Salut les gens! Voila (enfin!) le chapitre 54... Désolée pour cette attente! Je sais que mon rythme de publication a prit du plomb dans l'aile et j'en suis désolée. Je ne vous promet pas le chapitre 55 pour mercredi parce que, mon état de santé étant ce qu'il est en ce moment, je ne sais pas si j'arriverais à tenir le rythme, mais je vous jure que je vais essayer de toutes mes forces de vous l'écrire pour très bientôt!
Merci à tous mes "fidèles" qui me pardonne sans hésiter cette longue attente et qui continuent à me lire (même à ceux qui ne laissent pas de review!)
Et merci à Morphée qui m'algré un emploi du temps chargé, à réussi à corriger ce chapitre en prenant sur ses heures de sommeil.
Il ne reste plus que 6 chapitres, épilogue inclu. Ca fait un peu plus de deux ans que je travaille sur cette histoire que dont j'ai publié le premier chapitre en Octobre 2008, alors j'ai l'intention de m'accrocher pour ne pas vous faire trop attendre pour en connaitre la fin!
L'avantage de la prochaine histoire que je publierais c'est que sur 19 chapitres environs, j'en ai déjà 10 d'écrit et que donc les délais seront respectés sans problème (la joie d'être prévoyante!). Pour ma défense, j'avais pas prévu que SCR soit si longue!
Sur ce, je vous laisse à votre lecture
enjoy
- Répète-moi ça, ordonna Voldemort d'une voix trop calme.
- Draco a décidé de ne plus revenir et donc de ne pas s'engager auprès de vous, Maître, répéta Lucius d'un ton froid. Il l'a écrit en cachette à sa mère pour le lui dire, sans penser que celle-ci me montrerait la missive.
Voldemort serra les poings.
- Si tu ne me servais pas depuis de si nombreuses années, Lucius, je te tuerais immédiatement pour l'exemple !
Celui-ci baissa la tête sans répondre.
- Mais, poursuivit le lord, puisque tu es venu sans attendre m'informer de ce regrettable… contretemps, je me bornerai à faire un exemple de ton traitre de fils. Tu n'y vois pas d'inconvénient, je suppose ?
- Maître, assura Malefoy avec ferveur en relevant la tête, je châtierai cet imbécile de mes propres mains si j'en avais l'occasion !
- Ton éducation laisse quelque peu à désirer tu en conviendras, je me chargerai donc moi-même du châtiment. Commence à trouver un autre héritier, Lucius, parce que tu peux dire adieu a celui-ci…
- Mon… fils, siffla le mangemort avec dégout, ne mérite pas de me succéder, Maître. Je préfère voir le nom des Malefoy s'éteindre plutôt que de le voir représenté par un lâche.
Voldemort hocha la tête avec satisfaction avant de se lever, jaugeant du regard ses fidèles les plus actifs : Bellatrix, Rodolphus, Rabastan et Lucius.
- Bellatrix, je te charge de mettre au point un stratagème quelconque pour mettre la main sur ce petit couard. Tu te feras, j'en suis sûr, une joie de participer au châtiment que je compte lui infliger !
- Bien entendu Maître, assura la mangemort, je suis mortifiée que mon propre neveu se montre aussi peu digne de son nom et du nom des Black…
- Ne te sens pas coupable ; parfois, malgré la meilleure des éducations, une pomme pourrie reste une pomme pourrie. Nous nous devons à présent la supprimer avant qu'elle ne pourrisse le reste du panier.
- Je retrouverai Draco, assura la mangemort, et je le ramènerai tremblant et gémissant à vos pieds pour y subir son juste châtiment !
- Rodolphus t'accompagnera. Je compte sur lui pour faire en sorte que Draco arrive devant moi en un seul morceau. Je veux me charger de lui personnellement et je connais trop ton… enthousiasme, ma chère Bella.
Bella s'inclina devant son maitre avec un gloussement tandis que derrière elle son époux en faisait autant, un sourire amusé aux lèvres, signifiant ainsi à son maitre qu'il se montrerait à la hauteur de sa mission.
À l'extérieur de la salle d'audience un bruit de dispute étouffée se fit entendre, faisant froncer les sourcils du lord.
- … en réunion… accès interdit…
- Immédiatement… mon fils… mensonge !
Lucius se rembrunit imperceptiblement et amorça un geste pour se relever.
- Laissez-moi régler ce problème Maître…
D'un geste, le lord lui ordonna de rester à sa place et, d'un mouvement de sa baguette, ouvrit brusquement les portes de la pièce.
Devant celles-ci, un jeune mangemort, les bras écartés, tentait d'interdire l'accès à la pièce à une Narcissa furieuse qui lui pointait sa baguette sous le nez.
- Quelle est cette agitation ? Siffla le lord d'un air mécontent.
Profitant de la seconde d'inattention du garde, Narcissa le contourna rapidement et se précipita vers le lord, un parchemin serré contre elle. Elle se jeta à genoux sans prendre la peine d'arriver jusqu'à Voldemort.
- Que veux-tu Narcissa ? Demanda-t-il d'un ton agacé.
- Mon fils n'est pas un traitre, Maître. Et je peux le prouver !
Voldemort se laissa aller contre le dossier de son trône en se caressant le menton.
- Je vous en prie Maître, implora Narcissa, au nom de la loyauté et de la dévotion que vous on toujours montré les familles Malefoy et Black, je vous supplie de bien vouloir prendre la peine de lire cette lettre.
Voldemort la regarda intensément quelques instant. Son regard dériva vers Malefoy, qui regardait son épouse, une étincelle meurtrière au fond du regard, puis vers Bellatrix qui hocha imperceptiblement la tête à la question muette de son maître. Narcissa n'aurait jamais interrompu une réunion sans avoir quelques cartes en main.
Sans un mot, le mage tendit la main en un geste impérieux et Narcissa se releva prestement pour lui remettre la missive, qu'il lui arracha des mains.
Croisant le regard furieux de son époux, la sorcière blonde frissonna et se réfugia près de sa sœur qui fusilla son confrère du regard.
Le lord fronça les sourcils en lisant la lettre. Il leva brièvement les yeux sur Lucius avant de se replonger dans la missive, sans mot dire.
Après avoir relu la lettre une seconde fois, il la tendit brusquement dans la direction de Bellatrix qui avança rapidement pour s'en saisir. Sur un signe de son maitre elle se plongea dans la lecture du parchemin et poussa un grognement furieux.
- Quoi ? demanda Rodolphus.
La mangemort leva les yeux vers son maitre qui hocha la tête, lui donna son assentiment.
- Maman, lut-elle, je suis désolé de te laisser comme ça mais je n'ai pas le choix. Je ne reviendrai pas à la fin de l'année. Tu sais que je souhaite servir le maitre mais j'ai trop peur de revenir ; Tu sais que père me tuera. Je ne serai jamais à la hauteur à ses yeux, il n'est jamais satisfait. S'il me refait ce qu'il m'a fait cette semaine, je ne survivrai pas assez longtemps pour réaliser ma première mission.
Bellatrix cessa sa lecture et rendit la lettre à Narcissa qui se tordait les mains d'angoisse.
Voldemort les regarda lentement, l'un après l'autre avant d'arrêter son regard glacial sur Lucius.
- À la lecture de cette lettre, siffla-t-il, il me parait évident que le jeune Malefoy n'a en aucun cas fuit la cause. Ce qu'il a fuit, Lucius, c'est toi… Toi et tes mauvais traitements permanents et injustes !
- Maître… tenta le mangemort, les yeux écarquillés.
- Silence ! Tonna Voldemort. Nous perdons assez de soldats comme cela sans que tu risques d'en tuer un toi-même avec ton incapacité flagrante à garder ton sang-froid !
Lucius baissa la tête sans répondre. Que pouvait-il dire ? De toute évidence, pas la vérité. Révéler à son maitre que Draco avait contribué à la fuite de Dementia et son fils, et que lui-même avait ouvert la porte pour qu'ils puissent quitter la demeure sans encombre, revenait à signer leur arrêt de mort à tous.
- Doloris ! lança sèchement Voldemort
Lucius s'affaissa lourdement sur le sol, réprimant un cri de douleur. Il ne pouvait rien faire pour se sortir de ce mauvais pas, tout ce qu'il pourrait dire ne servirait qu'à envenimer davantage les choses. Il ne pouvait que subir les doloris de son maitre en gardant le silence quant à la réalité des choses.
Après quelques minutes, le lord se sentit plus calme.
- Bellatrix, ordonna-t-il froidement, tu vas écrire à Draco et lui dire qu'il sera marqué cet été, après ses examens de fin d'étude. Dis-lui que son imbécile de père n'aura plus aucun droit sur lui et que nous veillerons, toi et moi, à ce qu'il ne lui cause plus aucun tort.
Bellatrix hocha la tête et Voldemort, sur un dernier regard méprisant pour le sorcier qui reprenait son souffle, sortit de la pièce suivit par Naguini.
Aussitôt que leur maitre eut disparu, Lucius se leva en chancelant légèrement, et, furieux, fit un pas vers Narcissa, pâle de frayeur. Bella tendit aussitôt sa baguette devant elle, s'interposant entre les époux.
- Ne t'avise pas de toucher à ma sœur, siffla-t-elle d'un air mauvais. Tu n'as plus la faveur du Maître et il ne me tiendra pas rigueur de quelques débordements…
Lucius la jaugea du regard, les dents serrées, conscient de la véracité des paroles de la mangemort. Auparavant, Bellatrix rongeait son frein, soumise à l'ordre du Lord de laisser Lucius mener sa vie familiale comme il l'entendait ; il avait donc pu corriger Narcissa comme bon lui semblait. Mais à présent, il savait que le lord était trop furieux contre lui pour prendre son parti si sa belle-sœur le clouait au mur d'un maléfice de son cru pour avoir levé la main sur Narcissa.
Malgré ses 40 ans, la seule blonde de la famille Black resterait toujours aux yeux de tous comme « le bébé » de la famille.
Le sorcier jeta un regard noir à Rodolphus qui n'avait pas bougé de son coin et sortit de la pièce à grandes enjambées. Narcissa porta une main tremblante à son cœur tandis que Bella suivit du regard son beau-frère jusqu'à ce qu'il disparaisse.
- Je vais aller écrire cette lettre à Draco, déclara-t-elle à sa sœur. Je lui assurerai que tu vas bien et qu'il n'a aucun soucis à se faire concernant Lucius, ni pour toi, ni pour lui-même. Va donc te reposer. Et n'hésite pas à venir me prévenir si Lucius te cherche des noises.
Narcissa hocha la tête et, après avoir serré la main de sa sœur dans un geste de gratitude, elle prit la direction de ses appartements.
Bellatrix chargea Rodolphus de l'accompagner, pour s'assurer de l'absence de Lucius, et prit elle-même le chemin de sa chambre dans l'intention d'écrire sa lettre.
.
OoO
.
Le bruit d'un bec heurtant la vitre tira Draco de sa somnolence. Il se redressa avec difficulté du canapé et jeta un œil vers ladite vitre avant de déglutir : un grand duc imposant était posé sur le rebord de la fenêtre et le toisait d'un air supérieur.
- Buckminster, soupira-t-il.
Serrant les dents, il se leva. Ses blessures avaient toutes disparues grâce aux onguents de Severus, mais les contrecoups du Doloris, eux, mettaient bien plus de temps à s'estomper. Severus le lui avait succinctement expliqué. Il avait reçut le sort un trop grand nombre de fois pour que la potion post-doloris soit efficace et bien que celle-ci eut rendu la douleur tolérable, il souffrirait de raideurs pendant encore plusieurs jours.
Il finit par atteindre la fenêtre et l'oiseau entra rapidement, lui signifiant son mécontentement d'un grand coup de bec.
Avec un soupir résigné, Draco suivit le volatile jusqu'au dossier de chaise où celui-ci s'était posé et récupéra l'enveloppe portant son nom.
Se laissant tomber dans un fauteuil, il décacheta la missive et resta quelques secondes à contempler l'écriture fine et penchée de sa tante sans la lire, repensant aux vacances qui venaient de s'écouler.
Il avait bien cru sa dernière heure arrivée. Jamais son père ne l'avait corrigé avec tant de hargne et de vigueur, lui brisant plusieurs côtes. Sa mère, qu'il n'avait vu qu'en de rares occasions et toujours brièvement, lui avait fait boire une potion destinée à ressouder les os, ce qui lui avait évité de devenir fou de douleur et de risquer une perforation d'organe mais Narcissa n'avait pu faire plus pour lui. Bien qu'elle ne lui ait rien dit, ni rien reproché, il était persuadé qu'elle avait dû elle-même faire face à la colère de son père.
Sentant sur lui le regard impérieux de Buckminster, il secoua la tête pour chasser ses pénibles souvenirs et se força à plonger dans la lettre. Il le fallait bien, il devait savoir comment les choses se passaient à Little Hangleton, est-ce que sa mère allait bien ? Son père était-il encore furieux ? Contre toute logique, il craignait que le lord ait deviné sa demande de protection auprès de Rogue et Dumbledore. Et, bien que revenir à Poudlard ait été un réel soulagement, bien que le professeur Rogue ait recommencé à s'occuper de lui, même s'il le faisait la plupart du temps rapidement et dans un silence pesant, la crainte qu'il éprouvait envers son professeur de potion l'empêchait de se sentir totalement en sécurité.
La fine écriture de sa tante n'était pas aisée à lire et il s'attela à la tâche, les sourcils froncés. Il retint une exclamation de surprise lorsque celle-ci lui annonça le nombre de doloris que ses mauvais traitements avaient coûté à son père et il se sentit trembler. Comment Lucius avait-il prit une telle humiliation ? Il était impensable qu'il laisse une telle chose passer sans réagir et, s'il ne pouvait s'en prendre à son maitre, il ne faisait aucun doute que Narcissa et Draco auraient bientôt à affronter sa rage.
La suite de la lettre l'étonna encore plus. Sa tante l'assurait de sa protection et le lord lui-même lui donnait tout son soutien contre son père. Il désirait en revanche, et cela provoqua une douloureuse contraction de l'estomac de Draco, le marquer dès la fin de l'école.
Il terminait la lettre, avec l'affirmation de sa tante que sa protection s'étendrait désormais à sa mère, puisque Lucius n'était plus en position auprès du seigneur des ténèbres de n'en faire qu'à sa tête, lorsque Severus entra brusquement dans la pièce.
- Qu'est-ce que cet infernal volatile fait dans mes appartements ? Gronda l'homme d'un ton furieux en chassant Buckminster d'un geste sec.
- J'ai reçu du courrier, répondit Draco en tremblant devant la colère à peine contenue de son directeur de maison.
Severus lui arracha pratiquement des mains le parchemin qu'il lui tendait et le parcourut rapidement tandis que Draco se recroquevillait dans son fauteuil, prenant conscience qu'il se trouvait seul avec l'homme.
Celui-ci lut la lettre deux fois avant d'esquisser un sourire satisfait.
- Bien… C'est parfait. Je dois dire que je n'en espérais pas tant.
- C'est bien ? demanda Draco, étonné.
- Et bien oui. Cela te donne du temps. De toute évidence le seigneur des ténèbres ne tentera pas de te récupérer avant tes ASPICs, ce qui te laissera donc finir sereinement cette année scolaire. Tu vas répondre à ta tante.
- Vous avez chassé Buckminster, fit remarquer Draco.
- Tu répondras avec le tiens, il est déjà allé là bas pour porter du courrier à ta mère, il est donc évident qu'il peut passer les protections du manoir.
Voyant la moue peu convaincu de Draco, Severus ajouta avec humeur :
- De quoi as-tu peur ? Elle ne va pas le manger ! Et tu vas de toute façon répondre positivement.
- Quoi ? S'étrangla l'adolescent.
- Fais attention à ta façon de me répondre, gronda Severus, faisant se recroqueviller à nouveau l'adolescent. Oui tu vas répondre positivement et même avec enthousiasme ; tu vas faire en sorte qu'il ne fasse aucun doute pour ta tante que tu attends avec impatience d'être marqué et que, maintenant que tu sais qu'elle te prendra sous sa protection, tu ne ressens plus aucune crainte à l'idée d'y retourner. Cela suffira à les faire patienter jusqu'en juin.
Draco soupira, s'attirant un regard noir de Severus qui saisit une liasse de parchemins vierges sur son bureau et les lui jeta au visage.
- Cesse de faire l'enfant et va écrire cette lettre. Installe-toi dans la chambre de Dementia et sois convainquant ! Inutile de préciser que j'exige de lire ta réponse avant de l'envoyer. Mais je te déconseille de me faire perdre mon temps en ne t'appliquant pas, compris ?
Draco hocha la tête, tétanisé, et se précipita dehors aussi vite que son corps douloureux le lui permettait, mettant le plus de distance possible entre lui et Severus. Il ne se détendit qu'une fois à l'abri dans la chambre de sa cousine, assis à son secrétaire, un parchemin vierge devant lui et une plume à la main. Convainquant et enthousiasme avait dit Rogue… Il soupira à nouveau et tenta de re-glisser dans la peau de parfait petit mangemort.
« Ma chère tante Bella,
J'ai reçu ta lettre avec un grand plaisir doublé d'un immense soulagement.
Je pensais déjà ne jamais pouvoir servir les ambitions de notre Maître et, pire que tout, passer pour un traitre à ses yeux. Mais je pensais sincèrement que je n'avais aucune chance de survivre à un éventuel retour. Mon père… enfin tu sais comment il est. J'ai vraiment pensé cette fois que je ne survivrai pas à ces vacances. Il était effrayant et semblait avoir perdu toute commune mesure. Je suis retourné à Poudlard à moitié inconscient et j'ai prétexté une chute depuis les marches du train auprès de Mme Pomfresh pour qu'elle me donne de quoi me soigner. Je ne pouvais guère la laisser m'examiner, j'avais peur qu'elle ne détecte les effets du doloris. Elle m'aurait interrogé, et même si je sais que je ne peux pas trahir la position du quartier général du Maître, je ne veux pas prendre le risque et je préférerais mourir que de lui porter préjudice.
Je te remercie de ta protection, je suis sûr à présent de pouvoir prendre ma place auprès de notre Seigneur sans risque d'être tué par mon propre père avant d'avoir pu faire mes preuves…
J'attends avec impatience la fin de l'année scolaire pour commencer mon véritable apprentissage à tes côtés. Toi qui as toujours été la plus fervente et la plus douée des fidèles de notre cause, je sais déjà tout ce que tu pourras m'apporter, toutes les connaissances que tu pourras me transmettre.
Et à présent, c'est sans aucune appréhension mais avec une impatience grandissante que j'attends de pouvoir revenir, et enfin m'engager vraiment dans cette lutte qui est la notre.
Veilles bien sur ma mère , je crains en effet que la colère de mon père ne rejaillisse sur elle, comme toujours.
À très vite
Ton neveu impatient et reconnaissant,
Draco Malefoy. »
L'adolescent relu plusieurs fois la lettre qu'il venait d'achever. Ça lui semblait correct, tout était réuni pour satisfaire sa tante Bellatrix : enthousiasme, flatterie, impatience…
Après un moment d'hésitation il sortit de la chambre de Dementia et se dirigea en grimaçant vers le bureau où Severus corrigeait des copies. Il resta un instant immobile au milieu du salon, hésitant à s'approcher et la voix froide de Severus le fit sursauter.
- Tu attends un carton d'invitation ?
- Euh… non monsieur.
Il tendit le parchemin d'une main tremblante, se maudissant intérieurement pour sa faiblesse. Severus le saisit brutalement et le parcourut rapidement, les sourcils froncés. Draco se mordilla les lèvres pendant toute la durée de la lecture de son directeur de maison, qui lui sembla durer des heures. Au bout d'un long moment, et de toute évidence de plusieurs lectures, Severus leva des yeux mi-moqueurs mi-soupçonneux sur lui.
- Quel sang froid dans le mensonge, ironisa-t-il, à se demander si vraiment tu as changé de camp ou si tu ne t'empresseras pas de filer auprès de ta chère tante dès ton année terminée…
Draco déglutit avec difficulté sans oser répondre. Que pouvait-il dire ? S'il n'avait pas été convaincant, sans doute Severus serait-il entré dans une colère noire, l'accusant de lui faire perdre son temps.
- Bon, reprit le professeur de potion, l'obligeant à reporter son attention sur la conversation, ça devrait pouvoir aller. Bellatrix devrait être convaincue de ta bonne foi et de ta bonne volonté et pourra rassurer son maitre sur ta loyauté.
Draco hocha la tête, ne sachant que répondre.
- Tu vas l'envoyer immédiatement. Ainsi tu seras assuré d'être tranquille jusqu'en juin… d'ici là nous aurons trouvé où te cacher. Que ce soit au manoir Rogue ou ailleurs…
Draco sentit son souffle se bloquer dans sa poitrine. Lorsque Potter avait émit l'idée qu'il aille vivre au manoir Rogue et que Severus n'avait pas protesté, il avait pensé que la chose était acquise. Il réalisait avec angoisse que son sort était loin d'être réglé et que personne ne savait exactement ce qu'il adviendrait de lui à la fin de l'année scolaire. Plus exactement, admit-il en son for intérieur, personne ne semblait vouloir de lui.
Il serra les dents, refusant de s'effondrer.
- Qu'est-ce que tu attends ? Siffla Severus. Crois-tu que la volière va descendre jusqu'à toi ? Ça ne te fera pas de mal de te bouger un peu ! Allez file !
Draco n'osa pas protester qu'il n'était pas censé déambuler dans les couloirs ; ce n'était pas comme si on pouvait encore le jeter dehors, n'est-ce pas ?
Réprimant un soupir, il prit lentement la direction de la volière.
L'aller-retour lui prit près d'une heure, chaque muscle de son corps semblait hurler de mécontentement à chaque pas qu'il faisait et il craignait de s'effondrer d'un instant à l'autre. C'est avec soulagement qu'il arriva dans le couloir des cachots, et la pensée que Severus avait dû se rendre en cours ne fit que renforcer ce soulagement.
- Eh Malefoy !
La voix d'Harry le prit par surprise et il manqua de s'étaler de tout son long dans le couloir. Par habitude, il jeta un regard mauvais à son camarade, lequel ne sembla pas impressionné pour deux noises.
- Qu'est-ce que tu fiche là ? Je croyais que t'avais pas le droit de te promener. Et puis t'es pas censé te reposer ? Tu viens d'où ?
- Tu serais pas hyperactif Potter ?
- Hein ?
- Comment veux-tu avoir des réponses si tu me laisses pas en placer une ?
- Olala, on dirait Hermione !
- La sang de… euh je veux dire Granger remonte dans mon estime dans ce cas !
- Mouais, bon alors tu réponds ?
- Je retourne dans les appartements du professeur Rogue. Je n'ai pas le droit. Il parait qu'il faut que je bouge. De la volière.
- Quoi ?
- Tu ne te souviens même plus de tes propres questions ? Non je ne suis pas censé me promener, mais le professeur Rogue m'a demandé d'aller envoyer une lettre à ma tante pour calmer le jeu. Et j'essaie de retourner dans ses appartements.
- Demandé ?
- Ordonné…
- Ouais ça lui ressemble plus… J'aurais même dis aboyé… J'y vais aussi, tu vas y arriver ?
- Bien sûr que je vais y arriver ! Protesta Draco, indigné.
Harry leva les mains en signe de défense et marcha lentement aux côtés du Serpentard. Arrivé dans le salon vide, il se laissa tomber dans un fauteuil et regarda le blond s'installer en grimaçant dans le canapé.
- Alors ? Tu vas venir au manoir à la fin de l'année ?
- Je crois que rien n'a été décidé, soupira Draco avec un haussement d'épaule, sans pouvoir dissimuler totalement son inquiétude.
Harry fronça les sourcils ; il lui semblait pourtant que la chose était entendue. Pourquoi son père ne prendrait-il pas chez lui un Serpentard en difficulté ? Un Serpentard dont il avait toujours été particulièrement proche…
- De toute façon, soupira-t-il, tu auras toujours un endroit ou aller…
- Ah oui, railla Draco, ils se bousculent à l'entrée pour me prendre !
- Tonks et Remus sont d'accord, eux, riposta Harry.
- Qu'est-ce que le professeur Lupin vient faire là ?
- Tu ne sais pas qu'il a épousé ta cousine ? La fille d'Andromeda, la sœur de ta mère. J'en ai parlé avec eux et ils ont dit que si mon père ne pouvait pas te prendre, eux le feraient. Ils étaient vraiment furieux contre ton père. Alors tu vois, tu auras un endroit où aller de toute façon…
Derrière eux un bruit étouffé de dispute retentit et Harry leva les yeux au ciel.
- Quoi ? Demanda Draco.
- Demi et le potionniste de l'entrée peuvent pas se voir !
- Elle se dispute avec une peinture ?
- Elle se dispute bien avec les meubles… là au moins la peinture lui répond !
La jeune femme pénétra dans le salon sur ses mots, claquant avec force le portrait derrière elle, faisant s'égosiller la peinture qu'elle recouvrit d'une couverture d'un geste sec de baguette, et battre des mains à R.J qu'elle tenait sous son bras.
- Salut les garçons !
- Salut, répondirent-ils dans un ensemble parfait.
La jeune femme tendit son fils à Harry qui lança l'enfant en l'air, le faisant éclater de rire.
- Harry tu pourrais emmener R.J se promener un petit quart d'heure ? J'ai quelques petites choses à voir avec Draco.
- Bien sûr, accepta immédiatement l'adolescent.
Faisant tournoyer le bambin dans les airs en imitant un bruit d'avion, il se dirigea vers la porte d'entrée et disparu dans le couloir.
Dementia reporta son attention sur Draco, un sourire aux lèvres.
- Comment vas-tu ?
Draco haussa prudemment les épaules.
- Ça peut aller…
- Papa te mène la vie dure ?
- Non ça va, mentit l'adolescent.
- Il est pas croyable. Harry, qui est le principal concerné, ne t'en veux pas et lui il s'obstine…
Draco ne répondit pas et Dementia soupira.
- Écoute, je ne sais pas du tout comment les choses vont se passer mais tu auras toujours un endroit où vivre, tu le sais n'est-ce pas ?
Draco leva des yeux angoissés vers elle.
- Ouais je crois, Potter vient de me dire que le professeur Lupin était disposé à me prendre, même si je ne sais pas pourquoi il ferait ça…
- Parce que c'est un homme bien et que tu es son cousin par alliance. Mais je ne pensais pas forcément à eux… Si tu ne vas pas au manoir, effectivement tu peux aller au square Grimmaud, mais tu pourrais également aller en France, chez mes parents nourriciers, ou alors on pourrait aller à New York toi et moi, j'ai plusieurs amis là bas qui nous prêteraient un appart sans sourciller, ou je pourrait louer ou acheter une maison en France ou aux états unis, ou même ici en Angleterre !
Draco esquissa un sourire, rassuré. Il en espérait presque que Rogue ne veuille pas de lui et que Lupin change d'avis. Vivre avec Demi serait sans aucun doute bien plus agréable que de trembler en permanence en présence de son directeur de maison, ou d'être gêné auprès d'une pseudo famille qu'il connaissait à peine.
- Je voulais aussi te parler d'autre chose, reprit Demi d'une voix joyeuse.
- Quoi, demanda-t-il, intrigué par le changement de ton.
- Voilà… Accepterais-tu d'être le parrain de R.J ?
La mâchoire de Draco parut sur le point de se décrocher et de tomber au sol.
- Mais… mais… mais…
- Quoi ? Rit Demi.
- Je pensais que tu demanderais ça à Potter !…
- Harry est l'oncle de R.J, c'est déjà pas si mal. De plus il vient d'accepter d'être le parrain de l'enfant qu'attendent Tonks et Remus. J'en ai parlé avec lui et il trouve que c'est une bonne idée. La marraine de R.J sera mon amie Zoé, j'ai déjà dû te parler d'elle…
Draco hocha la tête.
- Alors ? Tu acceptes ?
L'adolescent sentit un immense sourire étirer ses lèvres. Un vrai sourire. Le premier depuis des semaines.
- Évidemment !
