OH HELLO !
Vous z'avez vu, z'ai posté une autre histoire :p
Titou Douh a corrigé ce chapitre et nous devrions nous incliner devant sa force. KNEEL (sauf si vous avez un peu mal à la jambe, je peux comprendre)
May : Ouf tu me rassures. J'avais peur de devoir vous sortir de ma tête à coup de pied XD ! Moi aussi je veux la même peluche. Qui sait il y a peut-êtres des gens doués de leurs petites mains pour nous en faire ! Nope pas de cicatrice pour Harry. Du moins…pas par un gentil garçon nommé Ron, voyons. Huhu des histoires avec du drame en début et du coton ensuite, je suis pour ! J'aime ça ! C'est fou, je suis pas fan du tout des retours dans le temps XD. Bon je n'en dis pas plus sur la suite, elle est sous tes yeux ! Bonne lecture et Koeur sur toi !
Natsu : Des compensations ? Voyons ils sont déjà riche comme Crésus X) ! La semaine est passée, j'espère que tu aimeras le chapitre !
Aussidagility : ouvrir les yeux, il ne reste plus qu'à ouvrir la bouche !
Guest : Le monde d'Aleksander Snape…honnêtement je cherche encore le courage de la débuter. Plus de 800 000 mots, ce qui est hypocrite de ma part, Retour 2 s'en approche dangeureusement je crois XD.
Hellehaare : Draco n'est pas un garçon jaloux, il aime partager *ironie totale*. Si seulement il n'y avait que la cicatrice hinhinhin !
Voilà, voilà les agneaux ! Je vous souhaite une bonne lecture !
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UN ENFANT DANS LE CŒUR
« Le temps est bon
Le ciel est bleu
nous n'avons rien à faire rien que d'être heureux »
Le temps est bon. Isabelle Pierre
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Apophis s'était enroulé sans pudeur autour du cou de Draco et avait enfoui une partie de son corps à l'intérieur du manteau du blond. Harry avait eu beau essayer de jouer de la flûte pour le faire venir à lui, le serpent avait décidé d'élire domicile sur le corps le plus chaud du quatuor de la chambre. Draco ne s'en plaignait pas. Il était même plutôt satisfait de voir qu'il avait une place particulière dans le cœur de la bestiole d'Harry même si c'était uniquement dans le but de servir de bouillote. Et de toute manière, il était de trop bonne humeur pour faire sa mauvaise tête. Enfin, ça ne l'avait pas empêché de simuler un ennui profond puis de reprocher à Harry d'être un mauvais maître.
Pour la forme, bien sûr.
Harry n'avait pas répliqué, il lui avait juste souri et Draco avait du prendre une grande inspiration pour ne pas se jeter sur sa bouche.
Depuis qu'il s'était levé et préparé ses valises, il avait le cœur au bord des lèvres et des choses qui gigotaient dans son estomac. Une armada de papillons. Une nuée de souris. Des asticots qui dansaient la rumba... Et Harry n'y voyait que du feu, sifflotant innocemment en confiant ses affaires aux portes bagages sans se douter que Draco avait passé une grosse partie de la nuit à relire la lettre de son père qui l'autorisait à passer ses vacances chez les Potter, sans se douter que pour Draco, ces vacances encourageaient des envies terriblement égoïstes. Et à mesure qu'il approchait du Poudlard Express, le concert animalier qui se jouait dans son ventre atteint des décibels alarmants. Ajoutée à ça, une question le turlupinait vraiment : avait-il déjà était aussi pressé d'arriver quelque part ?
OooooooooooOooooooooooO
Le voyage lui semblait long… Interminable. Sans fin. S'éternisant à l'infini.
Tout en regardant les arbres défiler, il essayait de trouver d'autres expressions qualifiant la longueur d'un trajet en train.
Son impatience ne se satisfaisait de rien. Pas même de la partie furieuse de Poker sorcier qui s'était jouée entre lui, les jumeaux, Zabini, Théo, Draco et Pansy.
Harry en avait perdu toutes les friandises achetées sur le chariot mais ça n'avait pas d'importance : il avait la gorge trop nouée pour avaler quoi que ce soit.
Bien sûr qu'il était pressé de revoir ses parents et son petit frère, mais son intenable empressement concernait plus un blond au sourire victorieux d'avoir raflé toutes les mises.
- C'est fini ! pesta Blaise. Tu m'as dépouillé de toute ma fortune sucrée, j'abandonne.
- Tu n'as surtout pas le choix… Draco chéri, tu n'arriveras jamais à manger tout ça.
- Bats les pattes, sorcière en papier maché, je mangerai chacun de ses bonbons, dussé-je en mourir !
- Et il le fera, rigola Harry.
- Fais gaffe, Potter, tu vas être responsable de sa vie. S'il te claque entre les pattes, tu seras maudit par son père sur vingt générations, plaisanta Fred.
Harry papillonna des yeux.
- Ma mère est médicomage et elle a sûrement de quoi faire d'efficaces lavements d'estomac.
Tous le regardèrent avec horreur.
- Merci Harry, j'ai l'appétit coupé.
Il aurait bien aimé renchérir mais la porte de leur compartiment s'ouvrant avec violence le fit sursauter.
- Ginny, ma petite sœur favorite ! Que fais tu ici !? s'exclama George.
- Harry… Est-ce que je peux te parler ?
- C'est sympa de nous ignorer ! Ton copain est donc plus important que la famille ?
Ginny les gratifia d'un regarda agacé avant de planter son regard chocolat dans l'immensité verte qu'étaient ses propres yeux. Comme si elle lui avait donné un ordre, Harry se leva et évita le regard dur de Draco. Il referma la porte derrière lui et suivit Ginny jusqu'au compartiment à bagages. Elle condamna la porte d'un mouvement de baguette efficace puis se tourna vers lui.
- Je suis désolé !
La phrase avait été prononcée en même temps. Ginny et Harry se regardèrent un moment avant d'éclater de rire. Enfin, Harry fut le premier à reprendre tout son sérieux.
- Ginny… Je me suis comporté comme un véritable con. Je n'aurais jamais du te laisser en plan sans explication. Le truc, c'est que… Je n'ai pas d'explication.
La jeune fille croisa les bras et poussa un profond soupir.
- Je suis folle de toi… Je crois. Depuis l'année dernière. Luna m'avait parlé de toi, elle disait que tu étais gentil et drôle. Et elle avait raison. Tu as débarqué dans ton uniforme de Durmstrang et bon sang… Harry, je suis tombée amoureuse de toi. Quand tu m'as rendu mon baiser, j'ai cru rêvé. Tu avais tellement l'air de ne t'intéresser à personne, sauf… Enfin, tu ne regardais personne.
Elle fit une pause et secoua la tête. Harry avait le cœur qui battait à cent à l'heure. Des mots comme ça auraient du lui faire regretter son choix mais tout ce qu'il ressentait était un profond soulagement.
- Tu as été adorable jusqu'au bout. Et quand je t'entends demander pardon, j'ai vraiment l'impression d'avoir profité de la situation.
- Je t'assure que non. J'en avais envie… C'est juste que…
- Que tu ne pensais pas à moi, compléta-t-elle intelligemment.
Harry imita les poissons et Ginny rit.
- Ne t'en fais pas. Je ne vais pas te harceler pour savoir qui c'est mais j'espère que cette personne aura conscience de la chance qu'elle a quand vous serez ensemble.
Harry poussa un petit rire nerveux et se gratta le front.
- Hum… je ne suis pas sûr que ça arrive un jour mais merci.
- Oh, tu vis un amour à sens unique. Je suis navrée, Harry.
- Tu n'en as pas l'air, pourtant.
- C'est vrai ! Je suis contente de savoir que tu vas avoir le cœur brisé.
Ginny avait parlé avec de l'amusement dans sa voix et Harry se sentit fondre d'amour pour elle.
- Tu sais… j'aurais vraiment aimé que ça fonctionne.
- Ne me dis pas ça, Harry, je vais avoir envie de te demander de me donner ce que tu peux me donner même si tu m'aimes moins que moi. Ou pas de la façon dont moi je t'apprécie.
- Pardon...
- Et arrêtes de demander pardon, tu es… Aargh ! Tu es impossible à détester et c'est frustrant !
Harry se retint de répéter le mot tabou.
- Tu veux que je t'arrange quelque chose avec Zabini ?
Ginny écarquilla les yeux.
- Quoi ?
- Il aime les joueuses de Quidditch au caractère de lionne. Et il est beau.
- Je suis abasourdie par deux choses. Premièrement : tu es en train de dire que je ressemble à ta meilleure amie Natasha et deuxièmement… Tu viens de me dire que Zabini est beau.
- Tu n'avais pas remarqué ?
- Harry…
Sa phrase se termina en un soupir mais elle avait le sourire aux lèvres.
- Sortons d'ici. Si je te regarde encore trop longtemps, je risque de me jeter sur toi.
- Quelle franchise ! rit Harry.
Ils reprirent le chemin de la cabine du brun sans cesser de rire à des blagues idiotes. Harry ouvrit la porte et Ginny lui donna un coup de coude.
- Tu n'es qu'un allumeur ! railla t-elle avant de l'abandonner.
Harry retourna s'assoir en souriant jusqu'aux oreilles. Ginny ne lui en voulait pas, Draco et Hermione venaient chez lui, le Poudlard Express venait de rentrer dans Londres... Harry était à ce moment là le garçon le plus satisfait du monde.
OooooooooooooooOoooooooooooooO
Molly Weasley était une bonne mère. Parfois sévère, parfois étouffante et parfois trop douce. Mais elle était une bonne mère.
Elle avait élevé chacun de ses enfants dans le but d'en faire des gens biens et avait plus ou moins réussi. Bill, malgré ses cheveux qui commençaient à devenir trop longs, avait toujours été un garçon consciencieux et aimable. Charlie était une perle, toujours calme et gentil. Percy était un travailleur acharné et même s'il ne le montrait pas souvent, il s'inquiétait pour tout le monde. Fred et George, en revanche… elle ne savait toujours pas comment les gérer. Mais ils n'avaient jamais agressé quelqu'un au point que cette personne finisse à l'infirmerie.
Ce qui n'était pas le cas de Ronald Weasley.
Pourtant, Ron n'avait jamais été un garçon difficile. Discret, suivant ses frères, se faisant rarement remarquer, il avait tout de même brillé autant que ses trois premiers. Et Molly était fière de lui. Elle aurait été fière de lui peu importe qu'il soit préfet ou non, champion ou non.
Mais ce dont elle ne fut pas fière du tout, ce fut d'apprendre que son fils avait usé d'un sort de découpe, défigurant presque un élève. Aussi, lorsque son fils descendit du train l'air penaud et regrettant clairement ce qu'il avait fait, elle fut à deux doigts de juste le prendre dans ses bras.
Mais elle était une bonne mère, juste, sévère et étouffante.
- Ronald Billius Weasley… Tu me déçois énormément, mon garçon.
- Je sais, souffla Ron.
Elle l'attrapa par le bras et son fils se laissa faire.
- Allons-y !
- Où.. Où ça ?
- Demander pardon aux Potter.
Ron écarquilla les yeux mais déjà, sa mère le trainait dans la foule. Elle ne mit pas longtemps à trouver James et Lily Potter. Son effroi se fit plus grand encore quand il vit que les Malfoy se tenaient près d'eux, ainsi qu'Hermione Granger et ses parents.
- Monsieur Potter ! interpela sa mère.
Toutes les têtes se tournèrent vers eux. Même celle d'Harry. Ron avait bien remarqué que l'affreuse cicatrice n'était plus qu'une pâle coupure mais elle semblait tout d'un coup beaucoup trop voyante.
- Bonjour ! Vous devez être Molly Weasley, je suis enchanté de vous rencontrer.
Ron sentit de la bille lui remonter dans l'estomac. Le sourire de James Potter était avenant. Il n'était pas furieux, ce qui rendait la chose pire encore.
- Moi de même, même si j'aurais aimé ne pas vous parler en commençant par un sujet fâcheux. Je vous présente toutes mes excuses pour la bêtise de mon fils. Cela ne se reproduira pas et croyez-moi : il ne s'en sortira pas comme ça.
- Voyons, madame Weasley, intervint la mère de Potter. Ce sont des adolescents dont la baguette doit énormément les démanger. Et puis, Harry est presque guéri, je suis sûr que votre fils ne l'a pas fait exprès.
Ron entendit un reniflement dédaigneux et braqua ses yeux en direction de Malfoy. Le blond avait croisé les bras et le fusillait du regard.
- Ce n'est pas une raison ! Ronald, excuse-toi !
Elle poussa le rouquin vers Harry. Ce dernier avait l'air aussi gêné que lui.
- Je suis désolé, Harry… J'ai agi comme un crétin. Je n'aurais pas du m'emporter sans raison.
Le brun haussa des épaules, comme s'il se fichait bien de ce qui était arrivé. Comme si ça n'avait été qu'un petit désagrément qui apportait juste un lot de moment gênant.
- C'est bon… Mon visage est comme neuf, non ?
Ron aurait aimé lui dire que non, pas encore, et qu'il le regrettait. Mais il s'abstint de faire plus de commentaire. Potter ne lui en voulait même pas, c'était rageant. Il ne rendait pas la pareille comme Malfoy ou même Granger. Il n'était jamais fâché contre lui, même quand Ron se permettait de l'insulter ou de l'attaquer en douce. Si Potter répliquait, il le faisait mollement.
Potter était-il vraiment un saint ? Une personne sans défaut, se contentant de pardonner à tout va ? Ron était plus que déstabilisé. Il ne savait vraiment pas comment gérer le mystère Harry Potter.
- Il l'est, intervint de nouveau la mère du garçon. Vraiment, Molly. Je peux vous appeler Molly ? Ce n'est pas nécessaire d'en faire toute une histoire. Ce sont des choses qui arrivent... Si vous saviez le nombre de fois où James a fini a l'infirmerie à cause de ses âneries...
- Merci de dénigrer sans vergogne mes blessures de guerre reçues au nom de la science !
La femme aux cheveux rouge leva les yeux au ciel avant de poser son regard d'émeraude sur lui.
- Ne t'en fais pas, Ronald, mon fils est solide.
- Je suis vraiment désolé, fut la seule chose qui put sortir de sa bouche.
Quand le débat fut clos, sa mère s'excusa une nouvelle fois, salua poliment les Potter et le tira en arrière. Il ne rencontra que les regards furieux de Granger et de Malfoy. L'espace d'un instant, il se sentit comme un moins que rien.
OoooooooooooooOoooooooooooooooO
- Voici le nom que vous devez dire si vous voulez venir par cheminette. Sinon, nous vivons à cette adresse.
- D'accord. Je pense que nous déposerons Hermione à la gare, dans ce cas. Notre cheminée n'est pas... Hum encore au point, répondit, penaud, le père d'Hermione.
- Et nous nous ferons une joie de venir la chercher, compléta Lily Potter. Vous avez aussi notre numéro de téléphone sur la feuille.
- Merci beaucoup. C'était un vrai plaisir de vous rencontrer ! Harry, je suis heureux d'avoir fait ta connaissance.
Le père d'Hermione lui serra brièvement la main avant de faire de même avec son père.
- Bon, Harry, fit la jeune fille, à bientôt alors ! Salut, Malfoy.
- Passe un bon Noël, répondit sommairement le blond.
Harry observa le couple et son amie quitter la voie, laissant les Potter et les Malfoy seuls.
- C'est vraiment gentil à vous de laisser Draco venir chez nous durant les vacances, dit sa mère.
- Non, nous sommes ravis de voir que notre fils s'entend bien avec le vôtre, répondit Narcissa Malfoy.
- Hum, nous avons noté notre adresse et le nom à donner par cheminette. Aussi, vous êtes les bienvenus pour notre fête du Nouvel An.
James Potter tendit un morceau de parchemin à Lucius et l'homme le parcourut brièvement des yeux avant de le ranger soigneusement dans une de ses poches. Puis il se tourna vers son fils.
- Tu as assez de vêtement ?
- Oui, Père.
- Sois poli, ne te fais pas remarquer et tiens-toi correctement.
- Oui, Père.
Harry observa Draco et Lucius Malfoy s'observer de la manière la plus neutre au monde, chose que ne fit pas Narcissa : elle s'empressa de prendre son fils dans ses bras et le blond lui rendit son étreinte.
- Passe de bonne vacances, mon ange !
- Merci, Mère. Passez le bonjour de ma part à ma tante, mon oncle et Tonks.
- Je n'y manquerai pas.
Elle l'embrassa une dernière fois sur le front avant de le laisser quitter ses bras.
- On est partis, les jeunes ! s'exclama James Potter.
Harry et Draco échangèrent un regard lourd de sens et un sourire amusé.
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Draco Malfoy était subjugué. Il l'avait d'abord été par l'énorme engin sur quatre roues qui leur servaient de transport. Mais ce qui le soufflait le plus était l'ambiance à l'intérieur de la voiture.
Il connaissait Harry. Du moins, il savait qu'il pouvait se vanter de le connaître plus que ses autres camarades. Harry n'était pas le garçon le plus bavard, à l'inverse de Zabini qui avait toujours une remarque inopportune au coin des lèvres ou de Théo qui partageait son avis sur des sujets tirés par les cheveux. Il était même très loin des jumeaux ou de Pansy qui caquetaient presque sans arrêt.
Harry engageait rarement une conversation mais il n'hésitait pas à répondre quand on lui parlait.
Draco savait qu'Harry pouvait passer des heures à discuter avec Luna ou encore avec cette Dorothy de première année. Il savait aussi que le brun avait plus tendance à écouter qu'à discuter. Ça ne gênait pas Draco : il se trouvait extrêmement bavard en présence d'Harry.
Mais si Draco avait eu peur des blancs qu'il y aurait pu avoir entre eux durant ces vacances, il était à présent complètement rassuré : Harry était bavard.
En fait, toute sa famille l'était. Et il n'y avait que des éclats de rire, beaucoup venant de Lily Potter riant aux échanges entre son mari et son fils.
Harry racontait leur match de Quidditch contre les serdaigle et l'hécatombe que ça avait été, renchérissant sur les prouesses de Draco, ponctuées par les « Fabrication Potter » de James à propos des balais qu'ils montaient.
Le brun ne tarissait sur aucun sujet, développant, avec un engouement qu'il ne partageait pas à Poudlard, les cours d'Arcanes du professeur Leone ou encore des anecdotes sur les professeurs Black et Rogue. Ce qui attisa la curiosité de Draco quand il entendit Lily Potter répondre des « ça ne m'étonne pas de Sev' » ou encore des « Typique de Siri ».
- Excusez-moi, intervint finalement Draco, mais vous semblez vraiment proches du professeur Black et du professeur Rogue.
- Ah, oui ! s'amusa Lily Potter. Tu vas sûrement les croiser plus que de raison. Eux et Louve, d'ailleurs.
- Je la vois déjà squatter le bar durant toutes les vacances ! se plaignit le père.
- Tu sais que si Louve est là, Sirius sera là aussi, intervint Harry.
Draco retint une grimace gênée en entendant Harry prononcer le prénom de leur professeur. Ça, c'était vraiment bizarre. Il n'arrivait toujours pas à se faire à l'idée que Sirius Black était le parrain d'Harry.
- J'ai hâte, minauda James Potter.
- Au fait, pourquoi Charles n'était pas là ?
- Parce que Charles a préféré continuer à jouer avec Tabitha plutôt que d'accueillir son frère bien aimé.
Draco vit Harry se laisser tomber dans son siège en se renfrognant. S'il n'était pas vexé, alors Draco était mauvais juge en matière de description faciale.
- Il aurait pu faire un effort.
- Ne t'inquiète pas, quand il verra Draco, il redeviendra ce pot de colle que tu aimes tant.
Un sourire amusé se peignit sur les lèvres du brun. Et Draco fut subjugué.
Il était sûr qu'il y avait des expressions du visage d'Harry qu'il n'avait jamais vues auparavant : son enthousiasme, ses rires, son débit de parole, ses blagues... Son petit sourire en coin, ses joues légèrement empourprées par les remarques de sa mère sur des sujets auxquels Harry refusait de répondre. Ses yeux qui brillaient… Vraiment.
Draco comprit deux choses. La première : Harry Potter devait aimer sa famille plus que n'importe quoi. C'était indéniable. La deuxième : toutes ces découvertes le rendaient irrémédiablement, profondément et désespérément amoureux de lui.
- Enfin, souffla le brun, on arrive !
Draco pencha la tête vers la fenêtre. Ils avaient roulé deux heures et pourtant, il avait l'impression que ça ne faisait que vingt minutes qu'il avait quitté la guerre. Il fronça les sourcils, si le temps passait aussi vite, il allait être vraiment déçu.
Toutes pensées désagréables s'évaporèrent à la vue du domaine.
James Potter s'était engagé à travers des grilles entourées d'une immense haie. Un peu plus loin sur le chemin de gravier, la maison se présenta.
Ce n'était pas un manoir. Ce n'était pas une construction magique biscornue comme certains sorciers aimaient avoir. Non, c'était une maison moldue dans son plus simple appareil, avecne allée bordée de bosquets de pétunias, donnant sur une porte dont le bois était peint dans une jolie teinte crème. De ce qu'il pouvait voir, elle s'élevait sur deux étages et ses murs en briques blanches lui donnaient un aspect charmant. Draco la trouva à l'image de la famille Potter : accueillante.
Le bruit des portes s'ouvrant le sortit de sa contemplation. Il mit pied à terre et s'empressa de venir aider James Potter à sortir ses valises.
- Ai-je l'air si faible que ça ?
- Quoi ? Non, je voulais…
- Haha, ne t'en fais pas, je plaisante !
Draco n'eut pas besoin de récupérer ses affaires. Les malles se mirent les unes derrière les autres en flottant.
- Tu viens ? l'apostropha Harry.
Le brun lui donna un coup d'épaule en riant et Draco leva les yeux au ciel mais son sourire satisfait démontrait toute la joie qu'il avait de se trouver là.
Une fois à l'intérieur, il vit Lily déposer son manteau sur le porte manteau de l'entrée. Le vestibule donnait sur un escalier et sur un couloir qui donnait déjà sur le salon.
- Je te fais visiter ! s'empressa de lui dire Harry.
Draco ne l'avait jamais vu aussi enthousiaste ! Il trépignait presque comme un gosse durant son premier Noël.
A ce moment-là, Draco était loin, très loin d'imaginer que l'excitation d'Harry était beaucoup plus profonde que ça... Parce que pour la première fois de sa vie Harry Potter invitait un ami dans sa maison. Sa propre maison où il vivait avec une famille bien vivante. Mais ça, il ne pouvait pas le deviner. Alors il se laissa guider par le brun sans pouvoir effacer son petit sourire amusé.
- Donc là, c'est le salon, tu peux sortir vers le jardin par là. Derrière le mur en verre, c'est la cuisine et la porte que tu vois là-bas, elle donne sur la cave. Si tu te sens l'envie de faire tes devoirs de potions, c'est là dedans que tu vas.
Draco mit pied dans le salon non sans avoir étudié toutes les photos qui parcouraient le mur du couloir : beaucoup de photos d'Harry à différents âge et de Charles. Le salon en offrait bien d'autres, notamment la cheminée. Il reconnut Regulus tenant Harry bébé. Il y avait des photos de Louve et Nolan aussi, de Rubeus Hagrid couvant d'une seule main un bébé. Mais plus étonnant, des photos du ministre Corgan et de sa femme. De l'auror qu'il avait croisé lors du Tournoi et qui n'avait toujours pas l'air heureux.
Son regarda s'attarda enfin sur un cadre plus grand. Dedans se trouvaient Severus Rogue et Sirius Black, portant respectivement un Harry probablement âgé de cinq ans et une Louve tout aussi jeune.
Draco pivota sur ses talons pour observer le reste de la pièce. Il y avait dans le coin près de la porte fenêtre un piano.
- Qui en joue ?
- Ma mère et Charles.
- Pas toi ?
Harry plissa les yeux et s'avança vers le piano avant de toucher quelques notes.
- Pas vraiment, non.
- Tu peux faire comme chez toi, Draco, fit Lily. Harry est un gros dormeur pendant les vacances donc n'hésite pas si tu es levé plus tôt à venir te servir dans la cuisine… A n'importe quelle heure.
Draco étudia le mur fait de petits carreaux de verre qui séparaient le salon de la cuisine et qui s'ouvrait des deux cotés.
- D'accord, merci beaucoup.
Lily Potter lui adressa un grand sourire.
- Je vais te montrer ta chambre.
- Ah oui, à propos de ça, intervint James. Je suis désolé, Harry, mais tu vas devoir partager ta chambre.
- Pardon ? Pourquoi ?
Lily Potter donna une tape à l'arrière du crâne de son fils.
- Ton père a… Envahi la chambre d'ami. Ça ne te dérange pas, Draco ? Tu aurais peut-être préféré une chambre pour toi seul ?
Draco secoua si vivement la tête qu'il crut s'être brisé quelque chose.
- Non, enfin… Ca m'ira très bien si ça va à Harry.
- Je te rassure, il n'a pas le choix.
Harry grogna mais traça un chemin en direction des escaliers avant de s'arrêter pour regarder dans la direction de Draco.
- Tu attends la fin du monde ?
- J'arrive, fit Draco, frustré de ne pas pouvoir répliquer.
Tout en grimpant les marches, il se força à ne pas reluquer avec trop d'insistance les fesses d'Harry mais c'était peine perdue. A présent, la joie de partager sa chambre avec le brun laissait place à une lumière rouge qui clignotait dans sa tête, lui signalant qu'il allait vivre dangereusement.
- Là, c'est la salle de bain, à coté les toilettes. Ici, c'est la chambre de Charles, là celle de mes parents. Cette pièce, c'est le bureau de ma mère, elle est quasiment tout le temps fermée.
Harry le traina vers les autres escaliers.
- Tu as la bibliothèque, d'autres toilettes et… La chambre d'ami.
Harry s'avança vers celle-ci et l'ouvrit. Soudain, une dizaine de balais lui tomba dessus.
- Qu'est ce que…
- Je t'avais dit que c'était envahi !
James Potter agita sa baguette pour enfermer de nouveau les balais et claqua la porte.
- Qu'est ce que ça veut dire ?
- La fédération Russe a renvoyé tous mes prototypes, je n'ai pas pris le temps de tout ranger.
- Pourquoi tu ne les pas rangés dans la cabane du jardin ?
- Parce que… Je n'y ai pas pensé. Par Godric, tu parles comme ta mère !
- Et heureusement ! cria la voix de la mère d'Harry.
- Bon, fit le brun. Par ici, Draco.
Harry ouvrit une porte qui donnait sur quelques marches.
- Entre.
Il ne se le fit pas dire deux fois. Il grimpa les escaliers pour se retrouver dans le grenier qui comblait presque toute la surface de la maison.
Au centre de la pièce se trouvait un immense lit, positionné juste en dessous d'une grande baie vitrée encastrée dans le toit en pente.
Harry se dirigea vers une lucarne ronde, seule autre fenêtre de la chambre, pour l'ouvrir et aussitôt son énorme corbeau pénétra dans un violent mouvement d'ailes.
- Comment… Pourquoi est-ce que tu as autant de trophées?
- Parce que je suis un joueur d'exception, plaisanta Harry.
Draco vit du coin de l'œil ses valises et celles du brun voleter dans sa direction pour se laisser tomber au pied du lit d'Harry. Il marcha ensuite droit vers le fond. Il y avait une sorte d'atelier installé, couvert de sculpture d'animaux dont une qui ressemblait étrangement à Hedwige.
- C'est toi qui fais ça ?
- Je ne te l'avais pas dit ?
- Non, siffla Draco.
Harry avança vers lui et ouvrit une autre porte. Draco y découvrit une salle de bain, avec une baignoire, et il siffla.
- Tu vis comme un prince.
- Pas du tout. Tu peux l'utiliser, bien sûr, mais ne t'endors pas dans la baignoire.
- Tu dis ça parce que ça t'est arrivé ?
- Jocker, répliqua Harry.
Draco ne retint pas son rire moqueur.
- Si tu sors la nuit, fais attention en descendant les marches, tu risquerais de marcher sur Pattenrond.
- Pattenrond ?
- C'est le chat de la famille, il aime se poser en piège à fourrure. Je fermerai la porte la nuit mais… Des fois, ça ne l'arrête pas, je crois qu'il traverse les murs.
Le blond le regarda avec horreur.
- C'est une blague ?
- Tu finiras par penser comme moi. Tiens, tu peux ranger tes affaires là.
- D'accord.
Draco vit Harry retourner vers les marches et quitter sa chambre, alors il entreprit d'obéir.
En ouvrant le grand placard d'Harry, il trouva beaucoup de vêtement moldus. Des jeans, des t-shirts, des chemises et des tas de pyjamas avec des motifs tous plus ridicules les uns que les autres : cerfs, chiens, il y en avait même un avec des fleurs !
Il y avait aussi contre la porte son uniforme de Durmstrang tenant sur un cintre, impeccable et bleu. Draco haussa un sourcil. Il n'avait jamais vu celui-ci.
Mais au final, ce fut tout autre chose qui faillit le faire tourner de l'œil. Placé sur l'étagère du haut, Draco remarqua quelque chose qu'il avait déjà vu : un masque… Un masque à tête de chacal.
Il fut parcouru d'un violent frisson qui lui fit mordre la lèvre. Même s'il avait eu très peu de doute sur la véritable identité du dieu Égyptien, la preuve qu'il avait sous les yeux suffit à le renvoyer au soir du bal et à envoyer de délicieuses ondes dans son bas ventre.
- Je t'ai ramené des oreillers !
Draco sursauta et ferma brusquement l'armoire.
- Quoi ?!
- Tu ne me prendras pas mes oreillers, donc voilà le tien.
- C'est pour remplacer ta peluche ? fit narquoisement Draco.
- D'habitude, c'est Charles ma peluche… enfin c'est moi sa peluche plutôt.
- Tu te transformes encore la nuit ?
Harry lui sourit de toutes ses dents.
- Devine !
- Tant que tu ne mords pas dans ton sommeil...
- Uniquement si tu ronfles.
- Sache, Potter, qu'un Malfoy ne ronfle pas.
Le sourie qu'Harry lui décocha était si étincelant que Draco crut qu'il venait d'être aveuglé. Aucun des deux ne se rendit compte qu'ils éprouvaient la même joie.
OoooooooOooooooooO
- Et là pprrouuccchh, toute la piscine s'est mise à bouillir ! Alors tante Pétunia a du me sortir de l'eau !
- Et moi ! Et moi j'ai fait disparaître toutes les feuilles d'un arbre ! D'un coup !
Harry, sa mère et son père avait le même air ahuri sur le visage.
- Tu veux dire, pleurnicha sa mère, que j'ai raté les premiers signes magiques de mon propre fils !?
- Voyons Lily, ce n'était pas vraiment les premiers ! Souviens-toi de la fois où il a disparu de sa chambre pour se retrouver dans le salon quand il avait trois ans !
- J'aurais vraiment aimé que tu sois là, soupira Pétunia. Je n'ai pas la faculté de lancer des sorts de confusion pour calmer les esprits. Tu imagines, si ça avait été Harry à la place ? Là, je n'aurais rien pu faire du tout !
- Comment ça ? demanda Draco. Qu'est ce qui t'est arrivé ?
Harry se massa la nuque nerveusement. Avait-il oublié de préciser à Draco qu'il n'avait aucun souvenir de sa vie avant ses quatorze ans ? Apparemment oui.
- Harry s'est téléporté sur le toit de la maison de son parrain. Plusieurs fois, cet été-là. Oh, et bien sûr, il s'est amusé à ouvrir toutes les portes de toutes les maisons. Il devait avoir... Quoi, quatre ans ? Une véritable clé sur pattes.
Harry fixa sa mère avec étonnement.
- Toutes les portes ?
- Toutes les habitations avant l'Impasse du Tisseur. Severus était furieux. Même Louve ne faisait pas autant de dégâts !
- Et toi, Draco ? questionna son père. Tes premiers signes de magie ?
- Je n'en ai pas vraiment eu. Ma mère m'a prêté sa baguette dès que j'ai été en âge de parler. Une fois ça en main et un premier sort jeté, il n'y avait plus de mystère.
- Et c'est exactement comme ça que j'aurais aimé que Nolan et Tabitha le sachent, s'amusa Pétunia. Enfin bref, maintenant nous sommes fixés : les Evans font des sorciers doués.
Harry vit sa tante adresser faire un clin d'œil et il trouva ça charmant.
Le reste du repas se passa dans une ambiance tout aussi animée mais Harry savait pertinemment que Draco ne le laisserait pas en paix, au vu des coups d'œil remplis de questions qu'il lui envoyait.
Bien plus tard dans la soirée, après avoir dit au revoir à sa tante et Tabitah et trainé plus que de raison dans le canapé familial, Harry se décida à quitter sa petite famille.
- Bonne nuit maman, bonne nuit papa.
- Bonne nuit, trésor.
- Passez une bonne nuit, monsieur et madame Potter.
- Oh, Draco, sois un ange, appelle-nous James et Lily !
Harry rit devant le visage rougissant du blond.
Une fois la porte de sa chambre fermée et après avoir essayé de convaincre Pattenrond de choisir entre sortir ou entrer, Harry et Draco se retrouvèrent enfin seuls.
« Enfin », c'était ce que pensait Harry. A présent qu'il avait parfaitement conscience de tout ce que ces vacances signifiaient, son angoisse et son excitation venaient de monter d'un cran. Ce n'était plus la sécurité des cachots et des salles de classes... Ils étaient chez lui, dans sa chambre : le lieu le plus intime qu'il pouvait partager, si son esprit ne devenait pas trop pervers.
- Harry ?
- Quoi ?
- Si tu le permets, j'aimerais prendre une douche.
Harry étira ses lèvres en un sourire perfide.
- Non, tu en es privé.
Draco leva les yeux au ciel mais affichait le même sourire.
- C'est ça… Essaie juste de m'arrêter.
Harry rigola avant de s'agenouiller au sol pour ouvrir ses valises.
- Je t'en prie, fais comme chez toi.
- Merci bien.
Une fois qu'il fut sûr que Draco avait le dos tourné, Harry l'observa s'enfermer dans la salle de bain. Il se mit alors à fouiller dans ses affaires plus frénétiquement encore, jusqu'à trouver le précieux miroir. L'objet magique en main, il se jetta sur son lit.
- 'Cha ? Dim' ?
- Harrrryyyy !
La bouche du brun se fendit d'un grand sourire quand la bouille enjouée de Natasha apparut. L'équipe de Renard était arrivé dernier à leur épreuve et ils se retrouvaient privé de vacance de noël. Cependant Dimitri avait juré que ça serait moins pire maintenan qu'il savaient s'organiser.
- Tu es seule ?
- Oui, Dimitri donne des cours de soutien au reste du groupe.
- Pourquoi tu n'en fais pas partie ?
- Parce que je suis une flemmarde… Je plaisante ! J'ai quitté la pièce pour tes beaux yeux.
- J'aurais aussi très bien pu réessayer demain...
- Non, je sais que tu as besoin de me voir maintenant ! Je le sens… Parle-moi, Harry.
Harry inspira un grand coup et fixa le miroir très sérieusement, peut-être trop sérieusement.
- Natasha…
- Harry ?
- Tu te souviens de Malfoy ?
- Oui, le blond peroxydé qui a l'air d'être capable de danser sur ta tombe en riant ?
- C'est ça… Il est chez moi. Dans ma salle de bain.
- Tu l'as kidnappé ?! Pour quoi faire ?
- Non… 'Cha… Je l'ai invité.
- Oh ! Mais c'est chouette, non ?
Harry passa sa main sur sa bouche, peu sûr de savoir comment il pouvait formuler ça. Parce qu'il avait envie de le formuler. Il avait envie de dire à sa meilleure amie ce qu'il ressentait, de la même manière qu'il avait parlé à Ron de sa tentative ratée d'inviter Cho au bal.
- Oui, c'est chouette…
- Tu tournes autour du pot, Potter !
- Je sais. Laisse-moi réfléchir. Tu sais quand tu parlais de... Hum, de moi et Dimitri et des choses qu'on…enfin… Tu vois ?
- Absolument pas. Sois plus clair.
Le brun fronça les sourcils.
- Ce que tu ressens pour Krum, je le ressens aussi, dit-il dans un seul souffle.
Natasha écarquilla les yeux.
- Tu es amoureux de Krum !
- Mais pas du tout !
Elle explosa de rire.
- Natasha, c'est sérieux !
- Je sais, je sais mais je ne vois pas le problème…
- Comment ça, tu ne vois pas le problème !?
- Tu es amoureux, Harry. Honnêtement, je pensais que ça ne t'arriverait pas.
- Je suis… D'un garçon, 'Cha ! Un garçon qui aime les filles ! De Draco Malfoy ! Malfoy que j'ai détesté encore et encore et…
- Que tu ne détestes plus, il semblerait.
Elle plissa les yeux en une moue amusée et Harry préféra grogner.
- Si tu savais que ça allait être compliqué, pourquoi tu l'as invité ?
- Parce que j'en avais envie.
- Je me demande ce que ce Malfoy a de particulier pour que toi, Harry, tu puisses tomber amoureux de lui. Enfin, tu n'avais jamais regardé de garçon avant, n'est-ce pas ?
- Si je me base sur les souvenirs d'Harry, à part Chester, non.
- Et tes souvenirs à toi ?
Harry ignora la petite voix qui essaya de lui rappeler son obsession pour Draco en sixième année, parce que ça n'était clairement pas ça. Il aurait tout de même eu le temps de se rendre compte de quelque chose s'il avait été un peu plus observateur. Mais ça ne lui serait pas tombé dessus comme ça, pas vrai ?
Qu'est ce que Draco avait de plus ? Harry n'en savait rien. C'était juste lui. Et il n'y avait pas d'explication.
- Qu'est ce que tu fais ?
Harry sursauta en entendant la voix de Draco.
Le blond venait d'ouvrir la porte de la salle de bain, ses cheveux étaient encore légèrement humides et il avait entouré son cou d'une serviette. Il portait déjà son pyjama, tout de noir vêtu et satiné.
- Oh, Oh ! Harry, ça se lit sur ton visage que quelque chose de vraiment impressionnant est entré dans la pièce.
Harry revint brusquement au miroir et fusilla Natasha du regard tandis que Draco s'avançait vers le lit pour assouvir sa curiosité.
- Vassili ?
- Ravie de te voir, Malfoy. Essaie de ne pas trop t'immiscer dans la vie de mon Harry : je suis la meilleure amie, tu n'es qu'un passe temps !
- Natasha !
Le sourire carnassier que lui adressa Draco fit bêtement battre le cœur d'Harry.
- Donne-moi encore quelques jours et tu ne seras plus qu'un vague souvenir, susurra le blond.
Harry leva les yeux au ciel.
- Vous êtes de vrais gosses.
Sur ces mots, il se leva et abandonna le miroir à Draco qui souriait déjà aux insultes russes que lançait la jeune fille.
Harry s'empara de ses vêtements rapidement et se tourna une dernière fois pour constater que son ami avait maintenant la glace bien en main et conversait sans gêne avec Natasha.
La suite, pour le brun, fut moins drôle : la salle de bain était imprégnée d'une odeur de menthe caractéristique. Harry trouva sur le meuble du lavabo les effets de Draco déjà parfaitement installés et un petit coup d'œil au miroir suffit à lui renvoyer une image de lui parfaitement stupide.
Il se sentait rougir, son cœur faisait un vacarme infernal, mais le pire était sans doute l'oppressante grosseur entre ses cuisses.
Harry se débarrassa de ses vêtements, fit couler l'eau et poussa un soupir libérateur quand sa main entoura son sexe. Il se branla comme le foutu adolescent bourré d'hormones qu'il était : sans penser à la vague de honte qui le submergerait juste après. Tout ce à quoi il pensait à présent, c'était à Draco.
Draco, qui s'était lavé ici. Qui s'était déshabillé ici. Qui allait dormir avec lui.
Il se retint avec force de ne pas gémir le nom de son ami quand son sperme frappa le mur carrelé de sa salle de bain. Tout en faisant disparaître les traces de son plaisir avec l'eau, il fut incapable de retenir une petite pique pour lui-même :
- Félicitation, Harry… Tu es un pervers.
Une fois sec et après avoir vérifié que sur son visage ne se voyaient pas les signes de son excitation rapidement expédiée, Harry quitta enfin la salle de bain pour trouver un Draco allongé sur le dos, légèrement relevé par l'un des oreillers ramenés par le brun.
Sur son ventre s'étalait une énorme masse orange. Draco leva immédiatement la tête vers lui quand il le vit sortir.
- Ta bête est venue de nulle part.
- Je t'ai dit qu'il traversait les murs... Tu ne parles plus à Natasha ?
- Elle s'est fait prendre par ton ami… Aristov ?
- Ce n'est plus Aristov, c'est Romanov à présent.
- Ah oui, se moqua gentiment Draco. Le Tsar.
Harry préféra ne pas rétorquer.
- Tu as prévu une petite sauterie ou je peux éteindre ?
- J'en avais prévu une mais il semblerait que le seul invité soit fatigué.
- On fera ça demain, ce soir j'ai la migraine.
Draco lui lança son oreiller au visage, faisant bondir Pattenrond et rire Harry.
La lumière éteinte, Harry n'eut tout de même aucun mal à se diriger vers son lit. Draco levait les yeux sur la grande vitre.
- Tu dors comme ça ?
Harry se glissa sous la couette et croisa les bras derrière sa tête en fixant le ciel noir piqué de petites tâches blanches. Draco en fit de même mais laissa ses mains sur son ventre.
- Tu préfères que je ferme les rideaux ?
- Non, souffla le blond. On ne voit pas ça au cachot. Ni de ma chambre, d'ailleurs... T'as un truc avec les étoiles ?
Harry se mordit l'intérieur de la bouche.
- Non, ça n'a rien à voir avec les étoiles, c'est plus… Enfin, comme ça je n'ai pas l'impression d'être enfermé. Un peu comme si j'avais toujours une porte de sortie.
Draco resta silencieux quelques secondes. Secondes durant lesquelles Harry repensa vaguement au placard sous l'escalier.
- Comment tu peux ne pas te souvenir de ta première émanation ?
- Pardon ?
Il sentit le Serpentard bouger et Harry devina du coin de l'œil qu'il s'était tourné vers lui.
- C'est quelque chose de plutôt impressionnant. Ce genre de chose, ça reste gravé en mémoire.
- Pour être franc, répondit Harry, je ne me souviens de rien au-delà du mois de juin de l'année dernière.
Sa réponse fit se redresser Draco d'un coup.
- Quoi ?!
Il pouvait presque deviner les sourcils froncés de Draco et le pincement de ses lèvres.
- J'ai eu un accident à Durmstrang, incluant une magie capricieuse et un Cognard imparable. J'ai perdu mes souvenirs.
- Tu. As. Perdu. Tes. Souvenirs ?
- Hum, c'est ce que je viens de dire, je crois.
Il était en position assise, fixant Harry de ses insondables yeux gris, c'était ce que pensait le brun. Et il savait ce qui allait suivre.
- Comment ça, « perdu » ? Quelle magie capricieuse ?! Tu veux dire que tu es amnésique ?!
- Techniquement, oui. Dans les faits, c'est un peu plus compliqué que ça. J'ai des souvenirs, mes propres souvenirs, mais ça ne m'est pas revenu, je les ai juste vécus une deuxième fois.
- Donc, là… Tu es toujours amnésique. Si je te demandais comment tu as fêté ton treizième anniversaire, tu serais incapable de me le dire.
- J'aurais très bien pu être incapable de te le dire si je ne l'avais pas écrit. Mais je l'ai fait, donc je peux te dire que mon treizième anniversaire s'est bien passé.
- Tu l'as écrit ?
- Dans un journal. Un journal intime, si tu préfères. J'y écris chacune de mes journées depuis mes dix ans, à peu près. Enfin, je ne le fais plus trop en ce moment, ce qui est une erreur : je pourrais de nouveau perdre la mémoire… Qui sait ?
Harry avait dit ça sur le ton de la plaisanterie mais Draco n'avait pas du tout l'air amusé.
- Et Vassili et Ar… Non, Romanov, ils le savent ?
- Depuis le début, oui.
- Pourquoi… Tu ne me l'as pas dit ?!
Harry se redressa sur ses coudes et posa un regard embêté sur Draco.
- On ne se connaissait pas. Et au bout d'un moment, ça n'avait plus vraiment d'importance.
- C'est une plaisanterie ? lui répondit ce dernier, interloqué.
- Tu te souviens de la fois où tu m'as offert ce chocolat, sur le Chemin de Traverse ?
- Comment oublier ? grinça Draco. Tu étais au summum de l'impolitesse.
- On venait à peine de débarquer de Russie. A ce moment-là… J'étais vraiment à l'ouest.
- Tu as tenté de fuguer ?
Harry laissa échapper un rire nerveux.
- Non… J'essayais juste de… Retrouver des endroits familiers.
- Et le Chemin de Traverse en fait partie ?
- Si tu savais, murmura Harry.
Draco ne répondit rien. A la place, il s'allongea de nouveau à coté de lui. Harry se remit à fixer le ciel. S'il avait pu… S'il avait vraiment pu… Il aurait glissé ses doigts contre ceux de Draco et il se serait endormi comme ça. Au lieu de ça, le blond clôtura cette première soirée.
- Tu dois trouver ça tellement frustrant...
Harry se contenta d'un bref « mh ». Puis il ferma les yeux, se laissant emporter par l'odeur de Draco.
OooooooooooOooooooooooO
Draco fut réveillé par le bruit de petits coups donnés sur le bois, pas par l'apaisante lumière du matin qui commençait à courir sur son visage. Non. Juste des petits bruits : des « toc toc ».
Il se redressa légèrement et tourna immédiatement la tête vers Harry. Ce dernier était dos à lui, dormant en chien de fusil, son poing appuyé conte son menton. Ses cheveux noirs formaient une masse éparpillée sur son coussin blanc.
Draco fut incapable de retenir le sentiment d'extase qui parcourut tout son corps, envoyant des frissons agréables dans son aine. Il évalua le reste de la chambre avec un œil fatigué.
Mugin dormait sur son perchoir, Apophis était enroulé sur lui-même au bout du lit et il n'y avait pas de trace du chat orange.
De nouveau, les « toc toc » se firent entendre et Draco sortit le plus discrètement du lit. Harry soupira mais ne bougea pas.
Il le regarda une dernière fois, résistant à l'envie de venir caresser ses cheveux avant de marcher en direction des marches... Où il trouva Pattenrond.
- Sale bête, grogna-t-il.
Il passa une jambe par-dessus l'animal et ouvrit la porte pour tomber sur Charles Potter, le visage endormi, une trace de drap barrant sa joue.
- Charles ?
- Mh, fit le petit garçon.
Il entra, faillit trébucher sur Pattenrond et dépassa Draco. Le blond le suivit dans la chambre pour voir le gosse grimper dans le lit de son frère et se glisser sous les couettes. Comme si c'était un déclencheur, Harry se tourna et entoura d'un bras protecteur son petit frère.
Draco leva les yeux au ciel et décida de sortir définitivement de la chambre. Il descendit rapidement les deux étages et arriva enfin dans le salon. Là où il y avait un meuble sobre auparavant se découvrait maintenant un carré où bougeaient des images. Draco reconnut une télévision.
Puis des voix se firent entendre, venant de la porte au-delà de la cuisine, celle de la cave, selon Harry.
- C'est tout ce qu'il me reste mais je peux en commander avec Saint Mangouste. Ca sera plus facile pour toi, non ?
Draco se figea en devinant la voix de Lily Potter.
- C'est juste temporaire, mon fournisseur a eu une mauvaise récolte.
Et cette voix… Basse et grave...
Il eut immédiatement sa réponse. La mère d'Harry fut la première à sortir, suivie de Severus Rogue, son professeur de potion. Les deux adultes le remarquèrent immédiatement.
- Bonjour Draco, fit lumineusement Lily. Tu es un lève tôt.
- Bonjour madame Potter, professeur Rogue.
- Lily, pitié : appelle-moi Lily. Tu as faim ?
Draco les vit s'approcher de lui. Severus Rogue ne portait plus son indémodable robe de sorcier noire mais des vêtements moldus du plus sobre apparat : une chemise blanche et un pantalon noir. Il avait l'air… Terriblement normal.
- Je suppose que notre petit prince n'a pas daigné se lever plus tôt que son invité.
- Tu critiques mon fils mais je suis sûre que Louve est encore en train de ronfler à cette heure-ci...
Le professeur Rogue fit claque sa langue de mécontentement.
- Tu ne restes pas pour un café ?
- C'est peut-être les vacances mais certains ont du travail. Si Sirius décide de ne pas rentrer, qu'il ait la décence de me prévenir !
- Je ferai passer le message, mais si Sirius ne rentre pas, mon mari risque de découcher aussi.
Rogue leva les yeux au ciel. Draco ne savait pas quoi faire de son corps devant cet échange surréaliste.
- Je te laisse, Lily. Malfoy… Essayez de ne pas devenir fou, un contact trop prolongé avec les Potter risquerait de nuire à votre esprit intelligent.
- C'est moche, la jalousie, Severus ! se moqua Lily.
Draco reconnut trait pour trait le ton employé par Harry.
- C'est ça, grogna Rogue en s'emparant de la poudre de cheminette. L'Impasse du Tisseur !
Et dans un flash, il disparut.
- Tu as bien dormi ? Je crois qu'Harry n'est pas énervant, quoiqu'un peu collant parfois.
- J'ai bien dormi. Si vous cherchez votre dernier fils, il est dans la chambre d'Harry.
- Celui-là, ne grandira jamais..., soupira Lily. Assieds-toi, Draco. Thé ? Café ?
- Thé, s'il vous plait.
Lily l'invita à s'assoir à la table du salon et Draco s'exécuta. Devant lui volèrent assiette, bol, sucrière, confiture et toasts. Enfin une théière voleta sous son nez et Draco reconnut les aromes d'un Earl Grey. Une tasse lui fut servie et un petit pot de lait s'incrusta près de lui. Draco en versa dans son thé et observa Lily s'installer à coté de lui.
Draco n'avait jamais comparé son éducation avec celle des autres élèves. Il avait grandi dans une maison où les bonnes manières étaient de mise et où il ne fallait jamais élever la voix. Sa propre mère était la plupart du temps égale à elle-même : elle ne s'épanchait pas en rire à gorge déployée et gardait un maintien parfait.
C'était tout le contraire, ici. Lily avait croisé sa jambe sous ses fesses, elle portait un pull en laine bleue et un jean et ses cheveux avaient été ramenés en queue de cheval.
Draco lui trouvait des airs de jeunes femmes à peine mariée. Ce n'était pas la beauté froide de sa mère, elle était agréable à regarder. Mais Draco ne faisait que chercher chez elle les similarités avec son fils.
Au-delà des yeux, ils avaient la même manière de plisser légèrement le nez. Draco s'était même rendu compte qu'Harry avait les mêmes intonations dans sa voix que sa mère. S'il bougeait comme son père, il parlait comme sa mère.
C'était fascinant.
- Pardonnez mon impolitesse mais où se trouve votre mari ?
- James ? Il est au bar, je ne sais pas si Harry t'en a parlé.
- Il l'a fait. C'est le Lunard, c'est ça ?
- Oui. Je ne pense pas que tu le verras de la journée. Mais ne t'en fais : il a prévu un programme assez extravagant pour que tu ne t'ennuies pas.
Lily plissa des yeux avec amusement et Draco n'eut pas besoin de plus pour imaginer que cette femme avait du avoir un succès fou à Poudlard.
Et s'il avait cru qu'ils mangeraient en silence après ça, Draco eut faux sur toute la ligne : Lily Potter avait de la conversation. Elle lui posa des tas de questions sur la bibliothèque sur Poudlard, sur ce qu'il préférait comme matière. Draco répondait sans contrainte, gardant dans un coin de son esprit que Severus Rogue avait parlé de Sirius et de « maison ».
Quand il eut terminé de petit déjeuner, il voulut aider la mère de son ami à ranger mais cette dernière l'expédia.
- Va réveiller ces choses qui me servent de progéniture.
Draco aurait aimé repousser cette échéance : les rares fois ou il avait réveillé Harry, ils avait fini par se détester durant la journée.
Par chance, il croisa Charles parfaitement réveillé dans les escaliers.
- Salut Draco ! cria-t-il en passant à coté de lui comme une tempête.
Le blond sourit et continua son chemin. Une fois dans la chambre d'Harry, il trouva la petite lucarne grande ouverte. Mugin avait disparu, Pattenrond avait pris place sur le lit d'Harry et Apophis s'était caché sous l'oreiller de ce dernier.
Draco entendit le bruit de l'eau dans la salle de bain et trouva le pyjama d'Harry jeté nonchalamment sur le canapé.
Plutôt que de s'affliger la vision mentale d'Harry nu sous la douche, il s'empara de vêtements propres et avisa la salle de bain du deuxième étage, décorée aux goûts de Charles au vue des nombreuses tortues marines qui nageait paresseusement sur les murs.
Enfin, sous l'eau, il inspira profondément et essaya de se convaincre que ça n'allait pas être dur.
Mais ça l'était. Il l'était.
Draco, lui, n'eut aucune honte à revenir sur le visage endormi d'Harry, à sa peau caramel, à son odeur d'agrumes. Sa jouissance fut une délicieuse délivrance.
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Voilà pour ce soir! C'était un peu calme certes mais on s'approche de ce que nous attendons tous (enfin moi je n'attendais que ça). J'ai quand même beaucoup d'amour juste pour l'amitié Draco/ Harry.
