Chapitre 54 : Game over
Aurore se sentait toute engourdie. Ses membres étaient lourds. Et sa tête... semblait s'être changée en enclume. Une enclume sur laquelle on abattait de puissants coups de marteau. Elle eut grand peine à ouvrir les yeux. Heureusement, la pièce était sombre. Il devait faire nuit, la lueur de la lune filtrait à travers la fenêtre. Grâce à cela, Aurore put reconnaître certains détails qui lui indiquèrent où elle se trouvait. Le bureau, la grande armoire... ce grand lit confortable. "Je suis dans ma chambre. Est-ce que je rêvais ?" se demanda-t-elle complètement perdue.
L'esprit embrouillé par le marteau qui continuait de frapper à l'intérieur de son crâne, Aurore essaya de se reprendre. Se souvenir. "J'étais... j'étais dans la cabane de Hagrid. Je voulais arrêter Macnair. Et puis... je ne sais plus. Mais maintenant, je suis à la maison. Dans mon lit. Alors... tout ça, est-ce que c'était... irréel ? Nous ne sommes pas encore partis pour la chaumière aux coquillages ? Je n'ai pas pris le sablier ? Je... je n'ai pas... remonté le temps ?" Sa rencontre avec les Maraudeurs. Cette histoire invraisemblable au sujet d'un mage enfermé à l'intérieur d'un sablier. Des gens aspirés, des souvenirs effacés. Une arrière-cousine dont le nom n'avait jamais figuré sur la tapisserie des Black. Marlene et Regulus. Remus. La petite Nymphadora. Mais surtout... Sirius.
- Ce n'était donc qu'un rêve ? souffla-t-elle les larmes aux yeux.
Soudain, la porte de la chambre s'ouvrit. Un éclat de lumière l'aveugla. Peut-être avait-elle crié dans son sommeil ? Il y avait de quoi. Sa mère venait vérifier si tout allait bien. Aurore détourna les yeux pour les soustraire à la lumière qui lui brûlait les pupilles, comme si cela faisait une éternité qu'elle n'avait pas ouvert les yeux. C'est alors qu'elle remarqua des choses étranges sur ses murs. Le papier peint était toujours le même. Mais les photographies et les plans de construction de motos...
Immédiatement, Aurore reporta son attention sur la personne qui venait d'entrer. Ce n'était pas Victoire. Mais un homme aux cheveux noirs un peu trop longs, au regard gris, et tenant une bougie d'une main tremblante. Aurore se rappela que cette chambre n'avait pas toujours été la sienne. Qu'avant elle... Sirius Black avait dormi dans ce lit, bien avant sa naissance. Alors elle ne s'était rien imaginé. Aurore n'avait pas rêvé. Tout était vrai. Leur rencontre... leur amour... leur séparation. Et plus de 15 ans s'étaient écoulés depuis qu'ils étaient ensemble à Poudlard. C'était un homme fait. Mais Sirius... restait Sirius. Les quelques secondes où elle avait cru ne jamais l'avoir rencontré lui avaient transpercé le coeur.
- Sirius, appela-t-elle désespérément en sentant une larme couler sur sa joue.
Dès qu'elle eut prononcé son nom, la main de Sirius cessa de trembler. Aurore remarqua une lueur de soulagement dans son regard. Mais aussi... de contrariété ? Elle se redressa brusquement.
- Siriu... ah ! gémit-elle en se prenant la tête dans les mains.
Elle avait oublié le marteau. Mais lui s'acharnait à essayer de lui fendre la tête en deux. "Pourquoi j'ai autant mal ?"
- Tu ferais mieux de ne pas trop bouger, lui conseilla Sirius en s'avançant pour poser la bougie sur le bureau avant de s'asseoir sur la chaise. Tu es inconsciente depuis des mois.
- Des... mois ? murmura Aurore stupéfaite.
- Plus d'un an en fait, précisa-t-il. Tu ne te souviens pas de ce qui s'est passé ? Dans la cabane de Hagrid. Le plafond t'es tombé dessus Dora.
"Dora... Encore et toujours, Dora" pensa-t-elle tristement.
- Je me souviens... de Macnair, dit-elle lentement.
- Il est neutralisé. Mais tu as reçu un violent coup sur la tête. On a commencé à parier sur le temps que tu mettrais pour te réveiller. Si tu avais dormis une semaine de plus, je gagnais.
- Combien de personnes savent que je suis ici ? s'inquiéta-t-elle en essayant de passer sur le fait que son coma ne l'avait pas inquiété plus que ça.
- Beaucoup, Miss chat de Van.
Aurore grimaça. C'était évident. Hagrid était lui aussi dans la cabane. Tous les anciens membres de l'Ordre devaient savoir qu'elle avait été blessée. "Même Remus".
- Est-ce que tu leur as dit... qui je suis ? s'enquit-elle. Que j'étais aussi...
- La petite fille de Remus ? devina-t-il. Dora ? La métamorphomage ?
-...
- Ne me prends pas pour un idiot, il vaut mieux que Remus l'ignore. Ça pourrait l'empêcher d'accepter Nymphadora le moment venu. Et il faut absolument éviter ça, n'est-ce pas ?
- Oui, je te remercie. Je...
- Tu es très douée pour agir dans l'ombre Dora, la coupa-t-il. J'ai essayé de te trouver, mais finalement, je crois que c'était inutile. Du temps perdu, soupira-t-il en agitant la main pour dire qu'il avait vraiment été stupide d'avoir eu ne serait-ce que l'idée de la chercher.
Aurore resta silencieuse. Décidément, quelque chose n'allait pas. Sirius était très froid, distant. Ce n'était absolument pas l'attitude qu'il avait envers "Dora" quand qu'ils se retrouvaient dans la forêt. Elle était censée être la soeur d'Aurore et l'amie de Sirius. Pourquoi agissait-il ainsi ? Comme si... elle était un insecte nuisible.
- En plus tu ne m'as même pas remercié de t'avoir sauvée de mon grand-père, lui fit-il remarquer. Tu t'es enfuie comme une voleuse.
- C'est vrai... je suis désolée. Merci d'être apparu au bon moment.
- Je regrette presque de l'avoir fait.
-... pourquoi ? demanda Aurore en fronçant les sourcils.
- On est amis tous les deux, non ? Tu aurais pu venir me voir.
- Oui... "Mais je n'ai pas l'impression que tu t'adresses à une amie depuis que tu es entré dans cette pièce".
- Pourquoi es-tu restée dans ton coin Dora ? Tu es tout de même le chat de Van. La protectrice de l'élu.
- J'avais... mes raisons.
- Bof, dit-il en haussant les épaules comme si finalement il s'en fichait. Après tout, ça ne me regarde pas. Tu fais ce que tu veux Dora.
Lorsqu'elle se rendit compte qu'elle faisait des efforts pour retenir ses larmes, Aurore comprit qu'elle était véritablement blessée par les paroles de Sirius. Pourtant il ne s'adressait pas à elle. Mais ça faisait tellement mal... Plus que jamais, son esprit était embrouillé. S'il était autant remonté envers Dora... que ressentait-il pour Aurore ? Immanquablement, elle se souvint des paroles du faux Sirius qui était sorti du journal de Jedusor : Je te hais !
- Mais quand même... ajouta Sirius. Te débrouiller pour tomber dans le coma au moment où Harry a le plus besoin de toi.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? s'inquiéta-t-elle en redevenant peu à peu lucide.
- Le tournois des trois sorciers. Il a lieu à Poudlard cette année, ils se sont enfin décidés. Harry est le quatrième champion, tu te rends compte ? C'était jamais arrivé.
- Harry a... été nommé champion par la coupe de Feu ? dit-elle lentement en écarquillant les yeux.
- Ouais. Mais Dumbledore a embauché Fol'Oeil, alors tout se passe bien.
- Mais... pourquoi Remus n'est plus professeur de défense contre les forces du Mal ? Severus a osé révéler sa condition ?
- Non, s'il l'avait fait, Rogue serait déjà mort écrasé par une moto volante. C'est le fils Malefoy qui a fini par découvrir la nature de Remus. Harry nous disait sans arrêt que ce Serpentard se faisait passer pour plus intelligent qu'il ne l'était mais... Apparemment il est parfaitement capable d'utiliser sa cervelle quand ça vise à mettre des bâtons dans les roues de gens honnêtes comme Remus. Depuis, notre ami loup-garou s'est enfin décidé à s'installer ici.
- Et Maudrey a été choisi pour le remplacer... devina Aurore pétrifiée.
- C'est ça. Une parfaite protection pour Harry qui s'en est pas mal sorti jusqu'ici. D'ailleurs, la finale c'est pour ce soir. Mais je crois que ça va bientôt finir. J'avais très envie d'y aller mais... hé !
Sirius fut coupé par le brusque mouvement d'Aurore pour quitter son lit. Repoussant les draps, elle essayait de se mettre debout en se tenant fermement au montant du lit. Ses jambes la soutenaient à peine, et elle tituba pour récupérer sa baguette et sa bourse magique sur la table de chevet. Mais le marteau dans sa tête venait de disparaître. Aurore avait l'esprit parfaitement clair.
- Où tu vas comme ça ? Tu dois rester couchée, lui fit-il remarquer. Tu n'es pas en état de...
- On est le 24 juin... murmura-t-elle paniquée. Et Peter... Peter...
- Pourquoi tu parles de Peter ? s'étonna Sirius.
- Il était en Albanie avec sa mère Eliane ! Et si Harry a été nommé champion par la coupe... ça veut dire que Maugrey... seigneur, c'est pour ce soir !
- Je crois que tu délires, dit-il en se levant pour tendre la main vers elle. Rallonge-toi.
- Non ! s'exclama-t-elle en lui échappant pour tituber en direction de la porte. Non... je dois y aller tout de suite !
- Rallonge-toi ! cria-t-il en l'attrapant par le poignet pour la tirer en arrière.
Il la tenait d'une poigne de fer. Mais Aurore devait partir. Si elle n'y allait pas maintenant, Voldemort récupèrerait son corps et tous ses efforts seraient réduits à néant. Certes, elle se sentait faible. Mais elle se rendrait à Little Hangleton quoi qu'il arrive. En rampant s'il le fallait !
- Écoute Sirius, je dois partir immédiatement. Il se passe quelque chose de très grave ! Si je n'y vais pas...
- Reste ici.
- Mais...
- Reste ici, insista-t-il.
Aurore le fixa avec incompréhension. Quelques minutes plus tôt il n'avait pas l'air de se soucier de son état, et voilà qu'il insistait pour qu'elle se repose... Mais qu'avait-il dans la tête ? Que voulait-il à la fin ? La rendre folle ? "M'empêcher d'intervenir alors que Voldemort est sur le point de renaître ?! Ne voit-il pas que c'est important ? Est-ce qu'il le fait exprès ?! Il ne veut même pas m'écouter !"
- Non, répondit-elle catégoriquement en se libérant d'un coup sec et avançant de nouveau d'un pas plus assuré.
- Dora ! Reviens ici ! s'exclama Sirius en la rattrapant avant qu'elle ne puisse sortir de la chambre.
- Non ! se débattit-elle furieusement.
- Je ne te laisserai pas sortir Dora ! la prévint-il en la forçant à se retourner vers lui.
- NE M'APPELLE PAS DORA ! hurla-t-elle brusquement à pleins poumons.
À bout de nerfs, Aurore se mit à pleurer. Elle était déchirée entre colère et peine. C'en était assez. Elle ne pouvait plus le supporter. Qu'il la laisse partir et surtout, qu'il cesse de l'appeler Dora. "Ne m'appelle pas comme ça" le supplia-t-elle mentalement, incapable de retenir ses sanglots. "Je ne suis pas Dora. Je suis..."
- Aurore, murmura doucement Sirius.
Ses pleurs restèrent bloqués dans sa gorge alors que le murmure de Sirius semblait résonner dans la pièce. Aurore... avait-il bien dit... Aurore ? Lentement, elle releva la tête vers lui. Le regard de Sirius ne trompait pas. Il savait.
- Comment... tu... souffla-t-elle hébétée.
- Tu croyais que je ne m'en rendrais jamais compte ? lui demanda-t-il sombrement. Que tu pourrais me berner 18 ans de plus ? 18 ANS ! s'écria-t-il furieusement en la secouant par les épaules. 18 ans que tu as disparu ! 18 ans que je cherche la mauvaise personne ! Aurore !
- Mais tout à l'heure tu...
- J'ai fait semblant, oui ! Comme toi tu as fait semblant d'être ta soeur ! Tu m'as menti ! Encore plus que je l'imaginais. Une métamorphomage ! Pourquoi tu ne me l'as jamais dit ? Pourquoi ?!
- Je ne voulais pas que Remus fasse le rapprochement entre moi et Nymphadora... s'expliqua-t-elle le coeur lourd.
- Mais à moi tu aurais pu le dire ! J'aurais gardé le secret. Et on aurait pu passer tellement plus de temps ensemble... Mais tu as tout gâché.
- Dumbledore m'avait recommandé d'être prudente sur ce que je pourrais dire... et j'arrivais pas à t'en parler, avoua-t-elle. Je t'avais déjà caché le sablier... j'avais peur de ta réaction face à ce nouveau mensonge... je suis déso...
- Ah, tu peux être désolée ! s'exclama-t-il en lâchant un rire noir. Désolée de me mentir. Désolée de m'avoir laissé seul toutes ces années. Désolée d'avoir préféré vivre avec mon frère, alors que je remuais ciel et terre pour te retrouver ! Tout ce temps tu étais avec Regulus ! Avoue-le !
- Oui mais...
- C'est toi qui a enterré Marlene, la coupa-t-il. Et tu as envoyé Regulus nous montrer la tombe ! Maintenant, je veux savoir Aurore ! La Marlene qui est apparue le soir de la naissance de Harry et qui était la gardienne du secret... Vicky, la serveuse de la Tête de Sanglier... Est-ce que c'était toi ?
Le visage d'Aurore se tordit dans une expression d'impuissance. Cela eut pour effet de mettre Sirius encore plus hors de lui.
- Réponds-moi ! lui ordonna-t-il en la secouant de nouveau.
- Ou... oui... avoua-t-elle la voix brisée. Oui Sirius...
Les mains de Sirius glissèrent brusquement sur les épaules d'Aurore. Et il resta les bras ballants, à l'observer en secouant la tête, médusé.
- J'arrivais pas à le croire... murmura-t-il déçu. Tu étais... sous mes yeux tout ce temps... et tu n'as pas dit un mot...
- Je... je n'ai pas le temps de t'expliquer, dit-elle en se rappelant pourquoi elle s'était levée. Mais je te promets de revenir pour le faire.
Sirius ne répondit rien. Souhaitait-il la voir partir à présent ? Ne supportait-il plus sa présence ? La haïssait-il profondément ? "Il ne veut même pas me voir revenir" pensa-t-elle tristement. En tout cas... il ne fit aucun geste pour la retenir alors qu'Aurore sortait de la chambre en transplanant.
Lorsqu'elle réapparut dans le cimetière de Little Hangleton, Aurore sentit sa tête lui tourner. Le transplanage n'était pas très indiqué quand on se réveillait d'un coma qui avait duré une année entière. Elle dut se retenir à l'une des pierres tombales pour ne pas s'écrouler. "C'est pas le moment" pensa-t-elle en s'avançant vers les éclats de lumière à l'autre bout du cimetière. Un combat semblait s'y être engagé. Dès lors, Aurore sut qu'il était trop tard. Voldemort était de retour.
Aurore resta à bonne distance pour déterminer la situation. Les fidèles de Voldemort encore en liberté s'étaient rassemblés. Lucius Malefoy devait être parmi ceux qui ricanaient. Alors que Voldemort et Harry s'affrontaient. Alors que Peter se tenait à visage découvert près d'un chaudron en admirant sa main argentée. Alors qu'à un mètre de lui... le corps inerte de Cédric Diggory reposait dans la boue.
- Ils vont tous me le payer... rumina-t-elle. Peter le premier.
Soudain il y eut un éclair de lumière dorée. Les baguettes de Voldemort et Harry venaient de se connecter. "ça commence". L'étrange phénomène généré par les baguettes jumelles. Harry et Voldemort flottèrent au dessus de la tombe de Tom Jedusor Sr, puis un dôme d'or les encercla alors que les Mangemorts étaient pris de panique. Aurore chercha Nagini du regard, mais le fantôme de Cédric sortit de la baguette de Voldemort avant qu'elle n'ait pu le trouver. Elle resta bouche-bée. La fumée grise qui constituait Cédric était similaire à celle sortie du journal et de la bague pour les effrayer, Regulus et elle. Mais il s'agissait ici du véritable Cédric Diggory. Son âme.
Plusieurs autres spectres émergèrent de la baguette, mais l'attention d'Aurore fut détourné par un sifflement. Lentement, elle se retourna. La gorge sèche, Aurore fixa Nagini dans les yeux. Le serpent s'était glissé derrière elle. Il était prêt à attaquer à présent. "J'ai horreur des serpents..."
- Ne t'approche pas, siffla-t-elle.
Nagini cracha, ses crochets à découvert. Aurore savait que ce serpent-ci était similaire au Basilic. Il ne lui obéirait pas indéfiniment. Mais elle continua de siffler en Fourchelang pour le tenir à distance. Juste le temps nécessaire pour glisser deux doigts à l'intérieur de sa bourse magique. Repérant son mouvement, Nagini siffla férocement avant de se jeter sur elle. Aurore leva le bras pour se protéger. Elle retint un hurlement de douleur quand les crochets du serpents s'enfoncèrent dans sa chair. Mais en un éclair, Aurore sortit la main de sa bourse pour abattre l'un des crochets du Basilic à l'arrière de la tête de Nagini. La mordant toujours férocement, le serpent s'agita. Aurore sentait les crochets de Nagini s'enfoncer un peu plus dans son bras. Il luttait, comme la bague et le journal avaient lutté pour ne pas être détruits. Mais Aurore mit un terme à ce combat en remuant le crochet à travers les écailles du serpent, sectionnant corps et tête. La longue queue de Nagini tressauta encore quelques secondes avant de devenir inanimée. Et Aurore arracha la tête de son bras dans un gémissement. Sa manche était imbibée de sang. Deux gros trous déchiraient le tissu. Elle fit compression pour empêcher son sang de couler. "J'ai détruit un nouvel Horcruxe" réalisa-t-elle. Mais elle n'eut pas le temps de s'interroger sur les conséquences de son acte. Des bruits de pas précipités approchaient.
oOo
D'abord époustouflé par le comportement des baguettes, Peter se reprit lorsque Harry brisa le sort pour s'enfuir. Les fantômes aveuglaient Voldemort, les mangemorts ne lui prêtaient aucune attention. Peter saisit cette occasion pour fuir. Les cris de rage du mage noir résonnaient dans le cimetière. Soudain, il sembla remarquer l'absence de son serviteur. Voldemort se mit à l'appeler férocement. Dans sa précipitation, Peter trébucha contre l'une des stèles. Il se retrouva face contre terre... la tête de Nagini sous le nez.
- HI ! couina-t-il en s'écartant fébrilement du cadavre reptilien.
- PETER ! cria férocement Voldemort en apparaissant.
Accompagné de ses mangemorts, le mage noir resta coi lorsqu'il vit l'état de son précieux serpent. Puis il leva lentement les yeux vers Peter qui tremblait de tout son corps appuyé contre une pierre tombale en secouant la tête.
- N... non je... ce n'est pas... balbutia-t-il terrifié.
- Grave erreur... Peter, gronda Voldemort en levant sa baguette. Avada Kedavra !
Le sortilège vert toucha la pierre contre laquelle Peter s'était appuyé. Il avait disparu en un instant. Les mangemorts restèrent stupéfaits, mais Voldemort remarqua la petite ombre qui se glissait entre les tombes.
- LE RAT ! hurla-t-il en le désignant. Rapportez-moi ce rat !
Les mangemorts partirent à sa poursuite, essayant de distinguer la minuscule silhouette du rat dans le noir de la nuit. Peter courait pour sa vie. Se faufilant entre les herbes et les stèles afin de les semer. Les cris furieux de Voldemorts, et les plaintes des mangemorts finirent par faiblir. Il s'éloignait d'eux. Peter se crut sauvé. Mais à cet instant précis, une ombre se jeta sur lui. Le rat se sentit pris au piège... dans les griffes d'un chat.
oOo
Après le départ d'Aurore, Sirius était longtemps resté immobile dans la chambre. Jusqu'à ce qu'on vienne lourdement frapper à la porte d'entrée. Il se força à mettre sa peine, sa colère et sa déception de côté pour descendre dans le hall. La troisième épreuve devait être terminée. James et Lily venaient sûrement lui annoncer la victoire d'Harry. Malheureusement, Sirius n'avait pas le coeur à la fête. Et il l'eut d'autant moins lorsqu'il vit qui venait de frapper à sa porte. Sirius n'eut aucun mal à le reconnaître bien qu'il ne l'avait pas vu depuis des années. Leur ressemblance était trop frappante à son goût.
- Regulus, dit-il dangereusement.
- Sirius, répondit son frère d'un ton glacé.
Un silence de mort suivit, durant lequel les deux frères se toisèrent. Finalement Sirius lança :
- Tu n'as rien à faire ici. Cette maison n'est plus la tienne, tu te souviens ?
- C'est bien pour ça que j'ai pris la peine de frapper, répliqua Regulus en faisant mine de s'avancer.
- Je ne me souviens pas t'avoir permis d'entrer, lui fit remarquer Sirius en le repoussant d'une main.
- Je suis venu voir Aurore. Écarte-toi.
- Aurore hein ?! s'écria Sirius en l'agrippant par le col. Comment oses-tu Regulus ?!
- REGULUS ?! hurla brusquement Mrs Black en sortant de ses rideaux. REGULUS MON FILS !
Pour une fois, elle poussait des cris de soulagement. Mais ses fils ne lui prêtaient pas la moindre attention.
- Tu savais où elle était Regulus ! l'accusa Sirius. Tu étais avec elle tout ce temps !
- Oui je le savais ! Mais si tu t'imagines que c'est moi qui l'ai retenue loin de toi, tu te goures ! Comme toujours !
- MON CHER REGULUS ! OÙ ÉTAIS-TU TOUT CE TEMPS ? continuait de hurler Walburga.
- Ne te fous pas de moi ! cria Sirius pour couvrir les hurlements de sa mère. Pourquoi Aurore aurait choisi de rester avec toi plutôt qu'avec moi ?! Vous étiez de si bons amis à Poudlard !
- Oh... tu es jaloux ? ironisa Regulus.
- De toi ?! s'ulcéra Sirius.
- T'as la rage parce que tu n'as jamais réussi à l'éloigner de moi ! Regulus le danger public ! Ça t'arrange de tout me mettre sur le dos !
- J'ÉTAIS TELLEMENT INQUIÈTE ! JE TE CROYAIS MORT...!
- Aurore a décidé toute seule de rester loin de toi ! continua Regulus. Et j'y peux rien si tu as été incapable de la retrouver !
- Elle n'avait rien à faire avec toi !
- Elle serait morte depuis longtemps si je n'avais pas été là pour la soutenir !
- Elle s'est pris un plafond sur la tête ! hurla Sirius.
- Qui de nous deux était présent à ce moment là ?!
- Je n'ai pas eu le temps d'intervenir !
- Du coup elle est tombée dans le coma ! Bravo monsieur-parfait ! se moqua Regulus.
- MAIS TU VAS BIEN MON FILS ! JE SUIS TELLEMENT HEUREUSE DE TE REVOIR ! MAINTENANT TU DOIS CHASSER SIRIUS D'ICI !
- LA FERME MAMAN ! hurlèrent-ils en même temps.
Walburga s'étrangla d'indignation alors que ses fils se disputaient de plus belle :
- Laisse-moi entrer Sirius ou je te fais la peau ! le prévint Regulus.
- Où étais-tu au cours des derniers mois ? lui lança son frère. C'est maintenant que tu t'inquiètes pour elle ?!
- J'étais à l'étranger ! Oui je m'inquiète pour elle, Aurore est mon amie !
- Peu importe, tu ne pourras pas la voir !
- Tu paries ?! s'écria Regulus en empoignant son frère pour le pousser vers l'intérieur.
- Je veux bien parier, résista Sirius, puisqu'elle n'est plus là !
- Tu ne m'auras pas avec ce mensonge !
- Je ne mens pas ! Aurore s'est réveillée ! Et elle est partie !
- Qu'est-ce que... commença Regulus en hésitant toujours à le croire.
Soudain, il y eut un craquement, et deux autres personnes apparurent dans le hall. Les nouveaux arrivants roulaient sur le sol en se battant comme des chiffonniers. Emmêlés comme ils l'étaient, il aurait été difficile pour une personne extérieur de les distinguer. Mais les frères Black reconnurent immédiatement la chevelure blonde-argentée qui fouetta l'air quand Aurore prit le dessus sur son adversaire en le plaquant au sol. Stupéfait, Sirius la vit menacer Peter avec sa baguette lorsqu'il tenta de lever vers la gorge d'Aurore son étrange main argentée.
- Bouge pour voir, grogna-t-elle dangereusement en faisant mine de vouloir percer le cou de Peter.
Les frères Black les fixèrent en silence, jusqu'à ce que Sirius fasse remarquer à Regulus d'un ton supérieur :
- Qu'est-ce que je t'avais dit ?
- Elle est revenue, répliqua Regulus.
Ils s'affrontaient de nouveau du regard, prêts à s'écharper, quand Remus fit brusquement irruption par la porte d'entrée toujours ouverte :
- Sirius ! C'est horrible ! Il faut que tu saches...
Remus s'arrêta net face à la scène qui s'offrait à lui. Premièrement, il avait sous son nez les deux frères Black. Regulus venu rendre une petite visite à son frère ? Non... comme toujours ils donnaient l'impression d'essayer de se désintégrer mutuellement rien qu'avec le regard. Par contre le silence de Walburga était troublant. Mais pas plus que voir son ancien ami disparu, Peter Pettigrow, plaqué au sol et menacé par le chat de Van qui s'était visiblement réveillée par miracle.
- Mais qu'est-ce qui se passe ici ? murmura-t-il incrédule.
- Demande-lui, répondirent ensemble Sirius, Regulus et la blonde sur le même ton hargneux.
-... à qui ? demanda Remus perdu.
- À LUI ! répondit Aurore en enfonçant un peu plus sa baguette dans le cou de Peter.
- P... p... pitié, gémit-il. Pitié Aurore...
-... Aurore ? murmura Remus en fronçant les sourcils.
- J'ai déjà eu pitié de toi ! s'écria-t-elle furieuse envers Peter. Je t'ai laissé partir Peter ! Je t'ai offert une nouvelle vie avec ta mère ! Et toi tu es allé le chercher !
- C'est... c'est pas ce que tu crois... je...
- Oh tu ne m'auras pas cette fois, le prévint-elle en souriant ironiquement. Je ne sais pas comment tu t'es débrouillé pour briser mon sortilège d'amnésie mais...
- Il s'est brisé tout seul ! s'exclama-t-il. Je te jure ! C'était... c'était dans la nuit du 31 octobre 1981. Vers minuit.
Aurore fronça les sourcils. Il s'agissait du moment exact où elle avait reçu la cicatrice en forme d'éclair. Le soir où elle était "morte". "Il dit sûrement la vérité mais ça n'excuse pas ce qu'il vient de faire !"
- Peut-être mais tu aurais mieux fait de rester en France, lui dit-elle.
- On y est resté ! Mais... ajouta-t-il en voyant les yeux d'Aurore lancer des éclairs. Quand ma mère m'a dit que tu étais venue chez ses patrons... j'ai eu peur que tu aies changé d'avis. Que tu sois revenue pour m'emmener à Azkaban. Alors on est parti le plus loin possible...
- En Albanie, comme par hasard, ricana-t-elle. Et vous avez rencontré Voldemort en vous promenant dans la forêt.
- Non c'est... c'est lui qui est venu jusqu'à nous. On s'était réfugiés dans un village... près d'une forêt, c'est vrai mais... il est venu... dans un serpent.
- Il avait pris possession d'un serpent ?
- C'est quoi toutes ces histoires ? intervint Sirius. Pourquoi Peter aurait peur d'être envoyé à Azkaban ? Qu'est-ce qu'il a fait Aurore ?
- Comment ça Aurore ?! s'exclama brusquement Remus. Tu vois bien que ce n'est pas elle ! Cette fille c'est... c'est le chat de Van et rien d'autre. Non ?
Aurore tourna les yeux vers lui, mais elle resta muette. Elle ne savait pas quoi lui dire. Remus avait l'air tellement désemparé. Elle l'avait dupé comme tant d'autres.
- C'est ce que tu avais dit... Sirius... souffla-t-il en baissant les épaules.
- Je... commença son ami.
- Je suis désolée Remus, le coupa Aurore. C'est bien moi.
Il se fixèrent quelques secondes. Puis elle reporta brusquement son attention sur Peter lorsqu'il fit mine de bouger sa main argentée.
- Toi arrête de bouger ou je te coupe la main une deuxième fois, le menaça-t-elle.
- S'il te plait... gémit-il. Ma mère...
- Ne me refais pas le coup du gentil petit garçon qui essaye de sauver sa maman. Cette fois je ne goberai pas ce mensonge.
- Pourtant c'est la vérité ! Il faut que je la sauve... Elle va mourir... pleura-t-il.
- Quoi ? Elle est malade ? Quel est le rapport avec Voldemort ?
- Il l'a mordue ! Quand il était dans le serpent... il l'a mordue et ça fait des mois qu'elle meurt à petit feu.
-... Je suppose qu'il t'a promis un antidote en échange de ta coopération.
- Oui...!
- Si tu mens je... grogna-t-elle en le saisissant à la gorge.
- Je ne mens pas ! Mais maintenant... je ne peux plus la sauver... geignit Peter comme un bébé.
- Hum... marmonna Aurore en réfléchissant. C'était quoi comme serpent ?
- Son préféré... Nagini.
Les doigts d'Aurore se crispèrent sur la gorge de Peter. Pensant qu'elle ne le croyait pas, il lui assura :
- C'est la vérité ! La vérité ! Je le jure !
- Ça ne changera pas ce qui vient de se passer à cause de toi, dit-elle lentement. Tu as rendu à Voldemort son corps.
- Il a fait QUOI ?! s'écrièrent les hommes autour d'elle.
- Peter tu raconteras toi-même à tes "amis" tout ce que tu as fait, lui ordonna Aurore. Absolument tout. Et au cas où tu aurais la mémoire défaillante, compte sur moi pour t'aider à t'en souvenir.
Il poussa un petit cri étranglé lorsqu'elle l'étrangla avec plus de force. Puis elle ajouta :
- Quant à ta jolie main argentée... Je m'assurerai qu'on te la retire. Ta récompense pour l'avoir fait revenir.
Aurore se releva. Lentement. "Trop lentement" remarqua Sirius en fronçant les sourcils. Il la vit même vaciller lorsqu'elle demanda à son frère :
- Regulus... enferme-le. Je te fais confiance, tu sais quels sorts lancer pour qu'il ne puisse pas s'échapper.
- Mais... et ma mère ? demanda Peter effrayé alors que Regulus venait l'empoigner. Je l'ai laissée à l'appartement toute seule ! Elle ne peut même plus se lever ! Si le maîtr... s'il va la chercher... se reprit-il. Il veut me tuer ! Il se vengera sur elle...
- Ta mère... soupira Aurore en essuyant la sueur qui perlait sur son front. Ta mère aura son antidote.
Que voulait-elle dire ? Aucun d'eux ne comprenait. Comment pouvait-elle assurer une chose pareille ? Ce fut Sirius qui comprit le premier.
- Aurore ! Ton bras !
- Si Peter a dit vrai... sourit-elle faiblement en relevant sa manche ensanglantée. Le poison agit lentement.
Ils retinrent leur souffle en apercevant la marque de morsure sur son bras. Le sang coulait encore. Mais ils poussèrent une exclamation de surprise quand Aurore toucha sa blessure pour en sortir d'un coup sec... un crochet de serpent.
- Il ne reste qu'à analyser le venin, souffla-t-elle en tombant en arrière.
Contrairement à ce qui s'était passé dans la cabane de Hagrid, cette fois Sirius réussit à l'atteindre à temps. Il la rattrapa avant qu'elle ne frappe le sol, et il la garda contre lui alors qu'elle souriait en secouant la tête, les paupières closes.
- J'arrive pas à croire... que je te sauve encore la mise Peter...
oOo
Quand Aurore reprit conscience, un étranger se tenait près d'elle. "Je suis de nouveau dans ma chambre" remarqua-t-elle. Et il faisait jour cette fois. L'étranger lui tournait le dos et semblait trafiquer quelque chose sur son bureau. Inquiète de se réveiller seule avec cet inconnu dans sa chambre, Aurore murmura :
- Vous êtes qui vous ?
L'homme sursauta avant de se retourner. Aurore remarqua sur sa blouse blanche l'insigne de la baguette croisée avec un os. L'écusson des Médicomages.
- Vous êtes réveillée, sourit-il. Je suis le médicomage Léon Pride. Je suis souvent venu m'occuper de vous depuis que vous êtes tombée dans le coma. Hier soir on m'a appelé pour un antidote. Les plafonds qui s'écroulent, les morsures de serpent... ça vous arrive souvent ?
-...
- Excusez-moi. J'essayais de faire un peu d'humour, s'expliqua-t-il rapidement en rougissant. Ce n'était pas drôle.
- C'est rien, j'étais en train de compter toutes mes mésaventures, sourit-elle pour le rassurer.
- Ah... dit-il visiblement inquiet pour cette pauvre fille malchanceuse. Mais rassurez-vous, j'ai analysé le venin. Je vous ai administré l'antidote il y a une heure. J'en ai fait de même pour Mrs Pettigrow.
- Elle est ici ?
- D'après ce que j'ai compris, elle a été ramenée ici avant mon arrivée. Il lui faudra plus de temps que vous pour se remettre. Le venin est présent dans son corps depuis bien plus longtemps. Mais je suis optimiste.
- C'est bien...
- Oh ! Et... ajouta-t-il en se retournant pour saisir la potion qu'il préparait sur le bureau. Buvez cela. Vous n'auriez jamais dû vous lever si tôt après votre réveil.
- Surtout si c'était pour aller me faire mordre par un serpent venimeux, n'est-ce pas ? plaisanta-t-elle en acceptant la fiole.
Il acquiesça avec un sourire amusé alors qu'elle buvait la potion. Mais Aurore vit le sourire du médicomage s'effacer lentement. Puis elle remarqua qu'il ne la fixait plus elle, mais... quelque chose au niveau de son cou. Par réflexe, Aurore prit rapidement le sablier dans son poing pour le cacher aux yeux du médicomage.
- Ne vous inquiétez pas, la calma-t-il. Je sais qu'il est impossible de vous le retirer. Ce sablier... a d'étranges propriétés.
- Comment vous savez ça ? s'inquiéta-t-elle en se décalant pour s'éloigner de lui.
- Évitez de bouger s'il vous plait, insista-t-il. Si je sais tout ça, c'est parce que vous n'êtes pas la première patiente dont je m'occupe et qui soit en possession d'un de ces sabliers.
-...
- Mr Black m'a spécialement demandé de m'occuper de vous, continua-t-il en la voyant stupéfaite. Parce que j'ai aussi suivi Miss Prewett durant tout son coma. Peut-être a-t-il pressenti... comme j'en suis moi-même quasiment sûr à présent... que coma et sablier ont un rapport.
- Absurde. C'est la commotion cérébrale qui m'a fait tomber dans le coma. Je me suis pris un plafond sur la tête, rappelez-vous, dit-elle amusée.
- Mais pas Miss Prewett.
- Sa maladie...
- Sa maladie l'avait grandement affaiblie physiquement, c'est vrai. Et cette affection étant rare, nous en connaissons peu les symptômes. Cependant, il y a eu au moins un précédent. Mrs Mélania Black. Aucune trace de coma dans son dossier. Je sais... ça ne prouve rien. Mais Véga est sortie relativement vite de l'hôpital. Et le fait que vous ayez pu vous lever si vite après votre réveil... que vous ayez même pu transplaner... Après un coma d'un an, avouez que c'est surprenant.
- Je ne me suis pas levée aussi facilement que ça, marmonna-t-elle en se souvenant du marteau dans sa tête et à quel point ses jambes flageolaient sous son poids.
- Vous avez pu transplaner parce qu'à votre réveil, votre corps s'était... régénéré.
- C'est à dire ? demanda-t-elle perplexe.
- Quand les gens tombent dans le coma, il arrive qu'ils ne se réveillent jamais. Même si leur corps semble en parfaite santé. C'est leur esprit qui n'arrive pas à refaire surface. Pour ce qui est de vous et Miss Prewett... le coma s'assimilerait plutôt à un "sommeil réparateur".
- Donc le sablier nous aurait plongées dans le coma pour nous préserver jusqu'à ce qu'on soit en assez bon état pour se réveiller. J'ai bien compris ?
- Parfaitement, sourit-il satisfait.
- C'est impossible, dit-elle catégorique en lui faisant perdre son sourire. Il faudrait pour ça que le sablier ait de "bonnes intentions" envers nous.
- Que voulez-vous dire ? s'inquiéta-t-il en fronçant les sourcils.
Pour son cas, Khronos n'avait peut-être pas avantage à ce qu'elle meure de ses blessures puisqu'il était toujours coincé par la parcelle d'âme de Voldemort qui s'était établie en elle. "Si j'étais morte sous les décombres, il n'aurait certainement pas pu récupérer mon âme et mon temps. J'ai raté une occasion d'aller au paradis..." pensa-t-elle ironiquement. Mais dans le cas de Véga, où était l'intérêt de la plonger dans un "sommeil réparateur" ? Il aurait pu récupérer son dû plus tôt que prévu. Tout bénéfice pour lui. "Et je n'imagine pas Khronos faire acte de charité. Avide comme il l'est". Aurore se rappelait parfaitement avec quelle véhémence il parlait de récupérer SON temps. Il considérait déjà que ce temps n'appartenait plus à Aurore.
La porte de la chambre s'ouvrit avant qu'elle ait pu trouver une réponse à formuler pour le médicomage. De nouveau, c'était Sirius qui entrait. Aurore se redressa pour se mettre assise sur le lit. Le maître des lieux la regardait comme s'il essayait de la décrypter. De voir dans son esprit. Le médicomage dut comprendre qu'il était de trop.
- Je vais... je vais vérifier l'état de Mrs Pettigrow, dit-il avant de s'éclipser rapidement.
Aurore tripota nerveusement ses draps une fois qu'ils furent seuls. Elle se rappelait parfaitement leur discussion de la veille, avant qu'elle ne parte pour le cimetière.
- Je t'ai promis des explications Sirius, dit-elle tout bas.
- Je ne suis pas sûr de vouloir les entendre.
Elle se mordit les lèvres en levant les yeux vers lui. Maintenant qu'elle était au pied du mur, Aurore avait plus que tout envie de s'expliquer avec lui. Mais c'était de bonne guerre, s'il le lui refusait.
- Je t'ai fait tant de mal. Je suis désolée...
- Garde tes excuses, répliqua-t-il. J'ai été assez idiot pour ne pas vouloir t'oublier. Pour m'obstiner à essayer de communiquer avec toi à travers un miroir que j'ai découvert dans ta bourse magique. Oui, j'ai un peu fouillé. J'ai pris cette... liberté. Tu gardes sur toi des choses très étranges. Passons sur ces énormes crochets de serpents... tu avais toujours mon miroir sur toi et tu ne l'as pas utilisé.
"Je m'y suis risquée... une seule fois. Tu étais avec Dorcas".
- Mais bon, continua-t-il. Même quand j'ai su que tu étais certainement avec Regulus et que, visiblement, tu n'avais pas envie de venir me voir... je t'ai cherchée. C'est vrai, je n'ai pas abandonné. Le plus drôle, c'est qu'en apprenant que tu étais "peut-être" dans les parages j'ai d'abord été heureux, puis inquiet. Je me demandais si tu allais bien, ce qui t'étais arrivé. Eh bien voilà, tu t'étais juste transformée en chat de Van.
- Sirius je...
- Je n'ai pas terminé ! Écoute à quel point j'ai été idiot. Quand je t'ai sortie des décombres de la cabane de Hagrid, j'ai remarqué ton sablier... J'ai compris que c'était toi. Qu'Aurore et Dora n'étaient qu'une seule et même personne. Bref, que tu m'avais menti. Mais tu as eu la bonne idée de tomber dans le coma. Je ne pouvais plus passer mes nerfs sur toi. Et pourtant... j'avais envie de te hurler dessus. J'étais tellement en colère. Non je... j'aurais dû être fou furieux ! Mais j'étais encore plus inquiet ! Je t'imaginais inanimée pour toujours ! J'étais tellement inquiet que j'ai décidé de te garder ici. Près de moi. Tu vois Aurore ? À quel point j'ai été idiot ? Non attends, l'arrêta-t-il alors qu'elle ouvrait la bouche. Ce n'est pas tout. Ça fait un an que je ne suis pas sorti de chez moi. J'attendais ton réveil. Et en même temps, je me demandais comment j'allais réagir si jamais tu ouvrais les yeux. On m'avait prévenu. Il était possible que tu te réveilles incapable de bouger, de parler... ou de te souvenir. Si tu n'avais plus aucun souvenir, à quoi bon te hurler dessus ? Oui mais surtout... j'avais peur que tu m'oublies. Alors quand j'ai vu que tu avais ouvert les yeux... quand tu as prononcé mon nom... J'ai été beaucoup trop soulagé. Tellement que je m'en suis voulu. N'étais-je pas censé te hurler dessus ? J'étais en colère contre toi et contre moi-même. Puis j'ai décidé de faire semblant de tout ignorer. J'espérais te blesser, te faire comprendre que c'était douloureux de se sentir abandonné, mis de côté.
- Je sais Sirius...
- Non tu ne sais pas ! s'emporta-t-il. Si tu as été blessée par mes mots, ça ne représentait pas le millième de ce que j'ai pu ressentir toutes ces années !
- Je suis désolée... murmura-t-elle les larmes aux yeux. Je ne peux que m'excuser Sirius. Quoi que tu veuilles entendre de moi... je te le dirai.
- La vérité ! s'exclama-t-il en s'avançant. Ce que je veux... c'est la vérité. Qu'elle soit bonne ou mauvaise. Parce que, même maintenant, dit-il en lui prenant le bras pour jeter un oeil au bandage que le médicomage avait appliqué sur la morsure du serpent. Même maintenant, je suis toujours amoureux de toi. C'est un comble.
Aurore agrippa sa main de toutes ses forces. Un comble, oui... Elle n'en méritait pas tant. Que Sirius puisse toujours l'aimer après tout ce qu'il avait appris sur elle. Tout ce qu'elle avait fait. Tout ce qu'elle n'avait pas fait. Sirius avait droit à la vérité. Toute la vérité.
- Je vais tout te dire... jura-t-elle. Tout. Plus de mensonges.
Elle le sentit hésiter une seconde. Puis il s'assit lentement sur le lit. Aurore tenait toujours sa main quand elle débuta son récit. Depuis le moment où elle l'avait quitté dans le bureau de Dumbledore, et pourquoi elle avait décidé de ne pas retourner chez elle. Sirius était au courant pour Peter. Ce dernier avait tout avoué. Aurore lui expliqua qu'elle pensait qu'il suffirait d'éloigner Peter pour sauver les Potter, car il était destiné à les trahir.
- Quand je suis revenue en 1980, c'était pour changer les choses, expliqua-t-elle. Je pensais qu'il... valait mieux le faire de loin. Pour ne pas TOUT changer. J'avais envie de te voir, de te parler. Mais pour toi, ça faisait 3 ans que j'étais partie. J'ignorais si... tu pensais toujours à moi ou... si tu avais trouvé quelqu'un. À un moment j'ai pensé que c'était le cas... avec Dorcas.
- Entre Dorcas et moi il n'y a jamais...
- Je sais, acquiesça-t-elle. Mais je l'ai compris trop tard. Le jour de sa mort... et il y avait aussi la prophétie. J'étais inquiète. On me désignait pour protéger Harry mais aussi... Il est dit que l'un de nous doit disparaître avec Voldemort.
- Et tu penses que ça ne concerne pas Harry.
- Je suis sûre que ça me concerne moi, précisa-t-elle.
- Comment ça ?
- La première fois que je me suis retrouvée face à toi, continua-t-elle pour éviter le sujet le plus longtemps possible, tu étais avec Dorcas. Là j'étais certaine que je devais te laisser vivre ta vie. Même si ça me faisait mal. Mais grâce à "Vicky" j'ai pu continuer à te voir. Souvent. J'ai aussi emprunté l'apparence de Marlene. Mais ça... ce n'était pas prévu. Cependant, grâce à ça j'ai pu m'intégrer dans l'Ordre du Phénix. Je me suis informée des dernières nouvelles, et j'ai protégé Harry en devenant la gardienne du secret. Au fait... Comment tu as su que j'avais pris l'apparence de Marlene et de Vicky ?
- Pour Marlene, il m'a suffit de regarder ta main, expliqua-t-il en désignant la cicatrice qu'elle gardait sur sa paume. Je me souviens encore des rudiments du Fidelitas. Quant à Vicky... le soir où elle est rentrée tachée de sang, en pleurs pour une amie. C'était le soir de la mort des McKinnon. J'ai ressenti quelque chose d'étrange quand je l'ai prise dans mes bras. Je ne voulais pas la voir pleurer. J'arrive toujours pas à croire que ce soir là... c'était toi que je serrais dans mes bras. Et que tu pleurais pour Marlene.
- Oui... j'ai essayé de la sauver. Mais j'ai échoué. Après ça, j'ai compris qu'il me fallait de l'aide. Voilà pourquoi je suis restée avec Regulus tout ce temps.
- Pourquoi lui ?! s'énerva Sirius. Si tu t'es rendue compte que tu avais besoin d'aide... si tu avais compris que je n'étais pas avec Dorcas... Pourquoi tu n'es pas venue tout me raconter ?! Pourquoi as-tu choisi Regulus... et pas moi ?
Il était temps de lui dire. Elle devait lui parler du sablier. De la lettre de Véga. De son destin prochain. "C'est si difficile..." déplora-t-elle. "Il ne me croira peut-être pas".
- Tu m'as juré de tout me dire, lui rappela Sirius. Plus de mensonges.
- Je vais le faire, dit-elle faiblement. Mais ça ne va pas être facile. Que ce soit à dire... ou à entendre. Je t'en supplie, essaye de ne pas m'interrompre.
Il acquiesça, et Aurore prit une grande inspiration. Puis elle lui raconta tout. Comment elle avait récupéré la lettre de Véga et... son contenu. Elle avait laissé la lettre à l'appartement de Marlene mais Aurore se souvenait de chaque mot. Elle l'avait lu tant de fois. Sirius écouta en silence. Même si cela semblait lui coûter. Elle voyait bien qu'il n'arrivait pas à la croire. Qu'il pensait que tout ça était complètement fou. Que ça ne pouvait pas exister. Elle avait aussi essayé de s'en persuader. Jusqu'à ce qu'elle rencontre Khronos à l'intérieur du sablier.
Quand Aurore raconta ce passage à Sirius, elle le vit ouvrir des yeux grands comme des soucoupes. C'était le pompon. Non seulement Aurore était censée disparaître en emmenant avec elle le moindre souvenir qu'il possédait d'elle. Mais en plus elle était devenue un des Horcruxes de Voldemort. Un fragment d'âme à tuer. Et si elle n'avait pas l'air d'avoir vieilli, c'était parce qu'elle était figée. Devenue comme morte. Une femme de 34 ans dans le corps d'une fille de 20 ans. Ah ! Et bien sûr, Véga allait aussi bientôt se faire aspirer l'âme par son propre sablier. Après avoir écouté tout ça en silence, Sirius n'eut qu'une question à poser :
- Tu te fous de moi ?
- Je savais que tu ne me croirais pas, soupira Aurore déçue. Malheureusement, je suis tout à fait sérieuse. Tu peux aller demander à Véga.
- Mais c'est du délire. Tu ne peux pas être brusquement aspirée à l'intérieur de ce sablier.
- Si. Et c'est bien pour ça qu'on ne peux pas l'enlever, quoi qu'on tente.
- Je rêve... c'est un cauchemar ? s'enquit-il.
- Non... c'est la réalité.
- Si tu as inventé toute cette histoire pour m'attendrir... la prévint-il.
- Je n'ai rien inventé ! s'emporta-t-elle. Je meurs de peur chaque jour depuis que j'ai appris ce qui va m'arriver. Je vais disparaître Sirius. Tu vas m'oublier. Tout le monde va m'oublier. Et je serai piégée à l'intérieur de ce maudit sablier ! Voilà pourquoi je ne suis pas revenue vers toi ! Je pensais agir pour ton bien, je ne voulais pas gâcher ta vie alors que je t'avais évité Azkaban. Oui ! Tu étais censé aller à Azkaban, confirma-t-elle face à son regard sidéré. À tort bien sûr, à cause de Peter. Mais justement, je ne t'avais pas sauvé de ça pour finalement devenir moi-même un trou béant dans ta vie. Je me disais que... tu allais finir par m'oublier. Que tu allais passer à autre chose, même si ça me brisait le coeur. Mais tu ne l'as pas fait. Tu m'as cherchée. Et je me suis rendue compte que je t'évitais depuis déjà trop longtemps pour revenir. J'ai commencé à avoir peur. À devenir une petite chose terrifiée, et lâche. Je me suis cachée, prétextant que je devais d'abord trouver une solution au problème du sablier avant de réapparaître dans ta vie. Et je m'obstinais, dans ma peur et dans ma bêtise, de plus en plus, bien que tous ceux qui étaient au courant ne cessaient de me pousser à sortir de mon trou. Regulus le premier. Puis Abelforth. Et Véga. Même Dumbledore ! Mais je n'écoutais rien. Et le pire c'est qu'on a toujours pas trouvé de solution. Il se peut même qu'il n'en existe pas. Mais je me serais obstinée à foncer droit dans le mur jusqu'à la dernière seconde si ce plafond ne m'était pas tombé sur la tête !
-...
- Alors de nous deux... tu es loin d'être le plus idiot, gémit-elle en lâchant sa main pour se prendre la tête dans les mains.
Enfin il savait tout. Elle avait réussi à lui dire tout ce qu'elle avait sur le coeur. Ses doutes, ses peines. Ses peurs. "Ma stupidité".
- Oui, finalement c'est toi la plus stupide, approuva Sirius.
Les épaules d'Aurore s'affaissèrent un peu plus. Même s'il avait affirmé l'aimer toujours... Rien ne serait plus comme avant entre eux. Cette simple idée lui broyait le coeur.
- Tu es tellement stupide, ajouta Sirius en lui attrapant le menton pour lui faire relever la tête.
Aurore pleurait. Elle avait tout simplement l'air désespérée. Mais même comme ça... elle restait belle. Ce visage qu'il avait si souvent fixé au cours de l'année. Alors qu'il attendait qu'elle se réveille. Sirius aurait pu l'envoyer à l'hôpital. Il aurait pu laisser les médicomages s'occuper d'elle. Au lieu de ça, il l'avait gardée près de lui. Il avait passé des nuits blanches à veiller sur elle. Se contentant de la regarder. Cette personne qu'il croyait être une autre... c'était Aurore. Ça avait toujours été elle. Et maintenant ? Elle pleurait. Parce qu'elle était trop stupide pour comprendre à quel point il tenait à elle.
- Trop stupide, marmonna-t-il en la prenant brusquement dans ses bras.
Elle poussa un sanglot en s'accrochant de toutes ses forces à Sirius. Ce geste d'affection qu'il avait envers elle... Aurore en remerciait le monde entier. Jusqu'au plafond de Hagrid, sans quoi elle ne serait pas ici. Dans ses bras.
- Je te demande pardon Sirius... sanglota-t-elle en enfouissant son visage dans son cou. Pardonne-moi... pardon... je t'aime.
Sirius la serra un peu plus fort contre lui. Puis il murmura :
- Est-ce que tu vas vraiment disparaître ?
Aurore cessa brusquement de pleurer. Il avait parlé d'une voix blanche... effrayée. Il ne voulait pas accepter son histoire sur le sablier. C'était inconcevable. Et ça le terrifiait. Car si elle disait vrai... cela voudrait dire qu'ils s'étaient retrouvés pour bientôt se perdre définitivement. Aurore se mordit les lèvres. Elle ne lui avait pas encore dit qu'il ne lui restait concrètement que 10 minutes à vivre une fois qu'elle ne serait plus un Horcruxe. Cela au moins... elle pouvait le lui épargner. Ne serait-ce que pour éviter qu'il s'interpose lorsqu'elle aurait à affronter Voldemort.
- Oui Sirius, souffla-t-elle douloureusement. C'est ce qui va arriver.
- On peut sûrement l'empêcher, dit-il en la repoussant pour la regarder dans les yeux.
- Ça fait 14 ans... que Regulus et moi cherchons une solution, répondit-elle en secouant la tête.
- Ce n'est pas une raison pour abandonner, lui fit remarquer Sirius qui refusait de la voir baisser les bras.
"Il est impossible qu'elle disparaisse. Je ne peux pas l'oublier ! Ça ne peut pas arriver... ça n'arrivera pas".
- Je ne veux pas abandonner, le rassura-t-elle. Je compte bien me construire un avenir ici. Avec toi... si tu es d'accord.
Sirius sourit et il l'embrassa pour toute réponse. Aurore ferma les yeux, savourant ce baiser. Les lèvres de Sirius lui avaient tant manqué. C'était chaud, tendre. Il l'embrassait pour lui dire "je t'aime". Dans ses bras elle se sentait en sécurité. Aurore reprenait espoir. Parce qu'ils étaient ensemble. Plus que jamais, elle voulait changer son destin. Qu'importe si une prophétie annonçait qu'elle devait disparaître ? Aurore se battrait jusqu'au bout. Où qu'il mène, elle tracerait son propre chemin. Aux côtés de Sirius.
- Hum hum, entendirent-ils soudainement.
Aurore et Sirius rouvrirent les yeux en même temps. Ils se rappelaient parfaitement le jour où Mrs Pomfresh les avait interrompu ainsi, en s'éclaircissant la gorge. Cette fois... c'était Regulus. Ils ne l'avaient même pas entendu entrer. Depuis combien de temps était-il là ? Depuis combien de temps s'embrassaient-ils au juste ? Aurore ne put s'empêcher de rougir. Les baisers de Sirius lui faisaient toujours le même effet.
- Dégage, ordonna Sirius à son frère.
Il était furieux d'avoir été interrompu. Mais son frère répliqua :
- Ne me donne pas d'ordres.
- Doucement les garçons, intervint Aurore toujours gênée avec un sourire crispé.
- Je voulais savoir si tu allais bien Aurore, dit Regulus en s'avançant tout en ignorant le regard assassin de son frère.
- Oui, ne t'en fait pas, répondit-elle en tendant la main vers lui. Et toi ? Je t'ai encore laissé tout seul.
- Je suis rentré il y a peu de temps, expliqua-t-il en pressant doucement sa main dans la sienne pour la rassurer. Abelforth m'a appris ce qui t'était arrivé. Alors je suis venu... dit-il en regardant son frère de travers.
- Mais au sujet de la Grèce... est-ce que tu...?
Il fit simplement non de la tête. Les épaules d'Aurore s'affaissèrent. Le temple de Khronos se dérobait toujours. Le pire, c'était qu'ils n'étaient même pas certains de son existence.
- On avance pas, soupira-t-elle en lui lâchant la main.
- Ce n'est pas une raison pour abandonner, l'encouragea Regulus.
Aurore jeta un coup d'oeil à Sirius. Il lui avait dit exactement la même phrase une minute plus tôt. Elle ne put s'empêcher de sourire en voyant qu'il l'avait aussi remarqué.
- Vous avez raison, acquiesça-t-elle. Vous voyez que vous pouvez vous mettre d'accord sur quelque chose.
Regulus fronça les sourcils avec incompréhension et Sirius leva les yeux au ciel. Quant à Aurore, elle éclata de rire. Il était bon d'être au square Grimmaurd, en compagnie des deux frères Black.
oOo
Dans les jours qui suivirent, Aurore fut sollicitée pour raconter son histoire à leurs amis proches. James et Lily qui avaient été mis au courant par Remus, écoutèrent attentivement tout en la dévisageant. Il était étrange de lui attribuer cette apparence nouvelle. Ils avaient du mal à se faire à l'idée que c'était bien elle. Et surtout, qu'elle était le chat de Van. Mais Aurore ne leur souffla pas mot du fait qu'il était possible qu'elle disparaisse un jour. Car c'était un secret qui ne lui appartenait pas. Elle le partageait avec Véga. Le fait que Sirius soit au courant suffisait amplement. De plus... elle ne voulait pas troubler Remus plus que de raison. Aurore le voyait sur son visage et dans son regard. Ce qu'il avait appris sur elle, le perturbait.
- Une métamorphomage, dit-il en s'approchant derrière elle alors que les autres discutaient entre eux des évènements ayant eu lieu lors du tournois des trois sorciers.
Ce n'était pas une question. Seulement une affirmation, qui voulait tout dire. Aurore se tourna vers lui, avec un air résigné.
- Oui, murmura-t-elle simplement.
Il était inutile d'ajouter quoi que ce soit. Remus avait compris. Il n'y avait pas des dizaines de femmes métamorphomages dans son entourage. Seulement une. Nymphadora Tonks.
- Remus je ne voudrais pas que tu...
- Non, la coupa-t-il. Ne dis rien. Je dois juste... réfléchir.
Il s'éloigna sous le regard inquiet d'Aurore. Si jamais le futur couple de Remus et Tonks était remis en cause... "Je ne naîtrai pas". Le destin s'acharnait-il à vouloir l'effacer de ce monde ?
- C'était un récit palpitant, intervint soudainement la voix de Dumbledore.
Il était resté dans un coin de la pièce pour l'écouter attentivement comme les autres. Toutes les explications concernant Peter l'avaient particulièrement intéressé. Jusqu'au fait que Voldemort était maintenant persuadé que son serviteur avait assassiné le précieux serpent qui servait d'Horcruxe au mage noir.
- Vous êtes venu pour Peter, devina Aurore.
- J'ai eu vent de ses actions. Je suis venu lui retirer son étrange main argentée.
- Ça vaut mieux. Cette main pourrait réduire un diamant en poussière.
- Il me faut aussi l'accompagner jusqu'à Azkaban. C'est regrettable pour Mrs Pettigrow mais...
- Non ! Azkaban n'est plus fiable à présent. Bientôt, les détraqueurs seront hors de contrôle. Tous les mangemorts qui y sont enfermés vont s'échapper. À moins qu'on réussisse à raisonner le ministère.
- Fudge ne veut pas croire un mot de l'histoire d'Harry, déplora-t-il.
- Il faut leur ouvrir les yeux. Je sais ce qui va se passer s'ils ne le font pas monsieur. Un véritable désastre. Qui ira jusqu'à toucher Poudlard. Même vous, vous serez mis au pied du mur.
- Je vais donc m'employer à raisonner Cornélius. Mais il faut trouver une solution pour Peter. Il ne peut rester ici alors que l'Ordre du Phénix va investir les lieux.
- Vous allez rappeler tout le monde ? sourit-elle.
- J'espère bien trouver aussi de nouvelles recrues. Sirius a de nouveau accepté de nous fournir une cachette.
- Ça ne m'étonne pas de lui, dit-elle en tournant un regard tendre vers le brun.
- Vous comptez enfin rester près de lui ?
- Regulus et moi avons quelques détails à régler mais... oui, rougit-elle.
- Quelques détails ?
- J'aimerais qu'il vienne s'installer ici. Ça a toujours été sa maison et je ne veux pas qu'il reste seul. Mais pour lui, il est hors de question de quitter l'appartement de Marlene pour venir habiter avec son frère. Sirius ne veut pas non plus de lui ici. Ces deux là ! soupira-t-elle exaspérée. Mais surtout je m'inquiète pour la marque des Ténèbres qui apparait de nouveau nettement sur son bras. Avant la disparition de Voldemort, elle le brûlait affreusement. Il ne m'en a encore rien dit, mais ça a peut-être déjà recommencé.
- Cela sera aussi sûrement le cas pour Peter, réfléchit Albus. Hum... il y a peut-être un moyen d'éviter cela.
- Lequel ? s'enquit Aurore.
- Vous avez dit que Regulus était devenu animagus. Peter l'est aussi.
- Et alors ? demanda-t-elle perplexe.
- Ils ne portent pas la marque quand ils sont sous leur forme animale. Alors la solution serait qu'ils restent le plus possible sous cette forme. Je pourrais peut-être même réussir à bloquer la transformation.
- Regulus n'acceptera jamais d'être bloqué sous sa forme de merle, dit-elle en secouant la tête. Mais ce serait une bonne punition pour Peter.
- Certes. Et je crois que je vais demander à Alastor de prendre les Pettigrow en charge. Il s'assurera que Peter ne retourne pas vers son maître, ce qui serait très stupide de sa part. Du moins il le maintiendra en détention sûrement mieux que l'aurait fait un détraqueur. Après avoir été enfermé pendant 10 mois dans sa propre malle magique, Alastor est à prendre avec des pincettes.
- Plus que d'habitude vous voulez dire ? plaisanta Aurore. Je plains Eliane d'avance.
- Mrs Pettigrow n'a malheureusement pas le choix. Elle doit accompagner son fils.
- Voldemort ne laissera pas Peter en paix. Il pense qu'il a détruit un de ses Horcruxes. En vérité, c'est moi qui l'ai fait. Je me demande si j'ai eu raison. J'ai peur qu'il tente de s'en fabriquer un autre.
- C'est peu probable. Voldemort a beaucoup trop déchiré son âme pour le faire une fois de plus. Ça l'affaiblirait considérablement. Il vient à peine de renaître, je ne pense pas que cela l'arrange. Et il pense toujours que les autres sont intacts. C'est une chance qu'il ne sache pas que nous sommes à l'origine de la mort de son serpent.
- Oui... vous avez raison.
- Aurore ? intervint timidement Lily.
- Je vous laisse, dit Albus en faisant un signe de tête à Aurore avant de rejoindre la pièce où était enfermé Peter.
Le couple Potter s'approcha d'Aurore et celle-ci devina de quoi ils désiraient lui parler.
- Comment va Harry ? leur demanda-t-elle.
- Il est complètement perdu, avoua James.
- Il fait des cauchemars, murmura tristement Lily. Le nom de Cédric Diggory revient souvent. Ainsi que celui de Voldemort.
- Je suis désolée de ne pas avoir été là pour lui, soupira Aurore. Si j'avais pu, je l'aurais protégé de ça.
- Bizarrement, ça ne m'étonne pas que tu sois le chat de Van, dit James amusé. Tu as toujours été si mystérieuse.
- J'aimerais que tu me reparles en détail de ce qui s'est passé le soir où... où Marlene... dit Lily à voix basse.
- Je t'en reparlerai autant de fois que tu en auras besoin, la rassura Aurore. Nous irons la voir ensemble. Et je continuerai à protéger Harry, ne vous en faites pas. Pour l'instant il est encore en sécurité à Poudlard. Je n'ai pas besoin de le suivre là-bas. En quittant sain et sauf le cimetière, Harry a prouvé qu'il savait se défendre. Ce n'est plus un petit garçon. Il vaut mieux que j'aide l'Ordre à combattre les mangemorts qui vont reprendre du service. Dumbledore doit faire accepter la vérité au ministère. Voldemort est bel et bien de retour.
- Nous devons trouver ses derniers Horcruxes, acquiesça Lily.
- Je sais où ils sont. Inaccessibles pour l'instant. J'aurais dû empêcher le retour de Voldemort. Si seulement j'étais arrivée à temps, soupira Aurore. Nous devons concentrer nos efforts... à limiter les dégâts. Les mangemorts toujours en liberté doivent être arrêtés et Azkaban ne doit pas vaciller. Je ne veux pas que votre fils se retrouve face à trop d'ennemis.
- Souhaites-tu rencontrer Harry ? sourit James.
- Je l'ai déjà rencontré, rit-elle. J'espère qu'il n'a pas oublié que son ange gardien veille sur lui. Même si j'ai dû beaucoup le décevoir.
oOo
Alastor vint chercher les Pettigrow quelques jours plus tard. Il descendit dans le hall en tenant fermement un rat dans sa main. Un rat à qui il manquait une patte. Derrière lui, le médicomage Pride aidait Eliane à descendre les marches. Elle était restée alitée ces derniers jours mais n'était pas complètement rétablie, contrairement à Aurore. Depuis qu'elle l'avait croisée chez les De Bouviera, Mrs Pettigrow semblait avoir pris 20 ans. Quand leurs regards se croisèrent, Aurore sut qu'Eliane l'avait reconnue. "C'est pas comme si j'avais un physique ordinaire..." pensa-t-elle en s'avançant vers la mère de Peter.
- Aurore Lupin, dit Eliane. On m'a dit ce que vous aviez fait pour mon fils et moi.
- Ce que j'ai fait pour votre fils ?
- Vous êtes intervenue pour qu'il n'aille pas à Azkaban.
- Ce n'était pas un acte de charité, la prévint Aurore. La prison risque de devenir instable, c'était seulement pour éviter qu'il s'en échappe. Votre fils est condamné à rester rat jusqu'à la fin de ses jours pour ses crimes.
- Mais s'il a fait tout ça...
- Je reconnais qu'il s'inquiète sincèrement pour vous. Mais au lieu de demander de l'aide... il a espionné, dénoncé, mis des gens en danger, il a fait renaître Voldemort. Et il a tué Cédric Diggory. Un jeune garçon innocent qui n'avait aucun intérêt pour Voldemort, précisa Aurore alors que son interlocutrice tremblait en entendant ce nom. Si Peter doit être pardonné, ce ne sera pas par moi.
- Je vois, dit froidement Eliane. Vous n'avez donc aucune pitié.
- J'ai eu pitié de lui une fois. Regardez où ça nous a menés.
- Alors souvenez-vous de cela, lui lança Mrs Pettigrow. Si vous n'étiez pas venue chez les De Bouviera, nous n'aurions jamais quitté la France. Nous vivions tranquilles et heureux là-bas. Si Peter est retombé entre les mains de Vous-Savez-Qui... c'est à cause de vous.
Regulus qui était le plus proche et qui avait tout entendu ouvrit la bouche pour défendre Aurore. Mais celle-ci parla avant lui :
- Au revoir Mrs Pettigrow. Prenez soin de votre fils.
Eliane poussa un soupir méprisant avant de tourner la tête pour lui signifier qu'elles n'avaient plus rien à se dire et qu'elle ne voulait même plus poser les yeux sur elle. Placé entre les deux femmes, le médicomage arborait un air gêné. Aurore lui sourit pour le rassurer.
- Merci Mr Pride pour vos bons soins. Véga et moi avons eu de la chance de tomber sur quelqu'un d'aussi compétent.
- Je ne pense pas avoir fait grand chose, dit-il afin de lui rappeler sa théorie sur les sabliers.
- Moi je crois que si, sourit-elle en lui serrant la main.
- Avant que je parte. Pourriez-vous m'éclairer sur ce que vous disiez ? Les sabliers n'auraient pas de bonnes intentions ?
- Ah... dit-elle gênée.
- Ce sont plus que de simples retourneurs de temps, n'est-ce pas ? Ne me dites pas qu'il se pourrait... que ceci soit notre dernière rencontre.
- Bien sûr que non, répondit Aurore. Vous savez à quel point je suis douée pour m'attirer des ennuis. Si un autre plafond me tombe sur la tête il faut absolument que vous veniez me soigner.
Léon Pride aurait éclaté de rire s'il n'avait pas eu l'impression qu'il ne la reverrait jamais. Une intuition... celle que développent tous les guérisseurs à force d'être en contact avec leurs patients. "J'ai un mauvais pressentiment... que va-t-il advenir d'elle ?"
- Il est temps d'y aller, grommela Alastor depuis la porte d'entrée.
- Oui, acquiesça-t-il en aidant Eliane à avancer.
- Au revoir Mr Pride, lui dit Aurore.
-... au revoir, répondit-il en laissant trainer son regard sur elle.
Sirius, James, Lily et Remus entouraient Maugrey, posant une dernière fois les yeux sur Peter. Le rat tremblait dans la main de l'auror. Ils avaient tous eu le temps de s'expliquer avec Peter avant qu'il ne soit transformé définitivement. Lorsqu'Alastor sortit de la maison, Peter n'eut pas le droit à un seul mot de leur part. Mais leurs regards lourds de reproches étaient écrasants.
- À nous d'y aller maintenant, dit Aurore à Regulus une fois que les trois autres eurent transplané.
- Comment ça ? demanda immédiatement Sirius en fronçant les sourcils. Tu t'en vas ? Pourtant tu m'as dit que...
- Si je veux m'installer ici, le coupa-t-elle en lui prenant la main pour le calmer. Il faut bien que j'aille chercher mes affaires.
Sirius lui reprocha du regard de s'être moquée de lui, mais il était soulagé, c'était certain. Aurore se mit sur la pointe des pieds pour l'embrasser légèrement sur les lèvres. Lui avait considérablement grandi. Pas elle. C'était le genre de détail qui rappelait au couple qu'ils risquaient d'être séparés à jamais. Remarquant la lueur de peine dans le regard de Sirius, Aurore s'empressa d'ajouter :
- Je ne te quitterai plus jamais. Je serai revenue avant que tu t'en rendes comptes. Demain matin, promis.
- Par contre, moi je reviendrai pas, précisa Regulus. Bonne nouvelle hein ?
- Ah si, tu reviendras ! s'exclama Aurore.
- En quel honneur ? demandèrent les deux frères.
- Regulus, mets-toi bien dans le crâne que tu fais partie de l'Ordre du Phénix maintenant. On a besoin de toi. Je ne te demande pas d'emménager ici mais le square Grimmaurd est notre nouveau quartier général, alors tu as intérêt de passer souvent. Quant à toi Sirius, je veux que tu te souviennes que Regulus est ton petit frère. Vous n'avez vraiment plus aucune raison de vous faire la guerre. Comportez-vous en adultes. Et de toute façon, que vous le vouliez ou non, je compte bien vous garder près de moi tous les deux.
Sirius et Regulus se renfrognèrent, sans piper mot. Mais il n'était pas exclu qu'ils envoient Aurore sur les roses. Pour l'instant, ils avaient l'air de réfléchir. Réussiraient-ils à se supporter pour lui faire plaisir ? "Impossible" pensa James.
- Le maître Regulus reviendra, n'est-ce pas ? s'enquit Kreattur qui s'était tenu tout ce temps près du tableau de Walburga.
L'elfe le suppliait du regard. Regulus se rendit compte qu'Aurore en faisait de même. Vous savez ? Les yeux de chat battu. "Vous ne m'aurez pas comme ça" les prévint-il du regard. Mais ses pensées furent détournées par une brusque brûlure qui lui traversa le bras gauche comme un coup de poignard. Le voyant se crisper, Aurore devina immédiatement ce qui se passait.
- Regulus, transforme-toi ! s'exclama-t-elle inquiète.
Cette fois il obéit, et Aurore tendit les mains en coupe pour que le merle vienne s'y nicher.
- Ça va ? demanda-t-elle en caressant son plumage noir.
Le merle hocha la tête. Aurore fut soulagée. Dumbledore avait vu juste. Elle plaça Regulus sur son épaule, puis remarqua que les autres les fixaient avec de grands yeux étonnés. Aurore leur expliqua quel était le problème de Regulus. Pour une fois, elle remarqua que Sirius se sentait concerné. Car il demanda :
- C'est une douleur permanente ?
- Oui... mais je connais Reg. Il ne restera pas merle constamment. Heureusement, Mr Pride lui a préparé une pommade spéciale avant de partir. Ça atténuera un peu la brûlure.
- Alors c'est pour ça que Dumbledore a bloqué Peter sous sa forme de rat, devina Remus. C'était autant une aide qu'une punition.
- Ça... ils n'ont pas besoin de le savoir, répondit Aurore avec un léger sourire.
Réponses aux reviews :
Tryphon21 : c'est vrai que ça va vite. en fait j'ai plus le temps de laisser trainer les choses, une faiblesse de la fic... Pour ta question sur Khronos je ne peux pas répondre ^^ mais c'est très pertinent. vous finirez par tout savoir de ses plans. à bientôt pour la suite ;)
melu49 : aurore l'avoue elle même. Elle a été stupide et lâche. Quant aux Pettigrow ils ont l'air d'être aimantés à Voldy xD
glagla60800 : il faut bien que ça gueule un peu lol. mais tout fini bien. tu me menaces ? xD attention ! je vais m'énerver :p allez, on se calme, la suite arrive bientôt ^^ bisous !
LauraNyra : non... vous attendiez leurs retrouvailles ? mdr. aurore essaye d'être forte mais... non, elle craque ^^. Biz !
kyra mc : merci ^^ oui, j'ai d'autres projets de fics. Pleins ;) j'ai pas fini d'écrire sur ce site. mais ce sera pas forcément des Sirius/OC. même si j'en referai sûrement. j'aime bien écrire sur plusieurs couples, plusieurs thèmes. mais après l'histoire d'Aurore, je devrai finir celle que j'ai commencé sur Regulus et barty croupton junior en priorité. voilà, bisous ^^
LilouEvans : tu aurais pu gagner une place lol. ben tout le monde était déjà au courant de la tête qu'avait le chat de Van (à peu près, Benjy l'avait aperçue) alors quand Hagird a sorti aurore des décombre, il a comprit qui s'était pris le plafond sur la tête lol. Du coup, tout le monde savait qu'elle était là. ouais, ils vont s'habituer à sa vraie tête ^^. tu n'as pas tort pour les 18 ans. C'est la faiblesse de ma fic. aucun homme normal aurait attendu tout ce temps. (mais Sirius est extraordinaire mdr) à bientôt ;)
azilea : les enfants t'ont manqué ? Ils reviendront au prochain chapitre ^^
Yaga-Poplar : les Pettigrow sont condamnés. Fini pour eux. on les reverra plus (je crois... xD)
Nala : aurore n'a pas demandé à Reg de s'installer au square Grimmaurd. Seulement d'y passer en tant que membre de l'ordre. Il va rester vivre à l'appart de Marlene. (genre reg va accepter de vivre sous le même toit que son frère parce qu'aurore le lui a demandé xD) J'aimerais bien faire une fic avec une romance avec Regulus. mais il faut que je trouve la bonne idée ^^ biz !
Lilyyy07 : je sais que vous avez tous envie d'un happy end. ha... je suis en train d'étoffer l'histoire de Khronos. ses motivations à faire tout ça et la façon dont il doit mener à bien ses plans. comme tu le dis ce serait vraiment très difficile, et je n'aime pas les fins de fic trop bisounours mdr. déjà, ma fin actuelle est mon triste que celle que j'avais imaginé au tout début de l'élaboration de ma fic. Mais comme j'arrête pas de réfléchir sur cette fic... ça peut encore évoluer dans ma tête (c'est l'avantage d'écrire au fur et à mesure, mais faut adapter si on veut faire un changement par rapport à la trame de départ). Je promets rien. en tout cas, merci d'être là ^^ gros bisous !
Git : je voulais vous embrouiller au début lol. Pour Severus, ce qui est sûr c'est que Nagini ne peut plus le tuer. j'ai aussi bien aimé écrire la scène dans le hall du square Grimmaurd. Quand les deux frères se mettent en pétard contre le portrait de leur mère xD Oui, c'est dur pour Sirius. mon pauvre patmol d'amour, je le tourmente. les plans de Khronos restent encore mystérieux pour une bonne raison. Peut-être qu'un jour je me déciderai à tout vous expliquer mdr. bisous ! ;)
Plumette06 : ah non, je ne pouvais pas laisser Peter s'en sortir indemne. je ne le tue pas mais il est puni, rat toute sa vie. D'un autre côté, Eliane n'a pas tort. C'est la présence d'Aurore en France qui a de nouveau poussé Peter dans les bras de Voldemort. Mais il aurait pu demander de l'aide à Dumbledore. Pour Sirius et Regulus, tout ne peut pas se résoudre entre eux comme ça. Sirius a déjà accepté de pardonner Aurore, il ne va pas faire un encore plus gros effort pour son frère. Et Regulus n'y met pas non plus de la bonne volonté. Mais ils se reverront souvent ^^ à bientôt !
mon-n-key : eh oui, on ne dirait pas comme ça mais ils sont restés très longtemps loin l'un de l'autre. ces retrouvailles vont leur faire du bien, à tous les deux. Reg, je l'adorerai toujours ;)
