non, Madame Norton ! J'interdis à quiconque d'aller lui parler ! Laissez-la ruminer sur ce qu'elle a osé faire, elle sera bien assez habile pour vous rallier à sa cause quand elle aura réfléchi assez longtemps sur la façon qu'elle choisira pour vous amadouer !
- Enfin, Monsieur Rogue. Expliquez-nous, sollicitait la voix de Mildred.
- Je regrette, Madame O'Donnell, s'obstinait Severus. Il y a des mots que je me refuse à prononcer pour l'instant !
Un pas lourd et déterminé s'éloigna dans le couloir. Rogue partit s'enfermer dans son laboratoire pour le reste de l'après-midi tandis que les employés du manoir se resserrèrent, bien décidés à découvrir ce qu'il en était avant l'heure du dîner.
Le visage d'Helen Norton se changea en une adorable mine conspiratrice mais inquiète et elle se mit à chuchoter pour leur faire part de son plan.
- Bon, il va falloir nous organiser. Nous n'avons pas beaucoup de temps. Mildred, nomma t'elle. Laissez-lui une heure et descendez pour essayer d'en savoir plus. Votre rigueur vous aidera sûrement à lui faire entendre raison. Servez-vous de l'harmonie indispensable entre les résidents de ce manoir pour assurer sa bonne marche, par exemple. Sans résultat de votre part, nous enverrons Rosa, désigna t'elle en pivotant vers la sorcière. Vous avez toujours partagé de nombreux sujets de conversations avec lui et inventerez bien un prétexte pour vous rendre à la crypte. Sans quoi, Gilford devra tenter sa chance. Votre jeunesse devrait être utile pour lui faire comprendre que vous ne savez pas grand-chose de la vie mais que, malgré cela, vous compatissez aux épreuves qu'il endure depuis des années. Il a toujours apprécié dispenser des conseils pour vous guider dans vos choix. Aujourd'hui, ce sera votre tour… Donnez-lui l'impression de vous lamenter sur son sort, vous saurez tourner ça à votre sauce je vous fais confiance. William, la sagesse de votre grand âge vous aidera à trouver les mots si Gilford n'arrive à rien et vous serez notre intervenant numéro quatre. Quant à moi, je lui assènerai le coup de grâce avant que l'heure du thé ait sonné s'il n'a pas lâché le morceau d'ici là, vous pouvez me croire ! termina t'elle en ponctuant sa phrase d'un geste appuyé du menton.
- Et pour Miss Mandelsen, s'émut Loretta. Qu'allons-nous faire ?
- Je crois que nous devrions nous abstenir de la déranger pour l'instant, suggéra la nurse en regardant la porte du salon d'un air triste et indulgent. Non pas pour obéir aux ordres de Monsieur Rogue, par Merlin, personne ne m'a encore jamais interdit de laisser parler mon cœur ! Mais, quoi qu'il ait pu se passer, elle doit avoir besoin d'être seule et je doute qu'un après-midi puisse suffire… Pour le moment, chacun retourne à son poste. …Allez, allez ! fit t'elle en agitant les mains pour les encourager.
La conspiration si savamment élaborée par Madame Norton fonctionna à merveille. Mildred parvint à préparer le terrain en calmant Severus de sa colère. Rosa lui embrouilla l'esprit avec un discours que personne n'avait vraiment compris tant elle s'était empressée de leur faire part de sa réussite. Gilford avait astucieusement évoqué la vie qu'il avait devant lui et dont il ne savait rien sur ce qu'elle pouvait bien lui réserver. Mais il était au moins sûr d'une chose : si elle devait être jalonnée d'obstacles, il se souviendrait les paroles d'un certain maître des potions qui lui avait assuré un jour qu'il était important de savoir surmonter les épreuves pour repousser le malheur dans ses derniers retranchements. Monsieur Green avait laissé s'exprimer son âme et adouci la ferveur des recommandations des autres sorciers. Quant à Helen, elle n'eut même pas à intervenir et tous savaient à présent que Fiona avait eu un enfant, que Severus lui reprochait de lui avoir caché son existence pendant tout ce temps et surtout, ne supportait ni ne comprenait comment elle avait pu s'enfuir en l'abandonnant aux mains de Voldemort. Pour couronner le tout, le portrait peu flatteur du jeune garçon que leur dressa Rogue au fil de ses aveux ne fut pas pour arranger les choses.
Et il n'était pas le seul à ne pas assimiler cette décision. Les sorciers étaient maintenant silencieux, mal à l'aise. Chacun cherchait dans le regard de l'autre une explication, un sens à une action qui leur paraissait inenvisageable tant la réputation du Seigneur des Ténèbres inspirait la terreur et le dégoût.
A l'heure du dîner, tous s'installèrent autour de la table dans un silence pesant que seul Severus finit par rompre.
- Rosa, je dois retourner à Poudlard tôt demain matin, l'informa t'il. Ne m'attendez pas pour le déjeuner. Je vous préviendrai suffisamment à l'avance si je rentre dîner.
- B… bien, Monsieur, répondit la sorcière hésitante.
Fiona comprit que c'était le moment ou jamais d'éclaircir quelques points car elle ne le reverrait pas de toute la soirée. Et puisqu'il serait absent le lendemain…
- Avant de voir Dumbledore, j'ai besoin de savoir si vous avez déjà parlé à Jeffrey, se risqua t'elle en tentant d'apporter une certaine assurance au ton de sa voix.
Mais Rogue rejeta sa demande avec fureur.
- Ne m'adresse pas la parole ! Je ne veux pas t'entendre. Je ne veux même pas te voir !
Et c'était vrai. Aussitôt les derniers mots prononcés, il avait baissé les yeux sur son assiette. Fiona fit de même. Elle venait de prendre une grave décision et mit un temps fou à poser sa serviette sur la table, comme si ce geste ne lui permettrait aucun retour en arrière une fois qu'il serait accompli. Elle se leva et quitta lentement la salle à manger sous les regards fuyants des autres sorciers.
Le vestibule plongé dans la pénombre lui apparut étrangement sombre et impersonnel. Fiona prit une cape au hasard sur le portemanteau de l'entrée et sortit dans la fraîcheur du soir.
Marcher. Errer sans but, tout simplement. C'est la seule chose dont elle avait envie à cet instant. Ses pas finiraient bien par la guider quelque part. Peu importait l'endroit ou la distance à parcourir.
Elle passa les protections et s'éloigna du domaine en longeant la route qui conduisait au village. Les rues étaient désertes. Seules les fenêtres éclairées témoignaient encore d'une vie à l'intérieur des habitations, ainsi que quelques chats errants qui renversaient des poubelles et s'enfuyaient en se chamaillant leur maigre butin.
Le village dépassé, Fiona poursuivit son chemin et marcha pendant deux heures tandis qu'au manoir, Gilford Samms s'étonnait que sa cape ait disparu de la patère de l'entrée. Il fut suggéré que Fiona avait dû s'en couvrir pour aller passer un moment dans le parc, qu'il était préférable de la laisser en paix, et le jeune sorcier se résigna à rentrer chez lui vêtu de son seul pull-over.
Après tout, les dépendances n'étaient pas si loin…
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Elle n'était pas pressée. Fiona avait dû parcourir déjà 6 kilomètres et s'apprêtait à aborder une route au trafic plus dense. Le bas-côté de la chaussée était encore trempé des pluies tombées la veille que la grisaille de la journée n'avait pas réussi à assécher.
Trois voitures se succédèrent et Fiona identifia ensuite le grondement sourd d'un camion. Elle se retourna pour évaluer sa distance et décida de s'écarter de la route en prenant conscience que sa cape noire surmontée d'une capuche ne permettait pas aux automobilistes de percevoir distinctement sa présence. Mais trop tard. Le poids lourd traversa une flaque d'eau que les roues de sa remorque projetèrent sur Fiona. Elle s'en trouva souillée de la tête aux pieds.
- Aaahhhhooooww ! Vous ne pouvez pas faire attention ! hurla t'elle folle de rage.
Fiona se débarrassa de l'eau boueuse d'un revers de la main. Le chauffeur arrêta son camion en profitant d'un espace plus large sur l'accotement et la vitre du conducteur s'abaissa, laissant échapper un halo de vapeur qui s'épaississait au rythme de la respiration d'un homme dont le visage apparut brusquement.
- S'cusez-moi ma p'tite dame. Je ne voulais pas vous éclabousser. Je peux vous aider pour me faire pardonner ?
Puisqu'elle disposait d'un moyen de transport qu'elle n'avait pas envisagé, Fiona eut soudain une idée.
- J'ai besoin de remonter vers le Nord, répondit-elle.
- Glasgow, ça vous ira ?
- Ce sera parfait.
- Très bien, alors montez. Nous devrions y être dans 3 ou 4 heures.
La chaleur de la cabine enveloppa Fiona d'une douceur inespérée. Elle ne s'était pas rendue compte à quel point le froid était mordant dehors et elle enfonça ses mains glacées dans ses manches.
- Vous n'êtes pas si trempée que ça, fit remarquer son voisin. Au bruit des pneus dans l'eau, j'aurai juré vous avoir inondée.
- Non, admit Fiona qui ne pouvait pas avouer qu'elle s'était débrouillée toute seule. Il y a eu plus de peur que de mal.
Le camion s'ébranla le temps de retrouver la dureté du bitume et prit peu à peu une allure tranquille.
- Vous avez une drôle de manière de vous habiller, observa le conducteur d'un bref regard en coin.
- Je reviens d'un bal masqué mais j'ai crevé une des roues de mon carrosse en tentant de rentrer au palais, répliqua Fiona assez sèchement.
- Jolie façon de me faire comprendre que je ferais mieux de me mêler de mes affaires.
- Ne m'en veuillez pas. Je n'ai pas eu une très bonne journée, se justifia t'elle, sincèrement désolée.
- Ce n'est rien. C'est plutôt moi qui devrais m'excuser de m'être montré indiscret.
- Vous travaillez la nuit ? demanda Fiona pour lancer la conversation.
- Ouais. C'est plus pratique pour transporter des marchandises. Vous savez ce que c'est : moins de voitures, les routes dégagées à perte de vue, la fausse impression qu'on a tout son temps devant soi. Et au bout du compte, le visage enjoué de mon patron qui trouvera son chargement livré en temps et en heure alors que ce scélérat sortira tout juste de son lit.
Fiona sourit. Le chauffeur lui parla encore un moment des difficultés de son métier. Il évoqua également ses bons côtés et les 4 heures qui les séparaient de l'Ecosse passèrent au fil d'autres sujets sans que l'un et l'autre ne s'en aperçoivent réellement.
- Nous y voilà, annonça l'homme en garant son poids lourd sur un parking désert.
La nuit était encore sombre et Fiona descendit du camion à la lueur des réverbères. L'homme était resté discret tout au long du trajet. Pourtant, son expérience en matière d'auto-stoppeurs lui avait très vite fait comprendre que Fiona faisait partie de ceux qui fuient ou qui cherchent quelque chose.
- Savez-vous au moins où vous allez ? s'intéressa t'il.
- Sur l'île d'Islay, répondit Fiona.
- Vous en êtes encore loin. Vous ne voulez pas boire quelque chose de chaud ou manger un peu pour préparer votre route ? Il se peut que vous ne croisiez personne avant l'aube….
- Non, je vous remercie, refusa t'elle. J'ai dîné il n'y a pas si longtemps et j'ai moins froid maintenant. Merci aussi pour le voyage, termina t'elle en le gratifiant d'un sourire sincère.
- De rien. J'espère que vous trouverez ce que vous semblez chercher.
- Merl…, Dieu vous entende, se reprit-elle de justesse.
Elle referma la porte sur le visage compréhensif du conducteur et traversa la place d'un village complètement endormi. Le moteur du camion se mit à nouveau à ronfler et Fiona l'écouta jusqu'à la dernière seconde.
Après s'être assurée qu'il était hors de vue, elle sortit sa baguette magique et l'agita dans les airs. Cette fois, ce fut une sorte de pétarade qui perça la nuit sans sons et un gigantesque Magicobus violet freina juste à temps pour l'éviter.
- Vous avez fait appel au moyen de transport magique le plus magique qui soit ? chantonna joyeusement Stan Rocade en descendant sur le marchepied.
- Euh… oui, confirma Fiona. Mais je ne sais pas si vous desservez les îles.
- Si elles sont anglaises, y pas d'problème, assura t'il. Montez…
- Nous avons déjà eu l'occasion de vous compter parmi nos clients, il me semble, observa le chauffeur. Ça fait un bail, mais je me rappelle assez bien de vous.
- En effet, reconnut Fiona qui avait pris le Magicobus en revenant d'Albanie. Monsieur Danldécor, c'est bien ça ? crut-elle se souvenir.
- Hum… Danlmur, rectifia le jeune Stan à sa place en se retenant de rire. Mais ce n'est pas grave, hein. Ça revient au même, pas vrai, Ern ? se moqua t'il en lui assénant une tape sur l'épaule.
Fiona marmonna de vagues excuses gênées pour son étourderie et s'installa en acceptant finalement un chocolat chaud qu'elle paya en même temps que son billet. Son précédent compagnon de voyage n'avait pas tort. Elle n'aurait peut-être pas la possibilité de boire ou manger avant un moment, mieux valait donc prendre les devants.
Comme elle s'y attendait, la traversée en direction de l'île se fit par la voie des airs. Ce qui lui parut nettement plus confortable que les cahots de la route et la façon si particulière qu'avait le Magicobus d'amorcer les virages. Puis, le bus se posa enfin au beau milieu d'une plaine.
- Val d'Islay ! annonça Ernie en freinant brusquement.
Le lit sur lequel Fiona s'était assise glissa vers l'avant en même temps que les autres et elle se retrouva juste devant la porte centrale du véhicule.
- Village sur votre gauche, vallée sur votre droite, falaises en face, désigna Stan Rocade en parfait guide touristique. C'est bien entre les trois que vous souhaitiez arriver ?
- Oui, confirma Fiona en descendant à terre.
Elle eut tout juste le temps de répondre distraitement à un signe de la main du jeune employé avant de voir le bus disparaître sous son nez.
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Fiona pivota sur elle-même. Elle retrouvait la lande si chère à son cœur, battue par les vents d'Est, et se gorgea de l'odeur des bruyères qui emplissaient l'air avec en fond, l'âcre parfum de la tourbe.
Elle se dirigea avec lenteur vers les falaises en retroussant les longs pans de ses vêtements pour escalader les roches. Les instants merveilleux qu'elle avait passés ici avec Severus lui revenaient en mémoire, mais les images s'entrecoupèrent bientôt avec le visage de Jeffrey. Lui-même se mêlait à des années d'angoisse si longtemps supportées en attendant dans la crainte de voir ce que Voldemort allait décider pour cet enfant. A cela venaient s'ajouter les inondations, les avalanches, les tremblements de terre, les incendies, les centaines de corps inertes que Fiona n'avait su épargner.
Puis, les longs mois qu'elle avait passés à élaborer son évasion pour réduire à néant toutes ces années de souffrance submergea ses dernières visions. Et pour finir, la douleur d'une mère contrainte d'avoir abandonné son fils acheva de nourrir ses tourments.
Pourtant, Fiona était persuadée d'avoir fait le bon choix, seulement personne n'était prêt à saisir le sens de son action. Et son âme, tantôt chargée de remords et de doutes, tantôt regonflée d'espoir et de certitudes, ballottée sans cesse dans une cruelle intermittence, se perdit finalement dans un abîme qui ne faisait qu'anéantir un peu plus le courage qu'elle croyait enfin revenu.
Elle s'arrêta au sommet d'un vallon car soudain, elle la vit. La mer, puissante et capricieuse, s'étendait à ses pieds. Déchaînée comme au premier jour où elle avait fait sa connaissance. Elle avança jusqu'au bord de la falaise. Comme il serait facile de se laisser glisser jusqu'à elle ! songea Fiona. Elle accomplirait si bien ce qu'elle n'avait pas la volonté de faire. Qu'importe les esprits étroits qui ne sauraient jamais la comprendre. Qu'importe Rogue et son fichu caractère qui souhaitait le pardon pour lui-même mais n'accordait aucune valeur à celui des autres. Qu'importe Dumbledore et sa sagesse légendaire qui se réduisait à peu de chose lorsqu'il fallait affronter l'hors du commun. Qu'importe les heures d'ennui qui s'écoulaient au manoir ou celles qui se transformaient en faux-semblant quand elle travaillait au Ministère. Il n'en était rien, bien sûr, elle adorait son travail mais en cet instant de déprime c'est ainsi que Fiona voyait les choses. Et aujourd'hui, elle n'aurait rien regretté s'il avait fallu qu'elle prenne la décision de quitter toutes ces contraintes.
Une décision de plus, se dit-elle. Mais, une fois encore, elle fut incapable de la prendre et préféra longer la côte pour rejoindre la crique qu'elle savait être proche. S'éloigner des récifs pour ne pas céder à la tentation lui paraissait primordial et elle retrouva le sable blond abrité des vents que les vagues venaient caresser avec une infinie douceur.
Le rocher sur lequel ils s'étaient adossés avec Severus lors des journées de liberté qu'ils s'étaient accordées du temps où elle vivait à Poudlard, se dressait toujours au même endroit et Fiona vint s'allonger tout près. Elle recouvrit ses chevilles de sa robe, arrangea consciencieusement les pans de sa cape pour s'en couvrir chaudement, protégea son visage en rabattant davantage les bords de son capuchon, et s'endormit à l'heure où l'aube pointait à l'horizon.
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Au manoir, chacun s'apprêtait à entamer une journée difficile. Rogue retrouva ses employés rassemblés dans le vestibule et dont les éclats de voix agités avaient attiré son attention depuis l'étage. Rien qu'à voir l'anxiété excessive que Loretta arrivait à peine à contenir, il comprit tout de suite que quelque chose n'allait pas.
- Que se passe t'il ? demanda Severus en s'arrêtant à leur hauteur.
- Il y a que la cape de Gilford n'est toujours pas revenue, commença Madame Norton. Et nous nous demandions si Miss Mandelsen était bien rentrée.
- Elle a dû s'assoupir dans l'un des kiosques, supposa Monsieur Green.
- A moins qu'elle se soit couchée toute habillée, tempéra Gilford en prenant sa femme par la taille pour la rassurer.
- Tout de même, la maison est très bien chauffée, objecta Loretta en tapotant le coin de ses yeux d'un mouchoir. Non, je ne crois pas, Guil. Tu dois te tromper.
- Loretta, intervint l'intendante. Reprenez-vous et montez voir si elle est dans sa chambre, je vous prie.
- J'y vais Madame, accepta t'elle en titubant vers l'escalier.
- C'est de ma faute, se culpabilisa Severus. Je n'aurais jamais dû lui dire que je ne voulais plus la voir.
- Ne vous en veuillez pas, Monsieur Rogue, le disculpa la nurse. Sachez simplement que les femmes ont une fâcheuse tendance à prendre certains mots au pied de la lettre et celle-ci n'échappe pas à la règle.
Loretta redescendit aussi vite qu'elle était montée.
- La chambre est vide là-haut, se morfondit-elle en triturant ses mains nerveusement.
- Par Merlin, est-il possible qu'elle soit vraiment partie ? s'angoissa Mildred.
- Pensez-vous qu'elle ait pu retourner en Albanie ? renchérit la cuisinière.
Cette remarque, peu probable mais percutante, mit tout le monde mal à l'aise et devant les visages inquiets et, maintenant, les suppositions hasardeuses qui prenaient peu à peu la tournure d'une catastrophe annoncée, Rogue décida de prendre les choses en main.
- Monsieur Green, désigna t'il. Allez inspecter le jardin. Gilford et Rosa, aidez-le. Mesdames, continua Severus en se plaçant face à la nurse, la femme de chambre et l'intendante. Vérifiez chaque pièce de la maison, je me charge du sous-sol… Je veux un rapport complet de vos investigations ici même, dans un quart d'heure.
Les sorciers partirent chacun de leur côté mais le temps imparti ne changea en rien la situation : Fiona restait introuvable.
- Apportez-moi une carte de la région, réclama Madame Norton. Je vais chercher mon pendule.
Le petit groupe se réunit dans la cuisine et une vieille carte routière fut déployée sur la table. Helen s'installa confortablement sur une chaise. Elle agita son pendule en commençant par lui faire survoler l'emplacement où le manoir aurait dû être indiqué, puis le parc, et poursuivit au-delà du domaine jusqu'aux villages voisins. Mais rien. La nurse relâcha sa concentration en soupirant de découragement.
- Mildred, Rosa, aidez-moi, se reprit-elle aussitôt. A nous trois, nous aurons peut-être plus de chance…
Les trois sorcières se prirent les mains et le pendule fut à nouveau sollicité.
- Ne pensez-vous pas que ses pouvoirs pourraient interférer ? suggéra Monsieur Green.
- Non, rejeta catégoriquement la nurse. La terre, l'eau, le feu et l'air qu'elle représente ne primeront pas sur sa condition physique. Il est impossible qu'elle se confonde totalement avec ces éléments car c'est avant tout un être humain.
Une fois encore le résultat fut peu probant et l'idée d'une recherche par le pendule fut définitivement écartée.
- Bon, ça suffit, trancha Severus. Je fonce voir Dumbledore. Prévenez-moi si vous avez du nouveau.
Il utilisa la cheminée de la bibliothèque, traversa rapidement le collège à son arrivée et trouva le vieux sorcier assis derrière son bureau.
- Je vous attendais, Severus, l'accueillit celui-ci en s'étonnant de l'étrange expression de son visage.
- Nous avons un problème, Monsieur le directeur. Si Fiona n'est pas ici, nous supposons qu'elle a disparu.
- Disparu ? Expliquez-vous, mon cher.
Rogue relata les faits survenus au manoir depuis la veille et termina par les premières mesures infructueuses qui venaient d'être prises.
- C'est vraiment très fâcheux, observa Dumbledore à l'issue du discours. Nous allons commencer par inspecter le château dans son ensemble puisqu'elle devait venir. Si cette première étape ne donne rien, je prendrai d'autres dispositions.
Rogue le vit sortir un morceau de parchemin d'un tiroir de son bureau et prononcer une formule à voix basse. Il connaissait cette vieille relique, mais restait incapable de se souvenir dans quelles circonstances il avait été amené à voir cet objet magique.
- C'est un cadeau que m'a fait Harry avant de quitter le collège, précisa le directeur en voyant Severus froncer les sourcils. Il est étonnant de voir à quel point les étudiants de cette école peuvent regorger d'ingéniosité…
Le plan du château apparut et, plus encore que les moindres recoins de Poudlard qui se dessinaient peu à peu, Rogue fut surtout surpris par l'un des noms qui s'était inscrit en lettres vertes avant que le plan ne survienne. Que pouvait bien faire celui de Queudver sur une carte élaborée à l'évidence par des élèves peu scrupuleux des règlements du collège ?
Quatre noms… Quatre… Quatre… Quatre sorciers capables de… Dont le fameux Queudver… Soudain, il comprit et en serra les mâchoires et les poings de colère. Pendant sept ans peut-être, Potter avait pu surveiller toutes les allées et venues du château grâce à l'arrogance, le manque de scrupules, la désobéissance innée à l'ordre établi de son satané père et de ses trois camarades qui n'avaient fait que passer leur temps à n'en faire qu'à leurs têtes !
Mais l'image de Fiona lui revint à l'esprit et il se dit qu'il se morfondrait plus tard sur les injustices de ce monde cruel qu'était celui de la magie. Dumbledore était penché sur le plan qu'il étudiait minutieusement et Severus s'inclina lui aussi pour lui prêter main forte.
Tous les étages furent inspectés, chaque parcelle du parc explorée en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, et Rogue dut bien se rendre à l'évidence : la précision infaillible de la carte -qui s'avérait être extraordinaire, il devait bien le reconnaître-, n'annonçait rien de bon.
- Elle n'est pas au château, j'en ai bien peur, en conclut le vieux sorcier en se redressant. Dans ce cas, je ne vois qu'une seule solution. Je vais envoyer le meilleur Auror que nous ayons à sa recherche. Les moyens dont ils disposent sont notre unique chance. Harry Potter ne refusera pas de nous apporter son aide et nous n'avons pas d'autre choix que de fonder tous nos espoirs en lui.
- Je dois vous prévenir qu'un de mes employés a soumis l'idée qu'elle puisse être retournée en Albanie, l'avertit Severus. Sincèrement, je n'y crois pas beaucoup mais, s'il en était ainsi, Potter se verrait prendre des risques considérables s'il venait à s'y rendre. Ne pensez-vous pas qu'il serait plus prudent que je me charge d'essayer d'en savoir plus avant d'arriver à une telle extrémité ?
Dumbledore émit un souffle presque amusé mais surtout, accablé.
- Avons-nous seulement le temps d'avoir recours à plusieurs sortes d'investigations, Severus ?
- Je n'en ai pas la moindre idée, Monsieur.
- Justement, moi non plus, soupira Dumbledore. Cela dit, vous avez raison. Harry devra redoubler de vigilance mais il est inutile de vous mettre en danger inconsidérément. Laissons-lui un jour ou deux et ensuite, nous aviserons… Je me charge de le contacter.
Il se leva, traversa son bureau et alla se placer devant le portrait d'une sorcière occupée à se limer les ongles au coin d'un feu ardent.
- J'ai entendu…, fit-elle nonchalamment avant même que Dumbledore n'ait eu le temps d'ouvrir la bouche.
Il se ravisa, un léger sourire aux lèvres et retourna s'asseoir tandis que la sorcière disparaissait de son côté. Dix minutes plus tard, Harry frappait à la porte.
- Vous m'avez fait appeler, professeur ? salua t'il en venant serrer la main de Dumbledore. Monsieur Rogue…, ajouta t'il en restant à l'écart.
- Potter…, répondit Rogue.
- En effet, Harry, confirma Dumbledore. Severus vient de m'annoncer que Miss Mandelsen avait quitté Aylesbury hier soir et qu'elle n'était toujours pas rentrée. Hormis le manoir ou ce collège, les possibilités d'un refuge pour elle sont plutôt réduites et, malheureusement, nous n'excluons pas qu'elle ait pu retourner en Albanie.
Harry étudia le visage des deux hommes, une étrange lueur dans les yeux.
- Non, rejeta t'il sans détour. Il n'y a rien là-bas qui puisse la retenir.
Ce fut au tour de Rogue et de Dumbledore d'échanger un regard significatif.
- Si tu parles de son fils qu'elle aurait pu vouloir rejoindre, présuma le vieil homme. Effectivement, nous nous raccrochons à l'espoir qu'il constitue une raison suffisante pour qu'elle n'ait pas quitté l'Angleterre puisqu'il est scolarisé ici depuis cette année.
- Vous savez pour son fils ?! s'étonna Harry.
- Nous avons découvert son existence hier matin, confirma Dumbledore en observant l'Auror par-dessus ses lunettes.
Harry était inquiet. La révélation de l'existence de l'enfant avait dû être un choc pour tout le monde. A commencer par Fiona car, connaissant Rogue, il était évident à présent qu'une dispute avait certainement éclaté et qu'elle était la cause de son départ.
- J'ai besoin de savoir ce que vous lui avez dit, fit Harry en se tournant vers Severus.
- Je ne crois pas que…
- Ce que vous croyez m'importe peu, Monsieur Rogue. Apparemment, vos suppositions ne vous sont pas d'une grande utilité puisque vous avez besoin d'aide. Nous n'avons pas beaucoup de temps et l'influence des mots peut être un début de piste que je ne peux pas me permettre de négliger.
Les yeux de Severus se plissèrent en deux fentes tant il était vexé de se voir être ainsi rabroué mais il reprit les termes exacts échangés la veille et Harry se conforta dans l'hypothèse d'une querelle à laquelle il venait de songer.
- Et ça fait douze heures…, récapitula t'il pour lui-même.
Les deux hommes lui laissèrent le temps de réfléchir.
- Harry, reprit ensuite Dumbledore. Je m'oblige à penser que Poudlard reste une destination privilégiée mais que peut-être Miss Mandelsen a volontairement choisi de ne pas utiliser de moyens de transport magiques pour se donner le temps de faire le point avant de prendre certaines décisions. Cependant, peux-tu au moins nous dire si elle est encore vivante… ?
Le mot terrible était enfin prononcé.
- Je ne perçois rien, Monsieur, réfuta l'Auror. Cela dit, il est encore trop tôt pour s'alarmer car votre suggestion est tout à fait envisageable. Si elle est en chemin, la distance qui la sépare de nous est sans doute trop grande pour que je puisse la localiser avec précision.
Ces quelques mots étaient censés rassurer les trois sorciers mais l'atmosphère lourde qui planait dans la pièce ne trompait personne.
- Je pars…, indiqua simplement Harry en tournant les talons.
- Quant à moi, je retourne au manoir au cas où il y aurait du nouveau, signifia Severus.
- Je ne bouge pas d'ici, termina Dumbledore. Harry, si tu as besoin d'une aide supplémentaire, n'hésite pas…
Il confirma silencieusement et eut un regard compatissant envers son ancien professeur de potions dont la colère à son égard semblait s'être apaisée.
-.-.-.-.-.-.-
Au manoir, la pression de l'attente était à son comble. Personne n'avait revu Fiona. Pour la première fois depuis longtemps, le visage de Monsieur Green s'était éteint de son sourire bienveillant. Gilford faisait les cent pas dans la cuisine. Rosa Jones baissait fréquemment les yeux sur la table qu'elle contemplait d'un regard vide. Madame O'Donnell, quand elle ne pinçait pas les lèvres, soupirait souvent d'inquiétude. Loretta, dont l'émotivité était inconsolable, en tremblait encore et les propos qu'on échangeait rarement devinrent si alarmants que Madame Norton jugea bon d'intervenir.
- Cessons de nous perdre dans des conclusions hâtives, voulez-vous, imposa t'elle. Rosa, préparez donc un peu de camomille pour cette pauvre Loretta. Gilford, vous devriez vous asseoir. Les kilomètres que vous venez de parcourir au cœur même de cette cuisine ne changeront rien. Quant à nous tous, nous ne devons pas perdre de vue que Miss Mandelsen est une femme courageuse et qu'elle a deux bonnes raisons de vouloir se raccrocher à la vie : ses enfants. Même si nous ne savons rien de son fils, c'est une mère attentionnée qui ne laissera pas ce garçon affronter seul les épreuves qu'il va devoir traverser. Pour elle, ce n'est qu'une bataille de plus à laquelle elle doit se préparer et nous la connaissons assez bien pour savoir que, lorsqu'elle se relèvera, rien ne pourra l'arrêter.
Les visages hagards accueillirent cette longue tirade avec un optimisme réservé. Helen n'avait pas tort mais Fiona était-elle aussi solide que les apparences le laissaient entrevoir ? Rien n'était facile pour elle depuis un an. Même les retrouvailles avec sa fille n'étaient encore qu'une relation fragile et un tourment de plus dans sa vie déjà compliquée pouvait très vite prendre une ampleur dont personne n'était en mesure d'estimer la portée.
Le bruit de la porte d'entrée qu'on venait d'ouvrir ébranla le peu de confiance que les sorciers avaient à peine retrouvée grâce aux efforts de la nurse car c'est Rogue qui s'arrêta sur le seuil de la cuisine. Au premier coup d'œil, il comprit aussitôt que la situation n'avait pas évolué et tous les regards s'étaient tournés vers lui, interrogatifs et toujours aussi inquiets.
Pour ne pas attiser l'angoisse de ses employés inutilement, il leur raconta en détail la conversation qui venait d'avoir lieu dans le bureau de Dumbledore et les visages retrouvèrent quelques couleurs de savoir qu'Harry était déjà en chemin.
- Je ne peux pas rester là à ne rien faire, conclut Severus. Je vais aller dans mon bureau et me servir de la cheminée pour interroger les sorciers chez qui elle aurait pu se rendre. Madame Norton, reprenez vos recherches avec votre pendule le plus régulièrement possible, s'il vous plait.
- Bien sûr, Monsieur. D'ailleurs, cela fait deux heures que nous n'avons rien tenté, observa t'elle en se penchant à nouveau sur la carte.
Ces maigres instructions eurent au moins l'avantage d'occuper les esprits et faire renaître l'espoir.
J'aimerais avoir votre avis. Non pas pour collectionner les reviews (vous pouvez le faire en MP si vous ne voulez pas quelles apparaissent), mais juste pour savoir ce que vous pensez de l'évolution de l'histoire, de sa vraisemblance, etc…
Bises à tous et à bientôt !
