Reviews anonymes :
Dravy : C'est sur que ça n'annonce pas le monde des bisounours. Et Dumby va en payer le prix.
Kisis. Merci beaucoup. Et malheureusement, si, elle est morte. ça devait lui arriver.
Fan : Ah ! pour une fois je t'ai bien surprise ! Encore heureux que j'arrive à faire cet effet. Pour le début du prochain chapitre, tu as vu juste et je te laisse le découvrir.
Amimésis Velum
Je n'y crois pas. Ce n'est pas possible. Ce n'est qu'un mensonge. Des mots vils que je n'ai jamais entendus. C'est si simple de se dire ça. C'est si simple de se boucher les oreilles et de crier. C'est si simple de ne plus penser, d'oublier.
Je pleure.
Et pourtant… au fond de moi je sais pertinemment que cette vérité vient de me frapper en plein visage. Une gifle violente qui provoque en moi un ouragan. Ce qui explique les larmes sur mes joues. Ce qui explique mon cri et peut-être ceux que j'entends autour de moi. Ce qui explique ma folie.
Je pleure.
Parce que je crois que les mots de mon parrain viennent de déclencher une tempête. Tout vole autour de moi, s'envole et se déchire. Un vent qui souffle d'entre mes poumons brûlants. Tornade dévastatrice, balayant tout sur son passage, laissant éclater sa colère et son désespoir.
Je pleure.
Au cœur de l'œil du cyclone, c'est à peine si je remarque ce qui se passe autour de moi. Je le vois, mais suis extérieur à tout ça. Il n'y a plus que les mots de Sévérus et ces ténèbres qui me serrent, m'enserrent à m'en étouffer. Elles sont partout.
Je pleure.
Les gouttes sur mes joues tombent, se fracassent lourdement à mes pieds en une marre noire. Je pleure des larmes noires. Ma magie pleure. Elle se vide de mon corps, s'étale à une vitesse folle sur ma peau et au sol. Je n'arrive plus à la contrôler, à la maîtriser. Elle m'échappe totalement et j'ai l'impression de me vider de toute mon énergie. Il y en a tant. Enormément. C'est un océan qui m'entoure et dans lequel je me noie à présent. Un cercle parfait avec mon corps en son centre. Et rien d'autre. Tout a disparu. Je ne sais même plus où je suis. Et peut-être qui je suis…
Je pleure.
Il y a juste cette douleur qui me lacère les veines et fait couler mon sang vital, ma force pour avancer et vivre. Je ne peux plus. Ma mère est morte. Que devient un enfant sans celle qui a toujours été présente sans jamais faillir ? Il est paralysé, perdu, terrorisé. Comme mort. Mais pas totalement puisqu'il souffre encore. Et c'est ce que je suis en définitif.
Tout seul.
Perdu.
Agenouillé dans cette marre de larmes noires, je continue de crier ma douleur. Ça fait si mal. C'est comme une déchirure du cœur, une suffocation lancinante. Mes entrailles se tordent et vomissent. Encore du noir. Je me vide de mon essence. Et pourtant je sens encore la vie couler dans mes veines. Elle me murmure sa joie d'être encore là et son désir de vengeance. Elle me souffle ses désirs les plus fous et les moins réalisables. Elle chuchote mon nom, m'appelle à elle et me serre contre son ventre palpitant.
A quatre pattes, la tête baissée, je cherche un souffle qui me soulagerait. En vain. Je ne trouve rien de cela. Juste la solitude qui résonne tel un écho, les ténèbres qui croissent et ma douleur qui fait rage autour de moi. Je suis seul. Je viens de perdre ma mère. Une nouvelle fois. Une seconde fois. Le Seigneur des Ténèbres vient à nouveau de me priver de cet être qui est si cher à tout homme. Il m'avait prévenu. J'allais souffrir dans ma réalité, puisqu'il ne pouvait plus venir hanter mes songes. Et il vient d'y arriver. Je souffre. J'ai mal. Partout. Au corps, au cœur, à l'âme.
Pourquoi est-ce si difficile de vivre ? Pourquoi le bonheur m'est-il toujours arraché des mains dès que j'arrive à l'enlacer ? En sera-t-il toujours ainsi ? Suis-je condamné à ne vivre que dans la mort, le sang, les ténèbres et la souffrance ? Est-ce que tous les êtres qui me sont chers sont voués à finir de cette manière ? Même… Draco…
- NON ! j'hurle à m'en déchirer les cordes vocales.
Un souffle, un battement de cœur plus faible et cette fois l'obscurité m'emporte en son sein et je me perds en elle. Il n'y a plus rien.
oOo
J'entends des voix. Très loin. Il y a de l'agitation. Que se passe-t-il ? Et puis pourquoi je n'arrive pas à bouger ? C'est comme si je n'avais plus de force. Mon corps semble si lourd. Je crois reconnaître la voix de l'infirmière qui crie et aboie un nombre d'ordres impressionnant à la seconde. Et peut-être celle de Sévérus aussi. Avec des pleurs, des cris et des mots que je ne veux pas comprendre, je crois.
- … Il était si… terrifiant.
- … Lui…
- … a volé dans…
- … eu peur.
- …tremble encore.
- … Et l'autre qui…
- … Heureusement…
- … est un monstre.
Mais que s'est-il passé ? Les élèves semblent être terrifiés par quelque chose qui vient de se produire. Avons-nous subi une attaque du Lord ? Non. Il y aurait des morts, pas des étudiants effrayés. Mais alors quoi ?
- … J'ai failli recevoir un lit…
- … la porte m'a retenue.
- … Potter est…
C'est de moi qu'on parle. Suis-je responsable de ce qu'il se passe ? Je tente de me souvenir des derniers moments, avant ce trou noir. Et tout ce qui apparaît devant moi est de la même couleur. Toute comme cette douleur qui me poignarde une nouvelle fois alors que les mots de mon parrain surgissent devant moi. Ma mère est morte.
J'ouvre brusquement les yeux tout en prenant une grande inspiration. L'air me manque, l'oxygène n'est plus là.
- Harry ! s'exclame mon parrain en se jetant sur mon lit. Harry ! Respire espèce d'idiot !
Je fixe un point au loin et essaye tant bien que mal de reprendre une respiration normale. Et ce n'est qu'après que Madame Pomfresh m'aie fait boire une potion que mes muscles de détendent, que mon cœur cesse ses battements de fou et que l'air circule à peu près normalement dans mes poumons.
Petit à petit, les souvenirs de ma folie me reviennent et je prends conscience des dégâts que j'ai causés. Plusieurs lits sont cassés, des morceaux de verres volent un peu partout, retrouvant leur place originelle, les lumières clignotent faiblement, Dumbledore est en train de remettre la porte d'entrée à sa place et les quelques élèves présents me fixent tous avec cette peur qui me donne la nausée. Est-ce moi… Est-ce que je viens de détruire l'infirmerie ? J'espère que les dommages ne sont que matériels. Je m'en voudrais tellement d'avoir blessé quelqu'un.
Soudain, je réalise que je n'ai toujours pas vu une personne qui était présente avec moi. Draco. Je tourne la tête dans tous les sens et finis par trouver sa chevelure blonde, dans un lit, non loin du mien. Draco est allongé et ne bouge pas. La panique s'empare aussitôt de moi. Je vais pour me lever quand une main blanche m'en empêche. Sévérus me retient avec fermeté et m'intime de part son regard à rester dans mon lit.
- Il est vivant.
- Mais…
- Il est juste endormi. Tu… l'as vidé je crois bien.
Je fronce les sourcils, puis comprends ce qu'il veut dire. Mais c'est impossible. Enfin… pas depuis que j'ai repris ma véritable identité. C'est vrai que notre lien magique ne semblait pas s'être totalement évanoui, mais de là à revenir des mois en arrière, de revenir tous les deux dans un lit d'infirmerie car je viens de puiser dans sa magie, nous affaiblissant tous les deux au final… je ne veux pas y croire.
- Reposez-vous Monsieur Potter. J'ai d'autres élèves à m'occuper. Monsieur Malfoy est en train de reprendre des forces, alors faites de même.
Je bois la potion qu'elle me tend et me rallonge dans mon lit, mon regard toujours fixé sur Draco. Tout est de ma faute. Une fois de plus, je le fais souffrir. Je n'arriverai donc jamais à tenir ma promesse, je me demande tout en fermant les yeux et en sentant la potion de sommeil m'emporter dans un sommeil sans rêve.
oOo
Un nouveau réveil. Cette fois dans le calme. Mais toujours dans le noir. Sauf que ce dernier est différent. Il y a de faibles points lumineux qui viennent briser sa profondeur. Autour de moi, tout est silence. Les quelques occupants des lits sont calmes et plus rien ne laisse présager qu'une folle tempête a eu lieu quelques heures avant. Sauf peut-être le corps de Draco, toujours allongé et immobile.
Tout doucement, je me lève. Le sol est froid et me glace la voute plantaire. Une petite grimace, quelques pas rapides et me voila devant lui.
- Draco, je souffle faiblement pour ne pas être entendu des autres. Draco.
Il ne bouge pas, semblant bien dormir.
Lentement, je me glisse à ses côtés, collant mon corps contre le sien. Sa chaleur m'apaise instantanément, pansant toutes ces plaies invisibles, celles de mon âme. Une de mes mains vient se perdre sur sa figure que je caresse doucement. Je retrace les traits détendus de son visage et lui murmure de se réveiller. Mais rien. Pas de grognement. Pas de souffle irrégulier. Pas de mouvement. Pas de battement de paupières. Il n'y a rien. J'insiste, je persiste…
- Draco. Bordel tu vas te réveiller. Aller Draco. Arrête de te moquer de moi. Je ne suis pas d'humeur. S'il te plait Draco. Aller.
Et je m'énerve, je le secoue en vain. Aucune réaction. C'est comme si j'avais un pétrifié entre mes doigts. Aussitôt la panique s'empare de moi. Que se passe-t-il ? Pourquoi Draco ne réagit-il pas ? Tout en serrant son corps inerte contre moi, je crie et appelle l'infirmière. Je crois que j'ai réveillé les autres élèves, mais je m'en moque. Je sens que quelque chose n'est pas normal et je ne pourrais pas supporter une autre perte.
- Monsieur Potter ! me gronde Madame Pomfresh. Qu'est-ce qui vous prend de crier comme ça ?
Je la fixe, les yeux écarquillés. Ne voit-elle pas que Draco n'est pas réveillé ?
- Il… il… il ne se réveille pas, je sanglote.
- Monsieur Potter, calmez-vous. Si vous nous refaites une crise et que vous détruisez une nouvelle fois mon infirmerie, je vous ligote à votre lit et vous ferai boire des potions de sommeil ignobles, me menace-t-elle.
Je déglutis et hoche de la tête tout en tentant de calmer mes angoisses.
- Monsieur Malfoy va très bien. Il a été très touché par votre démonstration de puissance magique et j'ai dû prolonger son sommeil afin qu'il récupère au plus vite. Alors cessez de l'étouffer et de le secouer comme un prunier.
Je relâche quelque peu la pression sur le corps de Draco, sans pour autant arriver à le laisser dormir tranquillement.
- Je... peux rester avec lui ? je demande.
Elle soupire et passe une main sur son visage.
- Je serai calme. Je… je le laisserai dormir. Je veux juste… rester avec lui. S'il vous plait.
- Tant que vous ne dérangez pas les autres élèves.
- Merci, je murmure tout en me glissant un peu mieux sous les draps et en installant Draco contre moi.
J'entends les pas de l'infirmière s'éloigner et le silence de la nuit revient m'étouffer brutalement. J'ai peur. Tellement peur. Je ne suis qu'un enfant qui vient de perdre sa mère et dont les démons ressurgissent brusquement.
Alors que je niche mon visage dans le cou de Draco, humant son odeur, me blottissant au maximum contre lui, je n'ose pas imaginer à quoi va ressembler demain. C'est pourquoi je focalise toute mon attention sur Draco et bloque toute autre pensée. Il n'y a que lui.
Draco. Draco. Draco.
Draco et le temps qui s'écoule. Les minutes filent. Les heures tournent. Et finalement le matin arrive sans que j'aie réussi à me rendormir. Autour de moi, j'entends Madame Pomfresh s'agiter. Elle donne les premiers soins à ses patients, tandis que les elfes de maison nous apportent le petit-déjeuner. Mais je ne me préoccupe pas de tout cela. J'attends juste que Draco se réveille.
J'attends.
Longtemps.
Sans réaction de sa part.
Jusqu'à ce que Sévérus vienne nous voir.
Tandis que je fixe mon parrain, ce dernier passe sa baguette sur le corps de Draco qui est toujours inerte. Mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine, provoquant des hauts le cœur répétitifs. Puis il fait apparaître un tabouret et s'assoit dessus. Il y a encore cet air grave sur son visage. Cette mimique que je n'aime vraiment pas et qui me donne envie d'être ignorant. Sauf que je ne peux pas l'être.
- Harry, commence-t-il de sa voix grave. J'ai besoin de vérifier quelque chose. Sur toi.
- Quoi ?
- Je vais te lancer un sort inoffensif. Je dois juste…
- Tu me diras ensuite pourquoi Draco n'est toujours pas réveillé ?
- Je ne sais pas. Peut-être.
- Vas-y.
Il pointe sa baguette en ma direction, puis murmure :
- Amimésis Velum.
Ce sort, que je n'ai entendu que quelques fois me glace le sang. Pourquoi revenir sur le passé ? Mais ce qui m'inquiète le plus, c'est ce fourmillement que je sens dans ma nuque et les lèvres qui se pincent en face de moi.
- Parrain ?
- Je ne comprends pas.
- Dis-moi quelque chose, dis-je, la voix tremblante, n'arrivant plus à cacher mes peurs.
- Tu… comment dire ? Je crois…
Il croit ? Ai-je bien entendu ? Lui qui sait tout sur tout est en train de douter ?
- Il semblerait que Draco et toi soyez encore liés par le sort que je t'ai lancé il y a presque dix-sept ans. Tu continues de puiser la magie de Draco. Et… regarde.
Il me tend un miroir qui me renvoie mon reflet, puis pointe sa baguette sur moi.
- Amimésis Velum, répète-t-il.
Devant moi, mes traits changent doucement en un visage que j'ai connu pendant des années, qui m'a fait face tout au long de mon enfance. Mes cheveux s'éclaircissent jusqu'au blond, presque blanc, sauf à quelques endroits où ils restent noirs. Des éclats de mercure viennent se mêler au vert absinthe de mes iris. C'est un mélange de nous deux. C'est un mélange de moi. D'Henry et d'Harry. De Draco et de moi. Puis tout redevient à la normale. Je retrouve les traits d'Harry Potter, comme si ce que je venais de voir n'avait été qu'un mirage. Pourtant, la mèche blonde qui se cache derrière mon oreille gauche et qui rebique au niveau du lobe m'indique bien que ce n'était pas une illusion.
- Que… qu'est-ce… je… Et ça ? je bégaye tout en reposant le miroir.
- Je suis tout aussi perplexe que toi. C'est comme si… une partie de Draco subsistait toujours en toi. Et… le choc de cette nuit… l'a réveillée.
- Mais pourquoi il est dans cet état ? Parce que même avant, quand j'étais faible magiquement, il ne restait pas inconscient aussi longtemps. Ce n'est pas normal ! je m'écrie, m'attirant un regard noir de la part de Pomfresh.
- Harry, te souviens-tu d'hier soir ?
- Pas vraiment, je réponds en secouant la tête. Je suis revenu de ma mission avec Dumbledore. Tu es arrivé. On est allé à l'infirmerie. Draco était déjà là je crois. Et puis… tu nous as dit que… Mère avait été tuée par le Seigneur des Ténèbres. Et après… je ne sais plus trop. Je ne vois que du noir. Du noir partout, tout autour. Et la douleur. C'est tout ce dont je me rappelle.
- Quand je vous ai annoncé la nouvelle, tu t'es mis dans une rage folle. En l'espace de quelques secondes tu avais cette chose noire sur ton corps et elle se dirigeait vers Draco. Elle vous a recouverte tous les deux et j'ai vu Draco tenter de se rattraper à toi. Il était en train de perdre ses forces je pense. Et toi… tu criais. J'ai tenté de vous pétrifier. En vain. Les objets autour de nous se sont mis à voler dans la pièce. Comme si un ouragan venait de se déclencher. Avec Madame Pomfresh nous avons protégé les élèves qui se trouvaient à l'infirmerie, évitant les catastrophes humaines. Enfin… c'était in extrémis car une Serdaigle a manqué de passer par une fenêtre qui venait d'exploser et un Gryffondor à failli s'embrocher sur la porte de l'infirmerie.
J'écoute son récit, me maudissant en silence. En effet, je ne suis qu'un monstre.
- Draco a fini par tomber à terre, inconscient et j'avais beau te lancer toutes sortes de sorts, rien ne t'arrêtait. Même Dumbledore a dû puiser dans des sorts connus de lui seul pour arriver à t'affaiblir. Finalement, tu t'es évanoui et la tempête a aussitôt disparu. On vous a mis chacun dans un lit et tu t'es réveillé très rapidement. Tu t'en souviens ?
- Oui, je marmonne, encore chamboulé par ma folie.
- La suite tu la connais. Et depuis, impossible de faire réagir Draco. Il semble vidé de toute énergie. Comme si tu avais tout puisé. Ta magie et la sienne. Jusqu'à la dernière goutte.
C'est ma faute. Encore et toujours. Et il semblerait pour l'éternité.
A suivre...
