Bonjour à tous !
Voici un nouveau chapitre, publié en avance parce que je n'aurais pas le temps de le faire ce dimanche. Le suivant sera publié en retard, j'en suis le premier navré.
J'espère qu'il vous plaira et que vos reviews seront nombreuses. Bonne lecture !
Disclaimer : Harry Potter appartient à J.K. Rowling.
Chapitre 53 : La coupe de feu
La décision de Maugrey pour leur faire subir l'Imperium fut accueillie de façons très diverses.
Seule une partie de la classe avait rendu les autorisations et Harmonie avait été de ceux-là. Les autres n'avaient pas voulu le faire et certains parents refusaient cette initiative en ne rendant pas l'autorisation.
Pour être honnête, Harmonie disposait d'un avantage sur les autres élèves. Il faut dire que son autorisation avait été complétée avec une légère dose de sarcasme. Elle avait écrit « Je soussigné, Lady Harmonie Potter-Black, en qualité de chef de la noble et ancienne maison des Black, donner l'autorisation à moi même, l'élève Harmonie Potter, pour participer aux cours spécifiques de DCFM en toute connaissance de cause. »
C'était à quelques mots près le même message que celui figurant sur l'autorisation de sortie à Pré-au-lard, qu'elle avait remis à Rogue dès le début de l'année. Maintenant qu'elle était émancipée, la brune pouvait faire toutes les sorties qu'elle voulait. Elle comptait bien récupérer le temps perdu.
Lorsque Maugrey commença à leur faire subir l'Imperium, la plupart des Serpentard avaient eu leur autorisation. La moitié de leurs parents soutenaient les idées de Voldemort, même s'ils ne l'appuyaient pas spécifiquement. Cela ne les gênait absolument pas d'entraîner leurs héritiers à la dure, en les soumettant à ce sortilège pour apprendre à y résister.
Ainsi, tous les élèves ayant eu leurs autorisations signées s'alignèrent. Maugrey dégaina sa baguette et les plaça sous le sortilège. Malefoy imita le poulet, Blaise grimaça avant de faire des figures de gymnastiques qu'il aurait été incapable de faire en temps normal.
Lorsque vint son tour, Harmonie inspira profondément, se préparant.
Le sortilège eut un étrange effet sur elle. C'était comme si elle était plongée dans un bain relaxant, comme si elle était enfouie dans un doux coton, la laissant dans un état d'euphorie ou plus rien ne lui avait vraiment d'importance. Alors, une voix douce et merveilleuse atteignait ses tympans, la poussant à s'y plier sans la moindre réflexion.
Saute sur le bureau.
La brune semblait prête à obéir, se préparant à sauter. Cependant, une autre petite voix s'éleva, étrangement semblable au ton réprobateur d'Hermione.
Pourquoi ? Pourquoi sauter sur ce bureau ?
Une troisième voix, celle située dans les tréfonds obscurs de son âme s'éleva.
Serais-tu tellement faible, que tu obéiras à quelqu'un, contre ta volonté ?
Harmonie gronda intérieurement. Elle n'obéirait pas, elle ne se ferait pas manipuler comme un pantin. Elle n'obéirait à personne !
Harmonie refusa de sauter, manquant de trébucher alors qu'elle avait encore les genoux pliés.
La sensation grisante disparut, alors qu'elle reprenait conscience de son environnement. Elle papillonna des yeux, observant les alentours familiers. Elle se trouvait toujours dans la salle de classe, observée par tous ses camarades.
La brune se sentit légèrement déstabilisée, alors qu'elle reprenait lentement contact avec la réalité. Elle caressa le sol de parquet, pour chasser la sensation cotonneuse qui lui restait dans l'esprit depuis que ses sens avaient été ensorcelés.
Maugrey fut très surpris de la voir résister et d'adopter des réflexes utilisés pour reprendre contact avec la réalité. La brune était pleine de surprises, son esprit logique était fort et elle ne se laisserait pas aisément soumettre.
Par pure curiosité, il insista pour retenter le sortilège. La brune accepta ses nouveaux assauts, mais malgré la fatigue, elle se montra toujours aussi pugnace à lui résister. Après trois essais, elle réussit à repousser totalement Maugrey.
- Bien Potter ! félicita t-il de sa voix bourrue. Toi au moins, ils auront du mal à te contrôler.
Les autres résistèrent tant bien que mal, mais personne ne bloquait le sort aussi bien qu'elle. Sa volonté était forte, la protégeant des petits assauts de Maugrey, qui se montrait modéré selon lui, dans ses attaques.
A la fin de l'heure, tout le monde s'accorda pour dire que ce cours était génial.
A Poudlard, les choses continuèrent calmement, jusqu'au 30 octobre. Le dernier jour de cours avant les vacances de la Toussaint était toujours salué, mais il régnait également une effervescence dans les couloirs. C'était également le jour ou les autres écoles participant au tournoi arriveraient.
Le cours de Métamorphose, durant lequel elle transformait des oiseaux en verre à pied, lui sembla bien plus long que d'habitude. Elle n'aimait pas beaucoup cette matière. Ce n'était aucunement en raison de la sévérité et de la rigueur exigée par McGonagall, car elle appréciait beaucoup le silence, l'ordre et la discipline. Le véritable problème était avant tout le manque d'intérêt qu'elle trouvait à cette discipline, même s'il y avait quelques finalités utiles qu'elle gardait en note. La transformation des objets ne lui semblait pas d'une grande utilité, puisqu'elle pouvait trouver des substitutifs à tout objet. Elle préférait encore les enchantements, même si elle éprouvait un plaisir certain à maîtriser les sorts pour la magie de combat.
Cela ne signifiait pas qu'elle était mauvaise en Métamorphose, loin de là.
Elle savait que sa puissance magique était significativement supérieure à celle de ses camarades, mais son imagination était utile. Sa foi en elle-même, que beaucoup qualifiaient d'arrogance, était entièrement mobilisée en faveur de ses intérêts et de sa réussite.
Harmonie brillait dans beaucoup de matières, et même si elle était parfois dépassée par certains de ses camarades de la Confrérie de Minuit, elle n'était jamais loin derrière eux.
A dix-huit heures précises, tous les élèves étaient réunis dans le parc, attendant l'arrivée des deux autres académies de magie.
Curieux, des centaines de paires d'yeux scrutaient les cieux, observant le parc sous toutes ses coutures comme si les autres élèves allaient surgir derrière une pierre. Dès que le vent faisait bouger l'un des arbres de la forêt interdite, tout le monde semblait agité et tentait de se mettre aux premières loges pour essayer d'apercevoir quelque chose sans être gêné par les épaules de celui de devant.
- Regardez ! s'exclama l'un des plus jeunes en pointant un point dans le ciel. C'est un dragon !
- Dis pas de bêtises, coupa un Serdaigle, on dirait une maison volante.
Des deux, il était le plus près de la vérité. Un immense carrosse rond et peint d'azur, avec des portes ornées de deux baguettes dorées lançant trois étoiles, apparut dans les cieux, tiré par des palominos ailés. L'attelage se posa avec une étrange douceur, avant de s'ébrouer. Le carrosse s'immobilisa, alors qu'un marchepied argenté se déploya magiquement sous la porte. La porte latérale s'ouvrit avec un petit claquement, alors qu'une femme descendait. Elle était vraiment de grande taille, avec une haute prestance mise en valeur par son teint olivâtre et coiffure élégante. A sa suite, les élèves sortirent en rang, sans un mot, dans un ordre absolu.
- Dumbledore, salua t-elle en voyant le directeur à la longue barbe, qui la salua d'un baise main maîtrisé.
Les élèves de Beauxbâtons semblaient être plus disciplinés que les rangs informes de Poudlard, même si les divisions entre maisons étaient encore perceptibles.
- C'est toujours un plaisir de revenir à Poudlard, dit-elle avec un lourd accent méditerranéen. Je vois que Karkaroff n'est pas encore arrivé.
Quelques instants plus tard, le gréement d'un navire émergea du lac, avant d'être suivi par le reste du vaisseau. Un trois mats à la coque peinte en un noir mat se tenait fièrement sur le lac, en un remake du Hollandais Volant.
Le navire jeta l'ancre et accosta près du quai du château. Une large planche fut lancée, mue par une force invisible, avant de laissant les élèves de Durmstrang descendre, tous emmitouflés dans de chauds manteaux. Leur directeur, un homme aux cheveux encore plus sales que ceux de Rogue et aux dents jaunes, salua également Dumbledore.
- Karkaroff, salua le vénérable directeur de Poudlard, vous devez être glacé. Venez vous réchauffer, dit-il en l'invitant à entrer aux cotés de Madame Maxime.
Les trois directeurs et leurs élèves entrèrent, suivis par ceux de Poudlard. Immédiatement, les visiteurs observaient avec émerveillement le château, tandis qu'une fille française ne cessait de se plaindre des vieilles armures, de l'unicité de la pierre, de l'aspect massif des lieux, des escaliers venteux et même des uniformes. Pour ceux qui l'entendaient geindre, elle passait pour une gosse gâtée. D'ailleurs, sa démarche séductrice en agaça plus d'une, alors que plusieurs garçons observaient ses fesses rebondies à travers leur uniforme bleu horizon.
La Grande Salle avait encore changé de taille. Les bancs étaient plus longs, face à des tables plus grandes pour accueillir tout le monde. Les élèves de Beauxbâtons s'installèrent avec ceux de Serdaigle et de Gryffondor, tandis que ceux de Durmstrang se massèrent en compagnie des Serpentard.
Les élèves avaient le choix de l'emplacement parmi les étudiants de Poudlard, mais on discernait aisément les tempéraments et les intérêts des nouveaux arrivants. Les mages de Durmstrang se placèrent parmi ceux qui avaient une affinité avec la magie noire, tandis qu'un grand garçon s'installait à la gauche de la brune, faisant écarquiller les yeux de Ginny et de Drago.
- Quoi ? demanda t-elle avec un air contrit sur le visage. Vous le connaissez ?
- C'est Viktor Krum ! haleta Drago, impressionné de voir une de ses idoles en chair et en os, à seulement deux mètres de lui.
- Qui ça ? demanda la brune, les sourcils levés.
Les fans de Quidditch se frappèrent le front, poussant des soupirs d'exaspération. Cette inculture leur semblait sacrilège.
- Vous savez que je me moque du Quidditch. Je n'ai rien contre toi, bien sûr, ajouta t-elle en direction de l'attrapeur bulgare pour ne pas le froisser. C'est juste que j'aurai su qui tu étais, si tu avais fait parler de toi dans des duels.
Le repas était inhabituellement agité chez les serpents, alors que les langues se déliaient dans une course à la recherche des anecdotes les plus intéressantes de l'étranger.
Harmonie interrogea Krum sur ses contacts et les relations de son manager. Elle avait entendu des rumeurs sur des pots de vin et de la corruption et savait que si elle voulait accéder à des objets de magie noire russe, elle devrait forcément traiter avec la mafia moscovite et les réseaux bulgares. Elle ne comptait pas agir tout de suite, laisser encore quelques années passer, mais c'était toujours utile d'avoir des contacts. Malgré tout, il se révéla fort peu loquace, ce qu'elle comprenait parfaitement bien. S'il avait été trop bavard, elle se serait méfiée. Dans ce cas, soit il était idiot, soit il voulait qu'on baisse la garde et dans les deux cas, il y avait trop de danger par rapport au gain éventuel.
Lorsque le repas toucha à sa fin, Dumbledore se leva pour prononcer le discours inaugurant l'ouverture du tournoi. Il leur présenta la coupe de feu. Amenée sur un présentoir doré, la relique rutilante brûlait d'une flamme bleutée, alors que l'or scintillant renvoyait des étincelles d'azur.
- La coupe de feu, annonça Dumbledore, sera chargée de sélectionner un candidat par école. Cependant, pour des raisons de sécurité, Madame Maxime, Messieurs Croupton, Verpey, Karkaroff et moi-même, avons décidé que seuls les élèves âgés de dix-sept ans pourront postuler.
Instantanément, un brouhaha éclata sous la forme d'un flot de protestations et de hurlements criant à l'injustice. Cependant, loin de se laisser démonter, Dumbledore ramena le silence d'un coup de baguette et les informa de l'existence d'une limite d'âge qui repousserait chaque tentative de s'inscrire pour les élèves mineurs.
- Mille gallions et la gloire éternelle, c'est ce qui attend le vainqueur. Cependant, prévint-il avec gravité pour calmer l'enthousiasme qui gagnait les élèves, si vous choisissez de vous inscrire, il n'y aura pas de retour en arrière possible. Vous passez un contrat magique que vous ne pouvez pas rompre.
La nuit fut fébrile, alors qu'une excitation traversait les salles et les couloirs du château. De nombreuses personnes hésitaient, tandis que certaines personnes avaient réfléchi durant la nuit pour faire le bon choix.
Le lendemain, alors que la sélection allait finalement être réalisée devant l'ensemble de Poudlard, quelques personnes manquaient à l'appel. L'infirmerie était pleine d'étudiants aux longues barbes blanches, qui ressemblaient à celle du directeur. Celui-ci avait du bien s'amuser en préparant son sort pour contrer les potions vieillissantes.
A huit heures du soir, toutes les écoles étaient réunies dans la Grande Salle.
L'instant était solennel, tout le monde retenait son souffle, car d'ici quelques instants la coupe de feu allait rendre son jugement.
Lorsque la grande horloge de la tour surplombant l'entrée du château battit les huit coups, les flammes s'échappant de la coupe changèrent enfin de couleur. Des volutes rougeoyantes s'élevaient désormais, répandant une lueur ardente de rubis qui se reflétait sur tous les visages. Un petit morceau de parchemin aux bords brûlés sortit de la coupe. Dumbledore le récupéra délicatement du bout des doigts et l'ouvrit devant Croupton et les autres juges qui servaient de témoins.
- Le champion de Durmstrang, annonça t-il d'une voix forte qui résonna dans la salle silencieuse, est Viktor Krum !
Karkaroff applaudit longuement son élève favori, souriant de ses dents décalées et jaunies. Krum se dirigea vers la salle arrière ou les trois champions devraient se réunir, tandis qu'un autre fragment s'élevait hors de la relique.
- Le champion de Beauxbâtons se trouve être une championne. Il s'agit de Fleur Delacour !
Les applaudissements envers la métisse quart de vélane furent nombreux, alors qu'elle agitait ses longs cheveux semblables à un alliage liquide d'or et d'argent.
- Le champion de Poudlard, est Cédric Diggory !
Les Poufsouffle éclatèrent de joie, heureux de pouvoir enfin avoir quelqu'un qui pourrait leur faire goûter cette gloire dont ils avaient trop longtemps été privés, sous les ricanements mécontents des Serpentard.
- Excellent ! ajouta Croupton. Maintenant que nous avons nos trois champions, il ne reste plus qu'à …
Mais il s'interrompit très vite. Les exclamations et les félicitations s'éteignirent, laissant place aux murmures, alors que toutes les têtes se tournaient vers le gobelet d'or. La flamme de la coupe brilla de nouveau de pourpre, illuminant les murs avant de laisser s'échapper un dernier parchemin, pour enfin s'éteindre.
Le morceau brûlé resta au sol, alors que personne ne semblait vouloir approcher, comme s'il pouvait mordre. Devant l'ambiance lourde et les centaines de regards insistants, Dumbledore le récupéra d'un coup de baguette, avant de l'ouvrir avec une légère crispation dans ses doigts.
- Harmonie Potter ? lut-il avec incrédulité.
Un silence de mort accueillit cette déclaration. Tous les regards se tendirent vers la table la plus proche du mur gauche de la pièce, constatant que la brune se faisait remarquer par son absence.
Hermione soupira en levant les yeux vers le plafond nuageux. Elle savait parfaitement pour quelle raison la brune n'était pas présente. Après tout, c'était Halloween.
Maugrey la retrouva environ une heure plus tard, dissimulée sous sa cape d'invisibilité, observant les cieux depuis la tour est. La brune fixait les étoiles, observant Saturne, la planète portant le nom du dieu romain du temps, qui scintillait non loin de la constellation de l'aigle avec ses étoiles bleutées.
Quelle ironie, songea t-elle. Le temps passe, inlassable, alors qu'elle souhaiterait pouvoir s'envoler au-dessus de toute cette médiocrité terrestre.
Un jour, elle y arriverait. Elle prouverait aux autres et à elle-même qu'elle était bien supérieure à tous les autres. Elle trouverait comment, elle avait confiance en ses capacités.
Lorsque la porte de la tour grinça, la brune sursauta et vérifia que sa cape la couvrait. L'œil bleu de Maugrey s'agita, alors qu'un sourire semblable à un rictus fendit son visage balafré.
- Très belle cape que vous avez-là, Potter, grogna t-il. Idéale pour une promenade de soirée pour profiter du plein air.
La brune se révéla à lui, intriguée par son pouvoir sur l'invisible.
- Vous êtes cherchée partout. Dumbledore veut vous voir dans la grande salle.
Blasée, la brune soupira vers le rez-de-chaussée. Elle descendit les escaliers en roulant des yeux jusqu'à approcher des portes. Méfiante, elle posa une oreille contre le bois, mais elle n'entendit qu'une houleuse discussion dans laquelle aucun mot n'était vraiment audible. Elle devrait découvrir le problème sans le moindre indice, même si elle se doutait que quelque chose allait encore lui tomber dessus, comme chaque année.
Inspirant profondément pour rester calme et chasser l'appréhension, elle ouvrit les deux battants avant d'entrer avec arrogance, affichant un air supérieur lorsque toutes les têtes se tournèrent vers elle.
- Quoi ? demanda t-elle, hautaine. C'est mon charisme qui vous rend sans voix ?
Croupton avança, tenant le dernier fragment de parchemin dans sa main, alors que Dumbledore la regardait par-dessus ses lunettes en demi-lune, inquisiteur, ses yeux bleus semblant lire en elle. La brune se détourna très rapidement et regarda la coupe de feu.
- Ne me dites rien, dit-elle en levant la main pour les faire taire, laissez-moi deviner. Je suis la quatrième championne, c'est ça ?
Instantanément, Karkaroff éclata.
- Vous voyez ! je vous l'avais dit qu'elle s'y était inscrite !
- Absolument pas, déclara t-elle avec dédain, j'ai juste deviné. La coupe rend son verdict, on me cherche partout et nous sommes Halloween. Vous savez, c'est le jour ou chaque année, il m'arrive quelque chose de pourri. Une fois tous ces éléments mis ensemble, les conclusions étaient faciles à tirer. Du moins, c'est la plus logique.
Enfin, faciles à tirer lorsqu'on avait un nombre de neurones supérieur à ceux de Crabbe et de Goyle … ou un QI supérieur à la température externe.
Le brune ne se départit pas de son petit sourire, avant de poser son regard sur Croupton qui avançait vers elle.
- Comment avez-vous fait pour franchir cette limite ? dit-il en lui tendant sa preuve.
- Vous semblez souffrir d'un problème d'audition, trancha t-elle avec un cynisme stalinien.. Je viens de vous dire que je ne me suis pas inscrite, dois-je vous l'expliquer plus clairement et avec davantage de détails ? De plus, ajouta t-elle avec mépris en pointant le fragment, ce n'est pas mon écriture.
- Vous êtes sure ? redemanda t-il avec insistance, la faisant tiquer.
- Insinuez-vous donc, juge Croupton, que je sois stupide au point de ne pas reconnaître ma propre graphie ? Ou alors, si vous semblez émettre le postulat erroné que je mens, je vous invite à comparer cette écriture avec celle de mes copies. Je suis sûr que le professeur Rogue, ou même ses collègues, en ont encore en stock.
Croupton sembla déstabilisé, alors que la brune souriait intérieurement.
- Vous devriez vraiment vérifier vos accusations avant de proférer un verdict, juge Croupton, siffla t-elle devant l'homme qui avait envoyé son parrain innocent à Azkaban sans procès. J'aimerais savoir aussi en quoi cette histoire m'implique t-elle exactement. S'il s'agit de la participation au concours, je vous répète encore une fois que je ne me suis pas inscrite et je n'ai demandé à personne de le faire.
- Mais elle ment ! piailla Fleur Delacour.
Harmonie tourna négligemment la tête vers la métisse, la fixant avec une indifférence glaçante, comme si elle contemplait la boue sous ses chaussures.
- Tu ferais bien de te taire, la péroxydée, gronda sombrement la brune en la fusillant de ses yeux couleur d'Avada Kedavra.
Karkaroff en rajouta immédiatement une couche, accusant Dumbledore de favoriser son école, alors que Ron Weasley geignait une fois de plus sans réfléchir.
- Tricheuse ! beugla t-il niaisement, alors que ses frères tentaient vainement de le faire taire. Tout ce que tu veux, c'est la gloire et l'or !
Harmonie gloussa, une main tremblante devant sa bouche, avant que le ricanement qui montait dans sa poitrine ne franchisse le barrage de ses dents serrées. Ses yeux brillaient, lorsque son rire froid et claquant comme le métal éclata, résonnant hystériquement sur les murs et dans les cœurs.
- De l'or et de la gloire ? rit-elle en réprimant un gloussement et en essuyant une fausse larme. Pauvre imbécile ! Je suis immensément riche et célèbre sur toute la surface de cette putain de planète ! Je n'ai pas besoin de risquer ma précieuse existence dans ce tournoi pour éventuellement gagner de maigres clopinettes.
- Dumbledore a peut être fait une erreur en traçant la ligne, suggéra alors Madame Maxime, avant de supposer que la brune aurait pu s'inscrire en une bravade irréfléchie face à ces épreuves mortelles.
- Peut être bien que quelqu'un espère que Potter va mourir, grogna Maugrey en les faisant sursauter. Il faut une puissance extraordinaire pour tromper la coupe de feu et ce n'est pas à la portée de n'importe qui, surtout pas d'un sorcier de premier cycle.
L'annonce jeta un nouveau froid. La brune avait la désagréable impression qu'un certain mage noir pas si mort que ça, risquait encore de faire des siennes d'ici la fin de l'année.
- Vous semblez avoir beaucoup réfléchi à la question, Fol Œil, ajouta le bulgare au long bouc noir.
- C'est mon travail de savoir comment pensent les mages noirs, ajouta t-il en grimaçant et en faisant claquer sa langue. Vous devriez vous en souvenir mieux que quiconque, conclut-il en s'avançant vers lui.
Dumbledore coupa la dispute naissante, avant de relire le règlement en compagnie de Barty Croupton et de Ludo Verpey, sous les yeux plissés de la brune. Elle devrait concourir, elle n'avait pas le choix. C'était un contrat magique et elle refusait de perdre sa précieuse magie en refusant de participer à ces épreuves.
Après quelques minutes de longues délibérations, elle fut proclamée comme la quatrième participante du tournoi des Trois sorciers.
Immédiatement, les Poufsouffle l'accusèrent de voler la gloire qu'ils auraient pu retirer, alors que les lions sifflèrent. Indifférente, elle retourna à la table des Serpentard et leva la main tenant sa baguette.
- Serpentard vaincra ! cria t-elle, suscitant une réaction immédiate et unanime de sa maison, en un réflexe communautaire face à l'hostilité adressée vers eux.
- Serpentard vaincra ! répondirent instantanément des dizaines de voix en même temps, pointant leurs baguettes en un geste offensif vers les lions, couvrant les atermoiements des autres l'espace d'un instant.
« Sa volonté est immense et peu de choses pouvaient lui faire obstacle. Une armée bien ordonnée et combative aurait pu la stopper, si seulement ses ennemis s'étaient tous unis. Sa soif de pouvoir et sa volonté indomptable suscitaient admiration et répulsion en même temps, mais personne ne pouvait ne rien ressentir face à elle. Sa volonté était comme un feu brûlant, anéantissant ceux qui s'opposaient à elle. Si elle était si écrasante, c'est parce que beaucoup de sorciers n'avaient ni la volonté, ni la possibilité de l'arrêter. Elle était si charismatique et si séduisante, qu'elle apportait beaucoup de raisons de se battre - et de mourir - pour elle. Ceux qui s'opposaient à elle étaient brutalement éliminés, faisant des exemples édifiants. Au final, personne n'a su l'arrêter à temps. »
Extrait des réflexions d'Andromeda Tonks, notées dans un vieux carnet, le 21 décembre 2005.
