Elle le prit par le bras, lui fit suivre un dédale de couloirs, descendre quelques marches, le fit passer devant différentes salles et lui indiqua une chaise
- - Une collègue va venir vous chercher
Il ne comprenait pas ce qu'elle disait, mais il opina de la tête, tout en lui adressant un léger sourire
Quelques minutes s'égrenèrent, durant lesquelles il vit des hommes et des femmes passer devant lui sans lui prêter la moindre attention.
Puis il sentit une main sur son épaule. Il releva la tête et découvrit une belle jeune femme qui lui souriait
- - Vous me suivez ? demanda-t-elle en lui indiquant la direction
Il se leva, et se dirigea jusque dans la pièce qu'elle lui avait indiquée
- - Vous ne parlez pas français ?
- - Non
- - Et moi, je ne parle pas anglais. Mais, on va bien réussir à se comprendre, hein ?
Il la regarda. Elle lui sourit
Elle passa derrière lui et lui retira sa veste
Restaurant français
Diner romantique
Après que Marc les ait déposés devant chez eux, elle avait fait prendre son bain à Milosz. Puis, ensemble, ils avaient préparés le diner.
Après avoir mangé, ils étaient sortis sur la plage avec les chiens. Il était content de les retrouver. Elle l'avait laissé s'amuser avec eux…
Puis ils étaient rentrés.
Elle avait verrouillé les portes, enclenché son système d'alarme et elle l'avait accompagné dans sa chambre. Elle lui avait lu une histoire jusqu'à ce qu'il s'endorme.
Elle avait récupéré son portable et était redescendue dans le salon
Une fois installée sur son canapé, une poche de glace sur sa joue, elle avait lancé les recherches…
Restaurant français
Diner romantique
Baiser torride
Elle n'avait pas réussi à s'endormir, faisant défiler en boucle les photos qu'elle trouvait.
Milosz avait hurlé. Elle l'avait aussitôt rejoint, l'avait rassuré jusqu'à ce qu'il se rendorme, puis elle était redescendue et avait continué ses lectures
Comme vous le montrent ces photos piquées sur le vif, la rupture entre le célèbre écrivain Richard Castle et le mannequin Mélinda Cartwright semble n'être plus qu'un mauvais souvenir. Nous avons eu la chance d'assister à leur réconciliation…
- - Jim ? Mais…
- - Je suis désolé. Je sais qu'il est tard…
- - Ne restez pas sur le pas de la porte. Entrez, dit-elle en lui indiquant le salon. Je vous prépare un café ?
- - Richard est là ?
- - Non. Il est reparti en France… Vous avez vu…
- - Je n'étais pas en ville. Mais en arrivant… Martha… Ce n'est pas vrai… Il n'a pas…
- - C'était un coup monté, Jim. Il n'y est pour rien
Martha lui raconta ce qu'il s'était passé
- - Excusez-moi de vous le dire comme ça, mais il est complètement idiot ou quoi ? Il ne les connait pas encore ? Après tous les articles parus sur lui…
- - Je sais. Et je lui ai dit. Même Alexis… Mais après l'incident avec Kristina… C'était sa dernière semaine avec nous. Il a voulu nous inviter au restaurant, profiter de ses derniers jours…
- - Je comprends… Comment a réagi Kathie ?
- - Il ne lui a rien dit
- - Quoi ? Mais vous vous rendez compte ? Si elle le découvre…
- - Calmez-vous. Il est parti depuis mercredi. Et il n'est pas revenu. Donc il a dû lui expliquer ce qu'il s'était passé
- - Vous n'avez pas de nouvelles ?
- - Aucune. Ecoutez, elle le connait. Elle sait qu'il n'est plus ce genre d'homme. Du jour où il la suivit, il a tout fait pour changer. Pour elle. Pour qu'elle le voit sous son vrai visage. Il ne va pas tout gâcher maintenant qu'ils sont ensemble.
- - Ma question va vous paraître bête, mais dites-moi : ils avaient bien rompu ? Ce n'était pas juste… Enfin vous voyez ? Ce n'était pas pour piéger Kathie ? Pour pouvoir…
- - Quoi ?... Non !... Mon fils a beaucoup de défaut, mais pas celui-là ! Il ne lui aurait jamais fait ça. Je vous le promets
- - Désolé… Je ne voulais pas… Mais vous comprenez… Elle a tellement lutté contre elle-même et ses sentiments… Elle ne s'en remettrait pas
- - Je sais… Mais je suis sûre que ça s'est bien passé. Sinon, il serait rentré
- - Vous avez sûrement raison… Finalement, je veux bien un café !
Debout devant le comptoir, il attendait
Il n'avait pas dormi de la nuit.
En y repesant, il se dit qu'en France ce n'était pas mieux qu'à New-York. Mais au moins, chez lui, les gens passaient dans l'ordre d'arrivée. Ici, non. Il avait vu des gens arriver après lui, et passer avant lui.
Puis on l'avait appelé. Un homme en blouse blanche l'avait examiné. Il lui avait parlé tout en l'examinant, mais il n'avait rien compris. Alors il s'était laissé faire, sans dire un mot. On l'avait emmené en salle de radio, il avait encore attendu, et une jeune femme était venue lui faire un bandage. Tant bien que mal, elle lui avait expliqué que rien n'était cassé mais qu'il s'en était fallu de peu. Elle lui avait remis ses radios, une enveloppe et lui avait noté sur un morceau de papier une adresse. Après avoir réglé sa note, il s'y était rendu
- - Vous parlez français ?
- - Un… peu
- - Matin, midi, soir… C'est bon ?
- - Oui
Elle lui montra les boites de médicaments et lui expliqua quand les prendre. Puis elle lui attrapa la main bandée et lui expliqua qu'il devait refaire son bandage chaque jour, en prenant soin de bien le serrer. Il devait éviter de bouger les doigts. Mais ça, elle n'avait pas besoin de lui dire. Il s'en était rendu compte
- - Je vais vous laisser. Il est vraiment tard
- - Vous ne me dérangez pas
- - Vous croyez vraiment que cette plainte va aboutir ?
- - Vous ne connaissez pas Paula.
- - Mais les journalistes…
- - Richard se moque de ce qu'ils peuvent bien écrire sur lui. Et Dieu sait qu'ils en ont écrit des articles sur lui, sur ses frasques… Souvenez-vous… Il y a eu sa dispute avec Gina… Puis les articles quand il était fiancé…
- - Justement. Comment il peut…
- - C'était un coup monté, Jim. Vous croyez vraiment qu'il aurait fait ça devant sa fille ?
- - Non. Je me doute que non… Mais jusqu'à présent, il n'a jamais…
- - Parce que ce qu'il publiait était vrai… Même si, parfois, il aurait préféré éviter faire la une… Mais du jour où il a rencontré Katherine, il n'y a quasiment pas eu d'articles sur lui et encore moins une fois qu'il a quitté le commissariat… Le dernier, c'était pour ses ruptures et il en a été malade parce qu'ils accusaient votre fille d'en être responsable
- - Je sais
- - Il ne pouvait même pas démentir… Mais là, c'est différent. Il a des preuves. Il a retrouvé les photographes. Alexis et moi étions là
- - Je ne le savais pas aussi…
- - Oh, il se serait contenté d'un démenti. Mais quand il a vu qu'elle ne l'avait pas fait, il a appelé Paula. Et c'est là qu'il a décidé de retourner près de Katherine. Pour lui expliquer
- - C'est bien. Il a bien fait… J'espère que j'aurai des nouvelles avant qu'elle parte
- - Qu'elle parte ? Comment ça qu'elle parte ?
- - Oui, c'est la période à laquelle elle retourne dans le camp où elle a rencontré le petit
- - Elle y retourne ?
- - Oui. Elle y va deux fois par an. Pour les aider
Il avança vers le canapé
Elle s'était endormie
Il s'assit doucement près d'elle pour ne pas la réveiller, mais elle le sentit
- - Hey ! Déjà levé ? demanda-t-elle en murmurant
- - C'est Rick !
- - Hein ?... Où ? demanda-t-elle en se redressant
- - Et la dame ? C'est qui ?
- - Oh, non ! dit-elle en rabattant l'écran de son portable
- - C'est qui la dame ?
- - Personne !
- - Ils font un bisou !
- - Milosz… S'il te plait… Tu vas prendre ton petit-déjeuner
- - Pourquoi il fait un bisou à la dame ? C'est toi son amoureuse !
- - Milosz… S'il te plait…
Il était entré dans l'hôtel où le chauffeur de taxi l'avait déposé
Il avait pris une douche, tout en protégeant son bandage. Puis, il s'était écroulé sur le lit
- - Castle… S'il te plait… Répond-moi
Elle ne comptait plus le nombre d'appels qu'elle lui avait passé. Mais pas une seule réponse, et toujours pas de messagerie
Ils étaient sortis. Elle en avait assez de tourner en rond dans la maison, de penser à ce qu'il s'était passé ou pas, d'imaginer ce qu'il avait pu en conclure, de composer ce fichu numéro…
Assise sur un rocher, elle regardait Milosz s'amuser avec les chiens. Il courait, riait… Il ne semblait plus penser à ce qu'il avait vu le matin en se levant
Elle regarda l'écran de son portable, comme si le simple fait de le fixer allait le faire sonner. Mais il restait muet. Pas de sonnerie, pas d'avertissement de réception d'un message. Un simple message. Elle s'en serait contentée. Qu'il lui demande un peu de temps ou n'importe quoi d'autre. Mais pas ce silence…
- - Tu vas me répondre, oui ! hurla-t-elle en envoyant valser l'appareil qui explosa sur les rochers
- - Kate !
- - C'est rien
- - Il est cassé
Elle se baissa et ramassa les morceaux. Parmi les débris, elle récupéra sa carte sim
- - Je n'ai plus qu'à en acheter un autre
- - Et Rick ?
- - S'il appelle, je recevrai le message sur l'ordinateur, répondit-elle sans conviction
- - D'après moi, elle aurait dû écouter son cœur. Quitter David pour Wolf
- - Je comprends pourquoi elle a décidé de rester. C'est vrai les gars comme Wolf, ils débarquent et chamboulent tout sur leur passage. Avec eux, vous vous sentez à nouveau en vie, mais en fin de compte, vous savez qu'ils vous quitteront. Pourquoi prendre le risque ?
- - Parce qu'on ne commande pas ses sentiments !
Il se réveilla en sursaut.
Il regarda sa montre et s'aperçut que la journée était passée
Il prit une douche rapide
Après s'être séché, il défit son bandage. Sa main le faisait souffrir. Ses jointures étaient noires et enflées
- - Alors Chuck Norris ?
Il sourit
Il déposa une couche de crème, puis remit une bande. Il aurait bien eu besoin d'elle pour l'aider… Il se rappela la première fois qu'elle l'avait fait. Elle avait été douce, délicate.
Il s'habilla, attrapa son sac et quitta sa chambre
Il ne la perdrait pas !
- - Bonsoir
- - Vous désirez ?
- - Mademoiselle Beckett. Elle est dans la chambre…
- - Elle n'est plus chez nous
- - Quoi ? Comment ça ? Depuis Quand ?
- - Elle a réglé sa note hier
- - Vous êtes sûr ?
- - Certain
- - Mais j'avais laissé mes coordonnées pour…
- - Oh, vous êtes monsieur Castle !
- - En effet
- - Nous n'avons pas débité votre carte. Mais bien celle de mademoiselle Beckett. Vous désirez une chambre ?
- - Euh… Non… Je vais… Merci
- - D'après moi, elle aurait dû écouter son cœur. Quitter David pour Wolf
- - Je comprends pourquoi elle a décidé de rester. C'est vrai les gars comme Wolf, ils débarquent et chamboulent tout sur leur passage. Avec eux, vous vous sentez à nouveau en vie, mais en fin de compte, vous savez qu'ils vous quitteront. Pourquoi prendre le risque ?
- - Parce qu'on ne commande pas ses sentiments
Elle était dans sa pièce, leur pièce. Elle aurait dû le devenir…
Elle avait tout déplacé de l'étage aux combles. Tout cet espace allait devenir le leur. Il aurait dû…
Il restait encore quelques petites choses à améliorer, ou à disposer, mais le principal était fait. Et puis, elle s'était dit qu'ils pourraient y mettre leurs souvenirs, leurs propres souvenirs… Comme… Elle regardait les dessins que Milosz avait faits et qu'elle avait accrochés sur un tableau en liège… Et les photos… Eux deux, eux trois, avec leurs parents… Elle les décrocha.
Puis elle entra dans ce qui aurait dû devenir leur chambre et retira des cadres les deux ou trois photos qui s'y trouvaient. Elle fit de même sur l'étagère
En revenant dans le salon, elle s'arrêta devant la cheminée. Elle regarda les clichés.
Elle se rappela la chaleur de ses bras, le souffle de ses mots contre son visage, la douceur de ses mains sur sa peau… Elle les regarda une dernière fois et les jeta dans les flammes
On ne commande pas ses sentiments… Oh, si, on peut les commander. Elle l'avait fait une fois. Elle y arriverait une deuxième fois. Elle y mettrait le temps qu'il faudrait, mais elle ne se ferait plus avoir
Il tournait comme un lion en cage dans sa chambre.
Sa main lui faisait un mal de chien. Ses pensées se bousculaient dans sa tête…
Après s'être rendu à l'hôtel, il était allé à son immeuble. Mais il n'y avait plus personne. L'agent de sécurité lui avait appris que la société était rarement ouverte le vendredi après-midi
Ensuite, il s'était fait conduire à l'aéroport. Le dernier vol pour Cherbourg venait de décoller. Il ne pourrait prendre l'avion qu'en début d'après-midi le lendemain.
- - Tu as pris tout ce dont tu auras besoin ?
- - Oui.
- - Parfait. Monte dans la voiture que je t'attache
Il s'installa sans dire un mot.
Elle n'était pas comme les autres jours. Elle n'avait pas beaucoup souri. Ses yeux étaient tristes. Pendant le déjeuner, elle avait à peine touché à son assiette.
Elle avait passé une partie de la matinée à bricoler sur le portail et sur la porte d'entrée
Il la regarda faire monter un des chiens à l'arrière, et l'autre à l'avant.
Le coffre était rempli des cartons qu'elle avait entassés et des sacs qu'elle avait rempli avec leurs affaires
Elle verrouilla la porte d'entrée.
Après avoir sorti le 4x4, elle verrouilla aussi le portail. Elle mit un petit trousseau dans sa poche et en jeta un autre dans sa boite à gants.
En remontant, elle vérifia qu'il était bien attaché, et roula jusqu'au bar
- - Hey, Kate ! fit Marc en s'approchant
- - Salut.
- - Un problème ?
- - Aucun. Voici mes clés
- - Tu t'en vas ? Mais Rick ne devait pas…
- - Changement de programme
- - Ok. Et tu vas où ?
- - Besoin de changer d'air
- - Je vois… Mais tu sais, tes clés je les ai !
- - Tu peux les jeter. Ce sont les nouvelles
- - Ah !... Tu reviens quand ?
- - Je devrai être là pour la rentrée. Si tout se passe bien… Et comme d'habitude, à part toi, ou Lina, personne n'entre chez moi
- - Et si Rick…
- - Marc… S'il te plait…
- - Entendu… Personne n'entrera chez toi
- - Merci
- - Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda un des vieux
- - Je n'en sais rien. C'est la première fois que je la revois depuis que je suis allé la chercher à l'aéroport
- - Marc, c'est Kate que je viens de voir partir ?
- - Oui, chérie
- - Où elle va ? Je croyais que Rick devait…
- - Apparemment… Je ne sais pas s'il va revenir
- - Quoi ? Tu plaisantes ? Je ne l'ai jamais vu aussi heureuse que depuis qu'ils sont ensemble. Tu crois qu'ils se sont…
- - Je ne sais pas Lina
- - Elle ne t'a rien dit ?
- - Kate ? Parler de sa vie privée ?
- - Oui, tu as raison. C'est pas son genre
- - Vu ce qu'elle avait dans le coffre, je pense qu'elle repart dans le camp du petit
