(point)v4(point)skyrock(point)net/d1f/eragon-tome3-aternatif/pics/2466103075_1(point)jpg
JYudith, sans vouloir te décourager, il va falloir du temps pour le bisou en tout cas si cela arrive^^
L'air froid balaya violemment son visage et l'élève sentit les épaules du dragon sous elle s'élever. D'un violent coup d'ailes, la créature s'éleva dans les airs et Sirha, une fois l'énorme secousse passée, blêmit en voyant le sol s'éloigner. Elle se força à détourner les yeux de la terre ferme et de Murtagh rapetissant au loin. Les traits de son visage tirés en arrière à cause du vol, la jeune fille serra les dents et manqua de céder à la panique. Tout allait beaucoup trop vite. Tout tournait et descendait bien trop rapidement. Complètement perdue et déstabilisée, la porteuse eut beaucoup de mal respirer tant la peur oppressait tout son être. Elle serra les jambes se força à regarder en avant.
Shruikan gagna de l'altitude et Sirha, les yeux écarquillés malgré le vent, se pencha pour accompagner un minimum ses mouvements saccadés. C'est alors qu'il ralentit, rassurant un peu la porteuse, mais pas suffisamment pour que son cœur, qui battait à la chamade dans sa poitrine se calme.
La créature s'était mise à tourner lentement, décrivant de longs cercles dans l'immense voûte. Ses ailes battirent posément l'air et leur firent gagner de l'altitude peu à peu. Les muscles paralysés par la peur finirent par s'adapter aux mouvements chaloupés du dragon dont la fureur paraissait s'être envolée, un peu comme ils venaient de le faire, eux.
Shruikan continua lentement sa montée et Sirha déglutit nerveusement en se forçant à ne pas regarder vers le bas. Les ongles enfoncés dans le cuir s'y délogèrent un peu et la jeune fille jeta un regard vers le haut de la voûte. Behosh les regardait, un étrange éclat dans les yeux.
Alors que la porteuse était un peu plus rassurée par le comportement de la créature, un violent coup d'aile fit basculer la jeune fille en arrière. S'accrochant de justesse, elle se plaqua sur la selle et, les poumons écrasés contre l'arçon de métal, les mains de Sirha s'agrippèrent aux bouts du collier de chasse qui ceinturait l'énorme poitrail de la bête. Tandis que le dragon montait en piquée à une vitesse inouïe, elle sentit ses jambes reculer dangereusement en direction du vide. Jetant un regard vers ses étrivières, la porteuse posa involontairement ses yeux sur le sol qui était terriblement loin, et, terrifiée, elle enfouis sa tête dans le cuir, posant ses yeux inquiet sur les écailles noires et lisse juste devant elle en serrant les mollets.
D'un dernier coup d'aile, Shruikan se hissa au niveau de la grotte, même un peu plus. Ses membres musclés battirent l'air et il décrivit un large cercle pour se retrouver en face de l'ouverture. Les pattes en avant, la créature atterrit sans douceur, ses griffes crissant sur le sol. Brusquement secouée par le choc, Sirha serra les dents tandis qu'il lui semblait que tous ses os vibraient et ses muscles se déchiraient, durement secouée.
Shruikan s'immobilisa, releva la tête et la tourna sur légèrement sur le côté, comme pour juger sa réaction. La jeune fille, complètement sonnée, ne parvint par à bouger puis, croisant le regard de son maître, elle revint à la réalité et cilla plusieurs fois. Déboussolée, Sirha passa sa jambe droite en arrière de la selle et se laissa glisser précautionneusement tout prêt du coude de l'animal. La porteuse descendit le long de l'articulation, vacillante, pressée de s'éloigner de la selle sur laquelle elle venait de vivre une expérience traumatisante. L'élève sauta maladroitement entre deux griffes à lesquelles elle lança un regard prudent avant de s'en écarter. Elle se retourna face au dragon qui plongea ses yeux sombres où dansait un mélange d'or liquide et de sang noir dans les siens, semblant boire ses pensées, les aspirant, l'empêchant de songer à tout autre chose. Il brisa cet instant en se retournant lentement, arrachant ses pupilles au siennes. Jetant un regard vers Behosh, elle crût voir un éclair étrange dans ses yeux mais il lui signala d'un ton inhabituellement distrait :
-J'ai posé des plaques de métal gravée un peu plus loin, va prendre le sac.
Sirha comprit que son maître lui intimait de s'activer, elle passa côté de lui, s'éloignant du la créature qui devait probablement ouvrir ses ailes pour s'envoler.
Shruikan se retourna pour regarder le vieil homme, il avait sentit son regard lourd dans son dos. Les yeux clairs du maître d'apprentissage ne cillèrent pas une seule fois. Le dragon sanguinaire sentit une once d'incertitude naître en lui. C'était impossible. Mais ses yeux transparents ne se détournaient pas. Serait-il possible ?... Savait-il ?
La créature se figea. Non, personne ne savait. Personne n'avait pu le découvrir.
Méfiant, il jeta un coup d'œil en direction de la gamine. Sentant le poids de son regard, elle releva la tête avec un regard interrogateur, avant que ces prunelles se remplissent de méfiance. Ne pas la regarder trop longtemps. Son attention se reporta sur le vieil homme.
Personne ne savait.
Il aperçu du coin de l'œil la porteuse agenouillée près d'un sac, une mèche de cheveux bruns ondulés tombant devant ses yeux. La grotte s'illuminait déjà.
Le dragon noir se retourna, déploya ses ailes sombres et se laissa tomber dans le vide sans regarder, les yeux rivés devant lui.
Un bruit lisse, celui de plaques de métal glissant l'une sur l'autre apprit à Sirha que la créature prenait son envol mais quand la jeune fille releva la tête, elle avait déjà disparût. Behosh fit demi-tour et revint vers dans sa direction.
- Tiens, prend le sac et suis-moi.
La porteuse s'exécuta sans répliquer, alors qu'elle se remettait à peine de son premier vol, la curiosité pointait le bout de son nez et c'est avec les sens en alerte que Sirha marcha au côté de son maître.
Du coin de l'œil, elle discerna un éclat bleu foncé à sa droite et levant un sourcil, la jeune fille regarda ses pieds et le plafond de pierre noire.
Tout s'illuminait à une vitesse incroyable. Le cristal bleu clair fusait de toute part, jaillissant vivement au dessus du grès, éblouissant la porteuse. Le médaillon, qui, étrangement, était resté muet pendant tout le vol, se réveilla soudainement. Il bondit de ses chairs contre sa peau comme un hôte se serait jeté à la fenêtre de sa demeure pour guetter un visiteur familier et attendu. Le verre presque pur prit une teinte bleue, parsemé de diamants.
Le vieil homme se retourna et Sirha se rendit compte qu'elle s'était arrêtée.
- Parfait.
La porteuse, dont la respiration se faisait plus pressante, lui lança un regard interloqué. Son mentor s'expliqua en désignant d'un geste bref les parois qui se coloraient rapidement de gemme céruléenne :
- Il existe de rare endroit dans cette forteresse où l'ancienne cité elfique se manifeste de manière très explicite, passionnante à étudier- quand on vient avec la bonne personne.
Il lui fit un petit clin d'œil avant de reprendre.
-Les elfes ont profondément marqué cette citadelle, et pour cause ; se sont eux qu'ils l'ont créé. Beaucoup de technique leurs ont été emprunté. Approche.
Sirha posa le sac de cuir au sol qui s'affaissa en un bruit métallique et fit quelques pas en avant. Fronçant les sourcils, elle n'aperçu tout d'abord rien d'autre que le verre cobalt que s'intensifiait un peu plus à chaque seconde. Behosh se plaça à côté d'elle, un peu en arrière.
- Pose ta main dessus.
La porteuse s'exécuta doucement, posant sa paume contre le saphir glacé. Le médaillon ronronna puissamment et ce grognement tout d'abord inaudible s'enfla pour se déployer dans toute la grotte et résonner en un bruit caverneux. Sirha, sans s'en rendre vraiment compte, lâcha un soupir bref, le regard perdu dans le diamant. Ses pupilles se dilatèrent et ses yeux fouillèrent le cristal, intrigués.
Une note pure parvint à ses oreilles, vibrant au plus profond d'elle-même, puis une autre. Une avalanche fine et délicate de sonorité claire et angélique traversa le verre pour s'envoler jusqu'aux tympans de la jeune fille. Le blanc de sa robe s'imbiba de la couleur de la roche, réfléchissant l'azur de la paroi devant elle.
Pétrifié par la beauté de ce qui s'accomplissait sous ses yeux, la porteuse laissa sa main sur le verre qui devenait étrangement tiède, en restant pourtant si glacé sous sa paume. Un craquement fin, presque inaudible fissura légèrement la pierre translucide et Sirha écarquilla les yeux.
http://eragon-tome3-aternatif(point)skyrock(point)com/photo(point)html?id_article=2471969683&rev=1
Sirha retira doucement sa main. Des veines se creusèrent dans le cristal, semblant s'incurver en fonction des aléas de la roche translucide. Des courbes se dessinèrent sous le verre à une vitesse incroyable, se divisant pour en créer d'autre, courant à la surface et au cœur même du diamant azur. La grotte n'était plus qu'un halo de lumière bleu mais la jeune fille ne chercha pas à se protéger de la lumière aveuglante, ne semblant pas touchée par le rayonnement intense de la pierre.
Devant ses yeux, des silhouettes, élancées, grandes comme sa main se creusèrent et d'autre gonflèrent en relief. Des petits arbres de diamant aux feuilles arrondis grandirent, des paysages étincelants s'étalèrent sur la gemme et des buissons aux branchages splendides tendirent vers le haut de la grotte.
La bouche ouverte et les yeux grand ouvert, la porteuse ne pût que soufflé, manquant d'air :
- C'est... magnifique.
Jetant un regard discret vers son maître et la jeune fille ne sût pas si c'était la lumière qu'émanait la pierre qui faisait ainsi luirent ses yeux ou si l'émotion était difficilement soutenable pour lui.
Sirha, après un bref temps de hébétement, s'était mis à fouiller du regard la roche translucide, tous les détails, le moindre rameau, le moindre brin d'herbe lui semblait familier. Familier, non, ça n'était pas le terme qui convenait. Mais la jeune fille pouvait sentir dans ses propres veines le sang qui allait et venait de son cœur, qui diffusait dans tout son être, au rythme de ces battements, cette certitude que toute l'œuvre qui se révélait devant elle était le fruit d'énergie pure et d'une âme ancestrale.
Sirha cligna doucement ses yeux en penchant un peu la tête sur le côté. Un profond sentiment de plénitude et de paix intérieure l'étreignit. Bouleversée, la porteuse sentit son cœur se fendre en deux et ses pupilles furent bientôt recouvertes d'un voile de larmes qui glissait sur ses prunelles, menaçant de déborder et de couler sur ses joues sans réellement y parvenir. La jeune fille ne pouvait exprimer ce qu'elle ressentait et semblait se retrouver dans ces gravures surnaturelles, ces manifestations qui prenaient toute leurs dimensions quand elle était là, ce prodige qui paraissait étrangement rentrer dans l'ordre des choses.
Une multitude de tintement cristallin à sa droite lui fit tourner la tête et Sirha se figea.
Un arbre poussait sur le bord d'un pan de roche. Ses branches de diamant céruléen poussaient et s'élargissaient vers elle. Des feuilles larges aux courbes sinueuses poussèrent et des racines ondulèrent vers la pierre noire au sol, semblant s'enfoncer dans le grès, laissant les contours d'une souche dans la roche sombre. La jeune fille s'avança d'un pas timide et mesurer, poussée par une sorte d'instinct.
Et l'arbuste devint un grand arbre, le tronc s'élargit, et des ramifications se développèrent. Après que les bourgeons de verre bleu clair eurent éclot, la croissance du végétal s'arrêta. Sirha cessa de respirer. Il lui semblait que quelque chose devait arriver, que quelque chose aurait dû apparaître sous ces branches, au pied des racines. Mais rien, rien ne se manifesta. La porteuse prit difficilement une grande inspiration en fronçant les sourcils avec un air insatisfait et d'incompréhension, laissant place à un sentiment d'inachevé.
Après un moment, Behosh s'agita doucement derrière elle et se saisit du sac de cuir. Des crissements métalliques et agressifs vint heurter les tympans de la jeune fille, la sortant de sa contemplation.
- Vient t'asseoir ici.
Sirha eut du mal à se détacher du mur et de l'arbre, comme si lorsqu'elle en détournerait ses yeux, une apparition fugitive risquait d'échapper à la porteuse.
Elle vint s'asseoir au bord du précipice de la voûte, sur le côté, en face du mur de verre et du végétal, légèrement sur le côté.
Son maître sortit de sa sacoche différentes plaques de métal et les lui tendit une par une :
- Ce que tu viens de découvrir est nommé par les elfes le « Mur du Destin ». Il fait partit des vestiges de l'ancienne capitale de leur peuple. Le cristal qui le compose, tu le sais déjà, peux de révéler au grand jour lors de certaine occasion, ou en présence de certaines personnes, lui expliqua-t-il avec un regard appuyé. Mais cet endroit est particulier, car c'est ici que les constructeurs ont achevés la forteresse en construisant cette voûte destinée à abriter les dragons et les dragonniers de passage dans la capitale. Chaque voyageur, qu'il soit ou non pourvu d'ailes, avait pour habitude de venir consulter cet endroit. Chaque dessin à une signification. Certains y voyaient un avenir prédit, d'autre des mises en garde ou encore des énigmes à résoudre. Tout est relié, Sirha, ne l'oublie pas.
La porteuse médita en silence, digérant les paroles de son mentor et tentant d'interpréter sa dernière phrase. Sa voix enrouée s'éleva doucement dans la grotte, résonnant délicatement sur les parois de diamants tandis qu'elle portait sa main à son médaillon :
- A quoi suis-je reliée, moi ? Que suis-je sensée faire tout les jours, avec cette...chose en moi qui me paraît étrangère et pourtant si proche...
La jeune fille ne pût continuer, se qu'elle ressentait était indescriptible.
Behosh se tourna vers elle, ses yeux se fixèrent sur sa cicatrice puis ses yeux dévièrent en bas à droite, se perdant dans le vide un instant avant de croiser ceux de son élève :
-La vie est compliqué, Sirha, et pourtant chacun doit y trouver sa place. Même si, en apparence, ton corps est enchaîné à un rocher noir solidement arrimé au sol, rien ne peux empêcher ton esprit de s'élever.
Sirha cilla et protesta :
- Je... j'en ne peux pas. J'en suis incapable. Je ne sais même pas protéger ma conscience !... Je suis prisonnière de mon identité et de ce que je suis... à cause de...
Les yeux de Behosh s'allumèrent d'une étrange lueur, presque attendris :
- Oui ?, A cause de ?
La jeune fille se troubla, elle secoua légèrement la tête :
-Je... A cause de tout.
Son maître sourit d'un air indulgent :
- Tu sais très bien à cause de qui tu es ici, ta vision et ton jugement sont obstrués par des tourments que tu ne soupçonnes même pas, ou à peine. Le temps viendra, Sirha, ou tu saurais enfin se que le médaillon, toi, et peut-être quelqu'un d'autre êtes sensés former.
La porteuse ne répondit pas, dépité et pensive. Un instant plus tard, un voile passa devant les yeux de Behosh, qui s'affaira soudainement en sortant d'autre plaque de métal :
-Reprenons la leçon. Tu as devant toi les gravures de quelque vision qu'ont pu apercevoir les voyageurs sur le Mur du Destin. Le roi a eu la grande bonté de nous fournir presque la totalité des restes de ces plaques. Ces ouvrages ont pour la plupart été dispersés ou détruits, jugés maudits ou dangereux.
Sirha prit dans sa main une première plaque de métal, fine, claire et presque légère. Se penchant au-dessus, elle aperçu la gravure ; le mur était représenté fidèlement et il semblait même s'animer sous ses yeux. Sur le cristal s'était gravée un dragonneau foncé à l'œil vif, se pencha au dessus d'un amphibien. Et devant la paroi de cristal, blanc à l'époque, se trouvait un dragon à peine adulte, les écailles de son dos irradiant l'or, assis sagement face à la roche.
Se détachant difficilement de la beauté de la gravure, la jeune fille la reposa doucement avant de saisir la plaque suivante. Beaucoup plus épaisse et plus sombre, elle l'attrapa difficilement en manquant de l'échapper.
