Bonsoir. Je vous souhaite une agréable lecture.
Chapitre 53 – Nounou
Une heure plus tard, Regina et moi escortons les garçons jusqu'au hall, en espérant que davantage de repos accélérerait leur rétablissement. Mais alors que le temps passe, les quatre frissonnent toujours et refusent de dormir, sortant du brouillard pour nous marmonner des choses.
(Ça ne marche pas. Regina a pris la température de tout le monde, deux fois.)
- Brr. Il fait un froid de canard ici. Dit Killian.
- Ah oui, tu trouves aussi ? C'est étrange parce que je ne sens pas le moindre vent. Peut-être que cette île a des saisons inhabituelles aussi. Ne serait-ce pas absolument fascinant ?
- Je vais chercher des couvertures. Je commente.
- Emma … Commence Regina.
- Tu peux rester et les surveiller. T'as été debout toute la journée.
Elle ne répond rien, mais je prends cela comme une sorte d'approbation pour aller rassembler quelques couvertures d'un peu partout dans ce complexe. Je pose la pile entre les canapés et commence à border les garçons un par un, en croisant les doigts pour qu'ils se mettent en boule et dorment. Lorsque j'arrive à Neal, il lève un sourcil en me prenant la couverture des mains pour s'enrouler dedans lui-même, et même une esquisse de ce sourire narquois familier me donne espoir.
- Depuis quand tu joues la nounou, hein ? Demande Neal.
- Depuis que t'as décidé d'être un emmerdeur et de tomber malade. Mais t'iras mieux bientôt.
- Pas si t'es dans le coin, non.
(C'est juste un moment de lucidité. Ne t'emballe pas trop.)
- Tu sais, l'ancien toi me manque bizarrement. Mais j'essaie de me rappeler pourquoi.
- Je suis … tu sais … je suis fatigué.
Les yeux de Neal se ferment en papillonnant, un soupçon de sueur faisant irruption sur son front, et je me recule pour qu'il puisse s'endormir en paix. La pièce est silencieuse exceptée pour les bruits de respiration de chacun. Un grincement du sol derrière moi me fait presque sursauter.
- Regina. Tu m'as presque …
La taquinerie s'efface dès que j'aperçois la profondeur de ses valises sous ses yeux, des cercles sombres commençant à bien s'installer. Je veux plus que tout lui prendre la main, lui offrir mon épaule sur laquelle se reposer, mais je laisse les ongles me mordre la paume à la place.
(Donne lui de l'espace. Sois juste utile.)
- Il est tard. Tu devrais essayer de dormir un peu. Je vais les surveiller cette nuit.
- Et si on se partageait la nuit ? Si on fait des quarts, on sera toutes les deux fatiguées mais pas complètement épuisées. Je propose. Je peux commencer pour que tu puisses te reposer un peu.
- Ne me fais pas répéter.
(Ok. Mauvaise idée.)
- Mais …
- Pars.
Je la fixe un moment, essayant de trouver la bonne chose à dire, mais Regina ne cligne même pas des yeux, les épaules tendues et inébranlables.
(… Et argumenter va juste la fatiguer encore plus. Fais chier.)
- Bonne nuit. Je lui souhaite alors.
- … Bonne nuit.
Chaque pas que je fais en direction de ma chambre est à contre-cœur, et je continue d'espérer qu'elle me rappelle et change d'avis jusqu'à ce que mon dos atteigne le lit. Même assise dans le noir, mes jambes et mon dos sont douloureux après avoir marcher toute la journée, je ne peux pas dormir.
(Où est l'intérêt que je reste là-haut. On sera toutes les deux épuisées demain.)
Je regarde la lune s'élever haut dans le ciel, je perds le fil du temps et abandonne finalement quand je sors du lit, puis je redescends les escaliers aussi silencieusement que possible.
J'espère qu'il vous a plu.
Je vous dis à la prochaine.
