Bonjour à tous !
Voici le nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira.
N'hésitez pas à me faire part de vos remarques et de vos commentaires.
Bonne lecture à tous.
Disclaimer : Naruto appartient à Masashi Kishimoto. Touhou Project appartient à ZUN.
Chapitre 49 : Assauts sur Kumo
Une tempête violente balayait la vallée qui reliait le pays de la foudre à celui du pays du givre. Le vent soufflait fortement, entravant la progression des voyageurs, à grand renfort de projections de poussières irritantes. Cependant, la nature avait beau se déchaîner en faisant hurler la tempête, cela n'arrêtait pas les deux intrépides voyageurs qui arpentaient la route du col d'Unraikyô.
Le vent violent avait beau les repousser, à grand renforts d'éclairs et accompagné d'une fine pluie glaciale, cela semblait futile face à la détermination des deux hommes engoncés dans leurs capes sombres.
Leurs chapeaux de paille les protégeaient un tant soit peu de la pluie oblique, tandis qu'ils s'échinaient à gravir la pente raide, ainsi que le petit sentier qui courrait le long des falaises abruptes, qui étaient dénuées de garde-fou, afin de leur éviter une chute de plusieurs centaines de mètres.
- Quel temps pourri, gromella le plus petit en rajustant son chapeau avec sa main droite, dont l'index était orné d'une bague bleue.
- Arrête de faire ta précieuse, Deidara, râla le colosse équipé d'une large épée. Contente-toi d'avancer. Tobi attend que l'on revienne avec Hachibi.
Le déserteur d'Iwa se contenta d'un soupir dédaigneux, pour clore la conversation.
Ce n'est que le lendemain, alors que la pluie avait cessé de tomber et que le soleil commençait à chasser les flaques survivant dans les ornières, que les deux membres de l'Akatsuki descendirent vers le sanctuaire ou s'entraînait le jeune frère du Raikage.
Autour d'un labyrinthe de canyons et d'escaliers, il y avait un vieux temple, dominant une esplanade circulaire, comme si les architectes avaient senti qu'un combat légendaire devrait s'y tenir un jour futur.
- Hachibi ! appela Deidara qui enfourchait un de ses oiseaux. Suivez-nous immédiatement.
Le colosse à la peau cuivrée qui contenait le démon aux huit queues se retourna. Ses lunettes de soleil dissimulaient son regard, mais son attitude tendue signifiait clairement qu'il n'allait pas se rendre sans combattre.
- Ca aurait été trop simple, soupira Deidara.
Kisame dégaina son épée, attaquant de front l'homme aux multiples sabres. Les lames s'entrechoquèrent, mais au moment ou Samehada effleura la peau du jinchûriki, le manche de l'épée aux écailles acérées réagit d'une façon surprenante. La poignée créa de petits pics qui percèrent la paume de Kisame.
Le nukenin de Kiri sursauta, reculant pour comprendre. Sa fidèle épée, l'outil qui l'vait accompagné fidèlement durant des années, semblait avoir une préférence pour un autre maître.
C'était intolérable. Une telle trahison était inacceptable pour le déserteur, qui jeta de force son arme loin du lieu de combat. Cependant, si les requins sont myopes, ils ne sont pas idiots. Le nukenin conserva cependant un lien mental avec la lame à la peau de requin, au-cas-où le besoin s'en ressentirait, ainsi que pour la retrouver facilement une fois ce duel terminé.
Deidara observa les frappes rapides et les combinaisons d'attaque de leur ennemi. Cette dans des sabres était extrêmement brutale et coordonnée. Sans son œil gauche équipé d'une loupe, il aurait eu du mal à voir tout le spectacle. Des coups si vifs, si éphémères, ils se rapprochaient de son idéale définition de l'art.
Kisame, qui avait dégainé une paire de kunais, sentait qu'il n'était pas de taille contre cet adversaire. Lui, l'un des sept sabreurs de Kiri, n'avait jamais été connu pour la subtilité, mais cet épéiste était capable de rivaliser en utilisant des mouvements très complexes et coordonés.
Le déserteur passa aux choses sérieuses, choisissant de montrer son talent dans un autre domaine. Il envoya ses monstrueux jutsus aquatiques, qui submergèrent les vallées environnantes, transformant les ruisseaux de montagne en torrents.
L'oiseau d'argile tournoya, décrivant de petits cercles pour observer les alentours et guetter l'arrivée des gêneurs. La violence des combats n'allait pas tarder à attirer une attention indésirable.
Killer Bee passa lui aussi aux choses sérieuses. Les huit queues de Hachibi émergèrent dans son dos, alors que l'homme s'entourait d'une aura rouge, dévoilant le taureau aux tentacules de poulpe.
Le bijû hurla, son grondement résonna dans la vallée, alors qu'une monstrueuse quantité de chakra s'aggloméra dans sa gueule.
Soudain, une rafale dorée jaillit, explosant en une déflagration de chakra. L'éclat balaya le sol, avant de s'écraser dans les montagnes, ravageant un sommet.
Deidara grinça des dents. Comment ce type pouvait-il créer une explosion aussi incroyable et aussi puissante ?
C'était lui, l'artiste ! Normalement, personne ne pouvait créer d'explosions plus belles que les siennes !
Le blond enragea, abandonnant sa surveillance. Il allait montrer son talent à ce jinchûriki !
Le terroriste largua ses explosifs aléatoirement, mais tous ses oiseaux et ses orbes blancs explosèrent au sol, provoquant de lumieux flashs qui désorientaient le bijû, tout en meurtrissant sa chair.
Le taureau mugit furieusement, agitant aveuglément une de ses mains au dessus de lui, tentant de happer le déserteur planant au dessus de lui.
Deidara esquiva, piquant autour des queues agitées et larguant davantage de ses créations explosives, frappant le bijû de tous les cotés.
Hachibi gronda, tentant désespérément de capturer l'insaisissable nukenin qui poursuivait ses assauts.
C'était un festival d'explosions et de grondements, tandis que les jeux de lumière sur la fumée créaient une ambiance mystérieuse et stroboscopique. Le spectacle offert par Deidara était quelque chose de véritablement inoubliable, avec ces éclats soniques bien rythmés, qui s'enchaînaient au rythme des pulsations cardiaques de ceux qui assistaient à ce combat.
L'assaut avait eu raison de deux des tentacules du démon, mais avait forcé Deidara à vider ses réserves d'argile. Le blond conservait deux dernières poches, mais il avait l'intention de les garder pour le moment opportun, lorsqu'il devrait couvrir sa retraite.
Devenu inutile, Deidara reprit de l'altitude, se mettant hors de portée des attaques physiques de la bête furieuse, laissant le champ libre à Kisame. Le nukenin aux immenses réserves de chakra devrait pouvoir triompher de Hachibi sans problème, maintenant.
Le squale chargea de nouveau, mais il avait changé. Avec ses immenses réserves de chakra, il avait réussi à imposer sa volonté à son épée rebelle et avait fusionné avec elle. Le résultat était cet homme à la carrure animale, aux bras ornés de nageoires et dont l'aspect ressemblait à celui d'un monstrueux squale.
Kisame s'entoura d'une immense masse aqueuse, avant de charger. Le tsunami déferla sur Hachibi, qui mugit. Une fois de plus, le démon accumula son chakra dans sa gueule, avant de déglutir cet imposant rayon d'or.
Le faisceau traversa la sphère d'eau comme s'il n'y avait rien sur son chemin. A l'intérieur, l'épéiste de Kiri esquiva le rayon, mais il ressentit bien l'eau s'échauffer brusquement lorsque l'énergie de la bombe du bijû se dispersa.
Cela n'empêcha pas la vague de s'écraser contre le corps massif de Hachibi, le repoussant sur plusieurs dizaines mètres, tandis que Kisame buvait littérallement le chakra qu'il absorbait au démon.
L'assaut de Kisame était brutal. Coup après coup, ses jutsus parvenaient à épuiser le démon. Hachibi avait d'immenses quantités de chakra, mais Kisame n'était pas surnommé le bijû sans queue pour rien.
Après une nouvelle série d'attaques, harcelant le démon avec ses requins aqueux, Kisame se replia. Il fit un signe à son complice, que Deidara interpréta comme le moment rêvé pour passer à l'action.
Le terroriste s'en donna à cœur joie. Il largua une énorme bombe, dont l'éclat fut visible à des kilomètres, sans parler du bruit assourdissant de la déflagration qui pulvérisa le sanctuaire et qui souffla les arbres environnants.
Kisame s'abrita, mais il ressentit bien l'explosion ébranler sa défense et même son bras eut du mal à dissimuler la totalité de la vague de lumière qui jaillit de l'explosion.
Le nukenin constata les dégats, notant que le lieu du combat n'était plus qu'un cratère noirci, dont le centre était occupé par une silhouette sombre.
Le jinchûriki n'était pas seulement couvert de suie, son corps était constellé de brûlures et de scarifications. Le frère du Raikage était grièvement blessé et seul son faible souffle régulier indiquait qu'il était encore vivant.
- Je le prends, déclara Deidara en utilisant la queue de sa monture d'argile pour s'emparer du corps inerte.
- Dépéchons-nous de filer d'ici, ajouta Kisame. Les ANBU sont probablement déjà en route.
- Espérons, gromella Deidara. Une telle œuvre d'art ne peut rester inaperçue, sa beauté éphémère doit subjuguer à jamais tout ce qu'ils ont vu dans leurs esprits.
Son camarade sourit.
Lorsque Deidara n'était pas à fleur de peau et qu'il ne se lançait pas dans une litanie sur la manifestation du beau, il pouvait se révéler d'une agréable compagnie.
Les deux déserteurs s'enfuirent vers la cachette la plus proche, initiant sans tarder l'extraction du huitième bijû.
Pendant ce temps, alors que l'Akatsuki caressait du bout des doigts l'achèvement du plan de l'œil de la lune, une silhouette sombre envahissait le village de Kumogakure.
Le village était calme, mais derrière cette apparence paisible, les shinobis étaient en état d'alerte. Les troupes d'élite s'étaient séparées pour enquêter sur l'assaut du col d'Unraikyô et de nombreux chûnins avaient été mobilisés pour garder les murs.
Avec tous ces ANBU et de nombreux jônins dispersés dans tout le pays, Kumogakure no sato était insuffisamment protégé.
Au milieu du dédale constitué par ces maisons de pierres massives perchées sur des sommets, la silhouette d'un membre de l'Akatsuki aurait pu être visible dans les ombres,, si quelqu'un y avait prêté garde. Mais la vigilance d'un chûnin n'était pas la même que celle d'un agent d'élite et le mystérieux infiltré poursuivit calmement sa progression.
Le ninja avait cependant retiré la petite clochette de son chapeau, refusant d'être trahi par le moindre bruit. Kunai en main, il semait les cadavres le long de sa piste meurtrière, s'enfonçant au cœur d'un complexe sécurisé de bâtiments pourtant lourdement gardés.
A force de crocheter des portes et de désamorcer des mécanismes piégés, le criminel s'enfonça dans les zones secrètes les mieux protégées et découvrit enfin ce qu'il cherchait.
Devant lui, se trouvaient enfin les cinq trésors du Rikudo Sennin, des armes d'une puissance exceptionelle ayant appartenu à l'ermite ayant fondé le monde shinobi et ayant permis aux hommes de disposer du chakra.
Avec calme, il retira l'éventail banane du ratelier ancré au mur, avant de sentir le pouvoir de l'arme envahir son corps. Avec regret, il se contenta de le ranger dans son dos, accroché à la ceinture de sa cape.
Il se saisit des autres armes, refusant de laisser de tels instruments aux mains de ses ennemis. Une fois l'épée accroshée à sa taille et la corde enroulée autour de son épaule, il s'empara de la gourde et du pot d'ambre. Malheureusement, ce dernier était lourd et volumineux. L'inconnu avait beaucoup de mal à avancer, bien que sa force lui permette de tenir la lourde jarre avec une seule main.
A l'instant ou le criminel quitta les lieux, le couloir fut barré par plusieurs hommes appartenant à la garde d'élite du Raikage.
D'ailleurs, le chef du village était également présent, écartant ses hommes pour faire face au nukenin revêtu du manteau de l'Akatsuki.
- Enfoiré ! s'exclama le chef du village. Mon frère ne vous suffisait pas ? Il faut que vous veniez nous voler ? Je vais te pulvériser !
Une personne normale aurait frémit devant l'aura électrique que produisait le colosse à la peau cuivrée. Le nukenin se contenta de soupirer devant ces menaces, qui se concrétiseraient très bientôt.
- Vous avez raison, déclara t-il d'une voix chantante, tout en gardant une main sur l'inestimable relique massive.
D'un geste, il dégaina l'éventail mal acquis et fracassa le pot de purification ambré, faisant voler en fragments cette arme légendaire.
- C'était trop lourd à porter. Au moins, nous ne serons plus gênés par cette arme.
Le Raikage serra les dents. Ce type venait de détruire une relique inestimable, juste parce qu'il ne pouvait pas l'avoir. L'homme musclé chargea en hurlant, malgré les réserves de ses hommes, qui auraient préféré élaborer une stratégie. Le blond aux muscles saillants s'élança vers le voleur, la main en avant.
L'inconnu ne bougea pas, puisque le shinobi au corps crépitant était trop rapide. A la vitesse de la foudre, il plaqua l'inconnu contre le mur. Le voleur fut encastré dans la pierre, qui se lézarda sous l'impact.
Le chapeau du nukenin s'envola à cause du souffle provoqué par le déplacement instantané du Raikage, dévoilant le visage tordu de douleur d'une adolescente.
Cette découverte fit légèrement reculer le chef au sang chaud. Ces salauds de l'Akatsuki recrutaient désormais des gamins, des jeunes qui avaient l'âge de sortir de l'Académie, les utilisant pour des missions suicidaires.
- Qui-es-tu, gamine ? demanda t-il en deserrant très légèrement sa prise. Qu'est-ce que tu fais avec l'Akatsuki ?
La jeune fille aux cheveux roses ouvrit les yeux, dévoilant son Byakûgan.
- Je vois que cette pupille vous est familière, déclara t-elle en suscitant l'ire du Kage.
Cette enfant était un monstre, il en avait la certitude. S'il s'agissait de la même pupille que celle récupérée par son ambassadeur, alors cela signifiait qu'elle l'avait acquise il y a près de deux ans. Elle ne devait même pas avoir plus de dix ans à l'époque.
L'Akatsuki avait formé une enfant, la transformant en arme pour attaquer d'autres villages. Ils espéraient peut-être que son jeune âge susciterait l'indulgence, mais le Raikage n'était pas le genre d'homme à épargner ses ennemis. Il en serait d'autant moins enclin, que cette organisation venait d'enlever son petit frère.
- Comment oses-tu ? grogna t-il, trop énervé pour parvenir à dire autre chose.
- Epargnez-moi votre colère, haleta t-elle, elle est très mal placée. Je n'ai fait que voler un voleur. Dans ce monde, tout ce qui compte, c'est la puissance.
Furieux, le Raikage ne la laissa même pas prononcer un mot de plus. Sa main droite s'entoura d'une aura ionisée, perforant la poitrine de la nukenin au niveau du cœur.
Sakura glapit, mais son ultime gémissement mourut dans sa gorge. Elle s'écroula mollement au sol, n'étant plus retenue par le bras musclé du chef du clan Yotsuki.
- Récupérez les armes, et emmenez-là immédiatement à l'hopital, ordonna t-il en s'éloignant. Il faut qu'on puisse récupérer le plus d'informations possible et qu'on puisse greffer le Byakûgan sur un de nos hommes.
Dès que le Raikage tourna les talons, les deux shinobis s'approchèrent du corps, saisissant le poignet fin pour vérifier qu'elle était bien morte. L'un des ANBU, dont les longs cheveux pâles atteignaient les épaules s'assura qu'il n'y avait plus le moindre pouls, avant de saisir la kunoichi et de la mettre sur son épaule.
A sa grande surprise, la morte n'était pas aussi décédée qu'elle aurait du l'être, en particulier avec le cœur détruit. Pourtant, Sakura était toujours mobile, au point qu'elle agrippa le poignet de l'ANBU, lui retournant le bras avant de lui briser l'épaule et de le jeter au sol.
Féroce et impitoyable, Sakura plongea son poing chargé de chakra dans le torse du second shinobi qui ne vit rien venir.
Les autres attaquèrent instantanément, mais Sakura s'abrita derrière le cadavre encore chaud et projeta une volée de billes métalliques dans les tenketsus de ses ennemis. La dernière vision qu'ils eurent de ce monde, ce fut ces yeux asymétriques qui s'ancrèrent dans leurs esprits.
La nukenin leur adressa son plus beau sourire, avant d'embrasser l'extrémité de ses doigts et de souffler cet imaginaire baiser vers les shinobis agonisants.
- Ne vous inquiétez pas, murmura t-elle, la mort n'est pas si terrible que ça. C'est juste désagréable, mais après deux voyages, je commence à être rodée. Enfin, si cela peut vous consoler, dites-vous que vous avez eu l'honneur de périr de la main de l'élève de la grande Mima, pour l'achèvement d'un plan qui dépasse tout ce que vous pouvez concevoir.
L'adolescente aux cheveux roses sourit et récupéra la gourde qui avait roulé sur le sol, avant de s'envoler en faisant exploser le plafond.
Au milieu des cieux déchaînés, Sakura sourit en serrant le manche de l'éventail dans sa main.
Elle ne savait pas exactement pourquoi, mais tenir un sceptre dans sa main lui procurait une agréable sensation, un afflux grisant de puissance. Ce sentiment était si jouissif, mais également nostalgique. Il lui renvoyait l'écho d'un vieux souvenir, lui faisant entrevoir un fragment des souvenirs de sa maîtresse, lorsqu'elle était la plus grande magicienne du monde.
