Il était sur un nouveau monde ! Un nouveau monde plein de choses inconnues !
Après quelques longues minutes de lutte intérieure, n'y résistant plus, il se mit en route. Il fallait qu'il voie par lui même ce monde carrefour et ses merveilles !
Un petit groupe de maisons, dont presque toutes abritaient un commerce au rez-de-chaussée, se blottissaient les unes contre les autres à quelques dizaines de mètres à peine de la Porte.
Les vitrines étaient pleines de toutes sortes de denrées et d'objets fascinants pour lui. Là, une boulangerie exhibait une multitude de pains et brioches, ici la devanture d'un fabricant de jouets chatoyait des mille couleurs des poupées, automates et autres masques qu'il vendait.
Il passa de longues minutes à observer un forgeron battre le fer rougeoyant d'une pointe de lance, et encore plus à observer une femme tissant sur un immense métier une couverture de laine aux motifs intriqués.
Les rues étaient pleines de monde, et pourtant personne ne semblait faire attention à lui, ce qui lui convenait très bien. Restant tout de même sur ses gardes, il s'approcha de la boutique du facteur d'arcs.
Posés sur de simples support de bois, toute une série d'arcs, avec des carquois assortis, ornaient la devanture. Derrière, il entrevit la boutique, dont les murs lambrissés étaient couverts d'autres arcs, des paniers emplis de flèches posés un peu partout, et le propriétaire -un humain musculeux avec une énorme moustache- occupé à inspecter un petit arc de bois sombre.
« Si vous aimez les arcs, vous devriez entrer : Orgast adore parler de ses armes, même si vous ne comptez pas acheter .» déclara une voix juste à côté de lui, le faisant sursauter.
Il sentit son sang se glacer, alors qu'un homme massif, aux longs cheveux noirs, l'observait tranquillement, attendant sa réponse.
Il ne pouvait pas répondre, sa voix le trahirait immédiatement, mais il ne pouvait pas non plus déguerpir sans demander son reste, ce serait trop suspect.
Secouant vigoureusement la tête en signe de dénégation, il partit d'un pas aussi rapide que possible pour ne pas avoir l'air de fuir, avant de se réfugier dans une ruelle déserte.
Fermant les yeux, il respira à deux ou trois reprises, profondément, pour se calmer. Il avait été imprudent, et cela aurait pu très mal tourner ! Il se promit de ne pas recommencer de sitôt.
Son enthousiasme douché, il se mit en quête d'un coin tranquille d'où surveiller la sortie de « L'Ours bleu ». Une écurie à moitié effondrée à quelques mètres de l'entrée de la taverne lui procura l'abri nécessaire pour pouvoir observer non seulement l'entrée du bâtiment, mais également toute la rue et un bout de la place au-delà.
Assis sur une vieille balle de foin à moitié pourrie, il épiait les alentours lorsqu'il remarqua un humain singulier.
L'homme semblait se détacher de la foule environnante, tant par son aura que par sa mise d'un luxe délavé. Il avançait dans la rue à pas rapides et alertes, la main jamais bien loin du sabre qu'il portait au côté et le regard méfiant, ne s'arrêtant que le temps de faire quelques brefs achats dans certaines boutiques. Il émanait de lui quelque chose de sauvage, qui évoqua à Tom une bête traquée, et aiguillonna sa curiosité et son instinct de prédateur.
Il se glissa hors de sa cachette et remontait la rue afin de suivre l'humain à bonne distance, lorsqu'une main sur son épaule lui fit pousser un petit grondement effrayé.
« Calme-toi ! C'est moi. On a une piste ! » souffla Liu, alors qu'il se retournait, prêt à se défendre.
« Quoi ? » gronda-t-il, l'homme oublié.
« D'après ce que Kelmer a entendu dire, il y aurait un coureur qui serait arrivé ce matin en ville. » expliqua l'adolescente.
« Mais il ne sait pas s'il est encore là, les coureurs ne restent jamais plus de quelques heures » ajouta Jiu.
« Et le problème, c'est qu'il ne sait pas à quoi il ressemble. »
« Moi je sais... Je le suivais juste avant que vous arriviez. » siffla Tom, triomphant.
«A quoi il ressemble ? »
« Un humain, un peu plus vieux que Lektor, avec une petite moustache, un sabre et des vêtements voyants en soie usée. »
« Comment tu sais que c'est lui ? » demanda Jiu tout en se hissant sur la pointe de ses pieds pour observer la foule, en vain.
« Il avait le comportement d'une bête traquée. »
« Là-bas ! » hurla Liu, avant de se précipiter en courant de l'autre côté de la place, suivie de près par les deux adolescents.
Sans hésiter, elle s'engouffra dans une ruelle obscure, avant de s'arrêter, surprise de la trouver vide.
« Où est-iiii... » commença-t-elle avant de se figer, alors que la pointe d'un sabre lui piquait le dos.
Jiu poussa un hurlement terrifié, alors que sa sœur commençait à trembler de peur.
Quant à lui, il sentit une rage puissante monter en lui. Qui était cet humain pour s'en prendre ainsi à ses amis ?
« Pourquoi me suivez-vous ? » gronda l'homme.
« Ne tuez pas ma sœur ! Je vous en supplie ! » gémit Jiu, à peine compréhensible entre ses sanglots.
L'homme blêmit un peu en se rendant compte qu'il avait en face de lui un garçon en larmes et sa sœur à peine plus âgée.
« Toi, la grande perche, je veux voir tes mains ! » gronda l'humain à son intention.
Craignant pour la vie de son amie, il leva les mains sans hésiter.
« Pourquoi vous me suiviez ? » répéta l'homme, tout en baissant un peu son sabre.
« On cherche quelqu'un et on s'est dit que vous pourriez peut-être nous aider .» gémit Jiu, étrangement plus réactif que sa sœur pour une fois.
« Je ne peux aider personne, allez-vous-en ! » gronda l'homme, baissant encore davantage son arme.
« Vous êtes un coureur, non ? »
« Je vois que les nouvelles vont vite... » s'agaça l'homme.
« On cherche notre maman, c'est aussi une coureuse. Elle s'appelle Rosanna » déclara Liu, reprenant ses esprits.
L'homme pâlit.
« Elle ne m'a pas dit qu'elle avait des enfants .» marmonna l'humain.
« Vous connaissez Rosanna ?! » s'écria-t-il avant de réaliser avec horreur son erreur, tandis que l'homme, d'un bond agile, se jetait sur lui.
Il eut à peine le temps d'esquiver le coup de sabre, qui ne fit que lui entailler légèrement le bras.
Il entendit comme de très loin Liu hurler de peur, tandis qu'il esquivait un nouveau coup en sautant entre les jambes de l'homme, soudain terrifiant de par la haine froide qui sourdait de lui.
Il était désarmé, et n'avait jamais été très doué pour se battre : contre un coureur, une proie sélectionnée pour entraîner les meilleurs guerriers, il n'avait aucune chance, mais il vendrait tout de même chèrement sa peau ! Grondant de défi, il s'apprêtait à se jeter sur l'homme lorsqu'il sentit quelque chose contre lui qui l'empêchait d'avancer.
Baissant les yeux, il découvrit Liu, qui le serrait dans ses bras, le ceinturant de toutes ses forces, crispée sous l'effort qu'elle devait fournir pour le retenir, son frère dos à elle, faisant bouclier de son corps entre lui et le sabre de l'homme.
« Écartez-vous, que je tue cette vermine ! » gronda l'homme, cherchant à contourner Jiu.
Il gronda avec hargne à l'insulte, cherchant toujours à se débarrasser de l'adolescente.
« Non, Tom n'est pas une vermine ! Vous devrez nous tuer d'abord ! » répondit courageusement Jiu, malgré les tremblements de sa voix.
« Tom, je t'en supplie, arrête, je ne vais pas tenir ! Tu as dit que tu ne voulais tuer personne, que tu ferais tout pour prouver que le rêve de Jin'shi et de Milena est possible ! » gémit Liu, arc-boutée de toutes ses forces contre lui.
Sous le flot furieux de la rage et de la soif de combat, son esprit entendit la supplique de son amie, ramenant un peu de calme dans sa psyché.
Il cessa de se débattre en grognant, mais il continua à fixer l'homme d'un air mauvais, sous son foulard défait.
« Pourquoi ? » grommela le coureur, son arme toujours au clair.
« Pourquoi quoi ? » gronda-t-il.
« Pourquoi cherchez-vous Dame Rosanna ? »
« C'est une amie. »
« Depuis quand les wraiths ont-ils des amis ? »
« Depuis que nous avons rencontré Rosanna. »
« Qui est ce « nous » ? »
L'homme en savait plus qu'il n'en disait, il le sentait, mais le coureur ne dirait rien si lui-même ne lui fournissait pas des réponses avant.
« Markus et moi .» répondit-il.
« Qui est Markus ? »
« Un traqueur wraith qui accompagne Rosanna, et mon... heu, mon oncle. »
« Les wraiths ont de la famille, maintenant ? »
« En quelque sorte, nous avons des ruches. Markus est le frère de couvée de mon géniteur, donc si nous étions humains, il serait mon oncle. »
L'homme baissa son arme.
« J'en ai croisé, des wraiths, et je ne pensais pas en voir deux comme vous ! »
« Est-ce un compliment ? » grinça-t-il, méfiant.
« Dans la mesure où ça me passe l'envie de vous tuer sur-le-champ, oui, je suppose. »
« Votre petit échange est très intéressant, mais Monsieur, est-ce que vous savez où ils sont ? » intervint Liu, lassée.
« Non. Il y a quelque temps, j'ai passé une soirée très... intéressante, en compagnie de Dame Rosanna et j'ai brièvement rencontré ce Markus. »
« Ils allaient bien ? » demanda-t-il, soudain angoissé.
« Bien, je n'aurais pas l'audace de le dire ainsi, car trop de choses non dites pesaient entre eux, mais ils étaient sains et saufs. »
« Savez-vous... » commença-t-il avant de s'interrompre, alors qu'un fourmillement horriblement familier apparaissait à l'orée de son esprit.
« Des wraiths arrivent ! » gronda-t-il
« Ils sont sur mes traces, je suis resté trop longtemps ! » siffla l'homme, faisant demi-tour.
« Monsieur, si vous revoyez Rosanna, dites-lui que Milena la cherche, et qu'elle n'a qu'a venir ici déposer un message à « L'Ours bleu », d'accord ? » cria Liu, alors que l'homme s'élançait hors de la rue.
Il sentit les six autres wraiths dans son esprit. Il les sentit se déployer en éventail autour du village pour prendre leur proie en tenaille.
Les habitants étaient insignifiants à leurs yeux, tout ce qui comptait était la capture du coureur, qui n'avait aucune chance seul contre six d'entre eux. Ça allait être un massacre !
« Jiu, cache-toi et ne bouge pas ! Liu, tu me suis et tu ne te fais pas voir ! » gronda-t-il, s'enfonçant dans une minuscule ruelle entre deux maisons.
Tout en progressant aussi vite que la prudence le lui permettait, il ramassa une grosse planche qu'il tendit à l'adolescente.
« Sers-t'en, si nécessaire » siffla-t-il, concentré dans l'Esprit sur les déplacements des six wraiths à qui il dissimulait sa présence.
Il sentit l'esprit du premier non loin de lui, puis le découvrit, embusqué pistolet à la main derrière un mur à moins de dix mètres devant lui.
D'un geste de la main, il fit signe à Liu de ne pas bouger, puis aussi silencieusement que possible, il s'avança, ne s'arrêtant que pour ramasser une brique sur un muret à moitié effondré.
Malheureusement, un gravillon chût, alertant l'alpha qui se retourna, tirant en réflexe.
La boule d'énergie bleue le frôla, et en un instant il comprit qu'il ne parviendrait jamais jusqu'au guerrier en un seul morceau. Il fit la seule chose possible. Avec un rugissement, il jeta la brique de toutes ses forces sur l'autre wraith, qui sous-estima le poids du parpaing et se le prit en pleine tête, malgré sa tentative ratée pour le dévier.
Son instinct prit le dessus. Tuer ou être tué. Se précipitant en avant, il ramassa la brique et l'écrasa encore et encore sur la tête de son adversaire, jusqu'à ce que ses bras refusent de lever le lourd morceau de maçonnerie une fois de plus.
La réalité le heurta violemment, et avec un spasme brutal, il vomit sur le cadavre méconnaissable de son congénère. Il avait tué, de ses propres mains, à présent vert du sang d'un autre ! Il avait pris une vie ! Un petit gémissement terrifié le sortit de ses pensées. Liu, les mains sur la bouche, fixait la scène à quelques pas de là, choquée.
Il voulut faire un pas dans sa direction, mais elle recula, le fixant avec horreur.
Il n'avait voulu que protéger les humains de ses congénères, et voilà que sa meilleure amie le craignait ! Avec un soupir de dépit, il recula.
« Vas retrouver Jiu, et cachez-vous !» grommela-t-il, ravalant les larmes de déception qui lui piquaient les yeux.
Sans attendre de voir si elle lui obéissait ou pas, il s'éloigna à la recherche d'un second wraith.
Il entendit les cris avant de le découvrir, qui marchait tranquillement en plein milieu de la rue, provoquant avec un sourire amusé la fuite terrifiée des humains devant lui.
Celui-là, il ne pourrait pas l'approcher par surprise. Il allait devoir le neutraliser autrement.
S'enfonçant dans une porte cochère, il ferma les yeux, effaçant le monde et se plongeant dans l'Esprit. D'un coup il abaissa ses défenses, révélant sa présence avant de fondre comme un rapace sur l'âme de l'autre wraith, qui n'eut pas le temps de lever ses barrières mentales.
Avec une joie sadique, il écharpa l'esprit de son semblable, tandis que des rugissements rauques et des bruits chaotiques à quelques mètres à peine de sa cachette signalèrent la mort atroce du wraith, pris de convulsions.
Il n'eut pas le temps de se recentrer, que déjà les quatre autres wraiths fondaient sur lui dans l'Esprit, plus expérimentés et mieux organisés. Seuls trois âmes se jetèrent sur lui, la dernière s'étant brusquement éteinte un instant auparavant.
Se concentrant, il harponna brutalement un des esprits belliqueux, le transperçant de ses tentacules de pensée aussi tranchants que de l'acier, avant de se claquemurer derrière ses barrières mentales.
Il avait intercepté un bref échange de pensées entre les trois survivants. Ils allaient le traquer, il fallait qu'il bouge !
Tandis que son esprit tremblait derrières ses défenses sous les coups de butoir puissants de ses ennemis, il fila au hasard dans les rues, à moitié plié en deux.
Un tir le rata de peu. Un des wraiths l'avait trouvé. Zigzaguant dans la rue, il accéléra encore, la mort aux trousses, avant de s'arrêter dans un nuage de poussière, alors que déboulait de l'autre côté de la rue l'humain, les deux derniers wraiths sur ses talons.
Ils étaient encerclés.
Instinctivement, ils se mirent dos à dos pour faire face aux trois prédateurs.
« C'est vous qui avez tué l'autre, je ne sais trop comment ? » murmura l'homme.
« Oui. »
« Vous pourriez recommencer ? »
« Non. »
« Prenez ma dague, à ma ceinture. »
Sans se faire prier, il attrapa la sublime arme sertie de pierres précieuses.
« On fait quoi maintenant ? » demanda-t-il.
« On se bat jusqu'à la mort, la leur ou la nôtre. »
Il feula d'assentiment, avant de bondir en avant, esquivant deux tirs avant d'arriver au contact.
Il attaqua en vain, l'autre parant négligemment son attaque avant de lui balancer un coup de poing à lui briser les os.
Derrière lui, il entendit l'humain lutter avec férocité, tandis qu'il enchaînait les esquives et les attaques ratées, amortissant de son mieux les coups brutaux de l'alpha, beaucoup plus fort que lui.
L'humain décapita presque un des wraiths avant que le second ne lui fasse lâcher son arme. N'ayant plus sa dague, il se mit à lutter de toutes ses forces à mains nues contre l'alien, malgré le déséquilibre des forces.
Quant à lui, il se retrouva jeté au sol par un coup brutal en plein plexus qui lui brisa une côte et lui coupa le souffle. Alors qu'il tentait de se redresser, il réalisa avec horreur que dans sa chute il avait lâché la dague, qui gisait hors de sa portée.
L'alpha sortit sa propre lame, prêt à l'achever, un sourire sadique aux lèvres. Sourire qui se transforma en une grimace crispée alors qu'il s'effondrait, assommé.
Derrière lui, il découvrit Liu, un pistolet wraith dans les mains, Jiu les yeux agrandis de terreur dans son dos.
« Hey, espèce de... de brocoli moisi ! » hurla le garçon avec un courage insoupçonnable à l'adresse du dernier combattant adverse.
L'insulte, aussi incongrue fut-elle, suffit à distraire le wraith, permettant à l'humain de plonger sur son sabre, et de l'embrocher dans un même geste.
Le dernier alien n'était pas encore tombé au sol, que Liu se précipitait vers lui, folle d'inquiétude.
« Tu es venue ? » crachota-t-il, postillonnant du sang.
« Bien sûr ? Tu croyais vraiment qu'on allait te laisser les affronter tout seul ? »
« Mais, tout à l'heure... »
« J'ai eu peur, très très peur, c'est vrai, mais tu es mon ami ! Et Jiu était prêt à venir t'aider, je pouvais pas le laisser se faire tuer sans rien faire ! » protesta Liu.
« Par tous les Ancêtres, si quelqu'un m'avait un jour dit que je devrais ma vie à trois gamins, dont un wraith... » grommela l'homme, nettoyant son sabre après avoir vivement égorgé le wraith assommé.
« C'est vous qui les avez tués pour la plupart, Monsieur. » marmonna Tom, alors que la douleur envahissait tout son corps.
« Et vous vous êtes pris une sacrée dérouillée. D'ailleurs, pourquoi n'êtes-vous pas encore guéri ? »
« Tom est trop jeune, il ne régénère pas encore.» expliqua Jiu, inquiet, tandis que sa sœur essayait de l'aider à se relever.
« Vous vous êtes tout de même battu comme un démon. Merci, jeune Tom, neveu de Markus et ami de Dame Rosanna ! » déclara l'homme cérémonieusement, avant de s'éloigner.
« Monsieur... Comment vous appelez vous ? » l'arrêta-t-il, à moitié soutenu par son amie.
« Thibaut d'Arzak, dernier chevalier de la Tour d'Argent, et votre débiteur ! » s'exclama l'homme avec une courbette élégante, avant de s'éloigner rapidement en direction de la Porte.
« On devrait aussi partir, les gens ne vont pas tarder à ressortir et je doute qu'ils soient très compréhensifs avec toi » murmura Jiu, perspicace.
« Et tu as besoin de soins d'urgence ! » ajouta sa soeur.
