Déclaration : Les personnages ne m'appartiennent pas, je ne fais que les emprunter. Merci à Russel T Davies et à la BBC de les avoir créés.

Bêta : Réa S, tout aussi précieuse ^^

MADE BY TORCHWOOD


Chapitre 54 : Une arrivée impromptue, partie 2


Le Docteur sortit du Tardis, accompagné d'une jeune femme, tous deux l'air circonspects, il me regarda les sourcils froncés, je ne le reconnus pas. Il s'était régénéré, une nouvelle forme en tous points nouvelle. Il ne s'attarda pas sur moi, son regard se posa sur Ianto. Moi, en revanche je le dévorais des yeux. Beaucoup plus mince que la forme que je connaissais mais pas moins charmant. Fini le blouson de cuir, il portait un costume marron à fines rayures et des baskets … beaucoup plus attaché à son apparence, me sembla-t-il. Et, oh, beaucoup, beaucoup plus de cheveux. Il était tout à fait à mon goût mais le contraire aurait été étonnant.

Il écarquilla les yeux, puis se prit la tête entre les mains en hurlant, tandis que Ianto s'effondrait tel un pantin. J'eus assez de réflexes pour le soutenir avant que sa tête ne heurte lourdement le sol. Cette rencontre si désirée tournait mal, mais je ne maîtrisais rien. Je me penchais sur Ianto, les yeux toujours braqués sur cet être qui me subjuguait et qui avait enfin cessé de crier, cette fois c'était moi qui étais interloqué. Ianto ne revenait pas à lui, Owen qui s'était immédiatement agenouillé releva son regard et je compris. Il était mort.
En un instant, toutes mes émotions furent à nouveau chamboulées, en un instant tous mes projets anéantis.
- Je suis désolé Jack, déclara le Docteur.
- Mais que lui as-tu fais ? !
Je criais mon désespoir.
Mon Ianto, mort, par ma faute. Ça ne devait pas se passer de cette manière ! J'attendais cette rencontre pour retrouver un ami, peut-être repartir vers de nouvelles aventures, avoir des réponses à mes questions, mais pas pour perdre un être cher ! Cela m'était arrivé si souvent … c'était injuste. Finalement, je n'avais pas su le protégerest-ce que je devais payer toute bonne chose qui m'arrivait ? Le Docteur était là mais mon cœur avait choisi Ianto sur cette place, pensais-je désespéré. J'avais laissé mon instinct me guider, ma raison s'était perdue dans un méandre de questions sans réponses et le résultat de tout cela gisait au sol sans vie …

Je le tenais dans mes bras, un poids mort qui me glissait lentement des mains … Je luttais pour le retenir mais je savais bien qu'il me faudrait le laisser définitivement à son sort. Je ne pouvais m'y résoudre. Tous les regards étaient braqués sur moi, mais en cet instant, j'aurais voulu qu'ils regardent ailleurs. Je n'aurais voulu aucun spectateur à mes larmes silencieuses, à celles de Tosh et d'Owen.

Il ne s'était pas écoulé une minute depuis qu'il s'était effondré, mes pensées se bousculaient dans ma tête, je n'arrivais pas à avoir une pensée cohérente, je souffrais trop pour cela. Personne ne disait rien, pas même le Docteur d'habitude si bavard. C'était avant, il était un autre sans l'être tout à fait, un ami … l'était-il resté ? L'avait-il seulement été …

Tous respectaient ce silence de mort qui s'était installé, personne n'osait le rompre car il n'y avait plus rien à dire ou à faire. Avec une force décuplée, je serrais Ianto néanmoins avec délicatesse contre mon torse. Il était mort, la bouche légèrement entrouverte. Alors je l'embrassais, pour la dernière fois, pour lui dire au-revoir à ma manière. J'y mis tout mon cœur, toute la peine que je ressentais mais aussi tous les bonheurs qu'il m'avait donnés, celui du matin qui n'était pas des moindres. Déjeuner avec ma fille, cela faisait vingt ans que nous ne nous nous étions plus assis à la même table pour partager un moment. Connaître les origines de mon immortalité, me faire sentir à quel point il m'aimait tel que j'étais, me faire comprendre que je devais m'accepter ... Me laisser le sauver, influencer sa vie et l'aimer … que de joies un peu de temps. Il ne répondait pas à mon baiser, comment pourrait-il le faire ?

Je sentais néanmoins un picotement sur mes lèvres, puis une sensation étrange m'envahit comme si l'on me retirait toute ma peine, je me sentais plus léger malgré moi. Je relevais alors brusquement la tête car j'avais senti sans erreur possible un très léger souffle …

Et un miracle eut lieu car l'instant d'après Ianto prenait une grande inspiration. Il ouvrit de grands yeux et je fis de même, j'étais aussi étonné que lui. Jamais auparavant je n'avais ramené quelqu'un à la vie. C'était le souffle de la vie que j'avais senti au plus profond de moi, c'était incroyable. Je levais les yeux vers les personnes autour de moi et je vis Tosh en pleurs, les mains sur sa bouche soutenue par un Owen à peu près dans le même état. Le Docteur souriait et sa compagne également. J'étais un homme comblé, je lui avais redonné la vie mais ce n'était que justice puisqu'il l'avait perdue par ma faute.

- Il l'a ressuscité, déclara la compagne du Docteur, c'est incroyable ! Il l'a ressuscité ! répéta-t-elle incrédule.
- Oh ça, c'est tout à fait lui, répondit le Docteur en souriant.
- Jack, murmura Ianto.
Il s'agrippait toujours à moi, je lisais au fond de ses yeux de la détresse et de la peur.
- Tout va bien, le rassurais-je en lui souriant.
Je le serrais à nouveau tout contre moi, je voulais sentir son cœur battre, sa peau douce contre la mienne, je me perdis au creux de son cou, le nez dans ses cheveux dont l'odeur mêlée à celle de sa peau me chatouillait agréablement les narines. Je caressais ce visage, je le regardais respirer sans vraiment y croire. Mes larmes ne s'étaient pas arrêtées, il allait bien falloir pourtant, le Docteur était là.
- Je t'aime, lui glissais-je à l'oreille.
Il crispa ses mains sur mon manteau.
- Moi aussi, inscrit-il dans mon esprit.
- Est-ce que tu peux te relever ? m'inquiétais-je en le lâchant.
- Oui, je crois.
Son sourire finit de me rassurer, il était là, avec nous, pour de bon. Le retour de l'enfant prodige parmi ses pères.

Je l'aidais néanmoins à se remettre debout et heureusement car il eut un étourdissement. Owen partit vers son labo et la compagne du Docteur se précipita dans le Tardis. Elle en ressortit avec un stéthoscope alors qu'Owen remontait avec la même chose entre les mains. Mais Ianto allait déjà mieux et il leur fit savoir d'un geste.
- Bien ! fit le Docteur en riant, nous n'avons pas fait les présentations bien qu'avec ton jeune ami, nous ayons déjà partagé beaucoup, n'est-ce pas ? fit-il en fronçant les sourcils. Martha je te présente le Capitaine Jack Harkness.
- Enchanté, déclarais-je, et qui êtes vous ?
- Martha Jones, Docteur Martha Jones, se reprit-elle en souriant.
Elle était charmante, comme toutes les compagnes du Docteur, la belle Rose en tête.
- Docteur … dis-je les yeux aussi brillants que ceux d'un gosse à Noël.
- Comment m'as-tu reconnu ? me coupa-t-il.
- La cabine de police t'a quelque peu trahi. Nouveau visage ?
- Yep, une régénération, et hop tout est nouveau ! fit-il gaiement.
- Je te présente mon équipe, dis-je avec fierté. Toshiko Sato, notre génie en informatique, Docteur Owen Harper, notre médecin et Ianto Jones, notre archiviste.
- Oh, fit le Docteur, il est bien plus que cela … murmura-t-il avec un air mystérieux en passant en revue du regard mon équipe. - Où sommes-nous ? continua-t-il plus enjoué en regardant autour de lui.
Cette forme était décidément très expressive, très surprenante même.

Il se figea en voyant une inscription sur le mur.
- Ce n'est pas possible … murmura-t-il en enlevant ses lunettes.
- Allons nous asseoir Docteur, toi aussi Ianto, demandais-je fermement.
J'avais décidé de ne plus rien cacher à mon équipe. Tosh et Owen devaient connaître toute la vérité. Ma décision était prise.

Ianto s'installa sur le canapé et Tosh s'assit rapidement à côté de lui, elle posa sa main sur son avant-bras en essuyant ses dernières larmes. Martha s'assit de l'autre côté, ce qui tira un grognement de la part d'Owen qui resta debout devant eux. Martha sourit, parfaitement consciente de lui voler son rôle. Mais cela n'avait pas l'air de la déranger. Elle posa ses mains sur Ianto, prête à lui défaire sa chemise pour l'examiner. Mais celui-ci ne se laissa pas faire, il se déplaça vers Tosh et lui lança un regard courroucé et déterminé. Je captais un bref instant le sentiment de satisfaction qui anima Owen.

- Il faut que je l'examine, se défendit Martha.
- Je suis son médecin, fit valoir Owen, je vais le faire.
Sur ce il posa un genou à terre, prêt à faire son travail. Martha lui laissa sa place, mais à sa mine, elle le faisait à contrecœur.

- Jack, m'interpella le Docteur me tirant de ma contemplation.
J'en avais oublié la découverte du Docteur, il me fallait trouver les mots pour le convaincre.
- Nous sommes dans la base secrète de Torchwood Cardiff, j'ai repris le commandement. Nous ne sommes plus que quatre maintenant.
- Avec tout ce que Torchwood a fait, tu en fais partie ? ! se récria-t-il dépité.
- L'ancien régime a été détruit à Canary Wharf, expliquais-je en choisissant mes mots pour ne pas blesser Ianto. Je l'ai reconstruit, je l'ai changé, dis-je avec fierté. Je l'ai fait pour toi, en ton nom.
Il n'en revenait pas, il se mit à faire les cent pas.
- Celui-ci fait partie de l'ancien régime, fit-il en désignant Ianto.
Je vis Ianto frissonner et ce n'était pas l'auscultation d'Owen qui était en cause. Il baissa les yeux et Owen referma sa chemise.
- Aussi fou que cela puisse paraître, il semble aller bien, nous fit-il savoir avec un grand sourire qui confirmait ses dires.
Tosh se pencha vers lui heureuse de le savoir sain et sauf.
- Docteur, mais que s'était-il passé ?
Martha avait posé la question qui était sur toutes les lèvres.

Je regardais Ianto qui, honteux d'être associé à Torchwood Londres, n'avait toujours pas trouvé le courage d'affronter les regards.
- Nous sommes à Cardiff, au 21ème siècle ! Je ne pensais pas rencontrer une telle personne et …
Martha ne connaissait pas l'étendue des dons de Ianto et le Docteur le comprit.
- Il est télépathe. Nos esprits se sont liés dès que je suis sorti du Tardis. Celui-ci, d'ailleurs je ne le reconnais plus ! Il ne m'a pas obéi, il en a fait qu'à sa tête … seulement, il n'a pas à proprement parler de tête …
- Vos esprits se sont liés ? dis-je doucement.
- Je réglerais mon problème de Tardis plus tard. Oui, nos esprits se sont, comment dire cela avec des mots …
Il se passa une main dans les cheveux faisant toujours les cent pas.
- Bref, nous avons échangé des informations, beaucoup, beaucoup trop. Personne ne doit jamais accéder à mon esprit ! Il y a de quoi devenir fou ou mourir … j'ai fermé le tunnel qui nous reliait dès que j'ai compris ce qui se passait mais c'était trop tard ... Et maintenant, fit-il en se penchant vers Ianto, je ne comprends pas comment tu peux vivre.
Un silence terrible suivit cette affirmation. Ianto tenait sa tête entre ses mains, j'étais inquiet.

- C'est ma mémoire … dit-il timidement dans un souffle.
- Intéressant … commenta le Docteur.
- Ianto est doté d'une excellente mémoire, est-ce que cela l'aide ? demandais-je.
- Oh oui ! s'écria le Docteur surprenant tout le monde, il avait un sourire de gamin sur les lèvres qui me plut beaucoup. C'est donc cela … il a pu tout ranger, classer … brillant.
Une vague de soulagement nous envahit, il allait survivre finalement.

- Jack, je ne comprends toujours pas comment tu peux représenter Torchwood, reprit-il.
- Laisse-moi t'expliquer. Torchwood existe pour combattre les menaces aliens. J'ai changé les méthodes de la branche de Cardiff, nous sommes responsables des rejets de la faille quels qu'ils soient et nous protégeons la ville sans les exterminer systématiquement. J'étais là après que tu aies quitté Canary Wharf, j'ai tout pris en charge avec mon équipe … Tous les artefacts sont ici, toutes les données de Torchwood Londres sont ici, tous les aliens ont été sauvés, enfin tous ceux que nous avons pu … Rien n'a été laissé au hasard et toutes les informations sont concentrées ici. Ianto était prisonnier là-bas, il n'a jamais été d'accord avec eux.
- Mais il a collaboré, je l'ai vu, rétorqua le Docteur.
Je vis les épaules de Ianto s'affaisser.
- Il souffrait, ajouta Tosh calmement.
- Il est avec nous, conclus-je fermement, ce qu'il a vu ne sera jamais divulgué. Il connaît déjà beaucoup de choses … J'ai vu la liste des morts à Canary Wharf, j'ai vu le nom de Rose ... finis-je avec beaucoup de tristesse.
Canary Wharf serait pour toujours associé à Rose et au Docteur.
- Oh, non ! Désolé, elle est vivante !
- Tu plaisantes !
- Elle est saine et sauve dans un monde parallèle ! Mickey et sa mère également !

Une journée et deux retours à la vie ! La vie justement, elle nous réservait toujours des surprises. Et j'étais là pour y assister, je serais toujours là. Ce jour était extraordinaire ou bien juste ordinaire quand on partage la vie du Docteur. Toutes ces émotions me rendaient euphorique, je le pris dans mes bras, j'étais si heureux pour elle. Comme Ianto, elle ne méritait pas de mourir si jeune. J'avais fait son deuil, repensé si souvent à nos moments passés tous les trois … la savoir vivante était une extraordinaire nouvelle et je laissais ma joie éclater.
- La bonne vieille Rose, soupira Martha alors que je lâchais le Docteur.

- Tu m'as abandonné, lui rappelais-je soudain sérieux.
- Ah bon ? Des choses à faire. Des choses à changer, répondit-il sur le ton de la conversation.
- Quand ? demanda Martha curieuse.
- J'étais isolé en l'an 200100, de la poussière de Daleks jusqu'aux chevilles, relatais-je, il est parti sans moi. Mais j'avais ça, dis-je en désignant mon bracelet. J'étais un … Agent du Temps, ça s'appelle un Manipulateur de Vortex. Il n'est pas le seul à pouvoir voyager dans le temps.
- Excuse-moi, ceci n'est pas du voyage dans le temps, se moqua le Docteur. Mais plutôt : j'ai une voiture de sport, tu as une sauterelle de l'espace.
- Oh, les garçons et leurs jouets, se moqua à son tour Martha.
- D'accord ! m'exclamais-je, alors j'ai rebondi. J'ai pensé que le 21ème siècle était le meilleur endroit pour trouver le Docteur. Sauf que j'ai fait une petite erreur. Je suis arrivé en 1869, cette chose s'est épuisée, et je me suis retrouvé coincé …
- Je te l'avais dit ! fit valoir le Docteur.
- J'ai vécu à travers tout le 20ème siècle, en attendant une version de vous qui coïnciderait avec moi.
Je me demandais s'il prenait l'ampleur de la chose.
- Mais ça fait de toi une personne de plus de 100 ans, s'étonna Martha.
- Jack ! s'exclama Owen. Comment est-ce possible ?
- Plutôt bien conservé, non ? plaisantais-je.
C'était le grand déballage et cela ne me plaisait pas, mais il fallait le faire.

- Comment as-tu pu nous cacher cela ? ! ajouta Tosh en colère.
- Je me suis installé à Cardiff, car je savais que tu reviendrais t'approvisionner un jour, continuais-je en ignorant les regards noirs d'Owen et de Tosh. Et finalement, ta main a réagi à ton retour et nous voilà !
- Mais comment as-tu pu le laisser tomber, Docteur ? questionna Martha.
- J'étais occupé !
- Sérieusement Docteur, réclamais-je.
Il me devait une explication et elle tardait à venir.

- Le Tardis, c'est moi, déclara soudain Ianto d'une voix claire. Je lui ai demandé de venir ici, nous nous sommes parlé à Canary Wharf et … aujourd'hui, il m'a écouté plutôt que vous.
- Je n'en reviens pas ! s'exclama le Docteur. Que de surprises aujourd'hui, finit-il par lâcher.
- Le Tardis t'a fait une infidélité, s'amusa Martha puis réalisant ce qu'elle venait de dire, elle ajouta : ce n'est pas juste une machine Docteur ? !
- Oui et non, répondit-il en dodelinant de la tête.
- J'ai mal à la tête, annonça-t-elle avant de s'effondrer sur le canapé.
- Tu allais partir sans moi, encore ! lui lançais-je de but en blanc.
J'étais blessé d'être ainsi abandonné, je ne faisais rien pour le cacher.

- Quand l'as-tu réalisé ?
- Terre, 1892, commençais-je conscient de l'esquive. Pris dans une bataille sur Ellis Island, un homme m'a tiré dans le cœur, puis je me suis réveillé. J'ai trouvé ça assez étrange, mais ensuite cela ne s'est jamais arrêté. Tombé d'une falaise, piétiné par des chevaux, Première Guerre Mondiale, Deuxième Guerre Mondiale. Poison. Famine. Un javelot égaré. A la fin ... j'ai compris le message. Je suis l'homme qui ne peut pas mourir … Et tout ce temps, tu savais.
- Et nous alors ! s'offusqua Tosh.
Je vis Ianto passer un bras sur ses épaules pour l'attirer à lui, une petite pointe douloureuse se réveilla dans mon cœur me rappelant mes sentiments pour le plus jeune de mon équipe. Ce fut d'une efficacité rare, étonnée par l'affectation témoignée si rare de sa part, elle se blottit et son visage irradia son bonheur et enterra la colère qui s'y était peinte.
- C'est pour cela que je t'ai laissé, continua le Docteur. Que je voulais partir aujourd'hui. Ce n'est pas facile, même rien que ... te regarder, Jack. Car tu es incorrect.
- Merci.
- Tu l'es, je n'y peux rien. Je suis un Seigneur du Temps, c'est de l'instinct, c'est en moi. Tu es un point fixe dans le temps et l'espace. Tu es un fait. Et ce n'est jamais censé arriver. Même le Tardis a réagi contre toi !

- C'est faux, contesta Ianto en se levant, j'ai vu ce qui s'était passé au moment où le vortex temporel l'a sauvé … Je l'ai vu en lui, ajouta-t-il devant la mine étonnée du Docteur. De mon point de vue, il est comme les autres hommes sur cette Terre. C'est ce que j'ai montré au Tardis et cela l'a convaincu de rester.
- Tu oses contester mon jugement ? s'enquit le Docteur.
Je ne dis rien, je ne bougeais même pas d'un iota. Ianto avait planté son regard dans celui du Docteur et il semblait plus déterminé que jamais. Ils se faisaient face, se défiant, chacun examinant l'autre, sérieux …
- Je connais votre légende, se défendit Ianto, j'ai vu des choses dans votre esprit … l'espace d'une altoseconde j'ai ressenti comme vous le temps, j'ai vu des lignes colorées entourant les personnes, les intersignes ainsi liées ! Les points immuables dans le temps et l'espace … finit-il dans un murmure.
Il semblait subjugué mais moi j'étais plutôt inquiet.
- Les futurs possibles, compléta le Docteur. Lui, il n'en a qu'un.
- C'est un point de vue, il y en a tant d'autres ! Ma télépathie me permet de visualiser, les sentiments, les pensées, les idées … Jack est comme les autres.
Il s'abstint de dire qu'il m'avait trouvé encore plus beau à l'intérieur je le remerciais intérieurement. Il volait à mon secours, je ne lui en voulais pas même si je pensais ne pas en avoir besoin. J'aurais bien fini par avoir le Docteur d'une manière ou d'une autre … ne pas pouvoir me regarder ? Il serait bien le seul dans cet univers. Même si j'étais blessé, profondément, je ne baissais pas les bras. Ianto non plus …

- Il faut changer de point de vue, donner sa chance à une autre façon d'appréhender le monde … continua-t-il. Je vois en lui différentes horloges biologiques qui tournent, je vois le temps en lui, comme dans chaque être. Il est ralenti, le cycle circadien n'est pas le même mais il est bien là. Comme dans tout en chacun …
Il était sincère et son discours servi d'une traite me toucha. Mais je savais qu'il était vain, le Docteur connaissait l'univers comme sa poche et les lois qui le régissaient. Il me définissait comme une aberration alors j'en étais une. Je le savais au fond de moi, je l'avais toujours su, pourtant cela n'adoucissait pas la révélation.

- Ianto Jones, c'est bien cela ?
- Oui, monsieur.
- Il y a une personne dans cette pièce qui a justement un problème temporel, peux-tu me dire laquelle ?
- A part vous ?
Je vis les minces lèvres du Docteur s'étirer légèrement mais il retint le sourire qui allait poindre. Il acquiesça.
- Je ne veux pas pénétrer les esprits sans avoir l'accord des personnes …
- Tu as dit pénétrer l'esprit ? répéta Martha bouche bée.
- Oui, ce n'est pas douloureux …
- Ah mais alors tout va bien ! commenta-t-elle.
- Je ne m'enfoncerai pas profondément, ajouta-t-il doucement en me regardant comme pour s'excuser à nouveau.
Un frisson involontaire me parcourut l'échine. Moi je me souvenais très précisément de l'étau qui avait enserré mon esprit et de la terrible douleur qui m'avait torturé pendant de longues minutes.
- Mais, continua Martha sans se démonter, tu verras, enfin tu … je ne sais pas comment dire !
- Voir c'est un bon terme, précisa Ianto.
- Alors tu verras des choses personnelles, intimes ?
- Oui.
- Tu peux y aller Ianto, annonça Tosh, j'ai baissé mes barrières mentales.
- Moi aussi, ajouta Owen.
Le Docteur me lança un regard complice tandis que mon équipe jouait son jeu, savait-il que je ne le ferais (ferai) pas ? Ce n'était pas dangereux comme cela pouvait l'être avec son esprit mais, en fait si. Ianto prendrait conscience de toutes les choses que j'avais faites sur Terre dont je n'étais pas fier, mes compromis, mes trahisons, mes meurtres … Ce serait la fin des beaux discours. J'avais décidé de boucler ces souvenirs, jamais il ne devait connaître mes secrets.
- Bon, fit Martha en s'avouant vaincue, puisqu'il le faut, ajouta-t-elle blasée.
Le Docteur lui adressa un regard chaleureux, elle l'accompagnait, elle devait être plus qu'habituée aux expériences bizarres.

Ianto ferma ses yeux pour, je supposais, passer en revue les esprits. Il en avait trois à sonder, je savais que c'était probablement de Tosh dont parlait le Docteur. Elle avait passé du temps dans cette boucle temporelle et depuis elle avait perdu ses repères. Ianto pouvait également s'en douter mais le Docteur ne se laisserait pas convaincre avec des suppositions. Il lui faudrait beaucoup plus. C'était une mise à l'épreuve.

Ianto conserva ses yeux fermés mais se rassit à côté de Tosh. Il se tourna vers elle et posa ses mains sur ses tempes, comme il l'avait fait avec moi. Je la vis hésiter, poser ses mains à plat sur le canapé et chercher Owen du regard. Celui-ci posa un genou près d'elle et lui pris la main. C'était très chevaleresque et cela me fit sourire, tout comme Martha, mais lui ne souriait pas. Nous ne savions pas ce que faisait Ianto mais cela lui prit trois minutes avant de lâcher doucement Tosh puis d'ouvrir les yeux.
- Est-ce que ça va ? lui demanda-t-il.
- Oui … ça chatouillait dans la tête.
Elle a eu bien de la chance, pensais-je.
- Qu'as-tu fait ? ne put s'empêcher de demander Owen inquiet pour sa dulcinée.
- Toutes ses horloges étaient déréglées, non seulement celle du cerveau mais également les secondaires. Cela allait de mal en pis, aucun des signaux envoyés par les horloges secondaires n'était correctement interprété … J'ai recalé l'horloge centrale, c'est pour cette raison que j'ai eu besoin de mes mains, pour m'aider à transmettre le bon message à tes neurones de l'hypothalamus et ensuite j'ai laissé faire la synchronisation naturelle … tes neurones se sont connectés à ceux du tronc cérébral, puis ceux de la moelle épinière se sont projetés vers les horloges secondaires dans les organes. Tout est relié et … recalé, conclut Ianto.
- Comment aurions-nous fait si … commença Owen.
- Les hormones, le coupa Ianto. Ce décalage entre les horloges induit également une perturbation hormonale que tu aurais corrigée et celles-ci, en se diffusant, auraient conduit au même résultat par le biais des horloges secondaires vers l'horloge centrale.
- Tu es calé en neurobiologie, s'étonna Owen.
- Je n'y connais rien … j'ai appris en « voyant » comment cela fonctionne … de l'intérieur.
- Est-ce que je suis guérie Ianto ?
- Oui, Tosh, absolument.
Il lui glissa un mot à l'oreille qui nous échappa.
- Jack, tu as accompagné les meilleurs. Tu es brillant Ianto Jones ! s'exclama le Docteur. Il faut qu'on discute tous les deux, oh oui, on a des tas de choses à se dire.
- Vraiment ? demanda un Ianto décontenancé par le changement d'attitude du Docteur à son égard.
- Absolument ! Et une petite discussion avec mon Tardis ne sera pas de trop, je suis seul maître à bord et …
Le Docteur ne finit jamais sa phrase, l'alarme de la faille l'avait stoppé net ...


J'attends avec impatience de savoir ce que vous en pensez ^^

Pas d'aperçu cette fois, la suite n'est pas écrite ...

Merci de suivre cette histoire, à bientôt !