Ron se réveilla en sursaut, couvert de sueur, dans son lit. Il haletait rapidement en tentant vainement de reprendre un semblant de contrôle sur sa respiration. Son front était moite et il sentait une humidité désagréable dans son dos. Il ne faisait plus de tels rêves depuis longtemps. Il n'avait plus revu la mort de sa mère et de Charlie depuis au moins un an. Il n'avait que très peu rêvé de celle de Georges.
D'un geste lent, il passa une main sur son visage, enlevant ainsi les derniers vestiges de son cauchemar. Tout se mélangeait à présent dans son esprit. Pouvait-il réellement douter de Harry alors que celui-ci avait toujours été avec lui dans les moments les plus difficiles? Pouvait-il réellement lui en vouloir? Même si Harry lui mentait bel et bien, cela n'avait rien de personnel et le jeune homme avait assez prouvé son amitié, non?
D'un bond, il se leva du lit. Il devait lui parler. C'était vital. Il ne se soucia pas du réveil qui indiquait avec une précision mécanique deux heures trente du matin. Il enfila rapidement un pantalon et sortit de sa chambre. Il devait lui parler, mettre au claire ses sentiments. Parce que lui non plus, ne savait pas se passer de son ami. Son plus précieux ami.
C'est d'un pas pressé qu'il se dirigea vers la chambre de Harry. Il ne prit pas le temps de réfléchir une nouvelle fois devant la porte, laissant ainsi parler son caractère fonceur et leva une main pour la frapper. Mais à peine eut-il touché la porte que celle-ci s'ouvrit. Elle n'était pas fermée.
Il hésita pourtant une minute devant l'entrée maintenant grande ouverte de la chambre de son ami. A l'intérieur, tout semblait silencieux et une obscurité bénie régnait. Il hocha la tête presque inconsciemment et entra. Quelle ne fut pas sa surprise quand il vit que Harry ne dormait pas... Il était assis au sol, le dos et la tête contre le lit, face à la fenêtre et donc, dos à lui. Il était torse nu, à l'exception de ses gants et portait un pantalon ample. Ron se mordit la lèvre inférieur en entrant davantage dans la chambre. Et avant de commencer à parler, il prit une grande inspiration.
-Tu sais Ron, le prit de court Harry, des fois je pense que tu as raison.
-De quoi tu parles? Lui demanda-t-il en remarquant le teint pâle de son ami.
-Parfois, je crois que ce serait plus simple si on était plus ami. Expliqua-t-il.
-Pardon? Coassa Ron, trop surpris pour dire autre chose.
-En fait, parfois, je pense que ce serait vraiment plus simple si je n'avais plus aucun ami. Reprit-il. Mais je me reprend très vite. Continua-t-il. Ce sont de mauvaises pensées. Ce n'est pas ça qui va m'aider à tenir.
-De quoi tu parles Harry? Demanda encore Ron en se mettant à sa hauteur.
-Tu te souvient de mon emprisonnement, Ron?
-Bien sur! Lui assura-t-il.
-Quand je suis revenu, tu m'as demander si j'allais bien. Je t'ai menti, je t'ai dit que ça allait. Puis tu m'a demandé pourquoi il ne m'avait pas tué directement. Tu te souviens de ce que je t'ai répondu? Lança Harry.
-Juste que tu ne savais pas. Lui répondit Ron.
-C'était encore un mensonge. Admit Harry. En fait, s'il ne m'a pas tué c'est parce que ce qu'il voulait plus que tout, c'était ma souffrance. Il savait que la mort n'était pas la chose dont j'avais le plus peur.
-Et quelle est-elle? Demanda Ron, doucement.
-De devenir comme lui. Ce jour-là, il m'a dit que je lui ressemblais et qu'à partir d'aujourd'hui, je ne pourrais jamais l'oublier. Il aurait fait le nécessaire. Souffla Harry.
-Je ne comprend pas. Avoua Ron, les sourcils froncés.
Harry tourna alors la tête vers lui et lui tendit son bras gauche. Ron pu lire dans les émeraudes, un océan d'appréhension et une honte qu'il n'arrivait pas à s'expliquer. Et lire cela dans les yeux d'habitude si déterminé de son ami, lui fit peur. Bien plus qu'il ne pourrait l'avouer. Il regarda un moment le cuir usé du gant puis de nouveau Harry qui hocha faiblement la tête. Du bout de ses doigts, Ron lui ôta son gant.
Sa respiration se coupa tandis que Harry avait fermé les yeux. Devant ses yeux, s'étalait un amoncellement de cicatrices. Toutes plus larges les unes que les autres. Et sous elles, déchirées de toutes part par les abominables coupures, un tatouage. Il du parcourir du doigt les fines lignes noires plusieurs fois pour être sur du dessin. Et quand il comprit, il les retraça encore une fois pour s'en assurer.
-Il me l'a infligé pour que je me rappelle. Soupira la voix de Harry. Qu'il sera toujours là.
-Harry, je....
-Ce n'est pas fini. Souffla Harry d'une voix déterminé mais vacillante. Parce qu'en faite, il ne savait pas à quel point il avait raison.
-A propos de quoi?
Le regard de Harry se fit plus joyeux un moment mais le moment fut fugace et laissa vite place à une profonde tourmente. A de la douleur.
-Je t'ai menti, Ron. Admit Harry. Je sais où se trouve le dernier horcruxe. Je sais ce que c'est.
-Quoi? Siffla Ron. Pourquoi tu.... ?
-Serais-tu prêt à mourir, Ron? Lui demanda alors brutalement Harry.
-Pardon? Coassa Ron, plus que surpris par la question.
-Serais-tu prêt à te sacrifier pour nous? Pour les autres? Pour tous? Lui demanda encore Harry.
-Oui. Répondit Ron d'une manière très solennelle.
-Moi aussi. Souffla Harry avec un petit sourire. Pourtant, j'ai peur. Avoua-t-il.
-Je ne te suis plus, Harry. L'avertit Ron.
-Le seul moyen de détruite Voldemort est de détruire ses horcruxes. Souffla Harry d'une voix monocorde.
-On sait cela.....
-Quel que soit ces horcruxes, n'est-ce pas?
-Évidement!
-Même les horcruxes humains? Demanda Harry en le regardant dans les yeux.
-On... On est même pas sur que cela puisse exister, Harry. Lui rappela Ron, avec appréhension.
-Si. Si, on est sur. Je te l'ai dit, Ron. Il sera toujours là. Avec moi. Parce que je lui ressemble plus qu'aucun autre. Souffla Harry.
Et le monde s'écroula pour Ron. Parce que tout prenait un sens. Tout se mettait en place. C'était un sordide puzzle où chaque pièce était une remarque, un comportement. Une attitude. Il comprit Harry et ses mensonges. Il regarda son ami avec le visage défait, parce que bien qu'il l'ait compris, il ne pouvait pas l'accepter. C'était impossible! Harry ne pouvait pas être.... Non! Non! Et non!
Le silence se fit lourd et pesant. Ron ne parvenait pas à surmonter sa surprise et Harry prenait son silence comme un reproche. Il s'était retrouvé au pied du mur.... S'il n'avait pas dit la vérité à son mai, il l'aurait perdu. Mais l'était-il toujours? Son ami?
-Je ne comprend pas. Lâcha enfin Ron. Parce qu'il avait du sûrement mal saisir les propos de son ami.
-Si tu comprend. Le contredit Harry, un sourire amer sur le visage.
-Ce n'est pas possible... Murmura le rouquin pour lui-même.
-Ca l'est, Ron. Ca l'est. Lui répondit Harry d'une voix tout aussi basse.
-Comment... ?
Les questions se bousculaient dans l'esprit de Ron. Comment? Quand? Pourquoi? Et après? Qu'allait-il se passer? Depuis quand le savait-il? Pourquoi ne pas lui avoir dit? Pourquoi ne pas le dire à tout le monde? Tellement de questions.... Tellement qu'il n'avait pas vraiment à les exprimer de manière cohérente.
Harry réprima un soupir à la question de Ron. Prémisse d'une multitude d'autres interrogations....Il ne voulait juste pas approfondir le sujet. Il avait dit la vérité et Merlin savait combien cela lui avait coûter... Il avait encore peur d'entendre le hoquet d'horreur de son ami. Et il se sentait plus sale que jamais sous le regard étonné de Ron. Il ne le regarderait plus jamais comme avant. Il ne serait plus jamais juste Harry.
-C'était juste devant nous, Ron. Souffla-t-il. On ne peut pas transmettre ses pouvoirs ou un don juste comme ça. On aurait du comprendre plus vite que ce n'était pas normal....Expliqua-t-il.
-Tu veux dire que.... Dumbledore nous a menti? Coassa Ron.
Harry éclata d'un rire sec à la question naïve de Ron. Celui-ci avait toujours idolâtré Dumbledore. Il avait été élevé dans son admiration et sa mort n'avait fait qu'accroître ce culte stupide. Dumbledore mentait mais il mentait pour le bien de tous. Dumbledore manipulait mais il le faisait dans l'intérêt des autres. Dumbledore agissait dans le bon sens même quand ses méthodes restaient obscures et secrètes. Dumbledore était infaillible. Fiable. Bien au-delà de la mort.
-Ils nous a tous bien eu, Dumbledore, Ron! Il m'a bien eu avec ses airs de grand-père affectueux! En fait, tout ce qu'il voulait c'était m'avoir à l'œil et à portée de bras le bon moment....
-Quoi?! Coassa encore Ron d'une voix rauque.
-Et il le marquera comme son égal....Une cicatrice, une parcelle de pouvoir et un don de langage ne fait pas de moi son égal, Ron. Une partie de son âme si. Ajouta-t-il.
-Mais... Mais....
-Mais quoi? Je suis un horcruxe et...
-NON! Tonna Ron en se redressant. C'était impossible et l'entendre dire à haute voix était simplement.... Impossible!
Le silence retomba. Harry avait baissé la tête suite à l'éclat de Ron. Et si le rouquin avait été attentif, il aurait vu les reflets sur les joues de son ami. Ron se mordit la lèvre devant son emportement et ne comprit qu'à moitié ce que Harry venait de prononcer entre ses dents.
-Qu'est-ce que tu viens de dire? Demanda-t-il d'une petite voix.
-Je te dégoute, c'est ça? Répéta Harry d'une faible voix.
Ron resta statufié un moment. En quelques secondes, il examina son ami: Il avait ramené ses genoux contre sa poitrine et plongé sa tête entre ses bras. Son visage était tourné vers le bas et il n'avait pas même pas relevé la tête pour lui parler. Et ses joues étaient étincelantes. Et ses épaules étaient secouées d'imperceptibles soubresauts. Ron cru sentir tout son oxygène quitter ses poumons et son coeur se serrer douloureusement...... Harry avait honte. Honte de ce qu'il était.
-Jamais. Lança-t-il alors d'une voix déterminée. Jamais, Harry. Tu es mon ami, lui assura-t-il, et rien de ce que face de Serpent n'a fait ou ne fera ne pourra me détourner de toi. Tu es mon ami Harry. Répéta-t-il en lui relevant doucement le menton.
Les orbes vertes reflétaient une telle vulnérabilité qu'il en fut désarçonné. Comment avait-il pu ne pas voir? Depuis quand Harry était-il si bon acteur?
-Explique-moi. Demanda-t-il simplement et Harry opina.
-C'est simple, commença Harry, le jour où il m'a jeté le sortilège de la mort, la dernière partie de son âme, celle qui restait après qu'il ait fait les six autres horcruxes; n'est pas morte. Elle s'est échappée de son corps. Et s'est incorporée à la première entité vivante à sa portée... C'est à dire moi. Le lien qui me lie à lui est spécial. Plus spécial que personne ne peut l'imaginer. Mais il ne sait pas. Il ne doit surtout pas savoir sinon...
-Sinon quoi? Demanda Ron avec un calme qui ne lui ressemblait pas.
-Ron...Les horcruxes doivent être détruit pour que Voldemort meure. C'est indiscutable.
Les yeux de Ron s'agrandirent, s'écarquillèrent et son teint blêmit affreusement. Il venait juste de réaliser la portée du secret. Harry était un horcruxe. Harry devait mourir.
-On... On... Une autre solution! On doit trouver une autre solution! Il doit bien y en avoir une! S'emporta-t-il.
-Il n'y en a pas. On a déjà cherché, Ron.
-Non! On ne te laissera pas... On ne peut pas.... Non! Bégaya Ron.
-Une vie pour toutes les autres. Souffla Harry.
-Ta vie, Harry! Ta vie! Putain! Après tout ce que tu.... Non!
-Ron. Le calma Harry. Il n'y a pas d'alternative. Asséna-t-il.
-Alors toi tu... tu m'annonce ça comme ça? Tu me dis la vérité et puis tu me dis que tu va mourir?
-Je n'ai pas le choix, Ron! Argua Harry avec véhémence.
-Si! Si, on a toujours le choix! Tu... Tu peux pas m'annoncer ça! Pas comme ça! Tu peux pas..... Bredouilla Ron, en retenant difficilement ses sanglots. Je ne peux pas perdre encore un frère, Harry. Je ne peux pas.
-Je sais Ron. L'apaisa Harry. C'est pour ça que je ne voulais pas te le dire. Vous le dire. Ajouta-t-il.
-Tu en es sur? Murmura Ron, avec un regard curieux.
-Comment ça?
-Je te connais, Harry. Je me souviens bien de ta réaction quand on a découvert ton lien avec Voldemort et je....
-Quoi? Aboya presque Harry.
-Ca ne change rien, Harry. Lui certifia Ron. Ca ne change rien pour moi. Et pour les autres non plus.....
-Comment peux-tu dire ça? Siffla Harry d'un ton de reproche.
-Parce que c'est la vérité. Lui répondit son ami.
-Je suis lui, Ron! Il est en moi! Et rien de ce que je pourrais faire ne pourra effacer cela!
-Tu es Harry. Le reprit le rouquin. Juste Harry. Tu as toujours été et tu seras toujours, Harry.
-Ce n'est pas vrai.... Souffla simplement le concerné d'une voix basse.
Et le silence revint, comme un vieil ami consolateur. Harry ne souhaitait pas s'étendre sur le sujet et Ron tentait vainement de digérer l'information. L'idée que dans un futur plus ou moins proche Harry ne doive se sacrifier lui donnait la nausée. Ce n'était pas sensé se terminer comme cela. Il devait juste vaincre le monstre et rebâtir leur monde, le relever de ses cendres. Le héros n'était pas sensé mourir à la fin de l'histoire.....
-Et Dumbledore savait? Redemanda-t-il malgré tout.
-Il savait, lui confirma l'autre, il savait depuis le début. Et s'il m'a laissé traverser toutes les épreuves auxquelles j'ai fait face c'était en grande partie pour.. Disons... Me préparer.
-Te préparer?
-Oui, Ron. Me préparer à accepter. Sauver Ginny, sauver Sirius, le tournoi,.... Il aurait pu mieux me protéger. Il aurait pu sauver Sirius et Ginny. Je suis sur qu'il savait où se trouvait la chambre. Et pourquoi a-t-il laissé des enfants de 13 ans sauver un adulte? Ce n'était pas notre rôle même si, à l'époque, je trouvais cela tout à fait normal....
-Tu veux dire que c'était... Des genres de test?
-Si on veut.... Des épreuves pour que je puisse grandir et accepter plus facilement mon destin.
-Il... Il t'a destiné à.... A la mort? Il n'a rien fait contre? Au contraire... il a tout fait pour cultiver en toi, l'esprit de sacrifice. Murmura Ron. Comment.... C'était Dumbledore! Le Salaud! Siffla-t-il avec rage.
-Il nous a menti, c'est vrai et crois bien que je suis le premier à lui en tenir rigueur mais... Mais il avait raison.
-Raison?
-C'est la seule solution, Ron. Lui rappela Harry.
Et Ron ne répondit pas. Parce que cela ne pouvait pas être la vérité. La réalité ne pouvait pas être si cruelle envers Harry. Il se battait pour un monde plus juste... Un monde qu'il ne verrait jamais. Ron serra les poings et jura silencieusement de ne plus jamais faire faux bond à son ami. Il trouverait une solution.
Il trouverait, que Merlin en soit témoin.
................................
-Tu crois vraiment que c'est une bonne idée? Lui demanda Sam.
-Pourquoi pas? Lança sa femme en haussant ses épaules. Il m'a déjà renseigné sur quelque chose....
-Sur quoi?
-Ho.... Des choses et d'autres. Des trucs que je ne saisissais pas vraiment ici....Répondit Léa avec un sourire contrit sur les lèvres.
Sam repéra à un kilomètre le mensonge mais s'abstint de tout commentaires. Il vouait une confiance aveugle à sa femme
-Et tu crois qu'il va te le dire même si on est là? Lança avec désinvolture Cylan.
-Et pourquoi pas?! Rétorqua presque agressivement Sam. Pourquoi le dire préférentiellement à Léa?
Cylan haussa les épaules et retint un soupir devant l'aveuglement de son ami. C'était tellement évident que Severus en pinçait pour Lily. Déjà durant leur adolescence, il avait eu des doutes. Mais ceux-ci n'étaient plus permis.... Et Cylan était presque sur que c'était à cause d'elle que Snape avait retourné casaque. C'était tellement flagrant... Le regard fuyard mais attiré, l'attitude hautaine en sa présence, les coups d'œil furtifs,.... La seule question qu'il se posait était si Léa s'en était rendu compte...
-Il nous le dira. On ne lui demande pas la lune non plus.... Les rassura Léa avait un bref sourire avant de frapper à la lourde porte du laboratoire.
La porte s'ouvrit doucement et Cylan serra les dents quand il vit que c'était Kreattur qui leur avait ouvert la porte.
-Bonjour Kreattur, commença Léa, est-ce que Severus est ici?
-Oui, Monsieur Severus est ici, madame. Lui répondit l'elfe dans un couinement.
-Pourrait-on le voir, s'il te plait? Demanda-t-elle avec politesse.
-Kreattur va voir, madame. Lança l'elfe en s'absentant quelques secondes.
Et c'est Severus qui revint à sa place, l'air passablement irrité d'être dérangé.
-Qu'y a-t-il? Demanda-t-il brusquement en avisant le trio d'un oeil réprobateur.
-On voulait juste savoir où se trouvait la réserve de la bibliothèque. Répondit tout aussi abruptement Sam.
-La réserve? S'étonna Severus. Elle n'existe plus.
-Mais il doit bien y en avoir une! S'étonna Cylan.
-Non. Leur répondit catégoriquement Severus. Pourquoi?
-Enfin.... Severus...La bibliothèque ne contient aucun livre traitant des...
-Des Horcruxes? Les coupa-t-il. Ils ne sont pas dans la réserve. Ils sont dans la chambre de Harry. Leur répondit-il avec un sourire railleur.
-Pourquoi?
-Pourquoi pas?
-Dans sa chambre? Répéta Léa.
-Exactement. Et avant que vous n'envisagiez quoi que se soit.... Il protège sa chambre avec beaucoup d'ardeur et d'ingéniosité. Les prévint-il avant de leur claquer la porte au nez.
..............................
-Tu est vraiment bornée quand tu veux, tu sais! Rouspéta Sam en suivant sa femme.
-Léa, tenta Cylan, tu as entendu Severus, oui ou non? Il met des protections! Et vu sa puissance, il y a fort peu de chances qu'on puisse les désactiver....
-On peut toujours aller voir. Analyser. Si ça tombe, on pourra le faire à nous trois.... Répliqua Léa sur un ton docte.
-Tu te rend bien compte que se serait vraiment plus faciles de demander des renseignements à Neville? Lança Sam.
-Et toi, le railla Léa, te rend-tu bien compte qu'il y a peu de chances pour qu'il nous les dise?
-Et pourquoi ça?
-Parce qu'on ne nous dit rien. Lui rétorqua la jeune femme.
-Ou alors, il faudrait attiré l'attention de Harry... Proposa machinalement Cylan ce qui fit s'arrêter Sam et Léa.
-Cylan... Nous ne sommes plus au collège, et Harry n'est pas un professeur auquel nous voulons faire une mauvaise farce.... Le réprimanda Sam, l'air ahuris.
-Et en plus, rajouta Léa pragmatique, vous n'avez plus la cape d'invisibilité de James. Et je suis sur que Harry pourrait aisément sentir un charme de désillusion.
-Donc?
-Tais-toi et avance.....
............................................
Severus n'avait pas menti. Le sort de déverrouillage était totalement inutile, même quand ils s'y mettaient à trois. Léa avait tempêté longtemps arguant que c'était impossible qu'il soit plus fort que trois sorciers d'une puissance non-négligeable. Elle avait finit par se dire qu'il n'avait pas protéger la porte d'une manière traditionnelle. Pourquoi la magie runique? Ou une branche encore plus méconnue de la magie? Toujours est-il que la porte resta hermétiquement close. Elle ne trembla pas une seule fois.
-Et maintenant, mademoiselle je-sais-tout? Siffla Sam avec un sourire railleur.
-Maintenant, déclara-t-elle, Cylan va être très compatissant.
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Cylan râlait dans sa barbe alors qu'il guettait l'arrivée de Harry dans sa chambre. Pourquoi c'était toujours à lui de se coltiner des trucs pareils?
L'idée était simple.... Il devait intercepter Harry devant sa chambre, lui parler et détourner son attention. Si tout se passait bien, Harry l'inviterait à parler de manière plus détendue dans sa chambre et une bonne moitié du plan était réussi. Une fois à l'intérieur, il devait repérer les livres sur les horcruxes et aviser.
Tout allait tellement vite. En moins d'un mois, ils avaient appris qu'ils étaient tous mort, que Peter était un traître et qu'ils avaient soupçonné à tord leur meilleur ami. Ils avaient appris que Harry avait eu une enfance misérable et une vie pas plus attrayante. Qu'à 20 ans, il se retrouvait leader de la lumière et responsable d'une nombre important de vies. C'était juste énorme, non? Et maintenant, ils allaient apprendre un autre secret.... Celui de Voldemort. Un secret que Harry semblait garder farouchement.
Il sortit de ses réflexions quand il aperçu Harry au bout du couloir. Il prit une grande respiration et s'avança à son tour.
-Harry! Lança-t-il avec entrain.
-Hey... Salut, Cylan! Lui répondit l'autre.
Harry semblait en bien meilleur forme que les jours précédent. Depuis sa dispute avec Ron, le garçon paraissait morne et éteint. Littéralement. Si avant, il souriait peu, à présent, il souriait encore moins. Mais, là, devant lui, malgré les cernes et le teint blafard, Harry semblait plus détendu. Un petit sourire flottait sur ses lèvres et son regard vert semblait plus léger. Et Cylan se sentit rasséréner juste grâce à cela....
-Je... je voulais juste voir comment tu allais.... S'expliqua Cylan.
-Bien, merci. Lui rétorqua Harry, légèrement étonné.
-Avec.... Après ta dispute avec Ron, tu....
-C'est arrangé. Le coupa Harry. On a parlé et.... Ca va mieux. Admit-il avec une légère ombre sur le visage.
-Alors tant mieux. Souffla Cylan, désormais mal à l'aise. Je peux te poser une question? Demanda-t-il finalement.
-C'est pas ce que tu viens de faire? Le railla Harry gentiment et Cylan grogna parce que cela ressemblait vraiment trop à une plaisanterie que Severus pourrait faire.
-Ouais.... Hum.....Pourquoi tu nous fait confiance? Lança-t-il.
Le visage de Harry changea et un sourire mi-goguenard, mi-nostalgique s'étendit sur ses lèvres.
-Viens, souffla-t-il en l'attirant dans ses quartiers, on sera mieux à l'intérieur.
Et si Harry vit le sourire satisfait de Cylan, il n'en montra rien.
