Le couple était tellement heureux qu'il ne prêta pas attention aux picotements quasi imperceptibles qui s'étalaient sur leur avant-bras gauche…

Harry et Drago auraient dû se méfier de l'eau qui dort…


Le destin, aussi invisible soit-il, n'en était pas moins menaçant en ce matin. Un funeste compte à rebours venait de se mettre en place sans que le couple ne s'en aperçoive. Perdus dans leur bulle, les deux hommes pensaient pouvoir échapper aux conséquences de leurs actes. Plus précisément, ils ne pensaient plus. Ils vivaient enfin, égoïstement, sans penser au passé ou à l'avenir. Certes, les réveils d'Harry étaient souvent marqués par la présence de Voldemort, mais le Gryffondort n'avait qu'à poser ses yeux sur Drago ou sur sa petite fille pour oublier ses tourments. Là, auprès d'eux, Harry se sentait insouciant, heureux. Quand il se regardait dans un miroir, il y voyait un jeune homme et un père comblé. Il n'y avait plus d'Elu. Et ce constat lui faisait un bien fou. Par ailleurs, Voldemort semblait s'être résigné à cette vie de captivité. Sans le pendentif autour de son cou, Harry aurait quasiment pu oublier qu'il portait un monstre en lui.

Le Gryffondor sentit le Seigneur des Ténèbres se mouvoir dans son corps comme s'il était trop à l'étroit et mal à l'aise face à ce qui venait de se produire. D'un baiser échangé avec Drago, Harry se libéra de cette sensation désagréable. Leurs yeux se rencontrèrent.

- Regarde, il neige dehors, murmura le Gryffondor en souriant.

- C'est pour ça que tout a l'air si clair. Viens, il faut qu'on aille faire un tour dans le jardin avec Jade. J'ai hâte de voir sa réaction. Tu imagines ? C'est la première fois de sa vie qu'elle va voir de la neige !

- Je me demande qui sera plus excité...toi ou elle ? taquina Harry en ricanant.

- Oh la ferme, je suis sûr que je serai toujours moins ridicule que toi...

A la fois épuisés et impatients, les deux sorciers s'habillèrent à la hâte. Ce n'est qu'au moment où ils revêtirent leurs longs manteaux d'hiver que le bras gauche de Harry sembla s'enflammer. Le Seigneur des Ténèbres retint son souffle, son cœur se mettant à tambouriner avec violence.

- Ahhh ! ! s'écria le Gryffondor. Qu'est-ce qui m'arrive ? !

Le visage du Serpentard perdit toute couleur, horrifié par ce que le Lord Noir était en train de tenter.

- Oh non... Voldemort est en train d'appeler les siens ! Ne le laisse pas faire, Harry ! Reprends le contrôle !

En une fraction de seconde, le Gryffondor avait pris sa décision. Paniqué mais déterminé, Harry se précipita hors de leur chambre et attrapa son balai au bout du couloir avant d'ouvrir la porte à la volée. Le Gryffondor se retourna vers Drago, le regard tourmenté par un reflet rouge sang.

- Va déposer Jade chez Miss Bellamy au cas où ça tourne mal pour nous...

- Où vas-tu ? !

- Loin d'ici...

- HARRY !

Ne perdant pas plus de temps, Drago déboula dans la chambre de sa fille à toute vitesse. Le cœur battant à tout rompre, il enveloppa le bébé dans les couvertures et quitta la maison sur son balai, laissant la porte grande ouverte derrière lui.

De son côté, Harry tentait à la fois de voler aussi vite que possible et de se concentrer sur des images qui pourraient déstabiliser Voldemort. Mais toute l'énergie du Seigneur des Ténèbres restait focalisée sur son avant-bras gauche sans faiblir.

- Arrêtez-ça, Voldemort !

- Tu n'avais qu'à ne pas puiser dans mon énergie, sale vaurien, ricana le Lord Noir avec délectation. Tes actes infâmes vont causer ta perte... Seul contre tous ? Tu n'as aucune chance de t'en sortir. A moins que tu ne me libères...

- Vous pouvez toujours rêver !

Mais Harry ne put s'empêcher de penser au pendentif. Une seule image mentale suffit au Seigneur des Ténèbres pour comprendre leur machination. La main droite du Gryffondor lâcha soudainement le balai sans qu'il ne le veuille. Une lutte mentale se mit alors en place, chacun essayant de contrôler ce cerveau et ce corps qui n'appartenaient plus vraiment à Harry en cet instant. Le Gryffondor ferma les yeux, obnubilé par le contrôle de sa main droite qui était à présent figée à mi-chemin entre son cou et le balai.

Drago pouvait sentir la confrontation qui se jouait entre Harry et Voldemort. La tempête émotionnelle des deux sorciers tourbillonnait dans sa tête et dans le reste de son corps. Tout en lui était crispé. Trois cœurs semblaient bondir dans sa poitrine, tels des métronomes de cette course contre la montre. Drago ferma également les yeux, tentant également de déstabiliser la part de Voldemort en lui. Il pensa à son amour pour Harry et à son amour Jade, tentant d'entrer en communication avec Voldemort mais aussi de transmettre sa force à Harry, du fait de leur connexion au pendentif.

Sentant Drago interagir entre eux, Harry prit l'ascendant sur Voldemort et réussit à reposer sa main sur son balai puis à ouvrir les yeux, juste à temps pour éviter la cime d'un sapin qui se dressait droit devant lui. Fou de rage, le Lord Noir concentra à nouveau toute son énergie sur son avant-bras gauche. Harry essaya de s'appuyer sur l'aide de Drago pour contrer l'énergie de Voldemort au niveau de son bras, mais ce dernier le prit alors par surprise en transférant toute son énergie sur sa main droite qui cette fois-ci ne s'arrêta plus d'avancer vers son cou.

- NON ! ! hurla le Gryffondor en repoussant sa main droite avec son autre main.

Sans guidance, le balai plongea soudainement dans le vide. Harry avait l'impression que son estomac était resté suspendu à quelques mètres au-dessus de lui tant la chute était violente. Le balai ne cessait de prendre de la vitesse et le Gryffondor n'arrivait pas à contrer la force du Lord Noir. Sa main gauche tenait frénétiquement sa main droite à distance du pendentif qui se trouvait caché sous ses vêtements.

- Arrêtez ça ! On va s'écraser et on va mourir tous les deux ! s'égosilla le Gryffondor avec rage.

- Oh que non, Harry. La part de Drago me maintiendra en vie, susurra le sorcier. Par contre, toi, tu vas mourir.

Des images de Drago en train de tuer un Blaise Zabini au visage dépecé défilèrent tout d'un coup dans sa tête à une vitesse abasourdissante. Voldemort mettait tout en œuvre pour déstabiliser Harry. Le jeune homme se mit à hurler de fureur, aveuglé par ses images insoutenables. Rien n'y faisait, malgré les efforts du Serpentard qui essayait de lui venir en aide. Harry allait bel et bien s'écraser au sol à la vitesse d'un vif d'or.

- Arrêtez ! ! Arrêtez ça ! ! hurla le Gryffondor.

C'est à ce moment que Harry entendit de petits battements d'ailes et qu'il sentit des griffes s'enfoncer dans son manteau, à la hauteur de sa poitrine. L'animal l'agrippa de toutes ses forces pour l'aider à se redresser, ce qu'il réussit à entreprendre au prix d'un effort considérable. Un cri d'alerte s'échappa de la bête ailée, ses petites griffes parcourues de tremblements se resserrant sur le manteau du Gryffondor.

- Baltus ! Vas-y ma belle ! Continue comme ça !

- Sale bête, cracha Voldemort tout en essayant de décrocher l'animal du torse de Harry avec sa main droite.

Imperturbable, Baltus volait droit devant elle. L'animal était devenue les yeux du Gryffondor et elle comprit, en voyant des dizaines de Mangemorts apparaître au sol, à quelques mètres devant eux, qu'elle ne devait pas diriger le jeune homme dans cette direction. Baltus lâcha un second cri d'alerte et força le Gryffondor à exécuter un virage serré à cent-quatre-vingt degré. Harry se débattait toujours avec les images que lui imposait Voldemort dans son esprit. Cela ne l'empêcha pas d'entendre le bruit caractéristique de transplanage derrière lui. Tous les poils de son corps se dressèrent tels des baromètres indiquant le degré de la menace.

- Pose-moi au sol, Baltus ! Vite !

Un troisième cri d'alerte, plus grave, se fit entendre derrière lui. Le Gryffondor était envahi par la peur. Balthazar venait de les rejoindre dans l'œil de la tempête, à l'endroit même où le temps semble s'arrêter, là où tout le monde retient son souffle avant le chaos. Harry s'était éloigné de la maison pour protéger les siens. Mais voilà que les deux chauves-souris étaient venues l'aider au péril de leur vie.

- C'est bon, maintenant vous partez ! s'écria le Gryffondor dès que ses pieds touchèrent le sol. Partez ! répéta-t-il en dégainant sa baguette en direction du groupe de Mangemorts.

- Potter ? ! cracha l'un des Mangemorts. Qu'est-ce que cela signifie ? ! Où est notre Maître ? !

Harry ne voyait toujours rien mais il se força à garder les yeux ouverts en direction de la voix pour maintenir l'illusion qu'il pouvait se servir de sa vue.

- Tu n'as aucune chance ! affirma Voldemort avec précipitation. Libère-moi et je te fais la promesse de te laisser partir retrouver ta famille. Tu as ma parole, Harry !

- Vos paroles n'ont aucune valeur, Tom Jedusor ! rétorqua l'Elu par la pensée.

Une coulée de lave se répandit dans ses entrailles et Harry retrouva brusquement la vue. Voldemort venait momentanément de perdre le contrôle. Le Gryffondor en profita pour évaluer la situation : une cinquantaine de Mangemorts se dressaient devant lui. L'incompréhension et le doute se lisaient facilement sur leur visage. Attaquer ou fuir ? Piège ou véritable appel de leur Maître ? Voilà les questions qui trottaient dans la tête des serviteurs du Lord Noir.

- Maître ? ! Où êtes-vous ? ! demanda l'un des Mangemorts en s'avançant vers Harry.

Par réflexe, le Gryffondor pointa sa baguette vers le sorcier. Toutes les baguettes furent alors levées en direction de l'Elu. Le jeune homme en avait le souffle coupé.

- Qu'est-ce que tu crois faire, Potter ? ! Tu penses vraiment pouvoir nous arrêter ? Ils peuvent bien t'envoyer à nos trousses, cela ne changera rien.

- Qui ça « ils » ? demanda Harry pour gagner du temps.

Sa main droite lâcha soudainement sa baguette pour venir attaquer son cou. Voldemort essayait à nouveau d'arracher le pendentif pour libérer son corps et la partie de son esprit qui étaient pris au piège dans la pierre. Les Mangemorts échangèrent un regard entendu avant de lancer différents sortilèges sur le Gryffondor.

Sentant l'imminence de sa mort, Harry prit le risque de puiser dans toute l'énergie dont disposait son corps, y compris dans celle du Mage Noir. Il n'avait pas le choix. Son instinct de survie devait prendre le dessus. Dans un vacarme assourdissant, la terre se mit à trembler à une centaine de mètres à la ronde avant d'exploser de toute part. De ses mains aux doigts écartés, Harry pouvait sentir sa magie mêlée à celle du Lord Noir crépiter avec une force inouïe avant de plonger dans les entrailles de la terre.

Un barrage de pierres, de poussières, d'herbes, de terre et de flocons de neige s'érigea tout autour de lui, le protégeant de toute attaque. La terre tourbillonnait de plus en plus vite en s'élevant dans le ciel sans que le Gryffondor ne sache comment il avait provoqué ce phénomène. Ce tourbillon était à l'image de la lutte de pouvoir entre Harry et Voldemort. Leur magie, à la fois semblables et opposées, semblaient avoir trouvé un équilibre momentané dans cette forme de chaos qu'était le tourbillon. Harry pouvait sentir la surprise de Voldemort. Les deux sorciers devaient le reconnaître : ils étaient dépassés par cette force devenue incontrôlable qui n'avait qu'une idée en tête : quitter ce corps trop étroit pour deux. Harry était en train de perdre pied, mais il n'était pas le seul...

Après avoir déposé Jade chez leur voisine, Drago était remonté sur son balai à la recherche de Harry. Le froid était mordant en ce matin funeste et le soleil dégagé de tout nuage faisait luire tous les cristaux de neige au sol et sur les arbres. C'était une belle journée. Le Serpentard avait secoué la tête de rage. Non, cela ne pouvait pas se terminer ainsi, se disait-il. Pas en ce jour.

C'est à ce moment précis que Drago repéra un petit groupe de Mangemorts qui venaient de transplaner à la lisière d'une forêt de sapin en contrebas. Au loin, Drago aperçut la silhouette de Harry dans les airs. Son balai zigzaguait étrangement. Le Gryffondor avait besoin de temps pour reprendre le contrôle. Leur histoire avait toujours été une course contre la montre. Ce moment ne faisait pas exception, bien au contraire.

Drago prit alors la décision d'attaquer le groupe de Mangemorts pour faire diversion et permettre au Gryffondor de gagner ce temps si précieux. Le Serpentard expira d'un coup sec avant de piquer vers le sol, motivé par sa haine et son envie de tuer. Motivé par tout ce qu'il y avait de mauvais mais également de bon en lui. Drago était déterminé à protéger Harry quel que soit le prix à payer.

Le jeune homme se posa face au groupe de Mangemorts, sans peur. Pour la première fois de sa vie, il ne se sentait pas à leur merci. Les Mangemorts ne le terrifiaient plus. Il était un homme libre. Il était un homme qui avait connu le bonheur véritable. Le Serpentard s'autorisa un sourire de satisfaction, le souvenir de Blaise enveloppant son esprit une fraction de seconde.

- Tiens, le traître à son sang, commenta l'un des Mangemorts d'une voix menaçante.

- Lucius, ton sale fils est là, prêt à recevoir la punition qui s'impose, enchaîna un autre dont la moitié de son visage avait l'aspect de cire fondue, souvenir cuisant de la Bataille Finale qui ne l'était finalement pas.

Drago sentit la haine redoubler dans ses entrailles lorsque son père s'avança lentement vers lui, le visage déformé par la colère et le dégoût. Ses traits étaient également marqués par la fatigue et l'anxiété. Le jeune Serpentard se retint de lui cracher dessus.

- Je n'ai plus de fils, expliqua Lucius Malefoy en retroussant ses lèvres. Un fils ne trahit pas son père. Un fils ne copule pas avec l'ennemi. Un fils exécute les ordres de son père. Un fils éprouve de la gratitude pour tout ce que son père fait pour lui, surtout lorsqu'il répare ses piètres erreurs...

- Et quelles erreurs ai-je commises ? demanda le jeune Malefoy, même s'il pressentait que la réponse allait être insupportable à entendre. Dis-moi.

- C'est parce que je t'aimais comme un fils que j'ai encouragé le Seigneur des Ténèbres à te laisser une chance de t'endurcir. Si tu as pu exécuter tous ces opposants, c'est grâce à moi, espèce de sale ingrat ! C'est grâce à moi que tu as pu devenir un homme. Comment as-tu pu nous trahir de la sorte ? ! Tu me dégoûtes !

Drago se sentit défaillir. Comment cet homme pouvait-il être son père ? Comment pouvait-il avoir le même sang dans les veines ? On disait bien qu'il fallait couper le mal à la racine et le Serpentard comptait bien appliquer cette devise. Un meurtre de plus ou de moins, cela ne faisait pas grande différence à présent.

Drago dégaina sa baguette avec lenteur, son regard reptilien dirigé vers son père. Son intention était claire aux yeux de tous.

- C'est ton affaire, Lucius, décréta l'un des Mangemorts avant de transplaner avec le reste du groupe.

Il ne restait plus que père et fils, se faisant face pour la dernière fois.

- Tu as détruit ma vie, murmura Drago entre ses dents. Jamais je ne pourrai pardonner ce que tu m'as fait.

- C'est réciproque, rétorqua Lucius avec ardeur. Et je veux que tu saches une dernière chose : tu n'as jamais été la hauteur.

Drago marqua un temps de silence avant de lui répondre, une expression indéchiffrable sur le visage.

- Cette fois-ci je le serai, Père...

Un second silence, plus long, plus oppressant, s'étira entre les deux sorciers. Puis Lucius Malefoy attaqua le premier, lançant un sortilège de Mort sur son fils. Ce dernier l'évita de justesse et bondit à la gorge de son père, le prenant par surprise. Ses doigts s'enroulèrent férocement autour de son cou et les deux hommes s'effondrèrent au sol, le fils au-dessus du père.

Peu habitué aux combats au corps à corps, Drago prit l'avantage et coinça les bras de son père avec ses jambes.

- Tu n'es même pas capable de te défendre avec ta baguette ! vociféra Lucius en postillonnant sur son fils. Tu ne vaux pas mieux qu'un Moldu...

- Peu importe, tu vas crever de mes mains et c'est tout ce qui compte au final. En la mémoire de Pansy et de Mère...

Et Drago resserra ses mains autour de son cou avec autant de force et de conviction qu'il avait été nécessaire pour tuer Marcus Flint. Le fils regarda le père mourir, droit dans les yeux. Il observa ce visage familier se métamorphoser sous l'asphyxie et la douleur. C'était un jeu d'enfant. Et pourtant, les bras du Serpentard se mirent à trembler et de grosses larmes chaudes finirent par rouler sur ses joues. Drago ne chercha pas à comprendre cette vague de tristesse. Il l'accepta aussi simplement qu'il accepta le dernier souffle de son père sur son visage. Ses doigts engourdis par le froid relâchèrent leur prise au bout de quelques secondes.

Drago venait à nouveau de commettre l'irréparable.

- Adieu, Père, murmura le jeune Serpentard, la gorge nouée par l'émotion.

C'est à ce moment que la terre se mit soudain à trembler tout autour de lui et qu'un vacarme monstrueux l'amena à relever la tête.

- Harry...

Sentant les pulsations affolées du cœur du Gryffondor dans sa poitrine, Drago ramassa sa baguette en catastrophe et enfourcha son balai aussi vite que possible. Le jeune homme vola aussi rapidement qu'une flèche décochée dans le ciel, sa trajectoire dessinant un arc de cercle parfait en direction du Gryffondor.

En quelques secondes, Drago avait comprit la situation : des Mangemorts étaient en train de se battre contre des Aurors et au centre du champ de bataille se trouvait Harry, protégé par ce tourbillon de terre et de pierres. Ou plus exactement pris au piège.

- Drago Malefoy ! hurla l'un des Aurors en lui jetant un sortilège qui passa à quelques centimètres de son oreille droite.

Suivant son instinct, le Serpentard ferma les yeux et plongea à pleine vitesse droit dans la tornade magique. Tout fut alors chaos. La puissance du tourbillon était telle que Drago ne réussit que partiellement à traverser cette barrière de terre et de pierres. Le Serpentard eut juste le temps de passer sa tête et son buste au travers avant que son balai ne soit emporté par le tourbillon.

- Merde ! Harry ! s'écria Drago en apercevant le Gryffondor dans l'œil du cyclone.

Une expression horrifiée s'était figée sur son visage tandis que ses doigts écartelés continuaient inlassablement de décharger l'énergie contenue jusqu'à présent dans son corps. Leurs yeux n'eurent pas besoin de se croiser pour que les deux hommes ne se comprennent.

- Drago, aide-moi...

Se sentant aspiré vers le haut, le jeune Malefoy empoigna le manteau du Gryffondor d'une main, puis il tenta de sortir sa baguette de son autre main. Les jambes du Serpentard étaient ballotées dans tous les sens, pris dans les courants opposés de la tornade. Néanmoins, Drago tint bon et réussit à attraper sa baguette.

Il la pointa vers Harry quand une énorme pierre vint s'écraser sur son épaule avant de ricocher sur sa tempe. Sous l'effet de la douleur, sa main relâcha le bout de bois.

- Ah ! ! Merde ! ! enragea le Serpentard en voyant sa baguette disparaître dans les ténèbres.

La respiration du Gryffondor était erratique.

- Aide-moi, répéta l'Elu d'une voix faussement calme, comme s'il craignait d'aggraver la situation en exprimant ses émotions.

D'autres débris solides et pointus vinrent s'enfoncer dans les chairs de sa jambe gauche. Le Serpentard hurla à plein poumons et resserra sa prise sur le manteau du Gryffondor. Sa dernière chance de sauver Harry se trouvait dans la poche intérieure de son manteau.

Au prix d'une contorsion laborieuse, Drago réussit à glisser sa main dans la poche. Ses doigts agrippèrent fermement le piston d'une seringue avant de la sortir avec précaution. Ses dents libérèrent l'aiguille du bouchon de plastique ses doigts pressèrent le piston pour s'assurer qu'il n'injecterait pas d'air dans l'organisme du Gryffondor et, sans plus attendre, Drago planta la seringue dans le bras de Harry. Méticuleusement, il pressa le piston au premier tiers de la seringue. La dose des « débutants »…

Mais Drago n'eut pas le temps de retirer la seringue. Le tourbillon s'arrêta quasi instantanément et Harry perdit toute force. Le jeune homme s'écroula comme une poupée de chiffon, entraînant le Serpentard dans sa chute. Une mauvaise chute car Drago tomba sur Harry, la seringue comprimée entre leur corps...

Drago se releva aussi vite qu'il put, mais le mal était fait. L'organisme de Harry venait d'engloutir une dose bien supérieure à ce qu'il pouvait supporter. Poussant un juron, le Serpentard retira l'aiguille de son bras et la jeta rageusement aussi loin qu'il put.

- Putain non ! Tiens le coup, Harry ! s'égosilla le jeune Malefoy en regardant tout autour de lui, complètement désemparé.

Les Mangemorts avaient été maîtrisés ou tués. Ne restait autour de lui qu'une vingtaine d'Aurors qui se précipitaient dans sa direction. Drago ne fut pas surpris de repérer Fol'Oeil ainsi que Rogue en arrière-plan. Le maître des potions boitait grossièrement sur le côté, tandis que Fol'Oeil le maintenait d'une main sous l'épaule.

- Aidez-moi ! Harry doit être transporté à l'hôpital ! paniqua Drago en constatant que Harry avait bel et bien perdu connaissance.

Sans qu'il ne s'y attende, le Serpentard se retrouva plaqué au sol, tête la première, mains dans le dos.

- Sale pourriture, cette fois-ci on te tient, déclara triomphalement l'un des Aurors.

- Quoi ? ! Putain mais lâchez-moi ! Harry a besoin d'aide, de toute urgence ! hurla Drago, fou de rage.

Le jeune Malefoy se débattit, en vain. D'autres Aurors approchèrent et l'un d'eux le stupéfixa. Au même moment, Severus Rogue s'agenouilla dans la terre, tout près du Gryffondor. Sa main se posa automatiquement sur son front, puis un doigt vint soulever une paupière.

- Je l'emmène à Ste Mangouste, décida le maître de potions, le regard tourmenté.

Ainsi, Harry Potter fut transporté à l'hôpital des sorciers dans le service de soins intensifs. Quant au jeune Malefoy, il fut placé en salle d'interrogatoire, dans un immense bâtiment de la capitale aménagé de telle sorte qu'il pouvait servir de prison aux étages et de salle de tribunal au rez-de-chaussée.

En quelques mois d'après-guerre, la population sorcière s'était organisée pour pouvoir tourner la page sur cette noire époque de son histoire. Les gouvernements furent rapidement reconstitués et un édifice extraordinaire fut bâti au cœur de la ville de Londres afin de juger tous les criminels de guerre.

Les Mangemorts arrêtés lors de la Bataille Finale furent déjà jugés. Les assassins ayant la majorité reçurent le Baiser du Détraqueur. Concernant les mineurs, les peines allaient de la prison à vie, lorsqu'ils étaient considérés comme irrécupérables, bien trop dangereux pour être relâchés dans la nature, à quelques mois d'hospitalisation dans un centre spécialisé, lorsqu'ils regrettaient sincèrement leurs actes et que l'on pouvait prouver la manipulation mentale des adultes sur eux.

Mais Harry et Drago s'étaient détournés de ce monde magique. Ils avaient fini par oublier leur passé. Ils avaient fini par croire qu'on ne leur demanderait pas d'expliquer leurs actes. Qu'ils avaient assez payé. Qu'on trouverait normal de les laisser tranquille. Que les gens voudraient simplement oublier et avancer, comme eux.

Harry et Drago étaient loin de penser qu'un avis de recherche avait été divulgué dans la presse pour chaque Mangemort en fuite. Qu'une date de jugement avait été prévue pour chacun d'entre eux. Que Drago avait été placé en tête de liste des criminels les plus dangereux, malgré les mots d'apaisement d'Albus Dumbledore qui souhaitait un jugement clément en sa faveur.

Drago était abasourdi par cette réalité. Le jeune homme était assis sur une chaise, les mains menottées dans le dos, ses yeux fixés sur son avis de recherche. Sur sa photo qu'un des Aurors, présents dans la pièce, avait posée sur la table. Assis en face du jeune homme, les trois sorciers étudièrent sa réaction, leurs visages partagés entre la satisfaction et la frustration. Drago ne semblait rien ressentir. Ses yeux avaient perdu tout éclat de vie.

- Ton procès a lieu dans une semaine, expliqua le plus calme des trois. En attendant, tu aurais tout intérêt à faire un effort. Parle. Tu te sentiras mieux après. De plus, les juges auront tendance à être moins sévères si tu as déjà signé tes aveux pendant ton interrogatoire.

- Comment va Harry ? demanda le jeune Malefoy dans un souffle, la tête basse.

- Tu devrais le savoir depuis le temps que tu le séquestres ! cracha le plus agité des trois, les joues en feu.

Une pierre glacée sembla s'écraser dans le fond de son estomac. C'était donc ce que pensaient les gens ? Ils n'avaient toujours rien compris ? Le pouvaient-ils seulement ?

- Comment va-t-il ? murmura Drago pour lui-même.

- TU L'AS TUE ! ! VOILA CE QUE TU AS FAIT, SALAUD ! !


Salut à tous !

Cela fait une éternité mais me revoilà !

Cette fois-ci, j'irai jusqu'au bout. J'espère que vous aimerez la fin de cette histoire et ce chapitre en particulier. J'ai fait le choix de raccourcir la fin. Il doit donc me rester 5 à 10 chapitres à écrire avant de poser le point final de cette fanfiction...

Cela va faire bizarre de laisser ce monde en ruines derrière moi.

Musique d'inspiration pour les scènes d'action : "Unsustainable" de Muse et pour la fin du chapitre :" Your Shadow", "Into the wild" et "Meaning" de Cacsadeur. Ecoutez ces musiques, elles sont juste incroyables ! !

Voilà, en espérant que vous êtes toujours là...

Bisous et à bientôt !

DarkPotter.