Disclaimer : Les personnages de White Collar ne sont pas à moi.
Un texte qui pourrait se situer vers le début de la série, avant la saison trois.
Les vacances idéales de Peter Burke
Chapitre 54)Les vacances sont finies
Lorsque Reese Hughes fut enfin en communication avec lui Peter commença par lui faire un topo rapide de la situation telle qu'il la percevait puis attendit les instructions.
Comme le redoutait Peter son supérieur ne lui dit pas qu'ils pouvaient rentrer et que le procès se ferait sans eux.
Cela aurait été trop beau, recevoir l'ordre de rentrer, pouvoir faire grimper son épouse, son consultant et son chien dans la voiture et prendre la route du retour l'esprit tranquille.
Retrouver New York et la « routine » du travail.
Peter qui avait tant rêvé de ces vacances au lac Champlain se prenait à rêver d'un retour rapide à la maison.
Mais Reese Hughes brisa très vite ces rêves.
Bien au contraire, pour une raison inconnue Hughes semblait persuadé que ces jours supplémentaires qu'ils allaient passer dans le Vermont était une bonne chose.
L'espace d'un instant Peter fut tenté de le questionner mais son éducation et la prudence le retinrent de le faire.
Parfois ne pas savoir était mieux.
Il écouta donc sans protester la voix de son supérieur lui exposant les attentes du bureau concernant l'affaire en cours.
Lorsque Hughes cessa de parler il était clair dans l'esprit de Peter que les choses étaient entendues et définitives, pas de retour à New York avant un moment.
Il prit congé, raccrocha posément et se mit à réfléchir à la suite. Très vite une évidence se fit dans son esprit.
Ils allaient devoir faire route vers Montpelier, le plus discrètement possible, le futur procès attisait sans doute déjà bien assez les passions dans la région et les autorités locales ne tenaient probablement pas à ce que les esprits s'échauffent par trop.
Non qu'il y ait des risques que quelques allumés ne décident de faire justice eux même, les gens du Vermont étaient suffisamment civilisés pour que cela ne soit pas une option à redouter. Du moins en principe.
Parce qu'en réalité il y avait toujours le risque que quelques allumés ne soient pris d'une soudaine envie de rendre la justice eux même. Au terme d'une soirée un peu trop arrosée par exemple.
Les statistiques du Vermont disaient le contraire, ce qui ne voulait en réalité pas dire grand chose.
Peter se méfiait instinctivement des statistiques, il savait fort bien qu'on pouvait leur faire dire ce que l'on voulait et préférait rester prudent, ils feraient donc la route sans escorte policière Elizabeth, Neal et lui.
Il se doutait que le shérif et ses hommes ne seraient pas très heureux de sa demande, mais il pensait que les arguments qu'il allait donner pour justifier sa décision seraient suffisants pour les convaincre.
Il commença par en discuter avec le shérif, loin des oreilles indiscrètes.
Comme cela était prévisible l'homme commença par réfuter un plan de ce genre, faisant valoir les risques qu'il entraînait pour eux.
- Il y aurait bien plus de risques à attirer l'attention sur nous en nous faisant arriver escortés par vos hommes toutes sirènes hurlantes ou même par des véhicules silencieux, je suis certain que tous vous connaissent et que les informations circulent très vite. Si nous arrivons tels de simples touristes nous pourrons séjourner paisiblement dans la ville jusqu'au procès.
Peter vit le shérif peser longuement le pour et le contre.
Ils n'étaient dupes ni l'un ni l'autre, même s'ils arrivaient tels des touristes ils attireraient tout de même l'attention, mais il était toutefois indéniable qu'ils seraient moins repérables que s'ils arrivaient escortés.
- Et vous prenez sur vous la responsabilité de la chose ? Questionna finalement le shérif.
Peter opina en silence, conscient que la partie était gagnée et qu'ils pourraient faire la route en paix.
Le shérif resta un long moment sans parler.
Son visage indiquait clairement que s'il se rendait à l'avis de Peter il n'appréciait pas pour autant la chose et qu'il ne voulait pas avoir le moindre soucis à l'avenir.
- Je vais être dans l'obligation de vous demander de bien vouloir me signer une décharge. La procédure, vous savez ce que c'est. Dit il finalement.
Peter ne fit pas de difficultés, il savait en effet. Il patienta le temps nécessaire à la rédaction puis signa le document que lui présentait le shérif quelques minutes après en avoir soigneusement pris connaissance et en avoir analysé le contenu.
Se passer d'escorte d'accord, mais rien de plus.
Une fois le document signé le shérif le rangea avec soin et fit face à Peter avec le regard de quelqu'un qui n'en avait pas terminé, ainsi que le confirmèrent ses propos suivants.
- Je vous laisse faire la route seuls, mais mes hommes passeront régulièrement au High Hill Inn afin de s'assurer que tout est en ordre.
- Je vous en serai gré. Assura Peter.
Il était on ne peut plus sincère, il appréciait la prudence et le dévouement du shérif et de ses hommes. Il était aussi rassuré d'entendre qu'ils ne seraient pas livrés à eux même après sa demande.
Même s'ils n'étaient pas des témoins capitaux, n'ayant pas assisté à l'attaque qui motivait le procès en lui même, ils restaient des personnes dont le témoignage pouvait peser dans la balance et si la bande avait des sympathisants ces derniers pouvaient être tentés de les faire taire.
L'espace d'un instant il regretta qu'Elizabeth ne puisse pas regagner la sécurité de leur domicile à New York et la routine de son travail.
Il aurait été plus tranquille de la savoir loin de tout le cirque qui ne tarderait pas à se mettre en place, mais il savait fort bien qu'elle ne voudrait pas partir et que de toute manière sa présence était déjà prévue au cours du procès.
Ce fut en réprimant un soupir qu'il gagna la pièce où attendaient son épouse et son consultant.
La première chose qu'il remarqua en entrant ce fut le regard de Neal.
Un regard où pour une fois il pouvait lire toute l'étendue de la tension du jeune homme.
Il ne posa pas de questions, il savait déjà ce que Neal avait en tête.
Son consultant voulait retourner à New York et ne pas, surtout pas, témoigner au procès de la bande
Ce qui n'était en rien un signe de lâcheté de la part du jeune homme mais bien tout autre chose. Peter se reprocha mentalement de ne pas avoir prévu cette réaction de la part de son consultant.
Neal n'avait jamais rechigné à témoigner, mais toujours dans leurs bureaux, jamais au cours d'un procès.
Pour sa sécurité autant que pour le bien de leurs futures enquêtes le FBI s'était toujours ingénié à le garder dans l'ombre.
Peter approuvait ce choix et il aurait aimé pouvoir ne pas en dévier, il était clair que Neal l'aurait souhaité lui aussi, hélas nul ne leur demandait leur avis.
Ils allaient devoir témoigner, point barre.
Il était trop tard pour éviter la confrontation, il se devait donc de prendre les devants et de gérer la crise qui s'annonçait.
Avec un peu de chance elle serait moins grave qu'il ne le redoutait.
Il fit donc face au jeune homme et affronta son regard, il savait par expérience qu'il valait mieux crever l'abcès directement.
Avec Neal Caffrey attendre revenait à s'exposer à plus de problèmes encore que si on le recadrait directement, peu importait la manière du moment qu'il devenait clair dans l'esprit du jeune homme qu'il n'avait pas le choix.
Peter n'était pas sans savoir que parfois, lorsque la situation était trop pénible ou trop compliquée ou trop autre chose aux yeux de Neal, ce recadrage ne suffisait pas, mais il se devait tout de même de le faire.
- Pas de discussion Neal. Nous allons faire ce qu'on attend de nous. Ce qui veut dire, toi, moi, Elizabeth et sans faire de vagues. J'espère que c'est bien clair.
Face à lui il vit le regard de Neal s'assombrir, son visage se fermer et sa mâchoire se crisper, ce qui était sans nul doute assez mauvais signe.
Neal ne dirait rien, il était trop futé pour protester après l'avoir entendu parler ainsi, sans compter le ton qu'il venait d'employer instinctivement, ce ton qu'il n'employait que face à Neal et à Neal sur le point de faire une sottise ou un caprice.
Un ton qu'il regrettait déjà d'avoir employé mais qui lui était venu naturellement, sans qu'il en ait vraiment conscience.
La force de l'habitude...
Il se maudissait presque de devoir le faire, surtout de devoir le faire maintenant, mais il n'avait pas d'autre choix, il se devait d'enfoncer le clou et de bien faire entrer dans la tête de Neal que c'était ainsi et pas autrement.
Les vacances étaient finies. L'agent du FBI en lui avait pris le pas sur l'ami et le regard de Neal indiquait qu'il en avait parfaitement conscience.
Son maintien déjà tendu se modifia et se fit plus raide. Son visage se ferma, se vidant de tout sentiment visible.
Peter eut en face de lui un jeune homme très différent de celui qu'il côtoyait depuis plusieurs jours en moins d'une minute.
Ils ne rentraient pas encore sur New York, et le reste de leur séjour s'annonçait sous de pénibles augures pour tous les trois.
Peter ne se faisait aucune illusion.
Neal s'était montré relativement raisonnable jusqu'à présent, mais il pouvait devenir intenable si la situation lui en fournissait l'occasion.
Peter espérait donc que rien au cours de la semaine pendant laquelle ils allaient devoir patienter avant que le procès n'ait lieu, n'allait pousser son consultant à faire quelque chose qu'ils regretteraient tous.
S'ils avaient été seuls, sans témoins et surtout sans Elizabeth dont il sentait le regard pour le moins désapprobateur rivé sur lui, il aurait continué afin d'ôter à Neal toute envie de le faire tourner en bourrique dans les prochains jours. Mais hélas, ils avaient des témoins et il ne voulait pas donner de lui pareille image.
Neal restant silencieux face à lui Peter se décida pourtant à insister.
Il voulait s'assurer que tout était bien clair dans l'esprit de son consultant.
Il savait qu'il venait de heurter le jeune homme et qu'il n'allait pas arranger les choses en insistant de la sorte, mais il n'avait pas vraiment d'autre choix.
- Neal, tu n'as rien à dire ? Questionna t'il en essayant de prendre un ton plus doux qui ne dérida pas le jeune homme à qui il s'adressait.
Ce dernier avait été blessé par la phrase et le ton, même s'il s'efforçait de ne rien laisser paraître ils le savaient tous très bien, trop bien.
Neal le regarda encore quelques instants sans rien dire, entrouvrit la bouche comme s'il s'apprêtait à répondre et Peter se prépara à entendre un discours comme seul Neal Caffrey savait lui en sortir.
Il fut surpris de la suite, Neal referma la bouche sans avoir dit un seul mot, haussa les épaules avec une moue brève qui trahissait pas mal d'amertume et se détourna.
Le mouvement des épaules de Neal en disait plus long que des mots cependant, il indiquait clairement qu'il avait parfaitement compris le message, et qu'il en tiendrait compte, dans la mesure du possible.
Ce qui signifiait à Peter que tout restait à craindre.
Si Neal estimait dans les prochains jours que la situation lui pesait trop il pouvait décider de leur rendre la vie impossible.
Enfin, surtout à lui, Neal ne s'en prendrait pas à Elizabeth, de cela Peter était intimement convaincu.
Neal respectait Elizabeth, il respectait les femmes en général, mais il avait avec Elizabeth une relation particulière, qui était loin de celle nouée avec June ou d'autres femmes de son entourage.
Une relation que Peter avait toujours évité d'étudier trop profondément.
Parfois il valait mieux accepter les choses telles qu'elles étaient et éviter de creuser la question.
Surtout qu'il était certain d'une chose, il n'avait rien à craindre de Neal concernant Elizabeth.
La relation entre son consultant et son épouse n'était pas de celles qui pouvait mettre sa propre relation avec eux en péril.
Vraiment pas.
A suivre
