49.

— Je te resserre une tasse de café et tu me racontes comment tu vois ça ? Avec tout ce qu'on a déjà avalé, on n'est pas près de trouver le sommeil de toute façon…

— Avoue que tu avais prévu ton coup en me demandant de venir te rejoindre ici !

— Euh… et donc, pour passer les contrôles de sécurité du ministère… ?

— Je sais que l'idée ne va pas te plaire mais Lucius pourrait nous aider à y entrer.

— Ce n'est pas à toi que je vais apprendre que rien n'est gratuit avec lui. Il va attendre de moi une contrepartie que je ne veux pas lui donner.

— Qui t'a dit de la lui donner ? Il te suffira de lui faire croire que tu le feras…

— Et je lui demanderais quoi, exactement ?

— De nous fournir un cheveu de deux membres de la garde ministérielle pour qu'on se prépare du polynectar et de se débarrasser d'eux pour qu'on prenne leur place.

— Comme ça, on pourra se déplacer librement…

— … et disposer discrètement des portoloins qui serviront de points d'accès aux frontistes. Pendant qu'ils prendront le ministère d'assaut, on profitera de notre apparence pour éliminer nos supposés collègues avant de rejoindre la ministre qu'on prétendra vouloir évacuer et on l'exécutera le moment venu. Bien sur, ce n'est qu'un bref résumé, il va falloir approfondir ce plan d'action.

— Il me semble bon, je vais le proposer au Front. S'il est accepté, on pourra commencer à le développer et s'il est refusé, il faudra en trouver un autre. En attendant, il y a un autre problème qu'on va devoir régler dans tous les cas : comment faire pour maintenir les filles à l'écart ?

— Alors, là ! Même moi qui ai en général réponse à tout, je ne sais pas quoi te dire…

— Donc on n'a pas d'autre choix que de garder le secret jusqu'au dernier moment.

— Tu peux peut-être cacher quelque chose à Annabelle mais Hermione et moi formons déjà un vieux couple, elle me connaît trop bien pour que je puisse y arriver avec elle.

— Tu as pu mentir sur tout à tout le monde pendant des années ! Tu te ramollis, parrain.

— Quand il s'agit d'elle, mes capacités d'espion sont en effet significativement diminuées.

Comme les deux femmes les entendent s'activer dans la cuisine, elles devinent qu'ils s'apprêtent à en sortir et regagnent leur chambre avant de se faire prendre. Bientôt, la porte de celle d'Hermione s'ouvre sur Severus qui la rejoint dans le lit en mettant tout en œuvre pour ne pas risquer de la réveiller, ignorant qu'elle ne dort pas.

— Qu'est-ce que tu faisais ? l'interroge-t-elle en se donnant une voix ensommeillée, saisissant cette occasion de tester cette inaptitude à lui mentir qu'il reconnaît si volontiers.

— Je parlais avec Drago de l'élaboration d'un plan pour tuer la ministre Riddle, avoue-t-il en se pressant contre elle. Et on a un peu forcé sur le café, aussi. J'espère que je ne vais pas t'empêcher de trouver le sommeil en cherchant le mien…

Son homme ayant passé le test avec succès sans même en avoir eu connaissance, elle repousse l'incontournable discussion au sujet de ce plan au lendemain, jugeant qu'il mérite d'être récompensé pour sa réussite.

— A quoi pourrait-on bien s'occuper en attendant que le sommeil nous gagne… ? souffle-t-elle en glissant une main dans son pantalon de pyjama pour lui caresser l'entrejambe.

— Cinq doigts sont en train de me dire que tu as déjà quelque chose en tête et un certain pénis ne va pas tarder à te répondre que je pense à la même chose que toi…