Disclaimer : je ne possède bien entendu aucun droit sur les personnages, les lieux et les situations créés par J. K. Rowling.
Chapitre 54
« Malcolm ? Roderick Steinman ?
-Ne vous posez pas de question, arrêtez tous les chefs de service, nous ferons le tri plus tard. Il faut empêcher toute résistance. Sans leurs chefs, ils seront complètement désorganisés ».
Percy Weasley continua d'avancer à grands pas dans l'allée principale du dernier étage du Ministère, celui des bureaux du ministre de la Magie. Les portes étaient grandes ouvertes. Tous les responsables en avaient été évacués, pour ceux qui étaient encore présents à une heure aussi indécente. Thickenesse se trouvait dans les caves du Ministère appréhendé directement à son domicile par Percy assisté de deux ex-Aurors qui lui avaient été désignés par Hestia Jones. Yaxley n'avait pu être arrêté : selon toute probabilité, le Mangemort avait déjà rejoint Voldemort quand les grandes manœuvres avaient commencé à Londres.
Percy pénétra dans la salle de réunion et examina les visages tournés vers lui. Il avait ordonné qu'on réunisse tous les agents de liaison du Ministère, ceux qui coordonnaient les actions des services, mais aussi les archivistes et les greffiers. Il priait pour qu'aucun sympathisant des Mangemorts ne se trouvât dans le lot. En théorie, ceux qui l'avaient aidé dans ce coup d'état devaient se charger d'arrêter les suspects au préalable, dès leur arrivée au Ministère (la convocation portait la signature falsifiée de Thicknesse), mais il ne s'avouerait tranquille que lorsque Hargrove aurait contrôlé tout ça. L'ennui était qu'Hargrove n'était pas encore là et que lui, Percy, était déterminé à agir le plus vite possible pour assoir une autorité qui serait contestée plus tard. Il fallait donc savoir prendre des risques.
Il se racla subrepticement la gorge et releva le menton, laissant apercevoir le col impeccable de sa chemise et le nœud de la cravate, discret, dépassant de l'encolure de sa robe noire, simple, mais taillée sur mesure. On apprenait toujours à observer plus haut placé que soi et Percy Weasley se souciait peu de savoir s'il avait recueilli les leçons de Mangemorts ou d'hommes plus recommandables : l'attitude, la tenue, il savait que cela jouait un rôle fondamental dans l'acceptation de l'autorité de quelqu'un. Présentez-vous avec tous les attributs de la fonction et convaincu d'y être légitime, et vous aurez déjà gagné une partie de la bataille. Il regarda sévèrement les agents, nota les yeux cernés, les vêtements endossés à la hâte, les visages un peu fripés, les femmes sans maquillage et en déduisit, avec satisfaction, que des gens aussi fatigués et encore abasourdis des changements survenus pendant la nuit, ne risquaient pas de se lancer dans des revendications ni d'ergoter sur le sens des mots qu'il emploierait.
« Mesdames, messieurs, certain d'avoir leur attention, Percy poursuivit : le règne de terreur des Mangemorts touche à sa fin. Il savoura les regards surpris, les petits sourires presque dissimulés et attaqua : cette nuit, tous ceux qui ont soutenu l'iniquité, l'arbitraire, la délation, la barbarie ont été soumis à un mandat d'arrêt. Pius Thickenesse et Augustus Rookwood sont sous bonne garde. Plus important encore, nos amis, nos frères de sang-mêlé ou nés-Moldus, incarcérés à la suite de parodies de procès ou tout simplement enlevés, ont été libérés. Il les laissa enregistrer cette information, se sentit porté par l'espoir qu'il lisait dans leurs yeux et décida d'appuyer son propos et d'en profiter pour clarifier sa propre position : il n'y a pas de demi-sorcier ou de quart-de-sorcier ! On est sorcier ou on ne l'est pas ! »
Oui, cela prenait. Percy vit les hochements de tête, les paupières baissées lentement en signe d'acquiescement.
« Certains vous parleront d'Imperius (on murmura), d'autres vous opposeront les pressions… non, ne nous voilons pas la face, cela a existé, mais il appartiendra à la justice de trancher et d'examiner chaque cas. Ce que les Mangemorts vous ont refusé, nous le leur accorderons, pour mieux démontrer leur culpabilité, pour rendre notre jugement incontestable ! Mais… Percy leva une main pour rétablir l'ordre et baissa un peu la voix : mais, avant de juger, il faut gagner. »
Il avait leur attention, désormais. Il soupira de façon audible, afin que tous sentent sa lassitude et perçoivent qu'il n'avait rien d'un va-t-en-guerre mais qu'il était au contraire acculé à la bataille :
« Je ne vous cacherai pas que les heures qui viennent seront décisives. Nous devons vaincre les Mangemorts, il n'y a pas d'autre solution, plus de faux-fuyants, plus d'accommodements. Chacun peut jouer un rôle : sur le champ de bataille, bien sûr, mais aussi à l'arrière en empêchant toute retraite de nos ennemis, en facilitant leur traque, en leur refusant tout répit. Le rouleau de compression sinistre qu'est devenu le Ministère pendant ces derniers mois, contre nous, doit se transformer en machine de guerre contre eux. Il marqua une pause et reprit son discours : en ce moment même, nos amis, nos enfants, livrent bataille contre les Mangemorts à Poudlard. »
Les murmures avaient éclaté aussitôt, bien sûr : combien parmi eux étaient des parents ?
« Je sais ce que cette nouvelle a de choquant. Les Mangemorts ont fondu en masse sur Poudlard au cours de la nuit, alors même que nous libérions ceux qui étaient injustement emprisonnés à Azkaban. J'ignore pourquoi. Il n'y a pas de honte à avouer que nous avons été pris de court, mais je peux vous affirmer que dès que la nouvelle a été ébruitée, tous ceux qui avaient participé à la libération des prisonniers et les anciens prisonniers eux-mêmes se sont précipités à leur secours. »
Ici, Percy mentait, mais personne ne pouvait venir le contredire sous peine de s'exposer lui-même à la vindicte des hommes et femmes réunis, fous d'inquiétude quant au sort de leurs enfants.
« S'il-vous-plaît ! s'exclama-t-il, un peu plus haut pour rétablir le calme. Mesdames, messieurs, s'il-vous-plaît ! Il est crucial que nous réussissions à secourir nos amis et nos enfants le plus vite possible. Je demande à ceux qui travaillaient au Département de la Justice d'assister nos Aurors au plus vite afin de récupérer et redistribuer les baguettes confisquées depuis l'année dernière. Toutes les bonnes volontés sont bien entendu les bienvenues, mais il faut absolument tenir le Ministère et rétablir son fonctionnement afin d'aider nos compatriotes dès que nous aurons gagné ce dernier combat. Je vous demande donc de regagner vos postes, de répondre favorablement aux questions que vous poseront nos alliés. »
Percy désigna les Aurors à ses côtés et, dans l'encadrement de la porte, Theophilus Hargrove tout juste arrivé.
« J'assumerai moi-même l'intérim du ministère Thicknesse, en attendant que nous puissions revenir à un mode de fonctionnement normal. S'il-vous-plaît, réitéra-t-il d'un ton plus doux et avec une attitude plus détendue, comme s'il était lui aussi submergé par la fatigue : mes amis, je vous en supplie, soyons dignes du sacrifice de ceux qui résistent aux assauts des Mangemorts en ce moment même et de ceux qui viendront leur prêter main forte. »
La majorité des personnes gardait la tête baissée, mais Percy fut heureux de constater qu'ils hochaient presque tous la tête. Il avait gagné la partie.
Les yeux rivés sur Percy Weasley, Theophilus Hargrove fulminait. Il l'avait recruté ! Ce sale petit fumier ambitieux ! Malgré lui, il notait tous les bons points : Weasley l'avait battu à plate couture, échec et mat, du très grand art, il fallait l'admettre. Quel idiot avait placé ce type chez les Gryffondors ?
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Percy Weasley poussa une pile de dossiers sur un côté du bureau et saisit ses couverts, entamant avec un bel enthousiasme le repas froid que venaient de délivrer les Elfes. Theophilus attaqua lui aussi son plateau après s'être mordu un peu trop violemment la langue pour éviter de bailler. Il était épuisé. Weasley aussi, sans doute, mais il n'en montrait aucun signe. Theophilus Hargove voulait bien être damné s'il craquait le premier.
On avait de toute urgence été récupérer les baguettes volées aux sorciers nés Moldus et aux Sang-mêlés condamnés par l'ancien ministère et deux hommes étaient apparus sur le champ une dizaine de kilomètres au nord de Poudlard pour approcher les nouveaux affranchis sans donner l'alerte aux Mangemorts dont on ignorait le détail des positions exactes.
Il avait ensuite fallu réorganiser tout le Ministère. Weasley et Hargrove ne s'étaient occupés que des chefs de département, de division et de cabinet, mais cela avait tout de même pris trois heures, le temps d'examiner les noms possibles, de les convoquer et de leur inculquer le nouveau discours officiel.
Le plus dur avait pourtant été à venir : la réception de la direction de Gringott's au grand complet. Les Gobelins n'avaient pas été agréablement surpris de l'ordre qui leur avait été envoyé depuis le nouveau ministère. Les termes avaient été soigneusement pondérés, en respectant les formules de politesse, les usages, les prérogatives, mais un ordre était un ordre et les Gobelins détestaient en recevoir de la part de sorciers. Ils n'avaient pas été trop de deux pour leur tenir tête, estima Theophilus en se forçant à ne pas avaler ses aliments tout rond pour aller plus vite.
Comme n'importe quels commerçants, les Gobelins voyaient le désordre et la guerre civile d'un mauvais œil mais, en tant que banquiers, ils géraient des comptes et réalisaient de beaux bénéfices, que le contenu des caves appartienne à Merlin, à saint Goderic ou à un Mangemort. Leur faire accepter de geler les comptes et l'accès aux caves de tous les Mangemorts et affiliés listés par Theophilus Hargove avait relevé de la mission impossible. Qui garantissait que les Mangemorts allaient perdre cette fois-ci ? Quelle loi, quel décret permettait une telle mesure ? La morale n'entrait pas en ligne de compte. Les Gobelins étaient des maniaques de l'ordre, des vénérateurs de la loi et on n'avait jamais vu une telle mesure : après tout, les Mangemorts avaient eu beau arrêter un certain nombre d'opposants, ils n'avaient pas pu mettre la main sur leurs avoirs. On avait ergoté, menacé, failli en venir aux malédictions pour ne réussir à se mettre d'accord que sur un pis-aller : si Voldemort était vaincu (si on obtenait la preuve de sa mort, bien entendu), alors Gringott's gèlerait les comptes dont on leur avait remis la liste, mais n'en remettrait le contenu qu'après une décision de justice. Le Magenmagot allait tourner à plein régime pendant trois siècles…
Tout en mangeant, Theophilus observait Percy à la dérobée. Il devait lui reconnaître des qualités, une rapidité de décision et de la fermeté, et cela l'énervait au plus haut point. Il tenta de se raisonner : après tout, cela aurait pu être pire, il aurait pu se trouver obligé de lécher les bottes d'un incompétent… Un avion en papier vola dans la pièce et Weasley le saisit. Cette fois-ci Hargrove ne fit même pas semblant de regarder ailleurs.
« La jonction a été faite. Percy se détendit, visiblement rassuré par la teneur des nouvelles qu'il lisait : ils sont en train de distribuer les baguettes. Les combats sont engagés depuis plusieurs heures, mais il semble que les Mangemorts ont perdu du temps avant de franchir les grilles…
-Ils sont dans Poudlard ?
-Sur les terrains, en vue des grandes portes, précisa Weasley. Il sourit : madame Bibine a mis au point une flottille de chevaucheurs de Brossdur…
-Le matériel de pointe de Poudlard, se remémora avec une pointe d'ironie Hargrove.
-Ils nous renseignent sur ce qui se passe et frappent d'en haut, quand l'occasion se présente.
-Une idée du bilan ? »
Percy releva la tête et la secoua lentement.
« Non. Je redoute de le savoir, en toute franchise. Il respira un grand coup : on vient de commencer à les prendre à revers…
-Vous croyez que cela va marcher ? demanda Theophilus, toute rivalité mise de côté.
-Il le faut », souffla Percy.
Ils reprirent leur repas en silence, pesant les nouvelles, se demandant peut-être ce qui se passait, là-bas. Y avait-il des blessés ? Oui, forcément. Des morts ? Des gens qu'ils connaissaient ? Theophilus vida son verre et se racla doucement la gorge :
« Il serait bon de faire un communiqué.
-Ici, ou aussi dans les services décentralisés ?
-Je pense qu'on peut inclure le Bureau des Aurors. Un flash à Potterwatch, peut-être ?
-On ne peut pas parler de la nouvelle attaque. Il y a trop d'aléas.
-A Potterwatch, non, c'est vrai. Communiquons l'avancée des combats, nos espoirs, l'organisation de notre action, dans des termes très pondérés, bien sûr, et dévoilons ici l'arrivée des renforts. Le bâtiment est bouclé, n'est-ce pas ? »
Percy hocha la tête.
« Le mieux est de faire lire un texte à la radio : il y a moins de risques de dérapage. Qui peut-on recruter pour l'occasion ? »
Theophilus eut un sourire goguenard :
« Vous avez voulu l'intérim, il est temps d'apprendre à parler sur les ondes…
-Très bien, répondit Percy, qui eut la grâce de sourire lui aussi, acceptant de partager cette complicité : il me faut aussi un rendez-vous avec le premier ministre moldu. On ne peut pas taire un coup d'état, ni une bataille rangée de sorciers, même aux confins de l'Ecosse.
-Allons-y ensemble. Si vous le voulez bien, Percy, concéda Theophilus qui expliqua : les services de renseignement moldus sont assez efficaces mais ils ne nous connaissent pas et nous ne serons pas trop de deux pour convaincre les vieux briscards de la politique de ne pas paniquer ».
Percy hocha la tête et Theophilus se leva pour déplacer les plateaux repas et les remplacer par un bloc de parchemin.
« Alors au travail ! ».
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Les bureaux n'avaient pas la moitié de leur personnel, mais on s'y activait avec l'énergie du désespoir. L'essentiel des employés avait été redirigé vers le Département de la Justice : on commençait déjà à établir des dossiers sur tous les Mangemorts connus et les sympathisants. Les presses sortaient les affiches portant leurs noms et leurs portraits. Le grand hall prenait des allures d'échangeur d'autoroute moldu : quelqu'un s'était rappelé d'un lot de tapis volants non conforme et on les avait distribués aux secrétaires qui filaient d'un département à l'autre, certaines en équilibre plus que précaire sur de hauts talons. Les avions en papier portant les instructions et les communiqués volaient dans tous les sens.
Il fallut plusieurs minutes pour obtenir le calme et surtout arrêter le ballet incessant des messages. Pendant que deux sorciers s'affairaient, Percy relisait encore les notes qu'il avait mis en ordre à la va-vite et qui contenaient le cœur de son discours. Il fut interrompu par une légère tape reçue sur l'épaule.
« Le hibou n'a pas l'air décidé d'attendre. »
Percy faillit rétorquer qu'un oiseau recevait les ordres d'un sorcier et non l'inverse, quand il fut littéralement assailli par le volatile qui hululait à la hauteur de ses yeux comme un possédé. Theophilus s'approcha et Percy lui tendit le message, muet, le visage très pâle et le front déjà luisant de transpiration.
Contre-attaque réussie, mais coûteuse en hommes. Ne connaissons pas vraiment l'état du front, à Poudlard, mais le château tient. Grosses pertes pour l'ennemi. Semble disposer de troupes inépuisables, mais très instables. V vient d'accorder une trêve. Nous avons une heure.
« C'est quitte ou double », murmura Hargrove.
Percy hocha la tête, se détourna de la foule et soupira sans chercher à s'en cacher.
« Qu'est-ce qu'on fait ?
-On risque la panique…
-Très bien, alors on suit le plan, acquiesça Percy. Il relut le message et ajouta : je ne communique que les éléments positifs.
-Il y en a ? rétorqua Hargrove avec cynisme.
-Nous n'avons pas encore perdu et ce sont les Mangemorts qui demandent la trêve, expliqua Weasley avec un demi-sourire.
-Ce n'est pas faux…
-Donc c'est vrai. Percy entraina Hargrove un peu plus en retrait et chuchota : je veux qu'on boucle le Ministère comme pour un siège. Prévenez aussi nos amis de Gringott's. Que Sainte-Mangouste batte le rappel de tout son personnel, y compris des apprentis et de tous ceux qui ont un jour reçu une qualification quelconque d'aide-soignant. Il faut qu'ils puissent admettre les blessés le plus vite possible. L'idéal, réfléchit-il, serait qu'ils puissent envoyer des équipes sur Poudlard.
-Si nous gagnons.
-Quand nous aurons gagné », rectifia Percy en détachant chaque syllabe.
Le nouveau ministre par intérim respira bruyamment pendant une bonne minute, carra ses épaules et redressa le dos. Il fut pris de forts tremblements pendant un instant, dus à la fatigue, à l'appréhension, à l'excitation du moment, il ne savait pas, et se retourna pour faire face de nouveau aux sorciers rassemblés dans le hall, avant d'entamer son discours d'une voix forte et ferme, sûr de lui, persuadé de la nécessité absolue des mensonges et des demi-vérités qu'il leur assénait. Au bout d'une demi-heure, il les avait amenés là où il le souhaitait : à une obéissance sans faille, une froide détermination soutenue par l'espoir que les Mangemorts se trouvaient au bord de la défaite.
De retour dans son bureau toutefois, suivi par Theophilus Hargrove, son assurance avait fait place à la peur. Hargrove scella la porte.
« Combien de temps leur reste-t-il, à votre avis ?
-Un quart d'heure ? J'ai parlé longtemps.
-En effet, remarqua Hargorve avec un sourire : c'était bien votre discours, très bon. Je serais d'avis d'essayer de joindre directement l'un des nôtres à Poudlard.
-Shakelbolt ?
-Shakelbolt, approuva Hargrove qui lut, dans la suggestion de ce nom, la preuve de la complicité des deux hommes dans le coup d'état : voulez-vous que… »
Weasley ne l'avait pas attendu et avait déjà conjuré son Patronus, au grand amusement de l'homme plus âgé. Allons, il irait loin, celui-là…
« Chaos total… une boucherie, Percy… »
Les mots de Shakelbolt, transmis par son Patronus remplissaient la petite pièce de sa voix riche et sonore. Hargrove devait lutter pour écouter attentivement sans se laisser aller à l'anéantissement.
« Non, je n'ai pas encore d'idée précise du compte… Potter est là… Enfin, dans le château… »
Une question de Weasley avait dû lui faire perdre son sang-froid car on l'entendit tonner :
« Comment ça, il faudrait que je sache ? Tu as une idée de la merde qui règne ici, Weasley ? »
Le silence après cette sortie fut assourdissant.
« Snape… Il y a une rumeur : Snape serait mort. »
Hargrove retint son souffle et braqua ses yeux sur Weasley, comme s'il pouvait lui dicter ses questions par la pensée.
« Non, j'en sais rien… Potter. Oui, c'est Potter qui aurait dit ça, mais je n'étais pas là… »
Hargrove grimaça et essaya de se boucher les oreilles quand arriva la réponse hurlée par Shakelbolt à la question légitime, mais maladroite, de Weasley, sur l'endroit où il se trouvait lui-même à ce moment-là…
« Non, personne n'a encore vu Tu-sais-qui. Entendu, oui. La voix se tut quelques instants et reprit : il veut que Potter se livre pour épargner ceux qui sont encore debout… Non, bien sûr que non il n'est pas assez idiot pour le faire ! À la nouvelle question de Percy, Shakelbolt répondit : nos chances ? Je t'en prie, ne me demande pas ça ».
Peu après, le Patronus disparut.
« Fin de la trêve ? demanda Hargrove, pour la forme. Que fait-on ? Est-ce qu'on va les rejoindre ? »
Percy prit son temps avant de répondre et secoua la tête :
« Si Vous-savez-qui gagne, nous serons écrasés avec eux.
-Parce que vous croyez que nous pouvons opposer une résistance plausible ici ? »
Weasley haussa les épaules, s'assit, posa la tête sur ses mains et la redressa, frottant son visage de la paume de ses mains.
« Nous disposerons d'un peu de temps, avant qu'ils ne se débandent et tentent d'approcher les institutions. Nous pourrions demander aux Moldus d'intervenir sur Poudlard.
-Pardon ?
-Quoi qu'on dise, les Moldus sont très forts pour s'entretuer. Il suffirait de quelques avions pour nous débarrasser de Vous-savez-qui et des Mangemorts : pour une fois, ils sont tous réunis au même endroit.
-Et qu'est-ce qui vous fait croire qu'ils nous aideraient ?
-Nous aider ? Non. Vous avez remarqué la tête de leur premier ministre ? Il était à deux doigts de faire dans son froc à l'idée d'une bataille rangée de sorciers armés de baguettes magiques, se jetant des sortilèges invisibles. Maintenant, dit Percy en pointant son index sur la table du bureau, comme pour mieux démontrer son point, si nous allons revoir ce type en avouant notre impuissance et en lui offrant de frapper des sorciers, je pense qu'il donnerait l'ordre à son armée de bouger dans la minute.
-Au mépris de la loi sur le secret de la magie.
-Au diable ce traité : il est bourré d'incohérences et de vides juridiques qui en font une véritable mine de jurisprudence.
-Jamais les Moldus ne nous laisseront reprendre notre indépendance après ça.
-Non, mais quelle serait notre vie sous la coupe des Mangemorts, quand tous ceux qui croient plus ou moins fermement à la pureté du sang sorcier se sentiront libres de s'exprimer au grand jour ?
-Dans le passé, la peur des Moldus à notre égard a toujours pris des manifestations… néfastes. »
Percy Weasley se laissa aller dans le fauteuil, étendit les jambes et rejeta la tête en arrière en fixant le plafond. Il bailla à plusieurs reprises, de plus en plus longuement.
« Attendons, alors.
-La mort pour une bonne partie d'entre nous ou l'asservissement, ou bien la traque et la restriction de nos libertés…
-La peste ou le choléra.
-Le Gobelin ou le Vampire ».
Percy et Theophilus éclatèrent de rire.
Note de l'auteur : Bonjour et merci, Bridgess et Eudore pour vos commentaires, cela me fait plaisir d'avoir un retour des lecteurs !
Je suis surprise et… hyper fière, que Voldemort te semble réussi, Eudore, car j'ai un mal de CHIEN avec ce personnage ! Chaque réplique, j'ai eu l'impression de devoir l'arracher au scalpel ! Quant à Snape, et bien je suis très heureuse que tu l'apprécies car la fic lui est entièrement consacrée et je ne voulais surtout pas le trahir, mais l'approfondir.
Bridgess, tu es la seconde personne à me signaler le fait qu'Emilie est moins présente. Je ne m'en étais pas rendue compte, mais je crois que c'est dû au fait que j'ai dû jongler avec beaucoup plus de personnages pour cette troisième partie. Mon sujet n°1 est Snape, puis vient Emilie (et puis, je dois dire que je suis aussi très contente qu'elle te manque, ça prouve qu'elle est réussie !), mais pour faire tourner tout ça, j'ai eu besoin de pas mal de monde parce que j'avais de plus en plus de thèmes à aborder : le monde extérieur à Poudlard (hors le trio), la résistance à Poudlard, les problèmes de Snape, les problèmes des fils de Mangemorts… Emilie est quand même un personnage secondaire, elle a son importance, mais tout ne gravite pas autour d'elle, elle n'est qu'une élève parmi des dizaines d'autres, alors elle doit savoir s'effacer de temps en temps. Ceci dit, oui, bien sûr, elle va revenir au premier plan d'ici peu !
