Chapitre 48 : Réveil
Bon matin tout le monde ! Rapide passage avant d'aller au boulot pour vous publier le chapitre 48 où on retrouve enfin Bella absente depuis un moment !
Merci à toutes pour vos reviews et pour vos encouragements ^^ Cella fait toujours autant plaisir de vous lire !
Allez on se retrouve en bas bonne lecture )
Chapitre 48 : Réveil
PDV Kiara
Edward roulait vite sur les routes presque désertes en ce jour de noël.
Nous n'avions même pas pris le temps de manger quoi que ce soit. Je voulais juste voir maman. Carlisle avait été prévenu tout de suite après que les infirmières aient remarqué de l'agitation dans la chambre de ma mère.
Le soulagement si instance que j'avais ressenti suite à cette annonce me faisait naviguer dans un océan cotonneux comme si je n'avais pas réellement conscience de ce qui se passait autour de moi mais que j'étais bien malgré tout.
Durant le trajet, j'avais appelé Aro et le profond soupir qu'il poussa me confirma la joie de savoir enfin ma mère réveillée après tous ces jours d'attente.
Après des jours à angoisser, prendre conscience qu'elle serait enfin capable de m'écouter et d'être avec moi me fit monter les larmes aux yeux. Je savais que le combat n'était pas fini pour elle. Elle allait devoir subir encore des semaines d'hôpital, de la rééducation dès que ses plâtres lui serait retirés sans compter les piqures et les traitements nécessaires à de tels blessures.
Mais pour l'instant je laissais le négatif de côté pour me concentrer sur la seule chose importante à mes yeux. Maman était réveillée et elle allait rester avec nous.
Elle allait vivre et s'était la seule chose qui pour l'instant comptait.
Le temps pour arriver au centre hospitalier me parut durer une éternité et quand Edward se gara devant les portes, je poussais un profond soupir.
Je descendis suivit de mes petites sœurs et de Carlisle qui avait décidé de venir avec nous.
Courant à grandes enjambées jusqu'à la porte de sa chambre, on marqua tous un temps d'arrêt en arrivant devant.
Le médecin fut le premier à entrer. Je le suivais tenant la main de Lise, Charlotte juste derrière nous.
Je ne m'aperçus pas tout de suite qu'Edward ne suivait pas. Il se tenait sur le pas de la porte, un sourire heureux aux lèvres avant de disparaître.
J'aurais aimé courir après lui et lui dire qu'il avait autant le droit que nous d'être là mais je ne le fis pas et préférais poser mes yeux sur ma mère.
Elle était allongée comme ses 6 derniers jours mais elle bougeait et son visage était incliné sur le côté.
- Bonjour Isabella …
- Bonjour … Docteur Cullen …
Sa voix était roque, et son ton était bas mais elle parlait. Elle était réveillée.
- Vous nous avez fait une peur bleue vous savez … Je vais vérifier vos constantes et vous examiner mais avant … regardez qui est là …
Il lui adressa un sourire bienveillant et se recula pour nous laisser avancer.
Ses yeux chocolat se levèrent et se posèrent sur moi. Son visage se crispa et elle ferma un instant les paupières avant de les rouvrir et de tendre maladroitement sa main qui était plâtrée.
- Ma fille … ma … petite … fille …
Je lâchais Lise et m'approchais d'elle remettant sur le matelas son bras afin d'éviter qu'elle ne se fasse mal. A la profonde ride qu'elle avait entre les deux yeux, elle souffrait mais tentait comme d'habitude de ne rien montrer à personne.
- Oh maman …
- Kiara …
Les larmes qui débordèrent des yeux de maman eurent raison des miennes et la pièce fut emplit de nos sanglots mélangés.
- Isabella il faut que vous vous calmiez … murmura doucement Carlisle de l'autre côté du lit.
Ma mère souffla doucement pour tenter de se reprendre et je m'essuyais les yeux pour faire disparaitre ses traces d'eau sur mon visage.
- Je t'aime maman … je t'aime de tout mon cœur …
- Je t'aime … aussi mon ange … plus que ma propre vie …
Je le savais. Elle m'avait sauvé la vie, deux fois. Je lui devais tout, j'en avais conscience.
- Maman …
La petite voix fluette de Lise me fit tourner la tête vers ma petite sœur qui ne demandait qu'à pouvoir approcher maman elle aussi.
- Oh mon bébé … ma petite fille …
Je soulevais Lise pour qu'elle puisse se blottir contre maman quelques instants. Elle l'embrassa sur la joue et ma mère en fit de même.
- J'ai eu très peur … Kiara disait que tu dormais et que tu pouvais pas être avec nous … j'ai cru que tu allais monter dans le ciel mais je voulais pas moi … je voulais que tu restes avec nous … tout le temps …
- Je suis … là … ma Lise, je serais toujours là. Je ne partirais plus … jamais … je te le promets …
L'enfant jaugea les mots et le visage de maman comme pour savoir si elle disait la vérité. A l'expression de son visage, je compris que Lise semblait décider que maman ne lui mentait pas.
Charlotte s'approcha à son tour quand je poussais un peu ma plus jeune sœur. Son visage était baigné de larmes elle aussi.
Je compris à ce moment-là à quel point ma sœur avait souffert de l'absence de maman. Charlotte avait paru plus forte que Lise mais ce n'était qu'une apparence. J'avais tendance à oublier que l'enfant n'était pas seulement le portrait de ma mère physiquement. Son caractère était semblable également. Toutes les deux avaient tendance à garder leur émotions et leur ressentit pour elles en songeant qu'il valait mieux souffrir seule qu'entrainer les autres avec elles.
- Ma puce … qu'est ce ... qui t'arrive ?
- Je voulais pas que tu nous quittes … je voulais pas tu t'en ailles …
- Je ne partirais plus … jamais …
Charlotte enfouit son visage dans le cou de maman.
Je regardais Carlisle, il paraissait aussi ému que moi par la scène. C'était dur de constater à quel point les filles avaient autant souffert que moi ou Edward. Ce n'était que des enfants.
Quand ma sœur s'écarta, je vis soudain les traits de maman. Elle arborait toujours des coupures, des pansements et un œil bleu mais ce qui était le plus marquant, c'était les traits tirés qu'elle avait.
Elle était exténuée.
- Les filles … je crois que nous allons laisser maman se reposer … elle est encore très fatiguée mais nous reviendrons demain et on pourra passer plus de temps avec elle … je vous le promets …
Les filles parurent réfléchir avant d'hocher la tête autant consciente que moi que maman était en effet épuisée.
- Joyeux noël maman, s'exclamèrent à l'unisson avant de sortir. Je vis une main se tendre vers elle et je compris qu'Edward était juste derrière la porte à nous attendre.
- Noël ? demanda maman incrédule.
- Oui, nous sommes le jour de noël …, confirma Carlisle rendant ma mère particulièrement perplexe.
- Mais enfin … cela fait …
- Huit jours que vous êtes dans le coma …
- Oh non … Kiara je suis …
- Quoi ? Désolé ?
Elle comprit sans que je n'aie besoin de dire un mot que ses excuses étaient absurdes et qu'il ne servait donc à rien de les formuler.
- J'aurais aimé … être là …
- Ne t'inquiète pas … nous avons eu tes cadeaux …
Elle parut soulagée d'apprendre ça et j'en fus heureuse.
Si elle n'avait pas été là physiquement, elle avait été là dans nos cœurs et c'était la seule chose importante.
Je sortis de ma poche ce que je gardais depuis le début de la journée en espérant pouvoir le donner un jour. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi tôt mais j'en étais plus qu'heureuse.
Je tendis la petite boîte à maman et elle fronça les sourcils.
- Joyeux noël maman …
Comme elle ne pouvait pas bouger, j'arrachais le papier et ouvrit l'écrin dans lequel se trouvait un pendentif surmonté d'une chaine en or. Il s'agissait d'un cœur ou j'avais fait graver nos trois visages.
- Oh … c'est magnifique …
Elle plongea ses yeux dans les miens et je l'embrassais à mon tour sur la joue avant de défaire le collier et de le lui passer autour du cou. La pendentif se posa sur l'endroit exact ou battait son cœur.
- Merci …
- C'est à moi de te remercier … pour tout …
Elle regarda vers le plafond et je vis à quel point elle était touchée mais aussi à quel point elle n'en pouvait plus. Elle était éreintée.
- Je reviendrais demain … repose toi. Je serais là à la première heure maman. Je te le promets.
Elle hocha la tête et je me dirigeais vers la porte la laissant avec Carlisle.
- Je t'aime maman.
- Moi … aussi … mon ange.
Je quittais la pièce et m'adossais à la porte dans le but de reprendre contenance.
Bien que très pâle et les nerfs à vifs, maman allait bien. Elle était sortie d'affaire et c'était la seule chose qui comptait à mes yeux.
En relevant la tête, je m'aperçus que j'étais observée. J'adressais un sourire à mes petites sœurs qui se précipitèrent dans mes bras. Nous allions redevenir une famille et de nouveau pouvoir compter les unes sur les autres comme nous le faisions des mois auparavant avant que je n'entre dans ma période de rébellion extrême.
En relevant la tête, je plongeais dans les prunelles vertes de mon père et constatais sa joie mais également son désarroi.
J'arrivais à comprendre ce qu'il pouvait ressentir à cet instant.
Ma mère n'y était pas allée de main morte pour lui faire comprendre qu'elle ne voulait plus de lui dans sa vie.
Personne ne savait comment elle allait réagir en se retrouvant dans la même pièce qu'elle. Sans compter qu'Edward aussi lui en voulait et il en avait le droit. Je le comprenais.
Quand Carlisle sortit une bonne demi-heure plus tard, il avait le sourire aux lèvres et déclara que maman allait aussi bien que possible physiquement et mentalement. Elle n'avait pas de séquelle neurologique visiblement, ce qui était un soulagement.
Je souris à mon grand-père, puis à mon père, avant d'entrainer mes sœurs vers la sortie.
Le retour vers la villa Cullen se fit de manière beaucoup plus joyeuse que celui effectué quelques heures avant.
Maman était épuisée et le sommeil était pour l'instant la seule chose qu'elle pouvait faire.
A notre arrivée toute la famille Cullen était là et nous attendait. Les cris de joies et surtout les sourires de mes sœurs me firent comprendre que tout ceci était bien réel.
Maman était réveillée. Elle resterait avec nous.
La fin de journée fut plus joyeuse et bien que je n'étais pas vraiment dans l'ambiance festive, j'essayais de le cacher pour mes sœurs.
Edward décida de rester chez Esmée et Carlisle le soir et je m'endormis en serrant mon ours en peluche contre mon cœur, ce que je n'avais pas fait depuis des années.
C'est Carlisle qui m'emmena à l'hôpital le lendemain matin. Il était encore tôt et les visites ne devaient surement pas être autorisées mais être la petite fille du médecin principal de ma mère avait ses avantages.
J'aurais voulu qu'Edward m'accompagne mais il tenait à prendre soin des filles ce qui expliquait ma présence dans la Mercedes de mon grand-père et non dans la Volvo de mon père. J'avais bien vu le regard fuyant qu'arborait ce dernier quand je lui avais posé la question. Il ne voulait pas voir maman alors que je savais bien qu'il en mourrait d'envie. C'était un sujet que je devais aborder avec ma mère.
Si l'occasion se présentait aujourd'hui, je le ferais. Enfin si elle était moins faible qu'hier.
- Je crois qu'il a peur … murmura Carlisle brisant le silence pour la première fois depuis que nous étions partis une demi-heure plus tôt.
La circulation était dense en ce lendemain de noël et Carlisle avait du mal à faire avancer la voiture. Mais au moins cela me permettait d'avoir une conversation avec lui.
- Personne ne peut l'en blâmer je crois … maman … enfin … elle n'a pas été juste avec lui …
- Et personne ne peut en vouloir à ta mère … Edward lui a menti …
Ils avaient chacun leur part de responsabilités. Je ne tenais pas rigueur à Edward de ce qui était survenu avant ma naissance et ce qui s'était passé durant les 15 dernières années.
Je savais que c'était ma vie et bien que j'avais souffert, je ne pouvais prétendre le contraire, mes expériences passées m'avaient fait devenir celle que j'étais aujourd'hui, personne n'était à blâmer.
Penser à ce qu'aurait été ma vie si telle ou telle chose s'étaient passées différemment n'était pas productif. Je n'avais pas connu mon père et j'avais été élevé par ma tante de sang mais ma mère de cœur. Je n'étais pas nostalgique, il fallait juste accepter et avancer. Edward était là aujourd'hui et je n'en demandais pas plus.
Je préférais penser à ce que j'allais faire maintenant de ma vie.
J'avais la mère que je voulais. Même si Tanya avait vécu, aurait-elle été une bonne mère ? Aurait-elle fait pour moi ce que maman avait fait ?
Je n'en étais pas certaine.
Bella était ma mère peu-importe le passé. Je commençais à forger des liens avec Edward et je le voyais un peu plus comme un père, je savais que d'ici peu il le serait vraiment. Certes le chemin serait encore long pour apprendre à nous connaître et l'avenir était encore très incertain mais je voulais maintenant tirer le meilleur de ce que m'offrait la vie.
Un père et une mère … des sœurs, des tantes, des oncles et des cousins … cela me suffisait pour le moment.
- Je voudrais qu'ils soient enfin heureux …
C'était la première fois que j'exprimais mon souhait le plus cher à voix haute et surtout à une autre personne.
Je regardais le paysage droit devant moi mais je sentis des doigts s'enrouler autour des miens.
Je tournais la tête vers mon grand-père et je ne pus m'empêcher de lui sourire à mon tour en constatant qu'il me regardait avec bienveillance, exprimant à travers ses prunelles bleues, ses propres désirs.
- Moi aussi … ils le méritent …
- Je suis d'accord …
Ce petit moment partagé avec mon grand-père me réchauffa le cœur et au moment où on atteignit enfin l'hôpital, je ne pus m'empêcher de lui poser un baiser sur la joue avant de m'éloigner.
En arrivant devant la porte de la chambre de maman, je pris une profonde inspiration comme la veille espérant la trouver moins faible et plus elle-même.
Je poussais le battant pour tomber directement dans les prunelles chocolat de maman.
- Maman, m'exclamai-je joyeusement.
Je refermais derrière moi et m'approchais d'elle. Elle était allongée mais paraissait moins exténuée que la veille ce qui me rassura quelque peu.
- Mon ange … tu es venue … je suis contente …
Je pris sa main et me penchais pour l'embrasser sur la joue.
- Je t'avais dit que je viendrais aujourd'hui … comment vas–tu ? Tu ne souffres pas trop ?
Elle haussa les épaules mais ce geste sembla lui coûter au vu de l'affolement de l'électrocardiogramme. Je fus momentanément inquiète mais le rythme redevint normal au bout de quelques secondes.
- Je vais bien … ne t'inquiète pas …
Elle mentait nous le savions toutes les deux mais je pris le parti de me taire et d'éviter de créer une dispute maintenant.
- Est-ce que tu pourrais me relever le dossier du lit, s'il te plaît ? Je ne me sens pas très à l'aise allongée ainsi …
Heureuse qu'elle fasse appel à moi pour l'aider, j'actionnais le bouton qui la releva un peu avant de replacer les cousins derrière son dos.
Ainsi elle ne paraissait plus aussi vulnérable et la conversation était plus aisée.
Les marques que James avait laissées sur son visage étaient moins violentes à regarder que la première fois que j'avais posée les yeux sur ma mère.
Certes elle était loin de la perfection qu'elle arborait d'ordinaire mais au moins elle reprenait une figure un peu plus humaine ce qui atténuée la peur que je ressentais quant à son état de santé.
Je pense qu'elle avait conscience que sa guérison allait être très longue. Il allait falloir sans doute des mois avant qu'elle ne redevienne celle qu'elle avait toujours été.
- Kiara ? Voudrais-tu bien me coiffer s'il te plait … j'ai l'impression d'être … une sorte de souillonne …
Je comprenais ce besoin viscéral de vouloir rependre contenance et surtout un semblant de féminité. J'avais prévu le coup et c'est avec une expression espiègle et un grand sourire, que je sortis ma brosse à cheveux et ma trousse de maquillage que je n'utilisais pas si souvent que ça.
J'eus le droit à un étirement de ses lèvres.
J'entrepris d'abord de la coiffer délicatement, m'occupant des nombreux nœuds qui s'étaient formés dans ses boucles brunes avant de la maquiller légèrement.
Bien sûr, dissimuler ses marques étaient particulièrement difficile, je n'étais pas maquilleuse professionnelle mais je fus tout de même satisfaite du résultat.
Je présentais un miroir à maman qui prit un moment avant de se regarder.
Elle porta sa main plâtrée à sa bouche et je vis ses yeux se voiler. Je fus un moment interdite me demandant pourquoi une telle réaction avant qu'elle ne me souffle un merci.
- Peut-être que je pourrais demander à Aro de faire venir Maria ici tous les matins afin qu'elle puisse s'occuper de toi pendant le temps où tu seras ici ?
Maman me regarda pleine d'espoir et l'éclat de ses yeux me fit mal. Son attitude depuis que j'étais arrivée ce matin, me faisait mal, je devais bien l'avouer.
C'était comme si elle avait perdu cette combativité qu'elle avait pourtant toujours eu en elle. Elle était passive, ce qui était à mille lieux de sa personnalité. J'aurais aimé lui poser des questions mais je doutais qu'elle me réponde, au lieu de ça, je ne pouvais espérer que cet état n'était que passager.
- Ce serait une bonne idée, approuva-t-elle, d'une voix douce en me souriant.
Le silence tomba alors que je rangeais mon matériel dans la trousse et remis le tout dans mon sac à main.
Je me réinstallais sur la chaise de plastique et je vis la main plâtré de maman se tendre vers moi. Je la saisis délicatement pour ne pas lui faire de mal et relevais la tête.
- Tu as l'air fatiguée … est-ce que tu vas bien Kiara ?
J'hochais la tête sans quitter mes yeux du visage vivant de ma mère chérie. J'avais un mal fou à me dire qu'elle était enfin réveillée, qu'elle allait aussi bien que possible.
- Mon ange, qu'est ce qui t'arrive ?
Sans m'en apercevoir, j'avais laissé mes larmes couler le long de mes joues alors que je m'étais juré de ne pas craquer devant elle.
Mais j'avais l'impression que cela faisait des années que je l'attendais.
- Oh Kiara …
Elle hoqueta en même temps que moi, alors que nous laissions enfin aller notre chagrin.
- Maman … j'ai eu si peur … si tu savais comme j'étais terrifiée maman …
- Je suis désolé …
J'aurais aimé lui dire qu'elle n'y était pour rien, que tout était la faute de James mais les mots se bloquèrent dans ma gorge alors qu'un sanglot s'empara de moi.
Je posais ma tête sur le ventre de maman et je tentais de contrôler ses pleurs toujours plus intarissables.
- Pleure … vide ton sac mon ange … ça ira mieux après …
J'écoutais ma mère et je lâchais enfin toute la peur, la terreur que j'avais ressenti, la haine aussi et l'incompréhension.
Il me fallut un long moment pour que je me calme enfin. Je sentais la main de maman dans mes cheveux exactement de la même façon qu'elle le faisait quand j'étais enfant.
- Tu m'as demandé de ne pas abandonner … mais tu as failli le faire … tu as failli partir … je ne m'en serais jamais relevé … jamais …, lui lançais-je en relevant ma tête vers elle.
Maman posa sa main sur ma joue et essuya délicatement mes larmes sur mes joues.
- Je sais … mais je suis revenue … pour vous … pour vous trois …
Et papa ? Aurais-je envie de demander. Mais c'était trop tôt.
Je n'avais pas envie d'évoquer Edward maintenant. Ce n'était pas le moment.
- J'ai tellement de chose à te dire Kiara … tellement de chose …
Je vis l'émotion sur son visage mais j'entendis également l'électrocardiogramme s'affoler.
Elle devait se calmer. C'était trop tôt. Ce n'était pas le moment de parler de ses choses alors que je la sentais si faible. Son réveil ne datait que de la veille.
- Je sais maman … mais nous avons tout le temps pour ça … je n'ai pas envie de parler de ça aujourd'hui … demain ou après-demain … mais pas maintenant …
- Quand tu voudras …
Des coups à la porte me firent sursauter et je me retournais à temps pour voir Carlisle entrer dans la pièce.
C'était l'heure des soins de maman.
- Bonjour Isabella.
Il adressa un sourire à maman qui lui répondit faiblement. Mon grand-père entra en poussant un chariot ou des aiguilles et des choses que je ne préférais mieux pas nommer se trouvaient disposées.
- Bonjour Docteur Cullen.
- Vous m'avez l'air d'aller beaucoup mieux aujourd'hui …
Ma mère ne répondit pas alors que Carlisle s'approcha d'elle pour pianoter sur les instruments.
Il attrapa un dossier accroché au pied du lit puis le reposa.
- Vous avez mal quelque part Isabella ?
- Bella … souffla ma mère tout doucement, adressant un regard tendre à mon grand-père.
- Alors se sera Carlisle …
Voir maman accorder à Carlisle de l'appeler par son diminutif me procura une intense joie. Si elle lui demander d'utiliser ce surnom c'est qu'elle lui accordait sa confiance, chose très rare chez ma mère.
- Vous m'avez sauvé la vie …
Humble, le docteur Cullen ne répondit rien et se contenta de s'approcher de l'autre côté de maman.
- Vous vous êtes vous-même sauvez la vie, Bella …
Maman secoua la tête et regarda mon grand-père avec une certaine émotion.
- Vous étiez là … je me souviens … votre voix … vos encouragements … vos supplications … vous étiez là … à chacun de mes réveils … vous étiez toujours là. Si je suis encore là, c'est grâce à vous …
J'aurais aimé demander à maman, ce dont elle se souvenait mais l'interrompre maintenant n'était pas une bonne idée. Ce n'était pas mon moment.
Carlisle posa sa main sur celle intact de maman.
- Je ne vous aurais pas laissé partir, Bella … le monde ne peut pas se passer de femme comme vous … et il y a trop de personne cher à mon cœur qui vous aime et qui compte sur vous …
Il incluait Edward dans sa remarque bien entendu, et je doutais que maman ne le comprenne pas, pourtant elle ne fit aucun commentaire sur le sujet se contentant de sourire faiblement.
- Mes blessures sont-elles vraiment … graves ?
Je fronçais les sourcils en comprenant que maman n'était pas encore au courant de ce qu'elle avait exactement. Pour être honnête, je ne le savais pas plus.
Ma mère avait baissé les yeux et je sentais sa prise sur mes doigts se faire plus forte.
Son plâtre me faisait un peu mal mais je m'en moquais. Je voulais lu faire comprendre que j'étais là pour la soutenir.
Je serais toujours là, même quand elle n'aurait pas besoin de moi.
- Les infirmières ne vous ont pas renseigné ?
Maman secoua la tête.
- Je préférais que ce soit vous …
- Très bien … comme vous avez pu le voir, votre main et une de vos jambes sont plâtrés … ils ont été cassé durant … enfin bref … les plâtres pourront être retirés dans 5 semaines. Vous aurez des séances de rééducations après cela … vous avez plusieurs côtes cassées. Pour ce qui est de l'impact des balles, une d'entre elle s'est logé dans votre épaule, mais sans provoquer vraiment de dégâts, une à fait exploser la rate que nous avons dû vous retirer … la troisième n'est passé qu'à quelques millimètres de votre cœur mais vous avez eu beaucoup de chance si j'ose m'exprimer ainsi. Quant à la quatrième, elle s'est logée dans votre ventre. C'est celle qui a provoqué le plus de dégâts en raison des éclats multiples. Mais malgré ce que je pensais au départ, nous n'avons pas eu besoin de vous retirer un de vos ovaires.
« Je ne vais pas essayer de vous mentir, les douleurs ne disparaitrons pas de sitôt. Je ne vous dissimulerais pas la vérité en vous disant que vous serez rapidement sur pieds. Nous savons vous et moi que ça risque d'être très long … mais j'ai bon espoir Bella. Avec de la patience vous irez bien …
Les larmes de maman débordèrent de ses yeux et elle papillonna des paupières pour tenter de les retenir. Pourtant certaine d'entre elles s'échappèrent et elle les laissa couler le long de ses joues sans les essuyer.
- Ne vous inquiétez pas, la rassura Carlisle le visage compatissant … les marques seront à peine visible … je me suis arrangé pour rendre les cicatrices aussi belles que possibles …
Il avait dû voir bien entendu. Les marques sur le corps de maman, je veux dire les autres, étaient bien trop visibles pour ne pas être vues.
Je me demandais quelles explications il avait pu y apporter.
Je savais maintenant d'où elles venaient et c'était autant de confirmation sur la souffrance de ma mère durant toutes ces années. Rien que l'idée que des hommes avaient portés la main sur elle dans l'intention de la violer, était horrible.
Ces hommes avaient posé leurs marques sur elle, un rappel constant de ce à quoi elle avait échappé.
Et quoi que je puisse faire, James avait apposé la sienne aussi. Je ne pouvais rien faire pour changer ça. J'espérais que maman n'y accorde que peu d'importance. Mais j'en doutais.
En lisant au fond de ses yeux, je doutais fortement de l'état psychologique dans lequel elle se trouvait. Elle paraissait si fragile dans ce lit d'hôpital que j'avais peur que James l'ai marqué plus profondément que nous ne le pensions.
- Je vous dois la vie … Carlisle …, murmura ma mère dans un souffle.
Le docteur Cullen sourit gentiment à maman et se pencha vers elle, pour poser de nouveau sa main sur la sienne.
- Vous ne me devez rien du tout, Bella. C'est plutôt à moi de vous devoir quelque chose …
Son regard se posa sur moi et je vis ses yeux bleus étincelés.
Ma mère allait pour répliquer mais il ne lui en laissa pas le temps.
- Je pense qu'il est temps pour vous de recevoir vos soins. Vous semblez épuisée Bella, vous devriez vous reposer …
Maman ne le contredit pas et se tourna vers moi, légèrement penaude comme si elle se sentait coupable d'être épuisée.
Qu'elle soit fatiguée n'était guère une surprise pour moi et encore moins pour Carlisle. Il fallait absolument qu'elle recouvre des forces, personne ne pouvait lui en vouloir surtout après ce qu'elle avait vécu.
- Je reviendrais ce soir avec Charlotte et Lise … tu devrais te reposer maman, l'encourageais-je pour couper court à ses excuses inutiles que je ne voulais pas entendre.
Je lui souris et me penchais sur elle pour l'embrasser sur la joue et la serrer brièvement contre moi.
- A tout à l'heure alors …
Je sortis de la pièce pour laisser mon grand-père soigner maman et appeler mon père pour qu'il vienne me chercher.
PDV Carlisle
- Vous ne me devez rien ..., murmura Bella alors que j'étais entrain de retirer ses pansements pour soigner ses cicatrices.
Ce n'était pas à moi de le faire mais je ne pouvais confier Bella à une infirmière aussi compétente soit elle. Cette jeune femme était passée près de la mort et avait perdu beaucoup dans la manœuvre, je refusais qu'il lui arrive quoi que ce soit d'autre.
- Vous pensez ?
J'avais quelques réticences à aborder certain sujet avec elle surtout alors qu'elle était encore faible.
Elle venait de se réveiller et je doutais qu'elle soit assez forte pour supporter une discussion sérieuse et surtout sur mon fils.
J'observais Bella, détaillant son visage.
Ses nombreuses blessures étaient certes plus jolie qu'une semaine auparavant mais elle n'avait pas recouvert un visage serein et totalement lisse malgré le maquillage que Kiara lui avait fait.
Tout disparaitrait sans doute d'ici une à deux semaines.
J'étais réellement soulagé que la vie de Bella n'était plus en danger. J'avais tellement prié pour mon fils pour ma petite-fille, pour Charlotte et Lise que ma femme et moi aimions déjà tellement.
Je savais qu'il n'allait pas falloir beaucoup de temps pour que la famille accueille Kiara et les petites.
Et je savais aussi qu'il en irait de même pour Bella si seulement elle se laissait faire.
J'avais ressenti de la colère contre elle quand elle s'en était prise à Edward, je ne pouvais le nier. Mais en y réfléchissant bien, cette jeune femme s'était tout simplement sentie trahi.
J'avais parlé avec Esmée de la nouvelle paternité d'Edward et nous en étions comblés.
Nous ne pouvions rêver meilleure petite-fille.
Depuis le réveil de la PDG, je voyais bien le comportement de mon fils. Je me doutais de la peur qu'il ressentait à se rendre au chevet de la convalescente. Après ses dernières semaines, sa réaction pouvait être diverses et variés.
Je pensais réellement ce que j'avais dit à mon fils le jour où nous avions tous cru que Bella nous avait quittés. Pour pouvoir être avec celle qu'il aimait, il devait d'abord se pardonner ses erreurs passées. Il ne pouvait pas avancer en sachant qu'il n'avait pas tourné la page de cette sombre histoire.
Mais ce que je n'avais pas dit et que je savais pertinemment, c'est qu'Edward avait besoin du pardon de Bella pour être totalement serein.
Quand je regardais le visage de la mère de famille, je me demandais si elle pensait à mon fils et surtout si elle avait assez de force en elle pour surmonter tout ce qui s'était passé et construire leur avenir, ensemble.
Ils méritaient tellement d'être enfin heureux tous les deux entourés des enfants.
Je n'avais eu l'occasion de les voir évoluer qu'une seule fois ensemble et j'avais parfaitement eu conscience de l'alchimie qui se dégageaient d'eux. Ils étaient faits pour être ensemble et je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour que mon fils et cette jeune femme soient enfin heureux.
Je ne connaissais pas Bella autant que je l'aurais voulu mais je pouvais affirmer sans me tromper que c'était une femme au grand cœur. Elle était digne de mon fils.
J'adorais mon gendre, Jasper et ma belle-fille Rosalie. Je savais qu'il en irait de même pour Bella.
Il me tarderait même de lui faire une place dans notre famille exactement comme je l'avais fait pour notre petite-fille et pour Charlotte et Lise.
- Carlisle ?
La voix douce de Bella me tira de ma réflexion et je portais mes prunelles sur elle.
- Non vous ne me devez rien du tout Bella …
Je portais mon attention sur les blessures de ma patiente qui se laissa faire durant toute la durée de la manœuvre.
Bella restait silencieuse et quand j'eus terminé, je retirais le coussin derrière son dos et je baissais le dossier du lit.
Me dirigeant ensuite vers les fenêtres j'entrebâillais les stores.
- Il serait peut-être temps que vous vous reposiez … vous en avez besoin je pense …
Elle hocha la tête et je la laissais s'allonger confortablement mais avant que je ne sorte, elle me retint.
- Vous êtes un homme exceptionnel Docteur Cullen … comme votre femme aussi … pas étonnant que votre fils soit ainsi …
Sa voix était tellement mélancolique et surtout triste, que je me tournais vers la jeune femme.
Mais sa tête étant déjà tournée de l'autre côté, je n'eus pas le loisir d'ajouter quoi que ce soit.
Je sortis donc avec des centaines de choses dans la tête et surtout l'esprit préoccupé par ce que j'espérais n'être que des idées sans intérêt.
Sa phrase sonnait bien trop mélancolique, comme si elle avait fini par comprendre mais qu'il était trop tard.
PDV Edward
Bella était réveillé.
Je n'arrivais pas à y croire et pourtant c'était vrai.
Bella était sortie du coma et elle allait bien.
J'avais comme l'impression d'avoir finalement assisté à ce miracle de noël que tout le monde attendait avec impatience. Kiara était aux anges et les filles ne pouvaient s'empêcher de sourire et de rire entre elles. Nous étions soulagés et heureux de voir Bella enfin sortie du coma dans lequel elle était plongé depuis une semaine.
J'étais extrêmement soulagé et j'avais envie d'hurler ma joie à la face du monde. Mais j'avais conscience que le réveil de Bella ramenait en pleine figure les problèmes un temps, oubliés. Je me trouvais à l'heure actuelle dans une impasse et j'ignorais comment en sortir.
Je ne pouvais pas lui rendre visite à l'hôpital, je n'en avais pas le droit, au vu de la manière dont nous nous étions quittés la dernière fois.
Malgré le fait que Kiara était maintenant notre enfant à tous les deux, rien n'avait changé. Bella avait sans doute toujours la même haine envers moi et j'avais toujours cette colère envers elle après ce qu'elle m'avait fait, à moi mais aussi à ma famille.
J'aimais cette femme, plus que ma propre vie et je lui en serais à jamais reconnaissant d'avoir donné un foyer à Kiara, mais nos vieilles rancœurs étaient un obstacle entre nous et j'ignorais comment nous allions arrivés à surmonter ça maintenant.
Je n'étais pas certain qu'elle soit au courant que les filles étaient avec moi. Kiara était en ce moment même avec sa mère et je me doutais qu'elle devait en parler toutes les deux, à moins que la jeune fille préfère attendre que sa mère soit plus solide.
Un autre point essentiel que je devais prendre en compte avant de me rendre à son chevet, était son état de santé.
Je ne pouvais pas provoquer des cris alors qu'elle était encore si faible. Elle avait fait deux attaques cardiaques et je refusais d'être responsable d'une troisième ou d'entacher une guérison qui allait être particulièrement longue.
Il était plus prudent d'attendre avant de mettre en place n'importe quelle discussion entre nous. Il y avait tant de sujet à aborder que je n'avais même aucune idée de ce par quoi commencer.
J'avais parfaitement lu dans les yeux de Kiara qu'elle avait compris ou je voulais en venir. Elle savait que je cherchais seulement à préserver Bella mais également à me préserver dans la manœuvre.
Parce qu'après les évènements de ces derniers jours je savais que je ne pouvais supporter de la perdre une dernière fois tout en sachant que cette fois se serait de manière définitive.
J'étais sans doute lâche, comme tant de fois dans le passé mais je n'arrivais pas à la laisser partir.
Après le nombre de fois où j'avais cru la perdre définitivement, je savais qu'un rejet de sa part maintenant signifierait que nous ne serions jamais plus ensemble.
Et ça je ne pouvais m'y résoudre.
Pas maintenant. Pas après avoir vu cette ligne sur l'écran de l'électrocardiogramme, pas après avoir cru qu'elle était morte et qu'elle ne reviendrait plus, pas après la terreur que j'avais ressentie en comprenant ce que serait ma vie sans elle et sans les enfants.
Je n'oubliais pas les enfants que j'aimais plus que de raisons.
Non seulement Kiara, que je découvrais chaque jour un peu plus mais aussi Charlotte et Lise.
J'aimais mes neveux et nièces, je ferais tout ce que je pourrais pour eux mais en tant qu'oncle, pas en tant que parents.
Pour les filles, c'était totalement différent. J'avais un besoin viscéral de les protéger du danger, de les avoir avec moi et d'être présent dans chaque étape de leurs vies futures et surtout je les aimais. Mon instinct paternel était enclenché, je les aimais profondément.
Je savais que Kiara et moi allions nouer de véritable lien père-fille, c'était déjà le cas, enfin du moins de mon côté. Nous étions plus proches, nous apprenions à nous connaître et découvrir ma fille était une joie constante pour moi.
Mais je mentirais en disant que je ne voulais pas la même chose avec Charlotte et Lise. Je n'étais pas leur père biologique, je ne le serais jamais bien sûr et je n'aurais pas la prétention de le remplacer.
Pourtant je voulais être là pour elles, je voulais essayer de combler le vide d'une présence paternelle à leurs côtés.
Je savais qu'elles en souffraient toutes les deux.
Les paroles de Charlotte étaient bien trop équivoques quand Kiara lui avait parlé de notre nouveau lien de parenté.
Sans parler de l'attachement que j'avais envers elles.
J'ignorais ce que Bella voulait mais si elle était toujours dans son attitude de vouloir m'éloigner à tout prix d'elle et de sa famille, il était certain que je ne reverrais sans doute que rarement les deux fillettes. Et je ne pourrais pas le supporter.
Enfin pour résumer pour l'instant, je me trouvais dans une grosse impasse et j'ignorais comme m'en sortir.
Je ne savais pas comment agir maintenant.
Je pensais qu'il valait mieux attendre que Bella me demande à son chevet, ou qu'elle me fasse transmettre un message par l'intermédiaire de Kiara ou d'Aro.
Je ne poserais aucune question à l'adolescente quand j'irai chercher cette dernière. Je ne voulais pas la placer entre nous deux, ou tout du moins lui faire sentir que j'attendais à ce qu'elle prenne partie.
Je ne lui demanderais jamais une telle chose et je savais que la jeune fille ne le permettrait pas non plus.
Nous n'étions plus des gamins, ni Bella ni moi. Pour arranger nos affaires, nous n'avions pas besoin que Kiara joue les intermédiaires aux risques d'être perturbée par les éventuels conflits nous opposants.
Alors vos avis ?
L'état de santé de Bella ? La réaction d'Edward ?
Pour le prochain chapitre retour d'un pdv Bella et surtout discussion mère fille ! Par contre il sera surement poster lundi matin comme aujourd'hui car je n'aurais probablement pas accès à Internet dimanche !
Voilou !
A la semaine prochaine !
