- Kate black : Merci beaucoup pour ta review, je suis contente que la fic te plaise. J'ai beaucoup aimé tes tentatives pour me convaincre de faire revenir Sirius… malheureusement je crains que cela ne soit difficile. J'espère que la suite te plaira.
- Lyxie : Merci ou pas ? Tu es décidée finalement ? Merci pour tes gentils compliments et tes reviews toujours aussi expressives.
- Princesslytherin : tiens tu te caches en anonyme maintenant ;-) (et après tu vas dire que c'est ffnet qui déconne, aussi !?) Et oui, j'aime bien quand tu me parles tendrement. Mais, honnêtement, la loi des probabilités est contre Sirius : une chute de plus de 10m, des flammes et un château qui s'écroule…. Peu de chance) Merci beaucoup pour tes adorables petits mots.
- bellasidious: désolée mais je te dirai la même chose que ci-dessus: la loi des probabilités est contre Sirius : une chute de plus de 10m, des flammes et un château qui s'écroule…. Peu de chance, désolée. Merci de t'inquiéter pour lui.
- Guest: désolée mais "l'auteure" a tous les pouvoirs et donc tous les droits, niark, niark... euh pardon je m'égare. Merci pour ton petit mot
- VladIII: enfin quelqu'un qui me comprend... ah, comme c'est agréable d'être entre psychopathe! ;-) Merci pour ton enthousiasme.
J'espère avoir répondu à tout le monde (sinon vous pouvez me mettre un coup de pied au cul virtuel)
Comme d'habitude, merci à mon adorable béta, Louvy !
Bonne lecture.
Le petit groupe sortit de la pièce principale en courant. Le maître des vampires serrait toujours son amant contre lui pendant que Lucius se chargeait de garder un œil inquiet sur son ami.
Ils traversèrent les interminables couloirs à une vitesse vertigineuse, évitant les chutes de pierre et les fissures dans le sol. Ils ne s'arrêtèrent qu'une fois l'immense porte de bois passée.
Enfin arrivés à l'air libre, ils se retournèrent pour voir le château s'écrouler en dégageant une épaisse fumée, mélange de poussière et du feu qui calcinait l'ancienne bâtisse. Severus lâcha un petit gémissement, signe qu'il avait encore espéré pouvoir retrouver son amant en vie et qu'il venait de perdre ce mince espoir.
Tom allait ordonner à tout le monde de se remettre en route lorsqu'il sentit la respiration de Harry ralentir encore plus.
- Maître, laissez-moi le voir ! demanda Severus en se rendant compte de la situation.
Le vampire sembla hésiter à obéir, mais il finit par déposer le corps, bien trop immobile à son goût, par terre. Rogue prit quelques minutes avant de se relever, le visage encore plus sombre.
- Il a perdu énormément de sang et inhalé beaucoup de fumée. Il ne tiendra pas très longtemps sans assistance. Nous devons le conduire immédiatement à l'hôpital… mais je ne suis pas certain que cela suffise.
Le ténébreux vampire sembla hésiter.
- Quelle que soit votre décision, maître, il faut la prendre maintenant.
La remarque était claire: soit il fallait foncer le remettre à des inconnus avec un infime espoir de guérison, soit il le faisait sien pour toujours. Sa décision était prise depuis un moment déjà, mais il aurait préféré faire le lien dans des conditions plus intimes. C'était, après tout, un moment unique.
- Harry est jeune, il doit vivre, intervint Remus. Je suis quasiment certain qu'il accepterait.
Le lycanthrope fixait Voldemort d'un regard suppliant. Il était évident pour tout le monde qu'il avait de l'affection pour Harry. En voyant son hésitation, Remus en avait alors conclu que la seule chose qui pouvait le retenir d'en faire son calice était la crainte que ce soit le brun qui ne veuille pas devenir son compagnon. Il avait donc décidé de le rassurer sur la volonté de son presque filleul. Le silence des autres et le regard froid du vampire lui firent comprendre son erreur.
- Bien sûr qu'il accepterait, répondit froidement le lord, sinon cela ne fonctionnerait pas !
- Alors faites-le, supplia le lycanthrope. Je ne veux pas perdre les deux le même soir.
La voix teintée de tristesse, en référence au sacrifice de Black, fit relever la tête du lord.
Bien sûr que son petit serpent allait être dans un sale état quand il découvrirait à son tour que son parrain était mort. Il se fichait de l'homme, mais il allait détester voir la peine dans les beaux yeux émeraude lorsqu'il se réveillerait. Car il se réveillerait, cela était une certitude pour Lord Voldemort
- Laissez-nous, ordonna-t-il.
Les trois hommes acquiescèrent, s'écartant sans pour autant partir très loin. Après tout, leurs ennemis étaient encore dans les parages, et leur maître serait particulièrement vulnérable pendant quelques minutes.
Remus avait le cœur serré de laisser son presque filleul dans cette situation. Il espérait avoir fait le bon choix pour lui, mais il avait vu la façon dont il regardait Voldemort. Harry l'aimait de tout son cœur ;et l'homme semblait le respecter, à sa façon.
Et puis, le choix était limité. Entre ça ou la mort… De deux maux, autant choisir le moins extrême. Remus soupira en jetant un dernier regard aux deux formes immobiles devant les ruines du château. Pourvu que cela marche…
Une fois seul avec son jeune amant, Tom se permit de laisser tomber son masque et s'agenouilla près de lui. Il lui caressa la joue tendrement.
- Allez mon ange, il va falloir y mettre un peu du tien, murmura le vampire.
Il n'avait jamais fait cela. Il connaissait la théorie néanmoins, tout cela semblant être au final assez instinctif. Il gardait seulement la crainte au fond de lui que cela soit trop tard, qu'il ait tergiversé trop longtemps. Que le corps de Harry ne contienne plus suffisamment de forces pour revenir à la vie, ou alors qu'il l'ait trop blessé et qu'il n'ait plus l'envie de devenir son calice.
Voldemort se releva brusquement et sourit au corps inanimé.
- Regarde ce que tu as fait de moi, Harry. Je suis devenu une midinette qui se pose trop de questions et n'agit plus. Il n'y a que toi pour me rendre aussi idiot…
Glissant au sol à nouveau, il déposa un baiser sur les lèvres froides avant de plonger dans le cou de son jeune amant. Il prit un instant pour respirer le parfum du brun avant de mordre pour prélever une infime quantité de sang. Il essaya de faire passer son désir dans ce geste, autant pour que Harry le ressente que pour être sûr que le lien se fasse.
- À ton tour, mon ange… murmura-t-il, en mordant dans son propre poignet, qu'il porta aussitôt aux lèvres du plus jeune.
De son autre main, il entama un léger massage de la gorge pour l'aider à avaler le fluide vital.
Il n'avait pas conscience d'être entrain de murmurer des mots d'encouragement— à moins que ce soient des suppliques, il n'était pas sûr. Mais lorsque Harry se redressa brusquement en prenant des grandes bouffées d'oxygène, un petit cri de joie sortit de sa gorge.
Il allait serrer le brun dans ses bras, soulagé et heureux, mais il n'eut que le temps de le retenir lorsqu'il retomba, inanimé.
- Severus ! hurla le maître des vampires.
Son homme de main fut aussitôt près de lui. Tom le fixa d'un regard désespéré que le scientifique n'avait encore jamais vu chez lui.
- J'ai fait le rituel mais…
Le ténébreux vampire comprit en voyant le corps toujours sans vie. Il l'ausculta un instant et se redressa rapidement.
- Il va mieux, maître. Ses jours ne sont plus en danger.
Tom regarda son jeune amant. Il avait effectivement le teint moins blanc et semblait respirer correctement. La musique de ses battements de cœur résonnait doucement aux oreilles du vampire. Il avait le même air serein que celui qu'affichait Arianna quelques heures plus tôt, dans son sarcophage de pierre.
- C'est elle… grogna-t-il. Retrouvez-la !
- Calme-toi, Tom, murmura une voix douce. Je ne suis pas sourde.
Le maître des vampires releva la tête pour voir Arianna debout, toujours maintenue par son frère-amant. Albus semblait totalement métamorphosé, se contentant de regarder la femme comme s'il ne pouvait rien voir d'autre. Il semblait totalement désintéressé du reste de son environnement. D'un certain côté, il avait l'air d'un imbécile avec cet air béat ; mais d'un autre côté, Tom l'enviait presque d'être aussi heureux.
- Qu'est-ce que tu lui as fait ?! hurla-t-il en se levant.
Dumbledore se positionna aussitôt devant elle. Mais Arianna déposa une main calme sur son bras et lui adressa un sourire doux, lui signifiant qu'elle était certaine de ne rien risquer de son époux.
- Je ne lui ai rien fait, Tom. il est venu de lui-même pour m'aider… pour nous aider. Et cela parce que c'est un jeune homme généreux, tout comme l'était son ancêtre. C'est lui qui a jeté cette malédiction à cause de votre cruauté et de vos guerres incessantes. Seuls ses descendants avaient le pouvoir de nous aider à la briser. Et heureusement, tu as rencontré le dernier d'eux.
- Je me fiche de ces conneries ! cria le vampire. Je veux qu'il revienne !
Arianna ne put s'empêcher de reculer d'un pas devant la violence de son ancien amant. Elle se calma cependant en voyant sa détresse.
- Son retour ne tient qu'à toi. Tu peux le ramener.
- J'ai fait de lui mon calice, murmura Tom en levant un regard vide vers celle qui avait été sa femme. Et cela n'a pas suffit.
Arianna lui sourit tendrement.
- Effectivement, tu l'as marqué comme ton égal, Tom. Mais il te reste encore quelque chose à faire.
- Quoi? rugit le maître des vampires en se relevant. Je dois « sacrifier ce qui m'est le plus précieux » ? cracha-t-il en plongeant ses mains à l'intérieur de sa veste, citant ainsi cette stupide prophétie.
Il sortit une petite pierre. Un caillou pas particulièrement joli, même quelconque pour le commun des mortels, mais qu'Albus reconnut aussitôt si on en jugeait la tension qui l'habita aussitôt qu'il le vit.
- C'est de cela dont tu parles ? Je n'en ai rien à faire de cette fichue pierre. C'est Harry qui m'importe. C'est la seule chose importante pour moi, et je ne veux pas le sacrifier ! Je t'en prie, rends-le moi… murmura le vampire.
À peine eut-il fini de parler que l'ambiance changea du tout au tout. Tom se plia en deux, une douleur horrible se propageant en avait la sensation de fondre, de se liquéfier, comme si de la lave se déversait à l'intérieur de ses vaisseaux sanguins en brûlant tout sur son passage.
Boum… Boumboum… Boum…
La chaleur était insupportable et se répercutait dans chaque cellule de son être. Des tâches noires dansaient dans ses yeux, et sa conscience menaçait de sombrer dans les ténèbres.
Boum boum… Boum boum…
Au bout d'un temps qui lui sembla interminable, le feu qui le consumait reflua petit à petit de son douleur persistait, mais elle allait en diminuant, jusqu'à devenir supportable.
Tom était à présent à quatre pattes, haletant pour essayer de gérer la souffrance qu'il venait de ressentir. Il avait l'impression que tous ses muscles étaient courbaturés, comme s'il venait de s'en servir après des siècles de sieste.
- Qu'est-ce que tu m'as fait, sorcière? gronda-t-il en se secouant.
Il redressa la tête pour s'apercevoir que tous ses hommes étaient présents. Tout à sa colère contre Ariana, il ne s'était même pas aperçu de l'arrivée des renforts derrière lui, une vingtaine de combattants aguerris s'étant joints à Lucius et Severus. Ses vampires n'étaient cependant pas d'une grande utilité. Ils étaient dans le même état que lui à présent, si ce n'est que tous étaient encore évanouis. Ce n'était pas le cas d'Albus, qui se redressait avec difficulté.
Arianna était également à terre, mais elle lui souriait toujours aussi doucement et tendrement.
- Je n'ai rien fait, Tom. C'est toi seul qui as accompli cela.
Le maître des vampires se releva et marcha vers elle, bien décidé à lui retirer pour toujours ce stupide sourire de ses lèvres.
- Tom ?
La voix douce et si chérie le fit frissonner. Il se retourna brusquement pour voir son jeune amant assis, les yeux parfaitement ouverts.
- Harry… murmura-t-il.
Il se précipita sur le jeune homme, l'enveloppant tendrement dans ses bras. Le brun se dégagea et lui offrit un sourire triste.
- Tu as enfin compris ce qui était important, alors il t'a été rendu, intervint la voix d'Arianna dans son dos.
- Oh oui, je l'ai récupéré. Et je vais faire en sorte qu'il ne me quitte plus jamais, murmura-il en embrassant le front de son petit serpent, qui le regarda avec de grands yeux surpris.
Dans un premier temps, Harry lui offrit un sourire rayonnant. Puis son regard passa de lui à Arianna. Dès lors, le jeune homme eut un petit mouvement de recul, avisant le couple devant lui.
Mais son mouvement fut vite annihilé par l'attraction exercée par Tom sur son corps. Il se retrouva entre ses bras forts et puissants, broyé contre ce torse viril qu'il appréciait bien malgré lui. Il allait tenter de s'échapper à nouveau, espérant ne pas voir l'ancien couple ensemble pour ne pas souffrir davantage.
- Tom, lâche-moi… murmura le jeune homme. Je n'ai plus envie de jouer.
- J'ai failli te perdre, Harry. Il n'y a aucune chance pour que je te lâche avant plusieurs dizaines d'années!
Harry leva un regard étonné autant que chargé d'espoir vers son amant. Il n'osait croire en les doux mots qui sortaient de sa bouche. Et Dieu sait qu'il les avait attendus.
- Mais…je croyais que tu voulais rester avec… avec ta femme. Tu as dit…
Des lèvres fines se posèrent sur celles de Harry. Elles étaient tendres mais exigeantes, presque possessives. Le brun aurait bien voulu s'y perdre mais il se souvint de toutes les paroles et des actes de rejets qu'il avait subis et repoussa à nouveau son amant.
- Arrête de me prendre pour un idiot, Tom. Je ne sais pas à quoi tu joues, mais ce sera sans moi maintenant.
Le vampire le regarda, hésitant mais quand il le vit près à s'éloigner à nouveau, il pris sa décision et le tira, se penchant sur lui.
- J'ai été idiot, souffla Tom tout contre son oreille. J'ai…j'ai besoin de toi, Harry. Je ne veux plus te voir ailleurs que près de moi, et je vais repenser sérieusement à cette histoire de tour pour t'y enfermer.
Le brun sourit à cette déclaration, tout en s'inquiétant tout de même devant l'air sérieux de son amant. Tout n'était pas réglé entre eux, mais Tom n'avait jamais été aussi tendre — et certainement jamais aussi démonstratif en public.
Il semblait avoir franchi une étape importante, et Harry avait envie de croire que quelque chose était possible pour eux. Il se colla davantage contre le torse puissant du vampire, profitant de l'étreinte. Il verrait pour la suite plus tard, pour le moment, ils étaient sortis de là vivants et son vampire semblait prêt à faire des efforts, rien d'autre n'avait d'importance.
Tout d'un coup, il se releva brusquement.
- Tom ! Que… Qu'est-ce qui t'es arrivé ? Tu es… différent.
Le maître des vampires se figea un instant et se concentra sur ses sensations.
Il avait oublié ce qui venait de lui arriver, tout à la joie de revoir son amant. Il écouta un instant, mais il ne percevait quasiment plus aucun son, comme il ne percevait quasiment plus aucune odeur. Il… il n'avait plus aucun pouvoir.
Boumboum…
Cette sensation, il la connaissait.
Boum boum… Boum boum…
Son cœur… Son cœur battait à nouveau!
Il regarda les hommes se redresser tout autour de lui et se sourirent stupidement. Ils semblaient avoir compris bien plus rapidement que lui.
Ils étaient redevenus humains… tous !
L'ancien maître des vampires se tourna vers celle qui fut son épouse.
- Comment as-tu fait ?
- Je te l'ai dit, je n'y suis pour rien. C'est toi seul qui as su reconnaître ce qui était important : tu as placé ton amour pour ce jeune homme au-dessus de ta soif de pouvoir et de la Pierre Philosophale.
Lord Voldemort ne pouvait accepter cette idée. Tout était trop simple. Ils n'avaient pas tous subi cette malédiction pendant tant de siècles alors qu'il était si simple de la faire disparaître.
- Je t'avais déjà offert cette pierre à l'époque de notre mariage. J'avais tout abandonné pour toi. En quoi est-ce différent aujourd'hui ? insista-t-il.
- Tom, je n'étais qu'un trophée pour toi ! Tu ne m'aimais pas. Et la pierre, tu me l'as offerte en sachant que j'étais ton otage volontaire et qu'elle restait donc en ton pouvoir. Tu n'avais en réalité rien abandonné. Albus a depuis longtemps fait la part des choses. Il t'a rendu la pierre et a abandonné tout désir de richesse ou de pouvoir pour moi, murmura la jeune femme en se tournant vers son cher frère.
- Mon amour…souffla le vieil homme en prenant la main que sa sœur lui tendait.
C'était peut-être immoral, mais il était impossible d'ignorer l'amour qu'ils partageaient.
- Partons… murmura Arianna. Adieu, Tom. Je pense que nous ne nous reverrons plus.
Lord Voldemort se contenta de hocher la tête.
La guerre se finissait enfin.
La plus longue de toute sa vie— elle représentait presque toute sa vie en fait —, et il se rendait enfin compte du poids qu'elle avait eu sur son existence et dans son corps tout entier.
Il regarda autour de lui et ne put s'empêcher de lâcher un petit sourire en voyant la joie de ses hommes. Enfin… de presque tous ses hommes.
Severus avait son air froid et impassible. Cela aurait pu être normal en tout autre moment qu'en celui-là et pour quiconque ne le connaissait pas. Mais là, il était évident qu'il serrait les dents pour ne pas hurler. Pour une fois, Tom se mit à sa place et se rapprocha de son compagnon. Il aurait été fou de douleur s'il avait perdu Harry. Et il savait de quoi il parlait.
Lucius se rapprocha de son camarade et lui posa un bras sur les épaules. Le scientifique se tourna vers lui et hocha brièvement la tête. Il remerciait son ami d'essayer de lui remonter le moral, mais la douleur était encore trop récente.
Il n'arrivait pas à se dire qu'il ne reverrait plus Black. Qu'il n'apparaîtrait plus soudainement, une remarque agaçante sur les lèvres et un regard rempli de désir et de malice. Et pour l'occasion, Severus ne pouvait pas dire que son besoin était dû à sa nature vampirique. Non, il s'était juste attaché à cet idiot… un idiot qui avait donné sa vie pour son filleul et à qui ils devaient tous leur liberté.
Severus se tourna vers ses compagnons et essaya de se satisfaire de leur joie. Tous avaient attendu cette libération depuis si longtemps. Nul doute qu'ils allaient être nombreux à s'enivrer et s'empiffrer pour pouvoir enfin profiter d'avoir retrouvé le goût des choses. D'autres, comme Lucius, allaient d'abord faire l'amour à leur compagne pour retrouver le plaisir de goûter la peau de l'être aimé, hors de l'appel du sang.
Tom se redressa, saisissant son compagnon dans ses bras. Il tituba un instant et Harry s'inquiéta.
- Cela ne va pas ?
- Tout va bien… C'est juste que je ne suis qu'un homme maintenant, et que tu pèses ton petit poids, déclara sérieusement l'ex-vampire avant de recevoir une petite tape sur le bras.
- Je ne suis pas gros ! Et si tu as peur que je m'empâte, nous n'avons qu'à faire plus d'exercices, sourit malicieusement le brun.
- Compte sur moi pour profiter de ton invitation, répondit la voix suave de son amant. Mais en attendant, tu vas te reposer. Tu en as bien assez fait et tu as perdu beaucoup trop de sang.
Épuisé, le brun hocha la tête et se lova dans les bras protecteurs avant de s'endormir.
- Vous êtes libres, rentrez chez vous ! Construisez-vous une nouvelle vie ! cria Lord Voldemort. La guerre est terminée !
Les hommes présents se regardèrent avant de commencer à quitter les lieux, heureux mais désemparés devant cette toute nouvelle liberté. Severus, Lucius et Remus se regroupèrent autour de Lord Voldemort.
- Maître…
- Cesse de m'appeler ainsi, Severus, le coupa Tom. Je ne suis plus ton maître à présent.
L'homme hocha la tête, interloqué par cette proposition. Le lord avait décidément beaucoup changé…
- Il y a encore de nombreux des nôtres qui attendent à l'extérieur, et j'ai peur qu'ils ne fassent des dégâts. Même s'ils doivent être nettement moins dangereux maintenant qu'ils sont redevenus humains, ils sont sûrement désorientés.
- Je vais aller leur parler. Ils ne devraient pas être difficiles à convaincre.
Rogue sembla hésiter.
- Maîtr…Monsieur, est-ce que vous me permettez de rester ici un moment ? Je voudrais…enfin, j'ai besoin de le voir une dernière fois.
Tom acquiesça.
- Je t'enverrai quelques hommes pour déblayer les décombres, promit-il.
Severus hocha la tête, reconnaissant. Il vit le visage fermé de Remus, qui venait tout juste de perdre son meilleur ami. Il hésitait certainement entre rester avec lui pour fouiller les ruines et aller vérifier que son compagnon était sain et sauf.
- Allez Remus, vous savez bien que Black ne voudrait pas vous voir ici. Il vous conseillerait plutôt d'aller « vous occuper des fesses de votre compagnon », poursuivit Severus. Désolé Lucius, ajouta-t-il pour son ami.
Son camarade de toujours se contenta de resserrer un peu plus son étreinte sur le bras de Rogue. Le loup-garou lui offrit un remerciement silencieux, les yeux brillants, juste avant de disparaître entre les arbres.
- Tu devrais y aller, Lucius, si tu veux t'assurer de la chasteté de ton fils… Enfin, ce qu'il en reste, tenta de plaisanter Severus.
- Non, je préfère rester, insista le blond.
- Vas-y, mon ami. Tu ne feras rien de plus ici, nous le savons tous les deux.
L'air las de son camarade lui fit mal, mais Lucius ne pouvait rien faire pour le contredire. Ils avaient tous vus l'incident ; il était impossible que Black s'en soit sorti vivant.
- Je serai toujours là pour toi.
- Je le sais, mon ami. Je te rejoindrai plus tard. J'ai besoin de voir son corps. Profite de ta femme, apprends-lui la bonne nouvelle. Je suis heureux pour vous, murmura sincèrement Severus.
Il s'éloigna alors du blond, se dirigeant d'un pas lourd vers les ruines encore fumantes du château.
Lord Voldemort avait suivi Lucius sur le chemin qui les avait menés à Draco… ou plutôt au camp de fortune qu'il avait érigé.
En effet, quel ne fut pas leur surprise en voyant que le jeune homme avait organisé les choses en leur absence. Il avait accueilli chaque nouveau vampire en l'interrogeant, le renseignant et le répartissant en fonction de ses affinités pour éviter toute dispute. Et les choses s'étaient plutôt bien passées, s'ils en jugeaient par le calme qui régnait dans le campement…Mais où avait-il bien pu dénicher toutes ces tentes ? Et ce matériel de camping ?
Tom avisa une tente vide et y déposa son précieux fardeau, sur lequel Draco se jeta avant qu'il n'ait pu ouvrir les yeux.
- 'Ry, tu m'as tellement manqué ! J'ai eu si peur !
- Laisse-le respirer, grogna Tom.
- Dray… papillonna le plus jeune en resserrant la prise dans les bras de son ami.
- En personne, mon cher. Tu ne pensais pas que je ne participerai pas à ta libération quand même ? sourit le blond. Tu as été génial, 'Ry ! Tu as réussi ! Tu as levé la malédiction.
Le brun se redressa et sourit à son ami.
- Je n'étais pas seul et c'était surtout beaucoup de chance, même si je n'ai toujours pas vraiment compris ce qui s'était passé. Heureusement que vous étiez là.
- Ouais, enfin moi j'étais plutôt loin de l'action, grommela son ami. Ils m'ont tenu à l'écart comme un gamin !
- Un gamin foutrement intelligent, si vous voulez mon avis, intervint Mr Hamon. Il pourrait être diplomate ou politicien, ce jeune! Vous verriez comme il les a embobinés, tous ces gars. En trois coups de cuillère à pot, ils buvaient toutes ses paroles !
- C'est un ami, intervint Remus devant l'air méfiant de Tom et de Harry.
- C'est de vous que viennent toutes ces tentes et ce matériel, comprit Lucius en avisant le vieil homme.
- Ouais, mon gars, c'est moi qui ai tout fourni, dit fièrement l'ancien soldat. Je savais bien que ça servirait un jour. Faut toujours être prêt, on ne sait jamais quand la guerre peut nous tomber dessus. C'est pour ça que j'écume les vieux stocks de matériel militaire depuis des années.
Il faudra lui présenter Fol'Œil, pensa Remus avec un sourire amusé. Le vieux chasseur aura enfin quelqu'un avec qui discuter théorie du complot… ou en fait non, ce n'était peut-être pas une si bonne idée que ça.
- C'est Sirius qui m'a convaincu de vous suivre, sourit Hamon, heureux que tout se termine bien. Et je suis bien content d'avoir eu un peu d'action ! Il n'est pas avec vous ? s'étonna-t-il.
- C'est vrai que ce stupide cabot a le don pour recueillir tous les animaux égarés qu'il…
Draco se figea, avisant le visage fermé de son père et de Lord Voldemort.
- Où est-il ?
Harry se tourna vers son amant.
- Sirius était là-bas ? Je ne l'ai pas vu. Que s'est-il passé ? Où est-il ? s'emporta le brun
- Calme-toi, Harry. C'est compliqué… Il a eu un … accident.
- Mais… il va bien ? Pitié, dis-moi qu'il va bien.
Le silence des deux plus âgés acheva de le renseigner. Le brun fondit en larmes dans les bras de son ami.
- C'est à cause de moi ! Tout le monde meurt à cause de moi !
- Ce n'est pas de ta faute, corrigea Tom. C'était une guerre, et il y a toujours des morts pendant une guerre.
- Oui, mais tous ceux qui m'approchent meurent.
- Nous, nous sommes toujours là, Harry. Ton parrain tenait à toi et à ses idéaux, c'est pour cela qu'il avait voulu se battre. Tu ne dois pas t'en vouloir, lui expliqua doucement Remus,s'agenouillant avant de le prendre dans ses bras. Tu connais cette tête de mule. Une fois sa décision prise, tu n'aurais rien pu faire pour qu'il change d'avis.
- Mais j'avais tellement de choses à découvrir avec lui… continua de pleurer le jeune homme.
- Et nous le ferons avec toi. Il aurait voulu que tu profites de la vie, de tout ce qu'elle peut t'apporter. Il n'aurait certainement pas voulu te voir pleurer, mon petit Cornedrue.
Le brun hocha la tête en essayant d'essuyer ses larmes. Cette soirée ne serait pas celle de liesse qu'il avait imaginée. De leur côté, Remus, Lucius et Lord Voldemort échangèrent un regard entendu : aucun d'eux ne raconterait jamais la façon dont Sirius était réellement mort. Cela risquerait de trop faire souffrir le jeune homme.
Malgré ce point noir, c'est un sentiment d'allégresse qui se rependit à travers tout le camp lorsque tout le monde comprit que la malédiction était enfin levée. Toute la nuit fut passée à faire la fête… sauf dans trois tentes.
Celle qui abritait Harry se contenta de voir un couple endormi, ou plutôt une forme épuisée aussi bien physiquement que mentalement maintenue par un amant attentif, qui ne se lassait pas d'admirer et de caresser son amour.
Celle qui abritait un jeune homme blond soit disant insensible qui chassait sa peine en chevauchant violemment son amant, pour le soulager tout autant qu'il pansait ses propres blessures.
Une dernière tente demeura irrémédiablement vide. Son propriétaire était trop occupé à enlever des pierres à mains nues, les paumes en sang et les yeux dans le vide.
Severus était épuisé, affamé et désespéré. Il savait ce qu'il faisait inutile, mais il ne voyait pas d'autre endroit où il pourrait se trouver.
Lorsqu'une silhouette se matérialisa au milieu des décombres, son esprit pourtant habituellement raisonnable lui donna un faux espoir. Aussi fut-il d'autant plus fou de rage en découvrant celui qui avait réussi à se sortir vivant du château. Certainement s'était-il planqué en attendant de pouvoir s'enfuir.
Severus Rogue s'approcha à grands pas du lâche qui cherchait à se cacher, prêt à passer sa rage sur ce sale traître.
- Sors de là,Pettigrow ! Et affronte ton destin pour une fois !
Pourquoi cet immonde petit rat avait-il réussi à s'en sortir alors que Sirius avait péri ?
La rage monta instantanément, et Severus mourrait d'envie de la faire passer sur cette ordure. S'il n'avait pas enlevé Harry, rien ne serait arrivé ! Non, il n'allait pas jouer les jeune veuves éplorées pendant des années et des années, mais il n'avait pas encore fait le deuil du seul homme à qui il se soit autant donné depuis des siècles. Et s'il avait quelqu'un sur qui se passer les nerfs, cela lui convenait parfaitement.
Résolu à lui faire payer sa traîtrise, Severus se dirigea d'un pas ferme vers la forme tremblante de Pettigrow.
