Disclaimer: vous savez tous que Harry et son univers n'appartiennent qu'à J.K. Rowling et que je ne touche aucun subside de cette histoire
Merci aux lecteurs et à tous ceux et touts celles qui m'ont soutenu durant l'écriture de cette fic.
Chapitre LI Rencontre internationale
Le mois de février avait apporté son lot de malheurs et le monde sorcier devait bien se rendre à l'évidence : la menace de Voldemort ne pesait pas uniquement sur l'Angleterre. Depuis la bataille de Glastonbury, les attentats et les meurtres n'en finissaient plus. Après les meurtres des ministres italiens et portugais de la Magie en janvier, plus aucun gouvernement magique ne semblait à l'abri. Les idées pernicieuses de Voldemort et de ses Mangemorts s'insinuaient partout, faisant feu de tout bois, elles ravivaient les haines ancestrales et l'intolérance.
Nombreuses étaient les nations magiques qui devaient y faire face. Si les factions qui les prônaient à l'étranger ne se réclamaient pas officiellement du terrible Mage noir, leur affiliation idéologique ne faisait aucun doute.
En Espagne, la haine anti-moldu prenait des proportions inégalées depuis les persécutions de l'Inquisition et de Torquemada. Loin d'avoir oublié les bûchers à répétition et les exils forcés, les sorciers et sorcières ibères vouaient une sorte de culte à leurs ancêtres martyrisés par une Eglise catholique intransigeante et obtuse. Los Manos de la Muerte, une phalange similaire aux Mangemorts, dirigée par l'aristocrate Don Nero de la Negranoche, attisaient ces haines endormies. Ils soufflaient sur les braises couvant sous la cendre par des discours fallacieux et molduphobes. Au Portugal, la situation était sensiblement la même. La disparition du Ministre Don Felipe Da Evora avait plongé la communauté magique portugaise dans le chaos. Ce personnage était le seul sorcier a faire véritablement l'unanimité et capable de faire barrage aux idées molduphobes. Depuis sa mort sa faction politique tentait tant bien que mal d'endiguer les attaques incessantes du groupe As Sombras.
En Allemagne, les mages noirs avaient plus de mal à soulever une population devenue extrêmement prudente depuis Grindelwald et son alliance avec les nazis. Beaucoup de sorciers de cette génération avaient eux aussi prêté la main aux tentatives occultes du IIIème Reich et le sentiment de culpabilité restait encore très présent. Toutefois, certaines villes historiquement liées à la Magie Noire connaissaient des troubles inquiétants. Au château de Wewelburg, où cinquante ans auparavant se tenaient des expériences atroces sous la conduite de Grindelwald, d'étranges rassemblements avaient lieu. La Magische Sicherheit Section avait mené son enquête. De toute évidence, des sorciers y avaient tenu des rituels de Magie Noire très avancée. Les premières conclusions de l'Auror Harald Drachenblut penchaient vers une invocation, probablement une créature magique scellée à Wewelburg plusieurs siècles auparavant. Malheureusement, rien n'indiquait si le monstre avait été libéré ou non.
Outre-Atlantique, la situation devenait particulièrement inquiétante. La Fédération Magique d'Amérique du Nord, rassemblant sorciers américains et canadiens était le théâtre d'un affrontement entre les sorciers de souche européenne et les chamans Amérindiens, sans compter les populations magiques issues d'Afrique et d'Asie. Les mages Amérindiens avaient conquis de haute lutte, deux ans auparavant, le droit d'enseigner leur propre culture magique à leurs enfants et même aux jeunes sorciers des autres « races ». Mais dernièrement un projet de loi déposé par un mage du nom de Walter Abigaïl Ironwand, visait à restreindre cette liberté. Les sorciers désirant étudier la magie des Indiens d'Amérique devaient pouvoir justifier dix années d'études après l'équivalent américain des ASPIC. De notoriété publique, Ironwand était le chef de file d'une faction de fanatiques qui considérait comme seule vraie Magie, celle pratiquée dans la bonne vieille Europe. Bien entendu, ce Ku Klux Klan de sorciers omettait de préciser que lors de ses expéditions punitives devenues de plus en plus fréquentes, ses membres n'hésitaient pas à recourir à la Magie Noire des autres cultures comme le vaudou. Cagoulés de rouge, les partisans d'Ironwand se livraient sans relâche à une croisade de purification digne des plus sombres jours de la conquête de l'Ouest.
Au Proche Orient et notamment en Egypte, la population magique était de longue date tenue d'une main de fer par Ali Khader El Amasri, un cheikh d'une lignée bédouine connue pour son obsession de la pureté et son attachement maladif à des pratiques obsolètes voire barbares. Officiellement neutre, le cheikh profitait néanmoins de la situation en Angleterre pour chasser tous les sorciers britanniques de la terre des pharaons. Il éliminait ainsi tout risque d'influence occidentale sur les mages orientaux qui vivaient sous sa loi. Malgré sa neutralité, des rumeurs couraient sur de probables contacts entre lui et le Seigneur des Ténèbres.
En Europe de l'Est, d'où la plupart des nouvelles recrues de Voldemort semblaient venir, la Roumanie et la Bulgarie connaissaient toutes deux une véritable guerre civile. Confortés par la position de Durmstrang sur la Magie Noire, les partisans de Voldemort avaient fini par trouver plusieurs échos favorables au sein des deux populations. Là encore, la molduphobie jouait un grand rôle après un demi-siècle d'oppression communiste. Les mages noirs savaient parfaitement faire vibrer cette corde dans le cœur de ceux qui prêtaient l'oreille à leurs discours. Derniers bastions européens des créatures magiques géantes comme les dragons, la Roumanie et la Bulgarie représentaient un enjeu stratégique majeur pour la bataille à venir.
Plus proche de la Grande Bretagne, la France subissait désormais de plein fouet les conséquences des désordres chez sa voisine. Malgré une traque sans relâche menée par la Sûreté Magique, il semblait bien que plusieurs Mangemorts avaient trouvé refuge sur le sol français. Ils prisaient surtout les régions relativement peu peuplées et accidentées comme la Lozère et certains coins reculés des Pyrénées. Les Mangemorts avaient également acquis à leur cause des partisans de la Blanche Flamme dans la capitale et dans certaines grandes villes. Lors d'une descente dans les catacombes parisiennes, les Aurors français avaient pu capturer certains de ses membres lors d'un rituel sanglant de Magie Noire. Le Secrétaire d'Etat à la Magie était gardé vingt quatre heures sur vingt quatre par une troupe d'élite.
Face à cette situation extrêmement critique, l'initiative de l'ordre du Phénix fut bien accueillie par leurs interlocuteurs. Il avait fallu une bonne semaine à l'Ordre pour choisir les personnes à contacter dans chaque pays sans passer par le Ministère de la Magie.
Le 11 mars, douze personnes furent accueillies à Tintagel dans le second Quartier Général de l'Ordre. Tout avait été prévu pour qu'ils puissent participer à cette conférence internationale sans aucun souci matériel. Molly Wealey, aidée par les elfes de Poudlard et Dobby, avait veillé à ce que chacun bénéficie de sa propre chambre aménagée dans les souterrains secrets de Merlin. Harry, Kingsley et le professeur McGonagall les laissèrent s'installer avant de les amener dans une grande salle aménagée pour l'occasion. Eclairée par une myriade de chandelles flottantes, une immense table ronde trônait au milieu de la gigantesque salle voûtée. Plusieurs cheminées où ronflait un feu d'enfer chauffaient cette immense crypte. Au plafond étaient représentées des scènes des vies du Roi Arthur et de Merlin. Les visiteurs restèrent un instant médusés devant la majesté de la pièce.
- Mesdames, mesdemoiselles et messieurs, prenez place, les invita Minerva McGonagall en désignant des sièges sculptés dans le dur chêne d'Angleterre et doublé de cuir de dragon.
Les invités se placèrent autour de la gigantesque table ronde, derrière une étiquette portant leur nom et leurs pays d'origine. Ils venaient tous de différentes contrées : deux sorciers germaniques d'Allemagne et d'Autriche, un mage d'Espagne, une sorcière portugaise, Viktor Krum et le sélectionneur national de l'équipe de Quidditch bulgare, deux ressortissants du Proche Orient, un Egyptien et un Persan, Julius Delacour et un membre de la Sûreté Magique…
Mais le trio le plus surprenant venait d'Amérique du Nord : un chaman Cheyenne, un sorcier vaudou venu des bayous de Louisiane et un sorcier de souche européenne. Avec tout ce qu'il avait entendu sur les troubles et les dissensions dans cette région du monde, Harry ne pouvait que s'étonner de la bonne entente qui régnait entre ces trois hommes. L'âge de ce trio inattendu tournait autour de la trentaine, peut-être s'était-il connus durant leurs études, pensa le jeune Potter. Après tout, Hermione, Ron et lui étaient assez différents les uns des autres et pourtant leur amitié n'avait pas de limites.
- Guel tommache gue ze cher Alpus ne puize être tes nôtres, déplora le vieux mage allemand. Ch'ai pleuré za mort gomme un envant. Il a tant vait pour notre pays en luttant gontre Grindelwald. Il aurait été vier de nous foir tous réunis pour gompattre Foltemort.
- J'en suis tout à fait convaincu, Herr Eisenadler, approuva Minerva McGonagall avant d'annoncer : Je vais faire rapidement les présentations. Herr Friedmar Eisenadler nous vient d'Allemagne, il a fait partie autrefois de la résistance contre Grindelwald. C'est grâce à lui que nous sommes débarrassés de l'élève de ce mage noir : Karl Maria Willigut.
Tous les assistants de la réunion saluèrent d'un hochement de tête respectueux le vénérable mage allemand. Sa peau parcheminée et ses épaules voûtées laissaient deviner son grand âge, toutefois, ses yeux témoignaient d'une grande vivacité d'esprit. A bien des égards, il rappelait Dumbledore à Harry. Puis les participants tournèrent leurs regards vers la femme qui l'accompagnait.
- Frau Hildegarde Morgenstern, éminente sorcière autrichienne, archéologue et chercheuse en Ancienne Magie auprès du Chancelier de la Magie autrichien.
L'intéressée salua l'assistance d'un geste de la main et d'un discret sourire. Lorsqu'il avait appris la venue d'une Autrichienne, il s'était attendu à une caricature coiffée de deux macarons blonds nattés sur les oreilles. En réalité, Frau Morgenstern portait un chignon un peu négligé duquel pointait une baguette de bois ciré. Elle paraissait avoir une petite quarantaine d'année sans avoir rien perdu de son charme germanique. Ses deux grands yeux d'un bleu profond scrutaient les membres de la conférence avec acuité, comme pour y déceler la moindre faille.
- Don Ignacio Del Verdejo, membre de la Confrérie Magique de Grenade et fervent opposant aux Manos de la Muerte, il a déjà essuyé plusieurs tentatives d'assassinat de leur part.
Cette dernière remarque était inutile selon Harry. A voir, Don Ignacio, il était aisé de deviner que ces derniers mois n'avaient pas été tendres pour lui. Sans atteindre les sommets de Fol Œil, l'Espagnol montrait des séquelles de ces attentats. Malgré son port altier de fier hidalgo, ce jeune homme à peu près de l'âge de Bill avait le visage traversé d'une fine balafre et avait toujours les yeux aux aguets comme s'il s'attendait à quelque attaque.
- Señorita Rosa Da Evora, fille de feu le Ministre le Magie du Portugal Don Felipe Da Evora. Elle est entrée en résistance contre Las Sombras avec plusieurs de ses compatriotes et même certains de ses élèves. Elle est professeur de sortilèges à l'école Ibérique de Magie Estrella del Sur.
Rosa Da Evora n'avait pas plus d'une vingtaine d'années. Harry n'en fut que plus étonné de la savoir déjà professeur. Sa beauté latine était inédite pour le jeune Potter. Sa peau mate, ses cheveux d'un noir aussi éclatant que ses yeux et la grâce de ses gestes, tout n'était que beauté chez elle. La comparer avec Ginny ne lui venait pas un seul instant à l'esprit, mais il ne put s'empêcher de jeter des regards furtifs vers la jeune femme.
- Nul besoin de présenter Monsieur Krum, sa célébrité le précède. Je préciserai cependant qu'il a activement participé à la lutte contre les mages noirs roumains et bulgares et a également permis la victoire de Glastonbury grâce à son escadron. En revanche, Monsieur Dimitri Levski est moins connu des foules. Il est sélectionneur national de Bulgarie, mais il est surtout l'ennemi juré des mages noirs de Bulgarie. Il a réuni autour de lui la résistance contre les nouveaux maîtres de Durmstrang.
Harry décela immédiatement en Dimitri Levski l'ancien joueur de Quidditch. D'ailleurs, son nom lui disait quelque chose. Peut-être avait-il un lien de parenté avec le poursuiveur bulgare qu'il avait vu jouer à la Coupe du Monde. L'homme d'allure athlétique, toisa l'assistance d'un regard aussi peu amène que celui de son poulain, puis salua.
- Je vous présente Abdallah Ma'Azraq, fils du cheikh Khader Ma'Azraq de la troisième cataracte. Tous deux luttent depuis plus de dix ans contre le régime d'El Amasri qui pourrait être un soutien de Voldemort.
Habillé d'une djellabah du blanc le plus pur, portant quelques bijoux d'or finement ciselé, l'air farouche, Abdallah Ma'Azraq semblait tout droit sorti du film Lawrence d'Arabie qu'Harry avait vu un jour chez les Dursley. Harry lui donnait environ trente cinq ans. Il dégageait une aura magique étrange, différente des sorciers européens, qui ne cessait de l'intriguer, tout comme celle du mage persan à ses côtés.
- Omayoun Tir'Aban nous vient de la principauté magique de Perse, que les Moldus appellent Iran. Les gouvernements moldu et magique de ce pays sont séparés depuis 1979, d'où ce nouveau nom. El Amasri qui a la main mise sur tout le Proche Orient lorgne la principauté magique depuis quelques temps. Voldemort semble lui avoir promis un appui dès qu'il aurait conquis la Grande Bretagne. Monsieur Tir'Aban souhaite nous offrir son aide et celle de son pays pour enrayer cela.
Il y avait un énorme contraste entre les deux orientaux. Autant l'Egyptien semblait façonné par le désert, presque brut, autant Omayoun Tir'Aban reflétait le raffinement de l'Orient décrit par les auteurs antiques. Ses yeux étaient fardés, mettant en relief son profil de faucon, son nez aquilin et ses sourcils finement dessinés. Son regard était à l'avenant : perçants. Sa mise était recherchée, des fils d'or parsemaient sa robe de pourpre sans pour autant en devenir ostentatoires.
- De France nous viennent Messieurs Julius Delacour, préfet du district magique de Lyon et Théophile Gendebien, Auror à la Sûreté Magique française. Tous deux ont participé à la bataille de Glastonbury et traquent les Mangemorts et leurs affidés qui se dissimulent en France.
Les deux Français saluèrent chaleureusement l'assistance avec un sourire, ce qui eut le mérite de faire disparaître l'ambiance tendue de ces présentations. Julius Delacour se permit même un clin d'œil en direction de Harry.
- Enfin, trois représentants de la Fédération Magique d'Amérique du Nord : Ahiga, chamane cheyenne, le sorcier vaudou Jonas Babin des bayous de Louisiane et Aaron Woodengreen, professeur d'Histoire de la Magie à l'Université Magique de Salem.
La matière qu'enseignait Aaron Woodengreen pouvait expliquer le lien qui unissait le trio américain. Mais jamais Harry n'aurait pu imaginer un professeur d'Histoire de la Magie aussi vivant. Son expérience de six ans avec Binns faussait certainement son jugement. En regardant ce jeune professeur, il se demandait s'il ne pourrait pas retrouver un intérêt à cette discipline dans ses cours. Les deux sorciers tribaux étaient revêtus de leurs tenues de cérémonies. Jonas Babin était maquillé de façon inquiétante, le blanc qui maculait son visage, rehaussé de noir autour des yeux et de la bouche faisait immanquablement penser à une tête de mort. Il portait un lourd collier de coquillage agrémenté de dents d'alligators ou de quelque autre saurien. Quant à Ahiga, son costume était fait de cuir tanné et de plumes multicolores régulièrement piquetées de blanches. En comparaison, les tenues des deux mages orientaux semblaient particulièrement sobres.
Kingsley se leva et prit le relais de Minerva McGonagall dans le rôle de l'hôte :
- Pour conclure, nous allons nous présenter. Voici le professeur Minerva McGonagall, directrice de l'Ecole Ministérielle de Magie qui remplace temporairement Poudlard dont elle a été sous-directrice pendant de longues années. Elle fait partie du Commandement de l'Ordre du Phénix fondé par feu le professeur Dumbledore.
Kingsley marqua une pause, mais Harry ne fut pas dupe, il savait parfaitement qui il présenterait après le professeur de métamorphose.
- Je m'appelle Kingsley Shacklebolt, Auror à la Brigade Magique et membre du commandement de l'Ordre, et voici…
Harry n'y tint plus. Il ne supportait plus de jouer les atouts cachés pour impressionner un auditoire. C'était à lui de se présenter, il se leva brusquement et coupa Kingsley :
- Je suis Harry Potter, celui que la presse a surnommé le Survivant. Et s'il faut donner mes états de service les voici : j'ai survécu à un Avada Kedavra de Voldemort à l'âge d'un an grâce à ma mère et depuis que j'ai onze ans, j'ai rencontré cinq fois ce monstre...A chaque fois j'ai survécu. Voldemort me hait et veut ma mort depuis ma naissance, il en est de même pour moi. Il a tué des êtres chers à mon cœur, mon père, ma mère, mon parrain et Dumbledore, sans compter tous les innocents qui n'ont pas l'air de peser lourd sur sa conscience, s'il en a une. Si nous sommes réunis aujourd'hui c'est pour faire cesser tous ces massacres, pour faire front uni face à Voldemort et le poison qu'il insuffle dans les esprits du monde entier.
Harry fixa chacun des assistants de la réunion puis s'assit. Kingsley sourit intérieurement, il n'avait pas prévu cet éclat de la part du jeune homme, mais l'effet produit sur les invités était bien plus profond que s'il avait lui-même fait les présentations. Certains restaient encore figés sous les paroles percutantes du jeune Potter, d'autres, comme Julius Delacour, affichaient un sourire entendu – après tout il avait déjà vu ce dont Harry était capable. Finalement ce fut Friedmar Eisenadler qui parla le premier :
- Tes paroles tignes te l'élèfe fafori te ze cher Tumpletore, applaudit le vieux sorcier. Et gomme l'aurait propaplement tit ze cher Alpus, maintenant, pazzons aux choses zérieuses.
Le vieux mage sourit malicieusement à Harry en lui lançant un clin d'œil. Le jeune Potter se sentit un élan de sympathie pour lui et lui rendit son sourire. Les membres de la conférence acquiescèrent aux paroles de l'Allemand et chacun se prépara à exposer la situation de son pays et les connexions avec Voldemort.
Quelque fut la nation, toutes se trouvaient dans une situation critique. Que l'ombre dirige déjà leur pays ou pas, leur destin semblait lié à la victoire ou à la défaite de Voldemort. Tous convenaient de cela, mais les divergences se faisaient sur l'urgence pour tel ou tel pays. Où intervenir en premier ? Les Français soutenaient l'Ordre du Phénix, sans Voldemort, la Blanche Flamme s'éteindrait presque d'elle-même. Les deux mages ibères n'en étaient pas si sûrs et encore moins pour Los Manos de la Muerte et Las Sombras.
Pour Omayoun Tir'Aban et Abadallah Ma'Azraq également, la situation britannique était prioritaire. Il faudrait encore des années à El Amasri pour rassembler suffisamment de forces contre la principauté et en Egypte, malgré la répression, la révolte grondait contre le cheikh tyrannique.
Le trio américain restait relativement circonspect. Toutefois, Ahiga semblait sensible à la situation de l'Ordre du Phénix, presque seul à combattre en première ligne et tentait de convaincre un tant soit peu ses compatriotes.
Quant au soutien des Bulgares et des deux mages germaniques, il paraissait assuré. Krum était un allié de longue date et la lutte de l'Ordre en Roumanie pesait dans la balance. Pour Friedmar Eisenadler, la fidèle amitié qui le liait à Dumbledore « le gommantait t'aiter zes héritiers » selon ses propres termes. Frau Morgenstern proposa son aide précieuse pour lutter contre les mages maléfiques, ses connaissances en Magie Noire seraient extrêmement précieuses.
Les pourparlers en étaient là lorsque Harry prit à nouveau la parole. Jusqu'à présent il avait écouté avec attention les exposés et les débats, laissant le soin à Minerva McGonagall et Kingsley de défendre leur point de vue :
- Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, je voudrais vous présenter quelqu'un. Cette personne va vous exposer le plan que nous avons conçu pour enrayer l'avance de Voldemort et mettre un terme définitif à sa mortelle ambition.
En prononçant ces paroles, Harry s'étonna lui-même. Il s'était toujours senti mal à l'aise lorsqu'il fallait discourir devant un groupe aussi restreint soit-il. Là, les mots lui étaient venus avec aisance. D'un geste de la main, il ouvrit la grande porte, révélant Ron qui attendait patiemment derrière.
D'un pas conquérant, le jeune Weasley entra dans la salle voûtée et se plaça à la droite de Harry où une chaise vide l'attendait.
- Je vous présente Ronald Weasley, stratège de l'Ordre du Phénix, dit laconiquement Harry en désignant son ami qui s'efforça de ne pas rougir.
Ron salua brièvement les membres de la conférence et d'un coup de baguette éteint les trois quarts des chandelles flottantes. D'un second coup de baguette, il fit apparaître une gigantesque mappemonde translucide semblable à un hologramme. Elle était hérissée de points rouges, bleus et oranges. Ron attendit que chacun ait fini de détailler la carte projetée magiquement pour commencer son explication.
Voilà un chapitre qui peut paraître long et ennuyeux à certains, mais il illustre parfaitement ma vision du monde magique en guerre. Les idées de Voldemort peuvent parfaitement trouver écho dans les autres contrées magiques. Certains diront que j'ai utilisé cette vision à grande échelle pour satisfaire mon penchant pour les batailles épiques et ils n'auront pas tort, mais c'est aussi le fruit d'une réflexion sur les implications d'une guerre en Angleterre, un pays qui semble jouer un rôle important dans le monde magique. A mon sens une guerre qui toucherait un pays aussi important ne pourrait manquer d'avoir des répercussions sur ses voisins et plus loin encore. Voilà, j'espère que le chapitre vous aura plu.
