Bonsoir !
Désolée pour l'attente, mais avec mes oraux, j'ai oublié de vous poster la suite (désolée).
Voici donc l'avant dernier chapitre de cette fic, qui je l'espère vous plaira. Pour le M, il faudra attendre le chapitre suivant...
Allez, bonne lecture !
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Chapitre 54 :
POV de Kate :
Assise seule sur le canapé de mon salon, je réfléchissais. J'avais l'impression que c'était quelque chose qui ne s'était pas produit depuis une éternité. Non pas le fait de réfléchir, mais celui de me retrouver seule. Seule avec mes pensées, seule avec mes interrogations. Depuis la fin de l'enquête concernant Eva, ou plutôt Beckie me corrigeai-je aussitôt, je n'avais pas été seule plus de quelques minutes. Non pas que je m'en plaigne. Mais j'aurais préféré pouvoir prendre le temps de faire le point. Au lieu de cela, j'avais sans cesse été entourée, que ce soit par la famille Castle, que par mes amis qui se relayaient à mes côtés pour s'assurer que je n'en faisais pas trop. Le seul que je n'avais fait qu'apercevoir en coup de vent était Castle. Pris par sa tournée, il n'avait presque pas eu de temps à me consacrer. Et sa présence à mes côtés me manquait énormément, même si je comprenais qu'l n'avait pas le choix.
Bien sûr, il avait obtenu gain de cause auprès de Black Pawn et Gina était définitivement du passé, mais il devait malgré tout faire sa tournée. Pour montrer qu'il pouvait lui aussi faire des concessions, il avait de lui-même proposé de conclure sa tournée promotionnelle par une lecture privée ici-même à New-York, ce que Black Pawn avait immédiatement accepté. Il y avait eu une sorte de petit concours, et les lauréates gagnaient le droit de passer quelques heures en compagnie de Rick. Tout ça pour dire que lui et moi ne nous étions guère vu ces derniers jours, et que maintenant que mes proches avaient compris que je pouvais me débrouiller seule, j'avais enfin la possibilité de procéder à une petite introspection. Avoir côtoyée de près la mort m'avait fait voir la vie d'une toute autre façon. J'avais revu mes priorités et avait réalisé une chose non négligeable. Si je continuais comme ça, je risquais fort de voir mon pire cauchemar se réaliser.
Je n'avais pas été la seule à frôler la mort au cours de cette affaire, et c'était probablement ça le plus dur à accepter. De par mon métier, j'étais habituée à voir ma vie menacée, et j'étais même prête à mourir dans l'exercice de mes fonctions s'il le fallait. Mais je ne supportais pas que ceux que j'aime subissent le même sort. Voilà pourquoi j'avais voulu tenir Castle à l'écart, même si j'avais pressenti que cette décision conduirait à une catastrophe. Mais je ne voulais pas qu'il soit blessé. J'étais la flic, c'était à moi d'encaisser les coups. Me mettre en avant pour éviter qu'Alexis ne souffre m'avait paru un faible prix à payer pour me faire pardonner la situation dans laquelle nous nous étions retrouvées. Je savais que je n'y étais pour rien, mais cela n'avait pas empêchée ma culpabilité de remonter à la surface en voyant la peur et la douleur sur le visage de l'adolescente. Alors j'avais fait en sorte d'être l'unique objet de la folie de cet homme et avais failli le payer de ma vie.
Mais au moins avait-il cessé de torturer Alexis. Et c'était tout ce qui comptait à mes yeux. Même si l'adolescente avait assisté à tout ce que j'avais enduré. Je n'avais même pas besoin de fermer les yeux pour entendre les cris d'Alexis qui suppléaient parfaitement aux miens. Les hurlements de l'adolescente face à la souffrance que j'endurais avaient blessés mon âme aussi sûrement que l'avaient fait les outils que cet homme avait utilisé pour mutiler ma chair. Aux souvenirs qui m'assaillaient, je sentis mon souffle se couper dans ma poitrine alors que l'impression familière d'oppression s'emparait de moi. J'étais morte. L'espace de quelques secondes, mon cœur avait cessé de battre, et je n'avais dû mon salut qu'à l'intervention de mon chevalier des temps moderne. Encore une fois, mon partenaire avait répondu présent et avait volé à mon secours, plus motivé que jamais alors que sa fille chérie était également en péril.
J'avais flottée dans des limbes obscurs durant un long moment avant d'être tirée vers la lumière par la voix douce de Castle. Doucement j'avais repris conscience, luttant pour chasser l'obscurité, pour découvrir, nimbé par une aura dorée provoquée par un contrejour, le visage épuisé mais souriant de mon partenaire. Je n'avais même pas été surprise de le trouver à mon chevet. Depuis mon dernier séjour à l'hôpital, il s'était établi une sorte d'accord tacite entre nous, mais cette fois-ci, je me serais attendue à ce qu'il me préfère le chevet d'Alexis. Mais non, il était là à mes côtés. Ce qui devait signifier qu'Alexis devait avoir quittée l'hôpital, ce dont je ne pouvais que me réjouir. Et moi qui avais craint de ne pas réussir à lui parler, avais été surprise de la facilité avec laquelle nous nous étions ouvert l'un à l'autre. Evidemment, il allait nous falloir du temps pour mettre tout à plat, mais cette première discussion avait suffi à nous rassurer sur le devenir de notre histoire. Et c'était le plus important à mes yeux.
Et sa soirée de lancement nous avait encore plus rapprochés, si cela était possible. Moi qui m'étais si souvent imaginé que Castle se cachait derrière NakedGun, pour finalement découvrir que c'était bel et bien le cas, avais encore du mal à croire à une telle chance. Nous avions longuement discutés de notre relation, réelle et virtuelle, et bien évidemment, Castle n'avait pu s'empêcher de me taquiner sur le fait que j'avais été jalouse de moi-même. Ce qui le rendait très fier, parce qu'il avait la preuve indéniable de mon attachement pour lui. Amusée, je l'avais laissé savourer cette petite victoire personnelle, sachant que je lui en avais fait baver. Et pourtant il était encore là, me voulant toujours dans sa vie. Je ne savais pas ce que j'avais fait pour mériter une chance pareille, mais je n'allais pas cracher dessus et lui tourner le dos. Au contraire, j'allais m'y accrocher de toutes mes forces et faire en sorte qu'il ne regrette pas son choix.
Une fois que tous les fantômes furent extirpés des placards, et que la plus petite toile d'araignée fut arrachée, nous pûmes enfin aborder paisiblement l'avenir. A la façon parfois hésitante dont Castle avait d'agir avec moi, j'avais compris que si je ne prenais pas les opérations en mains, nos vieilles habitudes reprendraient le dessus, et que nous nous contenterions d'avancées prudentes, de peur d'effaroucher l'autre. En secouant la tête, je m'imaginai deux chevaux sauvages, libres et indomptables, qui tenteraient de s'apprivoiser mutuellement. L'image me fit sourire, mais c'était la vérité. Mais j'avais réalisé que cela faisait longtemps que les chevaux étaient apprivoisés, et qu'il était plus que temps de passer à la vitesse supérieure. Et je l'avais clairement fait comprendre à Rick le soir de cette assommante soirée qui s'était terminée de façon bien plus amusante qu'elle n'avait commencée.
A ce souvenir, un long frisson me remonta l'échine, et plus que jamais, je regrettai que Castle ne soit pas là pour renouveler encore et encore cette expérience transcendante. Me redressant légèrement, je raffermis mon emprise autour de ma tasse encore fumante, et laissai mon regard se perdre sur le ciel crépusculaire. Castle me manquait furieusement, mais heureusement, la tournée promotionnelle de Heat Rises prendrait fin demain matin, par cette fameuse lecture privée. Ce dernier roman avait connu un succès encore plus grand que les deux premiers opus de la saga des Nikki Heat, ce qui ne me surprenait pas, tant ce roman était fascinant. Je l'avais lu d'une traite, et avais senti l'émotion m'étreindre à chaque page tournée. Plus que jamais j'avais pris conscience des sentiments de Rick pour moi, et m'en étais à nouveau voulu de l'avoir si souvent repoussé, le blessant dans le processus en laissant mes peurs dictées mes actes.
Je voulais vraiment rompre avec cette spirale infernale, et savais que c'était à moi de la briser afin de lui faire comprendre que cette fois, je ne ferais pas marche arrière. Terminant ma soupe, je sentis mon envie de le revoir se faire plus forte que jamais, et ma solitude m'assaillit de nouveau. J'avais passé les dernières soirées auprès d'Alexis, qui avait encore du mal à rester seule, mais le retour de Martha avait rompu cette routine, et j'avais préféré rejoindre mon appartement, voulant laisser du temps aux deux rouquines. Alexis avait bien tenté de me retenir, mais j'étais restée inflexible. J'avais besoin de me retrouver seule, même si j'aurais de loin préféré passer cette soirée en compagnie d'un certain écrivain. Comme s'il avait perçu mon état d'esprit, un bip retentit, et mon sourire s'étira en voyant l'expéditeur du message que je venais de recevoir. NakedGun.
Bien que nous ayons découvert l'identité de nos correspondants secrets, nous avions continué cette relation virtuelle, principalement pour faire diversion auprès de nos amis et collègues. Et cela avait fonctionné au-delà de nos espérances. Avec impatience, j'ouvris la fenêtre de discussion, et mon sourire réapparut sur mon visage.
« Bonsoir mon ange…
Comment te sens-tu ?
Est-ce que je te manque autant que tu me manques ?
Je suis enfin de retour dans ma chambre d'hôtel, et je ne veux qu'une chose, sauter dans le premier avion pour venir te rejoindre.
Qu'est-ce qui m'a pris d'accepter de me rendre à cette lecture privée déjà ?
Ma seule consolation est de savoir que demain à la même heure, tu retrouveras ton oreiller préféré, et moi la douceur de tes étreintes…
Reposes-toi bien, tu vas en avoir besoin, parce qu'à mon retour, dormir ne fera pas partie du programme…
Jusqu'au matin, je t'aime… NG »
Je me mordis violemment la lèvre alors que son message réveillait ma propre envie de lui. Cet homme éveillait mon désir comme aucun autre avant lui, et j'avais sans cesse à son égard des élans passionnés que je ne me connaissais pas. Il me rendait folle, de la même façon que je le faisais avec lui, et notre relation n'en était que plus épanouissante et intense. Secouant la tête pour sortir de mes pensées frivoles, je me décidai à lui répondre.
« Bonsoir mon courant d'air,
Je vais bien, même si je me sens un peu seule en ce moment…
Ce qui doit répondre à ta question…
Si seulement tu pouvais le prendre cet avion, je te réserverai un accueil que tu n'oublierais pas de sitôt et qui ferait passer les scènes coquines des romans de mon auteur favori pour de la lecture pour enfants…
Mon oreiller me manque, ce qui perturbe grandement mon sommeil…
Pour ce qui est de mes étreintes, elles seront beaucoup de choses demain, mais la tendresse n'est pas vraiment ce que j'ai à l'esprit…
Du moins pas durant les premières heures…
Alors suis ton propre conseil et va dormir, parce que j'ai bien envie de te faire me demander grâce demain soir…
Always, BH »
Ma réponse envoyée, je me redressai pour prendre la direction de ma chambre. Sur le chemin, je semai mes vêtements, ne me souciant guère de l'endroit où ils atterrissaient, et me fis couler un bain chaud. J'avais besoin de me vider la tête, et prendre un bain m'y avait toujours aidé. Une fois l'eau à la température idéale, mes bougies allumées, et Heat Rises à portée de main, je me laissai glisser dans l'accueillante chaleur. Et comme chaque fois, j'eus l'impression de lire ce livre pour la première fois, y découvrant des éléments que je n'avais pas retenu au cours de mes précédentes lectures. Cette fois, mon esprit se focalisa sur le « tableau blanc sud » de Rook. Depuis que je faisais équipe avec Castle, j'avais appris à connaître sa façon d'écrire ses romans, et je savais qu'il faisait, autant que faire se pouvait, référence à des éléments proches de la réalité. Aussi l'apparition de ce tableau bis éveilla mon intérêt. Cela voulait-il dire qu'il avait son propre tableau sur lequel il s'amusait à reproduire les éléments de nos enquêtes ?
Après tout, nous l'avions déjà fait lors de l'enquête sur la bombe sale qui avait bien failli balayer la ville de New-York. Mais là, je sentais qu'il y avait plus que ça. Et je pressentis que je n'aimerais pas forcément ce que je découvrirais si je me risquais à lui poser la question. Un frisson me secoua, et je pris conscience que l'eau était devenue froide. En claquant des dents, je m'empressai de sortir de l'eau, et pour me réchauffer, pris une douche rapide avant de me sécher et de filer sous ma couette. Il était encore tôt, mais j'avais du sommeil à rattraper, et j'avais vraiment besoin d'une bonne nuit de repos. Surtout si je comptais faire une visite surprise à mon écrivain lors de sa lecture. Aurais-je l'audace de m'y rendre habillée de façon sexy comme je l'avais fait au tout début de notre partenariat ? Je souris à ce souvenir, mais décidai de n'en rien faire. Cette fois, la raison de m'y rendre était différente, aussi devais-je choisir avec soin ma tenue.
Et j'avais la robe parfaite pour l'occasion. Castle n'allait pas s'en remettre tant j'allais le subjuguer. Sur cette dernière pensée, je me lovai contre mes oreillers et me laissai glisser entre les bras de Morphée. Dérangée dans mon sommeil par un rayon de soleil d'humeur joueuse qui dansait sur mon visage, je papillonnai des yeux un long moment avant de prendre conscience de deux faits coup sur coup. D'une j'avais passé une nuit sans rêve depuis bien longtemps, et de deux, il faisait jour depuis un long moment. Me redressant avec vivacité, je jetai un regard à mon réveil et soufflai de soulagement en constatant qu'il me restait encore plusieurs heures avant le début de la lecture. De toute façon, je ne comptais pas arriver dès le début de la séance. Si je m'y prenais bien, j'arriverais à un moment bien précis du roman. Pour avoir souvent assisté à ce genre de lecture et savoir comment il lisait, j'avais une heure supplémentaire pour me préparer. Et ce lapse de temps ne serait pas du luxe.
Sautant au sol, j'hésitai quelques secondes avant de me décider pour quelques tractions afin d'achever de me réveiller. Une heure plus tard, je m'autorisai enfin une douche délassante, soupirant de contentement lorsque l'eau chaude cascada sur mon corps en sueur. Je restai longuement sous le jet, avant de me rappeler que j'avais un timing serré, et de sortir à contrecœur. Enroulant une serviette autour de mon corps, je me plantai devant ma coiffeuse et entreprit de lisser mes cheveux pour terminer par un brushing. M'observant longuement, j'hésitai à les attacher, mais y renonçai, sachant que Castle aimait les voir libre. Un maquillage léger et à peine visible paracheva ma préparation, et je me détournai pour observer d'un air critique la tenue que j'avais choisie. Je n'avais pas souvent l'occasion de porter une robe dans mon métier, aussi avais-je jeté mon dévolu sur une robe jade cintrée à la taille et qui tombait en cascade sur mes longues jambes.
J'enfilai des escarpins vertigineux et souris, satisfaite de mon reflet. Quelques gouttes de mon parfum préféré placées stratégiquement, et je fus fin prête. Quittant ma chambre, je fis un crochet par la cuisine pour avaler un rapide brunch, ignorant si Castle pourrait se libérer à temps pour le déjeuner, et ne voulant pas que mon estomac se mette à grogner au plus mauvais moment. J'enfilai mon long manteau blanc, plus léger que le rouge, et vérifiai une dernière fois mon apparence avant de quitter le refuge de mon appartement. Prévoyante, j'avais réservé un taxi qui m'attendait sagement au pied de mon immeuble, et le chauffeur eut même la galanterie de descendre pour m'ouvrir la portière, ce dont je le remerciai d'un sourire. Comme quoi porter une robe faisait parfois toute la différence songeai-je en voyant ledit chauffeur me jeter des regards appuyés à travers le rétroviseur. D'un raclement de gorge, je lui fis comprendre de garder les yeux sur la route, et je me mis moi-même à scruter les rues.
Je vivais depuis toujours à New-York, et pourtant je ne me lassais pas de découvrir les richesses insoupçonnées qu'un œil avisé pouvait déceler au détour d'une rue. Fascinée, j'observai tour à tour l'architecture pleine de cachet d'un bâtiment datant d'un autre siècle, perdu au milieu de cette jungle urbaine faite de métal et de verre, l'impériale majesté d'un bâtiment qui pointait fièrement vers le ciel symbole ineffable de la vanité des hommes, ou encore la simplicité de la vie renvoyée par les jeux des enfants, témoins innocents de ce que le monde offrait de plus pur. Le taxi freina doucement, me ramenant à l'instant présent, et réglant ma course, je posai les pieds sur le bitume, mon regard rivé sur la librairie dans laquelle se trouvait mon écrivain. Contrairement à ses séances de dédicace, il n'y avait pas foule devant la librairie, et je remerciai intérieurement Paula d'avoir fait en sorte que seules quelques privilégiées puissent assister à cette lecture.
Étant la muse de Richard Castle, je n'avais pas besoin d'être sur la liste pour entrer, même si Paula veillait toujours à ce que j'ai une invitation à ce genre de manifestation. L'agent avait omis une seule fois de me faire parvenir un carton d'invitation, et lorsque Castle l'avait appris, il était entré dans une rage folle, allant jusqu'à menacer de renvoyer Paula. Je ne l'avais appris que grâce à une indiscrétion de la part de Martha, et j'avais été touchée, et terriblement troublée, d'apprendre que mon partenaire accordait tant d'importance à ma présence, même s'il savait que je fuyais autant que possible ce genre de manifestations, détestant me trouver sous les feux des projecteurs. D'un signe de tête, un des vigiles m'ouvrit la porte, me laissant passer sans même me demander mon nom, et je me faufilai entre les étagères de livre, suivant la douce voix de baryton de mon partenaire jusqu'au centre de la librairie. Dès que je l'aperçus, je m'immobilisai, prenant le temps de visualiser la scène.
Il se tenait au centre d'un cercle formé d'un côté par les étagères, et de l'autre par ses fans, et les surplombait légèrement, debout sur une petite estrade. Chacune de ces femmes avaient le droit de choisir un passage qu'elles voulaient l'entendre lire, et visiblement, Paula avait veillé à ce qu'elles fassent leur demande en suivant la chronologie du livre, et à en juger par le passage qu'il lisait, ils en étaient rendus à la moitié du roman. Quittant des yeux mon si sexy partenaire, je comptai le nombre de fan, et fus surprise de constater qu'elles n'étaient qu'une dizaine. Autrement dit, Rick serait bientôt libérer de ses obligations, puisque les autographes et les photos avaient eu lieu avant la lecture. Toujours dissimulée derrière une étagère et une pancarte géante à l'effigie de mon romancier, ce qui me fit sourire, j'attendis qu'il en finisse avec le passage qu'il lisait pour avancer. Une nouvelle fan demanda à ce qu'il lise la page 268, et je souris en comprenant que c'était le moment parfait pour me montrer.
Pendant que Castle tournait les pages pour trouver le passage demandé, j'avançai sensuellement, ouvrant lentement mon manteau. Mon mouvement pour le retirer attira l'attention de mon écrivain, et il leva les yeux vers moi avant de se figer. Nos regards se croisèrent, et un sourire étincelant étira ses lèvres alors que je le fixais d'un air légèrement amusé. Le raclement de gorge de la femme qui attendait sa lecture le tira de sa contemplation, et il baissa vivement la tête, sans pour autant s'empêcher de jeter des regards dans ma direction, comme pour s'assurer que j'étais bien là. Mon sourire moqueur sembla le tirer de sa transe, et il commença enfin à lire.
« En montant chez Rook, ils n'échangèrent pas un mot dans l'ascenseur. Comme sur la banquette arrière de la voiture des Gars, ils ne se lâchaient simplement pas des yeux. L'air entre eux s'épaissit sous l'effet d'un désir sans nom, et tous deux surent qu'il valait mieux ne pas le nommer au risque d'affaiblir la force magnétique qui les attirait réciproquement. Ils se tenaient tout près sans se toucher – ça aussi, ça aurait rompu le charme.
Juste assez pour presque se toucher… Juste assez pour sentir le souffle de l'autre quand les secousses de l'ascenseur amenaient leurs corps à se frôler. »
Je frissonnai au son de la voix douce et velouté de mon écrivain, et les images défilèrent dans ma tête, imaginant parfaitement la scène, nous imaginant mon coéquipier et moi-même à la place de Nikki et Rook, comme cela avait si souvent été le cas. Comme s'il pensait à la même chose, Castle ancra son regard dans le mien, et toutes les femmes présentes purent assister en direct à ce qu'il décrivait dans son roman, cette alchimie parfaite, cette connexion qui nous permettait de nous perdre dans un univers où rien d'autre n'existait en dehors de nous. Mais encore une fois, la fan s'immisça dans notre bulle, nous en extirpant avec un plaisir non dissimulé, ce qui lui valut un regard furieux de la part de Rick. Quant à moi, je lui envoyai un regard made in Nikki Heat qui la fit légèrement blêmir pour ma plus grande satisfaction. Ne voulant pas perdre mon temps avec cette femme, je détournai le regard et recroisai celui, rieur de mon homme.
Dans un soupir commun, nous nous lançâmes un dernier regard, et Rick se pencha de nouveau sur son roman, reprenant le fil de sa lecture, même si depuis mon arrivée, il ne semblait plus avoir la tête à ce qu'il faisait. Tout comme moi, il n'avait plus qu'une seule envie. En finir et pouvoir me rejoindre pour que nous puissions fêter dignement nos retrouvailles.
« Quand il eut refermé la porte d'entrée, ils se jetèrent l'un sur l'autre. Le feu qui les dévorait couplé à l'euphorie d'avoir échappé à la mort propulsa Beckett et Castle dans une dimension de désir sexuel aussi irrépressible que primaire. Pantelante, Kate arracha sa bouche de la sienne et lui sauta au cou en accrochant ses jambes derrière les siennes. Rook banda ses muscles pour retrouver l'équilibre et se stabilisa en la serrant fort contre lui. Le visage pressé contre le sien, elle lui mordilla l'oreille. Il gémit de surprise et d'excitation, puis l'assit sur le plan de travail de la cuisine. Pendant qu'il déboutonnait son manteau, Kate se pencha en arrière sur les coudes pour le regarder.
Je te veux, finit-elle par dire, ici et maintenant. »
Un éclat de rire hystérique accompagné de quelques gloussements plus ou moins discrets lui firent redresser la tête dans un froncement de sourcils. Intrigué, et ne s'attendant pas vraiment à une telle réaction, il se tourna instinctivement vers moi en quête d'une explication, et se heurta à un regard noir tel qu'il ne m'en avait plus vu depuis longtemps, le faisant reculer d'un pas. Fronçant plus que jamais les sourcils, je le vis reporter son attention sur le livre et ses lèvres remuèrent alors qu'il relisait le passage. Et soudain, ses yeux s'écarquillèrent d'horreur, et il releva précipitamment la tête pour m'observer. Les lèvres pincées, les poings serrés, j'avais bien du mal à retenir ma colère à et à me jeter sur lui pour lui tordre le cou. Comment avait-il pu faire quelque chose d'aussi stupide ? Une chose était sûre, il allait en entendre parler pendant un long moment. J'allais le faire souffrir longuement, jusqu'à ce qu'il me supplie de l'achever, et alors j'inventerais de nouvelles tortures.
La fan continuait de rire de façon exagérée, comme si elle tentait d'attirer l'attention sur elle. Elle se trémoussait dans tous les sens, les larmes aux yeux, et se penchait de façon aguicheuse en avant, lui offrant une vue imprenable sur son décolleté auquel il ne jeta pas même un regard, trop obnubilé par ma réaction, ne me quittant pas du regard. Du moins jusqu'à ce que je me retourne vers la fan qui continuait de se donner en spectacle, et du coin de l'œil je le vis grimacer, pris de pitié pour la pauvre femme. De l'endroit où il se trouvait, il ne pouvait entendre ce que je disais à cette femme, mais la réaction de celle-ci le renseigna efficacement, alors que ses rires outranciers cessaient net, et qu'elle passait par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Sans plus me préoccuper de cette femme qui se recula précipitamment vers le fond de la pièce, de peur de subir de nouveau mes foudres, je me tournai de nouveau vers lui, le regard plus noir que jamais.
Un lourd silence régnait dans la pièce, et je le vis froncer les sourcils, signe qu'il cherchait le moyen pour se sortir de là avant que la situation ne dégénère totalement. Heureusement pour lui, il en avait terminé avec cette corvée, et nous allions pouvoir régler nos comptes en privé. En prenant une profonde inspiration, il me quitta des yeux pour observer les autres femmes présentes, pour constater qu'elles me fixaient toutes avec un mélange d'envie et de colère, mais aussi de respect.
« Et après ils veulent nous faire croire qu'ils ne sont pas en couple ! » entendis-je une femme murmurer sur ma droite.
« Cette femme a réussi l'impossible en faisant de Rick Castle l'homme d'une seule femme » ajouta une seconde sans me quitter du regard.
En grimaçant, je me raidis un peu plus, et je le foudroyai de plus belle du regard, lui faisant comprendre que sa dernière heure était venue. J'allais le tuer lentement, en prenant le temps de le torturer, Mon regard étincelant d'une colère retenue le cloua sur place, et je vis sa pomme d'Adam tressauter convulsivement dans sa gorge. Plissant les yeux, je le vis jeter des regards sur sa gauche, et je compris qu'il échafaudait un plan d'action pour opérer un repli stratégique avant que je ne commence ma traque. Comme s'il pouvait m'échapper.
« Merci d'être venue mesdames, et je pense que vous comprendrez que je ne puisse plus à l'avenir me livrer à ce genre d'exercice, ayant involontairement signé mon arrêt de mort aujourd'hui… » déclara-t-il avec humour, mais l'inquiétude de son regard révélait à quel point il était sérieux.
De nouveaux rires fusèrent, allégeant la situation, mais je continuais de le fixer, partagée entre la colère et l'anéantissement. Comment avait-il pu faire une chose pareille me demandai-je à nouveau en sentant toujours le regard de ces femmes rivés sur moi. Il savait pourtant à quel point je détestais être appelée Nikki, et là il venait clairement de me substituer à son héroïne, et dans une scène de sexe qui plus est. Dès que ces femmes seraient sorties d'ici, la nouvelle se répandrait comme une traînée de poudre, et je devrais une fois encore essuyer les plaisanteries douteuses de tout New-York. Dieu j'allais le tuer.
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Alors?
Je tiens à préciser que les passages en italique sont extraits de Heat Rises, je n'en suis donc pas l'auteur!
Comme toujours j'attends vos commentaires avec impatience.
A la semaine prochaine, bisous et bonne soirée à tous!
ilianakate
