Hello les miss !

Me revoici ! Voici l'après-massacre, qui ne fait qu'ouvrir le procès. Il vous donne un avant-goût du procès - à la base, ce devait être le vrai procès, mais disons que j'ai trop décrit et que cela a pris un chapitre... Je m'excuse. Je crois que j'aime vraiment trop écrire... Mea culpa.

J'attends vos avis les mouettes :)

Je tiens à remercier nombreuses d'entre vous pour leur soutien : HermioneM, faerycyn, Stridou, PouleauPotter, FloraFanWinx et SweetyFairy, Dracoeur et Brune67 (merci infiniment pour tous tes messages ;) )!

RAR : Dracoeur : Mais non, mince à la fin! Je ne suis pas sadique, Drago est vivant. Oui, certes, il est séparé d'Hermione. Oui, je suis peut-être un peu sadique après tout. Oui. Bon. Désolée ;) Pour me faire pardonner, voici la suite ! Bisous !

PouleauPotter : Hey! Merci pour tes compliments, je suis ravie que la fic te plaise :) Non, la blondeur ne perd personne, ne t'inquiète pas! Il y a encore quelques chapitres qui vont démêler toute la trame de la fiction, je ne vais pas vous laisser ainsi sur votre faim ! Je suis contente que la relation Hermione/Drago te plaise. J'ai tenté de garder autant que possible leurs caractères. Voici la suite :)

J'embrasse chacune d'entre vous et bonne lecture :)


Chapitre 51 : L'ouverture du Procès


Drago passa une main moite sur ses joues, inspirant difficilement.

Il concerta une dernière fois son reflet dans la glace qui lui faisait face.

Il avait revêtu un pantalon gris, chic et simple, ainsi qu'une chemise blanche dont les deux premiers boutons étaient déboutonnés. Ses cheveux dorés étaient docilement peignés, accentuant l'éclat de ses iris acier. Ses prunelles avaient toujours été une des choses qu'il préférait chez lui. Le métal était présent, et, une pointe bleue soulignait leur profondeur.

Cependant, aujourd'hui, elles dénonçaient l'horreur qu'il éprouvait depuis des jours, et les cernes qui s'étalaient sous ses cils renforçaient cette impression.

Plus d'une semaine. Qu'il avait passée dans une peur, une crainte irrépressibles.

Depuis qu'Hermione lui avait été enlevée, il se sentait impuissant. Il avait remué ciel et terre, rien n'avait abouti.

Potter avait été à ses côtés, et leur mésentente d'antan s'était brusquement éteinte. Unissant leurs forces, ils avaient sillonné la Grande Bretagne en tous sens, sans trouver une solution.

Tant de choses leur étaient tombées dessus… !

La reconstruction de Poudlard, l'ouverture du procès, les presque agressions constantes des journalistes qui les harcelaient, les obsèques, les discours, les courses toute la journée, l'héritage de Drago…

Drago et Harry s'étaient entretenus avec McGonagall, qui avait repris Poudlard sous son aile. Les cours avaient repris trois jours après la fin des hostilités ; les dégâts n'étaient pas importants, et il fallait que les jeunes sorciers poursuivent leur apprentissage. On avait établi deux jours de silence en mémoire de ceux qui avaient péri pour Poudlard.

Lorsqu'il avait fallu revenir en classe, Drago et Harry avaient expliqué à la directrice que tant que leurs amis ne seraient pas libérés, ils se soustrayaient entièrement à leurs cours. La directrice avait approuvé, avait nommé deux préfets-en-chefs provisoires, et les deux ennemis de toujours étaient repartis dans leur quête.

Lorsque Drago avait vu Hermione partir ainsi entourée des aurors, il savait que seul, il ne pourrait rien faire. Aussi, il était parti à la recherche de Potter.

Leurs investigations auraient pu démarrer d'emblée, mais, les enterrements des combattants, des membres Weasley, de Lupin, de Tonks, d'élèves, les avaient accaparés. Ils ne pouvaient, malgré leur volonté, délaisser les familles qui comptaient sur eux – d'autant plus qu'en héros de guerre, les journalistes talonnaient Drago et Harry, et que leur absence aurait été judicieusement relevée…

Les reporters les avaient criblés tout le long de flashs, et avaient essayé de les bloquer autant que possible, les questionnant sur les craintes qu'ils ressentaient de savoir leurs amis inquiétés par un procès, s'ils redoutaient de les voir arrêtés, s'ils connaissaient des choses que le grand public aimerait savoir…

Drago, le premier soir, avait lâché à Potter qu'il ne supporterait pas cette médiatisation une seconde de plus. Il avait transplané aussitôt, et avait loué un appartement basique sur le Chemin de Traverse, à Londres – le Manoir Malefoy étant sous perquisition permanente et de plus, il ne souhaitait en rien y revenir. Il ignorait encore pourquoi il avait cédé à la voix qui lui conseillait de choisir un appartement imposant où il pourrait proposer à Potter de se réfugier. Il ignorait toujours, mais il l'avait fait.

Et, étrangement, Harry avait accepté son offre, allant chercher dans l'heure ses affaires restées dans la tour de Gryffondor. Ginny avait paru dépitée qu'il quitte Poudlard, mais elle avait capitulé en avisant les Gryffondors bondir sur Harry, le conjurant de leur raconter encore comment il avait anéanti Voldemort. Même les élèves ne leur laissaient aucun répit…

Ainsi, les deux ennemis de toujours se retrouvaient à partager un appartement dans un grand immeuble de la rue marchande. Et Drago raillait mentalement que l'appartement solitaire de Los Angeles était peut-être une grande perte, tout compte fait…

Dès lors qu'ils en eurent terminé des enterrements, ils purent respirer. Certes, ils étaient toujours autant coursés pour qu'ils relatent le récit de cette guerre éclair – après tout, Drago avait apporté à Harry l'épée avec laquelle il avait exterminé Voldemort, et ils étaient tous deux orphelins… Autant dire que ces critères les plaçaient tous deux en haute estime de la société anglaise. À leur plus grand dépit. Car cela ne les aidait en rien, quant à l'avenir qu'allaient connaitre Ron, Hermione et les autres…

Avec tout cela, Drago n'avait pu ni s'occuper du transfert de la tombe de sa mère, et encore moins d'Andromeda qui avait perdu son gendre et sa fille, se retrouvant seule avec un petit-fils de bas-âge.

Le quatrième jour, à peu près libérés, ils s'étaient rendus au ministère afin de voir leurs amis.

Ils n'avaient pas pu les voir, car leurs statuts en faisaient de potentiels grands chefs de guerre. Drago avait été furieux à ces mots, proclamant que chaque personne était innocente jusqu'à ce que le contraire soit prouvé.

Harry l'avait calmé brièvement, puis avait demandé des nouvelles d'Hermione et de Blaise, tous deux blessés. On lui avait répondu qu'ils étaient entièrement hors de danger, et qu'une équipe de St Mangouste déplacée dans les cellules du ministère y veillait personnellement.

Puis, Harry avait voulu savoir avec qui ils partageaient ces dites-cellules.

- Ils sont seuls dans une même cellule, avait affirmé l'auror qui les avait reçus. Nous craignons que leur mémoire ne soit falsifiée au contact des autres prisonniers.

- Et quand pourrons-nous les voir ? avait relancé Drago, désespéré.

- Au procès. Toutefois, vous n'aurez droit à aucun contact direct avec eux tant que le jugement ne sera pas définitif.

Harry et Drago avaient détourné les talons, échangeant un regard inquiet. Ils étaient dans de beaux draps… !

De plus, arrivés au Hall du Ministère, les journalistes leur étaient tombés dessus, et ils n'avaient pu fuir que par l'intervention de Luna qui – ayant reçu l'autorisation de McGonagall – espérait voir Blaise.

Et Drago et Harry en étaient retournés à l'appartement, bouleversés.

- Tu sais c'est quoi, le pire, Potter ? avait lancé Drago en ouvrant une bierraubeurre.

- Oh, à ce niveau, je sais pas s'il y a encore pire, avait ricané Harry, au plus bas.

- Je sais même pas si Hermione a fait des choses graves ou pas…

Harry avait nerveusement secoué ses cheveux, accentuant leur désordre.

- Je me demande pourquoi ils ne m'ont pas arrêté, avait repris Drago. Après tout, j'étais chargé de mission auprès de Voldemort, ma famille entière était avec lui… Je suis censé être plus incriminé que Blaise.

- C'est vrai, avait approuvé Harry. Mais… tu as joué un rôle crucial. Même s'ils ont des doutes, ils ne pouvaient t'interpeller et te mettre sous procès. Voldemort a reconnu ta trahison.

Puis, ils étaient partis à la recherche d'un avocat spécialisé en affaires pénales et en crimes de guerre. Ils avaient atterri au cabinet de Maitre Hosten, un homme imposant de cinquante-cinq ans, très droit, très comme il fallait, avec une moustache fournie, dont les extrémités remontaient vers ses yeux sournois. Son ventre était fort rebondi, et sa voix, rocailleuse, déplaisante lorsqu'il s'exprimait.

Mais, comme il avait été formé par Maitre Fox, qui lui-même avait pris la défense des accusés lors de la dernière guerre, il leur parut qu'ils n'avaient point de personne plus adaptée.

Et Drago, fixant toujours son reflet, se rappelait parfaitement de cet étrange rendez-vous…

HHHH

- Maitre Hosten va vous recevoir dans quelques minutes, leur annonça la secrétaire

Sans relever les yeux vers Harry et Drago, elle nota plusieurs mots sur une note, et celle-ci prit aussitôt son envol, fusant vers la porte close qui leur faisait face. La feuille s'entortilla et passa dans une brèche invisible à l'œil nu, du panneau en bois de la porte.

D'un même ensemble, Harry et Drago s'écroulèrent dans le sofa. Ils observaient le sol avec les mêmes interrogations, les mêmes craintes qui les harcelaient inlassablement.

Le marbre blanc du sol était établi en grandes dalles éclatantes, qui renvoyaient la lumière douce qu'exsudait le plafond.

Situé sur une artère aisée d'un quartier reculé de Londres, l'établissement Hosten revêtait une élégance et une quiétude apaisantes. Des escarpins Louboutin de la secrétaire jusqu'au lustre d'or et d'argent, en passant par les canapés en véritable cuir et la statue au centre de la pièce, qui représentait une création de Camille Claudel où une femme essayait de rattraper un homme qui s'éloignait, chaque chose renvoyait un luxe à peine tamisé.

Alors qu'Harry devait celer son admiration, Drago n'affichait qu'un air narquois à l'ensemble. Devant cette scène, ils en avaient presque oublié l'objet de leur visite.

Enfin, la porte s'ouvrit dans un chuintement feutré, et Hosten apparut. Drago et Harry se remirent sur leurs pieds, et s'avancèrent. Le maitre tendit sa main, et serra les leurs.

Son toucher déplut aussitôt à Drago. Une grande main sèche, froide, hostile.

- Monsieur Potter, Monsieur Malefoy, je suis enchanté de vous rencontrer.

Les deux étudiants hochèrent leurs têtes. Hosten désigna la statue de Camille Claudel d'un geste ample de la main – dévoilant deux bagues diamantées :

- Qu'en pensez-vous ?

Avant que Potter n'ouvre sa bouche et débite une réponse franche en bon Gryffondor – ce qui achèverait leur crédibilité – Drago le devança :

- Il me semblait que L'Age mur se trouvait à Paris, au musée d'Orsay.

Le sourire perfide de Hosten s'agrandit subtilement. Harry parut relativement perdu.

- Il suffit d'un sortilège pour que la confusion s'installe et que les moldus en soient persuadés, avoua Hosten avec délectation. Je suis flatté d'être en présence d'un connaisseur.

- Cela tombe à merveille, car nous avons également besoin d'un connaisseur, révéla Drago en le vrillant de ses iris acier.

- Jane ? appela Hosten à l'adresse de sa secrétaire. Que personne ne me dérange.

Elle hocha sa tête, et les trois hommes pénétrèrent le bureau. Hosten referma la porte derrière eux, puis prit place derrière son fauteuil. Il se trouvait derrière un impressionnant bureau, et devant de gigantesques baies vitrées, qui dévoilaient les merveilles d'un fleuve éloigné.

- Puis-je vous offrir quelque chose ? s'enquit Hosten en désignant trois verres vides, sa baguette en main.

Drago et Harry s'installèrent sur des sièges, face au bureau.

- Deux whiskies pur feu, enchaina Drago, devançant Harry, s'évitant une honte monumentale car le Gryffondor allait quémander une bierraubeurre.

Hosten tapota chacun des verres sans prononcer un mot, et ils se remplirent du liquide ambré.

- Que puis-je pour vous ?

- Nous avons besoin de votre aide, lâcha Drago. Et elle sera… largement récompensée.

Le décès de son père avait enclenché son héritage, lui délivrant l'accès à des comptes plus que salés. À ce niveau-là, c'était la Mer Morte dans son compte de Gringotts. Le compte bancaire que Narcissa avait ouvert au nom de Drago, n'était rien, à côté des relevés de compte qu'avait reçus Drago, les placements en bourse, ses propriétés internationales et les loyers qu'il encaissait, sans compter l'assurance-vie que Narcissa avait mise sur le compte de Lucius et dont Drago bénéficierait bientôt.

Vraiment, l'argent n'était pas à l'ordre de ses préoccupations.

- Je ne manque pas de cela, révéla Hausten.

- Je sais toutefois que certains meubles du douzième siècle sont en ma possession, au manoir, souffla Drago. Un certain gobelin Arthurien XVI en serait à l'origine.

Les yeux d'Hausten s'allumèrent de convoitise, alors qu'Harry nageait en pleine confusion.

- Vous êtes ici pour le procès, marmonna Hausten. Il sera pratiquement impossible d'agir.

- C'est le « pratiquement » qui m'intéresse dans votre phrase, révéla Drago en sirotant une gorgée de whisky.

- Je ne comprends rien, dit Harry en replaçant convenablement ses lunettes.

Hausten se redressa, croisant ses mains sur la table.

- Dans le monde sorcier, il y a deux sortes de procès. En général, le premier est toujours appliqué, c'est au Magenmagot de savoir s'ils veulent proposer la seconde possibilité aux accusés.

- Quelles sont les différences entre les deux procès ? demanda Harry.

- Le premier procès est appelé procès classique. On arrête un suspect, on l'interroge, on mène une enquête, le parquet présente les éléments de l'enquête, ses conclusions, et le Magenmagot délibère, accompagné d'un juge ou du ministère de la magie lorsque le cas est majeur.

- Et le second ?

- Le second procès se nomme procès éclair. Le magenmagot peut le proposer mais ne peut l'imposer. La loi n'est pas très clair… Le caractéristique de ce procès est que, si le magenmagot en donne l'idée, on peut proposer aux accusés de prendre du veritaserum et de parler. Des témoins seront appelés, qui pourront également prendre du véritaserum. Ce procès est éclair dans la mesure où la défense est impossible puisque seule la vérité est relatée et qu'aucun fait ne vient l'atténuer. L'unique défense qui reste éventuelle, peut être celle de témoins.

Drago et Harry se lancèrent un regard en coin.

- Le jugement est très rapidement établi, et les sentences appliquées aussitôt.

- Mais… le magenmagot peut soumettre quelqu'un au veritaserum dans la vie de tous les jours, pourquoi cela serait différent ? demanda Harry.

- Car c'est un procès. En vérité, c'est un discours… diplomatique nous dirons, ricana Hausten. Les accusés peuvent refuser le procès éclair et demander un procès classique. Mais cela sera retenu contre eux : se soustraire au procès éclair signifie que l'on a des choses à cacher, et ce que vise le ministère au travers de ces procès, c'est de toucher l'opinion publique.

- Donc ils doivent accepter de boire le veritaserum, on ne les approche pas, ils n'auront pas d'avocat, et si le ministère trompe les potions, on les regarde partir au baiser du Détraqueur ? fulmina Harry.

Drago jeta un coup d'œil à l'extérieur. Le soleil entamait son déclin, parant le fleuve de reflets captivants.

- La question est de savoir si les accusés ont vraiment commis des actes répréhensibles et si leur jugement va apporter du bénéfice au Ministère, conclut Hausten.

- Il n'y a rien à faire ? demanda froidement Drago.

- Rien de… légal, acheva Hausten.

- Comme si la légalité était vraiment le domaine de prédilection des avocats, railla sèchement Drago.

- Oh, dans ce domaine, une palette s'offre à nous, affirma Hausten. Graisser la patte au Magenmagot, changer les souvenirs des accusés, subtiliser le veritaserum, intervertir les personnes en donnant aux remplaçants des potions particulières qui détourneraient l'effet du veritaserum, menacer Scrimgeour, déclencher un second conflit, faire revenir le Seigneur des Ténèbres…

- Je penche pour la dernière idée, marmonna Harry, continuant de brasser dans son lac d'incompréhension.

- Dans tous les cas, vous ne nous êtes d'aucun recours ? nota Drago.

- À vous de voir. Il s'agit de mon milieu, j'ai des contacts, j'y suis plus habilité, retourna Hausten d'une voix glacée.

- Je ne vois pas en quoi vous nous serez utile si on doit ramener Voldemort à la vie. Allez Harry, on se tire. On a perdu assez de temps.

Harry, blême, emboita le pas à Drago. Hausten les dirigea vers la sortie sans un mot de plus.

Lorsque les deux ennemis atteignirent l'appartement, ils n'étaient toujours pas plus avancés. Mais Drago, devant l'air perdu d'Harry, lui expliqua en quelques mots :

- Seules les familles de sang-pur le savent, mais Camille Claudel était une sorcière. Elle s'est inspirée des œuvres d'un gobelin, nommé Arthurien XVI, au point que leurs créations sont presque identiques. Excepté que l'on a plus de fierté à posséder l'œuvre d'un gobelin que d'une vulgaire née moldue dépourvue de génie. Je tenais Hausten juste en voyant la statue.

- Voila qui nous avance, murmura Harry.

Drago haussa ses épaules.

- La vérité, dit Drago, perdu dans ses réflexions, c'est que Hausten est persuadé qu'ils ne vont pas s'en tirer. À mon avis, il ne veut pas risquer sa carrière sur quelque chose de si certain, à ses yeux. Car s'il perd un procès si médiatisé, sa réputation en pâtira.

- On aurait dû le balancer en pâtée pour des harpies…

- Il a essayé de nous décourager.

- C'est presque réussi.

Drago soupira, partageant plutôt les pensées du Balafré.

- Tu sais c'est quoi le plus dingue ? rit brusquement Drago, nerveux, l'estomac noué – d'ailleurs, il ne mangeait plus depuis des jours, enchainant les cafés.

- Non ?

- C'est qu'Hermione, depuis le fond de cette putain de cellule, elle est capable de penser qu'elle va rater les ASPICS.

- Il lui reste un mois, chuchota Harry, la gorge serrée.

- Je crois que je deviens dingue, Potter.

Harry lui décocha un coup d'œil, et se figea en voyant que Drago pleurait, fixant en silence le plafond.

- Je deviens dingue sans elle. Si on n'y arrive pas, je fais sauter le ministère.

Harry le détailla davantage. Il n'eut pas le courage de masquer ses larmes, qui glissaient sur ses joues.

- Je t'aiderai Malefoy, crois-moi. Il n'en restera pas un en vie, Voldemort ne les aura pas eus, ce sera nous.

Ils échangèrent un rire étrange, tout tournés vers l'avenir en marche qui allait les écraser.

HHHH

« L'entretien Scrimgeour-Malefoy-Potter ! »

Réunis en ce vendredi 11 mai, une semaine exactement après la lutte qui a opposé les mangemorts aux sorciers anglais, notre ministre, Drago Malefoy et Harry Potter s'entretenaient.

Rufus Scrimgeour souhaitait aborder avec eux l'idée d'une fête nationale annuelle, qui se produirait le quatre mai, afin de saluer la bravoure des combattants, de rendre hommage, de rappeler la terreur connue durant des mois, ainsi que d'instruire les générations futures.

« Ce projet me tient très à cœur, nous a révélé le ministre dans une brève interview qui soldait son échange avec les deux héros. J'ai toujours cru aux miracles, et il s'en est produit un, ce quatre mai. Il faut que chacun s'en rappelle. »

Suite page 3.

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« Les accusés acceptent le procès éclair ! »

En ce samedi douze mai, les accusés devaient rendre leurs décisions devant le Mangenmagot, afin que le procès débute ce lundi.

Chacun a signé une décharge où il autorisait le Magenmagot à les soumettre à la potion du véritaserum qui dévoilera les moindres failles de leur passé, les mensonges comme leurs traitrises.

Parmi les accusés, Hermione Granger figure. Elle a été arrêtée pour Haute Trahison envers la société anglaise. Selon les témoignages retenus de nombreux mangemorts, et des propos retranscrits du Seigneur des Ténèbres, elle aurait entretenu une relation très intime avec lui, allant jusqu'à accepter de porter son enfant.

Des sociocomages et psychomages se sont penchés sur l'affaire et ont analysé cette étrange étudiante, qui n'a pas froid aux yeux. Rapport page cinq.

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« Le procès éclair débute lundi 14 mai ! »

À la tête des accusés, figurent des personnes très proches de nos deux héros, Drago Malefoy et Harry Potter. Des noms qui ne nous sont pas inconnus, puisqu'Hermione Granger et Ronald Weasley en font partie.

Les chefs d'accusation sont divers mais très inquiétants. Comment les amis de nos deux héros ont-ils si pu mal tourner ? Que révèleront-ils ? Et comment nos deux héros supporteront-ils ces découvertes macabres ?

Deux héros dépassés, qui dans nos interviews, nous répètent inlassablement la même chose :

« Ce ne sont pas des accusés, ce sont des suspects ! » nous récite à chaque fois Harry Potter.

« Tant que tout n'a pas été tiré au clair, personne ne peut émettre de jugement, approuve Drago Malefoy. Prenez garde que je ne vous traine pas en justice pour diffamation ! »

Mais une de nos compères, également journaliste, a un tout autre avis sur la question. Retrouvez l'analyse de Rita Skeeter en page 12.

HHHH

Et face au miroir, Drago s'observait toujours, passant du pantalon gris, à sa chemise blanche parfaitement ajustée à son corps, sans un pli, sans une tâche, si éloignée du désordre qui régnait dans ses pensées.

- Malefoy ? appela Harry depuis la cuisine de l'appartement. Faut y aller.

Drago sortit en soupirant. Ses mains moites tremblaient. L'idée de revoir Hermione, Pansy, Blaise… Il espérait qu'ils se portaient bien, qu'ils…

Non, en vérité, il se moquait de tout cela. Ce qui l'inquiétait le plus, était ce qui allait être révélé. Car Drago et Harry avaient beau remuer des montagnes, une sueur froide les rongeait, quant aux rôles qu'avaient joués leurs amis…

Leurs amis n'avaient pas eu le choix, ils avaient accepté le procès éclair. Drago soupçonnait Hermione de les avoir convaincus d'accepter : après tout, si leur refus déclenchait les foudres de la population, cela leur serait néfaste. Malgré la presse qui tentait de diaboliser les « accusés », la population avait combattu avec eux sur le champ de Poudlard, et Drago et Harry avaient réuni de nombreux témoins.

Puisque les témoins seraient les seuls qui pourraient assurer un minimum de défense, ils avaient cherché.

D'ailleurs, s'ils le désiraient, ils étaient capables de réunir l'Angleterre entière.

Et à nouveau, la source de ses tourments revint. Car au final, il avait brutalement appris que Blaise et Pansy étaient avec l'Ordre, et qu'Hermione était avec lui.

Mais qu'avaient-ils fait concrètement ? Avaient-ils tué ? Avaient-ils trahi des gens de haut rang ? Des personnalités du gouvernement ?

Et si, au final, Hermione était réellement avec Voldemort ? Qu'elle était entièrement envahie par la magie noire, qu'elle avait trompé Drago jusqu'au bout ?

Son cœur accéléra. Tous les cauchemars des derniers jours revenaient.

- Malefoy ? hésita Harry.

Drago avait atteint la cuisine, perdu dans ses songes. La voix de Potter le fit brusquement sursauter.

Le Survivant le détaillait, ses yeux émeraude le dévisageant avec attention.

Durant un long moment, ils n'échangèrent aucun mot, se rassérénant de ce silence qui pesait sur leurs cœurs depuis des jours.

- Putain Malefoy, je vais te dire un truc, lâcha Harry. Je flippe.

- Tu… tu flippes ? répéta Drago, ahuri.

- Ouais, carrément.

- Je croyais que les Gryffondors étaient courageux.

- Etre courageux ne signifie pas ne pas éprouver la peur. On la met de côté, mais on peut quand même fouetter.

Ils se concertèrent du regard.

- J'ai mes deux meilleurs amis là-bas, murmura Harry, et je n'ai strictement aucune idée de ce qu'ils ont foutu cette année. Et en plus, je sais que leurs têtes valent beaucoup pour le futur du ministère.

- Bienvenue au club, chuchota Drago.

Eux-mêmes étaient hébétés de voir à quelle vitesse leurs barrières étaient tombées. Mais dès lors qu'ils avaient mené la lutte contre Voldemort ensemble, que Drago avait apporté les horcruxes sur un plateau d'argent, qu'Harry avait exterminé la personne qui se dressait entre Hermione et Drago… Et que désormais, ils étaient les seuls pour lesquels l'avenir de leurs amis importait, ils ne pouvaient qu'être ensemble.

- Potter, reprit Drago, si ça tourne mal, je sauve Hermione, Blaise et Pansy. Et Weasley aussi, car Pansy ne me pardonnera pas – Hermione non plus d'ailleurs – et Angelina si c'est la cousine d'Hermione.

- Ouais bref, tu sauves tout le monde, releva Harry, amusé.

- C'est là que tu interviens, révéla Drago. Justement, je ne peux pas le faire seul. Mes elfes m'aideront, mais ce n'est pas assez.

Il tira un sac de sa poche.

- Putain, t'es un malade ! cria Harry.

- Non, je suis un Serpentard jusqu'au bout des ongles. Et non un naïf Gryffondor.

Dans le sac, flottaient quelques livres – les préférés d'Hermione, un porte-monnaie démesuré que Drago avait dû généreusement fournir, une chaussette trouée qui était certainement un Portoloin, les clefs d'un appartement qu'Harry ne connaissait pas, ainsi qu'une enveloppe. Des farces et attrapes s'agglutinaient également et plusieurs fioles emplies de potions.

- Potter, enchaina Drago. T'es pas le Survivant pour rien. Si Voldemort t'as pas eu, ce ne sont pas ces dégénérés du ministère qui vont te toucher. Et… j'ai besoin de toi.

Les iris acier de Drago devenaient troublants.

- Hausten a été clair. À moins de faire revenir Voldemort, ils vont nous les prendre, Potter. Personne ne m'arrachera Blaise, Pansy, et encore moins Hermione. Personne.

Harry approuva, hochant lentement la tête.

- On y va ? proposa Harry.

- Arrête d'agir en Gryffon, merde ! beugla brusquement Drago. Tu écoutes mon plan et on y va. Si ça tourne mal, on explose tout, on les attrape, et on prend le Portoloin. J'ai assez d'argent pour des siècles.

- Et tu proposes quoi, la cavale ? C'est ça ton plan ? se moqua Harry.

- Non, le plan, c'est l'enveloppe que tu vois. Un ami de mon père. Pas fréquentable, mais qui nous changera quelques détails physiques, et qui nous fournira de nouveaux passeports. Une nouvelle vie.

Harry s'immobilisa un instant.

- Hermione, souffla Harry. Tu l'aimes.

- Le quatre mai, Potter, j'étais prêt à prendre l'Avada pour qu'elle vive. Aujourd'hui, c'est pareil. Si je suis avec elle, je peux tout changer. Seras-tu avec moi Potter ?

- Quoiqu'il arrive, jura Harry.

Ils se serrèrent la main, signant là un pacte de solidarité. Puis, ils transplanèrent.

HHHH

Dire qu'il y avait de nombreuses personnes aurait été un euphémisme.

Un raz de marée vivant se pressait aux portes du tribunal.

Drago et Harry s'observèrent du coin de l'œil, dépassés par la tournure des évènements.

- Quand je pense qu'il y a dix jours, marmonna Drago, on combattait, on était plein de sang, des gens mouraient…

Harry approuva.

Et puis, le tourbillon humain les emporta au travers du long couloir clair. Ils saluaient de nombreuses personnes, certaines qu'ils connaissaient, d'autres qu'ils avaient aperçues lors des combats, et des personnes encore qui félicitaient leur bravoure.

Les journalistes se hâtaient, tentaient de leur arracher des propos qui feraient la une de la journée, du lendemain… Des flashs crépitaient en tous sens, immortalisant un des plus grands procès de l'histoire des sorciers.

Aveuglés, Harry et Drago marchaient de travers, bousculant la foule qui les agrippait.

- Même s'ils ne sont pas condamnés, je crois que je me casse et je change d'identité, grogna Drago à l'adresse d'Harry.

- Je te suis s'il y a moyen de virer une cicatrice en forme d'éclair de mon front, ricana Harry.

Ils eurent un rictus méprisant, alors que des voix aigues pépiaient à leurs oreilles.

- Monsieur Potter ! C'est le premier procès auquel vous assistez, comment vous sentez-vous ?

- Etes-vous prêt à dire Adieu à vos amis ?

- Pensez-vous qu'ils subiront le baiser du Détraqueur ?

- Comment réagirez-vous ?

- L'on dit que vous avez plaqué Ginny Weasley pour Monsieur Malefoy, est-ce vrai ?

- Monsieur Malefoy ! Votre tante Bellatrix sera au procès, craignez-vous d'être traité de traitre ?

- Depuis combien de temps êtes-vous avec l'Ordre ?

- Etes-vous réellement un Inferi envoyé par le Lord ?

- Est-il vrai qu'Hermione Granger entretenait des relations sexuelles avec tous les habitants du château ?

Drago devait refreiner ses grimaces, mais la pression que produisaient tous ces piaillements, accentuait sa tension, le rythme acharné de son cœur.

Aux portes du tribunal, une dizaine d'aurors siégeaient, vérifiant préalablement les identités de chacune des personnes, et s'assurant également qu'ils avaient bien rendu leurs baguettes à l'entrée du Ministère.

Une file s'agglutinait, car la procédure ralentissait considérablement les entrées des visiteurs.

Mais cette procédure était exigée par la nature des chefs d'accusation qui flottaient sur les accusés. N'importe qui de mal intentionné pourrait espérer pénétrer les lieux. Et des mangemorts rescapés sillonnaient encore le pays.

Aussi, les reporters s'en donnaient à cœur joie, bondissant sur Harry et Drago, tentant de prendre un cliché d'eux assez suggestif, dans un angle particulier, duquel l'on pourrait spéculer sur une relation homosexuelle.

Cependant, ni Drago ni Harry ne parvenaient à les envoyer au diable.

À mesure que leur tour arrivait d'être consultés par les aurors, ils apercevaient la salle du tribunal qui s'esquissait, coupant leurs respirations, donnant l'impression que leurs estomacs étaient tombés dans leurs talons.

Ils allaient bientôt revoir leurs amis.

Les aurors furent à leur hauteur. Drago et Harry prirent une gorgée de veritserum, déclinant leurs identités, puis, ils écartèrent les pans de leurs vestes et leurs manches, prouvant l'absence de baguettes. Comme pour les précédentes personnes, les aurors voulurent pousser l'investigation, mais des cris outragés retentirent dans le dos d'Harry et de Drago.

De toute évidence, les anglais trouvaient déplacé de fouiller les poches des héros de guerre.

Dissimulant leurs sourires narquois, Drago et Harry gagnèrent alors la salle, leurs baguettes dans le sac de Drago, caché au fond de sa poche.

La salle était immense. Près de deux mille personnes pourraient assister au procès.

Les murs étaient recouverts d'une simple peinture blanche, sans prétention, et le sol dallé dans la même nuance, laissait filtrer une indifférence inquiétante. Des procès s'étaient déroulés là, ils s'étaient achevés dans le silence.

La pièce ressemblait à un amphithéâtre. Disposés en cercle, des centaines de bancs détenaient une vue plongeante sur un espace, au centre du cercle, où stationnaient des sièges pourvus de chaines.

Un pan des bancs était déjà rempli par le Magenmagot, et, les dirigeant, Rufus Scrimgeour se tenait, depuis son pupitre.

Drago et Harry le saluèrent d'un coup de menton, regrettant que cet homme, loin de leur être d'une quelconque aide, risquait bien au contraire, d'influencer ses questions afin d'emprisonner leurs amis et non de déclamer la vérité.

Plus loin, sur une table, une plume à papote s'échauffait, seule, sur un parchemin qui s'agrandirait aux besoins du procès. Elle retranscrirait ce qui serait dit.

- Y a Ombrage, murmura Harry. Tu ne veux pas aller boire un thé avec ta grande amie ?

Drago lui décocha un coup d'œil mauvais et Harry rit doucement, tentant d'évacuer le stress qui nouait sa poitrine.

La foule affluait dans leurs dos, à mesure que les aurors libéraient l'entrée.

D'ailleurs, les aurors foisonnaient dans la salle. Ils encadraient le Magenmagot, patrouillaient parmi les rangs de l'amphithéâtre, surveillaient également une pièce annexe où devaient se tenir Hermione, Ron, Blaise, Pansy, Angelina, Dipsy…

- Comment allez-vous ? demanda Shacklebolt en arrivant vers eux.

- Comme des hommes qui ont failli mourir plusieurs fois en une journée avec leurs amis, pour voir ces mêmes amis certainement emprisonnés, persifla Harry.

Le métis croisa ses bras puissants et hocha lentement sa tête. Il avait accepté de témoigner pour eux, et Harry le remercia du regard. D'ailleurs, Shacklebolt n'était pas le seul, d'autres allaient arriver.

- Monsieur Potter ! reprenait une journaliste dans son dos, vous craignez leur inculpation ?

Heureusement, avant qu'Harry ne lui envoie sa main dans la figure, elle fut reprise à l'ordre par un auror qui lui demandait de se taire : on ne tolérait les journalistes qu'à cette condition.

- Bonjour Harry, murmura une voix faible à leurs côtés.

Harry salua chaudement Molly, toute vêtue de noir. Son visage était blême, et Harry s'en était presque voulu de l'interrompre en plein deuil, mais elle avait protesté que son fils y était, ainsi que Pansy, et qu'Hermione aussi avait besoin de son soutien. Elle témoignerait également.

- Quel endroit étrange, n'est-ce pas Harry ? lança Luna en surgissant. Je préférais nettement la salle des Mystères. Moins… mystérieuse finalement. Ici, on dirait que rien ne reste, que ce n'est qu'un endroit de passage, une transition…

Harry hocha sa tête, et Drago retint une moue. Luna avait parfaitement exprimé son désarroi, à sa plus grande horreur.

D'ailleurs, Luna paraissait plus sensée, malgré la détresse qui agitait ses yeux clairs. Le décès de son père en faisait une orpheline et la position indélicate de Blaise ôtait tous ses repères. Après tout, ils étaient fiancés.

Ginny surgit peu après. Malgré l'absence d'Harry durant des jours, elle se contenta de lui prouver son soutien, embrassant sa joue et serrant ses mains froides dans les siennes. Elle aussi grandissait, et le décès de son père, de ses deux frères et de sa belle-sœur, s'incrustait lentement en elle, ternissant ses prunelles chocolat.

- On va les sortir de là, promit Ginny, doucement.

- Je m'en veux de vous faire venir, souffla Harry dans sa direction.

- Il le faut pourtant, Harry, assura Ginny, sa voix chevrotant. Nous avons combattu pour un monde meilleur, et cette lutte ne prendra jamais fin. Nous devons les soutenir aujourd'hui, comme ils ont été là, sur le champ de bataille.

Drago approuva ses paroles, appréciant la sagesse que la Weaslette avait récemment acquise.

Mais il devenait nerveux, se balançant d'une jambe sur l'autre. Son pouls accélérait, comme percevant Hermione se rapprocher de lui.

Seuls ces quatre témoins seraient présents, aujourd'hui ; Ginny, Luna, Molly et Shacklebolt. Harry et Drago ignorant le déroulement du procès, ils n'avaient pas souhaité mobiliser Poudlard entier. D'autant plus qu'ils imaginaient que ce procès, bien qu'éclair, risquait de s'éterniser : les grands mangemorts seraient également interrogés.

Drago entraperçut Andromeda, plus loin. Il lui avait demandé de témoigner également, elle avait accepté. Toutefois, il n'avait pas requis sa présence aujourd'hui, elle avait dû venir d'elle-même, afin d'aviser sa sœur, et ceux qui avaient détruit sa famille.

- Drago ? appela Harry. On va s'asseoir ?

Le blond opina. Suivi d'Harry, de Ginny et de Luna – les deux adultes rejoignant des connaissances – il s'approcha du centre de la pièce, descendant les escaliers qui conduisaient aux premiers rangs. Ils auraient ainsi une vue directe sur les évènements futurs.

Lentement, ils prirent place, dans le laconisme étouffant qui les accompagnait depuis des jours.

Si Drago avait perdu son père sans trop de déchirure, il n'en allait pas de même pour Luna et Ginny. Muettes, elles sondaient les fauteuils, dans le cercle où bientôt, pénètreraient les accusés. Cela n'aida en rien Harry et Drago.

Ils durent patienter près d'une demi-heure, que chacun prenne place.

Le temps parut long, et Harry et Drago devenaient nauséeux. Il s'agissait de la première fois depuis des jours où ils s'asseyaient. Les réflexions qu'ils repoussaient les brutalisaient.

Les images du champ de bataille, les cris, les morts, les enterrements, l'envie d'y croire, mais leurs amis repris par le ministère… Ce procès. L'aveu des crimes commis dont ils ignoraient tout. Hermione avait-elle caché des informations cruciales ? Pansy avait-elle joué à un jeu dangereux ?

Et cette possibilité, brusque, de devoir maitriser l'assemblée entière, de prendre leurs amis et de partir. Drago priait, pour qu'il puisse intervenir si nécessaire, et qu'il n'ait pas à choisir entre Hermione et ses amis… Parviendraient-ils à écarter tous les aurors ? Ils étaient près d'une centaine sur les lieux.

De plus, le ministère regorgeait encore d'autres sorciers qui prêteraient main forte aux aurors. D'ailleurs, dans la panique, il n'était pas exclu que les anglais aident le ministère, songeant qu'Harry et lui auraient perdu la raison, ou bien encore, que ce n'était pas eux, mais des gens sous polynectar.

Trois coups secs interrompirent le moindre chuchotement, le moindre souffle. Soudain dans la salle, il n'y eut plus rien, et Drago perçut le battement effréné de son cœur bourdonner dans ses oreilles.

Rufus Scrimgeour abattit une nouvelle fois son marteau sur le socle de bois, et des flashs blancs les illuminèrent, immortalisant chaque scène de clichés éternels.

- Aujourd'hui lundi quatorze mai 1998, s'ouvre un procès éclair que l'ensemble des accusés ont validé.

Dans son dos, la plume à papote griffonnait avec empressement sur le parchemin à rallonge.

- Dans le cas du procès éclair, ainsi que le stipule la loi 521 du code Pénal, article 3.b, les accusés vont être soumis au veritaserum. Toutefois, aucun d'eux ne pourra avoir recours à un avocat ni à un porte-parole. Seules leurs voix vaudront.

Drago perçut une sueur froide rouler le long de son dos. Hermione. Où était-elle, par Salazar ? Pourquoi Rufus rabâchait-il ce que chaque sorcier digne de ce nom savait déjà ?

Les minutes s'égrenaient, relatant les décrets parus et qui influenceraient le cours du procès.

- Le procès se déroulera sur la semaine entière, du lundi au vendredi inclus, débutant de neuf heures jusqu'à dix-sept heures, avec une pause de midi à deux. Il pourra être prolongé. Durant ce temps, personne n'est habilité à approcher les accusés, si ce n'est les représentants de la loi. Le procès se tiendra en deux parties. Dans la première, nous interrogerons les accusés issus des rangs de Lord Voldemort directement. Dans la seconde partie, nous interrogerons les personnes dont une étroite collaboration avec le Lord est redoutée. Les témoins pourront s'exprimer chaque jour, après les interrogatoires, de quinze heures à dix-sept heures.

Trois nouveaux coups résonnèrent contre le socle.

- Le procès peut commencer.

HHHH

Trois jours de débat. De jugements. De peines. De cris et de supplices.

De délits. Les plus grands collaborateurs du Lord s'étaient succédés au centre de la pièce.

Les simples partisans verraient leurs cas étudiés dans d'autres procès, moins médiatisés, car moins importants ; les noms de Bullstrode, des Greengrass, de Tracey, Nott, Turpin, et Hopkins ne manifestaient pas grand-chose. Toutefois, ils jouaient le rôle de témoins, s'il fallait valider une version ou relever un détail d'une scène que racontaient les accusés sous veritaserum.

Le cercle intime de Lord Voldemort avait été considérablement restreint durant l'affrontement du quatre mai.

Bellatrix avait été jugée. Emprisonnée à perpétuité. Elle n'avait trouvé aucun moyen de se défendre, et le récit dévoilé de ses crimes passés l'avait conduite en silence à Azkaban, sous le regard démoli de Madame Londubat, la grand-mère Neville, qui demeurait avec le goût amer de la solitude en bouche.

Drago avait cru qu'il serait envahi d'une émotion étrange, lorsqu'elle serait installée dans un des fauteuils, les poignets et les chevilles enchainées. Il n'en avait rien été. Elle avait cherché son regard, elle n'avait croisé qu'un grand vide. Les après-midis passés avec elle lui étaient revenus en mémoire, mais pour lui, ce n'était plus la même femme.

Ce n'était pas la même femme qui l'entrainait à la magie en riant, et celle-là qui avait poignardé l'enfant que portait Hermione. Ce n'était pas elle.

L'avaient suivie, Avery, Greyback, les Parkinson, le Carrow restant et d'autres. Yaxley était mort sur le champ de bataille, s'épargnant une peine catastrophique. Lucius Malefoy également, à la grande peine de Drago. Il aurait voulu que son père soit jugé.

Les témoins s'étaient succédé, accentuant la gravité des faits accomplis par les accusés. Bellatrix et les autres, tous sous veritaserum, n'avaient pu nier, mais, pire encore, avaient exprimé leur plaisir d'avoir pu faire souffrir. Andromeda avait fermé ses yeux lorsque Bellatrix avait évoqué sa vengeance, achevant Lucius comme il l'avait fait avec Narcissa.

Chaque journée s'était soldée de rapports conséquents de La Gazette, et d'autres journaux, qui retraçaient parfaitement les faits macabres, et le malaise qui régnait dans la salle.

La population anglaise, réunie en masse, avait largement approuvé le comportement de Rufus Scrimegour, qui se servait de ce procès afin de se révéler comme quelqu'un de très humain. Harry avait été répugné d'aviser cette parade. De plus, le ministre convainquait les anglais, et Drago craignait la suite, lorsque le jeudi, entreraient en scène leurs amis.

Le jeudi arriva.

Drago et Harry, blêmes, s'étaient plus qu'entourés des témoins qu'ils avaient contactés.

Les Weasley restants, Molly, Ginny, les jumeaux et Charlie, McGonagall, Shacklebolt, le professeur Chourave, la grand-mère de Neville, Luna, Hagrid, Madame Maxime, les sœurs Patil, Lavande Brown, Ham et Butcher, quelques centaures, Andromeda…

Tant de leurs amis avaient péri. Ni Rogue, ni Dumbledore, ni Lupin, Tonks, Fol-Œil, Arthur, Bill, Fleur, Percy, Neville, Chang, Xenophilius Lovegood… n'avaient pu venir.

Résonnant longuement dans la pièce silencieuse, Scrimegour abattit trois fois son marteau contre le socle de bois.

- Aujourd'hui, jeudi 17 mai 1998, neuf heures, se poursuit le procès éclair.

Une nausée tourna davantage l'estomac de Drago, et il noua ses mains, se penchant davantage.

- Nous débutons cette journée par une lettre que le phénix de Dumbledore a déposée à notre encontre à la mort de ce grand sorcier.

Seul Harry aperçut la grimace que retint Scrimegour à ses propres mots. Ombrage, non loin de là, se racla la gorge d'un petit air agaçant.

- Si elle dit un mot de travers, je l'étrangle avec son nœud rose, gronda Harry.

Ginny lui jeta un regard compréhensif. Elle était parvenue à convaincre sa mère et McGonagall, de l'importance de sa présence à ce procès. Et elle n'était pas la seule élève de Poudlard.

- Monsieur le Ministre, hum-hum, lança Ombrage.

- Dolorès, je vous laisse la parole.

- Je vous remercie, monsieur le Ministre, ronronna Ombrage. Toutefois, nous ne pouvons prendre en compte une lettre d'une personne défunte… hum-hum…Ceci ne peut être un élément valide.

Un brouhaha recouvrit aussitôt ses mots, et Harry adressa un coup d'œil furieux au ministre. Si Dumbledore avait laissé un témoignage, il devait être crucial, et personne ne pouvait nuire aux volontés de son mentor.

- Je suis de votre avis, Dolorès, cet objet n'est pas recevable, reprenait Rufus.

Drago perçut un coude s'enfoncer dans ses côtes, et se tourna brusquement vers Luna. La blonde fixait une personne dans leurs dos, et Drago suivit son regard, agacé par la tournure des évènements.

- Vous ? s'étonna Drago, attirant également l'attention d'Harry.

Hausten leur faisait face, luisant dans un costume parfaitement taillé.

- La loi 521 du code Pénal, article 3.c stipule qu'aucun avocat ou porte-parole ne peut défendre vos amis, murmura l'avocat dans leur direction.

- Et ? s'impatienta Drago.

Dans son dos, le débat s'enflammait, quant au contenu de la lettre à ouvrir ou non.

- Personne n'a le droit de parler en leurs noms. Toutefois, vous pouvez exprimer des situations atténuantes au travers de témoins. Vous pouvez également faire tourner la loi à votre faveur, si vous la connaissez parfaitement, sourit largement Hausten.

- Ce qui n'est pas notre cas, poursuivit Harry, les sourcils froncés.

Leur discussion se déroulait à voix basse, alors qu'un véritable conflit animait la salle entière.

- Si je viens en tant qu'avocat, vous serez aussitôt ennuyés, avoua Hausten. La société anglaise croira que vous contournez ouvertement la loi… De plus, peu de personnes ont le droit de s'exprimer dans ce genre de procès. Mais si je suis présent en tant qu'un ami qui vous dira quoi dire au Magenmagot, rien n'est perdu.

Drago et Harry considérèrent l'avocat.

- Vous savez ce qu'il y aura à faire ?

- Disons que j'ai vu quelques contacts et que j'ai pu obtenir la planification exacte de ce procès. Je pourrai vous aider pour certains détails.

- Mais ce ne sera pas gratuit, nia Drago en plissant ses yeux.

Une lueur perfide s'alluma dans les iris sombres d'Hausten, alors qu'il passait les doigts dans son épaisse moustache.

- Par Salazar non, murmura Hausten.

- Je détiens la miniature du temple de Salomon, créé par le gobelin qui vous passionne tant, avoua Drago.

- Cela fera amplement l'affaire.

Et sur ce, Hausten secoua sa baguette, une chaise apparut entre Drago et Harry, et il s'avachit dessus. Il tira d'une poche intérieure de son veston, un porte-document, dégaina un papier rempli de notes, et le tendit à Drago.

Drago y jeta un bref coup d'œil, et un sourire narquois tordit ses lèvres, alors que la boule de nerfs qui nouait son estomac se desserrait.

Drago donna le papier à Harry, et celui-ci le lut brièvement. Puis, lentement, le Survivant se mit sur ses jambes. Le Serpentard lança un Sonorus à l'Elu, qui le remercia d'un coup de menton.

- Monsieur le Ministre.

La voix d'Harry Potter recouvrit la moindre respiration, réduisant à néant les propos décousus qui se heurtaient dans la salle.

En théorie, une personne du public n'était pas apte à recevoir la parole. Eventuellement, le ministre et le magenmagot aurait pu prêter oreille à l'avis d'un membre de la famille d'un concerné ou d'un accusé.

Mais… il avait face à eux Harry Potter. L'homme qui avait anéanti Voldemort, l'homme le plus populaire du pays. Des enfants ignoraient qui était Scrimgeour, mais le nom d'Harry Potter était sur toutes les lèvres.

Aussi, soucieux de l'image qu'ils renvoyaient, et inquiets de perdre de leur notoriété, le ministre et le magenmagot ne pouvaient que lui donner la parole. Et cela, Hausten le savait.

- Nous vous écoutons monsieur Potter, répondit Rufus Scrimegour, masquant sa fureur.

- Selon le Code de la Propriété Physique Universelle, l'article 212 affirme que les objets ayant appartenu à un homme de son vivant, ne peuvent lui être associés une fois sa mort prononcée. Même s'ils sont traçables au travers d'un héritage, ils n'ont plus de lien avec leur ancien propriétaire car on estime que la magie peut faire croire que n'importe quel objet appartenait à un défunt.

Harry lisait le papier lentement, fixant ses interlocuteurs. Chacun buvait ses paroles.

- Monsieur Potter a parfaitement raison, gloussa Dolorès. Cette lettre ne nous est d'aucune utilité, elle n'est peut-être même pas du cher professeur Dumbledore !

Son intonation mielleuse fit naitre l'envie à Harry de la brûler vive.

- Je vous remercie de votre accord, Madame Ombrage, répliqua Harry, masquant sa raillerie, mais je n'ai pas terminé. L'article 215 admet qu'il peut y avoir des situations dans lesquelles les objets restent liés à leurs propriétaires, malgré la mort. Ils demeurent leur propriété, et cela même d'un point de vue juridique. En vérité, seules trois situations reconnaissent la propriété d'un objet à son propriétaire. Soit cet objet a été déposé au ministère, dans un casier, du vivant du propriétaire, et par lui-même. Soit cet objet siège dans son compte Gringotts, et il l'a remis de lui-même, en signant une décharge. Soit… cet objet était en possession du phénix de cette personne, car les phénix sont les animaux les plus liés à leurs propriétaires. De ce fait, cette lettre est obligatoirement reconnue comme appartenant à Albus Dumbledore, puisque son phénix nous l'a remise en mains propres. Elle est donc sa propriété entière et réellement de lui.

Ombrage parut avoir avalé un de ses thés, mais sans sucre, tant sa moue paraissait décomposée.

Un membre du Magenmagot se leva, le temps d'une phrase :

- C'est tout à fait exact. Cet élément est entièrement recevable, et la lettre doit être lue.

Avant de se rasseoir. Laissant un long flottement. Harry se remit dans sa chaise, contentant un sourire fier à l'adresse de Scrimgeour.

- Eh bien soit, lisons-la.

Harry et Drago s'observèrent, ravis, et concertèrent Hausten, qui allait peut-être se révéler être une aide de qualité.

Dans une pièce où chacun retenait son souffle, un auror dégaina une clé de sa poche, l'enfouit dans la serrure d'un coffre, également entouré de plusieurs mangemorts. Il en tira une lettre, enroulée et nouée par une tache de cire, que l'empreinte de la bague des Gaunt avait scellée. Harry sut, à cette vision, qu'il s'agissait bien d'une épître de Dumbledore, même si, visiblement, la lettre avait déjà été lue, car le sceau adhérait moins bien au parchemin.

Lentement, l'auror referma le tout, et porta la lettre vers le Ministre de la Magie. Il devait demeurer dans son dos, le temps de la lecture, afin d'approuver les termes qu'il employait.

Dans le même laps de temps, Hausten tira une nouvelle feuille de son dossier, la désignant à ses deux clients.

- Voilà dans quel ordre vont se succéder les témoignages, murmura Hausten.

Drago et Harry se penchèrent.

Dipsy, l'elfe des Malefoy, serait la première reçue. Puis viendrait Ronald Weasley. Ensuite, Angelina Kathlins. Blaise Zabini. Pansy Parkinson. Et… Hermione Granger.

Mais, ils ne purent davantage réfléchir, car Scrimgeour entamait la lecture de la lettre qu'Albus Dumbledore avait laissée derrière lui.