THE BIGGER THEY ARE de LadyExcalibur2010
CHAPITRE 53
Questions embarrassantes, encore
Bella ne mit pas longtemps à retrouver son aplomb. Quand elle sortit de la salle de bain elle rejoignit Sam à côté de moi, il était anxieux et elle l'étreignit fermement. "Merci," dit-elle en embrassant sa joue.
Puis elle m'étreignit à moi aussi et m'embrassa sur la bouche, pas sur la joue. "Et merci à toi," ajouta-t-elle. Elle s'approcha tout près. "Je t'aime." De simples mots, vraiment. Mais pas un sentiment simple.
Personne ne commenta la disparition de Bella mais je remarquai que les autres garçons lui jetaient des coups d'œil inquiets. Finalement ils comprirent qu'elle était contente et ils retournèrent regarder les films. Je laissai le dvd en arrière-plan pendant que je lui donnai mon autre cadeau.
J'en étais arrivé à la conclusion que l'achat de cadeaux pour une femme comme Bella était à la fois un soulagement et un défi. Un soulagement parce que je savais qu'elle appréciait vraiment chaque cadeau que je lui faisais. Elle n'était ni difficile ni exigeante. Et un défi parce qu'elle n'avait pas tout ce qu'elle voulait. Elle était une personne facile à contenter qui ne semblait pas avoir besoin de 'choses' pour la rendre heureuse.
Alors quoi acheter à une femme qui ne veut rien ou qui ne se soucie pas vraiment de savoir s'il lui manque quelque chose? Je pouvais seulement faire des suppositions. Bella ne voulait pas de tout ça mais elle le méritait sûrement. Je poussai Seth et il lui remit l'enveloppe. Alice était rayonnante parce qu'elle connaissait son contenu.
"Et il y a une dernière chose Bella," dis-je en poussant Seth en avant. Il la lui tendit et l'étreignit rapidement.
Elle me regarda et je haussai les épaules comme si mon cœur ne battait pas la chamade. Ça me faisait du bien de lui donner des choses. Je n'étais pas un homme riche mais j'avais assez pour m'assurer de la gâter juste un peu.
Elle ouvrit l'enveloppe et lut le papier à l'intérieur. "Bella James et deux invitées...?" Elle me regarda.
"J'ai pensé qu'Alyssa serait ici et tu sembles bien t'entendre avec elle," lui répondis-je. "Mais tu es libre d'emmener Masen si tu veux?" Je lui fis une petite grimace.
Elle rit et secoua la tête. "Un jour entier? Au spa?" demanda-t-elle.
"Massages, soins du visage, pédicures, manucures, tout ça," répondis-je. "Alice m'a donné la liste et je l'ai suivie." Alice sourit à Bella. "Alice va avec toi aussi."
"A moins que tu préfères que ce soit moi," offrit Jasper en battant des cils.
"C'est tentant, Whitlock mais non merci," lui répondit-elle.
"Tu ne veux pas voir Whitlock épilé," dis-je en frissonnant.
"Une limousine?" demanda-t-elle.
"Bon c'est quelqu'un qui viendra vous chercher, pas sûr que ce soit ce genre de voiture," dis-je. "Mais vous pourrez boire autant de champagne que vous voudrez."
"Un déjeuner?"
"Oui vous mangerez là-bas," dis-je. "Le repas vous sera livré, comme ça vous n'aurez pas à sortir du spa."
"Et les garçons?" l'expression de Bella était amusée et impressionnée. C'est bon Bella. Je veux prendre soin de toi baby. Laisse-moi faire ça. Tu n'as plus besoin de tout faire, toute seule.
"Eh bien Jasper et moi resterons avec les enfants. Oh et Masen aussi." Ça me fit rire. "Il ne le sait pas encore mais bon."
Elle rit et secoua la tête. "Bien regarde-toi, multitâches et tout. M'offrant une journée merveilleuse et te vengeant de ton frère en même temps."
Je haussai les épaules. "Que puis-je dire? Je suis ce genre de gars, multitâches."
Elle enroula ses bras autour de moi. "C'est ce que tu es, ce genre de gars parfait," murmura-t-elle.
La fête commença à s'effilocher. Je dis à Bella de s'assoir pendant que les garçons et moi commencions à nettoyer. Alice et Jasper nous aidèrent. Puis Jasper dit à Alice de s'assoir et de parler avec Bella pendant que nous autres finissions de ranger. Les enfants disparurent mais peu importe. Nous avions tout sous contrôle.
Jasper et moi étions dans la cuisine et je nettoyai les plans de travail pendant qu'il rangeait les restes dans le frigo. "Alors... toi et Bella c'est du sérieux, hein?" dit-il de façon inattendue.
Je me tournai vers lui surpris. Non pas parce qu'il avait deviné mais parce que j'avais pensé que c'était très évident. Je haussai les épaules. "Ouais," dis-je. "Très sérieux. Je veux qu'on se marie." Ça y était, de nouveau le mot en M et ça ne fit même pas réagir mon estomac. Ensuite j'aurais voulu me botter les fesses. J'aurai d'abord dû dire ça à Bella pas à Jasper. Oh bon, je vais le faire très bientôt.
"Ouais, je m'en doute," dit-il d'une voix trainante. "Tu as cette expression sur le visage. Tu as été séparé du troupeau et tu as la marque sur ton cul."
"Très joli," murmurai-je.
Il haussa les épaules. "Tu comprends ce que je veux dire, tu appartiens à cette petite dame comme si tu avais été un cadeau, emballé et livré."
Je ne pouvais pas trop discuter, c'était évident.
"J'ai toujours pensé que tu étais du genre à te marier," poursuivit-il. Maintenant, ça devenait surprenant.
"Quoi?"
Il me sourit. "Tu m'as bien entendu. Tu attendais juste la bonne femme," dit-il. "Tu n'as plus besoin de chercher maintenant," plaisanta-t-il.
Je haussai les épaules, pas vraiment envie de parler de mes exploits passés. Je n'en étais pas honteux mais je n'en étais pas fier non plus.
"Et tu vas vraiment quitter l'armée au mois d'avril?" me pressa-t-il.
"Ouaip," dis-je en hochant la tête. "Je ne peux pas lui faire ça. En même temps ça fait un moment que j'y pense. Rencontrer Bella a renforcé mon envie."
"Bella a dit à Alice que tu pensais ouvrir un bar?" me demanda-t-il. Et ça me parut être autre chose que de la curiosité.
"Oui c'est mon projet," dis-je. "J'ai déjà trouvé toute une liste d'endroits à vendre et étudié ma situation financière." Je finis de nettoyer le plan de travail et tournai entièrement mon attention vers lui. "Je ne suis pas riche mais j'ai fait attention à mon argent pendant des années. "
Jasper avait l'air assez agité, ce qui était assez inhabituel chez lui. Il était toujours du genre calme et concentré... Quand il ne chantait pas du Elvis, bien entendu. "Alice et moi en avons parlé aussi," dit-il.
"Ah ouais, et de quoi?"
Il me regarda. "Elle veut que j'arrête aussi," dit-il à voix basse. "Je peux être redéployé si je signe et Alice..." il secoue la tête. "Elle n'est pas heureuse, elle dit qu'elle en a assez." Il était déjà parti deux fois.
"Et toi qu'est-ce que tu en penses?" Le rêve de Jasper en bon texan qu'il était, avait toujours été de rejoindre l'armée. Ça lui avait permis de mettre de l'ordre dans sa vie dissolue, une voie vers la normalité et une vie respectable. Ce qui était logique pour un homme de trente ans.
Il soupira et secoua la tête, enfonçant ses mains dans ses poches. "Si tu me l'avais demandé il y a un an je t'aurais répondu que je ne pourrais pas m'imaginer vivant d'une autre façon."
"Et maintenant?"
"Eh bien à présent je pense qu'un homme de quarante ans doit rester à la maison avec sa famille et pas à rôder dans le désert et être susceptible de se faire tirer dessus." Il me sourit. "En même temps, je ne peux plus courir aussi vite qu'avant et je fais une cible facile," il soupira. "Et avec ma chance on va me tirer dans les couilles et Alice sera vraiment très énervée."
Il fallait que j'en rie parce que Jasper avait toujours eu un langage fleuri.
"Et alors où ça te mène-t-il?"
"Mon temps sera fini au printemps, en même temps que toi," dit-il.
"Qu'est-ce que tu voudrais faire?"
Il secoua la tête. "Je ne sais pas," admit-il. "Alice aime être ici, alors peut-être nous y installer définitivement si je peux trouver du travail." Ni l'un ni l'autre n'avait de famille. Les parents d'Alice étaient morts et ceux de Jasper étaient inutiles. Il grimaça. "Je déteste cette idée d'un bureau, mec. J'ai fait tout ça à l'armée et je veux quelque chose ... de plus." Il tapota sa poitrine et je sus ce qu'il cherchait.
"Je pensais que tu avais arrêté," lui rappelai-je. Il avait été un gros fumeur deux ans auparavant jusqu'à ce qu'il attrape une grosse pneumonie et qu'il avait fait vraiment peur à Alice. Elle lui avait fait la morale jusqu'à ce qu'il arrête. Ses e-mails étaient mauvais et geignards pendant six mois. J'avais été heureux quand finalement il avait arrêté de fumer pour de bon.
Il grimaça. "Ouais, je l'ai fait. Son côté texan ressortait, comme quand il était ivre ou stressé. Là il n'était pas ivre. "Je déteste cette idée de travailler derrière un bureau."
Je comprenais. Moi non plus je ne voulais pas de ça. C'est pour cette raison que cette histoire de bar me convenait bien. Etre mon propre patron après avoir obéi à d'autres pendant vingt ans? Rien de mal à cela d'après ce que je pouvais voir. Cela signifiait seulement que tout reposerait sur moi, mais ce n'était pas grave. Ce n'est pas comme si j'avais plusieurs choix. C'était comme ça quand on était son propre patron - être à l'endroit où la balle s'arrête. Je regardai Jasper. Ou peut-être que j'avais une autre option. Une idée folle m'apparut, mais il me sembla qu'elle pourrait marcher.
"D'accord, je vais te proposer un truc, Whitlock. Tu as le choix mais je m'attends à ce que tu en discutes avec Alice avant tout, je n'attends pas de réponse maintenant," dis-je. Il me lança un regard curieux. "Bon je veux ouvrir un bar, d'accord? Je veux qu'il devienne un endroit où les gars comme nous se sentent bien. Tu sais, tu connais ce genre d'endroit." Il opina. Nous avions été dans des centaines d'endroits ensemble pendant toutes ces années. "Alors que penserais-tu si nous ouvrions ce bar tous les deux... en tant qu'associés?"
"Associés?"
"Eh bien nous allons avoir besoin tous les deux d'un revenu pendant un certain temps pour compenser le fait d'être à la retraite," dis-je. "Et je sais combien ton budget est serré Whitlock. Tu pourrais faire ressembler Harpagon à un marin ivre sans travail quand il s'agit de dépenser ton argent." Il ne démentit pas. "Alors je suis sûr que tu as quelques économies comme moi. Tu dis toi-même que tu ne veux pas d'un travail de bureau. Un bar est le travail le plus éloigné d'un emploi de bureau que tu puisses avoir." Plus j'y pensais plus je devenais enthousiaste. "Tu es intelligent contrairement aux apparences." Il me lança un regard noir. "Je peux t'envoyer par e-mail la liste des endroits que j'aie trouvés ainsi que tous les calculs que j'aie faits, la licence et tout le reste. Jette un coup d'œil là-dessus, parle de ça avec Alice et réfléchissez-y. Si la réponse est non, ce sera sans rancune. Je commence juste à y penser."
Jasper était sur le point de dire quelque chose lorsque nous entendîmes une voix féminine dire. "Envoie tout ça et je regarderai." Alice nous sonda dans l'expectative. Bella était à côté d'elle. Alice dut voir la surprise sur mon visage et elle roula des yeux. "Quoi? Tu ne sais pas que j'aie un diplôme en affaires, idiot? Je veux voir les chiffres." Elle haussa les épaules. "Mais bon ça me semble, parfait pour l'instant. Génial même." Elle regarda Jasper. "C'est peut-être juste l'opportunité que nous cherchions et Cullen réussira probablement à ne pas nous mettre en faillite."
"Merci," dis-je laconiquement.
"Ton frère n'est-il pas une sorte de génie publicitaire?" demanda Bella en regardant Alice. J'eus le sentiment qu'elles étaient bien avance sur moi.
"Ouais," dis-je avec méfiance. "Quelque chose comme ça."
Alice et Bella se regardèrent de nouveau. Whitlock et moi restions là comme deux imbéciles. Finalement Alice parla. "Eh bien ne pensez-vous pas qu'une nouvelle entreprise bénéficiant d'une bonne publicité prendrait un meilleur départ?" demanda-t-elle.
Oh. Oui. Elle avait raison. Etrangement, ça ne m'était même pas venu à l'idée de demander de l'aide à mon frère. Je suppose que c'est parce que je ne suis pas encore habitué à l'idée de vivre si près de lui. Mais dans trois jours, il serait là pour de bon. Alice avait raison. J'avais un as de la publicité. Je ne le lui dirai jamais mais je connaissais sa valeur. Il gardait seulement pour moi cette image de petit frère ennuyeux.
"Tu as raison," murmurai-je. A présent je n'avais plus qu'à réfléchir à comment demander à Masen de me faire cette faveur ... sans qu'il se rende compte que s'en était une. Plus facile à dire qu'à faire, bon sang.
Whitlock ouvrit le frigo et en sortit quatre bières puis nous les tendit. Quand nous le regardâmes à nouveau il nous sourit et leva sa bouteille. "Aux nouvelles possibilités," dit-il. Et nous trinquâmes.
Je regardai Bella et je vis que ses yeux étaient posés sur moi. Un sourire discret se dessina sur ses lèvres. Je savais que ce toast signifiait bien davantage que juste une opportunité d'avenir. Nous trinquions à un avenir brillant et plein de promesses.
Bella n'avait pas pu avoir tout le contrôle de son anniversaire alors les garçons et moi avions décidé que ce ne serait que justice de lui laisser le contrôle de la télévision le dimanche. Elle nous dit gentiment qu'hier avait déjà compté pour ses choix alimentaires mais qu'il n'y avait pas moyen qu'elle renonce au contrôle de la télécommande. Avec beaucoup de murmures et de grimaces boudeuses les garçons s'installèrent sur le canapé pour une journée de films de Lifetime.
Bella ne nous déçut pas.
Je n'avais pas la moindre idée de combien de films avaient été faits sur des femmes ayant été maltraitées. Et je me demandais bien pourquoi une chaine dédiée aux femmes montrait tant de films déprimants avec des femmes dans le rôle des victimes. Bella se moqua de moi lorsque je lui demandais.
Ensuite nous nous esquivâmes dans le placard pour une séance de pelotage clandestin et Bella devint très joueuse. Ma queue et moi étions à la fête. Je m'inquiétai que les garçons s'aperçoivent que nous étions partis mais ils étaient toujours devant Lifetime dans une sorte de coma lorsque nous redescendîmes rouges mais satisfaits.
Le mardi matin je passai par la maison de Masen en me rendant au travail. Je n'étais pas sûr de l'heure à laquelle ils allaient arriver mais ce que je savais c'est que ce serait tard. Je ne prenais pas de congés tout de suite mais je serai là dès je pourrais pour aider. Alyssa m'avait déjà assuré qu'elle préférait faire elle-même le déballage. "Je veux savoir où sont toutes mes choses," avait-elle dit.
Je pouvais le comprendre. Vraiment, qui veut qu'un tas de gens fouille dans vos affaires?
Ils n'étaient pas encore là.
Samedi matin, Bella et moi partions pour notre week-end. Je ne savais toujours pas où nous allions. C'était un secret bien gardé. J'étais toujours aussi excité à cette idée de m'éloigner. Ce ne serait pas la première fois que nous aurions des relations - même pas notre troisième - mais nous le ferions. Nous serions seuls. Et j'avais déjà décidé que je lui expliquerai mes intentions clairement pendant notre week-end. Je lui dirai que je voulais qu'elle m'épouse, une hypothèque et des manettes Xbox dans les coussins de mon canapé.
Donc ce week-end était très important et pas que pour le sexe.
A vrai dire je mourais d'envie d'être physiquement très proche de Bella. Et ma bite était d'accord.
Il ne me restait que quatre jours à patienter, en incluant aujourd'hui. Je vis des tas de douches froides dans le futur mais je devais l'admettre j'étais moins en manque, j'avais pu passer deux jours sans me masturber. Ouaip, deux jours. Un nouveau record.
Vers dix-sept heures je reçus un texto de Masen me disant qu'ils étaient dans leur nouvelle maison mais qu'ils venaient tout juste de commander des pizzas et de se poser. Je lui répondis en lui disant que j'allais les contacter plus tard ce soir.
Je sortis du travail assez tôt ce soir-là et j'allai chez Bella. A ma grande surprise Emmett me prit à part et me demanda s'il pouvait me parler. Je me sentis un peu inquiet mais j'acceptai.
Nous retournâmes à l'extérieur et il ferma la porte coulissante avec fermeté pour lutter contre les oreilles indiscrètes. Il planta ses mains dans ses poches et carra les épaules. La posture typique d'Emmett quand il avait quelque chose à dire. J'attendis simplement.
"Je... Je voulais te remercier d'avoir fait tout ça pour maman," dit-il enfin sans me regarder. "C'était très bien."
"Ouais, je le pense aussi," acquiesçai-je avec un sourire.
Il ne bougea pas. Il ne parlait pas. Il restait là et c'est tout. Quelque chose d'autre allait être dit mais je n'étais pas bien sûr de ce que ça pouvait être. "Sam, Seth et moi avons parlé et ..." il soupira et vouta les épaules encore plus. Un petit air renfrogné apparut sur son visage et il sembla lutter avec ce qui allait se passer. "On voulait que tu saches que nous apprécions tout ce que tu as fait euh.. bon, et que ça te soit égal qu'on parle de notre père ou des trucs de ce genre." L'air refrogné se renforça et il donna un coup de pied dans le sol. Je remarquai qu'il n'avait pas inclus Jake dans le lot et ça c'était de mauvaises nouvelles pour moi. Il était mon champion.
Finalement les yeux bleus rencontrèrent les miens. Bon Dieu qu'est ce qu'il ressemblait à son père!
"Ouais, bon je voulais vous dire que j'appréciais que vous me laissiez faire partie de la famille."
Emmett hocha la tête pensivement, mordant sa lèvre inférieure et fronçant les sourcils en regardant ses pieds. "Alors... euh... nous nous demandions un peu si..." Il arrêta et fit courir sa main dans ses cheveux, les ébouriffant. Ses cheveux étaient noirs comme ceux de Mac mais souples comme ceux de Bella. "On se demandait où tout ça allait nous mener? Etre un membre de la famille, je veux dire." Au lieu d'un rapide coup d'œil ses yeux se posèrent sur moi. Il attendait et évaluerait la réponse.
Je reproduisis sa posture, une main dans ma poche. Je pris mon temps pour répondre je ne voulais pas le contrarier. Je fus surpris d'entendre la porte coulissante s'ouvrir, Bella en sortit et nous regarda curieusement.
"Qu'est-ce qu'il se passe les gars?"
"Nous parlons, Emmett et moi," répondis-je. Je le laissai décider si sa mère pouvait se mêler à la conversation. Il avait des choses à demander et il voulait des réponses. "Emmett?"
Il regarda sa mère et opina. "'Ouais. J'ai juste quelques questions."
"Oh," répondit-elle. "Est-ce que tu veux que je vous laisse seuls?"
Et voilà, encore l'une des raisons pour lesquelles j'aimais beaucoup Bella. Elle laissait de l'espace à ses fils lorsqu'ils en avaient besoin. Elle était toujours prête à les aider quand ils le demandaient. Elle savait maintenir cet équilibre entre l'amour et l'envahissement.
"Non, c'est bon," dit-il. Ensuite il prit une profonde inspiration. "Alors..." commença-t-il en me regardant. "Je sais que tu as dit que tu 'gardais' Jake." Il regarda vers sa mère puis revint à moi. "Qu'est-ce que ça veut dire ... exactement?"
Je déglutis et regardai Bella comme si c'était un jeu de questions réponses et que je n'avais pas la réponse. Elle me fixa elle aussi les yeux écarquillés. Nous nous étions attendus à ça je suppose mais pas maintenant. Pas déjà. Pas aujourd'hui.
Puis la porte s'ouvrit à nouveau et Jake était là. Bon maintenant c'était la fête.
Pour bien mettre les choses à plat, je répétai la question d'Emmett. "Vous voulez savoir ce que je voulais dire quand j'ai dit que je gardais Jake?" Une veille technique du manuel, retarder le moment de la réponse. Ça marchait. Jake me regarda et me prit par la main. Emmett hocha la tête avec impatience.
"Alors qu'est ce que ça signifie?" m'incita-t-il à répondre.
"Ça veut dire qu'il me garde," répondit Jake pour moi avec un hochement de tête catégorique. Le 'con' finissant la phrase ne fut pas prononcé.
"Mais pour nous ça veut dire quoi?" insista Emmett.
Jake secoua la tête. "Nous n'avons rien dit sur le fait qu'il voulait vous garder."
Emmett ignora son frère et posa ses yeux sur moi. "Alors... que voulais-tu exactement dire lorsque tu as dit à Jake que tu allais le garder."
Je m'éclaircis la voix. Nous avions parlé de ça la semaine précédente. Mais je ne voulais rien dire sans sa permission. En même temps j'avais vraiment envie de commencer la conversation sur le mot en M mais quand elle serait seule. Il semblerait toutefois que j'aie ça à faire dès à présent. Alors d'accord.
Je regardai Bella et elle hocha la tête. J'avais remarqué que nous avions commencé à voir ces conversations silencieuses que les couples ont. "Bon Emmett ça veut dire que je lui ai promis de rester dans sa vie — et dans la vôtre."
Emmett acquiesça. "Et maman?"
Je tendis mon bras et attrapai sa main. "Et dans la vie de votre mère."
"De quelle façon?" insista-t-il. Merde, ce garçon pourrait devenir journaliste. "Précisément," ajouta-t-il ostensiblement.
"Ça veut sûrement dire..." Bella se racla la gorge et me lança un coup d'œil. Je hochai la tête. "Ça veut dire que nous pourrions être une famille... tous les six."
"Alors on parle de mariage?" me demanda-t-il en croisant ses bras sur son énorme poitrine. Je commençai à croire qu'il pourrait avoir le dessus s'il me prenait au dépourvu.
Je restai silencieux un moment. Je ferai bien d'y aller de toute façon c'est là que nous nous dirigions. Pas encore mais la destination était connue — et ça ne me dérangeait pas du tout. Oui, j'aurai bien aimé parler de mes espoirs pour l'avenir avec Bella avant. Au lieu de ça, il m'avait interpellé avant ... une fois encore. C'était ce qui arrivait quand on sortait avec une femme qui avait des enfants qui était assez âgés pour comprendre. Peut-être que c'était mieux de cette façon. "Oui Emmett, nous parlons de mariage." La main de Bella se resserra sur la mienne. Quelque part ça me fit me sentir comme si je venais de lui faire ma demande et qu'elle l'avait acceptée. J'allais le lui demander et le faire de la façon la plus romantique qui soit mais je sentis un poids quitter mes épaules.
C'est à ce moment là que Sam et Seth sortirent et je me dis que c'était mieux que ce soit clair pour tout le monde. Il avaient besoin de connaitre la vérité. Plus de suppositions, plus de jeux. Est-ce que ce n'était pas ça que j'aimais dans ma relation avec Bella? Les garçons méritaient-ils moins? Je regardai Sam et Seth. "Oui, je veux me marier avec votre mère."
Ça y était. Et ça ne pouvait pas être plus clair.
"Alors tu parles bien de mariage?" Emmett avait besoin d'une confirmation. Je retins un soupir. Ce n'était pas ce que je venais juste de dire?
"Pas littéralement parler de mariage. Nous n'avons pas prévu de date ou quoi ce soit. Nous n'avons pas encore pensé à tout ça. Si nous l'avions fait nous vous l'aurions déjà dit. Cependant c'est juste de dire qu'Edward et moi allons par là," dit Bella tranquillement. "Edward et moi en sommes à un moment de notre vie où nous devons avoir un peu de bonheur." Elle sourit à ses fils. "Pas que vous ne me rendiez pas heureuse. Vous le faites mais un jour vous partirez pour vivre votre propre vie. Et c'est ainsi que ça doit être. Et c'est ce que je veux pour vous et c'est mon travail de vous y préparer." Elle caressa ma main. "Mais Edward fera partie de ma vie. Et cela veut dire que nous serons une famille."
Je m'attendais à des gémissements et des protestations. A la place Emmett regarda Sam et Seth . Après un moment de silence ils lui firent un hochement de tête. "Bon d'accord alors," dit Emmett. "Alors nous sommes d'accord." Il me rappelait vraiment Charlie. Ensuite il plissa les yeux. "Mais quand vous commencerez à parler de le faire nous pensons que nous devons être les premiers à le savoir."
"Je le pense aussi," lui dis-je. "Et je vous promets que ce sera le cas. Nous n'allons pas vous faire de mauvaises surprises."
Emmett fit une sorte de sourire en coin. "Ouais c'est trop tard pour ça," dit-il et à cet instant je vit un flash de l'homme qu'il serait un jour. Une fois de plus il consulta ses frères silencieusement. "Très bien, alors c'est tout ce que nous voulions savoir."
Je me rendis compte que j'avais besoin de respirer. J'avais les jambes flageolantes. Les garçons nous laissèrent seuls après un dernier regard. Je pris Bella contre moi et la plaquai contre le mur cette fois quand je compris que les garçons ne pouvaient pas nous voir. Si le petit grognement qu'elle émit était une indication, ça lui était égal. Je l'embrassai longtemps et intensément et il y avait plein de langue. Je pris ses fesses en coupe et la fit frotter contre ma queue juste un peu.
"Je suis incroyablement allumé maintenant," confessai-je quand j'eus besoin de respirer.
"Moi aussi," admit-elle haletante. Ça faisait du bien à mon ego.
Je ris et saisis son visage entre mes mains. "Et moi qui pensais que la chose la plus importante aujourd'hui était l'arrivée de mon frère en ville."
Elle rigola. "C'était juste pour te montrer, nous pouvons toujours te surprendre."
"Oh baby tu m'as surpris tellement de fois depuis le jour où j'ai posé mes yeux sur toi."
A suivre (ce soir) le prochain bonus avec Emmett dans le rôle principal et ses frères.
Le prochain chapitre s'intitule "Tout s'accélère" et beaucoup de choses s'enchainent pour arriver au fameux week-end, vous verrez...
à vendredi
