L'été se passa incroyablement normalement selon les critères d'Abe. Il n'eut pas à récupérer quelqu'un au fleuve plus de deux fois, son Père ne ruminait à propos de la mort, mais sortait profiter du beau temps avec sa fiancée et ses amis. Abe avait pu voir Fawn sans avoir Henry qui regardait par-dessus son épaule, l'un dans l'autre c'était vraiment bien.
Comme pour prouver quelque chose tout le monde se retrouva le quatre Juillet, finissant près de l'East River non pas pour récupérer un immortel récemment décédé mais pour regarder le feu d'artifice. Henry, Jo et Abe n'étaient pas seuls, Hanson les rejoignit avec sa famille, Fawn avec la sienne, et Lucas et Jacob emmenèrent tous les deux quelqu'un.
Henry avait repris là où il s'était arrêté avec les enfants d'Hanson, leur racontant des histoires et jouant à attraper une balle, convainquant éventuellement Jo de les rejoindre. Ce qui se transforma rapidement en une sorte de football américain quand les petits enfants de Fawn se joignirent aussi à eux.
« Il le sentira demain matin. » Abe sourit en regardant son père être plaqué au sol par deux enfants plus petits. « Je ne sais pas s'il a déjà joué au football. »
« Oh je serais prudent Abe, on dirait que tu pourrais finir grand frère. » Hanson lui tendit une bière.
« Alors ils ne pourraient demander meilleur père. » Abe hocha la tête, « Et tant qu'il a Jo les choses seront différentes. »
« Alors, tu es celui qui le connaît depuis le plus longtemps, est-ce qu'il a toujours été si… » Hanson cherchait le bon mot.
« Excentrique. » Abe sourit, « Je peux seulement te dire ce que je sais des soixante-cinq dernières années. » Abe soupira, « Quand il avait ma mère il était totalement différent, plus proche de ce qu'il est quand il est avec Jo, mais il était aussi plus paranoïaque. Il n'avait pas commencé à étudier la mort avant que Maman nous quitte. Il a passé quelques années vraiment sombres et je ne pensais pas pouvoir l'en sortir, je me souviens de lui me disant encore et encore combien il voulait mourir et combien il était en colère contre le monde de ne pas pouvoir. Je savais que quand je n'étais pas là il essayait encore et encore. Après ces cinq premières années il est devenu la personne que vous avez rencontrée. Isolé du monde sauf de moi, il allait au travail, rentrait à la maison, puis descendait dans son labo. Puis il a rencontré Jo et il a commencé à devenir la personne plus joyeuse qu'il était quand j'étais enfant. »
« Mince. » Fut tout ce qu'Hanson trouva à dire. « Je suppose que je devrais être heureux de ne pas être lui. »
« Ouais. » Abe regarda son père continuer à essayer de jouer au football. « Mais Jo lui fait du bien, il n'aura pas à revivre ce qui est arrivé à maman. Et il vous aura tous encore longtemps après que je sois parti. »
« Détective, » Henry se libéra des enfants, « Je vais devoir demander un remplaçant. J'ai peur que le football Américain ne soit pas fait pour moi. »
« J'y vais Doc. » Hanson lui tendit sa bière encore fermée.
« Mike, profites-en. » L'arrêta Henry « Ils ne seront pas toujours aussi excités de venir voir le feu d'artifice avec leur père. »
« Hey je suis là, non ? » Rappela Abe.
« Oui mais il y a eu de nombreuses années où tu ne l'étais pas. Bien sûr je ne dis pas que ta mère et moi n'appréciions pas un piquenique et le feu d'artifice sans toi, mais ta présence nous manquait. » Répondit Henry.
« Ne t'inquiète pas Doc, je ne prends rien pour acquit. » Mike donna à l'immortel une tape dans le dos avant d'entrer dans la partie de football en soulevant son plus jeune fils par la taille.
« Alors vous parliez de quoi vous deux ? » Henry se tourna vers son fils.
« Oh rien d'excitant, je me plaignais juste que tu n'avais jamais joué au football avec moi. » le taquina Abe.
« J'ai joué à plein de sports avec toi, tu n'as jamais été intéressé par le football. » Se défendit Henry, sachant très bien que la conversation n'avait rien à voir avec le football, il laissa passer. « Alors qu'est-ce que je suis supposé faire avec ça ? » Il indiqua la bouteille de bière fermée.
« Pas si vite. » Jo se sortit du jeu des enfants. « Regarde dans mon sac. » Elle sourit alors que Henry sortait une bouteille de cognac et lui lança un regard sévère, avant de sourire lui-même.
« Tu n'aurais pas dû apporter ça. » Lui rappela Henry, « Mais c'est grandement apprécié. »
« Tant que boire dans un verre en plastique ne te dérange pas. » Jo lui tendit un verre.
« Je suis sûr que je vais survivre. » Assura Henry en se servant avec attention un verre avant de replacer la bouteille au fond du sac.
« Il vaut mieux que ce ne soit pas ce que je pense. » Le Lieutenant Reese approchait de derrière avec un homme qu'ils supposèrent être son mari. « Mes détectives feraient mieux de ne pas avoir ouvert de bouteilles dans un lieu public. »
« Dans ce cas je vous assure que ce n'est pas ce que vous pensez avoir vu. » Henry posa son verre sur la glacière la plus proche.
« Chef nous ne nous attendions pas à vous voir. » Jo se tenait un peu plus droite.
« Mon mari et moi sommes venus voir le feu d'artifice comme tout le monde. Nos filles sont supposées nous rejoindre avant le lancé dès qu'elles auront fini avec leurs amis. » Les informa Reese, « Je dois dire Henry que ces traces d'herbe ne vont pas avec l'écharpe. »
« Oui et j'ai appris que je ne suis pas fait pour le football Américain. » Henry effaça inconsciemment des traces de son pantalon.
« Je pense que n'importe qui au poste aurait pu vous le dire. » Reese ne put s'empêcher un sourire.
« Pour sa défense il s'est battu seul contre une équipe d'enfants de dix à cinq ans. » Ne put s'empêcher Abe.
« Lieutenant, je ne crois pas que vous ayez rencontré mon colocataire Abraham. » Henry présenta rapidement Abe.
« Je ne pense pas non plus qu'aucun de vous n'a déjà rencontré mon mari Charles. » Poursuivi Reese, ce qui entraina des serrements de mains.
« Doc, s'il vous plaît ne me dite pas que c'est l'une de vos boissons chics. » Hanson était sorti de la partie de football et avait dû déplacer le verre de la glacière. « Lieutenant. » Hanson déplaça instinctivement la bière derrière son dos.
« C'est votre jour de congé, et la dernière fois que j'ai vérifié vous étiez assez âgé pour consommer de l'alcool. » Commenta Reese, « Bon après-midi, je crois que nous allons voir si nous pouvons retrouver nos filles. Et je vous attends tous à leur au travail demain, gueule de bois ou non. » Lança Reese par-dessus son épaule, « Ça tient aussi pour les membres de la morgue Lucas. » Ils se tournèrent tous vers le jeune homme et sa copine quia avaient quelques shots de vodka gélifiés. En entendant son nom il fit comme Hanson et cacha l'objet du délit derrière son dos.
« C'est un événement familial. » Henry réprimanda Lucas.
« Ouais, ouais je sais mais, allez Doc, j'aime vraiment bien cette fille, il faut bien que je l'impressionne un peu. » Lucas jeta un regard à la jeune femme derrière lui.
« Crois-moi être soûl n'a rien d'impressionnant. » Rétorqua Henry.
« Vous avez de l'expérience Doc ? » Coupa Hanson, « Ça ne doit pas être facile de se souler avec des boissons chics. »
« Je suis humain détective, et je n'ai pas toujours été si difficile sur ce que je buvais. » Henry roula les yeux.
« Mike rappelle les garçons il commence à faire noir. » Karen l'appela depuis là où elle parlait avec un petit groupe de femmes.
« Excusez-moi. » Mike soupira, parvenir à ce que ses garçons restent assis ne serait-ce qu'une demi-heure pour le feu d'artifice allait être un défi.
« Si vous m'excusez je vais voir si je peux éloigner mon rendez-vous de ses enfants. » Abe se leva de sa chaise.
« Eh bien ma chère il semble que nous devrions nous asseoir aussi. » Henry prit une chaise pliante pour Jo avant d'en prendre une pour lui-même.
« Henry je dois te demander, je veux dire de te voir avec ces enfants, tu veux des enfants ? » Jo prit la parole après qu'ils soient restés deux minutes seuls assis là.
« Je veux ce que tu veux. » Henry opta pour une réponse diplomatique, avoir un enfant petit dans la maison lui manquait mais il s'inquiétait pour le fils qu'il avait, il savait qu'il ne voulait pas survivre à un autre enfant.
« Ce n'est pas une réponse. » rétorqua Jo.
« Parfois avant un jeune enfant me manque. » Confessa Henry, « Mais je ne veux pas que tu aies à vivre la douleur de savoir que tu survivras à ton enfant. »
« Eh bien, je ne crois pas que tu ais besoin de t'inquiéter de ça. » Jo regardait l'herbe. « Depuis que j'ai été tué, je n'ai pas eu, enfin je, cette période du mois n'est pas venue. »
« Alors tu… »
« Non je suis allé voir le médecin il y a une semaine après avoir parlé à un suspect, je ne l'ai dit à personne, et il a dit que je ne l'étais pas. Henry j'ai été tuée il y a des mois, je ne crois pas que je puisse avoir d'enfants. » Confessa Jo gardant le regard au sol en attendant sa réaction.
« Pourquoi tu ne me l'as pas dit plus tôt, tu as gardé les apparences de cette période ? » Henry fronça les sourcils.
« Je ne voulais pas t'inquiéter. » Jo soupira, levant finalement les yeux.
« Hey viens là. » Henry l'attira hors de sa chaise, « Si nous décidons d'avoir des enfants à un moment ou un autre il y a toujours l'adoption. » Henry l'attira contre lui, « Je déteste le fait que tu ais pensé que tu devais faire semblant, Abigail et moi ne pouvions pas avoir d'enfants et nous avons toujours pensé que c'était à cause de ma condition, alors je ne suis pas surpris et je ne suis pas déçu. Quand et si nous voulons des enfants il y a toujours des options. L'adoption déjà marchée pour moi une fois. »
« Ça c'est bien vrai. » Abe arriva en n'entendant que la dernière phrase. « Tout va bien ? »
« Oui tout va bien. » Jo s'éloigna d'Henry mais pas trop.
« On discutait juste de notre future. » Henry éloigna l'inquiétude de son fils, « Fawn vous voulez quelque chose à boire, je crois que nous avons des sodas, de l'eau, bière, limonade, et Jo m'a introduit du cognac mais je suis prêt à partager. »
« Je pense que je vais seulement prendre de l'eau. » Fawn sourit de la façon dont les femmes le font toujours quand Henry décide de les charmer.
« Alors voilà. » Henry lui tendit une bouteille. « Je crois que le feu d'artifice va bientôt commencer, alors Jo si tu trouves que ton siège n'est pas confortable je pense que j'ai de la place ici. » Henry offrit ses genoux.
« Bien essayé Roméo. » Jo sourit, « Mais le mien va très bien. »
