Disclamer : L'histoire du Cycle de L'Héritage est à Christopher Paolini.
Résumé : Et si Murtagh avait eut une sœur jumelle ? En quoi cela influencera l'histoire ? Ceci en l'histoire d'une femme, fille du premier des parjures et de sa main noire, qui a décidé d'avancer sans renier qui elle était même si elle porta beaucoup de nom durant sa vie.
Note : Voici le dernier chapitre.
Pour une fois, je ne serai pas bavarde.
Ce n'est pas que je n'ai pas envi de pleurer, c'est qu'il y a tellement de choses que je voudrais vous dire. Tellement de choses et si peu de temps. Alors, je vais laisser le silence parler à ma place. Il dit les choses beaucoup mieux que moi et cela depuis toujours. Il possède un don inné pour dire ce que je n'ose pas dire. Alors, place au silence et au chapitre.
Ce chapitre est peut-être un peu court, mais je le trouve parfait comme ça alors, je ne broderai pas pour l'agrandir.
Bonne lecture.
Chapitre 54 : Elle.
Quatre-vingt ans plus tard.
Une femme se glissa dans la nuit. Il fallait qu'elle parte. Elle était restée bien trop longtemps. Elle qui avait tant aimé son pays ne pouvait plus supporter d'y rester. Ren avait vécu bien plus longtemps qu'un humain ordinaire, mais il avait refusé de la laisser le soigner jusqu'à ce que ce soit au tour de l'un de ses enfants d'aller vers l'inconnu. La mort avait finit par venir le chercher. Comment continuer à vivre à un endroit lorsque chaque souvenirs s'y trouvant vous faisait mal ? Sylvie ne voulait pas le savoir. Elle en avait suffisamment baver pour avoir le droit de ne pas se faire du mal.
Un homme la regardait s'en aller sans se retourner. Il pleurait silencieusement, mais il ne faisait rien pour la retenir. Seul le hasard lui avait permit d'assister à ce départ et au fond de lui, il regrettait de n'avoir pas sut la retenir. Depuis sa naissance, elle avait toujours été là pour lui et aujourd'hui, elle partait comme une voleuse. Il la revoyait encore au moment où il l'avait surprise s'en aller.
Sylvie lui avait sourit doucement en lui caressant la joue tendrement.
- J'ai eu un époux merveilleux, quatre merveilleux enfants, ils m'ont accordée la joie de me donner des petits enfants. Servern... Mon cher petit garçon...
- Yucca (1)...
- Mon chéri... Je sais que j'ai toujours l'apparence de mes vingts ans, mais ça va bientôt faire cent ans que je foule cette Terre qui m'a vu naitre. J'ai connu la guerre, la faim et la mort. Je suis fatiguée, Servern... si fatiguée... J'ai bon vous aimé de tout mon cœur et avoir donné ma jeunesse à notre peuple... Ce n'est plus ma place. Je suis d'une autre époque.
- Yucca, ne me laisse pas, je n'ai pas ta force.
- Si tu l'as. Tu l'as dans l'amour que te donne ta femme et tes enfants. Tu l'as dans ton cœur. Je sais que je peux partir sans regret car justement, de tous mes enfants, tu es celui qui me ressemble le plus. Je suis restée aussi longtemps que j'ai pu, mais ça fait un an que ton père nous a quittés et je n'ai plus la force de rester ici avec son souvenir dans ces murs.
Le silence de son fils avait été douloureux pour la femme, mais il allait s'en remettre. Il le fallait car elle ne resterait pas ici.
- Je vous ai tout donné, négligeant mes frères. Il faut bien que je leur donne aussi quelque chose, c'est la seule chose qu'il me reste à faire pour pouvoir être en paix avec moi-même.
- Pourquoi me dis-tu ça, Yucca ? Je ne peux pas te laisser partir, tu es ma mère.
- Il le faut pourtant, c'est le cycle de la vie, les anciens partent et les jeunes restent.
- Tu as encore des choses à offrir aux Rôdeurs. Des choses à leur léguer.
- Je leur ai toujours tout donner. Même une fois que j'ai abdiqué. Il est temps que tu me laisses partir.
- Salueriez-vous les autres membres de notre famille avant de partir, Yucca ?
- Si je le ferai je ne pourrai plus partir.
La peine avait entaché sa voix. Elle avait envi de leur faire ses adieux, mais elle ne le fera pas. Alors, elle s'était mise à genoux devant son ainé et lui avait pris les mains. Elle ne pouvait pas partir comme ça, elle ne le pouvait pas partir sans qu'il la comprenne. Il le fallait. Ils auraient assez de regrets sans un rajouter un autre.
- Mi Sonrar (2), accepteriez-vous de bénir la vieille femme que je suis ?
- Si cela peut vous apporter la paix, mi Yucca, alors je vous accorde ma bénédiction.
Après, il l'avait laissée partir. Il ne pouvait pas faire autrement. Il savait que si sa mère restait ici, elle finira par n'être plus que le fantôme d'elle-même.
O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°
Sylvie regardait Lychnis voler haut dans le ciel. Sa Dragonne aux écailles violettes n'avait pas été ravie en entendant la décision de sa Dragonnière, mais elle la comprenait. La femme avait besoin de visiter une dernière fois la contrée de son enfance avant de continuer son voyage. Mais ce n'était pas l'envi qui manquait à Lychnis de l'attraper de la conduire là où elle le voulait. A pieds, Sylvie voyageait peut-être lentement, mais à la fin de son trajet, elle n'aurait pas u quoi faire d'un cheval.
Ça faisait trois semaines qu'elle avait quitté sa famille et elle avait l'impression de rajeunir, de remonter le temps. Regrettait-elle d'être partie ? Tout juste ce qu'il fallait pour ne pas avoir le mal du pays en pensant à ses enfants. Il y a longtemps, elle l'avait dit à Eragon. Les Rôdeurs aiment découvrir de nouvelles choses et rien ne vaut un voyage vers l'inconnu pour ça.
Elle leva sa main pour faire signe à un autre Rôdeur qui passait par là. Pendant plus de quatre-vingt-dix ans, elle avait toujours eu un Anneau à cette main, que ce soit Arlien (3) ou Espa (4). Maintenant qu'elle n'avait plus d'anneau à garder, sa main lui semblait étrangement légère. Elle avait encore leur marque dans sa chaire, mais elle ne les avait plus. D'autres personnes remplissaient ce rôle. Elle toucha son médaillon et pensa à ce qui était caché à l'intérieur. Il y a vingt ans, des Espardans (5) avaient fait une étrange découverte. Ou pas, selon les points de vu. Dalmon (6). Dire qu'il avait disparu après la Chute des Dragonniers. À croire qu'il attendait que la paix soit revenue pour réapparaître. En temps qu'ancien Seigneur des Rôdeurs, Sylvie pouvait de dire que cette théorie est plus que probable. Et maintenant, le Sonrar don Sonrars (7) actuel lui avait confier la tâche de l'amener jusqu'à Eragon lorsqu'elle lui avait annoncer sa décision. Choix sage vu que cet anneau ne pouvait revenir qu'au Chef des Dragonniers.
La femme regarda sa carte. Elle était encore à quelques semaines de sa destination. Enfin... elle le pensait car elle ne savait pas exactement où elle allait. Elle agissait plus à l'instinct qu'autre chose. Et ça faisait du bien ! Depuis le temps qu'elle souhaitait repartir à l'aventure ! Ce n'était pas qu'elle s'ennuyait en temps que mère de famille, voir de grand-mère, c'était que les longs voyages lui manquaient. La solitude aussi. Combien de fois avait-elle rêvé de partir comme ça, sur un simple coup de tête sans se retourner ? Depuis des années. Mais elle avait fait passer son Devoir avant tout de chose. Maintenant qu'elle n'en avait plus ici, elle pouvait faire ce qu'elle voulait tant qu'elle ne dérange personne. Quelle merveille ! Le calme et le silence ne faisant plus qu'un pour laisser parler la nature. Nature qui lui apprenait qu'elle était sur la bonne voie. Il lui suffisait d'observer et d'entendre pour le savoir.
Lorsque le vent vint lui caresser le visage, elle sourit et entendit son défunt professeur lui parler. « C'est en cherchant une chose impossible à trouver que l'on réussit à écrire les plus belles histoires. Mes préférés sont celles parlant de familles unies malgré tout ». C'était peut-être dû au fait qu'elle avait apris à le considérer comme si il était son père, mais elle était d'accord avec lui et regrettait qu'il soit mort avant d'avoir pu connaître la famille de son élève.
Elle regarda le soleil se coucher. Elle dormira ici cette nuit.
O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°
Plus elle avançait, moins elle croisait de monde. Elle ne devait pas être le seul membre de sa famille à rechercher la solitude. Et elle comprenait parfaitement ce sentiment. C'était celui qui l'avait poussé sur les routes. Un besoin vital contre lequel on ne pouvait rien. Pour la première fois depuis son départ, elle se retourna. Elle eut un petit sourire triste lorsqu'elle réalisa qu'elle ne pouvait plus faire demi-tour. Rien ne serait plus comme avant. Même si elle faisait demi-tour, même si elle rentrait chez ses alleux... Non, rien ne sera comme elle l'avait connu.
Jamais ses enfants n'oublieront qu'elle avait voulu partir. La seule solution était de continuer. Trop longtemps elle avait repoussé cette pulsion, maintenant, il fallait qu'elle découvre autre chose que sa vie bien rangée.
O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°
L'homme n'avait jamais de visite. Personne ne venait le voir et il attendait personne. C'est pour ça que sa curiosité fut piquer lorsqu'il vit une personne endormi sur son lit. Il s'approcha de lui, près à l'interroger, mais avant qu'il ait pu faire trois pas, son visiteur se releva et il la reconnu. Seuls ses yeux prouvaient le passage du temps avec les souvenirs qu'ils contenaient, sinon, elle ressemblait trait pour trait à la jeune femme qu'il avait laissé au milieu d'une citée en ruine presque un siècle plutôt. Elle ne lui parla pas, se contenta de sourire doucement. Et il ne dit pas à mot. Il y avait des choses qu'on ne pouvait pas prononcer car on ignore comment les dire. Tout ce qu'il savait, c'était qu'elle était là. Ne sachant pas quoi faire, il fit un pas et elle se jeta dans ses bras avant de pleurer. Ce geste voulait tout dire. Elle était veuve. Il ne savait pas quoi lui dire. On ne peut pas consoler une personne avec des simples mots quand ça fait plus de cent ans qu'on ne l'a pas vu. Tout ce que l'on peut faire, c'est d'être là et de la laisser s'exprimer.
- Bonjour Syl', la salua-t-il comme si il l'avait quitter hier.
- Bonjour Murtagh, fit-elle d'une voix fatiguée.
Il était étonné par la capacité de sa jumelle de dire tant de chose dans son silence. Nul reproche dedans, juste un sentiment de paix.
- Que fais-tu ici ? Lui demanda-t-il.
- Je cueille des champignons, plaisanta-elle.
Murtagh n'eut même pas le courage de lever les yeux aux ciel. Certaines choses sont destinées à ne jamais changer. L'eau mouille, il neige en hiver et Sylvie se moque du monde. Il s'attendait à une autre boutade, mais c'est d'une voix trop sérieuse qu'elle repris la parole.
- Ren est mort. Je ne suis plus un Seigneur des Rôdeurs. Je suis montée sur le trône et après j'ai abdiqué. Je ne suis plus qu'une Dragonnière et une simple Rôdeuse. Sans oublier que je n'aurai jamais le courage de retourner parmi mes enfants et petit-enfants. Je sais que c'est cruel de ma part de le penser, mais, ici, il ne me reste plus que toi.
- Alors, pour toi, c'est la fin ? Résuma-t-il.
- J'ai encore une dernière promesse à tenir, veux-tu m'accompagner ?
Murtagh hésita un instant avant d'accepter. Il y avait une chose dans le regard de sa jumelle qui le poussait à accepter. Un petit rien qui lui disait qu'en cas de refus, il pourrait bien la briser. Et ça, c'était hors de question. Thorn et elle étaient tout ce qui lui restait et il ne voulait pas les perdre.
O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o°
Murtagh regarda le paysage. Sa sœur l'avait conduit jusqu'à la mer en début de matinée, et il ne s'était absolument rien passé. Pourtant, les heures avaient filer, même si la brune était restée dans une position propice à la médiation. Il savait qu'il pourrait s'interroger pendant des heures avant de comprendre le raisonnement de la Rôdeuse, alors il préféra poser une simple question :
- Et que fait-on ici ?
- On attend.
« Je crois que poser cette question était particulièrement idiote », lui fit Thorn. « Elle n'allait quand même pas te dire qu'elle était entrain de faire de la broderie ».
- Tu m'as fait quitter mon refuge et maintenant, tu me dis d'attendre. Mais quoi ?
- On attend notre avenir.
Il ne semblait pas comprendre. Ça lui donna envi de hurler de frustration. Maintenant, elle savait qu'il n'aurait pas fait un bon Rôdeur. Dans la vie, il fallait savoir être patient. Son frère pouvait vraiment être lent. Soudain, une silhouette se détacha du brouillard. C'était le moment qu'elle attendait mais aussi celui qu'elle ne voulait pas voir venir. C'était l'heure du choix. Un choix devait être fait, mais pas par elle.
- Le vois-tu maintenant ? fit-elle comme une enfant impatiente.
- Ce n'est qu'un bateau.
- Ce n'est pas n'importe quel bateau, c'est lui qu'Eragon envoi pour que j'aille le rejoindre.
- Et que veux-tu que ça me fasse ? Lui lança-t-il.
La femme éclata de rire et avec un sourire, il la suivit. Il était l'heure de laisser le passé derrière lui et d'avancer.
Fin
ou le début d'une nouvelle aventure.
(1) Mère, Maman (langue des Rôdeurs). Il n'est utilisé que dans un contexte privé ou lorsque que l'on désigne une mère.
(2) Mon Seigneur.
(3) Anneau appartenant au Seigneur, ou à la Dame, de la Maison d'Imladris. Il est également appelé « L'Anneau d'énergie ». Il a été taillé dans un seul bloc de pierre d'Arlien, dont il porte le nom. Chaque anneau des Seigneurs Rôdeurs à un pouvoir propre, mais ils permettent également d'ouvrir ou de baisser la barrière protégeant les Terres du Seigneur qui en est le Gardien.
(4) Anneau appartenant au Roi, ou à la Reine, des Rôdeurs. Le roi en prend possession cinq ans après son couronnement. C'est à ce moment qu'il renonce à être le Gardien de l'Anneau de sa Maison et qu'il donne son titre de Seigneur des Rôdeurs à son héritier. Il a son nom, Espa, à partir de la contraction du nom de la pierre d'Espareldar dont il est taillé. En Espardien, le nom de la pierre qui le compose, Espareldar, veut dire « Voyager loin ».
(5) Rôdeurs, Rôdeuses. Singulier : « espadan » (langue des Rôdeurs).
(6) Anneau appartenant au Chef des Dragonniers. Dalmon veut dire Combat en Espardien
(7) Littéralement : Seigneur des Seigneurs (langue des Rôdeurs). Autre titre donné au Roi des Rôdeurs. Il n'a pas d'équivalent dans la langue commune.
