Salut les gens,
Pardon pour le temps passé à poster mon chapitre. Mais prenez le temps de lire les réponses aux reviews et ce qui va suivre, merci.
Pas le choix, c'est la crise.
La crise du temps.
Et du moral.
J'pourrais vous raconter ma vie, mais en fait non : si je parle de mon boulot vous allez toutes dégobiller sur vos claviers et vous ne pourrez pas écrire de reviews. Si je vous parle de mes émotions actuelles, vous finirez toutes pendues. Si je vous parle de mon marmot,… ha si tiens… Mais vous vous en foutez ! Vous voulez lire, bande de garces !
Je vous promets seulement une chose ! Dans le chapitre prochain, un mois entier va s'écouler. Puis dans le suivant, ACTION ! C'est… Le printemps ! Le plan d'Orphée va péter à mort… Si je « casse » le suspens, c'est simplement par ce que je déteste attendre les nouveaux chapitres des fic' que j'aime pendant 15 plombes et que je cherche toujours à en avoir un avant gout… Voilà de quoi vous faire patienter !
Sur facebook quelques dessins de cette fiction et d'autres choses encore : MADmoiselle Acide : )
Je tiens également à vous faire partager une nouvelle fiction injustement peu lue sur , ce n'est que le début, mais ça promet. Elle est dans la catégorie « Vampires » et non Twilight.
Avery Matthews – de l'auteure : ipopo75
Lala : merci de ta présence ! Et de ta review. Les retrouvailles pour Orphée et Elarik ? Qui a dit qu'ils allaient se retrouver ? Et puis qui va trouver l'autre ? Hein ? Oui c'est pour bientôt ^^' Je suis contente de te voir si enthousiaste, ça m'a motivée. Et désolée pour l'attente, je fais tout mon possible…
Eve : oui j'avais mis Santino pour toi en début de chapitre, surtout pour te donner envie de lire le reste ! Je ne m'étalerais pas sur ta vision du vieux, sexuellement parlant. En fait au boulot, j'ai des vieux. Je peux te jurer que j'ai plus envie de vieillir et suis super motivée pour prendre soin de moi depuis que j'ai vu le pire. Mais trêve de dépression ! Et oui, ça va bientôt bouger. Dès le prochain chapitre après le suivant. Voilà ! J'ai peu de temps mais je lis toutes tes reviews en entier et je me bidonne comme une débile à chaque fois. NON Elarik n'a jamais porté la moustache, tous les moustachus sont laids et ça pique. Mon copain s'est laissé pousser un bouc dernièrement… Oui, cela a contribué à mon humeur morose. Qu'importe. Elarik ne se rasait évidemment pas tous les jours sur son bateau -.-', mais pas de moustache.
Zo' : merci de toujours être là accompagnée de tes conneries. Pour infos, c'est pas vraiment le tibia qui est important, mais la longueur des tendons. Une règle pour mesurer les tiens ? Bonne chance ! Alors ton internat ? T'apprends des choses ? Et pourquoi tu mates par terre quand tu marches ? Tu te la joue Bella Swan ? Genre t'es super maladroite ? Ou c'est à force de parler canard, ça doit te perturber… Ouai pour les transformations, ça me fait aussi penser à Tyler, j'étais deg' en voyant la série… Vous me prendrez un jour tout mon temps avec vos reviews… Mais j'ai trouvé ma vangeance, quand j'aurais le temps.
Mimicam : Oui, tu es toujours au rendez-vous et je t'en remercie infiniment ! Ca me motive ! Ce chapitre est un peu trainant, mais au prochain, ça bouge enfin! Merci de ta présence et de ton enthousiasme !
N la C : Merci à toi ! Je mets tout ce que j'ai quand j'écris et j'avoue que mon mental influe sur les faits de chaque chapitre… Je suis contente de ce que tu as ressentis lors de ta lecture ! Maintenant, bouge toi !
Sophia : Merci pour tes commentaires ! Oui Elarik va retrouver Orphée, ou l'inverse, ou peut-être Eris ? Ca avancera significativement dans 2 chapitres comme dis plus haut ! Merci d'apprécier et de le dire !
Vibbes : Je te contacte dès que possible pour les traductions russes ! Merci beaucoup ! Je les corrigerais dans mes chapitres avant de les reposter ! Merci à toi (et en effet, je pense pas qu'en dehors de toi, quelqu'un ai remarqué quelque chose -.-' C'est dur, le Russe ? C'est un alphabet complètement différent ! Ou peut-être est-ce ta langue maternelle ?) Merci d'aimer et de me le dire, ça motive !
TIana : je vais te fouettez jusqu'au sang comme toutes celles qui ne review pas ! Honte à toi ! Malheur sur tes descendants, que Dieu t'ouvre les portes de l'enfer ! Mais tu aimes, et c'est cool. Je te pardonne. Un peu.
Liam Volturi : Merci de ta review ! Ca fait toujours plaisir !
CMR : J'espère aussi publier mon livre un jour -.-' On verra bien ! Merci de ta review et à bientôt !
Marina 63 : bon, toi aussi, je vais devoir te péter la gueule. Et me parle pas de tes chiens, je sais comment les maitriser. Sans blague ! Mais bon, tu t'es rattrapée, t'es là, fraiche et dispo, tant mieux ! Oui, comme dis au dessus, Orphée va buter du monde, Elarik ratisser la planete et… Mais qu'est ce que je dis ! Qu'est ce qu'on en sait, hein ? Tu verras bien. Mais action dans deux chapitres.
Coton : comme tu les signales très justement, c'est l'intention qui compte ! Je suis contente de te revoir parmi nous ! Ou plutôt chez moi, après tout ! Je te remercie de tes commentaires qui m'ont fait plaisir et surtout, j'espère que tu aimeras ma fic' encore un moment, même si on commence doucement à se rapprocher de la fin. Je me demande déjà comment j'vais faire pour écrire des batailles… J'suis pas douée pour ça, je trouve… Mais on verra ! Merci à toi !
MERCI à vous toutes.
Reviewez ou j'vous tAbAsse ! (Cf le romain dans Kamelott…)
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Tu marches dans la neige…
Je marche dans la neige…
Je marche dans la neige. J'en ai jusqu'aux cuisses, mais je n'ai pas froid. J'aime ce vent glacial qui me passe au travers et le paysage est on ne peut plus magnifique malgré la tempête. Un vent de liberté.
Mais au fait,… Qu'est-ce que je fais là ?
Liberté ?
Mon visage est gelé. Je ne sens plus mes doigts…
J'ai mal.
J'ai mal… à la tête,… et à la cuisse. Peut-être même au dos. Pourquoi ?
Ça brûle. Ca à l'air de saigner aussi… Ma tête !
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Orphée s'écroula dans l'énorme couche de flocons blancs pour ne plus se relever.
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Elarik riait aux éclats, oublieux de sa récente douleur malgré le fait que son hilarité ne présageait rien de bon : muni de son « arme », ce fameux bâton de bois, il attaquait les nouveau-nés irokois « à l'ancienne » comme il aimait le dire. Se souvenant sans difficulté de ses talents d'escrimeur, il était parti à l'assaut en première ligne : par pur réflexe devant ce vampire qui brandissait un morceau d'arbre, les trop jeunes vampires se baissaient et se protégeaient en couinant bêtement, perdant de précieuses secondes pour esquiver le pirate tout au combat. Impossible de riposter et ils se faisaient pulvériser par le reste du clan breton suivant son chef cruellement joyeux. Certains ennemis parvenaient à se ressaisir et à comprendre leur force, mais trop tard : ceux-ci étaient les pauvres humains transformés il y a quelques jours, dans les villes Américaines…
- L'air est décidément vivifiant sur ce continent ! Clama Falko. Nous devrions revenir plus souvent !
- Il est vrai qu'il y a plus d'action que par chez nous, répondit Allen en éclatant la jambe d'un ennemi.
- Spraf ! Fit la nuque d'un autre sous le poing d'Elarik.
Tous mirent du cœur à l'ouvrage en dehors de la plupart des Cullens : seul Emmet trouvait son compte et se battait volontiers avec les modificateurs. Jasper était seulement méthodique et Alice très prévoyante. Esmée sauvée de justesse par une Jane aux anges. Renesmée veillait sur Jacob qui veillait sur Renesmée, non sans arracher quelques membres. Félix et Démétri œuvraient de concert en réussissant la prouesse de discutailler en même temps avec Falko, tank vivant. Pas pour longtemps cependant : cette armée Irokoise était particulièrement bien fournie et Edward parvenait à stopper les fuyards avec son père et chef de clan.
- A-t-on déjà vu aussi grande armée ? Marmonna Alec pour lui-même en percutant un visage de son pied.
- Je ne sais pas ! Mais nous en aurons vite terminé à ce rythme, lui répondit tout de même Félix en poursuivant une jeune femelle qui gémissait d'avance face à l'immense Volturi.
- Je n'ose même imaginer ce que nous aurions fait sans vous,… rétorqua Carlisle.
Aro, de loin, regardait la scène de ses yeux enfantins mais également de son point de vue d'ancien : c'était si beau, après tout, de s'allier pour une même cause de temps en temps et de faire tomber la barrière des clans, pourtant fort utile en temps normale pour l'équilibre de leurs êtres. Le vieux Volturi ne se battait pas, sauf quand le besoin se faisait sentir : un modificateur femelle était particulièrement en difficulté et Aro intervint en brisant le cou de l'ennemi d'une seule main avant de retourner à sa place.
D'ici, il contemplait la scène avec beaucoup plus de recul et limita considérablement les dégâts. Jane avait un bras démis et un loup saignait abondamment. Rien de plus, pour le moment. La rage semblait flotter au-dessus du champ de bataille illuminé par de grands brasiers naissants.
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- Vous devez-vous transformer dès maintenant, avait soufflé l'Orphée démoniaque.
L'expression de l'humaine avait sonné comme un ordre aux oreilles de Jivko, alors que son fils et disciple terminait de muter. Bien qu'étant le plus ancien enfant de la lune présent, Jivko prit mal, très mal cet ordre de la part de cette… humaine, quelle que soit son apparence. Qu'importe. Personne n'avait à lui parler sur ce ton et surtout par lorsque son astre était à son apogée.
Ivanov, poil dressés malgré un calme tout relatif de sa part, humait l'odeur provenant d'Aleskandr, concluant qu'il se trouvait devant un probable ennemi. Orphée le surveillait d'un œil mais prit garde à l'ancien qui, bien qu'habituellement bourru, n'avait jamais montré une telle agressivité.
- Et pourquoi ça ? Finit-il par aboyer, les poings serrés alors que la horde se resserrait autour d'eux.
Un sourire hilare lui fit face : Orphée osait donc aller jusqu'à se moquer de lui. C'était proprement intolérable.
- Je vais t'apprendre le respect, petite fille, grogna-t-il avant de forcer son corps à se transformer sur le champ.
Son poil blanc immaculé rendu hirsute par la colère malgré son âge lui permettant de garder toute sa conscience, il sauta facilement jusque sur Orphée en lui écrasant les épaules de ses pattes avant à l'apparence humaine, près à lui broyer la jugulaire de sa mâchoire puissante.
- Vous devez être le dominant de cette meute, lui dit l'humaine-démon d'une voix apaisante retenant son cri de douleur entre ses dents.
Le loup Jivko frissonna, une étrange sensation s'emparant de lui : comme si Orphée était capable de créer un lien avec sa personne, un lien d'autorité, une relation forte sans dominance réelle. L'ancien la regarda un long moment alors qu'Ivanov se rapprochait : ce drôle d'attachement ferait effet sur tous les loups transformés, comme s'ils étaient liés à elle d'une manière assez fragile cependant, Jivko n'en avait aucun doute. Mais il savait également qu'à la moindre erreur, tous se retourneraient contre elle sans qu'elle ne puisse rien y faire. La position de dominant du loup à la toison blanche ne faisait aucun doute : d'ordinaire sauvage et solitaire comme tous les Garous sans exception, incapable de s'entendre avec leurs frères ennemis, Ivanov attendait tout de même la réaction de Jivko : si celui-ci attaquait Orphée, s'en était fini. S'il l'écoutait, leur horde serait peut-être sauvée un jour. Peut-être.
Un jour indéfini. Mais il avait l'éternité pour attendre.
Ce fut d'un grondement menaçant que Jivko scruta une dernière fois les pupilles dilatées d'Orphée, pour se mettre à son côté sans plus paraitre belliqueux donnant ainsi l'exemple pour les prochains loups. De loin et silencieusement, Gévaudan acquiesça avant d'exposer son corps à la lumière de l'astre.
Orphée reprit légèrement conscience, se sentant couverte de la couche de neige où elle était tombée, faible et donc vulnérable. Elle eut momentanément peur, si peur que les loups profitent de ce moment de fatigue extrême ! Cependant, et malgré les grondements vibrants et profonds qui raisonnaient autour d'elle, aucune attaque ne se fit sentir et elle perçut un pelage chaud l'envahir sans parvenir à énoncer le nom du propriétaire. Elle trembla légèrement en se rappelant l'expression massacrante de Jivko présente dans son souvenir flou. Aussi flou que son démon avait été présent. Ce moment de faiblesse ne faisait qu'annoncer son besoin de repos, faiblesse venue de son incapacité à retenir les divers sentiments qui l'avaient assailli depuis un mois maintenant. C'en était sûr… Elle allait faire des cauchemars.
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- Combien de temps comptes-tu rester ainsi… ? Demanda doucement Benjamin alors qu'Eris n'avait pas bougé d'un pouce depuis ces trois derniers jours.
- Le temps qu'il faudra.
- Qui aurait pu croire que cette femme si discrète et humaine pu être soupçonnée de traitrise ! Chuchota Benji à Sybelle tout en enfournant une bonne fourchette de spaghettis, en regardant Giana s'affairer.
- C'est vrai ! N'oublions pas que l'habit ne fait pas le moine, renchérit-elle en secouant sa longue chevelure blonde que caressait Armand.
- Ouai, constata Eris, c'est valable pour beaucoup d'entre nous. Regardez Sven : on dirait un homo. En fait non. C'est étonnant.
Alors que Benjamin souriait, un long et profond soupir - exprimant l'immense lassitude de son émetteur - se fit entendre.
- Dois-je comprendre, avec un bonheur non feint, que ton humeur est à nouveau au beau fixe ? S'enquit Sven de son ton le plus léger et poli.
- Pas vraiment.
Et en effet, le frère d'Orphée était toujours aussi tendu, plein d'une colère contenue, comme s'il allait exploser d'une seconde à l'autre.
Sven déplaça de quelques centimètres l'assiette de pâtes intacte qu'avaient apporté les humains d'Armand à l'attention d'Eris pour l'encourager à se nourrir. Tentative vaine : celui-ci continuait de faire abstinence. « Merci, mais je n'ai pas la tête à ça », avait-il répondu, touché tout de même par le geste.
- L'attaque en Amérique a commencé il y a peu, informa Sven qui venait d'avoir son chef en ligne, tout en se posant sur la balustrade.
- En effet, souffla Santino, ses yeux rougeoyants fixant inlassablement le vide, à l'ombre d'un pilier. Il paraitrait que la chose serait plus aisée que la précédente attaque dans ce pays.
-Espérons-le, conclut le second d'Elarik, exprimant la pensée de tous.
- J'ai cru comprendre que si ce combat s'avérait trop ardu, les nôtres fuiraient instantanément, dit Armand d'une voix calme.
- Ceci est tout à fait possible. Reste à voir s'ils en auront la possibilité,…
- La jeune Cullen n'a pas vu de catastrophe pour le moment. Tout devrait se passer correctement, ils sont assez nombreux pour cela.
Les deux sombres anciens se turent subitement lorsqu'Eris attrapa son assiette pratiquement froide pour grignoter quelques pâtes et Sven se demanda intérieurement ce qui pouvait motiver ses actes semblant en permanence sans logique aucune.
- J'ai rien de mieux à faire. Je m'ennuie.
La voix de l'humain aux yeux bleus d'eau était on ne peut plus glacial, comme si tout sentiment s'était évaporé ou qu'il n'en n'eut jamais possédé. Un symptôme de plus qui prédisait que son état ne s'améliorait pas.
- Et si tu t'étais trompé ?
La première réponse d'Eris fut un regard qui en disait long sur la réplique de Sven, puis il marmonna :
- Je te rappelle que je ne suis ici que pour ma sœur. Je pense être à peu près le seul à me soucier de sa condition actuelle et à suivre ses mouvements de loin, et…
- Parce que tu la sens de nouveau ?
- Evidemment. Le signal est faible mais bien présent.
- Et tu ne nous dis rien ? Lui reprocha Sven en le dardant de son regard outré.
- …
- Contrairement à ce que tu crois, tu n'es pas le seul à t'inquiéter de sa situation, siffla-t-il en guise de conclusion.
- Je sais, Sven, je sais, ricana Eris se rappelant les sentiments étranges du blond, sans prendre la peine de sourire. Mais la plupart de vos intérêts sont tous autres que les miens. Je me soucie seulement d'elle et pas de vos conflits ou des informations qu'elle pourrait rapporter.
- Tu nous juges bien vite,… Souffla Benjamin, le vampire égyptien, avec une pointe de regret.
- Je sais, mais si en plus de tout ça, je commence à m'en faire pour vous, je ne partirais jamais d'ici.
Tous comprirent alors qu'Eris, tout comme sa sœur, était d'une franchise imparable quand il s'en donnait la peine mais contrairement à Orphée, son désir était clair : il ne resterait pas ici. Aucune hésitation ne l'arrêtera dans sa décision. Dès qu'il sentira le moment venir, il s'échappera le plus rapidement possible et le plus discrètement.
- Et si ta sœur décidait de rester parmi nous, vampires ? Lui soumit Armand, pensant qu'il était nécessaire au frère de connaitre toutes les possibilités qu'Orphée avait, si on la retrouvait un jour.
Un éclair de douleur passa dans les prunelles bleues, fait qui n'échappa à personne, même pas à Sybelle et Benji.
- Sa sœur aimée saura le convaincre, avança Vitor qui s'approchait du groupe avec son éternel comparse, suivi d'un Cerbère incroyablement plus calme.
- J'ai assez de compagnie actuellement et beaucoup de mal à la gérer, bougonna Eris, revenez-plus tard ou prenez rendez-vous. Merci.
Mais le chien jappa alors qu'un des loups blancs trottina jusqu'à lui pour jeter sur ses jambes un paquet de fraises tagada.
- Au moins, y'en a qui peuvent sortir de ce maudit château sans que personne ne fasse une scène, remarqua Eris avec une pointe de sarcasme à l'attention de Sven tout en saisissant les sucreries.
Il caressa l'encolure du loup qui commençait de nouveau à pousser des cris aigus, traduisant sa détresse. Où était sa maitresse ? Benji prit son assiette vide et celle de Sybelle avant de se diriger vers les cuisines, la meute entière faisant raisonner leurs gémissements.
- Elle s'en sortira, va, lui souffla-t-il alors que Sven se mit à ricaner.
- Quoi ?
- Je suis presque plus impatient de voir la tournure des évènements te concernant que la finalité de la guerre !
- Comme nous tous ici présent, je présume, émit Santino de sa voix grave en esquissant un sourire terrifiant, reprit par Armand et Benjamin.
- Ha ouai, c'est à ce point… Vous avez essayé les feux de l'amour ?
- Petit impertinent,… répondit Sven, sans arrêter de glousser.
- Il n'empêche que j'ai réussi.
- Quoi donc ? S'étonna le blond alors que tous contemplaient Eris avec un attrait nouveau.
- J'ai réussi à vous ancrer dans la tête que ma sœur va revenir. Vous pensez tous que nous allons bientôt la voir surgir de derrière les collines environnantes. Vous en êtes, sans exception ici présent, persuadés.
Ce fut cette fois le sourire carnassier d'Eris qui mit fin à la conversation alors qu'il se replongeait dans la contemplation de Giana.
- Et j'espère ne pas devoir prouver que nous n'avons même pas besoin de cette félonne traitresse, termina-t-il alors que ses yeux s'assombrissaient.
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- Avez-vous un titre de propriété ?
Il s'arrêta de sourire et de marcher, levait ses sourcils. Que venait-elle donc de dire ?
- Non je n'en ai pas. C'était juste un… avertissement.
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- Donne-la moi ! Pose-la sur le sol !
- Il en est hors de question.
- Nous ne savons pas ce qu'elle a et il nous faut prendre soin d'elle !
- Même si la mort l'attendait, cela vaudrait peut-être mieux pour elle,…
Jivko était nu et portait Orphée inconsciente dans ses bras. La barrière physique d'Icare n'étant pas assez précise pour éjecter l'humaine souffrante de la poigne de l'ancien ayant repris forme humaine, Eva tentait de lui faire entendre raison : elle désirait récupérer sa prisonnière et la mettre en sureté sous l'approbation du reste des vampires, ce qui n'arrangeait rien au problème.
- Les miens deviennent nerveux et je suis, pour le moment, le plus apte à la faire survivre par cette température, énonça toujours calmement Jivko, ses cheveux blancs voletant sur son visage, sa barbe bâclée accrochant la neige.
Eva feula, ses yeux carmins lançant des éclairs, mais avant même qu'elle ne rouvre la bouche les deux chefs indiens se retrouvèrent dos à elle et le silence se fit.
- Une fois revenu à notre repère, j'exige que tu nous la rendes, sous peine que je n'utilise des moyens plus drastiques, dit l'un deux.
Hochant la tête à contrecœur, l'ancien loup plaça l'humaine dans les membres épais de Gévaudan qui fixait ses camarades à l'affut du moindre débordement. Etrangement, tous semblaient résolument calmes : le grand air leur faisait du bien. C'était un miracle.
Puis Jivko repris sa forme animale et commença à rebrousser chemin vers le complexe militair en reprenant Orphée et espérant qu'il ne faisait pas tout cela pour rien.
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-… Comment vous appelez-vous ?
Il pencha la tête, l'air plus dangereux que jamais.
- Elarik.
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Malgré l'agitation qui régnait autour d'elle et que son inconscience lui permettait d'avoir de vagues sensations comme le poil chaud du loup qui la tenait, Orphée n'était pas dans la réalité. L'épuisement et la tristesse enfouie avaient eu raison d'elle. Combien de temps avait-elle picoré la nourriture plutôt que de se rassasier ? Depuis quand l'avait-on arrachée de Volterra ? Pourquoi était-elle là au milieu des vampires froids mais pas indifférents, dans le mauvais sens du terme ? Comment se faisait-il que Cerbère lui-même était absent ? Quel est le nombre d'heure qu'elle avait passé sans dormir ?
Ceci était trop dur à encaisser, non sans compter qu'elle n'avait pas exorcisé toute ses douleurs passées avec Elarik, ni posé toutes les questions qu'elle voulait à ce vampire qui avait radicalement changé en ce qui la concernait,…
Trop c'était trop à supporter et à intérioriser : son esprit et son inconscient se rebellait : il fallait que la souffrance sorte et que le cerveau trie et classe toutes ces réflexions douteuses.
La dernière fois qu'Orphée avait été victime de cette crise, c'était à Volterra après avoir vidé le presbytère et récupéré les toiles représentant son Ange. Son gardien.
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- Tu me cèderas tout ce que tu es.
- Je veux tout de toi.
- Je demande seulement que ta confiance me soit accordée.
Elarik… Elarik… ELARIK.
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Orphée se crispa violemment dans les bras immaculés du loup qui en sursauta de surprise et elle se prit la tête à deux mains, semblant vouloir s'arracher les cheveux, avant de se mettre à hurler comme de douleur.
Le cri raisonna dans l'immensité neigeuse un long moment, se répercutant sur la moindre colline environnante et tous accélérèrent le pas, surtout sous la pression muette des chefs Irokois qui martelaient le sol blanc d'un même rythme.
L'un d'eux se retourna pour jauger de l'état de la prisonnière et confia sans se cacher à son égal :
- De tels pouvoirs ne sont que souffrance pour un humain.
- En effet, mais nous n'en doutions pas.
- La secrétaire Volturi en avait fait mention me semble-t-il. Eva ?
- En effet. Cependant, elle n'avait pu déterminer ni la cause, ni l'effet. Et, si je puis me permettre…
D'un signe de tête bref et sec, l'indien l'autorisa à s'exprimer, sans daigner la regarder.
- Et bien, j'ignorais que cela prendrait une telle ampleur, souffla-t-elle en jetant un coup d'œil inquiet à Orphée qui était retombée inerte, la tête sur l'épaule de Jivko. Celui-ci s'était attendu à un choc puissant, mais toute énergie vampire avait déserté le corps de la jeune fille trop pâle. Presque verdâtre à présent.
Sans répondre aux mots et aux maux d'Eva, les deux indiens ramassèrent à eux deux trois plumes de rapaces à moitié ensevelies sous les flocons sans même s'arrêter et continuèrent de converser comme si la situation était parfaitement en accord avec leur humeur, toujours en regardant l'horizon.
- Ainsi donc, les savoirs des anciens peuples ne se perdent pas.
- Sauf pour nous, répondit amèrement l'autre.
- Nous étions d'accord pour convenir que toutes ces richesses spirituelles n'étaient plus de notre ressort au vue de notre nouvelle nature, à l'époque,…
- En effet. Et le sujet est clos.
- Sais-tu que cela m'impressionne tout de même ? Dit l'un en regardant intensément l'autre.
- C'est également mon cas, contra le second en plaçant sa plume d'aigle dans sa crête épaisse flottant au vent. Et nous saurons assurément nous servir de ses capacités, quitte à la pervertir plus encore.
- Espérons qu'aucun gardien ne la somme de stopper le service de cette humaine à nos côtés.
Sur ce, ils arrivèrent en vue du complexe et les enfants de la lune eurent tous en cris de rage avant qu'Orphée de rejette sa tête en arrière, semblant étouffer, ses yeux grands ouverts ne voyant rien.
Ce qu'aucun ne savait, c'était que le gardien d'Orphée, cet Ange comme elle l'avait nommé elle-même, n'avait jamais cessé de veiller sur elle.
Il était temps qu'il se manifeste. Oui.
Il était grand temps de forcer le contact.
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Au château de Volterra, Elarik explosa d'un rire clair en la prenant par la main… Et …
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La vision d'Orphée s'interrompit vaguement pour laisser doucement place à un visage. Un visage recouvert d'un capuchon noir, dont seule la bouche et le menton carré apparaissaient, sans expression aucune. Un moment terrifiée et surprise, elle changea vite d'humeur pour se rendre compte que c'était Lui. Il venait à elle, enfin. Tant de temps passé… Malgré qu'elle le connaissait tout de même, une multitude de questions l'assaillie et la ramena à une peur toute différente : Lui pardonnerait-il de l'avoir négligé ? L'aimait-il toujours ?
Celui-ci ne lui ayant jamais parlé distinctement avec des mots se servait de son empathie pour communiquer de sa puissante énergie. Une énergie pouvant détruire le corps et l'esprit de n'importe qui sans exception.
Mais coupant court à son questionnement muet et pourtant clair pour lui, son Gardien la transperça brusquement. Il la submergea d'Amour, cet amour que connaissent si peu d'humains et qu'Orphée chérissait. L'Ange savait qu'elle n'avait pas besoin de mots – il savait tout, comme tous les siens. Orphée avait besoin de soutien et le soutien de cet être qui veillait valait tous la reconnaissance du monde.
Dans cette vision étrangement reposante mais forte en émotion, la jeune fille était debout, recevant cette énergie bienfaitrice les larmes aux yeux : non seulement Il était là, mais il veillait toujours comme il l'avait assuré il y a des années de cela. C'était parfois dur à croire : les humains sont négligents par nature et oublient toujours l'essentiel.
Son gardien lui sourit vivement de ses lèvres fines et elle sentit le courage émaner de sa personne : les épreuves qu'Orphée allait rencontrer son multiple et pourtant, elle n'avait plus peur. Son gardien était là et elle s'occuperait de lui, le chérirait comme il se devait.
Aussi vite qu'il était apparu, l'Ange s'effaça progressivement après un semblant d'étreinte pour laisser place à un cadeau signé de lui, assurément. Un cadeau bien étrange,…
Elarik.
Ce n'était qu'une vision et pourtant, l'humaine aux cheveux de feu fut bouleversée : son vampire se trouvait dans une clairière entourée de forêts sauvages. Cela ne ressemblait en rien à un paysage italien, en tout cas pas en provenance de Volterra. Il tenait un bâton brisé à la main et des morceaux humains jonchaient le sol. Des membres vampires pour être plus exact. Le regard du pirate semblait vide et il était immobile.
Son clan, hormis Sven, le contemplait les sourcils froncés, semblant impuissant. Les Cullens étaient également présents aux côtés d'immenses loups qui ne ressemblaient aucunement aux enfants de la lune qu'Orphée connaissait. D'autres vampires jetaient des morceaux de corps dans d'immenses brasiers alors qu'Aro les contemplait avec satisfaction.
- Que se passe-t-il ? Tenta de demander Orphée en s'apercevant que le visage d'Elarik se décomposait en expression de tristesse intense. Il semblait si vieux soudainement ! Il paraissait réellement son âge, en y regardant bien.
Mais c'était une vision et aucun son ne sortit de la bouche d'Orphée.
Elarik laissa tomber son bâton sur le sol et baissa la tête en serrant les mâchoires, sortant rageusement un sac en toile de taille moyen de sa ceinture.
Orphée fut éjectée de la vision et se mit à gémir de nouveau, triste et désespérée, s'accrochant de toute ses forces à l'énergie de son gardien pour éviter que le manque ne la ronge.
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Des mâchoires se brisaient, des membres volaient en tous sens et pour tout décor sonore des hurlements de rage et de douleur. Les clans alliés avaient presque terminé leur besogne : plus qu'une petite dizaine d'Irokois et, ils l'espéraient, le problème serait réglé en ce qui concernait les Amériques. Ce fut donc avec une immense satisfaction que Félix et Falko mirent fin à la vie des derniers ennemis en rugissant leur contentement, riant à gorge déployée, accompagnés par les toussotements joyeux des modificateurs qui avaient eu leur revanche.
Le vieux Aro contemplait la scène de ses yeux pétillants et un sourire satisfait marqua son visage blanc. Même les Cullens soupirèrent de soulagement en se rassurant les uns les autres sur leur état. Rien de très grave.
Un seul ne se réjouissait pas alors que tous s'employèrent à attiser les différents brasiers qui accueilleraient les restes ennemis.
- Nous avons bien travaillé, Jane, confia Aro en caressant du doigt la joue de sa petite soldate.
Celle-ci gronda faiblement en référence aux morsures infligées par un ennemi alors que son bras gauche était démis.
- Ce n'est rien, ma douce ! Tu guériras bien vite !
- Aro ! Souffla Eléazar en regardant un point précis dans l'espace qui les entourait, alertant tous les siens instantanément de par son intonation inquiète.
Au vu de l'empressement dont faisait preuve l'espagnol et du regard méfiant d'Edward Cullen, Aro se dépêcha de saisir la main tendue par son ancien garde et il vit ce dont il était question : une aura étrange les englobait peu à peu, d'après le pouvoir d'Eleazar. Cela ondulait, se trémoussait, comme impatiente. Un peu plus et on aurait dit que cette chose impalpable tentait de communiquer et plus spécialement devant Elarik au visage fermé, tournant le dos à ses compatriotes. Au moment où il relâcha son arme improvisée, à cet instant où le bâton toucha le sol, l'étrange aura s'agita violemment pour disparaitre subitement, aussi vite qu'elle était arrivée. Comme une bulle de savon qui éclate.
- Soyons prudent, lança Edward au pirate qui ne bougea pas d'un iota.
- Ce n'est rien, cela n'aura aucune conséquence, rétorqua doucement Alice en fouillant le futur aussi efficacement que possible alors que Jasper se rapprochait d'elle, protecteur.
- Je… Commença Eléazar, plus qu'étonné, Je… J'ai déjà vu cette énergie quelque part. Ceci est impossible, chuchota-t-il en regardant vivement autour de lui comme s'il cherchait une autre preuve de ce dont il venait d'être témoin. C'est elle ! C'est l'humaine, cette Orphée… J'ai vu cette énergie le jour où elle avait chanté dans l'église de ton château, Aro. Comment une telle chose est possible ?
Le chef Volturi ne répondit pas : Elarik tomba lentement à genou en enserrant ses doigts dans ses boucles sombres en sentant son cœur comme battre douloureusement… Et une demi-seconde plus tard, il se trouvait cent mètre plus loin d'un air froid, secouant son sac de toile usée qui cliqueta bruyamment : on ne perd pas une habitude si longtemps entretenue. Le chef breton se baissa pour ramasser un bras et en retira tout objet de valeur qu'il plaça négligemment dans sa longue bourse avant de jeter férocement ce membre dans les flammes. Il pillait les victimes de son massacre, comme lors de sa première bataille contre les Irokois… Comme tous ses combats en réalité, sauf que cette fois-ci, c'était lui qui se sentait volé.
Ils me l'ont prise… C'est donc ça le manque. Orphée.
Je jure que si je te retrouve un jour, je prendrais soin de toi.
Elarik entreposait cette fois ses trouvailles, mais il le faisait en pensant à celle qui occupait ses pensées. Il avait tué pour elle et il tuerait encore. Il le lui montrera, il lui prouvera tout ce qu'il a bataillé pour elle.
Tous se mirent à reprendre leur activité, les loups se joignant à eux sous leur forme humaine, uniquement vêtus d'un pantalon. Falko tendit un moment sa main fermée vers son chef de clan qui le regarda avec un soupçon de questionnement. L'immense viking déplaça son poing vers son sac de toile avant d'y laisser tomber d'autres menues richesse en lui disant d'un sourire sombre :
- Pour ton humaine, chef. Si nous la retrouvons un jour, elle verra à quel point tu t'es battu pour elle.
- Cela me tue de dire ça, mais nous en ramènerons plus encore ! Répondit Allen en réalisant le même geste de Falko.
- Qu'importe l'avis des autres, certes. Mais entre cela et notre Sven qui joue les nounous pour s'occuper de son frère… Marmonna Wilfried, non sans rajouter une chainette et un petit crucifix d'argent au butin.
- Pense donc à l'appeler, tant que l'on y pense, termina Elarik. Je ne sais pas comment je vais tenir, je ne sais pas ce que je suis en train de devenir, ragea-t-il entre ses dents.
… …
… …
… …
- …
-Oui, Allen. Je suis incroyablement heureux de savoir que vos activités soient si revigorantes, même en omettant ma présence, grinçait Sven au téléphone devant le faible sourire d'Eris qui n'entendait que la conversation du côté du blond.
- Effectivement, ici les choses sont pour le moins… calmes, mentit-il ensuite, tu m'en vois navré. Comment se porte notre capitaine ?
- Je vois,… S'assombrit le blond subitement avant de soupirer, prenant une décision. Afin de lui rendre quelques forces, peux-tu lui confier que… qu'Elle est toujours en vie, d'après les sensations de son frère ?
Au loin, Allen n'eut pas l'occasion de répondre : Elarik s'était emparé rageusement du téléphone.
- Elarik ! Je suis également rassuré de t'entendre et de savoir que vous avez perçue Orphée à l'instant, bavassa son second alors que son chef lui beuglait dessus, prêt à l'égorger le jour de leurs retrouvailles. Je pense qu'il était nécessaire de ne pas vous perturber pendant ces combats et…
Le combiné renvoyait allègrement tous les jurons proférés à vitesse grand V par le pirate qui n'arrivait plus à se tenir.
- Je sais ! Je suis au courant que sa survie est tout ce qui t'importe ! Seulement, l'affaire est un peu plus grave que cela et c'est pour cette raison que personne, ici à Volterra, n'a rien divulgué jusqu'à présent : Giana, la potiche Volturi serait alliée par une obscure façon à nos ennemis. C'est de cette manière qu'Eris a perçu ta dulcinée. Oui, je sais aussi que tu n'aimes pas ce terme ! Qu'importe ! Nous avons besoin de vos présences, notamment d'Eléazar pour connaitre l'éventuel moyen de déjouer le pouvoir qui tient cette détestable humaine sous l'emprise des Irokois, pour le bien de tous et le tien également !
- J'imagine bien ! Et je,…
- Il m'a raccroché au nez, ce manant ! S'insurgea le blond en posant sans délicatesse son téléphone portable sur la rambarde à côté de lui.
Eris ne put s'empêcher de glousser, s'attirant l'attention de Cerbère et de Sven.
- Puis-je m'enquérir des raisons de ton hilarité ? Grinça le vampire en dardant son regard pourpre sur le visage plus détendu de l'humain.
- T'aurais vu ta tête quand ton chef a commencé à gueuler… Hahaha !
- C'est toujours plus plaisant que ton visage à l'expression éternellement malade et proche de la décomposition, à tel point tu ne sais prendre soin de toi.
- Hé !
- …
- T'irais pas chasser, par hasard ? Tenta Eris.
- Si, mais ne t'en fais pas, je ne compte pas m'éloigner de toi.
- Moi qui pensais avoir gagné ta confiance ! Couina l'autre d'une voix de fausset en se frappant le front.
Sven, accroupit sur la rambarde de l'escalier, ne répondit pas tout de suite : ses yeux s'assombrir rapidement alors que son visage reposait sur ses bras croisés. Il regardait avec insistance l'escalier sombre alors que Santino et Armand se montrèrent, chacun tenant une coupe cristalline à la main, remplies d'un liquide rouge carmin. La troisième que tendit Santino était à l'attention de Sven.
- Merci infiniment,… souffla ce dernier en se saisissant du verre à pied qui lui était destiné, prélevant rapidement une gorgée avant de reprendre : Tu vois, cher Eris, pas besoin de t'en faire pour moi ! Je peux survivre et rester à tes côtés.
Eris fixait les verres d'un œil vide, dont celui de Santino qui tintait faiblement à cause des bagues qu'il portait aux doigts. Puis il se releva subitement, plongeant ses yeux bleus d'eau dans ceux de Sven pour lui murmurer :
- Tu remarqueras que… « Rester à mes côtés et survivre »… c'est pas donné à tout le monde.
Un bruit de chute suivi d'une dégringolade d'objets retentit subitement au rez-de-chaussée en dessous d'eux : Giana s'était affaissée, emportant dans effondrement son ordinateur portable, le téléphone fixe de l'accueil et une bonne pile de dossier en tout genre.
Instantanément surgirent les prêtres accompagnés d'Anthony et de Démétri dans l'espoir qu'aucune gravité n'avait frappé Giana alors que l'on pouvait encore tirer quelque chose d'elle et pour lui apporter de l'aide, mais…
- Ne vous en faites pas, braves gens ! Tout est sous contrôle ! Il m'a simplement pris l'envie de me dégourdir les jambes, d'accessoirement pisser et de mater « un diner presque parfait » pour m'ouvrir l'appétit ! Vaquez à vos occupations sans une once de doute : allez en paix ! Votre serviteur veille ! Débita le frère d'Orphée en s'étirant copieusement, ayant retrouvé miraculeusement sa forme.
- Eris ! Tu es intenable ! Gronda Ernesto sans retenue.
- Certes ! Mais j'ai certains côtés pratiques : on peut se détendre quelques heures, heu… ou peut-être quelques jours, que sais-je ! Fit-il en lorgnant l'état de Giana quelques mètres plus bas, et tout ça sans qu'aucun acte de traitrise ne nous frappe dans le dos ! Ne suis-je pas fantastique ? … Poker ? Demanda-t-il à Sven qui ne put se retenir d'éclater de rire devant la connerie profonde de l'humain.
- Je te suis, lui répondit le blond.
… …
… …
… …
Orphée souffrait sans aucun doute : les deux chefs Irokois qui veillaient exceptionnellement sur elle ne pouvaient que le constater : elle poussait de nombreux gémissements incontrôlés et son corps se tordait sous les spasmes provoqués par l'intensité de ses visions-souvenirs.
Après avoir mis à sac inconsciemment sa chambre improvisée, Eva, se sentant impuissante dace à la douleur de l'humaine, avait immédiatement réagit :
- Que l'on aille quérir les maitres !
Sans plus attendre, les deux indiens avaient plaqué Orphée au sol alors qu'elle hurlait dans ses cauchemars pour commencer par lui administrer leur remède ancestral sur ses blessures. L'humaine aurait probablement été dégoutée par la quantité de mélasse répugnante qu'ils avaient utilisé : ses cheveux en étaient barbouillés, sa joue droite, son bras droit et sa cuisse dénudée également.
Cependant, après leur médecine, les deux irokois furent bien incapables de la maintenir au chaud sous des couvertures : la fille aux cheveux feux ne cessait de se débattre avec son inconscient. Ne restait donc qu'une solution si l'on ne voulait pas qu'elle se plonge en hypothermie : la remettre à Jivko. Et dire qu'Eva fut étonnée de la décision et de l'attention portée à la prisonnière était un euphémisme :
- Pardonnez ma réflexion, certes indiscrète, mais je ne m'imaginais pas que vous iriez jusqu'à vous occuper personnellement d'elle.
- Douce Eva, lui répondit l'un deux alors que Gévaudan se rapprochait de l'humaine sous sa forme de loup, ne trouves-tu pas cela fort réjouissant ?
- Du plus grand intérêt, dirais-je même, fit l'autre.
- J'irais jusqu'à dire passionnant.
La moue septique de leur bras droit ne fit que confirmer les pensées des deux Irokois : aucun de leurs enfants ne captait le mal d'Orphée comme un problème logique découlant de ses capacités. C'était pour eux de la folie pure et simple. Point. Et ils en furent un peu déçus, sans pour autant se mettre en colère.
- Mes enfants, ceci est simplement la preuve irréfutable de l'existence fondée de nos croyances anciennes, de toutes ces légendes et religions étiquetées « archaïques » et soit disant oubliées, développa l'un.
- Notre nature vampire nous a fait oublier les cultes de nos tribus originelles. Nous ne sommes plus humains, trop faibles pour être guidés, nous ne méritons plus l'attention des Dieux. Pourtant, tout ceci est clair : cette humaine manipule son environnement énergique aussi bien que son mental. Tout ceci a un prix lourd. C'est un équilibre excessivement difficile à manipuler, pour parvenir à atteindre les puissances spirituelles.
- Je dirais que cela devrait forcer notre respect à son égard.
- Où notre méfiance.
Et ils laissèrent patiemment leurs enfants vampires rassemblés autour du bouclier d'Icare digérer les informations, tout en contemplant l'humaine qui s'était calmée. Ivanov et Aleksandr léchaient leur poil imprégnés par la mélasse recouvrant les blessures qu'ils lui avaient infligé, l'ayant approché d'un peu trop près.
- Quel jeu fort amusant, ne trouves-tu pas ? Insista l'un des chefs en mirant Eva qui avait réellement du mal à comprendre alors que l'autre passait en revue les différents membres de leur tribue.
- En réalité, nous allons tenter de pervertir cette jeune humaine, elle qui utilise aussi bien la lumière que l'obscur pour évoluer.
- Un combat contre les Dieux, mon frère,…
Jivko leur lança un regard chargé du mépris le plus profond alors que le torse de Gévaudan vibrait sous un grondement grave.
- Nous pourrions si facilement la tuer et cesser ainsi toute folie de votre part, lâcha l'homme aux cheveux blanc.
- Et ta vie s'achèverait en même temps.
- Après que ton disciple ait souffert plus de mille morts.
- Cela pourrait être sacrificiel, insista Jivko alors que les siens se tendaient.
- Fait comme tu le sens, vieillard. Mais je doute que cette humaine ait envie de mourir, ricana l'un des chefs.
- Qu'importe mon frère. Nous aurons toujours les Volturis et leurs alliés.
- N'oublions pas non plus, en ce qui la concerne, l'influence de ses Guides. Leur puissance. Leur force de persuasion. Qui sait si elle n'aura pas la volonté de les écouter, malgré nos futures bassesses ?
- Car c'est bien cela que nous devons tenter pour qu'elle nous obéisse. La tirer plus profondément encore dans l'horreur.
- Cela promet d'être un spectacle hors du commun, conclut le second avant de se détourner, secoué par un rire discret.
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Orphée avait à présent cessé de s'agiter et ouvrit légèrement les yeux, mécaniquement. Elle ne parvint qu'à distinguer une pupille noisette immense avant de se rendormir : la présence de l'Ange avait considérablement réduit le temps de la crise. Malheureusement, la prochaine sera d'autant plus destructrice car son inconscient se devait de se défouler, son corps purgeait les énergies accumulées, ses émotions nécessitaient une dose de calme pour reprendre un équilibre sain.
Elle n'avait même pas eu l'occasion de voir à quel point Elarik tuerait pour la retrouver.
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Quelques pas plus loin, Eva eut un léger sursaut : et si ce n'était réellement que cela ? Et si la guerre provoquée par ses maitres n'était qu'une vaste distraction ?
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