Coucou ! Me revoilou !

Eh oui ! Je suis de nouveau là après seulement un mois d'attente ! Bon je suis encore loin de ma production du début où je faisais un chapitre toutes les semaines ou deux semaines max... (comment je faisais ça moi ? oO) Mais avouez qu'il y a quand même de l'amélioration, non ?

Originellement, le chapitre aurait dû être plus long... Pas de beaucoup, mais bon. On verra bien ce que ça donnera. Comme d'habitude des passages que je voyais juste défiler dans ma tête ont pris un peu plus de temps pour sortir et sont devenus plus longs que je ne l'aurais pensé et ajoutez à cela que j'ai traversé une grosse période d'incertitude sur comment les choses allaient se dérouler. J'hésite encore pour le prochain chapitre mais bon je me suis plus ou moins décidée ^^ Je remercie beaucoup Samy (une de mes meilleures amies dans l'IRL) ainsi que yoh-nee qui m'ont toutes les deux aidée à faire le tri dans ma tête ^^ Et croyez-moi il y a du boulot !

Je ne possède aucun droit sur Katekyo Hitman Reborn ni sur ses personnages, ils ont été créés par Akira Amano, que je remercie avec toutes les louanges qu'elle mérite pour ce bijou !

Je remercie ceux qui posté une review lors de la dernière publication : Hebihime, Heyli13, Guest, Alycia Panther, Yuukitsune, Tsuki Banritt, yoh-nee, tahury, Chochocolat, Asuna-Imagine et Idoray

Merci également à fanais, aranley, addaline, Reima-chan, Minimiste, Fiane-Fiamma, Dixia, Himutsu-chan, Hebihime, Zeyra K, Tomokachan76, anastasia172, Lecfan, Izanami97, Alycia Panther, Yuki-Jiji, fuonhicali, Anonimo XD, mary6987, lupine13, manga-fic-love-sissi, amelieprosper, Akayui, lulue79, Tiffou, amiedu13, , Luce Li, Walarisse, Kyara17, Ekana, neko-chan L, neko-chan200, sacheliane, Caliste, yukixvongola, charlesdoudou, Riddikuluss, Mia Ako-nee, Elrika, Loucat, Sacha Tsukiya, PetitCrapaudBaveux, Minami12, inukag9, Audragon, ao no oni, Blihioma, tahury, Hikari0005, , ninolola, , Naidja, Llamas del Cielo, Ms Akabane, Noxerea, Marou83, Akuma-no-Kitsune, SinaKalissa, Nahel, tisha2803, jilie084, jevierita, Kyona-sama, Rebornx3, TheLadySoul, hiey, HarukaN, misa2, belkeirmed, Naelye, MissSexyBaby, Nama2902, Bottled Memories, history, Akuuma Tsukeshine, JuriiGothic, melamariannie, Darkounette, Cristalya, Dollwing, tsuukuun, Mimi et Neko, 444dodo444, Anlovi, Tsubaki-chan99, Sharo-chan, Natsume1111, Yaml, Sylcian Sph Legacy, yukiko-yu, Reizen. , Nunu c moi, erikadu19, Miss Green Rabbit, Ellewyl, meads, giannesky2305, freddyman, shinomena, Alexandra919, Parax et Gwenaelle7, tamarahc, tenshihouou, ShawolY, La Banshee Blihioma, Akashi-chan, Sealunis, Dayvis D. Pumpkin's Luys, manon.a.6, YamInari, Ondie-Yoko, kuroyukihime28, manga-fic-love-sissi, Denshitoakuma, yaoi-chan-poowa, missymanga, Complicate, Kikuue, avion en papier, maiko59, Aube Crepusculaire, Rikka Yomi, TheDevilOn, Kuroko23, alyss au pays de l'abyss, Psycho67, 3004, Wispers-Write, Olympe2, LOORELAI3, Balzud Anna-chan17, nekoko50, Guargante, Syt the Evil Angel, tsuni182718, Abana Shale, roxiyaoi, soratomoyo-chan, Heyli13, wellona, Mihide, .n, Lady Ree, Whintney, Yuuri81, Astropia, BloupBloup, misakiayumu, Akira Makkuro, wellona, valentin01988, Yumebaka, Lehna Black Amber, Sephra, Mangetsuko, Aliana lougia, Tsuki Sawada Hibari, 24Irinia, Elwenfeyn, Daidaiiro30, Chimamire no hebi, Lynnah O'Crazy, Anna27tsu, Zeneida262, chloedangelo84, Cassandre Potter, Princessefic, Kuromy RokuIchiku, Kinimitsu Kyoko, AdictaMoon, ryoma0310yugi, ellenvanlilie, testarossalea, NaomiDiPiuma, Alfader, Unknown by everyone, emimiecrazy, Revaan, megumi59, carolima777, Bachii, Byakan, kuro sora wa, himechu95670, Who known me, onedream54, Lei-An Natsume honeywitch, Nom-Provisoir, Naxxya, Kuro. , Deldom, Barukku-sama, Ombre-sama, Martinie Simon, ealine, mangas281, Yushiroko, Kuroko-SenPaille, Deponia, La mangeuse de livre, yoh-nee, vgfgf, Fricat P, larounette, clopidu49, la folie et je vais t'attraper, Kuurogi, himehimi, XIII-Van, Yuki manga, Seiya288, arala87, azerty73, Yanncat9853, Mizu Fullbuster, Amnesia Riku, IceMagnolia, Bokasuka, MikoSei'-San, angicat, Megdelfia, Shoto31, , EternityDream, Kyouya-Gaobu, LOVEMANGAANDDRARRY, katakumine, griffontard, Shin no panda, AkiHime20, Luciane Fernandes, Haku132, Kurikaa, Yuukitsune, raysuka, , marjo1607, Just-Sky, Amber Woods, SenseiFujuki, Coton-de-Loup, kyona-saye, Linola, Kiriho, keina1808, Koyukii-chan, Nobuca, La mangeuse de livre, Mliaa, Annoying Sublime Flower, Claraseth, Susukara, Oshurei, Nadeshiko666, Tsuki Banritt, Enelica, Walarisse, Lokasena, Judy1997, Cynthia Dossat, Lyraneko, Lilia Cristal Ramos, Hikari0005, prigentenora, DarkMoonOfShadow, Yuiu, tsuna1610, mangamanie, angel-944, Fannonyme, FionaTouki, akaisafire137, Mlo78, Solane Helsalrogo, Sora and Roxas, Ches134, , .1996, mahon5971, FunestiNoctu121, Aqualyne, Selena Psycho, Yuki4869 aka Maja, Sasam Moon, Blakotaku, lobalunallena, hneen898, Cosmos Asma, Plume d'Akusa, Minihold, La-flemmance, jukiji, neko-chan pathique, Tsukiyo-chan, sarayberrios2003, Malami-chan, Eve Cross, LyraAraBlack, miko-chan27, Sylosse, Asunaforever3, Cosmos Asma, Manon Hells, Idoray, yoesasu, KokyuShiro Aoi et Aiiwa pour avoir mis en favoris ou suivre cette fic !

Réponses aux reviews anonymes :

Guest : Merci pour la review ^^ Heureuse que mon écriture te plaît, j'essaie au maximum de rendre le scénario le plus réaliste possible (enfin le plus réaliste qui soit quand c'est à partir d'un manga comme Reborn avec des bébés qui parlent, des persos qui invoquent des flammes à tout va xD) et d'écrire le plus fidèlement par rapport à comment je l'imagines mais ce n'est pas toujours facile ^^ Très bien, très bien je ne vais pas le prendre mal ^^ pourquoi je le prendrais mal qu'on m'appelle ainsi ? Ai-je ce genre de réputation ? XD Mais même si ton compliment me fait très plaisir, je dois avouer qu'il me gêne un peu. Je pense être très loin de ce qu'on pourrait appeler un génie ^^ Je ne veux pas me comparer aux grand auteurs de ce siècle ou des siècles derniers, ce serait très présomptueux de ma part, mais je pense que s'il faut qualifier des gens de génies ce serait eux ^^ XD du coup il faut que je m'excuse de ne pas encore avoir publié ce chapitre ! Je ne voudrais pas que tu passes toutes tes journées à regarder si j'ai publié quelque chose xD Oui moi aussi, je dois avouer. Après sur l'autre scène j'avais dans l'idée que Giotto réconforte Tsuna en le voyant cauchemarder. J'avais vu un fan-art de ce genre et malgré que l'image était plutôt triste, je la trouvais touchante en même temps. Mais je ne regrette absolument pas de l'avoir changée pour cette conversation comme tu dis « mature et calculatrice » entre Tsuna et Giotto ^^ Merci à toi, mais sache que dès qu'un chapitre est fini je planche de suite sur le prochain ^^ Ravie de savoir que tu me soutiens en tout cas. Un grand merci à toi. Ah et n'hésite pas à me tutoyer dans tes messages ^^ Bonne prochaine lecture à toi !

Chochocolat : Merci pour la review ^^ je suis ravie de voir que le chapitre t'ai plu à ce point. Malheureusement la 10G n'est pas encore là, mais promis elle sera là au prochain chapitre ! Moi moi aussi j'aime bien t'inquiète, même si je voudrais un peu l'éloigner de son caractère mégalomaniaque et immortel que nous voyons dans l'œuvre originale, il fallait que je fasse cette petite discussion avec Tsuna. Et puis tu le verras dans ce chapitre, Tsuna ne déteste pas Deamon non plus ^^ Oui je me rend compte maintenant. Disons que j'avais en tête une scène plutôt attendrissante dans lequel Giotto aurait vu Tsuna s'agiter dans son sommeil et Giotto l'aurait aidé à se calmer ^^ Mais pour garder la cohérence du personnage de Tsuna un peu mystérieux et qui attire les interrogations de la 1G, je ne pouvais pas la garder, sans compte que ce serait un peu creepy au début et ça ne correspondrait pas à l'image du personnage de Giotto ^^ Ooh ! Félicitations ! Beaucoup disent que les diplômes en dessous du bac et maintenant le bac en lui-même ne servent à rien et que tout le monde peut l'avoir facile, mais moi je me dis que même si ça nous semble facile maintenant (pour nous adultes) ce n'est pas le cas de ceux qui les passent ^^ Allez je te laisse. A tout' !

Asuna-Imagine : Merci pour ton avis et pour ta review ^^. A toi de voir ^^ Après tout on connaît un peu les tempéraments de certains ^^ Je te laisse lire la suite du coup. Bonne lecture !

Enjoy !

~ ~ ~ ~OoO~ ~ ~ ~

Chapter 49 : Complications.

~ ~ ~ ~OoO~ ~ ~ ~

Giotto n'avait même pas terminé de parler qu'un grand bruit retentit dans l'immense salle à manger du manoir Vongola. Tous les regards autour de la table où était dressé le premier repas de la journée, convergèrent vers Tsuna, qui, sous la surprise, avait lâché la cuillère qu'il s'apprêtait à porter à sa bouche. Personne ne dit un mot en voyant l'expression éberluée du plus jeune de l'attablée. Celui-ci avait encore la main à mi-hauteur, prêt à amener un couvert inexistant à sa bouche, mais immobile par la stupéfaction. Ses yeux affichaient tout son ahurissement tandis que ses lèvres étaient ouvertes en une question muette. Il lui fallu quelques secondes pour se reprendre quelque peu.

-Je vous demande pardon ? souffla-t-il enfin. Vous voulez que je...

-Que tu accompagnes pour la journée. Nous devons passer dans plusieurs des villes sous notre protection durant la journée. Cela fait déjà trois jours que nous devrions le faire, mais, comme tu le sais ces derniers jours ont été assez... inhabituels. Et nous devons faire ces inspections assez rapidement...

-Je ne viendrai pas avec vous.

Les gardiens de la première génération, minus Giotto, regardèrent le plus jeune avec stupéfaction à leur tour. L'hébétement avait été remplacé par une froideur qu'ils n'avaient pas encore vu sur le visage de Tsuna. Avant que qui que ce soit n'ait la chance de lui répondre, Tsuna se leva de sa place et, abandonnant le reste de son repas, il déclara :

-Si vous voulez bien m'excusez.

Alors qu'il s'apprêtait à quitter a pièce, G le rappela.

-Attends gamin, tu...

-Je vous prierai, signore G, de ne pas m'appelez ainsi, gronda presque Tsuna. Vous connaissez mon prénom, aussi j'aimerai que vous l'utilisiez. Quant à votre... plan... vous ne pouvez pas m'obliger à vous suivre. N'y a-t-il pas bien assez de gardes dans le manoir pour me surveiller ? Donc je ne partirai pas avec vous.

-Tsuna, je...

-Vous aviez raison, signore Giotto. Je n'approuve pas du tout votre plan.

Sur ces paroles, Tsuna quitta la salle, d'un pas plus rapide qu'il n'aurait préféré. Il ne s'arrêta qu'une fois arrivé devant la porte de sa chambre. Il porta la main à la poignée de l'entrée de la pièce, mais ne l'actionna pas. Son esprit était tourmenté par des pensées contradictoires. Ses propres pensées.

Il relâcha la poignée et s'adossa sur le bois avant de se laisser glisser au sol.

Il n'aimait pas du tout cette situation. Il soupira et s'asseyant en tailleur il plaça ses coudes sur ses genoux et croisa les doigts au niveau de sa bouche.

Il ne pouvait pas aller avec la première génération en dehors des murs du manoir. Il avait beau décidé d'être prêt à tout, jamais il n'aurait pensé que son ancêtre irait jusque là pour obtenir d'autres informations sur lui. Il savait ce que le Primo et ses gardiens espéraient de cette sortie. Sûrement voulaient-ils attirer ses propres gardiens, ses compagnons, comme le pensaient Giotto et les autres, pour réussir à les démasquer ou en découvrir plus sur Tsuna lui-même. Il n'était pas dupe. Il le savait de par ses propres expériences en tant qu'héritier des Vongola. Une visite des territoires ne s'organisaient pas avec facilité et certainement pas à l'improviste. Le Primo avait très certainement prévenu les hauts fonctionnaires des villes, plus particulièrement si ces visites étaient censées être faites depuis plusieurs jours ! Et si ce plan était prévu pour attirer ses amis, il n'avait pas dû essayer de trop cacher cette sortie. Cependant, si cela venait aux oreilles de ses gardiens, il y avait aussi de très fortes chances que les Verredicci, passé ou futur, soient également au courant ! Est-ce que le Primo voulait attirer leur ennemi consciemment était là une bonne question. Et si c'était le cas, était-ce à cause de lui, ou juste pour les obliger à se révéler ? Dans les deux cas, les Verredicci ne laisseraient pas passer une occasion aussi belle de pouvoir se débarrasser des Vongola et si ce n'était pas le Primo, d'au moins d'un ou deux gardiens de la première génération, ce qui affaiblirait déjà beaucoup la puissance des Vongola. Et tout cela qui plus est si Alessandro Verredicci était parmi eux. Ils pourraient utiliser les armes et les connaissances venant de leur temps pour avoir l'avantage. Or si ce type de combat éclatait dans une ville où les Vongola feraient leur inspection, il y aurait très certainement des chances que des innocents soient impliqués. Le Primo était-il donc prêt à courir ce type de risque, prêt à mettre en danger des innocents, juste pour en savoir plus sur lui ? Non, il était impossible que ce soit la seule raison... Tsuna réfléchit. La première génération était réputée pour venir en aide au secours des personnes désespérées et en danger. Était-il possible... Était-il possible que la première génération fasse tout cela également pour lui ? Pour le protéger ?

La première génération sait, grâce à lui, qu'il n'a ni père ni mère l'un l'ayant abandonné et l'autre n'étant plus de ce monde, ou pas encore serait plus précis, qu'il ait des compagnons quelque part, qu'il possède une certaine connaissance de la mafia, même s'ils ne savent pas à quel point et que par-dessus tout il a été torturé par une famiglia.

Se pourrait-il qu'ils essayent de retrouver cette famiglia et, comme il ne veut rien leur dire à leur propos, essaient de passer par des moyens moins conventionnels ? Se pourraient-ils qu'il veulent le protéger d'eux ? En retrouvant la famiglia concernée et peut-être en lui faisant payer ? C'était... possible. Même très probable...

Tsuna pourrait être touché, voir heureux que son ancêtre veuille le protéger alors que techniquement il ne le connaît que depuis quelques jours et ne l'a pas vraiment vu sous son meilleur jour, si seulement cela n'impliquait pas qu'il devienne un appât et que des innocents risquent d'en payer le prix fort. La première génération des Vongola était considérée comme l'une des plus fortes de leur époque. Aussi sans doute pensaient-ils pouvoir se débarrasser des ennemis de Tsuna, plus ou moins rapidement. Et Tsuna pourrait être d'accord avec eux s'il ne s'agissait que de la première génération des Verredicci... Ce que ne savaient pas le Primo et ses gardiens, à l'instar de Tsuna, était que ses ennemis venaient du futur, et donc, possédaient un avantage sur eux. Ce n'était pas équitable, contrairement à leurs autres combats.

Et voilà d'où venait le dilemme de Tsuna.

D'un côté, s'il allait avec la première génération, il y avait un risque que cela attire ses amis qui voudront très certainement entrer en contact avec lui, ce qu'attendait la première génération. Il se doutait bien que ses gardiens ne seraient pas aussi téméraires, (quoique pour quelques uns, il n'était pas aussi certain...), mais beaucoup de paramètres pouvaient jouer en la faveur de la première génération. De plus, s'il s'affichait avec le Primo, non seulement, il dévoilerait aux Verredicci son lieu de résidence, tout comme le fait de les avoir véritablement suivis dans le passé, mais en plus il leur permettait de faire d'une pierre deux coups...

D'un autre côté, s'il n'allait pas avec eux, les Verredicci attaqueraient tout de même les Vongola, et donc les civils. Il n'était pas sûr si les Vendicce étaient déjà formés et si c'était le cas, pouvaient empêcher d'impliquer des civils, mais il ne voulait pas tenter le diable. Autrement dit qu'il vienne ou non, cela ne changerait pas grand-chose, si ce n'est que les Vongola seraient en plus grand danger. Car en effet peut-être serait-il capable de pencher la balance du côté du Primo s'il les accompagnait. S'ils étaient attaqués et que Tsuna était avec eux, peut-être pourrait-il les aider à leur échapper ? Il avait beau se sentir presque nu sans sa boîte et sa bague Vongola, Reborn et ses gardiens ainsi que ceux du Nono, l'avaient rompus aux arts martiaux ! Sans compter son Hyper-Intuition qui, couplée avec celle du Primo pourrait lui éviter les trop gros problèmes.

Et voilà la troisième et dernière raison pour laquelle le Primo voulait qu'il vienne : il voulait le forcer à se dévoiler ! Quelque chose qu'il sera obligé de faire si, ou plutôt « quand » sembla lui assurer avec fatalité son Hyper-Intuition, ils seront attaqués. Or s'il se dévoilait, s'il devait tout avouer à Giotto, ce ne serait plus de simple victimes, prises entre les feux de deux famiglias en guerre, mais également le futur qui serait en danger. Il y avait toujours ce problème de lien entre les deux époques. Tant que le lien n'était pas rompu, toutes les actions, faîtes les Verredicci, faîtes par la première génération ou même les siennes et celle de ses gardiens se répercuteront sur leur temps, y compris ce qu'il pourrait révéler. Si jamais il leur prouvait qu'il était le Decimo Vongola, comment le Primo réagirait-il ? Acceptera-t-il de nouveau qu'il soit Decimo ? Ou essaierait-il de le changer ? Il suffisait d'un petit changement, même qui pourrait sembler anodin pour la dixième génération, pour changer à jamais la descendance des Vongola. Il ne savait pas comment comment se passerait si ce lien entre le passé et leur temps était actif. Est-ce qu'il pourrait disparaître ? Comme ça, sans prévenir ? Ou cela attendrait-il qu'ils reviennent dans leurs temps ? S'ils revenaient... Et s'il n'avait pas encore disparu, devait-il en conclure leurs actions jusqu'ici n'avaient pas eu d'incidence sur le futur ? Qu'elles n'avaient pas autant changé l'espace-temps comme il le craignait ? Néanmoins malgré ça, Tsuna ne voulait pas tenter le diable et risquer de trop en révéler avec tout ce que la première génération savait déjà. Mais s'il lui fallait sacrifier son existence pour sauver des vies et protéger Giotto et les autres alors il accepterait de les accompagner à ces satanés inspections !

Tsuna soupira ne se pinçant l'arête du nez. Qu'est-ce que son ancêtre ne lui faisait pas faire ! Il se releva et et eut la surprise de voir deux hommes qui se trouvaient au bout du couloir. Il les reconnut pour être des gardes des Vongola mais s'étonnait de ne pas voir l'indifférence peinte sur leur visage comme à l'accoutumée, mais bien une expression inquiète. Tsuna se mordit intérieurement la joue, persuadé que le Primo serait vite informé de cet événement, et essaya de sourire pour les rassurer. Mais ses lèvres s'étirèrent une une demi-grimace. A son grand étonnement, aucun des gardes n'amorcèrent un geste pour aller prévenir Giotto, au contraire ils lui retournèrent le sourire pour le rassurer, lui, l'un d'eux allant jusqu'à pencher la tête en signe de salut. Tsuna eut un sourire plus sincère cette fois, avant d'entrer dans sa chambre.

Il devait se préparer pour cette sortie qui, il le savait, s'annonçait mouvementée.


Quand Tsuna apparut sur le perron, ce fut au tour des gardiens Vongola de se retrouver surpris. Alors que le plus jeune avait déclaré qu'il ne les accompagnerait, au grand dam de certains gardiens qui voyaient déjà leur plan s'écrouler comme un château de cartes, le voilà qui les rejoignait tandis que Giotto s'apprêtait à monter dans le carrosse apprêté pour eux. Le seul qui ne semblait pas surpris était d'ailleurs Giotto. Tsuna s'approcha de lui.

-Vous saviez que je viendrai, déclara alors Tsuna d'une voix neutre.

-J'ai eu quelques doutes, mais je me rends compte qu'ils n'étaient pas nécessaires.

Tsuna hocha la tête mais Giotto continua.

-Cependant, j'ai beau retourner la question dans mon esprit, je n'en connais pas les raisons...

-Je vous ai déjà donné une partie de la réponse hier soir, signore Giotto.

Le Primo Vongola se retint de grimacer de dépit. L'une des deux appellations n'étaient peut-être qu'une sorte de traduction de l'autre, il n'empêchait que Giotto ressentait une point de culpabilité en entendant Tsuna l'appeler "signore Giotto". Il avait l'impression d'avoir fait plusieurs pas en arrière rien qu'en organisant ce plan. Peut-être Asari avait-il raison. Mais plus que tout, il avait l'impression d'avoir trahi un membre de sa famille... Tsuna avait beau lui ressembler, il était persuadé de n'avoir aucun lien de parenté avec lui. Mais dans ce cas comment expliquer une telle ressemblance ? Lui-même ne le savait pas et son Hyper-Intuition restait étonnement sourde à ce sujet.

-Je ne veux aucun mal aux Vongola... déclara Tsuna, sa voix ramenant Giotto à la réalité. Mais parce que je ne leur veux aucun mal, ne veut pas forcément dire que je ne les aiderai pas si j'en ai l'occasion.

-Que veux-tu dire ? chuchota presque Knuckle.

Tsuna resta silencieux avant de poser un regard lourd de sens à Giotto sans être accusateur.

-Je ne veux aucun mal aux Vongola pour la simple et bonne raison que je veux les protéger.

Sur ces mots, Tsuna monta dans le véhicule, ne prêtant aucune attention aux regards de la première génération. Il prit place sur le siège de velours du milieu, conscient que les gardiens ne voudraient pas le laisser s'asseoir près d'une des issues du véhicule. De plus, il serait plus à même de se cacher, s'il ne se trouvait pas près des fenêtres. Il y avait peu de chances qu'ils soient attaqués sur le chemin entre chaque villes et villages, car les chemins étaient plus ou moins ouverts mais peu propices aux embuscades. Ajoutés à cela, que les conducteurs ainsi que les quelques hommes qui les accompagnaient étaient prévenus de ce genre d'attaque et seraient sur le qui-vive. Les villes étaient enfin un meilleur lieu pour tenir ce type de piège : plus de bâtiments en hauteur pour avoir une vue d'ensemble et une meilleure visée pour les tireurs d'élites, plus de ruelles pour s'y cacher éventuellement et un endroit peuplé par des otages potentiels pour faire flancher ou même juste douter quelqu'un comme Giotto. Oui, s'ils devaient se faire attaquer, ce serait plus probable que cela se passe dans une des villes qu'ils visiteront.

Ses pensées furent interrompues quand la première génération le suivit dans le véhicule. Il eut la surprise de remarquer que tous les gardiens ne les accompagnaient pas. Alors que Giotto s'asseyait en face de lui, Alaude prenait place à la gauche du plus jeune et Deamon à sa droite. G entra en dernier et lança un regard furibond mêlé à de la méfiance.

Giotto regarda les trois derniers restés à l'extérieur.

-Je vous confies le manoir.

-Partez sans crainte, sourit Asari. Et prenez garde à vous.

Giotto hocha la tête et ordonna le départ. Une fois sorti de la propriété, Tsuna rompit le silence et rencontra le regard de Giotto.

-Dois-je comprendre que les signores Asari, Lampo et Knuckle gardent le manoir en votre absence ?

-En effet.

-Un problème avec ça ? gronda G.

-G !

-Pas le moindre, sourit doucement Tsuna, tandis que son Hyper-Intuition qui lui tambourinait le crâne se calma quelque peu en entendant ceci, ce qui fit écarquiller les yeux des Vongola. Je suis au contraire heureux que vous ayez pris cette décision.

G secoua légèrement la tête et gronda sourdement, ignorant le regard perçant de Giotto.

-Écoute-moi bien, ragazzo, je ne crois pas un mot de ton merdier sur le fait de protéger les Vongola. Chaque jour qui passe tu es pour moi un peu plus suspicieux. Alors tu ferais mieux d'arrêter la petite comédie que tu nous joues.

Tsuna regarda le gardien de la Tempête un instant. Giotto put alors voir l'ombre d'un sourire étirer la commissure des lèvres du plus jeune.

-Pourquoi penser que je joues la comédie ?

-On sait que tu te méfies de nous. Et on sait que tu mens sur ton identité.

-G ! s'insurgea cette fois Giotto. Pas maintenant. Calme-toi ! C'est un ordre.

-Désolé, Primo. Cet enfant me met juste hors de moi...

Tsuna dévisagea une nouvelle fois, G avant de fermer les yeux et de continuer.

-Se pourrait-il que je vous déstabilise parce que vous ne savez pas quoi penser de moi concrètement ? Vous savez que je vous cache des informations mais pas lesquelles. Vous savez que j'ai un passé avec la mafia, mais pas jusqu'à quelle extrémité. Vous savez que que je ne ressemble à aucun "enfant" que vous pourriez connaître, mais à quel point vous pouvez me traiter comme tel... Et en plus de tout cela je vous révèle que je veux protéger la famille que vous avez construit avec le signore Giotto... Je peux le voir... Vous êtes quelqu'un de loyal et vous voulez protéger tout cela, tout comme vous voulez protéger le signore Giotto. Vous êtes fier de ce que vous êtes. Certes, vous avez du mal à accorder votre confiance aux autres, mais cela ne fait que me prouver que vous protégez ceux qui vous sont chers. Et, malgré que vous m'appeliez d'un terme que je ne saurais que trop mal apprécier, je voudrais que vous sachiez que vous avez tout mon respect.

Pendant que G regardait Tsuna, hébété, toute colère envolée, Alaude et Giotto avait froncé légèrement les sourcils, chacun pensant la même chose. L'enfant les connaissait mieux qu'ils ne l'avaient pensé. Seul Giotto savait trouver les mots justes pour désamorcer la colère de l'homme aux cheveux rouges et cela en grande partie dû à leur amitié datant de plusieurs années. Or l'enfant ne connaissait G que depuis quelques jours et n'avait pas vu que son meilleur côté, soit dit en passant. Alors comment pouvait-il savoir gérer et désarçonner l'impétueux gardien de la Tempête ?

Deamon, lui, regardait le plus jeune avec surprise, mais un petit sourire ourlait ses lèvres. Ce Tsuna ressemblait de plus en plus à Giotto au fur et à mesure qu'il l'étudiait. Il n'avait pas oublié sa présence charismatique qu'il avait ressenti la veille et plus il y pensait et moins il arrivait à renier qu'il se trouvait en la présence d'un boss de la mafia. Mais l'enfant était jeune, beaucoup trop jeune, pour ça... n'est-ce pas ? Mais il ne voyait pas comment l'expliquer autrement. Tsuna possédait un charisme, un savoir-faire ainsi qu'un sens de la stratégie qui étaient indéniables. Giotto leur avait bien entendu parlé de la conversation de la veille et et particulièrement du fait que Tsuna l'attendait. Il était évident que Tsuna savait qu'il viendrait ce soir-là. Et peut-être était-ce bien lui qui avait provoqué cette visite par le biais d'Asari et de lui-même.

-Mais, tout ça... continua Tsuna, baissant son regard sur ses paumes ouvertes devant lui. Le fait de vous cacher qui je suis, ma famille, mon passé, mes amis et tout un tas d'autres choses sont pour vous protéger. Non seulement, vous, Primo Vongola, et vous, ses gardiens, mais également pour votre futur.

Giotto sentit un frisson glacé parcourir son échine presque lentement. Il pouvait voir également une certaine inquiétude dans le regard de ses gardiens mais ce qui paru pire, à l'entente des paroles, était l'assentiment et l'assurance de la véracité des propos de Tsuna, venant de son Hyper-Intuition. Il voulait l'interroger plus profondément mais son Hyper-Intuition le coupa dans son élan. Ce n'était pas une bonne idée.

-Pourquoi la cape ? demanda alors Deamon, comprenant certainement tout comme Giotto que l'enfant ne n'apprécierait pas d'être interrogé plus longtemps à ce sujet.

Tsuna jeta un coup d'œil à la cape qu'il avait jeté sur ses épaules avant de rejoindre les gardiens de la première génération, munie d'une capuche. Il haussa les épaules négligemment.

-Il ne faudrait pas que les habitants qui sont sous votre protection remarque ma ressemblance avec le signore Giotto et commencent à propager de fausses rumeurs. Ce serait embarrassant pour le Primo Vongola que certains pensent qu'il ait pu avoir un enfant hors mariage...

Giotto se tendit, comprenant les multiples conséquences que Tsuna soulevait. Si vraiment ce genre de rumeurs se répandaient, il serait exigé de lui qu'il épouse la mère. Mère dont il ne connaissait absolument rien et qui était de toute évidence morte ! Même s'il était sûr qu'il n'était pas le père, la ressemblance entre eux deux apporteraient toute la suspicion de ses partenaires commerciaux, ainsi que l'irrévérence de beaucoup d'autres. Sans compter que Tsuna serait exposé plus au danger de part son possible lien avec lui dans la communauté mafieuse. Il n'avait pas pensé à cela, trop obnubilé par le puzzle que formait la personne de Tsuna, du fait également que le jeune métis était de toutes façon déjà en danger avec la famiglia qui l'avait torturé. Il était cependant trop tard pour faire marche arrière.


Pour Giotto et ses gardiens, ils commençaient à penser que c'était un fiasco total ! Ils avaient déjà visité plusieurs villes, inspecté plusieurs quartiers, mais ils n'avaient obtenu aucun résultat. Le fait que Tsuna cachait son apparence et son visage avec sa capuche réduisait considérablement les possibilités que quelqu'un le reconnaisse. Il y avait bien une fois où Tsuna avait été découvert alors qu'ils traversaient un marché. La surprise et, après quelque instants de réflexion, un enthousiasme masqué, que Giotto et ses gardiens avaient pu lire sur le visage de Tsuna, les exhortaient à ne pas oublier cet épisode.


Ils étaient à Catane et avaient décidé de visiter le marché portuaire en compagnie du représentant de la ville et appartenant à la famiglia pour déceler d'éventuelles menaces, autant au sein de la ville qu'à ses alentours. Tsuna marchait à côté de Giotto, G légèrement en retrait. Deamon et Alaude surveillaient les alentours et le dernier, plus particulièrement Tsuna.

Alors que Giotto écoutait avec attention le responsable des divers problèmes de sécurité concernant une fête religieuse qui allait bientôt se dérouler en ville, Tsuna regardait, lui, les multiples étalages avec une passivité feinte. Alaude pouvait remarquer que le plus jeune se mordait assez régulièrement la lèvre inférieure sous sa capuche, comme s'il craignait quelque chose.

Puis Tsuna entendit un cliquetis au niveau de ses pieds. Il s'arrêta et baissa les yeux. Il eut la surprise de voir une longue et fine tige en fer, dorée, dont la poignée était ornée de dorure et de décoration fleurie. Il la reconnut, comme étant son coupe-lettre. Il se pencha pour le ramasser, étonné de le voir en dehors de sa manche dont il ne quittait que rarement. Pourtant, alors qu'il tenait le coupe-lettre dans sa main, il pouvait sentir que quelque chose n'allait pas.

Il examinait le coupe-lettre quand il entendit une voix près de lui... Trop près de lui.

-Dio mio ! Je pensais l'avoir perdu à tout jamais !

Tsuna sursauta et leva les yeux. Il fut estomaqué de voir une femme âgée dans la trentaine se tenir à quelques centimètres, penchée vers lui. Elle semblait à bout de souffle, mais cela n'enlevait rien à son charme. Tsuna remarqua des longs cheveux noirs de jais, tressés avec un long ruban argenté qui finissait en un nœud simple mais élégant. Une robe pourpre et argenté démontrait de son style de vie aisé, mais en même temps sobre pour ne pas trop attirer l'attention. Cependant Tsuna ne voyait rien de tout cela. Il regardait juste ce visage familier jovial mais qui dissimulait une force de caractère, un nez aquilin au-dessus d'une bouche aux lèvres charnues mais délicatement maquillées tandis que ses yeux, en amande, tiraient vers le bleus et le gris. C'était une belle femme. Et Tsuna sut qui elle était avant même qu'elle ne continua à parler. Il n'aurait jamais cru avoir la chance de la rencontrer.

-Pourriez-vous me retourner mon bien, jeune homme ? demanda-t-elle une fois que son souffle fut revenu à la normale.

Tsuna resta immobile encore estomaqué par cette coïncidence avant de secouer la tête hâtivement. Il se redressa et présenta l'objet avec une révérence courtoise, présentant sa main, paume vers le ciel.

-Veuillez me pardonner, signora. J'ai été étonné autant par votre présence que par votre charme.

La femme eut un petit sourire, amusée et ravie, face à cette sincérité et accepta de poser une main délicate, sur celle de Tsuna qui y déposa un baisemain. Il rendit la main à sa propriétaire avant de se redresser. Il présenta ensuite le coupe-lettre.

-S'agit-il là de votre bien, signora ?

-En effet. Il a dû tomber pendant notre propre visite de cette ville. J'ai cherché une bonne partie de la matinée mais il y a tant de monde.

-Nous pouvons dire alors que la chance est de votre côté, signora. Je vous le rends avec grand plaisir, dit-il en tendant de ses mains l'objet.

Souriante et, semblait-il, soulagée, la femme reprit le coupe-lettre et l'examina avec une expression rêveuse. Puis elle sortit de ses pensées avant de faire une légère révérence.

-Je te remercie grandement, jeune homme. J'aimerai te récompenser...

-Je vous en prie, signora, n'en faîtes rien. Me récompenser pour vous avoir redonné ce qui vous appartenait me semble démesuré. Je n'ai fait que ce que chacun devrait faire.

-Ma foi, tu es un garçon honnête et très bien éduqué. Tes parents doivent être fiers de toi.

-J'espère que ma mère, paix à son âme, l'est en tout cas.

-Oh, toutes mes excuses, je ne savais pas...

-Ne vous excusez pas, signora. Je ne suis pas à plaindre. Vous...

-Que se passe-t-il ?

Tsuna et la femme se tournèrent vers la voix qui venait de parler, faisant ainsi face à Giotto, G et Deamon. Tsuna sentit le regard méfiant d'Alaude qui se trouvait un peu plus loin, mais assez près pour pouvoir tout entendre, ayant très certainement aperçu son interaction avec la femme. IL se tendit imperceptiblement. Cependant la femme devait l'avoir remarqué car elle posa une main rassurante sur l'épaule, ce qui surprit Tsuna et se plaça légèrement devant, ce qui intrigua également les Vongola.

-Qui demande ? déclara-t-elle d'une voix légèrement plus froide que quelques instants auparavant.

-Ne vous inquiétez pas, signora, sourit Tsuna en espérant évacuer la tension de ses épaules. Il ne s'agit que du signore Giotto. Je vis chez eux quelques temps, aussi lui et ses amis me font visiter la ville de Catane.

-Giotto? répéta la femme. Serais-je en présence de Giotto di Vongola ?

-Lui-même, signora, répondit l'interpellé en posant sa main droite au niveau de son cœur et effectuant une légère révérence. Il faut bien l'avouer que vous avez l'avantage sur moi : vous semblez me connaître, mais il ne me semble pas avoir eu l'honneur ni la chance de mon côté.

La jeune femme eut un léger sourire et se détendit. Elle retourna élégamment le geste avant de répondre.

-Votre réputation vous précède, signore di Vongola, déclara-t-elle faisant tiquer Deamon et Giotto. J'ai beaucoup entendu parler d'un certain Giotto en Sicile qui aiderait le peuple et les opprimés de quelconques menaces. Je me nomme Flora Camel, j'arrive depuis Venise.

Tsuna intercepta un regard de connivence entre Deamon et Alaude à l'entente du nom de la femme tandis que Giotto fronça légèrement les sourcils.

-Et, si ce n'est pas indiscret de ma part, que venez-vous faire en Sicile, signora ? Le voyage est très long depuis Venise...

-Dame Flora !

Tous tournèrent leur regard vers un homme qui courait dans leur direction. Quand il arriva à leur hauteur, Tsuna nota qu'il s'agissait d'un homme dans la vingtaine, des cheveux courts châtains clairs mettaient en avant ses yeux marrons noisette où brillaient une lueur d'intelligence et mêlé présentement à une lueur d'inquiétude. Des traits droits et et fiers, un nez fin et long et une grande bouche composaient son visage. Il était habillé d'un pantalon de toile noire, d'une chemise de laine crème ainsi que d'une veste sans manche de couleur marron qui semblait avoir connu des jours meilleurs, le tout complété avec des bottes noires. Mais Tsuna ne pouvait pas s'empêcher de penser que ces vêtements n'allaient pas du tout avec son attitude. L'homme jeta un regard rapide et scrutateur aux Vongola ainsi qu'à Tsuna, sur lequel il s'attarda un peu plus en voyant la proximité de la femme avec le plus jeune avant de se tourner vers la seule femme du groupe.

-Dame Flora, vous savez que ne pouvez pas vous éclipser ainsi ! Et par-dessus tout sans personne pour vous escorter ! Si jamais votre mari l'apprenait, il...

-Oh, dio mio, Celio, calmate ! Tu sais très bien que mon mari a beaucoup trop confiance en toi pour te mettre à la porte. Et je me pense bien assez grande pour aller où je veux seule. Mais puisque tu m'as trouvée pourquoi ne pas me suivre ?

De toutes évidences, le dénommé Celio se retint de faire un commentaire, se contentant de hausser un sourcil dubitatif avant de lui lancer un regard exaspéré. Il se tourna ensuite vers les Vongola.

-Et que voulez-vous à Dame Flora, signores ?

-Nous discutions juste Celio. Voici Giotto di Vongola et ses hommes et ce jeune homme que voici a retrouvé mon précieux bien !

Sur ces mots, elle montra à son suivant le coupe-lettre avec un grand sourire. Tsuna se retint de montrer son anxiété à le voir à la vue de tous. Il avait voulu garder le secret de cette conversation. Déjà Alaude, lui lançait un regard soupçonneux que Tsuna ignora soigneusement.

-Vraiment ? s'étonna Celio son visage s'éclairant légèrement. Dans ce cas je te remercie, jeune homme. Dame Flora tient énormément à cet objet.

-A ce point ? demanda Giotto en regardant d'un air dubitatif.

-Mon mari l'a commandé expressément pour mon usage personnel. Il fait très souvent des voyages jusqu'en Extrême Orient et me ramène beaucoup de souvenirs de ces pays que je trouve absolument magnifiques par ses récits et ses lettres. Il a d'ailleurs trouvé amusant de m'offrir ce coupe-lettre afin que je puisse ouvrir ces lettres avec un de ces cadeaux. Il disait que comme ça je penserai deux fois plus à lui quand je lirai mon courrier.

-Aurait-il fait fabriqué ce coupe-lettre à votre intention ? demanda encore Giotto.

Flora regarda le boss des Vongola avec un air suspicieux.

-N'est-ce pas ce que j'ai dit ?

A ce moment, Tsuna sentit le poids des regards des Vongola s'intensifier sur lui. Il réprima un frisson avant de continuer la conversation, dans l'espoir d'attirer l'attention ailleurs.

-Signora, je vois que vous êtes bien entourée, mais un voyage depuis Venise jusqu'à Catane n'est pas chose aisée. Pourquoi avoir fait une telle traversée ?

Flora eut un petit sourire, égal à celui qu'elle avait eu en examinant le coupe-lettre.

-Mon mari revient du Japon dans quelques jours et va faire une escale ici. J'ai eu envie de lui faire la surprise de ma présence.

-Et quel est le nom de votre mari ? demanda Tsuna, pris d'une curiosité soudaine.

-Il s'agit d'un marchand. Ma foi, il a commencé comme ceci mais depuis quelques années il est à la tête de plusieurs commerces et s'acharne à commercer avec les pays asiatiques, plus particulièrement le Japon. Et pour répondre à ta question, il se nomme Leonte. Leonte Camel.

L'esprit de Tsuna fonctionna à deux cent à l'heure en entendant la sonorité de ce nom. Puis ses yeux s'agrandirent de compréhension. Il essaya en vain de réprimer le léger sourire sur ses lèvres. Ce faisant, la première génération remarqua cette réaction sous la capuche mais ne firent aucun commentaire. Flora, quant à elle, ne se fit pas prier.

-Je vois que ce nom te dit quelque chose. Connaîtrais-tu mon mari ?

-C'est la première fois que j'entends ce nom et je ne l'ai jamais rencontré, malheureusement. Mais vous semblez beaucoup l'aimer. A chaque fois que vous regardez ses présents ou parlez de lui, vous avez l'air heureuse.

La femme eut un petit rire qui ne trompa pas sur la véracité des propos de Tsuna.

-Tu es observateur, jeune homme. Par ailleurs, je ne t'ai pas demandé ton nom.

-Il n'est pas nécessaire que vous le sachiez, signora, sourit Tsuna.

-Voyons ! Non seulement tu refuses d'être récompensé pour avoir retrouvé mon coupe-lettre, mais en plus tu me refuses de me donner ton nom ? Je vais finir par croire que tu me tiens à mon encontre une quelconque colère.

-Pas du tout, signora ! s'exclama Tsuna, en paniquant. Je ne vaux pas la peine de...

Mais la femme ne l'écoutait pas et, d'un geste vif qui surprit tout le monde, elle donna un petit coup sur la capuche de Tsuna, la faisant ainsi retomber sur son dos. Tsuna abasourdi, était à présent la tête à découvert, offrant ainsi l'opportunité voulue par les Vongola.

Flora et Celio regardèrent un Tsuna choqué mais chacun pour des raisons différentes. Les yeux du garde du corps de la femme passaient de l'enfant au Primo Vongola assez vite et plusieurs fois avant qu'il ne finisse par ouvrir la bouche.

-Signor di Vongola, est-ce...

-Ne dis pas de betise, Celio, intima Flora. Le signore di Vongola est bien trop jeune pour avoir un fils de cet âge... Par contre...

Elle rapprocha son visage de celui de Tsuna et le dévisagea quelques secondes.

-Jeune homme, je ne vais pas me répéter plusieurs fois, alors tu as intérêt à écouter attentivement ce que j'ai à dire. Et je ne veux pas te voir te dérober, est-ce bien compris ?

Tsuna déglutit légèrement avant d'acquiescer d'un lent mouvement de la tête. Flora le scruta encore quelques instants avant de se redresser, satisfaite.

-A la bonne heure ! Iago ?

-Oui, dame Flora ? répondit un homme qui sembla apparaître de nul part.

Les cheveux mi-longs, bouclés à la couleur miel, Iago possédait également des yeux noirs presque inexpressifs, un long nez qui semblait se replier sur lui-même au niveau de la pointe. Les lèvres fines trahissaient une petite bouche tandis qu'une barbe de trois jours l'entourait. Iago était grand et élancé et dégageait une force plus subtil que Celio.

Flora le regarda d'un air presque amusé.

-Je me doutais que tu nous écoutais... Toi et Celio êtes comme les deux doigts d'une main. Dois-je supposer que tu as tout entendu ?

Iago hocha la tête.

-Dans ce cas, je voudrais que tu achètes de quoi manger à ce jeune homme, déclara-t-elle d'un ton sans appel en lui tendant quelques pièces qu'elle avait retiré de sa bourse pendue à sa ceinture. Offre-lui de la nourriture chaude et pourquoi pas sucrée, pour qu'il puisse avoir de l'énergie pour le reste de la journée.

Tsuna, abasourdi, se reprit juste à temps pour protester mais la femme l'arrêta net.

-Je te prie de m'excuser, jeune homme, mais si je peux accepter, à contrecœur entends-tu bien, ton refus d'une récompense, ou ton refus de me donner ton prénom, je ne peux accepter que quelqu'un d'aussi jeune que toi se balade ainsi dans les rues. As-tu au moins regardé ton reflet ces derniers temps ?

Tsuna rougit légèrement. Non seulement cette femme agissait comme une mère mais en plus, elle touchait droit au but. Il n'avait pas regardé ce que le miroir lui reflétait en sa présence, ne sachant que trop bien ce que la fatigue et le stress pouvaient avoir donné comme résultats sur son visage. Flora eut un petit hochement de tête, satisfaite du silence du plus jeune.

-Nous sommes donc d'accord. Je te fais confiance pour donner ce qu'il lui faudra, Iago. N'hésites pas à lui donner plus si tu l'estimes nécessaire.

Iago hocha la tête avant de faire une courte révérence au jeune. Tsuna le regarda un instant avant de revenir vers Flora. Il lui adressa un regard plein de douceur et de gratitude avant de s'incliner.

-Je n'ai pas d'autre choix que d'accepter. Refuser autant d'offres et d'inquiétudes de votre part pour ma personne, reviendrait à vous faire offense. Puisqu'il s'agit de vous, je me permets de suivre votre demande.

-Un simple merci aurait suffit, sourit la femme.

Tsuna ouvrit de grand yeux avant qu'un petit rire n'échappa de ses lèvres. Il se reprit bien vite et avec un sourire qui ne perdit aucun éclat, releva les yeux vers elle.

-Vous avez raison. Merci, dame Flora.

Il se tourna ensuite vers la première génération.

-Veuillez me pardonner, signore Giotto. Je ferais en sorte de ne pas vous faite attendre trop longtemps.

-Non, non, déclara le Primo, gêné de ne pas avoir remarquer l'état de fatigue du plus jeune. Prends donc ton temps Tsuna. Nous ne sommes pas aussi pressés par le temps...

Avant que le plus jeune puisse cependant s'éclipser, Flora le retint et rabattit la capuche sur son visage.

-Je ne sais si c'est pour cacher ta grande ressemblance avec le signore di Vongola ou autre chose, mais j'ai bien l'impression que tu ne cherches pas à attirer l'attention, Alors tu as besoin de ceci.

Tsuna en resta bouche bée, puis il lui adressa un sourire de remerciement avant de suivre Iago, laissant ainsi la première génération, Flora et Celio seuls. Deamon s'apprêta à les suivre mais la voix de la seule femme claqua sèche et froide.

-Ne les suivez pas.

Sur ces mots, Deamon s'arrêta et, comme les autres, dévisagea la femme avec étonnement. Elle, qui avait été aimable, était à présent en train de les toiser avec fermeté.

-Je ne sais pas pourquoi ce jeune se trouve avec vous, mais si jamais vous lui faîtes le moindre mal, j'userai de tout le pouvoir que je possède et de toutes les relations que nous avons mon mari et moi pour vous le reprendre. Je suis peut-être une femme, je suis peut-être malade, mais je ne suis en aucun cas faible. Vous ne devriez pas sous-estimez mes paroles.

-Je ne comprend pas, signora, déclara Giotto. Nous ne voulons pas de mal à Tsuna. Nous...

-Vraiment ? Osez me dire que ce ragazzo semble être en pleine forme ?! Aucune personne de son âge ne devrait être aussi pâle, ni avoir l'air aussi fatigué ou stressé, comme s'il avait le destin du monde sur ces épaules ! Si vraiment vous vous souciez de l'état de santé de... comment avez-vous dit qu'il se nommait ?... Tsuna, c'est cela ? Si vraiment vous vous souciez de l'état de santé de Tsuna, qui vit de toutes évidence sous votre toit, vous ne l'auriez pas amené pour votre petit « tour » à ce jour.

Giotto se força à rester immobile et ne pas laisser transparaître sa gêne. Le regard de Flora se fit plus féroce avant qu'il ne disparaisse sous ses paupières. Elle respira un coup. Pendant ce court instant, Celio fusillait du regard les Vongola présents, pour l'état de Tsuna ou pour avoir mis en rogne la femme de son employeur, eux-même ne le savaient pas.

-Votre groupe est réputé pour venir en aide à ceux qui en ont besoin, les enfants y compris. J'ose espérer que cet enfant est dans le besoin pour que vous ayez eu la nécessité de l'emmener avec vous. Je viens tout juste de le croiser, aussi je peux me tromper, mais je ne pense pas qu'il soit dangereux. Il a même refusé une récompense pour avoir retrouvé mon bien. Il est altruiste, juste et pense, de toutes évidences, aux autres. S'il avait été en danger avec vous, je pense qu'il aurait accepté que je lui vienne en aide, aussi c'est pour cette raison que je vous accorde le bénéfice du doute. Et d'un côté cela montre que Tsuna vous fait confiance à un certain point. Faîtes attention à ce que cela n'évolue pas d'une mauvaise manière, signore di Vongola.


Giotto grimaça en se rappelant les propos de Flora Camel, la troisième personne à lui rappeler que Tsuna pourrait se retourner contre lui s'il se méfiait trop de lui.

-Signore Giotto ? appela Tsuna en face de lui.

Giotto secoua la tête et reporta son attention sur l'enfant.

-Pardonne-moi, je réfléchissais. Voulais-tu me parler ?

-Je m'inquiétais. Vous n'avez pas dit un mot à quiconque, en dehors des responsables des villes de votre famiglia. Quelque chose vous tracasse-t-il ?

-Est-ce la vérité ? s'étonna Giotto en promenant son regard vers ses gardiens.

Alaude avait les bras croisés sur son torse, assis à la droite de Tsuna, les yeux fermés. Beaucoup pourraient le croire endormi mais le Primo pouvait voir une certaine tension au niveau de sa mâchoire, preuve qu'il écoutait ce qu'il se passait autour de lui. Il manquait sur le visage de Deamon, le petit sourire sur le coin des lèvres qu'il arborait habituellement. Quant à G, celui-ci aurait pu rester de marbre, mais la petite lueur inquiète dans le regard qu'il jetait à Giotto en prouvait le contraire. Après quelques secondes, G inclina légèrement la tête, répondant à sa question. Giotto se tourna alors vers Tsuna.

-Pardonne-moi, Tsuna, il est vrai que quelque chose me tracasse, mais tu n'as pas besoin de t'en ennuyer.

-Est-ce que la signora Camel vous a dit quelque chose ?

-Comment... commença-t-il, ahuri.

Tsuna haussa les épaules.

-Ce n'était pas très difficile à deviner. Quoiqu'il en soit, veuillez oublier ce qu'elle aurait pu dire. Signora Camel vous a peut-être déstabilisé, mais cela ne doit rien changer à vos convictions.

-Elle m'a reproché ton état de santé.

-Elle ne sait rien du pourquoi je suis fatigué ou du pourquoi je ne suis pas en forme. Vous n'avez rien à vous reprocher et si vous pensez que c'est à cause de votre plan... Je ne vous cache pas que cela pourrait en être une des raisons, mais vous avez dit vous-même que votre plan était pour protéger votre famiglia et plus encore... Alors ne vous dérobez pas maintenant.

Giotto hocha lentement la tête avant de continuer.

-Elle m'a dit aussi de faire attention ou je perdrai la confiance que tu me donnes, déclara-t-il sincèrement, à la grande surprise des gardiens.

Si Tsuna était lui aussi surpris, il n'en montra rien.

-De faire attention ? A quoi si cela n'est pas indiscret ?

-Je ne sais pas exactement... De ton état de santé, de ne pas te prendre pour un criminel je suppose... Elle disait que nous pourrions payez le prix fort de ne pas être à la hauteur de la confiancse que tu nous portes. La connaissais-tu ?

Tsuna se laissa aller dans le fauteuil et soupira.

-Serait-ce une autre partie de votre plan ? Un autre interrogatoire ?

-Non ! s'écria Giotto. Je suis sincèrement curieux. Elle avait l'air de beaucoup t'apprécier et je... Si tu ne veux pas répondre, tu peux parfaitement...

-J'ai compris, Giotto-san, sourit le plus jeune. Pour être honnête, c'était la première fois que je le voyais et je ne la connaissais pas d'avant.

-Alors pourquoi lui avoir remis ton coupe-lettre ? voulut savoir Alaude en ouvrant à demi son œil. Ne disais-tu pas que cet objet était précieux pour toi ?

Tsuna hésita avant de sortir de sous sa cape, le coupe-lettre qu'il amenait partout où il allait. Alaude put alors se rendre compte qu'il était en tout point semblable à celui que Flora Camel leur avait négligemment montré, pour ainsi dire, identique.

-Je ne lui ai jamais donné mon coupe-lettre. Celui qu'elle vous a montré était bien le sien, que j'avais trouvé à terre. J'ai moi-même cru pendant un instant que j'avais fait tomber le mien. Sûrement était-il tombé sans qu'elle ne s'en aperçoive ?

-Comment se fait-il qu'ils se ressemblent autant ? N'avait-elle pas dit que son mari l'avait fait fabriqué spécialement pour elle ? s'interrogea Deamon.

-Ça... je ne sais pas, osa dire Tsuna, mais il grimaça ne voyant le Primo lever un sourcil à son intention.

-C'est la première fois que je t'entends mentir, Tsuna, remarqua-t-il, presque négligemment, mais étonné.

-Je n'aime pas mentir, Giotto-san. Pardon pour ne pas vous dire la vérité, mais je ne peux pas répondre à cette question.

-Dans ce cas, laisse-moi te reposer la question, sourit Deamon. Sais-tu pourquoi vos deux coupe-lettres se ressemblent autant ?

-Oui, soupira simplement Tsuna, sachant que même s'il ne répondait pas, ils comprendraient parfaitement la réponse.

-Et comment cela se fait-il ?

-Je ne peux pas vous le dire. Comme je l'ai déjà évoqué, si je vous garde des informations me concernant, moi ou mes amis, c'est pour votre protection. Et celle que vous me demandez, même si minime, en fait partie. Oubliez les avertissements de Flora Camel, Giotto-san, car peu importe ce que vous ferez, rien n'amoindrira la confiance que je vous porte.

Les yeux de Giotto s'agrandirent de surprise, comme des soucoupes en entendant la sincérité et la confiance qui enveloppait les paroles de Tsuna, le tout accompagné du même sourire qu'il avait gratifié à Flora Camel. Giotto essaya de se reprendre.

-Ne prends-tu pas quelque risques en disant cela ? Tu ne me connais pas assez pour savoir ce que je suis capable de faire...

-Peut-être... déclara Tsuna après avoir réfléchi quelques instant. Mais je pense que j'ai assez entendu sur vous pour savoir ce que vous ne feriez pas. Par exemple, amener un enfant dans la gueule du loup n'est pas ce que vous feriez.

Giotto put voir que Tsuna s'empêchait de sourire, mais les coins de ses lèvres tressautaient quand leurs yeux se croisèrent. Giotto soupira de dépit.

-N'en sois pas si sûr. Tu ne sais pas ce qui peut arriver.

-Tout comme vous ne pouvez pas tout prévoir, Giotto-san. Je vais vous le répéter, mais n'aviez-vous pas dit que vous avez l'intention de protéger les Vongola, votre territoire et "plus encore" ? Peut-être qu'en planifiant ça vous voulez protéger votre territoire et pourquoi pas nous pourrions étendre votre prédiction à moi-même... Personnellement, j'aurais préféré que vous n'en fassiez rien, que ce soit pour vous, moi, ou pour les innocents qui risquent de se retrouver au beau milieu de ce bazar. Mais enfin je ne suis pas le boss des Vongola !

-Qu'aurais-tu préféré que je fasse dans ce cas ?

Tsuna resta silencieux, son sourire fanant complément, avant de reprendre la parole, légèrement triste.

-J'aurais préféré que vous ne me trouviez jamais. J'aurais préféré que le signore Alaude ne me voie pas. J'aurais préféré que vous me relâchiez une fois que j'étais guéri... Il y a plusieurs choses que j'aurais préféré... J'aurais préféré que vous n'essayez pas de me faire cracher mes secrets ou n'épiez pas la moindre de mes réactions toutes les dix minutes. J'aurais préféré que vous n'ayez jamais eu cette idée... Mais plus que tout, j'aurais préféré que vous ayez confiance en moi.


L'impatience et la frustration des gardiens de la première génération montaient. Ils avaient pratiquement fini d'inspecter les villes de leur territoire, ne manquant plus que les derniers quartiers de la dernière ville de leur liste et pourtant rien ne s'était produit. Alors qu'une part au plus profond de lui se réjouissait de l'absence d'hostilité et donc de conflits dans les rues, comprenant les inquiétudes du plus jeune, une autre était déçue. Il n'arrivait à s'expliquer sa curiosité. Il l'avait compris. Maintenant il ne voulait plus seulement apprendre tout de Tsuna pour une quelconque menace qu'il pourrait poser à sa famiglia, il voulait tout simplement mieux le connaître, tout savoir de lui, comme si Tsuna était un membre de sa famille perdu depuis longtemps. Et c'était autrement plus dur à ignorer. G, en revanche, devenait de plus en plus irritable. Alaude et Deamon ne laissait rien paraître, comme à leur habitude, mais Giotto sentait qu'ils étaient tout aussi frustrés. Cependant, même si Giotto appréciait l'absence de combat, il pressentait que ce ne serait pas toujours le cas. Tsuna, quant à lui était devenu de plus en plus silencieux, sa figure enveloppée dans la longue cape noire, tendue comme la corde d'un arc.

Ils étaient sur le chemin du retour, vers leur véhicule qui les attendait, marchant dans la rue principale de la ville encore grouillante de civils, que G finit par laisser sortir sa frustration par un grognement furieux.

-Et merda ! On a fini et rien ne s'est passé. Bravo, ragazzo, tu as gagné !

Tsuna ne répondit pas à la pique. Giotto savait que G continuait à l'appeler ainsi afin de provoquer une réaction de la part du plus jeune. Et si au fur et à mesure du voyage, Tsuna avait fini par ne plus répondre verbalement à ces provocations, il avait néanmoins décroché plusieurs regards réprobateurs au gardien de la Tempête. Sauf que cette fois-ci, Tsuna ne réagit pas. Avant même que Giotto ne put l'appeler, Tsuna soupira discrètement.

-Malheureusement, j'ai bien peur que ce ne soit vous qui ayez gagné, signore G.

Tous les membres de la première génération tournèrent leur regard vers le plus jeune.

-Que...

-Pas maintenant, siffla presque silencieusement Tsuna, forçant les quatre hommes à se concentrer sur ce qu'il disait. A présent que vous les avez forcé à bouger, vous n'avez plus de choix : vous devez suivre ce que je vous dis. Et sans éveiller les soupçons.

Il avait dit cette dernière remarque d'un ton légèrement plus fort en voyant G ouvrir la bouche. Celui-ci se renfrogna et parla d'une voix moins forte qu'à l'accoutumée, sentant tout le sérieux dans la voix de Tsuna, ainsi qu'un léger tremblement, le convainquant que quelque chose de pas net se préparait.

-Et pourquoi devrait-on suivre tes directives ? Et si tu nous emmenais dans un piège ?

Tsuna allait rétorquer avant qu'il ne se figea pendant une seconde. Puis à une vitesse fulgurante, Tsuna se précipita sur G et le força à aller à terre. Ni sa cible, ni aucun des gardiens ne purent réagir assez vite pour l'arrêter. Tout ce qu'ils savaient était que, à peine Tsuna avait fait perdre l'équilibre à G, que la surface du mur à côté d'où se tenait G, explosa en une multitude de morceaux de cailloux, surprenant alors les Vongola.

-Voilà pourquoi, rétorqua le jeune japonais avant de se remettre sur pied et attrapa le poignet de G, encore abasourdi par l'attaque et le força à se redresser. Bougez !

Tsuna entraîna le gardien de la Tempête à sa suite, alors qu'il courait dans la rue principale de la ville, sous les cris des habitants qui, ayant vu et entendu l'endommagement du mur, couraient dans la rue pour se mettre à l'abri, quoi qu'il se passait. Tsuna n'eut pas besoin de se retourner pour savoir si les autres membres de la première génération suivaient. Son Hyper-Intuition lui assurait que le Primo avait fini par se ressentir la présence des snipers, postés sur les toits des habitations, et évitait les tirs, parfois écartant légèrement Alaude, de la trajectoire des balles, sans aucun mot. Ce dernier grognait presque à l'encontre de Giotto, quand cela arrivait, mais le boss n'en avait que faire. Brusquement, Tsuna tourna dans une étroite ruelle et s'y engagea, lâchant le poignet de G. Les tirs se firent alors moins présents et moins précis. Tandis que des éclats de voix commençaient à retentir dans la rue qu'ils quittaient.

-Merda, ils nous ont échappés !

-Retrouvez-les !

-A mort les Vongola !

Giotto réussit à continuer de courir, malgré la surprise de la situation. Il savait que la loi du plus fort prévalait dans le monde de la mafia. Mais qu'avait pu faire sa famiglia, toute jeune qu'elle était pour récolter la hargne qu'il pouvait entendre dans ces voix ? Son groupe n'était entré dans ce monde que depuis deux ou trois ans, juste le temps pour prendre sous son contrôle la Sicile, et encore pas totalement et la plupart de la constitution de son territoire avait été réglée pacifiquement, grâce à la réputation de son groupe d'auto-défense. Alors pourquoi autant de haine ? Était-ce juste une lutte de pouvoir ? Car de toute évidence ces adversaires n'étaient pas à la poursuite de Tsuna, aussi n'étaient-il pas les ennemis du plus jeune, ceux qu'ils espéraient attirer.

Giotto fut sorti de ses pensées par une réplique de Deamon, les tirs de leurs ennemis retentissant encore dans leur dos.

-Pourquoi fuir ? Nous devrions riposter. Nous pourrions leur poser quelques questions ensuite. Nufufufufu.

Deamon s'arrêta aussitôt et faisant apparaître sa faux, il créa un bouclier transparent, espérant arrêter les balles des snipers. Cependant Tsuna s'arrêta en même temps que lui, tout comme les autres et tandis que les gardiens pour une fois en accord avec le Brouillard, se préparaient à sortir leurs armes, Tsuna ouvrit grand les yeux.

-NON !

-Deamon ! Baisse-toi !

Ce fut autant l'alarme et la panique que Deamon pouvait entendre dans la voix de Tsuna que l'ordre bref et autoritaire de Giotto qui le fit réagir. Il réussit à s'accroupir à temps pour voir les balles qui luisaient d'une étrange lumière jaune passer au travers de son bouclier et se planter dans le sol plus loin derrière, passant exactement sur la trajectoire où sa tête s'était trouvée.

-A droite ! cria à nouveau Tsuna.

Laissant ses instincts reprendre le dessus, Deamon bascula vers la droite comme indiqué et esquiva alors une nouvelle rafale.

-Comment... ?

-Pas maintenant, répéta Tsuna d'une manière plus pressante. Il faut que nous les semions. Suivez-moi !

Sur ces mots, Tsuna continua sa course, dépassant G et Alaude qui les avaient devancés. Il n'y eut pas une seule hésitation quand ils commencèrent à courir. Ils turent leurs questions au gamin mais ne purent s'empêcher de repenser à ce qu'ils venaient de voir.

-Giotto... commença G en s'approchant de leur ami, tout à sa course. Est-ce que j'ai bien vu ou... ? C'était des flammes du Soleil sur... sur les balles ou... ? Je pensais que nous étions les seuls à les connaître !

-C'était bien des flammes du Soleil.

Tous regardèrent Tsuna qui continua.

-Vous devriez à présent vous mettre en tête que vous n'êtes pas les seuls à combattre avec elles. L'arrogance et la surestimation de vos capacités pourraient à partir de maintenant vous coûter la vie.

-Tsuna ? s'inquiéta Giotto en voyant le plus jeune s'arrêter brusquement devant eux, les forçant à stopper leur course à leur tour.

Tsuna leva une main pour le faire taire. Il resta immobile pendant quelques secondes avant de se précipiter une nouvelle fois à une vitesse impressionnante sur un carrefour de ruelles. Avant même de l'atteindre, Tsuna s'élança, pied en avant. Juste au même moment un homme, arme à la main, apparut au tournant. Il n'eut pas le temps de réagir ni même de voir ce qu'il se passait, qu'il se le prit en plein visage. Les autres hommes qui suivaient le premier eurent un temps d'arrêt, hésitants et surpris par cette attaque impromptue. Mais Tsuna ne leur laissa pas le loisir de s'en remettre et attaqua de nouveau avec dextérité. Il s'aplatit à terre pour faucher les jambes du deuxième qui, encore surpris, perdit l'équilibre et bascula sur un de ses compagnons derrière lui. Posant une de ses mains à terre, Tsuna effectua une pression, une jambe tendue au-dessus de sa tête, appuya sur le sol, donna au troisième un coup au menton le faisant refermer d'un coup sa mâchoire, et dans l'action, le faisant mordre sa propre langue. L'homme hurla de douleur autant pour son menton que pour sa langue, dévoilant sa bouche en sang.

Giotto et G glapirent de stupeur et Alaude et Deamon étudiaient et on pourrait le dire, appréciait les capacités de combats du plus jeune tandis que Tsuna continuait de se battre, peu affecté d'avoir fait couler du sang, évitant avec souplesse les attaques de ses adversaires avec un minimum d'efforts, ses bras et ses jambes prêts à le défendre à la moindre opportunité. Puis un des hommes sembla reculer, une lueur de compréhension dans le regard. Ce dernier attendit le moment opportun, et enfin, finit par attaquer Tsuna, des poignards apparaissant dans ses mains. Giotto n'eut pas le temps de le prévenir que Tsuna se retourna vivement au même moment et saisit les poignets, stoppant l'homme dans son élan. Cependant, celui-ci usa de force brute pour faire basculer le plus jeune tout en prenant soin de poser un pied sur la cape que le plus petit portait. Aussi, quand Tsuna réussit à s'extraire de la prise de l'homme, il recula et sa cape glissa, tout comme sa capuche, révélant pour la seconde fois son visage. L'homme se releva et eut un petit sourire victorieux.

-Je m'en doutais. Tu es ce gamin... Tu es l'héritier de la Von...

L'homme n'eut pas le temps d'en dire plus car Tsuna disparut de son champ de vision pour réapparaître à mi-hauteur à sa gauche. Violemment, Tsuna porta un coup vers l'arrière de sa nuque, interrompant le mafieux dans sa phrase et qui ouvrit des yeux ronds avant que ceux-ci ne se fermèrent. L'homme tomba à terre sous les yeux médusés de la première génération. Un flash doré apparut dans la paume de Tsuna qui se mit alors à l'offensive, ses coups plus puissants et plus rapides, mettant au tapis les hommes qui l'entouraient. En voyant ses derniers compagnons tomber les uns après les autres sous les assauts méthodiques et furtifs de l'héritier Vongola, un des hommes voulut s'enfuir mais fut vite rattrapé par Tsuna qui lui asséna un coup de pied retourné au niveau du torse, l'envoyant voler jusqu'au mur. L'homme releva la tête, reprenant à peine son souffle qu'il sentit une immense pression au niveau de sa jugulaire. Il baissa les yeux pour voir le regard mordoré du plus jeune, froid et calculateur, tandis qu'il avait de plus en plus de mal à respirer.

La première génération regarda avec effroi Tsuna maîtriser l'homme avec une facilité déconcertante puis en un éclair, appliquer son coupe-lettre au niveau de la jugulaire et y effectuer une pression constante. Le visage de l'homme vira au rouge pour finalement basculer peu à peu vers le violet, faisant pâlir Giotto.

-Tsuna, arrête ! cria-t-il, craignant pour la vie de l'homme.

Mais le plus jeune ne cilla pas au cri du boss des Vongola. Alaude se précipita vers eux et, alors qu'il saisit le poignet de Tsuna, les yeux de l'homme roulèrent vers l'arrière de son crâne. Tsuna le lâcha aussitôt, surprenant Alaude, pour sa docilité, qui commençait juste à éloigner le bras de Tsuna du cou de son adversaire. Tsuna releva ses yeux qui reprenaient peu à peu leur couleur naturelle. Giotto haussa un sourcil à ce changement de couleur, qu'il avait entraperçu la veille et qui était si semblable à la manifestation de ses flammes.

-Il n'est pas mort, déclara Tsuna calmement. Juste inconscient.

Giotto hocha lentement la tête. Alaude se pencha tout de même avant de confirmer d'un regard affirmatif.

-Je ne savais pas que tu savais te battre à ce point, Tsuna... Désarmer et mettre un homme à terre était déjà impressionnant, mais ici...

-Que voulez-vous ? J'ai appris à me défendre. Je suis certain que vous avez beaucoup de questions, Giotto-san, signore Alaude, signore Deamon et signore G. Mais l'endroit n'est pas sûr. Je vous... hésita Tsuna, ses sourcils se fronçant sous l'intensité de sa réflexion avant de parler, hésitant toujours comme si sa décision lui faisait mal au cœur. Je vous promets... de vous révéler tout ce que vous voulez savoir. De vous dire toute la vérité. Mais avant je vous demande de me faire confiance.

Il y eut un instant avant que le rire de Deamon retentit dans la ruelle.

-Nufufufu... Il n'y a pas à dire : tu te révèles de plus en plus intéressant au fur et à mesure que le temps passe, Tsuna. Très bien, je suis prêt à te suivre.

-Ne crois pas que tu puisses m'échapper, j'ai encore beaucoup de questionn à te poser...

-Tch ! T'as intérêt à ce que tes explications soient convaincantes, grommela G.

-Nous te suivons, conclut Giotto en souriant.

Tsuna hocha la tête.

-Dans ce cas, restez derrière moi. Ces hommes en ont près votre vie. Ils ne doivent ni y arriver ni à mettre la main sur vos anneaux Vongola. Oui, interrompit-il en voyant le Primo ouvrir la bouche, un regard ébahi sur le visage, oui je connais la nature de vos anneaux. Mais je vous jure de tout vous dire, alors d'ici là, prenez vos questions en patience.

Voyant le Primo refermer la bouche, Tsuna se détourna et allait recommencer à courir mais la voix de G retentit.

-Tu pourrais au moins nous dire ton véritable prénom ! « Tsuna » n'est pas le vrai, non ?

-G ! Tsuna nous a promis qu'il nous dirait tout. Laisse-lui sa chance.

-Désolé, Giotto, mais je n'aime pas suivre quelqu'un dont je ne connais pas le nom !

Alaude et Deamon ne dirent rien mais Tsuna put sentir qu'ils partageaient son avis. Réfléchissant à toute vitesse, Tsuna se tourna à demi vers la troupe des Vongola.

-Si jamais je vous donne mon véritable prénom, vous me suivrez sans poser d'autre question ?

Sans un mot, G hocha brièvement la tête. Tsuna soupira :

-Je ne vous ai pas menti. Les gens m'appellent Tsuna. En vérité, il y a bien plus de personnes dans mon entourage qui m'appellent ainsi que ceux qui m'appellent par mon véritable prénom. Mais si vous insistez, sachez que mon nom, celui que ma mère m'a donné à ma naissance, est Tsunayoshi.

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Voilà pour le chapitre 49 ! Des révélations commencent à se faire et en plus l'ennemi a fait son apparition ! Que demander de plus ?... Ah oui la dixième génération... bon bah une prochaine fois ^^ J'ai dû couper ce chapitre pour éviter qu'il ne soit trop long et surtout parce que je voulais publier ce dimanche et je n'ai pas encore eu le temps d'écrire la suite de celui-là. Donc pour l'instant vous allez vous contenter de ça ^^

A la prochaine !