Chapitre 53 : Secrets Découverts

A l'énonciation de Dolohov, la boule dans ma gorge semble grossir un peu plus. C'est comme s'ils savaient tous et qu'ils cherchaient à me faire avouer, que je me dénonce moi-même, à travers ce harcèlement.

Et pourtant, je continue de mentir. Je ne savais pas que ce serait si difficile.

La main de mon cousin sur mon épaule me semble aussi réconfortante qu'insupportable. J'aimerais presque qu'il me frappe. Quel étrange sentiment.

-Hey, tu n'as plus à t'en vouloir. C'est fini. Tu n'y pouvais rien. On en savait probablement plus que toi d'ailleurs... Tu as fait tout ce que tu devais faire.

James ne comprend pas. Ca me soulage car cela signifie qu'il ne sait rien mais aussi... Je m'en veux, je m'en veux horriblement. J'aimerais tout lui avouer, me blottir contre lui, qu'il me pardonne et me protège.

Je tente de lui dire que j'ai ma part de responsabilité dans cette histoire mais je me retiens, en fronçant les sourcils. Comment le dire sans qu'il ne m'en veuille ? Quels termes employer ? Dois-je réellement dire quoique ce soit ?

Je lève la main vers la sienne, comme si ce contact pouvait me rendre de la force et me permettre de lui dire... Lui dire que j'ai vu Dolohov agir... Lui dire qu'il est probablement sous les ordres de Voldemort... Lui dire que ma famille aussi est... Non !

Je plaque immédiatement ma main contre ma bouche, comme pour m'assurer qu'aucune parole n'en sortira.

James semble surpris et intrigué puis m'éloigne un peu de ses amis. J'ignore la raison de son geste mais je lui en suis reconnaissant : la présence de Peter est presque insupportable, me rappelant toujours mon crime...

-Rebbeca, qu'est-ce qui ne va pas ?

Je secoue la tête pour lui faire signe qu'il n'y a rien mais j'ai peur... J'ai peur car il a compris que je me comportais bizarrement. J'en suis ravie : il arrive à deviner ce que je ressens, j'ai l'impression d'être d'autant plus proche de lui désormais, ça me rassure aussi car peut-être comprendra-t-il alors que je suis innocente. Mais... Peut-être pas. Il est possible qu'il devine ma complicité avec Antonin et qu'il croie que c'est moi qui lui ai dit d'aller se réfugier dans ma famille. Je ne veux pas qu'il pense ça de moi ! Il doit me protéger ! Aujourd'hui, je suis en danger, plus que je ne l'ai probablement jamais été...

James, sauve-moi ! Ma famille, l'école, tous peuvent me réduire à néant... Désormais, je ne peux plus faire face aux événements seule.

Et je dois empêcher les autres de lui faire du mal. J'en sais d'avantage et... Il risque tellement !

-Becky, je t'assure que tant qu'on sera là, personne ne posera la main sur toi, je te le promets.

-Non..., je murmure, ne contrôlant pas parfaitement le timbre de ma voix.

Bien sûr que je ne risque rien ici. Il ne fait que répéter les propos de mon grand-père. Mais lui, ses amis... Et ma famille, ils sont tous en danger ! A cause de mon silence, certes, mais parler peut aussi les condamner ! Ils protègent quelqu'un qui est probablement sous les ordres de Voldemort ! La justice magique sera ravie de trouver des « coupables » et s'acharnera sur eux. Mais ils sont aussi innocents que moi : ils ne savaient pas et ont été manipulés !

Je suis coincée !

Tout ce qu'il me reste à faire est cesser de mentir. Pas forcément dire tout ce que je sais mais... Rassurer James afin que ses priorités se redirigent sur lui et ma famille. Il doit comprendre que je ne suis pour le moment pas la première cible.

-Non ?

-Ce n'est pas ça... Je... Je ne... Je ne serai pas la prochaine mais c'est que... Que...

Comment lui avouer que mon grand-père protège Dolohov alors qu'il dit que c'est grâce à moi bien que je n'étais au courant de rien ?

Je n'arrive plus à réfléchir. Je ne sais plus quoi faire.

-Tu sais quelque chose ? me demande James.

J'évite son regard, comme si je craignais qu'il lise toute ma responsabilité dans ce qui est arrivé à Peter juste en observant mes yeux trembler. Je ne veux pas lui mentir. Il est bien trop important pour moi... Je ne veux pas le décevoir. Jamais. Je sens que les forces de mon corps s'évanouissent peu à peu et la seule chose qui me tient encore debout, c'est la peur qu'on découvre tous mes secrets. Ainsi que la main de mon cousin sur mon épaule.

-Rebbeca, si tu sais quelque chose, tu dois le dire ! On a bien vu que garder des secrets était trop dangereux. Et puis, Dumbledore est tolérant, il ne t'en voudra pas de ne pas l'avoir dit plus tôt. Au pire, il te mettra une retenue équivalente à la nôtre, me confie-t-il avec un faible sourire qui me rassure.

Je dois lui dire.

Il comprendra ! Il me pardonnera ! Il a bien compris que j'étais triste il y a quelques mois. Il devinera que j'étais manipulée... Il ne m'en voudra pas...

Je n'ai plus la force de lui cacher quoique ce soit. Tant pis s'il me hait, au moins, ce sera pour la vérité.

Accepte, James je t'en prie, accepte !

-J'étais là lorsque...

Malheureusement, au moment même où je commence ma phrase, Sirius m'interrompt, comme pour m'empêcher de trouver la paix que je recherche. Je ne la mérite peut-être pas.

-Je n'arrive pas à croire qu'on ne l'ait pas puni plus que ça ! On devrait trouver tous les complices de Dolohov sur le champ et les sanctionner comme il se doit. Il y a des lois à ce sujet.

Cette condamnation me terrifie et voir mon cousin acquiescer détruit tout mon courage. Je décide alors de m'esquiver, ne pouvant plus supporter leurs présence à eux tous, ni ce sujet de conversation. Je prétexte devoir parler à Clemence et grimpe les escaliers rapidement avant de me laisser tomber sur mon lit, épuisée.

Qu'est-ce que je m'apprêtais à faire ? J'allais tout avouer, tout, depuis le début. Dire que j'avais vu Antonin en possession des deux philtres devant Peter qui se torturait, que je l'avais laissé fuir, que mon grand-père le gardait en sécurité, qu'il me demandait de ne rien faire...

Je veux lui dire ! Je veux qu'il le sache ! Il n'y a que James qui pourrait l'accepter : c'est notre famille ! Jusque-là, il m'a toujours acceptée, il m'a pardonnée mes erreurs et moi les siennes, il adore mon père... On s'entend bien...

Il m'apprécie malgré tout. Alors, peut-être qu'avec de la chance, il continuera de m'aimer après que je lui ai tout dit...

Peut-être...

James !

Je me frotte les yeux du bout des doigts, éreintée par ce dilemme intérieur. Je dois me faire une raison. C'est devenu mon fardeau. Je dois vivre avec.

Pourtant, j'aurais aimé que quelqu'un me comprenne, que quelqu'un m'accepte.

Comme lorsque j'étais seule.

Je respire profondément, réfléchissant à nouveau à un discours pour me protéger d'une possible dénonciation, qu'elle provienne de moi, de Rogue ou de qui que ce soit d'autre. Je devrais peut-être me préparer à l'éventualité d'une fuite, comme Antonin, au cas où je n'aurais pas le choix...

J'entends Sooty faire ses griffes sur le tapis puis se mettre à miauler à la porte du dortoir que j'ai refermée derrière moi. Je reste immobile pour lui faire croire que je ne peux pas l'entendre et donc que je ne lui obéirai pas mais personne n'agit. Je décide donc de mettre un terme au concert de miaulement et de libérer le matou tandis que je regarde autour de moi : où est Clemence ?

J'avais dit à James que je devais la voir... Je cherche une excuse puis mon regard tombe sur le cadeau de Mrs Pettigrow. Bon, je n'aurais qu'à dire que je voulais qu'elle m'explique comment utiliser tout ça.

Je me dirige d'abord vers la salle de bain mais elle est complètement vide. Je décide alors de descendre les escaliers pour demander à Lily où se trouve notre amie.

-Lily, tu n'aurais pas vu Clemence ? je demande, en dévalant les dernières marches qui mènent à la salle commune, me permettant de l'apercevoir en compagnie des garçons. Elle n'est pas dans...

Mon regard tombe sur un objet à la couleur mauve. Et je n'ai même pas le temps d'avoir des doutes que les certitudes tombent sur moi : la fiole. J'ai l'impression que le monde vient de s'effondrer autour de moi tandis que les hurlements de Peter résonnent encore à mes oreilles.

Sirius tiens la fiole entre ses doigts, et tous me fixent avec gravité. Je remarque que James est accroupi, mon sac entre ses mains.

-Où... Où l'avez-vous trouvée ? je murmure, ayant un très mauvais pressentiment.

Cette fiole ne m'apporte que des problèmes. A l'origine, elle m'avait permis de devenir plus proche des garçons mais désormais... A chaque fois que je la vois, il se passe quelque chose de terrible. D'un côté, quoi de plus normal lorsque l'on sait qu'elle est issue de la magie noire la plus terrible. Une magie noire voulue par celui qui détruit le monde magique en prétextant vouloir l'améliorer.

-C'est toi qui l'avais depuis tout ce temps ? demande Remus bien que la timbre de sa voix transforme ce qui devrait être une question en affirmation.

-Pardon ?

De quoi parle-t-il ? Aurais-je mal entendu ? Je ne savais rien...

-On l'a trouvé dans ton sac, lâche Sirius en crispant les muscles de son visage, faisant disparaître momentanément toute élégance de celui-ci.

Je jette un coup d'oeil à James, m'attendant presque à ce qu'il prenne ma défense et leur dise que c'est ridicule. Absurde. Qu'est-ce que la potion d'Antonin ferait dans mon sac ? Il était bien là, avec nous, dans le bureau du directeur quand il nous a demandé de déballer nos affaires !

Ce n'est pas moi qui avais la fiole !

Je suis peut-être responsable de pas mal de choses mais pas de ça !

-Mais ce n'est pas moi ! Dumbledore nous a fouillés. Je n'aurais jamais fait ça !

-Tu voulais te venger de toutes ces années, murmure Remus avec condescendance.

Mais c'est ridicule ! Bien sûr que j'allais mal mais c'était il y a longtemps ! Et je n'aurais jamais voulu faire subir de telles choses aux autres. Ou plutôt, c'était avant. Maintenant je ne sais pas…

-C'est faux ! Je m'en fiche désormais, je n'aurais jamais... Ce n'est pas à moi.

-Dolohov t'appréciait énormément... Et les Serpentard te respectaient bien pour une raison, non ? fait remarquer Lily.

Il m'appréciait. Il m'apprécie encore. Non, en fait... Il m'aime. Mais le dire ne ferait qu'aggraver ma situation actuelle. Pourquoi ne comprennent-ils pas ? Je n'y suis pour rien, je n'ai jamais touché à cette fiole de toute ma vie ! Jamais. Est-ce une machination ? Comment auraient-ils pu la trouver dans mon sac ?

C'est une injustice ! Encore ! Non, pas ça... je ne veux pas. Pourquoi m'accuse-t-on d'un délit que je n'ai pas commis ? Je n'y suis pour rien.

Je dois leur expliquer...

Au moins un minimum.

-Non, ce n'est pas pour ça : je suis issue d'une famille de sorciers. Il appréciait ma famille, c'est tout. Je vous jure que ce n'est pas à moi !

-Peut-être que tu penses dire la vérité mais... On a lu que l'oeil de sombral pouvait altérer la mémoire, murmure Sirius en jetant un regard soupçonneux à la fiole qu'il serre dans sa main avant de plonger ses yeux dans les miens.

C'est une blague. Ce n'est pas possible. Tout joue contre moi. Bien évidemment que la fiole a des effets sur la mémoire et donc on peut accuser n'importe qui. Je cherche à leur montrer le fil de ma réflexion mais aucun mot ne sort de ma bouche.

Je ne peux plus rien faire. Il n'y a aucun argument assez convaincant. Je n'en trouve aucun. J'ai besoin de temps... Or, là, je n'en ai pas... Ils sont tous persuadés que c'est moi qui ai torturé Peter.

Tous ?

Je baisse le regard vers James, toujours accroupi. Sa bouche est entre-ouverte et il semble aussi perdu que moi. Est-il déçu ? Croit-il lui aussi que j'ai voulu la mort de Peter ?

Il ne me défend pas.

Je n'ai plus personne pour m'aider ici.

Alors je n'ai plus rien à perdre.

Je prends une grande inspiration : il semblerait que je doive appliquer mon plan de secours dès maintenant.

Je cache mon visage entre mes mains et simule quelques sanglots en courbant le dos et en pliant les jambes. J'ai peur de paraître exagérée mais je dois jouer le jeu. J'ai réussi à leur faire croire que j'ignorais tout au sujet de Dolohov, que j'allais bien lorsque j'étais seule, que Pénélope était mon amie. Cette fois, je dois jouer la comédie volontairement...

C'est ma dernière chance.

-Je vous en prie... Croyez-moi... Je n'ai pas fait ça... Je vous en supplie..., je déclare, l'inquiétude rendant ma voix plus profonde que d'habitude.

Je plaque une main contre mon visage, de longues mèches tombant autour, et glisse l'autre le long de mon bras, feignant vouloir contrôler mes tremblements alors que je saisis doucement ma baguette magique.

Mes cheveux me garantissant une dissimulation partielle, je me permets d'ouvrir faiblement les yeux et regarde la situation. James semble accablé mais ce n'est pas le plus important.

Lily vient de s'avancer, en tendant la main. A-t-elle deviné mon stratagème ?

-Tu devrais te ren...

Je dois agir vite.

Je me redresse, terriblement en colère contre eux tous. Eux qui se disaient mes amis et qui m'accablent d'accusation infondées. Eux qui croient m'avoir devinée alors qu'ils ne font que des conclusions hâtives. Eux qui disaient m'avoir sauvée mais qui viennent de montrer leur hypocrisie répugnante. La colère me fait hurler l'incantation permettant de faire réapparaître ce que j'ai fait disparaître par le passé.

Un épais nuage de poussière et de crasse s'étend devant moi tandis que je longe les murs pour sortir le plus vite possible de la salle commune, n'ayant aucune idée précise de ce que je ferais après. J'ouvre violemment le tableau tandis que son occupante s'exclame de surprise avant de râler sur le manque de politesse de la jeune génération.

Enfin, je me mets à courir dans le couloir comme une folle à travers les couloirs de Poudlard.

Où dois-je me rendre ? Je ne connais aucun passage secret.

Je réfléchis un moment puis me dis que les Serpentard, ou plutôt Rogue, pourrait peut-être m'aider. Cependant, à peine ai-je descendu les escaliers du quatrième étage que j'entends le professeur McGonagall...

Je ne dois pas être vue. Il faut que je gagne du temps, comme Antonin. Si elle me voit dans un tel état, elle se doutera de quelque chose. Pour le moment, personne ne sait où je suis et il faut continuer ainsi.

La réflexion est presque douloureuse tellement la panique rend le temps précieux. Mon instinct prend alors le dessus, malheureusement, et je cours me réfugier dans ma salle secrète.

Une fois la porte refermée je m'avance de quelques pas avant de m'écrouler contre le mur et de poser ma tête contre le rebord du buffet. Mais quelle sombre idiote ! Je suis fichue ! C'est bien le premier endroit qu'ils iront voir, comme la fois où je n'avais pas dormi dans le dortoir...

Ils m'ont trouvée immédiatement... Donc ils ont pensé à cette salle, forcément.

Mais ils ne la connaissaient pas à l'époque... Alors comment ont-ils fait ?

Ce n'est pas important. Tu es fichue : la fiole a été trouvée dans ton sac sans que tu ne saches pourquoi.

Si ça se trouve, ils ont raison : ma mémoire n'est pas complète. C'est peut-être ce que voulait dire mon grand-père lorsqu'il parlait du fait qu'Antonin m'ait gardée éloignée de cette affaire. Il aurait effacé ma mémoire ? Je ressens un profond sentiment de rage et d'incrédulité : comment savoir ? Comment en être sûr ? Ne suis-je qu'une simple marionnette ?

Je jette un regard blasé au povrebine et ne prend même pas la force de le remettre dans sa cage. Ce dernier m'observe un instant : il doit être étonné par cette absence de magie. Il se camoufle alors en caillou mais je sens qu'il commence à agir sur moi. Peu importe.

Les mauvais souvenirs, l'absence de soutien de James, la sensation d'abandon, la trahison, tout cela ressurgit dans ma mémoire sans aucun moyen d'y échapper.

J'ai envie de dire que je m'en fiche de mourir mais... C'est faux. J'ai promis à James de ne plus toucher à mon bras, j'avais des amis. Je pouvais vivre ! Enfin.

Les larmes se mettent à couler sur mes joues tandis que j'appuie ma tête un peu plus sur le buffet, sans sangloter pour autant : pas la peine de faciliter la tâche à ceux qui me cherchent.

Je dois m'échapper. Je dois partir. Mais comment ? Je ne suis pas aussi douée qu'Antonin. Je ne sais même pas transplaner. Devrais-je chercher un gronian ou un ethonan dans la forêt interdite ? Je ne sais même pas s'il y en a...

Le passage des cachots ? Et après ? Je me vois mal nager dans le lac jusqu'à la rive opposée.

Réfléchis, bon sang, réfléchis ! Je dois trouver un moyen. N'importe lequel.

Mais rien ne me vient à l'esprit.

On me retrouvera, on m'accusera, j'essaierai de leur dire la vérité mais ça ne fera qu'aggraver mon cas. Je serais renvoyée... Ou alors j'irai en prison, si ça concerne bel et bien Voldemort. Et peut-être que ma famille aussi sera condamnée. Par ma faute.

Les larmes jaillisse, toujours plus nombreuses, tandis que j'entends le bruit de la pluie, dehors.

Je cligne des yeux, une fatigue provoquée par mon fatalisme mais également à cause du povrebine, m'assommant légèrement, tandis que je regarde autour de moi : il n'y a pas de fenêtre. Et à cette époque de l'année, il neige, il ne pleut pas... Ou alors, on ne l'entend pas à cause de la neige justement.

Non, en fait il faisait même beau tout à l'heure puisque je me baladais près de la forêt quand Payam est arrivé. Peut-être est-ce de la neige qui fond ?

Je tends l'oreille et perçoit pourtant un bruit de goutte. Ce n'est pas très fort mais j'en suis sûre.

Il n'y a aucune ouverture dans cette pièce sauf la cheminée qui n'est pas condamnée donc ne créé pas de résonnance à l'intérieur du conduit. Donc ce n'est pas normal. Je ferme les yeux, cherchant à ignorer les mauvais souvenirs inspirés par le povrebine et remarque que le son provient du buffet. Je l'ouvre grand mais il n'y a que quelques araignées et un doxy mort.

Je fronce les sourcils puis ferme les yeux à nouveau. Le buffet ouvert donne de l'écho à ce mystérieux bruit d'eau. Je comprends alors l'origine de ce dernier : il est derrière.

N'ayant aucun échappatoire par rapport à la fiole et à Antonin, la moindre curiosité me semble être un signe pour m'aider. Je pousse alors le meuble mais il refuse de bouger. Après quelques sorts à moitié raté, je finis par réussir à le déplacer et à découvrir une ouverture dans le trou !

Je suis peut-être sauvée !

Je m'accroupis et passe la tête dedans... Il semblerait qu'un couloir très fin mais très haut ait été creusé entre les murs de deux salles.

Je n'ai aucune idée où ce passage peut me mener mais même si ce n'est qu'une impasse, il pourra peut-être me cacher assez longtemps pour qu'à la nuit tombée, je puisse prendre la fuite, ou qu'un élément en ma faveur surgisse de nul part. Ce qui n'arrivera pas.

Et si il y a une sortie, je pourrais demander à Dolohov d'intervenir, de mettre les choses aux clair. Ou juste de fuir autre part encore.

Le remord m'envahit et je jette un coup d'oeil à la porte, comme si j'espérais voir Mary ou James l'ouvrir violemment et m'empêcher d'agir. Ou alors que le professeur Dumbledore me dise qu'il a deviné que j'étais innocente et que je ne serais pas renvoyée.

Etrangement, imaginer Dolohov arriver me fait plus peur qu'autre chose puisque je sais désormais qu'il pratique réellement la magie noire.

Mais personne n'arrive. Il n'y a que le povrebine qui continue de m'enfoncer dans mon pessimisme.

C'est ma seule chance. Je mourrai peut-être enfermée dans les murs de Poudlard. Tant pis.

Je dois fuir.

Je ne reverrais probablement plus jamais James et les autres.

Je ferme les yeux et respire profondément : de toute façon, ils doivent me haïr désormais.

Je me glisse dans le trou et me retourne. Je regarde une dernière fois la petite créature obscure dans la salle abandonnée puis replace le buffet à l'aide de ma baguette pour dissimuler l'ouverture afin que personne ne me suive.

Que personne ne me retrouve.